Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 19:25

Sortie : septembre 2011

Label : Mute

Genre : électro-pop déprimante

Note : 4/10

 

Certains oublient trop souvent qu'avant de faire la connaissance de Ellen Allien ou de Modeselektor, et avant d'être érigé en enfant béni de la hype, Apparat faisait de la bonne musique. En effet, même si ces premiers albums sont souvent oubliés, ils peuvent se réclamer d'une place digne au rayon des très bonnes productions electronica de l'époque. Quelques excès et séances de babysitting en club (aux frais de Bpitch Control) plus tard, Sascha Ring allait participer à un projet annoncé comme une dream team électronique : Moderat, en compagnie des Modeselektor (qui eux aussi sortent très prochainement leur nouvel album). Il en accoucha un album de vaste esbroufe, où des artifices usés ne parvinrent à duper que ceux qui croyaient Modeselektor capables d'être plus qu'un simple one shot project. Puis vint une vulgaire participation à l'institution Dj Kicks (encensée ici par notre cher B2B). Délaissant pour quelques temps le dancefloor (et son label Shitkatapult) qui l'avait nommé roi instable, on annonçait Apparat attiré par les carillons de la pop depuis Walls. L'éssai devait se transformer avec The Devil's Walk, dont il est aujourd'hui question.

 

Pour apprécier ce nouvel opus à sa juste valeur, il faut être complètement passé à côté du minimalisme pop allemand d'hier, de Neon Golden de The Notwist et de l'excellent The Prayer Tree. Il faut aussi apprécier l'anémie et l'ennui qui précèdent l'inéluctable dépression. Et oui, derrière ses velléités profondes et féeriques, Apparat ne parvient qu'à transmettre ennui profond et indifférence.  Même si il chante plutôt pal mal et juste, il use parfois d'instrumentaux acoustiques folktronica mal branlés, et d'épaisses nappes aussi grises qu'un dimanche après midi à l'ombre de villes aussi bucoliques que Manchester ou Charleroi. Alors oui, je dis que ça sent bon le sevrage. Du dancefloor, des excès. The Devil's Walk est un album à écouter seul sous la couette et dans le noir, enfermé depuis un mois dans une studette avec kitchenette non équipée, armé de benzos (l'euphytose marche aussi pour les plus méfiants envers les laboratoires Servier) et de sodas discount. Car même si l'ensemble est indéniablement pauvre, certains trouveront du réconfort dans cette production propre aux textures brutes et froides. Le problème est avant tout que l'allemand accumule les poncifs. On touche ici presque le point Godwin de la pop triste. Même au niveau des lyrics, dont Song Of Los est l'exemple le plus parlant, on ne parvient pas à dégager quoi que ce soit d'original, d'ambitieux ou même de touchant. Enfin si, sur Goodbye tout d'abord. Le seul titre ou Apparat laisse la place aux voix à Anja Plaschg de Soap & Skin, susurrant sa mélopée sur une production plus subtile et plus riche, où le piano et les grattes semblent entamer un chassé-croisé amoureux de bel effet. Il y a aussi le vaporeux Candil De La Calle, où la voix est troublée de plus d'effets (avec un côté un peu poseur excessif dans la voix quand même...) et où l'ambiance profonde arrive enfin à conférer un spleen appréciable. Mais c'est tout bordel. Le reste n'est qu'ennui et pauvreté.

 

Rassurez-vous, puisque la philosophie Let's Dance connaît actuellement un certain retour de flamme en cette époque de crise, nul doute que la hype va aimer et que vous pourrez trouver cet album bien placé dans les tops de fin d'année. On souhaite par ailleurs avec la discrétion et la mansuétude qui nous caractérise un prompt rétablissement à Apparat. Le Zyprexa est ton ami Sascha, et sinon l'album de Mohini Geisweiller est lui vachement bien.

 

http://www.danstesoreilles.tv/wp-content/uploads/2011/09/forward-apparat.jpg

par Ed Loxapac

Partager cet article

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

Frederic 02/10/2011 15:57


J'aime beaucoup quand même Candil de la Call et la rupture des rythmes, tout en conservant une cohésion par une ligne de bass nous dirigeant.
Je comprends que tu n'aimes pas, il est vrai que la voix d'Apparat n'est pas non plus charismatique et elle donne souvent des morceaux identiques. Surtout quand il se met à chanter comme dans
Candil...Je suis un peu paradoxal?
Par contre sur Ash Black Veil, sa voix n'est pas trop présente et trouve une juste place, c'est à dire celle d'un instrument comme un autre et non une couverture de l'ensemble du morceaux.


Frederic 02/10/2011 15:52


Bonjour, j'ai lu la critique et je me suis senti un peu bête après d'aimer cet album. Mais ce qui m'a fait aimer cet album, ce n'est pas seulement la musique en elle-même, c'est également la façon
dont elle a été composé. Je vous invite à voir un making off de cet album.
S'il est vrai que c'est un album très pop, il reste quelques merveilles sonores qui ravissent mes oreilles à chaque fois que je les écoute. J'apprécie beaucoup l'introduction majeure du piano dans
cet album, Apparat fait dans un style très différent, où il chante beaucoup plus, donnant un côté sérénisant. Il est vrai qu'il ne réinvente rien, ce sont sûrement des techniques déjà vu et revues,
mais je n'aurai pas mis 4 mais plutôt 5. La moyenne, aucune innovation mais aucune erreur majeure. Tout dépend comment on analyse la note sur 10 après...


K.D 29/09/2011 09:43


Bonjour;
Je me permet juste de réagir, car cette chronique à charge m'a quelque peu agacé...
Convenons qu'il est là question de ressenti, et il serait plus juste d'affirmer sa non adhésion que de publier sa vérité...
A mon sens Apparat est un artiste majeur de la scène électro pop, à chacune de ses productions il se renouvelle, toujours subtil et novateur, que cela soit en collaboration ou en solo... souvent,
la première écoute ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur le travail et l'émotion transmise, ce dernier opus (contenant et
contenu) est j'en conviens quelque peu déstabilisant au vu
de ses productions passées, mais j'y vois une continuité,
et à force d'écoutes, il apparait comme une pièce d'une densité
et d'une puissance d'une rare qualité.
Quant je n'arrive pas à apprécier le travail d'un artiste ou d'un
groupe, je me contente de dire que je n'aime pas (mais cela fait peu à dire effectivement :), car d'autres eux y arrivent, et pas respect pour ce que représente l'investissement dans un projet
musical, je ne me prononce pas lorsque je n’adhère pas... je ne suis prescripteur que de ce que j'estime et me garde bien de juger
ce qui ne me touche.
Au plaisir de lire vos chroniques sur ce qui vous parle car vous
avez un beau style, mais mettez le au service de la transmission
du plaisir de la découverte, plus qu'à la vindicte, c'est plus
plus constructif ;)


Chroniques électroniques 29/09/2011 11:52



Merci. Nous t'invitons donc à parcourir plus largement nos pages. Nous avons quand même plus l'habitude de parler de la musique que l'on aime.



eutow 27/09/2011 22:07


Salut

Je connais quelques morceaux d'apparat et j'ai apprécié quelques morceaux de walls. Là où j'ai tiqué c'est sur moderat..."une vaste esbrouffe???" tu n'as pas aimé les morceaux tels que "a new
error", "minutes of silence" ou "rusty nails" ?


Chroniques électroniques 27/09/2011 22:17



Non vraiment pas. Est-ce que ça t'étonnes ?



Philippe 25/09/2011 15:52


Beaucoup d'échanges sur ce disque. C'est souvent le cas ici lorsque le disque d'un artiste ''populaire'' n'est pas encensé. Pour ma part, j'ai bien aimé l'album. Je n'ai pas perçu autant de déprime
que la critique le laisse entendre. Cependant, j'ai eu tout de même beaucoup de plaisir à lire cette critique que je ne partage pas complètement. Elle est bien argumentée et la nuance dans les
propos est présente. Je continue à croire que Sascha est un maître des sonorités électroniques, mais que dans toutes ses performances, ce n'est définitivement pas la meilleure. Continuez votre bon
travail, c'est un plaisir pour moi des vous lire à chaque semaine depuis quelques années. Longue vie à votre blog.