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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:39

Sortie : octobre 2011

Label : Audio Gourmet Netlabel

Genre : Ambient, abstract, dark folk, field recordings

Note : 8,5/10

 

Cela faisait longtemps qu'à Chroniques Electroniques, nous ne vous donnions plus de nouvelle de l'ami Bartosz Dziadosz, mieux connu sous un pseudo de quatre petites lettres sèches, Pleq. Plus précisément depuis la sortie de son Our Words are Frozen (ici), qui célébrait l'éloignement progressif de sa mélancolique IDM initiale pour mieux aborder les rives fantomatiques et indécises du modern classical et de l'ambient expérimental. Nous étions fin 2010, et depuis, rien moins que cinq LP ont vu le jour, de qualité malheureusement variable, souvent enregistrés en collaboration, parmi lesquels ce miraculeux A Silent Swaying Breath, accompagné de l'anglais Harry Towell, aka Spheruleus (que vous pouvez accompagner dans son récent Voyage ici), et patron du récent netlabel Audio Gourmet.

 

Audio Gourmet, voila un bien beau nom pour un label aussi exigeant qu'aventureux. S'il est vrai que la créativité musicale peut bien s'envisager par analogie avec la créativité culinaire, ce Silent Swaying Breath est un mets subtil et raffiné, de ceux qui s'attardent en bouche et dont le goût évolue délicatement à mesure que la farandole des saveurs se déploie entre langue et palais. Les heureux gourmets sont donc conviés en introduction dans un petit jardin couvert, oriental, protégé des bruits de la ville, où pépient quelques moineaux, tandis qu'un duo de cithare et tabla égrène quelques notes mélancoliques. A table, un homme seul, mystérieux, recherche sur un antique enregistreur cassette une piste qui ne viendra jamais. Guitares, cithares et mandolines prolongent ce moment de calme apparent, à la recherche de chaudes et douces harmonies s'écoulant le long d'un chapelet de grelots.

Mais dès le troisième morceau, Surface Tension, cette paisible atmosphère se raidit. Ce qui n'est au départ qu'un bruit de fond se transforme progressivement en drone oppressant, alors qu'au loin résonne des roulements de toms menaçants. Where we stand nous plonge ensuite en plein feu de bois, dont les crépitements semblent nous protéger naturellement d'une meute de loups ou chiens errants alentour. Retour au jardin et ses moineaux avec Sutures, mais cette fois-ci nous fait face un étrange chœur d'hommes encapuchonnés, lugubres, aux visages dissimulés dans l'ombre. Chaque morceau déploie son propre monde, tantôt lumineux et emprunt de grâce, tantôt oppressant et perclus de mal-être. La magnifique et dernière pièce du disque, au titre poétique The Sound of the Hours semble synthétiser ces deux faces en une musique ambigüe de mélancolie solaire, jusqu'au mystérieux spoken word final à la poésie sorcière et mystique. La musique s'éteint alors lentement, mais nous y sommes toujours, captifs heureux de l'éternelle musique du silence.

 

Indescriptiblement riche au point de vue instrumental, ce Silent Swaying Breath est une œuvre rare, immersive, où se joue et se rejoue le mariage de la vie et de la mort, vous abandonnant à la solitude des affres. Pleq ne nous avait jamais autant ravi qu'ici depuis sa sortie de la sphère IDM, tandis que Spheruleus nous démontre une fois encore l'étendue de son talent et de sa sensibilité à fleur de peau. Laissez-vous donc envoûter, ceci est un chef-d'œuvre.

 

http://s.dsimg.com/image/R-3270974-1323280950.jpeg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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