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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 14:52

Sortie : janvier 2012 (en digital)

Label : Pan European Recording

Genre : Musique Concrète, Minimalist, Experimental

Note : 8/10

 

Comme le dit son site officiel, Jonathan Fitoussi est un musicien trentenaire parisien. Fusionnant les sphères acoustiques et électroniques à l'aide d'un matériel le plus souvent analogique, il peut légitimement se réclamer des artistes qui ont forgé sa culture musicale. Je parle de Pierre Schaeffer, de Pierre Henry ou plus tard de Steve Reich, pionniers des musiques concrètes et ou contemporaines. Il rencontre en 2008 Alexandre Bazin, avec qui il fondera le duo Two Colors, par l'intermédiaire du Groupe de Recherches Musicales. Il travaille aussi pour l'INA, où il restaure des enregistrements radiophoniques parfois légendaires. Voilà un moment qu'il est fidéle au label Pan European Recording, propriété de Arthur Peschaud, qui a sorti les albums de Koudlam parmi d'autres. Pluralis est sorti en toute confidentialité en 2011 au format vinyle, et renaît en digital au début du mois dernier.

 

Derrière la fourre tout étiquette du minimalisme se cache une musique exigeante, composée avec d'importantes contraintes, puisant son répertoire dans l'héritage sans limites et sans fonds des musiques occidentales. La dimension répétitive de certains tracks n'est pas seulement là pour asseoir des vertus hypnotiques, mais aussi pour positionner autrement l'angle d'écoute de l'auditeur éclairé. Le reflet de la texture ou de la nappe étant bien sûr forcément différent en fonction de comment on l'envisage dans l'investissement sonore de l'espace. C'est comme ça qu'on nomme vulgairement la démarche de spatialisation du son, et à terme, l'empreinte si "concrète" d'une musique finalement moins minimaliste qu'il n'y paraît.

Pluralis est un album de funambule, dont la musique est en permanence située entre les cieux et le gouffre. Même si la guitare y prend une place tout à fait importante, ce sont bien les synthétiseurs et les tape recorders qui témoignent de toute cette profondeur, de cette dimension si contemporaine et de ces quasi vestiges de musique tonale. Si laptop il y a, ce n'est sûrement pas pour geeker mais plutôt dans un souci de synchronisation et de gain en maîtrise. Et peu importe si certaines fréquences se révèlent plus éprouvantes, la contrainte est également valable pour l'écoutant.

Alors signalons plus particulièrement l'épopée hypnotique, progressive et syncopée de Cycle 500. Les ondes absorbantes de Pluralis (qui est la raison de mon couplet pré-cité sur la répétition). Les textures ondulées, cristallines et pleines d'echo du soyeux Dreamscape. La guitare écorchée agonisante du superbe Errance. Les drones plombants et l'atmosphère stellaire de l'apocalyptique Resonnance Magnétique. Les odeurs de conclave en plein désert de Surimpression. En fait, il faudrait tout signaler particulièrement, jusqu'à la lente descente vers les profondeurs de Souffle Continu ou Abysses.

 

Pluralis est un excellent album de musiques expérimentales, définitivement bien installé dans son époque (et même dans les autres). Il est plus que dommage qu'il n'ai pas bénéficié de plus de visibilité. Les acteurs de la chronique et de la critique en France en ont parlé mais n'ont finalement rien dit à son propos. Espérons que cette humble chronique participe à sa justifiée réhabilitation.

 

http://f0.bcbits.com/z/41/63/4163948965-1.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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