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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 21:57

Sortie : mai 2010

Label : Strange Famous Records / Anti-

Genre : Rap

Note : 8

 

Avec les albums Human The Death Dance (2007) et A Healthy Disrust (2005), Sage Francis s'est hissé au sommet du rap américain indépendant. Un statut également acquis à la sueur des rudes battle de MC au tournant des années 2000. Ce raconteur d'histoire intarissable compte parmi les meilleurs chroniqueurs politique et social du quotidien, avec un style sombre et percutant qui ne rate jamais sa cible. Quelques mois après son pote B. Dolan et son très bon Fallen House, Sunken City (chroniqué ici), le natif de Rhode Island écrit un nouveau chapitre à son récit en renouvelant son style de manière inspirée.

 

« Sur mes premiers disques, je creusais dans mon art seulement pour me sauver. Ensuite, sur A Healthy Ditrust, j'ai commencé à me concentrer sur les maux politiques et sociaux extérieur à moi et qui me dérangeait. Li(f)e est le prolongement de cela, mais en mettant l'accent sur la religion », explique Sage Francis sur le site de son label Strange Famous Records pour présenter ce nouveau disque. Le f entre parenthèses dans le titre est la première étape de sa dénonciation des nombreux mensonges qui jalonnent la vie. Autre changement pour cette nouvelle livraison, fini les productions sorties des sampleurs, le MC s'est entouré de musiciens pour lui confectionner des atmosphères plus rock, mais aussi plus évolutives et variées. Un choix qui déstabilisera sans doute les fidèles, mais se révèle être une évolution bienvenue après deux albums dans une veine assez proche. Changer avant de lasser, une maxime que de nombreux artistes devraient s'appliquer. « J'ai travaillé si longtemps avec les mots que j'ai senti que le temps était venu de les poser sur une nouvelle structure. Je l'ai senti comme une progression naturelle », estime-t-il.

 

Le casting est assez impressionnant. Le barbu bedonnant avait appâté les impatients avec un premier titre confectionné par Yann Tiersen... de quoi surprendre. L'extrait, The Best Of Times, était inspiré d'une lettre écrite par Sage Francis à sa copine dans laquelle il lui expliquait ce qu'il comptait accomplir dans la vie. Une idée venue à l'écoute de l'instrumental du Français, une douce ballade mélodique typique de son style, dont l'Américain avoue être fan. Ce morceau est en fait le dernier de l'album et se révèle être un peu à part du reste. En effet, les autres invités font plutôt partie de la scène rock ou folk des Etats-Unis. L'album s'ouvre sur une composition de Jason Lytle, ancien membre de Grandaddy, sur laquelle le MC vous saisi tout de suite avec un texte prenant, imaginé à partir d'un fait divers. La guitare acoustique devient électrique sur la seconde piste avec un Chris Walla de Death Cab For Cutie qui durcit le ton. Le flow du rappeur s'adapte parfaitement, lâchant aussi les chevaux. Une tripoté d'autres musiciens - dont des membres de Calexico, de Califon ou de Modest Mouse - vont l'accompagner pour construire cet album qui reste cohérent, offrant autant d'ambiances que l'artiste peut se créer de personnalités. Enervé ou calme, l'Américain a le don pour faire monter la tension au fur et à mesure des titres grâce à un flow tendu qui sait se faire chantant par moment. Peu avant le dernier morceau avec Tiersen, il prend un accent à la Clash sur le bien nommé London Bridge qui se fond parfaitement dans l'ensemble. Un mélange rock et rap qui avait déjà donné récemment le très bon Blakroc (chroniqué ici).

 

Li(f)e vient prouver que son auteur peut transposer son univers à d'autres écrins musicaux sans perdre en qualité et en pertinence. Sage Francis peut continuer de planer au sommet du rap américain indépendant !

 

http://cuttingpapers.com/wp-content/uploads/2010/04/SageFranciscover2.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Benjamin F 01/06/2010 10:43


Je m'en suis déjà longuement exprimé (http://www.playlistsociety.fr/2010/05/sage-francis-life-410.html) mais alors à tous les niveaux ce Sage Francis constitue une sacrée déception pour moi. Oui le
catsing est impressionnant, oui on reste dans des styles assez proche mais au final on reste toujours loin de la profondeur d'antan. Après je comprends bien que c'est toujours un peu dommage de
bouder son plaisir avec un tel artiste :p


Chroniques électroniques 01/06/2010 12:37



J'ai lu ta chronique (après avoir écrit la mienne)... je ne me lasse pas de cet album qui n'est sans doute pas aussi profond que les précédents comme tu dis, mais reste très bon quand même.


Raph