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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 18:01

Le Time Warp, c'est un peu le pélerinage annuel pour tout fan de techno (avec le Sonar barcelonais). Chaque année, près de 20 000 personnes convergent vers Mannheim pour une nuit (et la matinée qui suit) dédiée à la musique électronique.
En effet, il est impossible de faire la fine bouche à la vue du line-up de cette nouvelle édition qui se déroulera le 27 mars prochain. On y retrouvera la crème des DJ tech-house dont Richie Hawtin (habitué aux sets épiques de 6h), Ricardo Villalobos, Loco Dice, Laurent Garnier et j'en passe. Et surtout, cette édition tape très fort en proposant le nouveau live très attendu de Plastikman (aka Richie Hawtin).

Bien entendu, Chroniques Electroniques sera de la partie et vous livrera un compte-rendu complet du festival.

 

par B2B
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 01:54
Sortie : 19 février 2010
Label : Ant-Zen

Jérôme Chassagnard et Régis Baillet ont récemment décidé de mettre le projet commun, Ab Ovo, en jachère temporaire. Ce qui a donné l'occasion à Chassagnard de publier son premier album solo en 2008, (F)light, sur le label renommé Hymen Records. Avec Samdhya, c'est au tour de Baillet de voler de ses propres ailes en sortant son premier album sur un autre label pointu allemand : Ant-Zen. Ici affublé du pseudonyme Diaphane, voyons s'il est aussi talentueux en solitaire.

Samdhya signifie transition en sanscrit. Voilà qui devrait être révélateur d'un état d'esprit actuel.
Samdhya est un album sublime où cohabitent ambient profonde et IDM crépusculaire.
Dans cette oeuvre en neuf actes se nouent des intrigues de monastère. L'écoute renvoie à une escalade progressive d'escalier venteux où se rencontrent des captures acoustiques (piano et cordes) et de fantomatiques voix lyriques drapées d'un linceul noir. On pourrait aussi croire en une lutte sans merci entre le bien et le mal, entre l'ombre et la lumière.
Au delà de l'aspect mélancolique et du romantisme aisément décelable, Samdhya peut aussi prétendre à la tragédie.
En haut des escaliers se trouve une tour de gué dégageant un point de vue sur des territoires inconnus en permanente mutation. Une brume électrique presque palpable laisse de temps en temps s'échapper d'éparses éclaircies.
Bien évidemment, tout ceci n'est que ma libre interprétation. Comme souvent dans l'IDM de qualité, chacun pourra y voir ce qu'il veut.
En tous cas, les synthés pastoraux, les grasses nappes ambient participent grandement à retranscrire des ambiances évocatrices et ambivalentes dignes d'un scénario à suspense.
La rythmique est toujours implacable et subtile. On décèle des boucles de batteries martiales sans être bourrines, de discrets et savants mécanismes industriels et des beats écorchés à vif.
Résolument downtempo, Samdhya est un album qui prend son temps tout en parvenant à maintenir l'auditeur captif, attendant patiemment la moindre variation, le moindre élément perturbateur.
Même si il est à envisager comme un ensemble indissociable, cet album contient des joyaux bruts comme Nebula, Platinium ou The Icefield. Ces trois là vont très longtemps hanter mes nuits d'insomnie.

Diaphane ouvre le chapitre Ant-Zen 2010 de bien belle manière. Nous n'avons plus qu'à placer nos espoirs en l'éventuelle re-formation prochaine de Ab Ovo. Les fréquentations actuelles des deux français (Hymen, Tympanik, Ant-Zen, etc.) laissent planer d'inespérées possibilités. Le rêve est permis.
                                 http://www.stigmata.name/wp-content/uploads/2010/01/ant-zen-act244-x6.jpg
par Ed Loxapac
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 21:35

Sortie : février 2010 / mars 2010
Label : Stones Throw
Genre : Jazz cosmique voire free

Note : 6 / 7 


Il n'est pas facile de suivre Madlib dans son importante production avec notamment déjà deux volets de Medicine Show ces deux derniers mois. Il n'est pas facile de le suivre aussi dans ses différents alias et projets, avec coup sur coup deux disques orientés sur le jazz qui portent sa griffe. Le Californien s'illustre tout d'abord avec Miles Away, un disque enregistré avec le
Yesterdays New Quintet (un groupe dont il assure tous les instruments et qui a sorti six albums depuis 2000) sous le nom The Last Electro-Acoustic Space And Jazz Percussion Orchestra. Il se cachera ensuite derrière le pseudo Young Jazz Rebels pour l'album Slave Riot, plus intéressant en termes d'expérimentations.

Le premier des deux est une sorte d'hommage aux jazz des années 1960-70 qui se sortait des carcans qu'il s'imposait jusque-là. Les titres sont d'ailleurs dédicacés aux différentes figures de l'époque telles que Roy Ayers ou John Coltrane. Le groupe incarné par Madlib revient sur cette période ou le jazz se cherchait une nouvelle identité, amenant de nouveaux instruments, regardant vers la soul ou vers d'autres continent. Un son cool, des sonorités nouvelles, un esprit cher au Miles évoqué dans le titre de l'album.
Les plages sont assez longues et le groove imparable. Flûtes et pianos croisent parfois quelques sonorités plus modernes mais très discrètes. La batterie est également sobre pour donner de la place à la basse qui tient la baraque. Quelques petites percussions se glissent parfois au milieu de ces ensembles nourris et ouverts.

http://www.accesshiphop.com/images/covers/15864_b.jpg

Si ce premier disque restera peut-être un peu classique en 2010, le second est beaucoup plus innovant. Les références aux 70's restent toujours d'actualité, mais pour leur côté free jazz, cosmique ou l'ouverture aux percussions africaines. Ajouté à cela des bidouillages électroniques et un brin du très à la mode éthio-jazz (cher à Mulatu Astatke) et vous tenez cet étrange Slave Riot qui vient vous titillez les oreilles, vous chatouillez les tympans avant de vous emmener dans un étrange voyage dans le temps. Car c'est aussi bien les expérimentations récentes des Heliocentrics que les méditations africaines de Coltrane sur Kulu Se Mama qui se croisent pour former un étrange hybride. Cette ouverture d'esprit fait aussi penser à Sun Ra que le producteur de Los Angeles cite d'ailleurs dans le titre d'un morceau.
Madlib fait tout pour brouiller les pistes, de ce grain de vinyle aux percussions dignes d'une cérémonie vaudou, il nous envoûte pour nous faire découvrir un mélange d'ingrédients récoltés dans son immense culture musicale. Des pièces souvent courtes s'enchaînent pour créer une atmosphère vaporeuse, un rêve éveillé à la rencontre des musiciens les plus audacieux de différentes époques.

http://www.stonesthrow.com/images/2007/youngjazzrebels.jpg

Les deux disques se suivent très bien, Miles Away constituant une bonne introduction pour ceux qui ne sont pas familier du free jazz le plus tortueux. Et Madlib ne va pas les ménager ! Il faudra pour les moins aventureux s'en tenir à ce premier volet qui constitue déjà une pièce de choix. Bien moins accessible, le Young Jazz Rebels est toutefois bien plus habité et prenant.

par Tahiti Raph
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:23

Sortie : 2 mars 2010
Label : Strange Famous

Genre : Hip-hop énervé

Note : 7,5/10


Le hip-hop de B. Dolan n'est pas là pour vous carresser dans le sens du poil. La vocation première du bonhomme est d'ouvrir les consciences par le biais d'un rap politique, engagé, sans consession et profondément cynique. Bernard Dolan est loin d'en être à son coup d'essai. Tout amateur de hip-hop connaît son CV. Il faut dire que le background de l'Américain est dense. Il est notamment le co-fondateur
avec son pote Sage Francis de knowmore.org, site hautement nécessaire d'informations alternatives. Depuis 2003 et l'énorme The Failure (ressorti et réactualisé en 2008), Bernard Dolan et son spoken word alimentent les discothèques des esthètes de bon goût. Ses prestations live sont tout bonnement phénoménales.

Fallen House, Sunken City
sort sur Strange Famous, le label de Sage Francis et l'on retrouve Alias à la production. Il faut dire que l'album est très attendu et qu'on attend beaucoup de B. Dolan. Ce dernier ne se fout fichtrement pas de nous en nous larguant un album sombre et prenant pour un résultat sans faille. On retrouve avec un plaisir malsain l'ambiance si particulière de B. Dolan, ce savoureux mélange de spoken word (un flow de plus en plus rappé et de moins en moins parlé) et d'ambiances oppressantes.
La production d'Alias est pour beaucoup dans la réussite de cet album. Il en ressort un son "live" rendant l'objet palpable, la batterie vous claquant en permanence à la gueule afin de vous rappeler votre insignifiance. Cette ambiance sert à la perfection le message vindicatif de B. Dolan avec son flow postillonant. Chaque mot sonne comme une sentence notamment sur le grandiloquent Border Crossing avec ses cuivres digne d'un marche funéraire ou sur le dubstep d'Economy Of Words avec sa rythmique marteau piqueur.
Mais B. Dolan ce n'est pas qu'un amas de hip-hop sans concession. L'Américain sait aussi calmer ses ardeurs avec une exquise finesse comme le démontre l'introspectif Body Of Work avec ses fines notes de piano. Rien n'est à jeter dans ces 12 titres et les featurings de Buddy Peace, P.O.S. et Cadence Weapon ne font que conforter la solidité de cette entreprise.

Fallen House, Sunken City est un album de post-rap brillant de bout en bout. Le flow parlé de B. Dolan se marie à merveille à la production anxiogène d'Alias. Cet album sera à coup sur une des références hip-hop de 2010.


http://storage.canalblog.com/48/16/629022/49673970_p.png

par B2B
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 18:50
Sortie : février 2010
Label : Jahtari


Nous avions déjà évoqué les travaux de Jackson Bailey lors de la sortie de son premier EP, le sympathique Hissing Threaticals (chroniqué ici). Dans un genre à la fois casse-gueule et assez mal considéré, le dub digital, Tapes avait joué la carte de la subtilité, et Hissing Threaticals avait pas mal fait parlé de lui. Toujours hébergé chez les experts en la matière, Jahtari, le bonhomme sort aujourd'hui Compuriddims, une cassette (!) limitée à 100 exemplaires et déjà sold out. Aussi anachronique qu'elle puisse paraître, cette démarche peut être justifiée par son travail autour des sonorités radiophoniques, par son attrait pour les premier bidouilleurs électroniques comme ceux du BBC Radiophonic Workshop, ou encore par l'espèce de tradition qui règne chez Jahtari.

Sur la face A s'inscrivent les 8 titres du Compuriddims EP (disponibles gratuitement ici) et sur la face B, Tapes propose une "Dub FX library", un catalogue de sons et d'effets mis à disposition, au petit bonheur des sampleurs. Musicalement parlant, Tapes répond honorablement aux espoirs qu'il avait suscité. Ses manipulations procurent un grain unique à sa musique, joliment feutré et disons-le, assez authentique. Le dub de Tapes a quelque chose de langoureux, les lignes de synthés évoluent paresseusement, étoffées par un panel de reverbs et d'overdubs consistants. Par ailleurs, on ne trouve plus sur Compuriddims, de tentative de dancehall bleepé - soupir de soulagement. Les vagues d'échos sur le nébuleux Helix Dub ne sont pas sans suggérer de verts nuages de fumées, tandis que sur Fatty Bass Bum, Tapes s'autorise un petit riddim 8-bit, qui passe pour cette fois. Mais surtout on redécouvre l'invincible Ticker Tape, soit du pur velours.

Tapes nous gratifie donc d'une galette, pardon cassette, plaisante. Rien de tout cela ne marquera son époque, très certainement, cela risque même d'être vite oublié, mais la singularité de la production et l'intégrité du projet méritent que l'on s'y arrête. A réserver aux fervents amateurs de dubwise.

                                  
par Manolito
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 18:40

Sortie : mars 2010
Label : Ninja Tune
Genre : Electronica gentille

Note : 5

Après le retour de Blockhead (chroniqué ici), voici celui d'un autre artiste électronica historique de chez Ninja Tune : Bonobo. Moins attendu que le premier, le nouveau disque de Simon Green avait été annoncé par un single peu convaincant (chroniqué ici) et faisant craindre l'accentuation des parties chantées dans le genre de celles présentes sur son précédent LP, Days To Come.

A l'écoute de Black Sands, l'Anglais n'a pas forcé sur les voix, préservant son électro tranquille d'une chute fatale vers le lounge, même si le single The Keeper est toujours aussi insipide avec une Andreya Triana dont on attend plus sur son premier album à venir. Outre, Eyesdown sur lequel pose un discret timbre féminin qui n'est pas désagréable, l'autre piste chantée, Wonder When, n'est pas plus enthousiasmante.
Car c'est sur instrumental que Bonobo assure vraiment et fait preuve d'orignalité, ou alors en ajoutant seulement une voix sourde comme sur All In Forms. Dans un style entre électronica et drum'n'bass, il déroule ses ambiances sobrement dansantes et colorées avec des constructions habiles. On apprécie ainsi Kiara et son violon lancinant ou Animals et sa progression attachante vers un solo de saxophone enflammé et un final éclatant. L'album se termine sur un titre mélancolique, avec une forte présence de cuivres, qui laisse un peu sur sa faim.

Malgré un disque plutôt réussi, l'Anglais n'égale pas son excellent Dial M For Monkey et ne devrait pas marquer les esprits en attente de sons plus novateurs. En effet, ce Black Sands rappelle les grandes heures passées du label sans toutefois en avoir tout à fait le niveau.

http://hangout.altsounds.com/geek/gars/images/3/9/8/5/5delorentos-web1.jpg

par Tahiti Raph
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 15:34
Sortie : 8 mars 2010
Label : Warp


Gonjasufi trimbale sa coiffe léonique des rues de Los Angeles au désert Mojave en plein Nevada. Il y a de fortes raisons de penser que ce type a été frappé par la foudre (ou la foi) sur le chemin.
Soyons clairs, il y aurait eu peu de chances que cet album soit chroniqué par nos soins s'il n'avait pas été publié chez Warp. De plus, A Sufi and A Killer est en petite partie produit par une sacrée pointure : Flying Lotus. Mainframe et The Gaslamp Killer interviennent également. De quoi attiser un peu plus notre curiosité, face aux fréquentes et inégales ouvertures indie de Warp.

Ceci est un album foutrement mystique, se situant quelque part entre la soul chamanique et le rock psychédélique. Terriblement roots, le son apparaît parfois volontairement cradingue.
Gonjasufi compense ses carences vocales par une envie et une foi indéfectible en ce qu'il fait.
Rituels sioux, cithare indou, crépitements de vinyle à la broche parsèment cet opus un rien bordelique. Les fans de Flying Lotus reconnaîtront son empreinte unique sur le jubilatoire liquid glitch hop de Ancestors. Avec le très bon Holidays, c'est pratiquement le seul titre où l'électronique fait son apparition.
Sans céder à la tentation convenue de brailler des Jah Ras Tafari ! à tout bout de champ, Gonjasufi égraine sa vision mystique et prophétique de manière habitée. Il lui arrive même parfois de beugler, comme sur She Gone ou SuzieQ, où l'on sent parfois l'influence de formations progressives comme King Crimson. Et oui, rien que ça...
Sur le bon, enlevé mais un rien foutraque Kowboys & Indians, une gitane vient même lâcher sa plainte sans piquer le moindre porte-feuilles.
Seulement voilà, cet album contient également des morceaux moins aboutis et plus dispensables.
On pardonnera facilement à Gonjasufi ces quelques écarts car son côté perché et mystique a quelque chose d'attachant.
Celui qui pose un visage de négus éthiopien sur une pochette psychédélique ne peut foncièrement pas être mauvais.

Un album gentiment bordélique donc, mais qui contient pas mal de bonnes choses. Retranscrire cet album en live pourrait s'avérer être une catastrophe sans nom où s'élever comme un spectacle hypnotique et littéralement habité. L'avenir nous le dira, ou pas, si comme certains adeptes de la théorie du complot le pensent, Gonjasufi ne serait qu'un side project de Sufjan Stevens. Le prénom Sufjan étant contenu dans Gonjasufi. Y a quand même des dingues.
Au milieu des survivalistes du Nevada, on imagine bien un dreadlock se fendre la gueule devant cette idée saugrenue.
                                  http://media.warp.net/images/WARPCD172.jpg
par Ed Loxapac
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 18:55
Sortie : janvier 2010
Label : Mondkultur


Svetnik, 18 ans, d'origine bulgare, œuvre depuis Berlin. Connu également sous le nom de Purple Ink, il est l'auteur d'une mixtape, Lo-Fi Stuff, sortie l'année dernière, qui n'a pas manqué de le faire buzzer. Composé de 13 titres, Blueprint EP ferait presque figure d'album, disponible qui plus est en téléchargement gratuit.
Le son de Svetnik s'apparente à un hip-hop instrumental aux beats doux, qui concentre des influences jazz, soul et dub. Un certain usage du beat et des machines est là pour harmoniser l'ensemble dans des sonorités moelleuses et paisibles, lorgnant parfois vers l'électronica. A l'aide de samples judicieusement disposés, d'instrus riches et de bribes de dialogues tirés de films, Svetnik construit un univers chaleureux, évoquant parfois RJD2. Blueprint mérite d'autre part d'être salué pour sa constance. Les titres, plutôt courts, s'égrènent avec beaucoup de cohésion, certains prenant la forme de plaisants interludes. Aucun morceau ne prédomine, mais aucun ne passe non plus à la trappe. Seulement tout cela est bien agréable, mais il n'y a pas de quoi être grisé non plus, Blueprint demeure sans surprise.
Svetnik s'amuse tant à bâtir des lignes de basses tordues et pleines de flashs (Mika), qu'à composer des pièces résolument orientées jazz (Making Love To You), où les cuivres semblent vagabonder librement. Sur Mondays il laisse toute la place à un piano rêveur, l'appuyant simplement d'une basse souple. Suave mais sans être trop léchée, la production de Svetnik ne souffre d'aucune vraie faute de goût.

Comme un interlude entre des écoutes moins accessibles, Blueprint repose l'oreille et lui offre une parenthèse ouatée. Ce jeune beatmaker est à ne pas perdre de vue, et c'est généreusement – n'ayons pas peur de le répéter – qu'il propose ici son disque en téléchargement gratuit.

                                    Blueprint EP Cover Art
par Manolito
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:03

Sortie : mars 2010
Label : EQ Recordings
Genre : Fantasie électronique

Note : 7

Balance n'est pas la plus connue des séries de compilations mixées. En invitant Agoria pour sa 16e livraison depuis 2001, elle pourrait gagner en reconnaissance. Le Français n'a pas en effet l'habitude de bâcler ses sorties. Deux albums irréprochables et un mix, Cute & Cult en 2005, qui touche au sommet de ce qui peut se faire en la matière avec une technique irréprochable, de la diversité dans les époques et les styles tout en gardant de la cohérence, le récit d'une histoire et de la personnalité. Cette nouvelle édition de Balance en est un digne successeur.

Sur deux CD remplis ras la gueule de tracks, d'extraits et de samples, Sébastien Devaud tente d'obtenir un équilibre cher à la série. Cela débute par une longue montée sur le premier disque, une évolution patiente qui ne prend son envol sur un beat léger qu'à la fin de la neuvième plage après avoir exploré des morceaux d'Alva Noto, de Mark Pritchard, d'Emiliana Torrini ou du DJ lui-même, qui n'hésite pas à se citer à plusieurs reprises. Pour rendre le résultat unique, Agoria brouille les pistes et les mélange, multipliant les extraits de titres déjà joués ou à venir. L'auditeur perd ses repères et devient donc totalement spectateur de la création soumise à son écoute.
Avec son
Altre Voci enchaîné avec Train in Austria part 2 de Glimpse
, le Lyonnais fait vraiment décoller le premier volume. Il ne se précipite toutefois pas et temporise dans une veine tech-house tranquille aux sonorités variées qui accentue le côté cinématique de cette Balance. Un petit virage latino avec Olibusta et Cubenx avant de sortir de ses bacs un Bibio et un remix de 45:33 de LCD Soudsystem par Trus'me. Tout ceci bien sûr sans donner une impression d'indigestion ! Après avoir fait retomber la pression avec notamment un titre pop-electro vocal de Rio en Medio, l'acte 1er est bouclé dans la douceur et la volupté.

Quand le rideau s'ouvre à nouveau, la voix parlée et le piano d'
Aphrodite's Child et son Loud Loud Loud vous accueillent dans la sobriété. Le rythme s'accélère toutefois bien plus vite sur ce second volet - ponctué des Hurlements En Faveur De Serge T. de Sylvain Chauveau à diverses reprises - avec l'apparition de beats plus dansants dès le troisième morceau. Le style se fait alors plus house avec You and Me remixant Ogris Debris puis Francisco Tristano sur Knee For Thought.
A nouveau, l'évolution se fait de manière très progressive pour aller vers une techno plus dépouillée avec Chris Carrier and Jeff K ou Drama Society. Alors que le mix stagne un peu, Agoria place son dernier single
Libellules (chroniqué ici) qui relance bien la machine avant d'enchaîner sur le génial et épique French Kiss d'Avril qui fait encore monter la pression. Au milieu de ce titre, il en place deux autres dont Tehellet de Jonny Greenwood (le guitariste de Radiohead dont le groupe faisait une apparition sur Cute & Cult) pour une interlude planante et angoissante avant de repartir sur la puissante et violente montée de French Kiss. Plutôt que de s'enflammer, le Lyonnais conserve la maîtrise en convoquant Einmusik, Aufgang remixé par Spitzer et Kid A pour mener sa barque à bien et éviter les fautes de goût jusqu'au bout du voyage.

C'est riche et puissant, fort et contrôlé. Agoria est le maître de la compilation mixée !

http://silvernetworkrecordings.files.wordpress.com/2010/02/balance_16.jpg

par Tahiti Raph
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 10:48

Sortie : 8 février 2010

Label : Monotreme Records

Genre : Dubstep

Note : 6/10

 

Difficile d’établir une cartographie précise de la musique de Nedry, les influences sont multiples pour un résultat empêchant toute classification. Dubstep, dream-pop, post-rock, noise, trip-hop ? Nedry se fout des genres, préfère malaxer le tout, au risque de dérégler les certitudes de l’auditeur. Histoire de mieux cerner le groupe, il est nécessaire de savoir que trio se compose d’une Japonaise, Ayu Okakita et de deux Anglais, Matt Parker et Chris Amblin. Le simple fait d’être domicilié à Londres ne pouvant que provoquer une explosion des frontières musicales.

 

Condors est le premier album du groupe, un album de seulement 8 titres pour une trentaine de minutes. Avant d’être disponible sur le label Monotreme, il est sorti discrètement en 2009 sur le petit label On The Shelf Records. Finalement, ces quelques mois auront permis de faire monter le buzz.

Condors est un objet très singulier, parcouru d’éclairs de génie et de passages beaucoup plus discutables. Les deux morceaux d’ouverture constituent sans doute le point culminant de l’album. Cette introduction suinte la drogue sale et la poisse. Ainsi Apples And Pears débute comme un sympathique morceau de folktronica, porté par la voix d’Ayu, avant l’arrivée d’une dépression fulgurante propulsant le morceau vers un dubstep aux basses lourdes mais tremblantes. Malheureusement, la suite n’arrivera jamais à égaler cette mise en bouche. On ne peut qu’être frustré devant tant de potentiel. Nedry semble vouloir taper dans tous les styles et perd lentement son fil conducteur. La voix d’Ayu Okakita qui se révélait agréable devient finalement éreintante sur Squid Cat Battle à force de vocalises haut perchées à la Björk. Même si la jungle mutante et énervée de Scattered procure son petit effet, on reste partiellement convaincu par la fin de l’album, beaucoup moins captivante, beaucoup plus propre.

 

Nedry est en train de créer le buzz outre-Manche par la force d’une musique insondable. Il est indéniable que le groupe possède un sacré potentiel que Condors esquisse à peine. Reste à savoir quelle direction va prendre le trio.

 

http://www.thelineofbestfit.com/wp-content/media/2010/01/nedry.jpg

par B2B

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