Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
Sortie : 23 avril 2012
Label : InFiné
Genre : Techno
Note : 6,5/10
Tout amateur de techno connaît forcément Oxia. Le français est un infatigable guerrier qui écume les clubs de l’hexagone depuis plus de 10 ans. Il est passé partout, au moins deux fois. Difficile donc de l’avoir éviter. Et ce n’est pas pour rien que le mec continue inlassablement d’enflammer les parterres de clubbers, puisqu’en DJset, il est d’une redoutable efficacité.
Mais passé son indéniable talent de DJ, que reste-t-il ? Pour tout dire, pas grand-chose. Hormis un album méconnu, 24 Heures, sorti en 2004, et une bonne quantité de maxis (sortis sur Goodlife, Kompakt,…), il faut admettre que l’on connaît peu les productions personnelles d’Oliver Raymond, de son vrai nom. Et d’ailleurs, ce n’est pas un problème puisqu’Oxia n’a jamais tenté de mettre en avant ses talents de compositeurs, préférant la furie d’un DJset nocturne, à l’échafaudage d’un album domestique.
Tides Of Mind est donc une surprise, d’autant plus que l’album sort sur le respectable label lyonnais, InFiné. Il est utile de savoir qu’Oxia et Agoria sont potes depuis longtemps et qu’ils ont la délectable habitude de mixer à 4 mains. Là où Agoria mise sur une techno à la puissance dévastatrice, Oxia préfère calmer le jeu avec une deep-techno plus introspective. Nos deux compères sont d’une exemplaire complémentarité. Et Agoria a beau avoir quitté l’entité d’InFiné, cela ne l’a pas empêché de miser sur un nouvel LP d’Oxia avant son départ.
Tides Of Mind est un album de techno à l’ancienne, d’une simplicité totale, tout en étant solide et efficace. Rien ne dépasse, tout est bien calibré. Oxia maitrise parfaitement les ficelles du métier et sait comment préparer une bombe. Il est clair que l’ensemble reste linéaire et prévisible mais pourtant, le plaisir est intact. Il est parfois bon de ne pas trop chercher à intellectualiser, pour uniquement se concentrer sur la réceptivité primaire.
Oxia enchaîne ainsi les tracks 4x4. L’intégralité des titres dégage une forte odeur d’explosion contagieuse. Tides of Mind est taillé pour la danse, uniquement pour la danse. De la techno cool et jazzy, avec son piano léger, de Rue Brusherie, au groove moite, portée par les susurrements de Miss Kittin, de Housewife, jusqu’à l’extatique et percussif Latitude, tout semble fait pour vous puissiez garder les bras en l’air. Ça fonctionne à plein tube et on se laisse docilement balader même si on connait d’avance le scénario. Seul Harmonie tente de s’émanciper en misant, avec aisance, sur une deep-techno volontiers plus introvertie et mélodique. On regrettera tout de même une deuxième partie plus facile, si ce n’est dispensable, avec un Flying Over Time bien trop linéaire et un Sway à l’enrobage électronica insipide.
Oxia ne révolutionne rien, il se contente de dérouler. Tides of Mind n’a qu’une vocation, vous faire bouger votre cul, de la manière la moins stupide possible. Tides of Mind n’est rien d’autre qu’un album de techno routinier mais finement maitrisé, et c’est déjà pas mal.
par B2B