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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 15:34
Sortie : 16 novembre 2009
Label : Fondation Records/InFiné

Trop étriqué dans son Marseille natal, Danton a choisi de s’exiler à Londres il y a quelques années, une poignée de maxis sous le bras et déjà une grandissante réputation de show man. Ses lives, des vrais, en haut de forme et costume, avec micro, guitare ou champagne à la main, galvanisaient déjà le public. Dans la perfide Albion, il va retrouver Ivan Smagghe, écouté maintes fois au Pulp. Ils créent un groupe, La Horse (nom donné à l’héroïne), qui laissera quelques traces mémorables sur vinyle. Le soutien du producteur Andrew Weatherall constitue le vrai tremplin de Danton. L'Anglais qualifiera son Confessions of an English Opium Eater de meilleur track de la décennie. Excusez du peu. Toutes les portes s’ouvrent. Les dates s’enchaînent, les maxis et les remixs aussi, affirmant au passage son attraction pour la pop.

Il y a un peu tout Danton dans la jaquette de son LP. Pas mal de classe, beaucoup de style, un raffinement de dandy, même, avec cette hauteur et ce regard, ce noir et blanc, ce magnifique cheval, ce chapeau. Mais sur cette photo shootée par Marco Dos Santos, l’étalon exhibe aussi un sexe pour le moins proéminant. Bizarre. Cela rajoute un côté inattendu, audacieux, choquant mais rigolo, un brin vicieux, presque sulfureux et décadent. Dans la vie, dans sa musique, Danton est aussi tout ça. On peut utiliser ces mêmes qualificatifs pour ce premier long format, insaisissable (house-pop ou rocking-techno ?), qui sort sur sa structure, Fondation Records, épaulée par le label d’Agoria, InFiné.


Dire que ce Yes is More était attendu est donc un euphémisme. Dire qu’il est à la hauteur de nos attentes aussi. Evitant l’écueil fréquent d’une enfilade indigeste de maxis taillés pour le dancefloor, ce premier LP convient pour une écoute domestique, et distillera tout son agréable venin dans un after racé, entre connaisseurs. Son Confessions est là, ses beats érotomanes et ses ambiances un peu dark ou druggy aussi. Quant au côté pop, il est récurrent, via les voix, triturées dans tous les sens, à toutes les vitesses. Trippant. On notera d'ailleurs celle de Chloé, une ancienne du Pulp. Décidément.

Le disque cumule suffisamment de paradoxes pour qu’on y revienne : c’est intemporel, ne reniant pas certains gimmicks légèrement kitsch (clin d’œil aux années 1980 ?), ni un esprit rock (les années 1990 ?), ni tout ça qui se mélange dans un joyeux bordel (les années 2000 ?). C’est clairement vrillé mais totalement accessible. Plus troublant, c’est original sans être révolutionnaire ou expérimental, et c’est surtout parfaitement bien ficelé et construit, avec une étonnante maturité, rare pour un premier essai.


Bref, un des LP incontournables de cet automne. Chapeau, l'artiste.

par Phishead

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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