Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
Sortie : novembre 2010
Label : Airflex Labs
Genre : Entre techno et dubstep
Note : 6
Après un premier maxi qui avait attiré notre attention en juillet (chroniqué ici), Nicolas Couval, alias Isotroph, revient déjà avec un nouvel EP chez Airflex Lab. Les arrangements sobres, deep et moelleux sont toujours au rendez-vous, mais il laisse cette fois-ci plus de place à son goût pour le dubstep.
Une techno confortable. Les kicks sont légers et les autres sonorités sont autant de caresses dans le discret crépitement rythmique. Une voix nuageuse perce dans Passenger alors que le Dijonnais s'attache à séduire en douceur. Une musique d'esthète comme disent certains, mais pas ronflante pour autant. Quelques breaks viennent même renforcer le charme sans rompre le fil. Les minutes défilent paisiblement, conférant aux morceaux une dose d'hypnose agréable. La retenue grimpe encore d'un cran sur Nenuphar et son intro délicieusement progressive. Les nappes se glissent peu à peu parmi les cliquetis pour nous laisser flotter au fil du courant. Les délicates évolutions évitent toute lassitude sans bousculer l'écoute.
Même sur trois titres, Isotroph arrive à imposer une progression, évoluant peu à peu vers un genre de dubstep classieux. Les chants gorgés de reverb introduisant Kenya mènent en effet à une évolution rythmique, avec des syncopes plus franches même si le tempo reste très modéré. Les références africaines bruissent de frémissements électroniques et de basses volumineuses.
Sur le Neat's bloom remix de Nenuphar, la digression du rythme se prolonge avec une touche broken beat. Tout en respectant l'esprit de l'original, une énergie nouvelle est impulsée. Le Opti's Uhuru peak remix revisite lui Kenya en lui donnant une dynamique nouvelle tout en conservant la volupté chère au producteur.
Avec ces trois nouveaux titres, Isotroph confirme ses bonnes intentions en nous donnant quelques belles plages à savourer. Comme chez les meilleurs labels allemands, il trouve la mesure habile entre musique de salon et de club grâce à un son classieux et modeste.
par Tahiti Raph