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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 03:52

Sortie : 21 mai 2010

Label : FSOL Digital

 

Si il y a bien un duo qu'on cite trop rarement parmi les dignes inventeurs de l'IDM, c'est bien Future Sound Of London. Comme leur nom l'indique Brian Dougans et Garry Cobain viennent de... Manchester. Ces vétérans officient en marge depuis le milieu des années 1980. Ils ont sorti autant de disques qu'ils possèdent d'alias, parmi lesquels figurent les légendaires albums Papua New Guinea, Dead Cities ou encore ISDN. Tous sont considérés par les connaisseurs comme des éléments essentiels dans l'évolution de l'ambient music. De nos jours, ils exercent majoritairement en tant qu'Amorphous Androgynous, projet essentiellement tourné autour du rock psychédélique. Troisième volume de la série Environments, il s'élève déjà comme le meilleur essai du duo depuis très longtemps, alors qu'ils parlent déjà d'un quatrième élément.

 

Loin d'être une ballade en amnésie, FSOL nous rappelle tout de même un âge d'or pas encore tout à fait révolu. Pourtant le duo semble s'être assagi. L'expérience en tant qu'Amorphous Androgynous a permis aux deux Mancuniens de lâcher complètement la démarche psychédélique qu'ils bridaient depuis le milieu de leur carrière. Même si le sampling n'a lui non plus pas tout à fait disparu (les gazouillis d'un bébé et les captures venus de fontaines de jouvence sont là pour le prouver), le duo lâche ici un effort mélancolique et romantique plus que troublant. Très épuré et extrêmement planant, Environments 3 est néanmoins comparable à une corne d'abondance utopique de ce que représente l'ambient doté d'une âme intemporelle. L'union entre l'aspect synthétique et la dimension orchestrale est ici poussée à son paroxysme. Quand ils ne sont pas habilement retaillés, les instruments apparaissent dans une forme brute, comme dans les compositions classiques modernes. Pianos, saxophone, guitares, violoncelles, batteries et contrebasses apparaissent comme des anges au milieu de cette jungle chimérique, mi-urbaine mi-sauvage.

Conçus comme des intrigues et des histoires à fleur de peau, chaque titre nous immerge un peu plus dans un univers introspectif profond et jouissif. L'enchaînement entre Sunken Ships et The Empty Land (où les choeurs féminins fantomatiques chères au duo font leur divine apparition) est à pleurer. Il est désormais impossible de faire machine arrière. Il y a d'ailleurs quelque chose de dangereux dans la musique de FSOL : l'envie de rester perché dans ces champs de perception fantasmagoriques. Mêlant matériel vintage et technologie nouvelle, A Glitch In Cellular Memory irradie l'auditeur de rayons salvateurs aussi doux qu'un rêve ouaté. On remarquera ensuite plus particulièrement Recollection et ses percus étranges, ou Absolutution où la contrebasse dresse un boulevard aux expérimentations synthétiques et analogiques. Le bien trop court et sublime The Oldest Lady m'a presque fait verser une larme. Viendront ensuite les inquiétants A Diversionary Tactic et The Silent Place, avec leur palette rythmique fractionnée. Deux autres morceaux touchés par la grace nous revigorent avant la dramatique fin du disque qui nous laisse, comme orphelin inconsolable ; le bouleversant et psychédélique End Of The World et la comptine baroque Heart Sick Chord.

 

Plus de 20 ans après leurs débuts, FSOL livre ici un chef d'oeuvre balayant aisément les fondements de l'ambient. Les deux anges mancuniens sont encore loin d'être déchus. On reste bouche bée face à cet effort qui bouleverse le temps et l'espace. Littéralement captivant.

http://www.synthema.ru/uploads/posts/2010-05/1275005216_fsol10.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Arno 27/09/2010 11:02


Quelle bonne nouvelle... et bonne surprise... je ne savais absolument pas que FSOL existait toujours! car effectivement, on en parle pas des masses de FSOL et pourtant je surfe pas mal... leurs
premiers albums sont de pur chef d'oeuvre, ma préférence ultime allant a ISDN...


Zéphirin 19/06/2010 02:35


20/20.
Ton article a tout bon. Ce disque est une merveille; 14 ans que je suis FSOL, j'ai tout entendu ou presque, et là il se passe un truc vraiment dingue avec ce disque. Ces types sont ESSENTIELS.
Merci pour ton texte qui, je l'espère, donnera envie d'écouter cette perle.


funky 5 31/05/2010 18:24


ça donne rudement envie on peut l'écouter entierement à quelque part?
ces temps on est assez gâté côté ambient black dog,autechre.
idm:http://sylkougai.bandcamp.com/album/metaswing
black dog http://www.theblackdogma.com/tbd/?p=1521
http://www.theblackdogma.com/tbd/?p=1487
zwischenwelt (excellent blog)http://mnmlssg.blogspot.com/
ivan smagghe http://www.getthecurse.com/2010/05/26/ivan-smagghe-vs-andrew-weatherall-gtc100/
bon j'arrête....bonne écoute ...


mmarsupilami 31/05/2010 14:30


Je ne savais pas que c'était sorti. Merci de l'info, car ça m'aurait fait mal de le rater!!!