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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 19:35

Sortie : Avril 2012

Label : Self-release (?)

Genre: IDM, Glitch, Acid

Note : 7/10

 

Avant d'écrire cette chronique, je me demandais si cela valait vraiment le coup de parler dun énième album d'IDM classique, style qui s'épuise et qui peine à se renouveler. Squarepusher a entraîné une vague de désespoir chez les fans du genre il y a quelques mois. L'alternative que je propose ici n'est pas parfaite, mais voilà j'ai été assez satisfait par une trouvaille, un nommé Gareth Clarke. Noyé dans un coin du web, Bandcamp pour faire dans l'original, l'anglais se démarque par ses rythmiques badasses et ses changements d'ambiances au sein d'un même morceau, lui conférant un vrai atout technique.

 

Entre les diverses incursions badasses du breakcore et de ses synthés acid, le voyage se réalise avec hâte, pour les pressés, ceux qui n'ont aucune seconde de silence à perdre. Après c'est effectivement relou d'écouter un album pour se dire à chaque morceau : « On dirait du Plaid... ». Je suis pas dépité pour autant, la qualité d'un morceau comme Summum Bonum réside aussi dans ces beats pêchus et ses mélodies en évolution constante, balayant la banque d'effets et de synthés de n'importe quel logiciel, aptitude relativement remarquable il faut le dire. Pas de réel coup de cœur ne s'est dessiné pour ma part, seulement des passages, des breaks sortis de nulle part, complètement démonstratifs, qui donne envie de revenir sur les quelques secondes intéressantes du morceau. Gareth Clarke dépose tout le monde comme un forcené, montrant qu'avec un peu d'envie tout est possible en musique électronique, la notion de talent reste une valeur bourgeoise.

Toujours sur fond de sonorité nippon et de console 8-bit, un morceau comme Folie à Deux reste intéressant dans sa dimension aérienne et légère, atmosphère pourtant typique dans l'IDM, qui tout le long de l'album tombe rarement dans le fastidieux. Mais quand la fin de l'album arrive, on est plutôt réjoui, pensant que le gimmick de l'artiste possède une limite inévitable. Tu ne peux pas me faire un morceau juste en me changeant la mélodie, puis le beat, puis la mélodie, etc... Et toute la problématique de l'IDM est là selon moi. C'est que finalement en voulant se pointer comme une musique très évolutive, elle évite souvent un minimalisme jouissif et préfère noyer le poisson dans l'eau. En voulant nous montrer sa palette de couleur dans son intégralité, elle nous barbouille de peinture son tableau. Un peu comme des enfants qui en mélangeant toutes les couleurs se retrouvent avec une couleur marron dégueulasse (en même temps c'est ce qu'il a fait pour la pochette de l'album). Les grands de Warp Records réalisaient souvent des morceaux barrés pour l'époque mais quand il s'agissait de faire des choses simples, ils répondaient souvent avec brio. Quand je disais du bien de Culprate il y a quelques temps, je me rends compte aujourd'hui qu'il possèdait les même atouts et défauts des compositions de Gareth Clarke. Par exemple, Gareth étonne par une entrée Hip-hop délirante dans son morceau Born In The Caul et vient s'écraser sur des arpèges mélodiques complètement banals et déjà vus. L'illusion réside ici. Une vraie variation s’opère généralement sur le moindre détail et non sur la totalité du contenu du morceau. Je vais un peu trop loin là, mais c'est vraiment pour montrer comment un album prometteur révèle finalement une artificialité dans sa construction musicale, limitant vraiment l'appréciation du disque.

 

J'ai toujours du respect pour tous ces artistes qui se forcent à produire des morceaux complets et des albums garnis. Ceux qui se foutent pas de la gueule de leur public. Ces chroniques sont un peu là pour les remercier. Alors voilà, a défaut d'innover, cet album est bourré d'adrénaline sur treize morceaux avoisinant chacun les cinq minutes. Chaque piste contient son lot de rebondissements certes parfois prévisibles. Mais les premières écoutes restent cependant fascinantes. Un deuxième album réussi, pour un artiste qui continuera d'évoluer de son côté, mais qu'on oubliera rapidement.

 

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par Pneu

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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