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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:04

Sortie : Février 2012

Label : MrHappyFace

Genre : Broken Beat, Noise, Glitch, Hip-Hop/Soul expérimental

Note : 8,5/10

A l'heure où tout le monde cherche à inventer le Hip-Hop du futur, certains labels de Breakbeat semblent demeurer en dehors du temps, comme MrHappyFace Records. Il se charge de produire sans prétention des albums modestes alternant basique et expérimental. Leur catalogue est en quasi-totalité gratuit et il est fortement conseillé d'y fouiner sans vergogne. Son fondateur est un génie du bricolage musical aux multiples alias. Il est nommé communément Bye-Product mais il est question ici de Cordless Soul Machine, un projet plus expérimental à base de samples hachés et défigurés. Très productif, l'américain tourne environ à un release par mois, mais il est dommage de voir bien trop souvent ses projets brouillons et hétérogènes.

Plongeons, le temps d'une brève hypnose. Le calme et l'excitation coopèrent dans un cri orgasmique qui résonne sur quatre actes approchant chacun la dizaine de minutes. Le temps est insolent. Il multiplie un même son, détruit ses mesures. L'enfant Hip-Hop aux deux jambes cassées est arrogant, et vit sa pleine crise d'adolescence. Le disque est cet élève de fond de classe, rempli de haine, implorant l'amour, ou bien l'inverse, de tout de façon on n'a jamais réussi à le cerner. Les structures paraissent libres et improvisées, rêvassant dans des mélodies de draps blancs, s'approchant des sensations de jouissance laissées par l'album de jazz Black Woman (1969) de Sonny Sharrock. Les mouvements se décomposent dans un montage saturé, mécanisé comme un automate dans une logique technologique. L'ambiance est pesante et lourde. Elle rouille toute articulation voulant échapper à cette atmosphère. Elle colle le visage à la vitre ou enfonce les fesses dans le canapé. Les secondes sont toutes breakées. L'unité de temps est variable. Les beats sont obèses et n'arrivent même plus à se déplacer. La musique de Cordless Soul Machine est insociable avec le reste de ses confrères. Elle s'élève dans les chambres des démunis scolaires, et soigne leurs âmes brisées par l'absurdité de la vie. Bye-Product est un médecin imaginaire et cynique, qui serait prêt à nous faire croire que la solitude est belle et plaisante. Le temps se scelle dans nos esprits, nous vivons mentalement dans l'utopie des souvenirs que l'on nomme enfance.

Cette pièce en quatre actes, entre en matière avec How Could You, d'une soul agitée et décalée, servie en guise de préliminaires longs et tendres. L'entracte Fool est plus frivole et court, tel un slow raté sur du Stevie Wonder. Gazz est la révélation, le climax adressant une merveilleuse claque sur le visage. Le morceau vous pénètre amoureusement, révélant à vos yeux chaque particule de l'espace. Le requiem de fin We Try s'écoute sous la pluie, après avoir succombé au désir et s'être enroulé dans le cocon tissé par l'assemblage musical. Aucune rythmique n'est présente sur ce dernier quart de l'oeuvre, qui révèle une fin contrastée laissant place à des interprétations sombres ou au contraire lumineuses. Il est difficile d'écouter autre chose après une telle expérience, qu'elle soit positive ou négative. La plupart des auditeurs prendra sûrement du recul et délaissera ce bijou au profit de genres plus immédiats, mais il est sûr qu'une partie plus restreinte suivra les prochaines sorties de Bye-Product l'eau à la bouche. C'est comme une première fois, l'orifice saigne et se crispe, mais le plus douloureux est passé. Avec une meilleure connaissance de votre partenaire, l'appréciation sera croissante.

Il y a quelque chose d'attirant, de racoleur dans l'expérimentation de We're not Alright. C'est un antibiotique mais il n'est comme à l'accoutumé pas automatique. Qu'importe finalement, nous mourrons comme tous les autres. Dopons-nous pour soigner nos malheurs. Il ne manquerait plus que nous refassions le monde, alors qu'à l'aise nous sommes dans ce cocon de voix fragmentées et d'instruments écorchés vifs. Agence de voyage gratuite, il suffit de télécharger la destination ici.

 

http://f0.bcbits.com/z/24/26/2426181456-1.jpg

par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 09/02/2012 17:42

Mouaha, s'il te faut poster sous une énième identité pour préciser ton degré de dérision effectivement je n'ai plus grand chose à ajouter...

pourquoi tant de haine? 09/02/2012 16:17

T’es au minimum un lapin extralucide! à la lecture d’un malheureux comm (écrit au 4eme degré), t’arrives à déterminer le profil psychopathologique de l’auteur et la couleur du papier peint. Ça
t’intéresse une partie à trois? tu m’as l’air pas mal équipé en attributs du geek.
PS. ne me réponds pas tout de suite, ça va énerver B2B, et lui il rigole pas…
Bisou

Rabbit 09/02/2012 14:53

Ah mais si tu partages son humour il sera certainement très content de te faire une petite place dans sa chambre de geek entre les pornos gay et sa collection d'ipods nano.

Perso j'ai jamais vu d'humour dans ses messages, juste de la suffisance débile fleurie à coups de lol. Au passage pas compris la moitié de son comment" du dessus, ça doit être ce que les digital
natives appellent de la "dérision".

Bref 09/02/2012 11:11

Une chose est certaine, l’humour et la dérision ne sont pas les qualités les plus largement partagées chez les « commentateurs » de CE! On peut rire de tout mais pas avec tous les lapins..

Rabbit 09/02/2012 10:34

Mince il suffit de le lâcher 24h pour qu'il se répande dans son vomi. Je t'aurais bien nourri encore un peu le troll, mais finalement te regarder ramer dans tes clichés d'ado frustré c'est plus
marrant. A ma décharge je connais personne de ma génération qui abrège "pas" en "ps" donc la joute serait par trop inégale ("pr" ?).

@ B2B : sorry de pas avoir laissé filer mais je me suis rappelé de son comment' gratuit dans la chro du Spheruleus. Être inculte et se persuader du contraire c'est excusable, la ramener à tout bout
de champ sur un ton condescendant c'est juste pathétique mais les deux à la fois c'est quand même un peu lourd à la longue.