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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 20:46

Sortie : 6 janvier 2010
Label : Thoughtless Records

Genre : Techno

Note : 6,5/10


L'Américain Christopher T. Lee, aka Limaçon, aime le travail bien fait. C'est le genre de bonhomme qui passe un temps fou à revoir ses compositions avant de les rendre publique et ce souci de la perfection est souvent gage de qualité dans le milieu techno. En choisissant de s'établir à San Francisco, ville moteur du mouvement techno aux Etats-Unis depuis quelques temps, il n'a plus qu'à se laisser porter par les forces motrices du lieu en fréquentant notamment le très respectable Alland Byallo (que l'on retrouve lui aussi sur l'exigeant label Thoughtless).

Tarry Not permet de découvrir l'univers claustrophobique de Limaçon. Les amateurs de Tommi Bass ou Wireman ne seront pas dépaysés. Attention, la techno de Limaçon n'est pas faite pour les enfants. Ici, tout est une question de rigueur métronomique, d'ambiance métallisée et de rythmique robotique. Rien ne dépasse dans cet exercice rugueux où l'absence de mélodie impose la cadence.
Sans remettre en cause le travail de Limaçon, il est difficile de ne pas flipper devant cette techno déshumanisée et manquant cruellement d'âme. Chaque basse est un coup de poing dans l'estomac et seules les multiples sonorités grésillantes parviennent à parasiter la froideur de l'ensemble. Pourtant la machine est implacable et terrassante d'efficacité. Difficile de ne pas penser à la techno mentale de M_nus à l'écoute de Sans Rip pendant que Limantour South et Nudge provoquent l'hypnose par la force de kick puissants.

Tarry Not ravira sans aucun doute les amateurs de techno minimal rigoureuse. Limaçon impose avec force sa vision de la techno, une musique frontale et mécanique. On ne peut définitivement pas le blâmer tant l'exercice est maîtrisé. Au final, on danse les poings et la mâchoire serrés et surtout seul, tout seul.


http://www.djtunes.com/public/images/shop30/release/119/992/tarry-not_l.jpg

par B2B
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 16:19
Sortie : décembre 2009
Label : Sounds Around Records

Le Parisien Thomas Prigent a réuni autour de son projet Elastik des artistes et des poètes, qui côtoient pour certains depuis un bon moment la scène underground française. Ce premier album assez conceptuel sort sur le label Sounds Around Records.

Metalik porte bien son nom, cet album apparaît aussi froid que la pose d'un bout de métal sur l'épiderme de celui qui l'écoute. Une froideur pas péjorative, un peu comme si la musique nous injectait une solution nous faisant basculer entre deux états. Elastik a donc un sacré talent pour retranscrire des ambiances et des atmosphères évocatrices.
Prigent met donc ses talents de compositeur au service de poètes pas encore complètement désabusés. Les mélodies oscillent entre aspect électronique, dark-wave et industriel. Sombre et lugubre, sa musique semble parfois empreinte d'un sens de l'esthétisme proche du mouvement gothique.
Il y a en tous cas un gros travail de studio derrière cet album plus qu'original.
Du côté des intervenants, on note la présence de Black Sifichi, Cheval Blanc, Horror 404 et Malika
C'est Black Sifichi qui ouvre ce bal macabre sur Magnetik, lâchant un débit venu d'outre tombe sur une mélodie glaciale et incisive.
Cheval Blanc intervient ensuite sur le très bon Mecanik. Ce dernier affiche un flow et des textes assez jubilatoires, digne d'un excentrique habité. On pense un peu à un clochard illuminé, parcourant de nuit des rues sombres pour refaire le monde avec de la bière bon marché.
En plus du grand talent de Thomas Prigent, surgit un être écorché vif et intriguant : la mystérieuse Horror 404. La dame éclabousse de son cynisme réaliste et de sa splendide rage contenue les notes de l'excellent Clinik, de l'inquiétant Panik et de Cyclik où elle est bien servie par un texte signé Arno Mothra. Il y a des artistes comme ça qui nous aimantent littéralement vers eux sans qu'on sache dire pourquoi.
On aimerait dire autant de bien de Malika, mais son chant poussif, pas toujours juste et à la limite du caricatural sur Trafik dessert des mélodies élastiques pleines de rebondissements (Kronik, Amnesik) qui mettaient pourtant ses attaques en valeur. De plus, ce chant déjà entendu vient rompre avec le côté spoken word ou dub poet des artistes précédemment cités. Plus que dommage.
Même quand nul n'intervient, on se laisse envelopper dans les enveloppes sombres du très bon Atmospherik, mais surtout de l'excellent et dramatique Koma de clôture.
On pense parfois à un son un peu marqué Jarring Effects, avec de temps en temps des ressemblances plus particulières avec le traitement d'Ez3kiel.

Après des écoutes répétées, attentives et habitées, on a simplement envie de déclarer notre profond respect à Elastik pour ce projet original, dangereux mais très réussi. Ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les somptueux textes plein de poésies et de métaphores se rendront sur le site officiel de l'auteur. Ils pourront aussi acquérir cet objet pour une somme assez modique. Je souhaite pour ma part secrètement émettre une déclaration d'amour abrasif à Horror 404, dont le timbre et les mots n'ont pas fini de me hanter.

                             http://c.ilike.com/w/0564/217/0564217613_m.jpg 
par Ed Loxapac
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 13:44

Sortie : février 2010
Label : Project: Mooncircle
Genre : Rap
Note : 6 


Pas question de synchronisation des montres et de Larry Koubiak chez Lewis Parker... mais plutôt de Blaxploitation et de James Bond.
L'Anglais expatrié à New York signe un maxi trois titres produit par ses soins et richement instrumenté dans une ambiance soul-funk 70's. Un EP extrait de la suite à venir de The Puzzle - Episode 1 The Big Game, album publié l'an passé. Le MC au flow dynamique pose tout d'abord sur The Unseen Trap en compagnie de John Robinson, lui rendant l'invitation faite sur un précédent single sorti chez Project: Mooncircle. Les cordes, les flûtes et la basse rappellent directement l'univers de Shaft, modernisé par les talents de conteurs de Lewis Parker et les scratchs.
L'ambiance se tend un peu plus sur le plus funky International Hitman où le rap fiction trouve dans l'instrumental un décor parfait pour évoquer complots et espionnage. le MC tient l'auditeur jusqu'au bout des morceaux qui se plaisent à durer.
C'est en compagnie de
Eastkoast et de Tah Born qu'il conclue ce disque avec Super Scientifc Weapon, une autre conspiration superbement produite. Cet EP contient aussi les versions instrumentales qui passent aussi très bien, rappelant notamment la BO de Trouble Man par Marvin Gaye.

De quoi rendre impatient d'écouter The Puzzle - Episode 2 The Glass Ceiling !

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc055_cover480px.jpg

par Tahiti Raph
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 10:28

Les tentatives d’écriture sur la musique électronique sont encore trop sporadiques alors que la recherche d’information et le besoin d’approfondissement ne peuvent être satisfaits uniquement par le net. Notre collègue Raphaël Richard (aka Tahiti Raph) vient de sortir un bouquin s'intéressant à l'Histoire des DJ… et de leur influence sur la musique, préfacé par Matt Black de Coldcut, chez l'éditeur Camion Blanc.

Les néophytes y trouveront une base solide pour gonfler leur culture musicale. Raphaël Richard plonge dans les fondations et ramifications foisonnantes de cette aventure. Pour cela, il divise son livre en trois parties, autant distinctes qu’intimement liées, en s’intéressant d’abord aux pionniers jamaïcains, puis à l’émergence de la culture hip-hop avant l’apparition de la sphère électronique.

Ce livre constitue une introduction référencée à la naissance des DJ, tout en élargissant le spectre au statut qui leur est conféré aujourd'hui.

Plus d’infos ici.

 

http://www.tsugi.fr/images/stories/news/newsflash/histoiredj.jpg

par B2B

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:36
Sortie : 25 janvier 2010
Label : Hessle Audio



Cela fait plusieurs fois que Pangaea squatte les lignes de Chroniques électroniques. Disséminés au sein du Sub:stance de Scuba (ici) ou de la dernière compil' Soul Jazz (ici), les titres de Kevin McAuley captent immédiatement l'oreille, et se distinguent parmi la foule de morceaux qui peuplent ce genre de compilations. Et avec à son actif des perles comme Router ou Memories, on ne pouvait qu'attendre avec impatience la première sortie consistante de Pangaea.
Et comme cela arrive souvent, on ne peut s'empêcher d'être déçu. Ce maxi éponyme n'est pourtant pas mauvais, mais il manque définitivement quelque chose. Il ne parvient pas attirer l'auditeur dans ses méandres de basses et de nappes filtrées. Les 6 pistes, trop linéaires, peuvent s'enchaîner sans que l'on y prête de réelle attention. Il est difficile de ne pas rester distant face à cet opus bien froid. En réécoutant Router, je ne peux m'empêcher de penser que Pangaea a joué bien en dessous de ses capacités.
Malgré tout, l'EP conserve l'agréable torpeur dans laquelle McAuley sait faire fondre ses beats. On retrouve le très bon Sunset Yellow, que Scuba nous avait offert en inédit. Dans un aspect joliment évolutif, des volutes synthétiques éclosent puis se déploient, calées sur une rythmique 2-step sèche et presque tribale. 5-HTP mérite également qu'on s'y arrête, lorsqu'entre deux phases d'un beat rêche, il laisse échapper des interludes de piano jazz, douces et caressantes. Mais pour ce qui est du reste, la voix féminine de Why donne envie de s'arracher les cheveux par poignées – pour un titre d'ouverture, ce n'est pas terrible - , et les boucles de Dead Living ou de Neurons n'évoquent qu'une insipide répétition.

Difficile de ne pas être dépité face à ce maxi irrégulier, Pangaea a pourtant le potentiel pour faire bien mieux. Il sera inévitablement attendu au prochain tournant.


                                   Pangaea - Pangaea EP

par Manolito
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 14:43
Sortie : 7 décembre 2009
Label : Fat City Recordings/Prime Numbers

Le premier album du Mancunien David James Wolstencroft, ou Trus'me, avait renversé les amateurs de house gorgée de soul. Certains l'avaient même baptisé le Moodymann blanc, rien que ça. Trus'me a depuis créé son propre label : Prime Numbers, assez actif depuis son ouverture, mais beaucoup n'attendait qu'une chose : la sortie d'un second album. C'est chose faite avec ce In The Red, sorti le mois dernier chez Fat City Recordings.

On a bien compris que le Mancunien avait des goûts très old-school. Working Nights avait témoigné de l'immense culture soul et "black" house de son auteur. Cette fois-ci, Trus'me redessine les contours des ponts, pas encore tout à fait écroulés, entre funk et house.
Il déclare une nouvelle fois son amour à Detroit en conviant Amp Fiddler sur ce nouveau projet.
L'Américain pose son timbre suave, sensuel et sucré sur Can We Pretend et Put It On Me. On ne l'avait pas trouvé aussi convaincant depuis la sortie de son excellent premier album Waltz Of A Ghetto Fly, ou même depuis ses illustres collaborations avec le génial Moodymann, lui aussi résident de Detroit.
Bail Me Out est quant à lui construit à quatre mains avec Dam Funk, proche du label Stones Throw. Sur cet hymne funk, on ne peut s'empêcher d'esquisser un pas de danse kitsch et old-school en regrettant presque que les voix soient vocodées. Rien de grave là-dedans, ce morceau demeure une pure tuerie.
Avec les participations de Paul Randolph et de Piranahead, l'indéniable influence du funk s'assoit encore un peu plus sur Sucker, In the Red ou Untitled, entre jam sessions jouissives et boucles génialement classiques. On pense alors aux mythiques Demon Fuzz et à la période la moins allumée (la meilleure) de George Clinton.
Sur Need A Job, les percussions africaines ou la trompette de Colin Steel semblent conçus pour refaire tomber les murs de Jericho. L'auditeur de bon goût conquis, se jetterait tel un martyr, sous les débris avec bonheur.
L'opus s'achève avec l'hypnotique et irrésistible Sweet Mother, déclaration vibrante à la mère, la house, la soul et le funk.

Empreint d'influences old-school et de sonorités africaines inspirées, In The Red est une petite bombe. Après avoir été plus que prometteur, Trus'me transforme brillamment l'essai et fait désormais figure de producteur référence. On aurait en revanche aimé que l'album dure deux fois plus longtemps.

par Ed Loxapac
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:28

Sortie : janvier 2010
Label : Lex Records
Genre : Rap

Note : 5

Issu de l'album Born Like This (chroniqué ici), le titre Gazzillion Ear fait l'objet d'un maxi comprenant l'original, trois remixs et un bonus beat. L'original, produit par J Dilla, est dans la veine de Madvillainy, un flow dense et nerveux, sur un instrumental évolutif dans un esprit mixtape. Le premier à se coller à la relecture du morceau est Thom Yorke, pas vraiment un habitué de l'exercice. Le chanteur de Radiohead plonge Doom dans de mystérieuses nappes simplement réhaussées d'un charlé épileptique. Rappelant le solo de l'Anglais, sa version est hantée et intrigante sans toutefois toucher au génie.
Dr Who Dat? donne lui dans un style rap plus classique avec une production assez minimale. Derrière le clap et la pesante grosse caisse de la rythmique, il place quelques sonorités électroniques discrètes qui accompagnent sobrement le flow de Doom.
Enfin, se sont Jneiro Jarel et Dave Sitek qui se penchent sur le titre. Le producteur de Philadelphie qui se cache derrière le pseudo Dr Who Dat? (donc auteur du remix évoqué juste avant) et celui de TV On The Radio proposent au MC un drôle d'instrumental, avec une base presque liquid hip-hop (comme on dit) sur laquelle quelques cuivres interviennent ponctuellement et une guitare vient lui donner un air caribéen surprenant.
Ces trois nouvelles versions sont tout aussi variées que s'inscrivant dans l'univers créatif de leur auteur. Les fans du bonhomme se réjouiront, les autres laisseront filer ce maxi sans s'y attarder.

Quant au bonus beat, un instru sympathique d'1'20 qui aurait fait une bonne interlude d'un format plus long. Il semble ici un peu isolé.
A noter qu'un remix supplémentaire (dans le même esprit), d'un certain Madvillainz, est à télécharger gratuitement sur le site de Lex Records et qu'a capella et instrumentaux sont aussi inclus dans certaines versions du EP.

http://lexrecords.com/shop/img/catalog/xlarge/lex079ep.jpg

par Tahiti Raph
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 15:44

Sortie : janvier 2010
Label : Ninja Tune
Genre : Electronica acoustique

Note : 5

Même si Ninja Tune n'a plus le même rayonnement que par le passé, ses sorties restent surveillées de près. Dernière en date, celle du collectif à formation variable Jaga Jazzist qui sévit depuis 15 ans dans un étrange mélange d'instruments et d'électroniques, aussi moderne que marqué par le froid de leur Norvège d'origine.

A l'heure de leur sixième album, Lars Horntveth et sa bande n'ont pas abandonné cette formule et continue donc de créer des titres instrumentaux entre jazz-rock (Bananfleur Overalt), musique électronique (
Toccata), post-rock (220 V / Spektral) et d'autres influences... comme Wagner et Fela qui ont, selon le groupe, donné l'état d'esprit pour le morceau One-Arm Bandit, avant de devenir le thème de toutes leurs nouvelles compositions. Ce lien avec le compositeur allemand et le "Black president" nigérian ne saute toutefois pas aux oreilles.
Rien ne semble d'ailleurs très évident à l'écoute de cet album. Les compositions sont très denses, les cuivres doivent se forger leur place entre les claviers, les guitares, la batterie fougueuse et les nombreux sons synthétiques qui peuplent chaque titre. Le format assez long des pistes, huit morceaux pour plus de 50 min de musique, permet tout à la fois à chacun de trouver sa place et de développer des constructions soigneusement évolutives. Il faudra donc un peu de temps et d'attention pour bien appréhender le propos des neufs multi-instrumentistes qui ont puisé leur inspiration au coeur de la forêt suédoise. Cette complexité peut autant attiser la curiosité sur
220 V / Spektral que la décourager avec Prognissekongen.
Les Norvégiens sont plus convaincants quand ils vont plus à l'essentiel. Ainsi l'entêtante mélodie de Toccata porte à elle seule un titre assez dépouillé, malgré les cuivres dans un choeur musclé (assez wagnerien d'ailleurs) ou par petites touches qui viennent renforcer ou aérer le ton. Cette repiration au milieu du disque permet de reprendre son souffle avant de repartir dans une voie moins facile d'accès.

Discret depuis 2005, Jaga Jazzist signe un retour intéressant bien qu'inégal. Les voir sur scène pourrait achever de convaincre.

http://www.beatink.com/br/jaga-jazzist/brc248/img/jack_img.jpg

par Tahiti Raph
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 18:51

Sortie : 26 janvier 2010

Label : Domino

Genre : House

Note : 8,5/10

 

Le propre des grands artistes est de savoir se remettre régulièrement en question. Depuis son premier essai, il y a plus de 10 ans, Four Tet n’a jamais voulu qu’on l’enferme dans une case. En 4 albums, il a su marquer de son empreinte l’univers de la musique électronique entre expérimentations hip-hop, jazzy et folk. Ce nouvel album de l’Anglais, There Is Love In You, risque fort de désappointer les puristes de l’électronica. Quoi ? Four Tet fait désormais de la house ? Sacrilège ! Mais que les intégristes ignorants criant à la trahison se rassurent, There Is Love In You est en toute simplicité un bijou.

 

Malgré sa volonté d’émancipation par le biais de la rythmique 4/4, Kieran Hebden tient la main de l’auditeur en ne brisant pas le fil d’Ariane parcourant ses précédentes créations : l’omniprésence de l’enfance. En cela, There Is In Love In You est un album d’un optimisme autant poignant que réjouissant. Four Tet n’oublie pas son besoin compulsif d’ajouter une multitude de petites sonorités surannées afin que sa musique apparaisse comme révélatrice de nos souvenirs enfouis. C’est ce territoire appropriable qui lui permet de rendre ses créations enivrantes. Ses intentions sont claires et passent désormais par la prépondérance de la mélodie sur la surenchère électronique superfétatoire.

Mais ne soyons pas dupes, ce n’est pas parce qu’une mélodie est "légère" et que la rythmique est dansante et épurée qu’un véritable travail d’orfèvre ne s’observe pas. Le moindre son semble avoir été travaillé à la loupe pour que l’ensemble puisse directement parler aux émotions. C’est ainsi que derrière la relative simplicité apparaissent des chefs d’œuvres oniriques.

Absolument rien n’est à jeter dans cet album dont les 9 morceaux sont d’une cohérence et d’une profondeur sans pareil. On retrouve Love Cry, prodigieuse odyssée de 9 minutes à la matrice sonore finement ciselée et dont la rythmique bossa s’efface avec finesse pour faire place à une house solaire intemporelle dont la mélodie s’annihile pour laisser place à l’hypnose. Circling convoque les démons de la musique répétitive américaine avant d’emporter l’auditeur dans un final renversant pendant que l’ambiance folk distillée par les quelques notes de guitares de She Just Likes To Fight vous serreront le cœur.

 

Four Tet est un génie qui arrive à confectionner des bijoux à partir d’un rien, à transporter l’auditeur avec une simple mélodie. Il démontre avec un talent infini qu’on peut transfigurer un style, la house, sans non plus en renier ses fondements. There Is Love In You est un album intemporel, une parenthèse indélébile qu'on risque fort d'écouter sans jamais se lasser.


http://991.com/newGallery/Four-Tet-There-Is-Love-In-494433.jpg

par B2B

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 16:52
Sortie : 13 janvier 2010
Label : Circulations

Proche de la communauté musicale de Tony Nwachukwu, le Japonais Daisuke Tanabe s'est fait remarqué par Gilles Peterson alors qu'il était encore tout jeune. Il a par la suite confectionné des remixs pour Elan Mehler ou Aaron Jerome. Il est également apparu sur des compilations estampillées par des labels tels que Dancing Turtle Records, BBE ou Brownswood Recordings.
Son premier long format, Before I Forget, vient de paraître sur le méconnu label japonais Circulations.

Dès les premières notes de ce troublant album, on pense au son propre d'un glorieux label qui vient de fermer ses portes : Benbecula.
Composé de fables électroniques oscillant entre hip-hop et electronica, Before I Forget évoque des univers chimériques où les arbres parlent, où les monstres sont gentils et où les fontaines de jouvence sont légion. On note un très bon travail de sampling, et d'enregistrements environnementaux. Les rythmes, sans être cérébraux, sont toujours fluides et intéressants.
Ici encore, le glitch vient faire son apparition pour scinder une séquence, pour mieux souligner les changements du thème ou en élément rythmique supplémentaire.
La rythmique hip-hop s'installe plus confortablement dans la deuxième partie de l'album, rappelant parfois de lointains et inspirés travaux de chez Ninja Tune.
Before I Forget est un album tellement intrigant, humble et charmant qu'on lui pardonne ses quelques fautes de goût, surtout en fin de disque où le Japonais semble un peu dans l'errance.
En effet, la jolie mais douteuse incursion R&B ne s'imposait pas sur No Answer, et cela même si la voix de Monday Michiru n'a rien de désagréable. Tout comme cette grosse et huileuse nappe de synthé qui, sur Artificial Sweetener, vient noyer et trop envelopper les autres éléments mélodiques. Dommage, car ces deux morceaux contiennent pourtant beaucoup de bonnes choses.
Fort heureusement, je viens d'énumérer les deux seuls accrocs de ce disque qui s'avère au gré des écoutes assez passionnant.
De lumineux et revigorants interludes, viennent faire étal des talents de pianiste et d'orchestration du Japonais, qui se révèle être bien plus qu'un simple beatmaker.

Comme je l'ai déjà écrit par le passé, l'Empire du soleil levant recèle de jolies perles électroniques qui mettent souvent trop de temps à parvenir à nos oreilles. La musique de Daisuke Tanabe est une d'entre elles. Il serait donc forcément dommageable de passer à côté. Il y a par compte fort à parier, que le Japonais fasse rapidement parler de lui au sein de crémeries plus prestigieuses.

                                 http://i160.photobucket.com/albums/t199/shakutorimusi/plane-1.jpg
par Ed Loxapac
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