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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 00:51

Sortie : avril 2012

Label : Syrphe

Genre : Indus, Hip-hop, Breaks

Note : 8/10

 

 

Le Diktat (quel joli nom) est aujourd'hui composé d'un seul membre français, a publié un album avec Babylon Chaos sur le label très ambient OPN et un autre chez les énervés, efficaces mais un petit peu puériles Audiotrauma. A ses heures perdues, il publie des chroniques sur le très bon Noise Mag sous son véritable nom : Thomas Papay. Kirdec vient du plat pays, a des origines grecques et congolaises, sillone le monde à la rencontre des cultures alternatives quand il ne se charge pas du mastering des productions Ad Noiseam. Militant politique convaincu, il développe plus particulièrement des thèses libertaires, et protectionnistes à l'égard de nos amis les bêtes. C'est une des personnalités les plus emblématiques des sphères industrielles. Les deux lascars se rencontrent dans les vapeurs moites de la célèbre Villa Rouge de Montpellier en 2002. Kirdec est venu jouer avec Olivier Moreau (Imminent, celui dont la musique donne envie d'envahir la Pologne) au sein du projet Axiome. Le Diktat était encore à l'époque aussi composé de Benoit Gransac. Thomas et Cedric sont régulièrement bookés à l'époque dans les même soirées, et lentement mais sûrement, l'idée d'un album à quatre mains émerge. Voilà donc six ans que cette "collection" est en gestation. Ce n'est pas pour rien que le vieux remix Nihil ouvre les hostilités.

 

 Leur musique semble trouver sa genèse dans des coins sombres qui hument bon la pisse radio-active, la poudre et l'infection ferrailleuse. Si la tonalité globale est résolument industrielle, ont peut également dégager des poussées hip-hop, expérimentales et même dubstep. Si le power noise et sa rengaine 4/4 continue de séduire dans certaines contrées, les deux francophones ne sont pas tombés dans cet écueil depuis bien trop longtemps maintenu sous perfusion. De leurs boucles se profilent des instincts sauvages, habitées par des convictions politiques aussi rugueuses que leurs kicks. Si l'excellent, dark et sexy Black Smoke y va de son hommage au chef d'oeuvre nihiliste de David Fincher, c'est bien tout l'album qui est habité par les territoires sombres décrits par Chuck Palahniuk. Comme si leur collaboration hébergeait en son sein un corps étranger, un organisme apte à infecter les circuits. Car quand les Vagues à Lames de Kirdec déboulent au premier plan, leurs intentions sont vengeresses et destructrices, prêtes à suriner les plagistes en congés payés du CAC 40, à souiller un peu plus les berges nauséabondes de l'âme humaine consumériste. Le cuivre et les scratchs de la chancelante Torpeur viennent logiquement sonner les cloches faites de verre d'une apocalypse sans témoins.

Si les titres composés à quatre mains ont ma préférence, il est particulièrement étonnant de constater ô combien les personnalités rythmiques des deux compères sont complémentaires. Certains ont parfois besoin de comparaisons viables pour se faire une idée plus précise, alors citons Scorn, avant sa période Ohm Resistance.  Si Illusions et Cridacted posaient des bases encore plus incisives et pragmatiques, Le Diktat défouraille sèchement, en enchaînant probablement les trois meilleurs titres du disques : Ennemi Intérieur, comme un Verbal de Amon Tobin sous Skenan, rappelle qu'un jour le hip-hop fut aussi conscious que dansant. Hunter, et ses boucles de batterie épileptiques assujettis pour l'éternité à la Depakine. Et Black Smoke dont nous avons déjà parlé, tout droit sorti d'une darkroom mixte à Viagras tirés. Les gazs et l'acidité de Mourir de Bonheur prennent le temps d'installer la thèse guerrière et malade. C'est la première fois que je vois la terre en noir et blanc...

Il fallait bien après ça que le Diktat fasse beugler de grasses cordes rock sur Crisis avant la conclusion dont le titre Les pays qui cherchent des obus, n'a pas besoin de vaine description pour illustrer le propos.

 

Mourir de Bonne Heure est une belle promesses mais restera probablement orpheline. Prions pour qu'elle donne un sérieux coup de projecteur sur les productions Syrphe et sur l'univers de Kirdec. L'idéal serait que les deux camarades déploient leurs cavalcades communes et associatives en live. Pour ceux qui ne souhaitent pas attendre l'hypothétique matérialisation de ce voeu chaste, l'acquisition de l'album est bien évidemment plus que recommandée.

 

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par Ed Loxapac

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 18:32

Sortie : mars 2012

Label : Jarring Effects

Genre : Dub, electro-dub

Note : 8/10

 

Après des collaborations réussies avec Kali Live Dub, Improvisators Dub, Wang Lei et Zenzile, les chouchous lyonnais de la place Bellecour, j'ai nommé High Tone, posent leurs valises à Saint-Etienne pour une passe d'armes avec le fiévreux Brain Damage. Très attendu après une série de concerts en France, dont deux dates retentissantes au 104 à Paris, que nous réserve donc ce High Damage, porteur d'attentes nombreuses et légitimes ?

 

Les deux formations s'illustrant dans un dub aux basses plombées et électroniquement bidouillées, saupoudrées de samples ou de spoken words, tantôt frondeur ou orientalisant, le résultat devait légitimement poutrer de l'igloo. Le premier morceau, The Dawn, ouvre la danse sur un dub classique, robuste et lancinant, qui semble marier les deux formations de manière complémentaire, le substrat renvoyant au son de Brain Damage et le travail d'effets à celui de High Tone. Après un Stereovision dont peut être retenu un certain sens du classicisme dub mis en tension par un joli travail sur les wobbles, Brain Tone fait ressentir toute la lourdeur du vide, de la suspension des basses et des rythmiques pour mieux asseoir sa démarche pachydermique. Centré sur le chant de Zeb Mcqueen, Shake up me convainc moins avec son raggae-dub vu et revu, quoique sympathique par ailleurs. Belle surprise, le très planant The Midday Sun prolonge de façon cotonneuse un I did my Time tout en hochement de tête et liquéfaction musicale d'influences hybrides. Incontestablement, la grande réussite de ce High Damage repose sur de mariage de deux sonorités dub caractérisées par l'effacement des frontières et l'aspiration des influences. Que l'on soit fan de l'une ou l'autre des formations, le dub y reste roi, et bien malin qui parviendrait à départager de manière pointilleuse les apports respectifs de High Tone et Brain Damage.

Le morceau ZZZ détonne le long de ce cheminement musical, plus poisseux et inquiétant qu'à l'ordinaire. L'étiquette parfois accolée aux deux formations de "dub mutant" y prend tout son sens, en alliant des sonorités de différents continents dans un même continuum sonore, toujours dub, mais tellement plus que cela. Soufflant le chaud en même temps que le froid, ce High Damage poursuit sa route avec un Watching you menaçant de noirceur, avant de se clore avec The Dusk, tout en réverbérations profondes et manipulations électroniques de toutes sortes. High Damage réussit ici ce pour quoi tant s'effondrent : ouvrir le seul dub sur son dehors, multiplier les effets, pour un résultat dont toute linéarité est exclue.

 

Que l'on apprécie l'une et/ou l'autre de ces formations cultes du dub français, difficile de ne pas y trouver son compte, tant le soin apporté à la composition de ce High Damage y est audible, préférant souvent les chemins de traverses au dub monolithique dont ils sont pourtant les héritiers. Lourd comme le plomb et subtil comme la plume, ce disque est bien plus que recommandable. 

cover HighDamage FX101 rvb300dpiLOW
par Pingouin Anonyme 
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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 12:32

Sortie : Avril 2012

Label : Honest Jon’s Records

Genre : Electronica magnétique

Note : 3,5/10

 

Actress est l’artiste hip par excellence. Dissipons immédiatement tout malentendu, je n’ai rien contre la hype, il en émerge sporadiquement d’excellentes révélations au pouvoir d’attraction mérité. Mais parfois, l’inverse s’impose et justement, avec Actress c’est le cas.

Petite mise au point : Actress est anglais et se prénomme Darren J. Cunningham. Il est l’auteur de Hazyville, premier album relativement méconnu sorti en 2008. C’est la sortie de Splazsh en 2010 qui l’a véritablement propulsé sur le devant de la scène. L’album n’avait pas été chroniqué sur nos lignes car il m’avait paru pour le moins anecdotique. En effet, la musique d’Actress est un étrange mélange de UK Bass et d’électronica, pour un résultat tantôt énigmatique, tantôt insipide. Malgré sa relative faiblesse, ce deuxième album n’était pas indigent et possédait un charme certain.

R.I.P. est la nouvelle création du bonhomme et là, par contre, on frôle l’escroquerie totale. Exit la bass music, place à une électronica-magnétique cheap. Le travail sur le rendu sonore demeure cependant intéressant dans la mesure où Actress applique quantité de filtres au point de rendre sa musique fantasmagorique. Mais cela ne suffit pas pour autant à rendre R.I.P. intéressant, loin de là. Les motifs répétitifs et le peu de variations de l’ensemble ne suffisent pas à donner du relief à toutes ces sonorités aspirées. L’impression d’écouter continuellement des ébauches de morceaux est rédhibitoire. On pourra toujours me targuer que, justement, toute la magie d’Actress est là, il n’en demeure pas moins, que pour moi, ce n’est, ni plus, ni moins, que du foutage du gueule.

Deux artistes, eux aussi clairement buzzés, me viennent à l’esprit. Premièrement, Oneohtrix Point Never pour l’esprit « vignettes ». Mais là où le new-yorkais arrive à  offrir une singulière balade psyché, Actress se contente de proposer un zapping sans queue ni tête. Deuxièmement, Hype Williams pour le côté branleur. A ce petit jeu, les deux font armes égales à ceci près que Hype Williams se morfond désormais dans les abysses de la musique électronique.

Mais revenons à Actress. Prétendre que tout l’album est honteux serait tout de même non-recevable. Je sauve deux morceaux de cet ersatz : Shadow From Tartarus pour sa dualité intéressante entre un magma impénétrable et une mélodie spatiale et N.E.W. pour sa comptine bouffant progressivement tout le spectre sonore pour étaler le temps avec paresse. Le reste est risible. Le fait de donner un rendu magnétique à tous les morceaux ne fait que les noyer dans l’ennui. De la techno de chambre figée et étouffée de Marble Plexus, au faussement rampant mais vraiment endormant Tree Of Knowledge, je me suis rarement autant fait chier à l’écoute d’un album tant on reste éternellement bloqué sur la ligne de départ.

Et dire que certains osent parler de musique cérébrale. C’est prendre les gens pour des cons et revient à faire croire que Jeff Koons fait de l’art et Christophe Honoré du cinéma. Non, nous sommes dans le domaine des imposteurs, glorifiés par des médias hypocrites et suiveurs. Faire croire que la création musicale est là, relève d’une ignorance crasse. R.I.P. ne provoque qu’ennuie et indifférence et Actress est le symbole même du poseur insignifiant.

 

http://27.media.tumblr.com/tumblr_m2sa82V8EC1qzoqu9o1_500.jpg

 

par B2B

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 01:31

Sortie : avril 2012

Label : Ad Noiseam

Genre : Ambient, Shoegaze, Post-Rock

Note : 8/10

 

Voilà maintenant dix ans que Matthew Jeanes (Larvae) suit son petit bonhomme de chemin chez Ad Noiseam. J'avoue n'avoir jamais été fan du son du bonhomme, que ce soit quand il officiait dans l'électronique à tendance club, ou dans le hip-hop mutant. Il n'empêche que ses trois albums précédents ont eu un certain succès, et ont donc suscité une certaine attente. Ad Noiseam fait partie de ces labels qui accompagnent les artistes jusqu'au bout de leur démarche. On se souvient du surprenant, à la fois mature et anarchique No Land Called Home de Subheim, ou du breakcore pour adultes Even Weight de Enduser. De là à dire que le label allemand accompagne ses ouailles vers une certaine maturité, il n'y a qu'un pas à franchir. Exit Strategy est annoncé comme un album presque dénué de beats. L'excellente vidéo de Vows and Promises a renforcé l'intérêt. Alors qu'en est il vraiment ?

 

Larvae a beau avoir enregistré son album à Austin, il ne semble pas qu' Exit Strategy fut imaginé en contemplant les édifices des Silicon Hills. Mais plus en suivant les rivages du Colorado, vers des étendues plus sauvages, lors des nuits estivales caniculaires que le Texas connaît si bien. Là où on trouve la paix en attendant l'arrivée du matin, en écoutant peut-être du Labradford ou tous ces groupes qui ont semé les bases du dit post-rock.

La matière première de cet album est définitivement organique, mais l'annoncer comme dépourvu de beats serait mentir. C'est justement parce qu'il se fait si rare qu'il fait si bien mouche quand il apparaît, en sniper de luxe, derrière les fameux regains de tension des guitares, qui font le sel de cette épopée contemplative et apaisante. Le beat est aussi là pour parfois suppléer les textures de batteries définitivement naturelles. Et il le fait très bien.

La surprise et la diffusion du venin bienfaisant se fait dès les premières mesures de Locked From The Inside, morceau faussement minimaliste qui prend son temps pour dévoiler ses reliefs. Cette impression de nonchalante évolution est d'ailleurs finalement beaucoup plus subtile qu'il n'y paraît au premier abord, et a le don de clore les yeux des sceptiques de départ, dans l'attente de ce qui fera dévier le thème central de son inertie apparente. C'est très palpable sur l'excellent Vows and Promises, quand le beat et ses boursouflures pneumatiques font trembler ses eaux calmes. Ce sera encore plus vrai sur le tout aussi fort The Switch, titre béat par excellence jusqu'à sa moitié supérieure, quand la batterie déboule et laisse enfin les guitares se saturer pour dévoiler les premières lueurs du jour qui suivent les aurores diluées dans le brouillard.

C'est aussi pour ça que que le beat est pertinent, quand il propose contraste et sursaut, comme sur sur N-1, où les synthétiseurs sont plus présents et la rythmique plus vorace. Ou comme sur le plus court mais très intéressant Quitter, où il semble y avoir comme un glissement de terrain dans les travées ambient. Sans le moindre remix qui dénaturerait la substance originale (fait rare à l'heure actuelle dans certaines sphères électroniques), le nocturne, plus riche et ambigu Easy, viendra fermer cette bien jolie incursion interne, là où les scénarios de nos songes ne trouvent réalisateur que dans notre propre imaginaire.

 

Voilà déjà un moment que je pensais que Mobthrow était une pointure en ce qui concerne le mastering (depuis Emerging Organims 4 en fait). C'est probablement sur cet album que son office est le plus remarquable. Il est parfois bon de s'émanciper des sentiers doggystyle pour trouver un peu de profondeur. A méditer. Bien bel album en tous cas.

 

http://www.adnoiseam.net/images/stories/discography/160/adn160-635.jpg

par Ed Loxapac

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:42

Sortie : 28 Février 2012

Label : Scissor and Thread

Genre : Deep-house

Note : 9/10

 

L’ondulation des corps est une constante incessible du Leland de Francis Harris. Pris dans un mouvement régulier, vous vous abandonnez et n’avez plus qu’à vous faufiler, telle une anguille, entre les instrumentations jazz et la douce volupté d’une basse bienveillante.

Francis Harris surprend avec ce nouveau projet, lui qu’on a connu plus instantané lorsqu’il officiait sous l’entité d’Adultnapper. L’américain a décidé de mettre du Lexomil dans ses productions afin de mieux manipuler l’auditeur friand d’une deep-house racée.

 

Leland doit s’appréhender avec paresse tout en laissant tous vos sens à l’affut. La sieste éveillée durera près de 80 minutes, mais il y a fort à parier que vous déciderez de la prolonger. Le principe est simple : une dynamique deep-house, des élucubrations jazz, une voix relaxante. Mais les apparences sont trompeuses. N’y voir qu’un disque de deep-house lounge serait injuste, si ce n’est méprisant.

Leland respire à chaque instant, prend son temps pour installer son ambiance oisive. Dès Pensum, on saisit la teneur du propos de Francis Harris. Il est question de non-agression dans cette deep-house jazz aux relents dub. La trompette, en mode sourdine, devient un antalgique insidieux. Vous ne vous contentez plus d’écouter, désormais, vous ressentez, vous vibrez et vous succombez lorsqu’advient l’extrême onctuosité de ces Living Lips, portées par un piano lointain et un violoncelle résigné. De même, le corps est traversé par la neurasthénie d’Of The Field, ode à une évanescence tutélaire.

Toute l’alchimie de l’album réside dans cette dualité parfaitement domestiquée entre la présence électronique et l’utilisation d’instruments live. L’instabilité n’a pas lieu d’être, tout semble parfaitement s’emboiter. La dynamique jazz rappelle ce cool trop souvent oublié quand il n’est pas pressuré. Chez Francis Harris, il est uniquement question de retenue et d’effacement, de maîtrise désintéressée et désinvolte.

Je passe sous silence les remarquables plages d’électronica-pop, portées par la voix bienveillante de la danoise Gry Bagøien, et utilisant avec parcimonie et justesse le field-recording pour aboutir à des écrins de subtilité. Une sensibilité à fleur de peau s’échappe de ces chansons intemporelles, venant directement vous foudroyer en plein vol. Car s’il y a bien une ossature permettant de rendre Leland homogène, elle s’observe au-delà de la simple musicalité mais plutôt du côté de l’émotivité. Leland c’est du spleen sous perfusion, du romantisme doux-amer.

 

Remarquable de retenue, Leland est un sublime album de deep-house. Tel un manifeste de la paresse, l’album s’écoute inlassablement, dans le seul but de prolonger votre léthargie. La résonnance s’installe alors définitivement en vous, pour ne plus jamais vous lâcher.

 

http://cdn.shopify.com/s/files/1/0148/8675/products/leland_cover_600.jpg?1500

 

par B2B

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 02:32

Sortie : 30 avril 2012

Label : Ninja Tune

Genre : Hip-Hop

Note : 8/10

 

En bon fils de sculpteur renommé et en bon résidant de Manhattan, on peut dire que le jeune Anthony Simon a eu accès à une certaine culture. Si beaucoup le connaissent pour son chef d'oeuvre Music By Cavelight de 2003, certains ignorent qu'il fut le beatmaker attitré de Aesop Rock et de bon nombres de MCs gravitant autour du légendaire label Definitive Jux. Il fait partie de cette génération de whiteys américains à s'être pris le hip-hop en pleine gueule à la fin des années 80 (pour les plus vieux). Citons l'éternel redneck et pape sanctifié après Entroducing Dj Shadow, l'aujourd'hui en errance RJD2 ou le new yorkais Dj Signify (et son injustement méconnu Of Cities), parmi ses collègues à la base du galvaudé terme abstract hip-hop. C'est probablement celui qui aujourd'hui s'en tire le mieux parmi ses congénères pré-cités, même si rien n'est moins facile que de continuer à captiver après un album comme Music By Cavelight. Tout en conservant son éternelle démarche old-school, Blockhead a su s'émanciper du pur beatmaking et de son bijou initial, pour maintenir l'intérêt de ses fans de la première heure. Sa musique est aujourd'hui à envisager comme en lien avec son environnement direct, des tranches de son quotidien ou d'instants volés au coin d'une rue. Certains disent même qu'il utilise Ableton depuis son dernier The Music Scene. En fait peu importe l'outil avec Blockhead, car seul le résultat de ses fables - abstraites et habitées par un imaginaire débordant - compte. Interludes After Midnight sort la veille de la fête du vrai travail en France sur Ninja Tune.

 

Si la musique de Blockhead n'a pas connu de réelle révolution depuis 2005, on peut tout de même reconnaître que le beat est devenu secondaire par rapport à l'habillage et à l'aspect narratif. La rythmique hip-hop et ses drums si reconnaissables sont bien sûr encore là, comme un fil conducteur plus que jamais ouvert sur tellement d'autres choses. Ces fables urbaines et cosmopolites semblent infusées dans le LSD tant la dimension psychédélique est aujourd'hui poussée à un niveau de qualité impressionnant.

Blockhead a cette capacité à faire groover et donc rendre funky n'importe quelle de ses productions. Il pourrait sampler de la musique celtique que ce serait pareil. Pourtant, Interludes After Midnight peine un peu à se lancer et je dois avouer que même si le sampling est toujours aussi juste et subtil, je préférais le travail autour des parties vocales de The Music Scene. Franchement l'apport du timbre anémique de Baby Dayliner est questionnant, et contribue à donner à ce titre des odeurs de hippie mal lavé. Mais passons, car il n'y a que très peu de chose à jeter dans ce nouvel opus. 

Le très bon Never Forget Your Token bénéficie de cette même éfficacité pragmatique, avec cette voix sorti d'on ne sait quel film blaxploitation qui invite à "take the subway to the end of your mind", dresse les plans du meilleur à venir. Puis pendant trois titres, on retrouve un peu le côté attentiste et trop fouillis de Downtown Science. Fort heureusement, l'enchaînement de Meet You At Tower Records à Smoke Signals sera des plus savoureux, réalisant une synthèse parfaite d'une certaine contre culture américaine, qui puise ses alternatives aussi bien dans la soul funk ou le jazz, dans la musique afro-indou-caribéenne ou dans le rock à moustache. On trouvera même ça et là, des effluves de synthés 80's qui réalisent la performance de ne pas sonner trop kitsch. Et que dire quand cette putain de trompette de mariachi sort de nulle part sur le déjà excellent Midnight Blue, comme un clin d'oeil plus que bienvenu à l'exceptionnel Carnivore's Unite. Ou comme quand une guitare garage et lo-fi veint ajouter une strate de vrilles au déjà bien perché Snapping Point. The Robin Byrd Era viendra clore avec brio et savante maîtrise ce maelström plus que réussi.

 

Si bon nombre d'observateurs s'accordent à dire que le hip-hop s'égare sévèrement depuis qu'il s'est rangé du côté des hyper-productions et du "tout électronique", on s'étonne presque de voir toute la blogosphère se gargariser des nouveaux excès vulgaires et consumés du genre. Blockhead n'a pas la vocation de représenter quoi que ce soit, mais son hip-hop nous raconte des histoires inexplicables, et c'est tout ce qu'on lui demande. Un disque qui fait du bien, à Ninja Tune et son patinage pas très artistique, mais surtout à ceux qui n'attendaient plus rien de Blockhead. Très, mais alors très bonne surprise.

 

Blockhead---Interludes-After-Midnight--Ninja-Tune-.jpg

par Ed Loxapac

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 01:10

Sortie : avril 2012

Label : Scion Audio/Visual

Genre : House de puriste

Note : 8,5/10

 

Se déclarer fan de house music sans connaître Moodymann c'est un peu comme parler de hip-hop newyorkais sans avoir pris sa claque sur le Illmatic de Nas. Pour accorder quelques circonstances atténuantes à ceux qui le découvriraient seulement aujourd'hui, convenons qu'il a parfois été masqué par les ombres de Carl Craig, Omar S, Roy Davis Jr, Derrick May ou Glenn Underground, entre autres légendes de Detroit et de Chicago. Proche d'un autre virtuose du genre nommé Theo Parrish, il a pourtant sorti des albums aussi légendaires que indispensables. Si Silentintroduction se révèle forcément comme le plus mythique, avec le titre intemporel Sunday Morning et cette fameuse collaboraton avec Norma Jean Bell sur I Can't Kick This Feeling When It Hits, les albums Black Mahogani et Forevernevermore sont aussi des chefs d'oeuvre.

Si Moodymann (ou Kenny Dixon Jr, ou même KDJ pour les intimes) est autant décrié qu'adulé, c'est probablement car à force de se faire flûter derrière des draps pendant ses sets et déballer des théories plus ou moins racistes, sa nonchalance et sa profonde capacité à se foutre de la gueule de son public, surtout quand il est blanc, ont fini par lasser. Si ses derniers Det.riot '67 et Another Black Sunday contenaient des bonnes choses (foutu Freeki Mutah F cker), on ne pouvait que constater son cruel manque d'imagination créatrice et son envie de perpétuer son music business plus que sa légende.

Malgré tout, sa musique n'a jamais souffert du moindre compromis et a toujours ramené la house à ses éternelles racines noires. Certains ont également pu croiser son travail au sein du projet plus techno (Detroit oblige) Urban Tribe, en compagnie de Anthony Shakir, Carl Craig et Sherard Ingram. Nul n'attendait plus grand chose de l'homme qui gère autant de labels que d'avatars. La sortie de ce Picture This crée donc autant d'espoirs que de doutes.

 

Quand ce ronflement de basses si engluant et cette manière de kicker la production si typique au son de Moodymann se propagent dès les premières mesures de 9 Nites 2 Nowhere, on croit légitimement tenir quelque chose de lourd. Car entre la trompette et les divins contretemps, résident de petits bidouillages et des nappes obliques de claviers qu'on avait pratiquement entre-aperçu uniquement sur ses projets plus techno. Grand titre.

Clamer son amour à la jungle urbaine décharnée de ses industries qu'est aujourd'hui Detroit n'est pas un fait nouveau chez Moody. Il agrémentait souvent ses titres d'instants capturés dans la rue ou dans des clubs, quand il ne transcendait pas le prêche d'un pasteur déjà survolté haranguant les fidéles sur Black Sunday (Mahogani Brown, 1998). On retrouve ce sentiment de proximité avec le bitume de Detroit et ses clubs noirs sur l'excellent, énergique et imparable Basement Party.

Prendre la house de KDJ dans la gueule, c'est aussi comprendre comme jamais toute l'influence que la soul motown, le funk, le jazz, le gospel et même le rock ont eu sur le genre. La musique black bordel, avant qu'elle ne donne ses fesses et le reste à MTV. C'est agréablement palpable sur les classiques et irrésistibles U Ranaway et Pray 4 Love, où l'on croise la voix sucrée et chaude de Amp Fiddler et d'autres éternels compagnons du pape black. Même seul à la maison, on pourra sentir les divines odeurs de ganja mêlées à celles de la cyprine et donc, danser comme un ouf, se rêvant plus qu'un instant comme un empereur du doogystyle. Que dire alors de Hold it Down, de Got 2 make It et de sa fausse version dub ? Detroit, Hold it down and keep the spear burning.

 

La sortie de ces huit excellents titres inédits sur l'obscur mais prolifique depuis 2011 Scion Audio/Visual peut entretenir l'espoir de la sortie prochaine d'un véritable et énorme nouvel album de Moodymann. Ce Picture This est bien plus qu'encourageant. Accueillez donc chers lecteurs, le fait qu'il soit disponible en téléchargement libre et gratuit ici comme il se doit. Si la musique de Moodymann se savoure forcément mieux sur le dancefloor ou au plumard, elle peut aussi dévoiler des pages d'histoire de la musique lors d'écoutes domestiques. Un document donc, plus que recommandé.

 

http://image.vmixcore.com/imgman.jpg?url=http%3A%2F%2Fcdn-aki.vmixcore.com%2F287%2F0%2F1%2F1216847121%2F2741%2F287%2F1401%2F8cbe2239c9049b0ba85b3c71361e5fa7.jpg&fill=000000000&output_format=jpg

par Ed Loxapac

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 10:45

Sortie : 23 avril 2012

Label : InFiné

Genre : Techno

Note : 6,5/10

 

Tout amateur de techno connaît forcément Oxia. Le français est un infatigable guerrier qui écume les clubs de l’hexagone depuis plus de 10 ans. Il est passé partout, au moins deux fois. Difficile donc de l’avoir éviter. Et ce n’est pas pour rien que le mec continue inlassablement d’enflammer les parterres de clubbers, puisqu’en DJset, il est d’une redoutable efficacité.

Mais passé son indéniable talent de DJ, que reste-t-il ? Pour tout dire, pas grand-chose. Hormis un album méconnu, 24 Heures, sorti en 2004, et une bonne quantité de maxis (sortis sur Goodlife, Kompakt,…), il faut admettre que l’on connaît peu les productions personnelles d’Oliver Raymond, de son vrai nom. Et d’ailleurs, ce n’est pas un problème puisqu’Oxia n’a jamais tenté de mettre en avant ses talents de compositeurs, préférant la furie d’un DJset nocturne, à l’échafaudage d’un album domestique.

Tides Of Mind est donc une surprise, d’autant plus que l’album sort sur le respectable label lyonnais, InFiné. Il est utile de savoir qu’Oxia et Agoria sont potes depuis longtemps et qu’ils ont la délectable habitude de mixer à 4 mains. Là où Agoria mise sur une techno à la puissance dévastatrice, Oxia préfère calmer le jeu avec une deep-techno plus introspective. Nos deux compères sont d’une exemplaire complémentarité. Et Agoria a beau avoir quitté l’entité d’InFiné, cela ne l’a pas empêché de miser sur un nouvel LP d’Oxia avant son départ.

Tides Of Mind est un album de techno à l’ancienne, d’une simplicité totale, tout en étant solide et efficace. Rien ne dépasse, tout est bien calibré. Oxia maitrise parfaitement les ficelles du métier et sait comment préparer une bombe. Il est clair que l’ensemble reste linéaire et prévisible mais pourtant, le plaisir est intact. Il est parfois bon de ne pas trop chercher à intellectualiser, pour uniquement se concentrer sur la réceptivité primaire.

Oxia enchaîne ainsi les tracks 4x4. L’intégralité des titres dégage une forte odeur d’explosion contagieuse. Tides of Mind est taillé pour la danse, uniquement pour la danse. De la techno cool et jazzy, avec son piano léger, de Rue Brusherie, au groove moite, portée par les susurrements de Miss Kittin, de Housewife, jusqu’à l’extatique et percussif Latitude, tout semble fait pour vous puissiez garder les bras en l’air. Ça fonctionne à plein tube et on se laisse docilement balader même si on connait d’avance le scénario. Seul Harmonie tente de s’émanciper en misant, avec aisance, sur une deep-techno volontiers plus introvertie et mélodique. On regrettera tout de même une deuxième partie plus facile, si ce n’est dispensable, avec un Flying Over Time bien trop linéaire et un Sway à l’enrobage électronica insipide.

Oxia ne révolutionne rien, il se contente de dérouler. Tides of Mind n’a qu’une vocation, vous faire bouger votre cul, de la manière la moins stupide possible. Tides of Mind n’est rien d’autre qu’un album de techno routinier mais finement maitrisé, et c’est déjà pas mal.

 

http://infine-music.com/label/news_template/2012/03/oxiatidesofmind.jpg

 

par B2B

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 01:28

Sortie : avril 2012

Label : SEM Label

Genre : Ambient, Electro-acoustique

Note : 7,5/10

 

A une heure où plus que jamais, la survie des petits vrais labels indépendants est en question, Alexandre Navarro dirige SEM avec Letna. La plupart du temps mises en avant au format digital pour une question évidente de coûts, leurs releases font l'apologie d'une certaine idée de l'ambient. Outre, leurs propres musiques, on a pu y croiser des gens aujourd'hui finalement bien établis, comme Offthesky, Segue, The Green Kingdom ou le talentueux japonais Fjordne. Après les très bons Loka et Arcane, Elements voit enfin le jour.

 

Le goût d'Alexandre pour les guitares joliment saturées du post-rock s'est quelque peu atténué mais n'a pas cessé de vivre. L'utilisation des synthétiseurs apparaît par contre dans sa musique plus essentielle que jamais. Ce qui donne a son ambient une cosmique dimension des plus savoureuses.

Ainsi, les drones et les voiles vocaux posés sur Effacer le noir ouvrent les voix à des tonalités plus langoureuses parées d'un spectre brûlant. Elements est un album où les beats ne chassent qu'une fois la nuit tombée, comme sur le très intéressant, coronarien et donc bien nommé Heart beats on a tape. Leurs ombres sont absentes des épaisses vagues déglacées au Laudanum de Une Plage ou Lumina.

Les velléités plus perchées du court Stellar Water trouvent un écho plus développé à l'ombre de No matter what they say. On regretterait presque parfois que les titres ne soient pas plus allongés, pour pleinement prétendre à apercevoir les contours de la catharsis, comme sur le vertigineux Cosmic boats anyway. Même quand il se charge d'officier dans le dub, il ne commet pas l'erreur de la jouer "hommage harsh à King Tubby ou Perry" comme on le fait déjà si mal du côté du Rhône, et aquarellise autour des guitares d'une bien jolie manière.

C'est très souvent que je me surprend à dénoncer l'ajout de remixes tous plus dispensables les uns que les autres sur bon nombre de bons et ambitieux albums. Mais quand des relectures ont la sauvagerie, la rébellion et la force de ceux de Fax et Letna, on ne peut que s'incliner face aux radiations chimériques des deux esthètes.

 

Oui, c'est plus que dommage que de pareils albums ne puissent pas bénéficier d'enveloppes charnelles. Il paraît que le prochain Fax pourra jouir du format physique. Y a des labels à qui il ne faut pas hésiter à donner de l'argent pour qu'ils vivent moins cachés. A bon entendeur.

 

http://www.dewtone.fm/dewtonefm/wp-content/uploads/2012/03/alexandre_navarro_elements-350.jpg

par Ed Loxapac

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 11:38

Sortie : 23 avril 2012

Label : Kompakt

Genre : Ambient

Note : 7,5/10

 

Quand deux entités de la sphère Kompakt se rencontrent, cela ne peut qu’attiser la curiosité. Ceci est d’autant plus valable dès lors qu’il s’agit de deux producteurs faisant partie de l’école abstraite du label allemand. Mohn, c’est la réunion de Wolfgang Voigt et Jörg Burger. On connaît le premier pour ses travaux hautement corrosif pour un cerveau humain normalement constitué. De la techno inaudible de Freiland Klaviermusik aux expérimentations complexes de Kafkatrax (chronique ici), il faut bien avouer que les albums de Wolfgang Voigt ont beau être remarquables, ils n’en demeurent pas moins difficiles d’accès. Mais de toute façon, il n’en a rien à foutre puisque Kompakt lui appartient et qu’il est libre de faire joujou avec. Son comparse Jörg Burger est tout aussi intrigant. Depuis bientôt 20 piges, le mec sort, sous une quantité astronomique de pseudos, des disques tout aussi étrange, passant allègrement d’une techno classique à une ambient austère. Les accointances entre nos deux gaziers étaient tellement évidentes qu’ils ne pouvaient que finir par copuler ensemble. Le rejeton se nomme donc Mohn et fait la part belle à une ambient insolite.

Ce qui frappe, de prime abord, dans ce disque abyssal, c’est le travail apporté au son. On a l’impression d’écouté un album « métallique ». Chaque sonorité, nappe, semblent sortir d’un tube en fer. Le rendu général est pour le moins intrigant et donne à l’ensemble un enrobage futuriste. Ajoutez à cela le fait que Mohn verse dans une ambient sombre (nous ne sommes pas non plus dans le domaine de la dark-ambient mais plus proche d’une goth-ambient) et vous comprendrez que l’album est destiné aux nihilistes.

Mohn s’appréhende avec difficulté tant les points d’accroches sont rachitiques. L’album est froid et garde une distance continue avec l’auditeur. Pour autant, l’ennui n’est jamais présent car, en plus d’être un album homogène, chaque morceau se révèle être une antithèse du précédent. On passe ainsi d’une ambient métronomique et vertigineuse, Ambientôt, à un dub fuyant, Seqtor 88, avec une rare aisance. Ce qui rapproche tous ces morceaux est l’absence d’une instrumentation classique. Puisque l’album est métallique et futuriste, autant faire uniquement appel aux machines et à leurs jeux de fréquences et de modulations.

On se laisse donc lentement happé par cette atmosphère délétère, se transformant lentement en glaçon. Wiegenlied nous enveloppe littéralement avec ses nappes atmosphériques avant qu’un beat ne vienne s’étaler sur le sol et résonner à l’infini, nous laissant dans un gigantesque entrepôt abandonné. Avant cela, Ebertplatz 2020 nous aura figé avec sa lente progression et ses sonorités se faisant échos, dans une ambiance solennelle marquée par les fines nappes en arrière-plan. Mohn joue pleinement le jeu de l’abstraction et refuse de brosser l’auditeur dans le sens du poil. Le duo ne semble avoir qu’un seul but : nous perdre définitivement. L’intention est louable et le résultat à la hauteur.

Il est difficile d’émettre un jugement définitif sur un tel album. Wolfgang Voigt et Jörg Burger restent fidèle à eux-mêmes et livrent avec Mohn, un album d’ambient aux confins de l’abstraction.

 

http://media.kompakt.fm/01/assets/releases/fitted/kompaktcd99-mohn.jpg

 

par B2B

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