Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:38

Date : 17 février 2012

Lieu : Café de la Danse, Paris

 

Vendredi soir, le Café de la Danse a fait place au compositeur et pianiste allemand Nils Frahm, acclamé par la critique pour des oeuvres telles que Felt, mis en lumière par le label Erased Tapes, ou ses collaborations avec Anne Müller ou F.S. Blumm. La soirée présente également Grey Reverend, songwritter new-yorkais signé par Jason Swinscoe de The Cinematic Orchestra, et en première partie, Sleepingdog, formation belge menée Chantal Acda (chronique de leur dernier album ici).

 

A peine le chant et les premières notes de piano de Sleepingdog s'élèvent que la petite salle de la Bastille se couvre d'une chape feutrée qui ne se dissoudra que des heures plus tard. Les arrangements sont minimalistes, la voix de la chanteuse, feutrée et l'ambiance, joliment crève-coeur. Le folk alangui et délicat du duo, évoquant tantôt l'heavenly voices de Cocteau Twins, tantôt les morceaux les plus dépouillés de Dead Can Dance, plonge l'auditoire dans des conditions proche du recueillement solennel. Nils Frahm les rejoint le temps de deux morceaux, les accompagnant au tambourin puis au piano.

 

427393 3259389612052 1486500061 3027843 1800396631 n

 

La fait de prendre l'air en attendant Grey Reverend a des goûts de petit matin hagard. Il est à peine 21h. Sous l'emprise de ces musiciens intimistes, le public se métamorphose en une multitude de cocons individuels, que brisent en intolérables parasites le moindre chuchotis ou bruit de gobelet. Le musicien de Brooklyn, du nom de Larry D. Brown, s'installe derrière sa guitare. De son seul instrument et de sa voix chaude s'échappent de douces complaintes, aux mélodies simples et belles. Cette heure de blues folk élégant et atemporel a des effets de tranquillisant cotonneux, et sonne comme une invitation salvatrice à un heureux moment de léthargie.

 

426555 3259391452098 1486500061 3027849 1242118244 n

 

Puis vient Nils Frahm, loquace et avenant, qui ouvre par Said And Done. La répétition d'une même note, qu'il étire et intensifie, ses accords beaux à crever et ses avant-bras semblables à des langues animales qui pourlèchent la surface des touches, évoquent le minimalisme américain d'un Philip Glass : le piano comme moyen d'hypnose étreint une salle dont le souffle paraît respectueusement suspendu à la moindre variation phrastique. Entre un piano à queue préparé et un synthétiseur, parfois une main sur chaque, Nils embrasse l'angle formé par les deux instruments. Du second, il tire soudain des drones, nappes tapissant alors la bulle contemplative et bouleversante qui croît autour du musicien. Enchainant sur le sublime More, il m'évoque un tisseur de grelots, brodant l'espace d'arabesques diaphanes, formant sous ses doigts des pièces transperçantes, paisibles, évanescentes ou vivaces. Une importance toute particulière est accordée aux variations de force, aux silences, aux bruissements et bruits du toucher. Sans peut-être en avoir conscience, Nils Frahm offre à son public les clés d'une lecture sensible et introductive à la composition contemporaine au piano, un apprentissage acoustique décomplexé et débarassé des atours souvent austères et hermétiques des musiciens de conservatoire.

 

407476 3259398892284 1486500061 3027873 242968955 n

 

Il est plus de 23h, et la petite bruine qui couvre le quartier parisien de la Bastille réveille doucement les spectateurs, dont on jure que beaucoup rentreront à pas lents, plus lents encore, vers un chez-eux inversé en un en-dehors : le cocon, ce soir, n'était pas à la maison, mais niché au sein du pouvoir évocateur et apaisant de la musique. C'était cela, peut-être, le plus beau.

 

429798 3259401932360 1486500061 3027882 1276220048 n

 

par Manolito et Pingouin Anonyme

crédit photos : Sabrine Demmi

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques
commenter cet article

commentaires

Rabbit 18/02/2012 19:42

Difficile de savoir si l'on doit regretter de n'avoir pu y assister ou se réjouir de ces quelques éclats de grâce ramenés dans vos carnets mais merci pour ce live report quoi qu'il en soit.

Chroniques électroniques 18/02/2012 22:34



Les deux mon capitaine !


P.A.