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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 21:58
Sortie : 9 fevrier 2010
Label : n5MD


Derrière Another Electronic Musician se cache Jase Rex. Ce Californien occupe une place respectée dans la sphère de l'IDM. Travaillant sur de l'électronica fouillée et mélodieuse, AEM distille des touches tech-house au gré de ses pistes, particulièrement depuis Five, en 2008. Strates Of Space est son 6e album, et sort chez n5MD. Dès les premières mesures, ce nouveau jet semble concluant. AEM sait bien comment déployer des vapeurs atmosphériques pour les laisser occuper délicatement l'espace. Toujours progressivement, des kicks doux et mats viennent compléter l'environnement, et absorber davantage l'auditeur dans l'univers mental de Jase Rex. Même si les textures sont souvent noueuses et froissées, chaque chose est à sa place, et States Of Space semble avoir été écrit comme une ôde à l'épure et aux errances astrales.

Le superbe enchaînement des deux premiers morceaux agit comme un fluide analgésique. Lunaire et vagabond, Late Monday prépare à la douce montée qui va suivre. Avec son pied progressif et sa longue ascension voilée, Fields And Axioms évoque le meilleur de Border Cummunity. Si le disque se déroule harmonieusement, tous les titres ne ressortent pas de la même façon. On retiendra également la house vrillée de l'excellent Inflationary. AEM explore d'autre part des terrains plus sombres et arythmiques (Treading, Venatici), comme si des pensées sinistres interféraient sa rêverie aérienne.
Sans être facilement accessible, States Of Space prend possession de celui qui se livre à une écoute attentive. Les fans d'IDM devraient largement apprécier cette superbe galette.

 

  par Manolito

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:49
A quelques jours de la sortie de leur nouvel album Heligoland (chroniqué ici), le clip de Spliting The Atom risque de faire taire les doutes des derniers sceptiques sur les orientations artistiques visuelles de Massive Attack. En effet, même si Heligoland risque de ne pas forcément séduire tous les premiers fans de Mezzanine et de The 100th Window, ce clip du très beau Splitting The Atom ne peut faire que l'effet d'un sévère uppercut en pleine gueule. Jugez plutôt par vous même :

 

par Ed Loxapac

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 15:29
Sortie : 5 mars 2010
Label : Musik Aus Storm

Lorsqu'il officiait au sein du duo Funkstorung, l'Allemand Michael Fakesh a, avec son comparse de l'époque Christian De Luca, fait les belles heures du label !K7. Fakesch a toujours préféré remanier la musique des autres, on ne dénombre donc que très peu de compositions personnelles dans sa discographie. Il réactive son propre label, Musik Aus Strom, pour publier un album de remixs baptisé Exchange, à paraître au mois de mars.

Depuis déjà plus de dix ans, Michael Fakesch s'amuse sans se soucier des modes et des courants. Passé maître en matière de découpage, de collage, de déconstruction et de cassures, l'Allemand a tout du remixeur parfait. Ajoutant une basse ou une cymbale volante, amplifiant un effet pour en gommer un autre, Fakesch arrive parfois à transformer certaines piquettes en grands crus. Seulement voilà, Fakesch a des goûts des plus variés, allant de la techno au heavy metal, de l'IDM au jazz, en passant par le hip-hop et le funk. On note donc sur ce recueil la présence de putasseries pasteurisées à l'apport plus que discutable et cela même si les goûts et les couleurs demeurent des plus subjectifs. Ce que peu de gens savent, c'est que Fakesch est également capable de composer des travaux beaucoup plus personnels. En atteste le brillant et expérimental Rand Va, présent sur l'exceptionnelle compilation Emerging Organims Vol.3 de chez Tympanik (chroniqué ici).
Son attrait pour le funk et plus particulièrement pour Prince est ici aussi bien présent, mais assez inégal, comme sur les relectures de Raz Ohara, Towa Tei, où avec la participation de Taprikk Sweezee sur le Something Isn't Right de Herbert.
Certains de ces morceaux parviendront probablement à faire mouiller les pucelles dans les clubs adolescents mais n'arrivent que très difficilement à émoustiller l'éternel aigri que je demeure.
Néanmoins, force est de reconnaître son génie lorsque il apporte sa relecture aux travaux du magistral Hecq, du génial vétéran Jean Jacques Perrey et de l'injustement méconnu mais récemment plus inégal The Broadway Project. D'autres liftings très intéressants font aussi bonne figure. Head In Nooze des bidouilleurs hip-hop de Shadowhuntaz, résonne ici comme les riches heures bioniques de sons diffusés par des labels tels que Def Jux ou Skam. Sa version du Lambs Anger de Mr. Oizo surpasse aisément l'original. Le retaillage du superbe Gloomy Planets des Allemands de The Notwist fait quant à lui figure de vibrant hommage inspiré.

Ce disque a donc quelque chose de très frustrant. On sait Fakesch capable du meilleur mais il s'évertue à faire l'enfant avec des puzzles et des coloriages trop simplistes pour son grand talent.
Un album constitué de compositions personelles, cérébrales et expérimentales nous réconcilirait avec cet artiste atypique et loufoque. On rêverait presque d'une signature de long format chez Skam ou Tympanik. Le pire est qu'il en a les indiscutables capacités.

                                http://2.bp.blogspot.com/_SShcGkl6jEc/S2qLaKRdhNI/AAAAAAAAEaM/trQ5Xr6zazQ/s320/986986.jpg
par Ed Loxapac
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 16:23
Sortie : février 2010
Label : autoproduit

Originaire de Clermont Ferrand, Etienne Guenon est Stalk. Féru d'électronique et guitariste, il est également le fondateur du collectif 1/G. Stalk s'est produit sur la même scène que 65daysofstatic au Nouveau Casino, a aussi joué lors des Nuits Sonores, et a achevé une tournée européenne en 2009. Lors de ses prestations live, Stalk est rejoint par Pukiel (proche de Paral-lel et du label BEE Records) aux images pour ajouter un potentiel cinématographique. A Tale devrait sortir dans le courant du mois de février.

Maniant l'ambivalence, les contrastes et les crescendos avec une certaine maestria, Stalk produit une musique hybride aux confins de l'electronica et du post-rock.
On replonge au royaume de l'enfance à l'écoute des petites boîtes à musique diffusant un son presque cristallin. En parallèle, de pastoraux éléments de synthés et des riffs de guitares écorchées viennent parfois surfer vers le drone et les musiques concrètes.
Conçu comme un conte en sept actes, A Tale est un disque assez perturbant de par les sentiments ambigus qu'il procure. Lors de La Traque, on se sent presque aussi oppressé que le gibier chassé, ne trouvant des accalmies trop éphémères que dans des clairières rassurantes.
Sur l'exceptionnel Arnaud, Stalk démontre qu'il sait lui aussi se saisir de l'héritage d'un Schaeffer ou d'un Henry. Ce morceau est, avec l'excellent Processed, probablement celui qui a le plus de potentiel en live. Les cliquetis rythmiques, les fréquences lourdes, et de subtiles mécanismes industielles lui confèrent une dimension presque psychédélique de rêve éveillé.
On savait Stalk fan de The Notwist, son utilisation du glitch le confirme aisément.
L'enchaînement avec le très organique Satine se révèle être de la même veine, oscillant entre caresse et violence. La guitare pleure, gémit, se relève dans un dernier souffle sans abdiquer face au combat. Les coups de boutoir et la saturation luttent pour prolonger ce qui ne sera pas une agonie. La fameuse guitare hiberne sur le magistral et bleepien A Tale, course frénétique dans une vallée où les droïdes et les machines ont pris le dessus sur dame nature. Le combat semble épique et sans pitié, les écorchures métalliques nombreuses.
Puis vient le doux et laconique Blinding Photons, où la poésie cynique et le timbre voilé et trafiqué de Loki Starfish s'étale comme une jolie plainte de plus, plus humaine et plus downtempo celle-là. Les drones de guitare s'élèvent comme des spectres sur Le M.U.R de fermeture, clôturant cette descente vers des abysses aux eaux troubles.

Saluons bien bas cette inspirée initiative indépendante. Assister à un live de Stalk devrait être une expérience encore plus vibrante. On surveillera son Myspace avec la plus grande attention. En attendant, ceux qui désirent se procurer le disque devront quand à eux surveiller le site de vente CD1D. L'acquisition de l'objet ne devrait pas faire beaucoup de déçus. Qu'on se le dise.

par Ed Loxapac
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 16:29

Sortie : mars 2010 / février 2010
Label : Matador Records / Bella Union
Genre : Folk

Note : 7 /8

2008 était indéniablement l'année de la pop-folk avec de nombreuses sorties remarquables, telles que celles de The Walkmen, I Am Kloot, Bon Iver et bien d'autres. Après une année plus calme dans ce style, 2010 pourrait à nouveau être un grand cru avec l'arrivée coup sur coup des nouveaux Midlake et Shearwater. Deux groupes venus du Texas qui ont déjà un passé discographique intéressant. Mais alors que Midlake semble opérer une montée en puissance dont le sommet pourrait être ce The Courage Of Others, Shearwater conserve une certaine constance, bien que Rook soit peut-être un cran au dessus.

Ces deux groupes si proches ont toutefois une importante différence : les premiers s'appuient sur des mélodies imparables tandis que les seconds puisent leur force dans l'impressionnante voix de Jonathan Meiburg, qui prend en concert une dimension encore plus saisissante.
Mais revenons à Midlake, qui n'a pas à rougir du chant de Tim Smith, maîtrisé et d'une chaleur réconfortante tout au long de cet album, et en particulier lorsqu'il la mêle avec une voix féminine sur Bring Down. Son timbre plus classique permettra de s'attarder d'abord sur les magnifiques arrangements de guitare acoustique, derrière lesquels se cachent de nombreux autres instruments - vents, cordes, bois - qui embellissent les mélodies en multipliant les couleurs. Avec Small Mountain ou The Horn, même si chacun trouvera son bonheur à différents moments de cet album d'une rare homogénéité, la barre est placée très haut.

http://www.bellaunion.com/images/sized/images/uploads/midlake_newcover-0x495.jpg

Du côté de Shearwater, nous sommes plus en terrain connu, avec cette voix époustouflante qui vous saisie pour vous emmener où elle veut. Pour l'épauler, il y a des guitares électriques (Corridors), acoustiques (Meridian), et aussi un piano (Hidden Lakes) qui touche souvent juste. Quelques cordes viennent s'intercaler pour souligner gracieusement certaines mélodies. Avec ce disque qui contient également bien peu de déchet, on ne peut que leur reprocher de nous resservir une recette que l'on connaît bien, même si elle semble toujours aussi efficace à l'écoute de titres comme Landscape At Speed ou de Hidden Lakes. Il n'y aurait qu'un seul reproche à leur faire : ce jeu de batterie toujours aussi brutal, qui gagnerait à jouir de plus de finesse, sur Black Eyes par exemple.

http://betterpropaganda.com/images/artwork/Golden_Archipelago-Shearwater_480.jpg

Ces Texans se retrouvent finalement sur deux points : une douce mélancolie qui rend plus belle les jours ensoleillés et plus triste les cieux gris. Leur force est de parler au plus grand nombre avec une intimité surprenante, un ton sensible qui vous prend aux tripes.
L'autre similitude est leur puissance toute maîtrisée. Les deux groupes savent jouer de manière calme, vous susurrant des paroles au creux de l'oreille, ou envoyer des mélodies explosives pour vous emporter dans un tourbillon d'émotions. Une tendre furie qui frappe en plein coeur.

Est-il encore nécessaire de dire que ces deux disques sont extrêmement recommandés ?

par Tahiti Raph
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 14:33

Sortie : mars 2010
Label : Parlophone
Genre : Pop islandaise

Note : 5

Sigur Ros est-il un groupe de musique électronique ? Assurément non, surtout à l'écoute de leur dernier disque, Gobbledigook. Toutefois les Islandais ont, dans leur esprit, quelque chose d'ambient, un art du planant et du hors format qui rappellent les sonorités électroniques. le chanteur du groupe, Jón Thor Birgisn, aussi appelé Jonsi, a décidé de prendre le large pour un album solo regroupant ses titres en stock ne correspondant pas à Sigur Ros.

Une différence pas évidente à l'écoute de Go. Mis à part le chant en Anglais, ce disque est dans une veine fort proche de ses précédents travaux. Il s'est pourtant entouré d'un personnel nouveau et nombreux avec la présence de
Nico Muhly, Antony & The Johnsons, Bonnie “Prince” Billy, Grizzly Bear et du batteur Samuli Kosminen. Ce renfort n'a pas réussi à réellement modifier l'univers de l'Islandais. Les premier titres, dans un style pop joyeux et richement instrumenté rappellent le morceau Gobbledigook, issu du dernier album de son groupe. Cette facette émerveillée n'avait pas vraiment convaincu à l'époque et laisse encore perplexe à l'écoute de Go Do ou de Boy Lilikoi.
Mais Jonsi explore aussi le côté joliment mélancolique qu'on lui connaît et où sa voix de fausset fait merveille. Sur Tornado ou Kolniur, le chanteur retrouve les mélodies intemporelles et extatiques qu'il habite magnifiquement. Ces pistes au tempo figé vous donne toute la mesure d'un paysage islandais glacé par la neige. A l'image de Grow Till Tall, cet hiver paisible a bien plus de consistance que l'été fleurissant qui règne sur l'autre versant du disque.

Go a un double visage : un qui sourit sans convaincre, l'autre moins joyeux, mais plus profond et puissant.

http://jonsi.com/images/go-cover.jpg

par Tahiti Raph

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:31
Sortie : janvier 2010
Label : Non Projects

Ne vous y méprenez pas. Ceci n'est pas l'annonce d'une nouvelle réalisation de Charles Farewell, dont l'excellent avatar homonyme est un habitué du label Ultimae. Effectivement, le pseudonyme Asura est utilisé par de multiples artistes, tous dotés d'un potentiel relatif. Nul ne saurait dire qui est vraiment cet Asura là. On sait qu'il s'appelle Ryan York, qu'il vient de Los Angeles et... c'est tout.
L'Américain a chosi son pseudonyme en référence aux poésies du regretté Kenji Miyasawa, plus précisément son recueil An Asura In Spring. L'univers du poète est luxuriant et chimérique, avec des orientations psychanalytiques traitant du conscient et de l'inconscient. Notons également que cet album est le premier disque sorti sur le label Non Projects.

Cet opus se doit d'être envisagé comme un véritable trompe l'oeil. Glissant en permanence de l'objectif au subjectif, du concret à l'abstrait. Comme dans un film de David Lynch, chaque objet ou détail recèle d'infinies boites de Pandore. Rien n'est prévisible dans la musique d'Asura, qui ne semble connaître aucune inertie. L'évolution et la variation sont ici des maîtres-mots.
L'influence du poète japonais n'est donc pas usurpée. Inétiquetable, ce son ainsi que l'émotion qu'il procure sont donc difficilement descriptibles. N'étant pas coutumier du name dropping et de l'étalage des influences, j'espère que vous autres, honorables lecteurs, me pardonnerez l'humble incartade qui va suivre.
Autant inspiré par l'approche concrète et acousmatique des travaux de Pierre Henry ou de Pierre Schaeffer que par les premiers essais de Boards Of Canada, Ryan York navigue dans des eaux troubles mais délicieuses où cohabitent field recordings, glitch et compositions électro-acoustiques.
Sur Asura II et son blast effervescent, on pense même aux compositions les plus expérimentales du duo synt/noise Fuck Buttons. Sur l'exceptionnel et onirique Manzanita, on pourrait croire en la collaboration des violoncelles de Richard Skelton, en aval de choeurs champêtres et bienveillants.
Au début de Voxels, on a même droit a une introduction rythmique clairement jazz proche de la jam session. Ce traitement réapparaît de temps à autre, comme sur le très aquatique Her Tearing. On se délectera également de la présence de cuivres bienvenus sur le bien trop court Asura III. On dénombre peu de parties vocales, à l'exception de certaines parties samplées ou de l'éclairée intervention d'Ana Caravelle sur Timber.
Comme une déchirure et malgré la digne prétention au sublime, Feathers vient clore ce véritable voyage auditif et mental.

Ceux qui peuvent profiter d'un matériel ou d'un casque d'écoute dignes de ce nom pourront prétendre à une expérience hors du commun. Je me doute bien évidemment que nombreux seront ceux qui ne partageront pas mon euphorie. Asura ne peut à mon sens, laisser quiconque indemne.

http://www.nonprojects.net/images/sized/assets/uploads/images/asuraJacketCover2400x403-400x402.jpg
par Ed Loxapac
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 16:22

Sortie : 8 février 2010

Label : Kompakt Records

Genre : Mix house

Note : 6/10

 

L’Anglais Ewan Pearson fait partie, depuis de nombreuses années, des producteurs techno influents, ses talents de remixeurs sont unanimement reconnus. Il est donc logique de retrouver le bonhomme sur le mix We Are Proud Of Our Choices, proposé par Kompakt. Ewan Pearson, sachant de quoi il en retourne, a donc pris son temps afin de proposer une sélection pour le moins personnelle.

 

Le principal souci avec les mixs, c’est qu’il en sort un nombre incalculable chaque semaine. La conséquence directe est qu’on jette rapidement à la corbeille 95% des sorties. Pour pouvoir s’imposer, une compilation se doit de surprendre l’auditeur tout en étant plus qu'un simple polaroïd des tendances. Le mélange entre homogénéité de la sélection et pérennité de l'ensemble est pour le moins abrupt. Rares sont les mixs à sortir leur épingle du jeu. Tout au plus peut on retenir une ou deux compil’ par mois avant de finalement s’accrocher à une petite poignée en fin d'année. La sélection est impardonnable et laisse sur le bas-côté des mixs qui sont certes pertinents mais dont il manque ce "je ne sais quoi".

Ce We Are Proud OF Our Choices est attachant, il ne manque pas d’audaces, mais il y a fort à parier qu’il ne passera pas l’hiver. Il est pourtant difficile de critiquer Ewan Pearson tant sa technique est irréprochable et son choix de tracks sans erreur. L'auditeur est immédiatement plongé dans les sonorités tech-house actuelles par une ouverture en forme d’after ensoleillée avec A Ldric ou RMNVN (collaboration entre Ivan Smagghe et Roman Flügel). Direction ensuite vers une deep-house de plus en plus groovy avec KiNK and Neville Watson avant que le ton se durcisse sur la techno de Xenia Beliayeva. Ewan clôture son mix par de l’électro-pop synthétique avec Little Dragon et Bot’Ox. C’est propre, c’est classe… mais tellement linéaire. 

 

Ce We Are Proud Of Our Choices respecte un - trop - fidèle cahier des charges : de la house pour se mettre en jambes, un peak-time avec une techno plus efficace et un final tout en douceur. Même si rien n’est véritablement critiquable, on aura sans doute oublié cette sélection dans quelques mois.

 

http://i432.photobucket.com/albums/qq48/andrebackroom/16439_204630472843_9783572843_32226.jpg

 

par B2B

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 17:07

Sortie : janvier 2010
Label: Unnamed Label
Genre : remixs

Note : 5

Avec un titre comme Selected Remixes 2008-2009, et de l'ambient comme celle de Phasen, difficile de ne pas penser aux travaux passés d'Aphex Twin. Une référence revendiquée par Ryan Parmer, Floridien de 20 ans qui se cachent derrière ce pseudo. Il publie en ce début d'année 11 titres à lui remixés par d'autres ou produits par des confrères et revisités par ses soins. Si l'ensemble est plutôt planant et apaisant, parfois même un peu trop, quelques petits sursauts se cachent dans ce disque.

Cette sélection commence avec le trop plein de douceur de With Man With Two Watches, revu de manière un peu facile par Anders Ilar (la version house de Nachklangmusic n'est toutefois pas plus intéressante). A l'instar de ce morceau d'ouverture, les titres purement ambient semblent un peu fades, surtout en comparaison des passages plus enlevés. Certains remix sonnent un peu paresseux et font retomber l'attention. Trainer en longueur comme le fait Monoaxial sur Crystal Dance n'étant pas forcément un gage de qualité.
D'un autre côté, l'électronica d'In Vitro sur Wait ou la deep house confortable de Phasen lui-même sur Beetween The Visible And The Invisible, signé Itokim à l'origine, font partie des pistes les plus séductrices de cet album. A noter aussi Spihn par Five Sept Path qui fait preuve d'une certaine créativité dans une veine IDM décapante et corsée.

Les remixs de Phasen faisant partie du haut du panier, notamment son Electrah de Rumorse, cet album inégal incite à suivre cet artiste... et éventuellement à découvrir les auteurs des rares autres bons titres.


par Tahiti Raph
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:24
Sortie : janvier 2010
Label : Junktion

En 2006, Hayden Sinclair et Cam Lock créent Junktion, dans le but de promouvoir des artistes bien de chez eux, c'est à dire de Palmerston North, Nouvelle-Zélande. Junktion n'a rien d'un label à proprement parler. L'organisation n'a aucun but lucratif, (les compilations sont distribuées gratuitement sur le site) et les deux boss la définissent comme une "communauté" musicale et artistique destinée à offrir aux DJ, MC et beatmakers locaux la visibilité qu'ils méritent.
Cette troisième compilation propose ainsi un aperçu intéressant de ce qui ce fait à 180° de l'autre côté du globe. Évoluant entre différents genres avec fluidité, Junktion 3 allie hip-hop jazzy, dub à l'ancienne, électronique, dubstep et même un peu de post rock. De quoi rebuter plus d'un puriste, mais c'est justement l'alliance des différentes sonorités qui rend l'ensemble attachant, et malgré tout cohérent.
Le disque s'enclenche sur le dub chaloupé de Phat Buddhas, le timbre un peu cassé de la chanteuse participant largement au charme du morceau. Dans une ambiance très cinématographique, Revival Orchestra enchaîne avec l'instrumental Scissors, une perle de downtempo lunaire et inspiré. Une jolie transition qui permet d'aborder une phase de hip-hop de qualité. On retrouve chez Guy Friday comme chez Dirty Hairy des instrus cuivrées, quelques scratchs et des samples bien placés. Le rap de Comrade 2face est, lui, plus énervé sur le très engagé Payback, tandis que Rots One lâche son flow rapide et presque nasillard sur l'excellent Day After Day. Entre hip-hop et électronique, c'est The PaePae SoundSystem qui assure la transition, avec son Reggae #8 qui rappelle les bonnes heures du dub jamaïcain. On passe ensuite à du gros dubstep rondouillard, mais pas toujours très fin, et à diverses expérimentations électroniques, avec du très bon (Victoria de Midnight Kid) comme du très mauvais (les voix vocodées de See What I See de Faint & Skinni MC).

Voilà une compilation comme on en rencontre peu, pour sa variété et sa richesse. On appréciera particulièrement la qualité du hip-hop néozélandais. Il y a assurément des types très biens à Palmerston North, et chez Junktion en particulier.

                             Picture
par Manolito
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