Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
Sortie : 26 Mars 2012
Label : Kompakt
Genre : Techno-pop
Note : 5/10
Quelle foutue manie de vouloir faire de la musique en couple ! De Lindstrom & Christabelle à Sascha Funke et Julienne Dessagne aujourd’hui, le phénomène tend lourdement à se généraliser. Mais un souci demeure : l’absence de recul. L’amour bouffe l’objectivité et oblige à se regarder uniquement le nombril. Il supprime la prise de risque, vous installe dans un schéma confortable. Tous les projets électro qui sont nées d’un travail en couple n’ont pu qu’aboutir à des albums bien trop balisés. Saschienne ne déroge pas à la règle.
Sascha Funke est un artiste techno relativement respectable, sa musique n’a jamais été d’une profonde originalité mais sa techno, profondément marqué par la pop, n’en demeure pas moins agréable. Mango, son dernier opus, sorti en 2008, était inégal mais l’aspect mélancolique de certains morceaux (tel Chemin Des Figons) lui octroyait un charme certain. L’Allemand est marié à Julienne Chassagne, figure connue des nuits londonienne et musicienne à ses heures perdues, et nos deux tourtereaux ont donc décidé de sortir un album commun, Unknown.
Ce n’est pas qu’Unknown soit indigent ou indécent, c’est seulement que l’on fait face à un album bien trop inoffensif pour pouvoir marquer les esprits. Alors qu’on aurait pu s’attendre à une odyssée salace, on se retrouve avec un album rigide, si ce n’est frigide. Julienne Dessagne est pourtant loin d’avoir un timbre de voix désagréable, on se laisse même porter par sa douceur. D’ailleurs, le morceau éponyme ouvrant l’album installe avec finesse sa lancinance, réussissant à habilement marier les volutes techno de Sascha avec les vocalises désabusées de Julienne. C’est gentil, ça ne blesse personne, ça s’écoute sans s’écouter. Mais malheureusement, la suite de l’album n’arrivera jamais à dépasser le stade des préliminaires. On s’emmerde légèrement à l’écoute de ces 8 titres poussifs. Les susurrements anti-érotiques de November et la moiteur artificiel de Knodfauge confirment que l’Allemagne est tout sauf un pays lubrique.
On se contente alors de se mouvoir passivement, se nourrissant de quelques notes de pianos et d’un chant bicéphale (Sascha aussi y donne de son corps). On regarde par la fenêtre, on attend que le temps passe plus vite mais non, Caché et Neue Acht jouent la carte de la longueur, inutilement. Et l’album s’achève sans avoir l’impression d’avoir réellement débuter.
Saschienne livre un album passe-partout, qui s’écoute passivement. Ce n’est pas nécessairement un problème mais au final, Unknown n’est qu’un énième album de techno-pop soluble dans le temps.
par B2B