Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux.
Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
L'anglais Chris Clark, ou Clark selon les projets, avait déjà frappé un grand coup avec la sortie de l'excellent EP Growl's Garden. Il revient donc, encore chez Warp, avec ce Totems Flare dont la sortie est annoncée pour la première quinzaine de juillet.
Après le glorieux et baroque Body Riddle, l'enfumé Turning Dragon, Clark pose la dernière pierre à sa trilogie entamée en 2006. Sur Totems Flare, on remarque immédiatement une présence des synthétiseurs et des vocaux bidouillés beaucoup plus importante que par le passé. Growl's Garden, pièce maîtresse éponyme de l'EP précédent est une nouvelle fois, dans une version un peu raccourcie et transformée, le point d'orgue de l'opus. C'est d'ailleurs le seul morceau à sortir de ce tortueux lot. Le reste est un concentré de techno inclassifiable et mutante. Rythmes percussifs extrêmes, mélodies et beats craquelés, froissements et aspirations en tous genres, assènent un assomant uppercut dans la gueule de l'auditeur. L'excellent Outside Plume, le brouillé Rainbow Voodoo et les habités Totem Crackerjack et Talis en sont les exemples les plus probants. Sans doute son album le plus dense et le plus torturé. En conséquence, il est également le plus déroutant, avec pour seule ligne directrice, celle de brouiller toutes les pistes. Cet album est construit comme un bloc brut et pourrait être constitué d'un seul titre en perpétuelle errance.
Les premières écoutes de ce Totems Flare peuvent se montrer profondément indigestes, mais confirmeront sans nul doute avec le temps tout le génie de son auteur. Il est néanmoins indéniable qu'il faut avoir un sérieux problème mental pour pondre un album pareil. Cette piqûre de rappel réaffirme le potentiel pathologique et jubilatoire qui sommeille en chaque amateur de musiques électroniques complexes.
"Les premières écoutes de Totems Flare peuvent se montrer profondément indigestes, mais confirmeront sans nul doute avec le temps tout le génie de son auteur."La durée est effectivement souvent<br />
propice aux révisions de jugements et aux changements de perception. Plus de deux ans étant passés par là, je confirme que ce disque demeure totalement indigeste (je suis prêt à parier que ceux qui<br />
prétendent l'aimer sont des simulateurs qui ne l'ont en fait quasiment plus jamais écouté depuis sa sortie ), quand au génie de l'auteur, il me semble que Body Riddle en apportait une démonstration<br />
suffisante en elle-même, sans besoin de confirmation, et donnait simplement envie d'entendre la suite. "Seule ligne directrice, celle de brouiller les piste" certes, mais plutôt que de brouillage,<br />
déplacement de lignes, subversion, changement de perspectives, altération, etc, il s'agit en fait de destruction pure et simple. La destruction s'avère souvent une condition de l'art, mais il est<br />
peut-être souhaitable d'éviter de détruire totalement son oeuvre. Bref, il me semble que ce disque est symptomatique d'un écueil qui ruine souvent les volontés totalement légitimes d'innovation :<br />
On peut glisser facilement vers un volontarisme sans objet, voire vers la pose. A moins qu'il s'agisse d'autre chose dans le cas de cet album, Le Chef d'oeuvre inconnu du gros Balzac serait<br />
peut-être à méditer.
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J'ai lu plusieurs fois cette chronique. Et aujourd'hui j'avais envie de la relire encore une fois, pourquoi pas.<br />
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C'est l'album qui me touche le plus jusqu'à aujourd'hui. Puissance, profondeur, modernité, poésie ... Bref.<br />
Ce qui me fait chier c'est clairement UN morceau. Ce truc c'est Luxman Furs. Punaise pourquoi quoi ?!<br />
C'est clairement en dessous du reste ... On a l'impression qu'il est là pour démontrer que la perfection n'existe pas ... Elle existerait pour moi, si Mr Luxman Furs était absent.<br />
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Merci et vivement la suite de Clark (pas trop vite, qu'il prenne autant de temps qu'il faudra).<br />
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J'ai adoré ce disque. Seuls défauts : un peu court et trop inégal. Rainbow Voodoo, Future Daniel et Talis sont 3 titres d'exception, une vraie tuerie. miam.