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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 18:31

Sortie : septembre 2011

Label : Jive Epic

Genre : Electro-turntablism, French touch 2.0

Note : 4/10

 

Le premier album éponyme de Birdy Nam Nam (BNN) en 2005 était une tuerie : jusqu’ici, tout le monde est à peu près d’accord. Que celui qui n’a jamais dansé sur Abbesses me jette la première pierre. Issus d’une sphère turntablism encore largement méconnue du public, les quatre DJ de BNN acquirent immédiatement un large succès, qui les conduisit d’ailleurs trop vite à un deuxième album déroutant, abandonnant le son turntablism en direction de morceaux testostéronés à l’electro, et dont la production calibrée par Yuksek, ultra-compressée, devait propulser BNN en héros de la French Touch 2.0. Des lives efficaces et spectaculaires à la pelle, une Victoire de la musique suspecte en 2010, et nous en arrivons à ce troisième album, Defiant Order.

 

Qu’attendions-nous de ce nouveau BNN ? Qu’il revienne à la finesse subtile de leur premier LP, à ces atmosphères chaudes et enfumées, à cette odeur de vieux vinyle, à ce charme suranné d’instrus aux influences rétro. Mais non, BNN n’y revient pas – et n’y reviendra probablement jamais. Le regard braqué droit sur leur propre avenir musico-commercial,  BNN a décidé d’être joué dans les clubs, et pour cela, aucune forme de prostitution sonore n’est à négliger. Résultat : on les retrouve toutes alignées en rang d’oignons sur ce Defiant Order.

On peut d’ailleurs légitimement se demander quel ordre BNN veut défier, sinon peut-être celui qu’il a lui-même abandonné : l’intégrité. Il n’y a qu’à appuyer sur play et lancer le premier morceau de ce disque, Jaded Future, pour comprendre qu’on va y être pris pour un con.  Balade lyrique oscillant entre electro et synth-pop, appuyée par une rythmique hip-hop efficace parce que déjà très éprouvée, cette introduction dit l’essentiel du programme : des morceaux taillés pour faire danser des kids en soirée et ramasser de la thune. Le single de lancement Defiant Order, sorte de copier-coller en moins bien du Trans Boulogne Express, parvient à faire faire remuer la tête, mais c’est au prix d’une electro grasse, ou à coups de chant vocodés. Les morceaux s’enchaînent et se ressemblent, electro superficielle, boucles de claviers synth-pop, rythmique basiques (sauf peut-être sur le finish de Parache). On imagine les kids briquets ou IPhone en l’air en concert sur Written in the Sand, quand Tekila Tex ne se rend pas insupportable sur l’effroyable mais bien nommé Cadillac Dreams. Big City Knights envoie carrément de la techno minimale, avec un kick disproportionné par rapport au reste de l’album. Passons sur Goin’in, qui ressemble exactemenent à ce que peut produire Modeselektor lorsqu’il est mal inspiré. The Golden Age of Era nous fait frôler dangereusement le son Ed BAnger, et si The Plan, avec ses rythmiques supersoniques lorgnant sur le son Warp, parvient à émerger du lot, c’est bien que la concurrence n’est pas à la hauteur. Melancholia at the sports bar, petite balade electro-pop bluesy, remonte le niveau en fin de disque, qui se clôture sur un Black Bird Clound en forme de cavalcade synthétique et un brin mélodramatique.

Alors oui, c’est sûr : la prod’ de Para One est meilleure que celle de Yuksek sur le deuxième LP, compressée avec plus de subtilité ; et oui ce BNN fera bel et bien danser dans les clubs, en quoi le but visé est atteint (contrairement au même Yuksek, qui ratait sur les deux tableaux son dernier disque). Mais bordel les mecs, pourquoi vous abaisser à cela, vous y complaire et vous y enfermer ? Il est où, « l’esprit turntablism » pour lequel on a tant aimé votre premier disque ? J’ai personnellement très peur de la réponse.

 

Qui voudra un disque pour remuer son cul sur des compos de 3mn30 pour ses fêtes de salon pourra bien acheter ce Defiant Order plutôt qu’un autre disque de French Touch 2.0. C’est pourtant à ce niveau d’intelligence qu’est tombé BNN, et c’est d’autant plus moche qu’ils avaient tout pour être très grands. Un suicide musical pour un avenir commercial.

 

http://electr0.com/wp-content/uploads/2011/06/Birdy-Nam-Nam-Defiant-Order.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

béber 15/05/2012 22:40

Bonsoir, je sais j'arrive très en retard... J'aime bien ce site pour ces chroniques intéressantes et son regard souvent différent et visiblement pointu (en tout cas pour le peu expérimenté que je
suis en musiques électroniques). Par contre autant je trouve vos chroniques intéressantes Pingouin anonyme, autant votre condescendance dans les commentaires (dont vous prétendez en plus vous
défendre) est franchement insupportable...

Concernant l'album de BNN, en ce qui me concerne je le trouve vraiment bon, pas autant que le premier mais quand même pas mal, avec une âme en tout cas que le disait un autre commentaire.

Neirdia 15/12/2011 23:30

Oh ! c'est une belle pensée :) Et puis, je trouve cet article bien trop virulent, mais à chacun son avis (surtout si bien rédigé) !

Neirdia 12/12/2011 22:48

Il faut parfois essayer de voir la musique avec un autre œil que celui qu'on nous impose. Tout le monde a craché sur Audio Vidéo Disco, mais je trouve que ça a beau être populaire, ça n'en est pas
un étron. Quand à BNN, je trouve con de rester sur ses positions de snob du Mix. Ce groupe montre qu'il peut tout faire, mais tu montres que tu ne peux pas tout écouter. Il y a des frustrés
partout.

Chroniques électroniques 12/12/2011 23:00



Euh... bon... je suis gêné, je ne sais pas quoi répondre...


Pouarfahahahahahaha !!!!!!!


Enfin bon, toi, tu m'auras fait sourire pendant au moins 3mn. C'est déjà pas si mal, des fois il faut savoir se contenter de peu...


Pingouin Anonyme



Neirdia 07/12/2011 16:56

Vraiment, tu as du survoler cet album, ou avoir de gros aprioris. Defiant Order ne passera jamais en boîte, et encore moins dans les salons des jeunots, qui ne sont pas attirés par cette musique.
Cet album n'est pas accrocheur, ne rentre pas dans les cases des BNN, reprend un techno électro qui ne colle pas au groupe, et c'est dans cette optique qu'il défie l'ordre. Il y a dans la
succession des morceaux un côté organique qui s'approche plus de la trans que de la musique de boite. Je défendrais cet album très beau qui montre que ce groupe peut tout faire. Je suis d'accord,
c'est triste de voir 4 aussi bon DJ quitter le turntablism pour l'electro, et ne pas mettre tout leur potentiel dans une oeuvre qu'un mec aurait pu faire sur fruitiloop. Mais l'âme des morceaux est
bien visible, et leur mythe ne baisse pas le niveau de l'album. Il marque, il prend, il pénètre, il a une unité et chaque morceau a ses caractéristiques. Je retrouve l'utilisation des voies comme
dans Justice, une harmonie dans la structure, qui montre ce qu'ils peuvent rendre en live. Réécoutes cet album, tu verras que ce n'est pas de la soupe commerciale. Il y a une âme rebelle, il ne
faut pas survoler Birdy :)

Chroniques électroniques 07/12/2011 17:35



J'aime bien ce genre de ton condscendant pour parler d'un étron. Et quand tu cites Justice au milieu, je frôle le priapisme.



Guillaume 01/12/2011 17:25

Tu ne doit pas vraiment savoir ce qui passe en boite et la musique commercial qu'on y trouve...