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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 03:42

Sortie : mai 2012

Label : Hibernate

Genre : Flûte, Drone, Experimental

Note : 8/10

 

Flûtiste de formation, la forcément britannique Katie English est membre du groupe The Owl Service et s'occupe de son propre label : FBox Records. Elle est par ailleurs plus connue pour son projet expérimental et ambient Isnaj Dui, déjà apparu sur Home Normal, Smallfish et Rural Colours, filiale de Hibernate sur lequel est sorti Abstracts On Solitude il y a quelques semaines. Sa flûte basse étant un instrument propice aux concerts, précisons qu'elle a partagé la scène avec des gens aussi recommandables que Simon Scott, Nils Frahm, Konntinent ou Library Tapes. De quoi imager un peu le propos, et tout le sérieux de la lady.

 

Abstracts On Solitude est une oeuvre opaque, mystérieuse et pénétrante. Bien que définitivement accessible au commun des mortels, c'est probablement l'album le plus étrange que j'ai pu écouté cette année. Plus de par son caractère ambivalent et presque mystique à certains moments, que par sa conception proprement dite. Car même si Isnaj Dui dépeint des aurores bancales et fragiles, les contours principaux de Abstracts On Solitude peuvent se réclamer d'une certaine majesté. Surtout quand les notes les plus graves de l'imposante flûte se noient dans celles du dulcimer (cithare celtique) pour créer un drone onctueux, à la manière d'un baume curatif (Edit, Nature of Light et le magnifiqueThe Last Will Become A Darker Grey). Il y a même de fugaces instants ou les rayons du spectre du jour semblent faire reculer les masses menaçantes potentiellement pluvieuses vers des versants plus lointains et asséchés. Le protocole a même des allures solennelles, au delà du ravissement et des charmes plus immédiats.

Malgré ça, l'album héberge en son coeur des aspects plus tortueux et angoissés, qu'on pourrait même qualifiés d'hypocondriaques. Pas seulement parce que le splendide et très morcelé What Lies Inside fut composé suite à une importante crise de panique. Ce sera bien plus subtilement illustré quand un improbable glitch et des électrons libres se ruent sur la composition classique, pour déchiffrer ses lignes de vie, dans un ballet plus "écho" que "choré"graphique. Ou quand Peripheral Motion et sa simple encordée inquisitrice, laisse échapper sur cette si particulière paix cynique des pets sismiques, qui raviront ceux qui érigent le pessimisme en art de vivre. Ce jeu autour de la dissonance et de l'imprévu a quelque chose d'assez admirable, presque autant que l'art diluvien de la réverb' sur Quarter Wave.

 

Célébrer l'angoisse pour mieux en préparer le contre, ou l'inverse. C'est probablement ce conflit de sentiments, et ces impressions d'oppression malgré la volupté apparente, qui font de Abstracts On Solitude une oeuvre aussi personnelle qu'attachante, abrasive dans son absence de vraies réponses aux fausses questions. Hibernate a encore frappé un grand coup. Nous reparlerons très vite de Isnaj Dui cette année. Puisqu'il y a fort à parier que les quelques exemplaires restants s'épuiseront très vite.

 

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par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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