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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 15:16
Sortie : février 2010
Label : Symbolic Interaction

L'Angevin Laurent Girard, ou Melodium, a réalisé plus de 15 albums en même pas dix ans. Les habitués - de bon goût - d'Autres Directions in Music se souviennent probablement d'albums tels que La Tête Qui Flotte ou Music for Invisible People. Nous avions nous même rédigé une chronique à propos du très humble et soyeux Lullabies for Adults (ici), gorgée d'une électronica subtile et empreinte de sonorités rappelant le doux âge de l'enfance. Cette fois-ci, Melodium s'associe au bien trop rare label asiatique Symbolic Interaction pour publier Palimpse, confectionné entre 2006 et 2007.
Kentaro Togawa, tête de proue de ce label ô combien enchanteur, a participé à l'élaboration de l'artwork, sobre mais terriblement évocateur du contenu à venir.

Il y a des albums capables de terrasser n'importe quel aigri par leur apparente et désarmante simplicité. Palimpse fait partie de ceux là, même si la réalisation de cet album n'a pas dû être si simple.
Véritable diamant pop sur lit ouaté de field recordings, Palimpse évoque des territoires naturels innocents et majestueux. La tentation de qualifier cette musique de folktronica est forte. Cette appellation d'origine peu contrôlée est réfutée par son auteur lui même.
En effet, la quasi totale absence de "rythmique percussive" (batterie, boîte à rythme) tend à lui donner raison. On ne peut tout de même s'empêcher de penser que le sieur Girard est allé se nourrir au sein de l'héritage des musiques concrètes.
Les cordes, délicates et mélancoliques, cohabitent avec des pianos et des sonorités de pleines natures. Le moindre craquement ou bruissement venteux nous fait fermer les yeux en nous transportant vers des contrées vierges, tels des spectateurs témoins des bouleversements saisonniers.
Conçus majoritairement en format court, chaque morceau recèle sa propre émotion, sa propre histoire. In the Forest at Night, Wreckage, Guitare Theme ou Landscapes s'élèvent tous comme des petits joyaux.
Il arrive même d'entendre des voix, chuchotées ou subtilement trafiquées comme sur les somptueux German Voice et Kissing Disease (first version). Le très beau Bombs d'ouverture est lui aussi accompagné des mots d'une mystérieuse femme, qui s'est excusée auprès de tous ceux qui la connaisse.
L'intriguant The Hole vient rompre avec le climat rassurant en se livrant à des expérimentations proches du drone et de l'ambient. Pourtant très réussi, on ne comprend pas bien pourquoi ce titre est placé là. Peut-être préparait-il déjà, l'aventureux et très ambitieux morceau fleuve Insomnia (plus de 28 min), où toutes nos certitudes s'effondrent sur la conception des compositions électro-acoustiques. Littéralement envoûtante, cette fresque tend à confirmer mon idée au sujet de l'influence des musiques concrètes.

Cet album est donc un petit trésor, qui probablement ne parviendra qu'à un nombre trop peu important d'oreilles. Espérons que les chroniques rédigées par des sites voisins et amis (ici et ici) aideront cet opus à sortir de son injuste confidentialité.

                              http://melodiumbox.free.fr/pictures/disco/palimpsee.jpg
par Ed Loxapac
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 14:26

Sortie : 29 mars 2010

Label : Domino Records

Genre : Post-rock électronique, krautrock

Note : 7,5/10

 

Le trio To Rococo Rot est une entité musicale difficilement classifiable mais aujourd’hui hautement respectée par les auditeurs à l’ouïe fine. Stefan Schneider (bassiste et membre de Kreidler), et les frères Lippok, Robert (guitare, électronique) et Ronald (batterie, programmation et membre de Tarwater), ne se sont jamais enfermés dans les sonorités post-rock et électronica fondatrices de leur musique. Ils ont toujours préféré exploser les frontières du genre en s’orientant vers une expérimentation minimaliste toujours accessible. La musique de To Rococo Rot sait ainsi caresser nos oreilles avec douceur.

 

Les Berlinois se sont enfermés dans le studio du mythique groupe de krautrock expérimental des 70’s, Faust, afin de travailler méticuleusement leur nouvel album, Speculation. Comme toujours, un album de To Rococo Rot demande du temps avant de pouvoir être apprivoisé. L’auditeur distrait écoutera ce nouvel album sans en saisir la palpitation profonde qui le traverse.

Speculation est un album autant minimaliste que dense, totalement à contre courant des modes actuelles et préférant se focaliser sur la matière sonore plutôt que sur les artifices superfétatoires. L’influence kraut est indéniable, notamment sur l’excellent morceau d’ouverture, Away, à la ligne de basse enveloppante et à l’énergie post-rock tout en retenue. Mais To Rococo Rot semble avoir surtout convoqué les démons de la musique répétitive américaine et se permet avec Horses de capturer l’auditeur dans une spirale sonore minimaliste envoûtante. On sent que le groupe a prit un plaisir enfantin avec les nombreux instruments laissés dans l’antre du studio allemand, d’où les multiples sonorités empruntés à des instruments autant exotiques qu’ensorcelant. Aucun morceau ne dépasse ici les quatre minutes, ce qui s’avère souvent frustrant. Seul entorse, les dix minutes de kosmiche muzik de Friday clôturant l’exercice et où Jochen Irmler de Faust vient prêter main forte.

 

To Rococo Rot livre encore un album irréprochable, parfaite adéquation expérimentale entre musique digitale et instrumentale, mais réservé à un public averti. Speculation risque injustement de seulement frôler les oreilles des néophytes alors qu’il mérite une immersion bien plus profonde.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/trr.jpg

par B2B

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 20:19

Sortie : 8 mars 2010
Label : Ad Noiseam


Le duo anglais Matta signe la première sortie de l’année de l'éminent label allemand Ad Noiseam. The Lost est leur premier maxi, et laisse présager le meilleur à ces deux jeunes britanniques.
D’une violence formidable, le dubstep de Matta réaffirme les filiations du genre avec la drum’n bass ou le breakcore. Les breaks explosent comme des rafales de mitraillettes synthétiques, donnant lieu à des décors de chaos industriel où les machines détiennent manifestement l’avantage. Comme décrivant les mouvements d’un implacable hachoir, des basses visqueuses s’entrechoquent dans des crissements à la limite du soutenable.
"You enjoy torture" assène une voix sur Inquisition part III, une affirmation pleine de lucidité. Mais le son de Matta, non content d’être redoutablement efficace, recèle d’indéniables qualités mélodiques. Si Inquisition Part III déchaîne des flots de breaks frénétiques et menaçants, le splendide Suicide Stutter commence par poser des couches mélodieuses, pour y laisser s’épanouir un beat ample et profond. Parfois celui-ci se tait, permettant aux nappes d'infiltrer l’air, puis reprend son rythme, tout en syncopes. Troisième pépite, l’immense Mass s’ouvre sur des arpèges de cordes un peu gypsy, et laisse s'élever le chant bohémien d’une femme, d’une beauté déconcertante. Avec une telle mélopée mêlée aux basses lourdes et à la scie du dubstep, le résultat était loin d’être certain, mais Mass se révèle rapidement imparable.

Les deux compères de Matta livrent ainsi un maxi ardent et d'une noirceur vicieuse. Et même si on évitera de tirer de grandes conclusions après un disque de trois titres - d'autant plus que les tonnerres de breaks peuvent s'avérer moins digestes en long format -, on gardera à l'avenir un oeil plus qu'attentif sur ces deux gars-là. 


 

 par Manolito
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 16:35

Sortie : mars 2010
Label : Brainfeeder

Genre : Chinoiserie abstraite
Note : 6

Daedelus est partout. Daedelus est nulle part. Artiste très productif qui multiplie les projets, les apparitions, les collaborations, l'Américain sait à la fois se multiplier et être discret. Sortir des albums qui restent (Of Snowdonia ou Exquisite Corpse pour n'en citer que deux) et participer à des disques qui passent inaperçus. Pour cette raison, il semble toujours avoir une actualité discographique, même si son dernier album date de 2008 (Love To Make Music To). Tout en gardant une touche bien à lui, son électronica se transforme et s'adapte selon ses envies. Avant un nouveau long format à paraître entre fin 2010 et début 2011 chez Ninja Tune, Daedelus sort un maxi à l'inspiration étrange.

A-t-il été frappé par le revival des films de kung-fu qui a suivi la sortie du film Kill Bill ? Nous ne saurons pas. N'empêche que l'astucieux producteur a décidé de se lancer dans une illustration de la révolte des boxeurs, épisode de l'histoire de la Chine qui dura de 1899 à 1901. Frappé par les poings de l'harmonie, l'Américain dresse un tableau épique de cette bataille où l'héroïsme et la tragédie se côtoient. Possible toutefois de passer à coté de la référence, notamment à l'écoute du titre Order Of The Golden Dawn et ses résonances brésiliennes, confortées par une douce voix féminine. Un chant qui apparaît à nouveau sur Succumbing dans une ambiance plus sombre et mystérieuse. Ces morceaux constituent des oasis paisibles au sein d'un LP où règne tantôt des tensions guerrières, An Armada Approaches, tantôt un romantisme cher à l'Empire du milieu, avec les deux voix qui se mêlent sur Stampede.
Righteous Fists Of Harmony semble répondre chez Daedelus a une volonté d'explorer une nouvelle voie. Il n'est pas tout à fait dans l'électronica qui l'a fait connaître, mais offre une fibre plus illustrative, qui gagne a être éclairée des influences qui ont inspiré ses titres. Entre les passages chantés et des instrumentaux chargés de différentes émotions, ce maxi offre plusieurs facettes un peu déroutantes. Les pistes offrant plus de repères, comme ce The Open Hand Avows proche de ses précédents travaux, facilite la lecture face à des plages contemplatives (The Finishing Of A Thing) plus mystérieuses.

L'artiste voulait composer une bande originale marquant la fin d'une époque, apprécions l'effort intéressant et original, tout en le replaçant dans un oeuvre plus globale où l'expérimental a toujours côtoyé des terrains plus connus.

http://www.brainfeedersite.com/wp-content/uploads/2010/01/ddls-right-lp-sml.jpg

par Tahiti Raph
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 18:59
Sortie : 20 mars 2010
Label : Warp

Autechre (Rob Brown et Sean Booth) fait partie depuis plus de 15 ans de la tribu des vaches sacrées de l'IDM. Plus sentimentale que celle d'Aphex Twin et moins autiste que celle de Boards Of Canada, leur musique suscite questionnements et fantasmes depuis leurs débuts. Même si leur premier album, Incunabula, a aujourd'hui un peu vieilli, des opus tels que Amber ou Tri Repetae sont à jamais inscrits dans la roche du panthéon du genre. Après l'abscon Quaristice en 2008, Oversteps est attendu avec la plus grande ferveur par tout amateur de musiques électroniques intelligentes. Parce qu'il sont des fidèles entre les fidèles, ce dernier sortira chez Warp.

Il y a quelques semaines, un nombre incalculable de geeks avaient cru dénicher Oversteps sur des sites obscurs de leaks. Chacun se gargarisait de la trouvaille en beuglant à qui voulait l'entendre que Oversteps était un disque charnière dans la discographie du duo. Manque de pot, cette fuite n'était qu'un vulgaire fake, pourtant troublant de qualité. Même s'ils ne cessent de clamer qu'ils ne sont pas à l'origine de la supercherie, les Ecossais de Altered:Carbon ont pu bénéficier d'un gros coup de projecteur sur leur premier album éponyme, sorti le 8 février.
Loin de nous l'idée de les renvoyer à leur possible mauvaise foi, force est de constater néanmoins les dérives du "leakage" frénétique. Peut-être était-ce leur volonté première. Nous fermerons peut-être définitivement la parenthèse en rédigeant une chronique de ce très bon album au demeurant.

Parce qu'il est extrêmement difficile de poser des mots sur la musique du duo de Sheffield, nous n'allons que très peu nous y risquer. Mystérieuse et dénuée d'âme pour les uns, chaleureuse et sentimentale pour les autres, la musique d'Autechre est imprégnée d'une incontestable intelligence. Doit-on en conséquence tenter de l'expliquer en l'intellectualisant un peu plus ? Définitivement non.
Depuis que l'art est art, une certaine frange se réclamant de l'intelligentsia tente de nous imposer une façon d'envisager la peinture, la musique et le cinéma. Tout cela bien entendu, au détriment du libre arbitre et de la subjectivité.
Nous n'allons donc pas vous expliquer ce qu'il faut comprendre de ce nouvel album.
Conçu avec des machines par des humains capables d'émotions, Oversteps renoue avec les divines trames mélodiques qui avaient bâti leur succès au milieu des années 1990. On dénombre peu ou pas de rythmiques type batterie ou boîtes à rythmes. Le génie du collage ou de superposition des différentes couches sonores est intact. Les édifices sonores construits par Autechre ne semblent pas connaître de limite de grandeur.
Même si le presque baroque Known(1), l'onirique et splendide Treale ou le pragmatique 0=0 me sont apparus comme les plus beaux morceaux, l'ensemble est éclaboussé de cette classe et de cette fluidité qui sont l'apanage des grands.
On est bien loin des albums noise et abstraits Confield et Draft 7.30 qui, en plus d'être bien trop en avance sur leur temps, faisaient parfois penser à un onanisme d'informaticiens néanmoins géniaux. Le musicien que je ne suis que trop peu soupçonne ici une utilisation plus importante des synthés virtuels (peut-être le Nord Lead ?) et des softwares de programmation.

Même si on note quelques réminiscences de sonorités issues de matériel vintage, Oversteps est incontestablement bien ancré dans le 21e siècle. L'occasion est donnée aux Lillois, Parisiens et Nantais de les entendre en live au mois de mars. Les autres se consoleront avec l'acquisition de l'album qui devrait sortir sous un packaging de luxe et agrémenté de pistes inédites téléchargeables. De notre côté, nous prenons très peu de risques en avançant l'hypothèse qu'Oversteps soit un des plus beaux albums de l'année.

                                 http://mp3passion.net/uploads/posts/thumbs/1264167122_12.jpg 
par Ed Loxapac
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 18:12

Sortie : février 2010
Label : Temporary Residence
Genre : Ambient chanté

Note : 7

Une bien curieuse idée qu'a eu Matthew Cooper, alias Eluvium, sur son nouvel album. Après quatre ans de pause discographique, il décide de poser sa voix sur Similes. Il rompt donc le silence, choisissant de laisser son timbre discret s'exprimer sur ses plages ambient dont il a le secret.

Sur les huit pistes du disque, se sont tout de même les nappes et les notes de piano qui dominent, forgeant l'identité planante et poétique de cette musique. Certains morceaux, notamment In Culmination et ses trois minutes émouvantes de piano solo, n'offrent d'ailleurs peu ou pas de place au chant de Matthew Cooper. Et si l'ajout d'une voix sur de l'ambient pourrait en effrayer certains, le résultat est plutôt réussi. Le mélange fait ici penser aux premiers Sigur Ros, avec un chant fantomatique qui transparaît au milieu des titres sans déranger les autres instruments. Un doux débit qui renforce le caractère rêveur de l'album. Il est vrai que l'Américain qui revendique l'influence de Brian Eno assure un service minimum et ne donne pas vraiment dans la chanson. Comme pour les autres sons, il procède par touche délicate, à la recherche d'un équilibre toujours fragile.
Autre nouveauté annoncée par le label : la présence de percussion. Il faudra être très attentif pour les entendre car elles se résument à de léger cliquetis sur de rares morceaux dont Making Up Minds. Des interventions si mesurées que parler de percussions semble exagéré. Comme souvent pour l'ambient, une bonne qualité d'écoute est nécessaire pour apprécier toutes les subtilités (et notamment ces "percussions" donc). Après avoir été un peu facile sur Bending Dream, Eluvium termine sur un titre long format où sa voix, feutrée et distante, prend un peu plus de place. Un final plein de grâce.

Un casque sur les oreilles au coin d'un bon feu, les yeux fermés pour un massage en douceur du cerveau. Une prescription qui pourrait être efficace pour les migraineux. Les autres apprécieront aussi cette poésie sonore...

http://www.exclaim.ca/images/up-eluvium.jpg

par Tahiti Raph
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 18:19

Sortie : mars 2010
Label : Big Cheese Records
Genre : Rap à texte

Note : 7

Après un âge d'or qui s'est achevé à l'aube des années 2000, le rap français s'est peu à peu éteint ne laissant aujourd'hui surnager que quelques groupes qui ont su se renouveler, La Caution ou La Rumeur par exemple. Rocé fait aussi partie de ceux-là. Le rappeur qui avait choisi le free jazz comme terrain d'expérimentation sur son dernier album, le très bon Identité en Crescendo en 2006, revient à un style plus classique pour son troisième long format.

Originaire de Bab El-Oued et élevé en banlieue parisienne, Rocé a toujours défié tous les clichés du rap avec des textes très riches en images et en métaphores. Il sait à la fois se faire intelligemment revendicatif (Au Pays De L'Egalité), plus abstrait (Carnet De Voyage D'Un Etre Sur Place) ou descriptif d'attitudes afin de les dénoncer (De Pauvres Petits Bourreaux). Il peut ainsi amener tout à la fois à la réflexion ou à communiquer plus directement avec des phrases très parlantes.
S'il faudra plusieurs écoutes pour apprécier toutes les subtilités de certains titres, la diction de son flow parlé et dynamique est très claire. Sur des pistes autour de trois minutes, le MC va à l'essentiel sans se perdre en fioritures. Cela donne un album très dense, renforcé par des instrumentaux également assez dépouillés avec généralement seulement un sample et un beat. Rocé a pioché dans sa propre collection de disques des sons de guitares, de violon (L'Etre Humain Et Le Reverbère) ou d'autres instruments qui marquent souvent le pas sur des rythmiques très en avant. Seule exception avec L'Objectif, sur lequel apparaît la voix féminine de Hayet, dans un style rappelant... Yelle. Un mauvais goût volontaire pour critiquer l'attrait de certains pour l'existence télévisuelle. On préférera le sombre Mon Crâne Sur Le Paillasson, où la voix du rappeur semble assez contenue, ou le plus rythmé et non dénué d'humour Le Savoir En Kimono. Le disque se termine avec des instrumentaux plus énergiques et accrocheurs, notamment pour une reprise revisitée d'un morceau de Brel (Les Singes) qui interpellera sans doute les personnes concernées...

"Vous comprendrez donc que j'aie d'autres ambitions que de jouer au rappeur voyou ou repenti reconverti en bon bougre, pas le temps non plus de faire peur de par un exotisme banlieusard", dit-il sur Si Peu Comprennent. On ne peut que le conforter dans cette voie vue la qualité de cet album qui confirme qu'il reste encore de très bons représentants du rap français.

http://i40.tinypic.com/wv8qch.jpg

par Tahiti Raph
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 20:47

Sortie : janvier 2010 / février 2010
Label : Deepstep

Genre : Dubstep, IDM

Note : 8/10


Depuis une moitié d'année, Autopilot sort un EP presque tous les mois. On pourrait se trouver un brin sceptique face à cette production de masse seulement voilà, Autopilot est un monstre et ses sorties sont foudroyantes. En août, il avait réalisé Fireflies, un album déroutant et éminemment prometteur. A mi-chemin entre IDM et dubstep, son EP de décembre, le terrible Biohazard m'avait laissée toute abrutie - il avait été chroniqué ici par nos soins. Dans de telles conditions, il était extrêmement doux d'attendre la prochaine livraison mensuelle.
Le Philadelphien a ainsi lâché Soul Solstice en janvier, The Idealist en février, et dire que l'on n'a pas été déçu serait en deçà de la réalité.

Soul Solstice remporte la palme du plus dévastateur. Assimilable au souffle d'une incroyable explosion, l'écoute de ces 4 titres à plein volume est susceptible de provoquer de sérieux effets secondaires : enveloppe corporelle scotchée, méninges anesthésiées, sourire béat et stupide, dans un fracas jubilatoire. Autopilot porte à son comble le mariage entre le côté mélodique de l'IDM et l'aspect lourd du dubstep, le tout saupoudré d'un glitch acide. Chaque morceau s'étend en moyenne sur une demi-douzaine de minutes, et la progression y est finement étudiée. Le titre Soul Solstice démarre sur des boucles étrangement discordantes, qui se muent à la moitié en arpèges hypnotiques et complètement perchés. Les lignes de synthés sont en perpétuelle montée, vrillant le plexus, sur le superbe Winter In E Minor, et percutant des basses immenses dans un éclat de machines froissées. Autopilot joue avec des notes empreintes de mélancolie qui tombent comme des gouttes sur des parterres sombres et industriels (Until Sunrise), ou avec des boucles presque house qui ondulent au sein de nappes denses (le magnifique Temporalysis). On peut mettre ces 4 titres sur un pied d'égalité, ils sont tous sublimes. Cet EP est sublime.

                              Soul Solstice Cover Art

The Idealist de son côté, n'a pas la même fulgurance. Il joue dans un registre plus froid, plus âpre peut-être que Soul Solstice. Cet EP voit intervenir LeyeMeyeD à plusieurs reprises, qui auréole les titres de ses chœurs fantomatiques et de percussions syncopées. Étrangement Keep On Dancing, la première piste, se rapproche d'une turbine dubstep des plus classiques, abusant d'effets "wobble" (ce qui produit un son un peu aquatique). Le reste par contre, verse dans une IDM plus calme et voilée, laissant apercevoir de belles éclaircies (Aquatic). Mais le résultat n'est jamais lisse, Autopilot s'attache à encrasser la machine de cliquetis mécaniques et de froissements inquiétants.

                               The Idealist Cover Art

Devant des sorties d'une telle qualité, on peine à comprendre qu'Autopilot ne bénéficie pas encore de la visibilité qu'il mérite. Les artworks, réalisés par son pote Kochlear sont plus inspirants les uns que les autres - on se souvient notamment de la peuplade de zombies qui ornait la pochette de Biohazard. Tous ses disques sont disponibles ici, le prix étant laissé libre, sans obligation de minimum. Il est bien sûr hautement recommandé de se jeter sur ces EP, et particulièrement sur le divin, le céleste, le chimérique Soul Solstice.

 

N.B : L'album Less Talk, More Bass, figurant dans le top dubstep 2010, est un condensé des EPs Soul Solstice et Biohazard.

par Manolito
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 17:28

Sortie : février 2010
Label : Carpak
Genre : Electro-pop

Note : 3

Album du mois (avec le Four Tet) pour le très hype magazine américain XLR8R, Causers Of This a une histoire assez étrange. Né en 2001, Toro Y Moi - side project d'un groupe de punk - ne sort aujourd'hui que son premier album. L'homme qui se cache derrière ce pseudo, Chaz Bundick, s'est installé en Caroline du Sud pour fuir l'agitation de New York, il n'a que 23 ans et aime autant Animal Collective, Jay Dilla, Daft Punk et Sonic Youth.

L'entrée dans ce Causers Of This n'est pas évidente. Son auteur commence par quelques titres vaguement pop noyés dans des nappes. Le côté original n'arrive pour l'instant pas à en dépasser le goût douteux. Mais avec Lissoms puis surtout Fax Shadow, Toro Y Moi découvre une nouvelle facette avec une sorte d'électronica expérimentale nettement plus réussie. Les collages et les hésitations de tempo font même penser (un peu) aux albums de Jay Dilla.
L'artiste va ensuite naviguer entre ces différentes eaux plus ou moins troubles avec un résultat toujours inégal. Cela donne des morceaux étranges : l'instrumental inspiré de Freak Love qui rappelle des beats de Flying Lotus doit par exemple cohabiter avec une voix fantomatique et légère. Parfois, il se fait aussi expérimental et psychédélique qu'Animal Collective, la reverb et les claviers moelleux liant l'ensemble du disque. Pour la référence à Daft Punk, il y a les peu convaincants Talamak et Low Shoulder qui rappellent les tentatives les plus pop des deux Français (Too Long sur Discovery notamment), voire même aux débuts de Phoenix.

L'écoute de ce disque démontre un certain potentiel chez Chaz Bundick, mais il le gâche dans des morceaux pop 80's mâtinés d'une couche pas très digeste de french touch 1.0. Si seulement il avait décidé de ne pas chanter, il y aurait eu plus de choses à sauver.

http://cdn.pitchfork.com/media/toro.jpg

par Tahiti Raph
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 21:47
Sortie : 22 février 2010
Label : Hymen Records

Les prolifiques frères Healy, Paul et John, forment Somatic Responses au milieu des années 1990. De leur Grande-Bretagne natale, ils sortiront de nombreux albums et d'incalculables formats courts sur des labels prestigieux tels que Ad Noiseam ou Component Records. Neon est leur sixième album signé chez les Allemands de Hymen Records. Leurs inconditionnels fans devront encore patienter quelques jours avant sa sortie.

Les deux frangins se sont pris les années 1990 et l'avènement des musiques électroniques en pleine gueule. Ils restent marqués par tous les courants de l'époque même s'ils tendent à s'inspirer d'influences plus récentes. Sur Neon, ils parviennent à créer un dubstep transgénique mâtiné de drum'n bass industrielle et urbaine. Le son est extrêmement trituré, avec une dominante très électrique. Sur les premiers morceaux de l'album, on pense aux plus que respectables travaux de DJ Hidden (dont le dernier album est chroniqué ici), avec cette dimension poisseuse et très urbaine.
Seulement voilà, Somatic Responses a probablement été fan du hardcore type Thunderdome qui pullulait dans les 90's. On retrouve quelques traces de ce goût discutable tout au long du disque, mais plus particulièrement sur Survive (live mix), flirtant même dangereusement avec le gabber et le hardstyle. Nos réguliers visiteurs belges et battaves apprécieront, probablement.
On est néanmoins plus réjouis lorsque les frères distillent des scratchs radio-actifs (Vulse) ou une drill'n bass jubilatoire presque comparable à un bukkake dans un transformateur électrique, comme sur les excellents Repeated Human Error, Drilldown, Wavetwister (schizo mix) ou l'exceptionnel Sick Puppy de clôture. on constatera également de temps à autres des orientations breakcore qui auraient mérité d'être plus nombreuses. Regret vite oublié.
Tout au long de l'opus, le beat éclate comme une myriade de bombes à fragmentation. Si on ajoute à cela les froissements métalliques et les constructions soniques en perpétuelle dislocation... autant dire que nos oreilles risquent la dévastation pure et simple. Les accalmies sont donc bien rares, pour ne pas dire inexistantes. Seul le synth pop futuriste d'ouverture Another Rainy Day peut être recommandé aux esgourdes sensibles.

Cet album résonne avant tout comme une pulsion primaire. Même si l'écoute se révèle physique et éreintante, on adhère facilement à ce marasme jubilatoire. Quoi qu'on en pense, les errances et les expériences électroniques des frères Healy en ont sous le capot. On ne serait pas étonné de les voir produire des albums même le cap de la cinquantaine passé. A réserver tout de même à un auditoire plus qu'averti.

http://www.hymen-records.com/all/hymen-y775-x3.jpg
par Ed Loxapac
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