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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 19:51

Sortie : février 2010
Label : Swamp 81

Dans les années 1990, Kevin Martin est un activiste de la scène noise-indus de Birmingham. Fondateur de God, il multiplie les collaborations avec Justin Broadrick (Godflesh, Jesu), et fonde avec lui Techno Animal. Le groupe s’attache à repousser les limites de l’expérimentation industrielle et se rapproche de la scène abstract hip-hop américaine, collaborant ainsi avec El-P, Dälek ou Antipop Consortium. Avec The Bug, il sort un premier album sur Rephlex, le label d’Aphex Twin, et London Zoo en 2008 chez Ninja Tune, sur lequel il affirme sa tendance « raggacore », fusionnant des chants de reggaeman furieux et des grondements de dubstep. Depuis, sa participation a marqué l’excellent projet King Middas Sound avec le superbe Waiting For You (ici). Il livre maintenant Run, un EP court mais loin d’être dénué d’intérêt, signé par Swamp 81, le label de Loefah.

Ici, il semble avoir quelque peu freiné ses ardeurs ragga. Les vocaux s’entremêlent et se fondent dans des flux de sons inquiétants et lourds, percés de résonnances bruitistes. L’expérience King Middas Sound a apparemment eu son lot d’influences. Des dialogues radiophoniques cryptés sonnent le début de la face A, Run, sur laquelle Flow Dan pose un flow sourd et oppressant. Dans une ambiance crade et pulsée, Kevin Martin dresse un décor de sound system qui se serait pris béton et pessimisme urbain en pleine gueule, et qui cracherait sa hargne sous forme de basses assassines. Sur Out Of Control et Control Dub, Hitomi, la chanteuse japonaise qui complétait King Middas Sound, distille son chant trouble et désincarné dans les ténèbres des manipulations de Martin. A ce niveau là, l’ondoiement des basses est réduit à un simple vrillement, et le sucre des chuchotis d’Hitomi appose une touche d’ironie au paysage, comme un sourire désabusé devant l’apocalypse.

D’une noirceur délectable, Run provoque en nous des envies irrépressibles de quelque chose de plus consistant, d’un long format qui rassasie. Ce The Bug est un démon, et pour la peine, bah on retourne écouter King Middas Sound. 

                                         The Bug - Run EP [2010] 
par Manolito 
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:59

Du 1er au 4 avril se déroule à Genève la septième édition de l'Electron Festival. A la croisée des différents genres électroniques, l’Electron invite une centaine d’artistes à se produire dans pas moins de 8 endroits de la ville pour des lives et des sets house, techno, électronica, dubstep ou abstract. L’Usine sera forcément largement investie mais on aura également le plaisir de traîner du côté du Palladium, de l’Alhambra ou du Màd. Seront présents cette année Pantha Du Prince, Stendeck, Abe Duque, Daedelus, Nôze, Hudson Mohawke, King Cannibal, Dixon, Apparat & Skate et bien d’autres. Deux premières à l’Electron cette année : The Hacker livrera pour la première fois son nouveau live et Reverse Engineering se produira accompagné de Yu Otagaki, danseuse du balet du Grand Théâtre de Genève, pour un live qui promet d’être saisissant. Et parce que la culture ne s’arrète pas aux oreilles, une place importante est accordée à la danse et à l’art contemporain, avec expos, performances et conférences.
Chroniques Electroniques y sera. On vous y attend… ou on vous racontera.

                               Electron - Festival des cultures électroniques de genève

  par Manolito
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 16:24
Sortie : 22 mars 2010
Label : Electron'y Pop

Dire que j'avais adoré le premier album de Saycet serait un euphémisme. En effet, One Day At Home avait jeté en 2006 les bases d'une électronica de qualité supérieure qui a bénéficié des relais de toute une presse plus coutumière des encensements indé. De son vrai nom Pïerre Lefeuvre, Saycet était parvenu à mêler rythmes complexes et intelligents à des textures aussi fragiles et subtiles que de la porcelaine. Pas uniquement destiné aux adultes contemplatifs nostalgiques d'une enfance révolue, ce premier jet avait permis à beaucoup de gens de poser un premier pas dans les musiques électroniques intelligentes. Quatre ans plus tard, Through The Window est un des albums les plus attendus de 2010.

Saycet est un fan de la première heure des travaux de Boards of Canada, de Mùm ou de Brian Eno. A l'écoute de Through the Window, on ne peut s'empêcher de penser qu'il a encore plus affirmé l'influence de l'illustre formation islandaise, aujourd'hui dans un déclin similaire à l'économie de son pays. Pourquoi ? Voici cette terrible interrogation qui ne quitte que trop rarement l'auditeur tout au long de ce disque extrêmement décevant.
Pourquoi ce virage pop mielleux ? Pourquoi cette quasi omniprésence des voix ? Pourquoi cet édifient manque de machines ronflantes ? Pourquoi cette diabolique logique "un couplet, un refrain" ?
Le timbre et le style de la chanteuse Phoene Somsavath n'ont certes rien de désagréable, mais viennent saboter de manière sirupeuse des morceaux qui démarraient pourtant bien, comme We Walk Fast ou Bruyère. Nombreux seront les mélancoliques transis qui trouveront ça très joli. Les amateurs de musiques plus complexes et donc du premier ouvrage, trouveront tout cela excessivement chiant. Les talents de musicien ont pourtant l'air intacts, avec toujours cette si fine insertion du piano et des sonorités enfantines. C'est bien ça le plus malheureux.
Est-ce une tentative de démocratiser (de vulgariser ?) une intelligent dance music trop perchée et trop inabordable pour certains ? On n'ose le croire. 
Même si en 2006, des titres comme Don't Cry Little Girl avaient déjà esquissé des contours plus pop, on ne pouvait soupçonner un tel virage.
Au milieu de tout ce miel pasteurisé surnagent de jolis moments comme sur Daddy Walks Under The Snow ou sur le 15 d'ouverture.
On ne doute pas un instant que les visuels de Zita Cochet apporteront une plus value certaine en concert, cela ne suffit à combler nos espoirs déchus.

La fabrique de rêves de Saycet est en panne. On veut bien patienter devant la fenêtre à guetter la ré-ouverture. Mais pas trop longtemps par pitié ! Parce que One Day At Home demeure un chef d'oeuvre, nous conservons toute notre foi en Saycet. Et cela même si le coup de bambou nous laisse plus que groggy.
                                   http://branchetonsonotone.com/wp-content/themes/sonotone/scripts/timthumb.php?src=/./wp-content/2010/01/sayCet_ThroughtheWindow_COVER.jpg&w=190&h=190&zc=1&q=100
par Ed Loxapac
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 18:50
Sortie : 23 février 2010
Label : Tympanik Audio

On ne sait pratiquement rien du mystérieux Candle Nine, si ce n'est qu'il est originaire du Michigan, qu'il a une bonne tête de métalleux romantique, qu'il cite Jean-Paul Sartre dans le texte et qu'il composait des mélodies acoustiques avant de rejoindre mon label préféré, Tympanik Audio.

The Muse In The Machine est la meilleure réalisation IDM de ce début d'année.
Bien loin des productions trop minimalistes ou trop frénétiques qui envahissent les bacs indus ou IDM, ce disque est doté d'une incontestable finesse, d'un sens inné en matière de maîtrise des contrastes. A l'image de son intitulé, cet album combine violence et douceur. La machine semble en proie à des démons intérieurs permanents. La muse tente de l'apaiser avec un succès relatif selon les morceaux. Ne vous y trompez pas, tout ceci est absolument bouleversant.
On constate également une présence très particulière des synthétiseurs, installant des toiles lumineuses et pleines d'espoir, au milieu de toute cette violente souffrance.
Le rythme est dur et précis. Les textures du beat sont en permanente variation tout au long de cet opus magistral. Le glitch, lui aussi omniprésent, contribue à rendre l'ambiance un peu plus électrique. L'auditeur est constamment maintenu en alerte, suspendu au moindre bouleversement, à la moindre oscillation. Pour ajouter une dimension plus poétique et presque orchestrale, un piano et des cordes caressées s'intercalent régulièrement.
The Muse In The Machine se dresse, face à ceux qui se parjurent en attestant que les musiques électroniques intelligentes n'ont pas d'âme et sont l'oeuvre d'autistes enfermés dans des tours d'ivoire. La simple écoute des exceptionnels Raison d'être, Imperfect, Wintermute, Icarus Descending ou du terrifiant Penumbra envoie valser toutes ces vaines certitudes.
Comme un symbole, le divin Access To Arasaka contribue à rendre cet album un peu plus dantesque en apportant son éclairée relecture du déjà excellent Wintermute. L'étrange Autoclav 1.1 est aussi convié à la fête, en réalisant un bon remix du bien nommé R5-D50-R8.

Même si on ne peut pas reprocher au divin pape Aphex Twin d'être l'arbre qui cache la forêt, il est vivement conseillé aux débroussailleurs aventureux de se jeter sur ce disque, et sur la majeure partie des productions Tympanik par la même occasion. Voilà en tous cas un disque qui donne la foi en des lendemains d'allégresse.

http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/uploads/coverart_web-600x600.jpg
par Ed Loxapac
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:35

Sortie : mars 2010
Label : Wagon Repair
Genre : Tech-house

Note : 6

Depuis plusieurs années, Cobblestone Jazz lâche à intervalle régulier maxis et albums dans une veine tech-house profonde et soignée. Il n'est généralement pas question de jazz, mais plutôt d'une digne héritière de Detroit qui a su moderniser ses sons tout en gardant l'esprit industriel qui a forgé l'esprit des précurseurs.

Pour leur nouvelle livraison, le groupe n'a pas renié ses fondamentaux et envoi donc huit titres long format où aucune place n'est laissée aux fioritures. Chaque titre est un tunnel traversé à grande vitesse dont l'éclairage régulier ne varie qu'à la marge. Les mélodies délicates côtoient un kick léger. Il n'est pas question de lente introduction, de montée ou de break, chaque titre entre directement dans le vif du sujet, clavier, beat et basse en même temps. Des tunnels vous dis-je. Pour nourrir l'auditeur, les Canadians font évoluer subtilement ses sons, varier les phrases de synthé ou déposer avec parcimonie d'étranges voix transformées, notamment sur Sun Child ou sur le plus austère et plus house Mr Polite. Ce dernier extrait constitue, avec Cromagnon Man, le petit hommage aux créateurs de la techno... un retour en arrière avec des structures plus simples et surtout des sonorités bien datés comme cette voix vocodée. Dédicace à cette horrible sonnerie électronique de téléphone !

Malgré cette description assez peu vendeuse de leur musique, cet album s'écoute avec attention, la plupart des pistes semblant d'imparables machines à danser dans la langueur d'un club moite où les corps se déhanchent au ralenti dans une quasi obscurité. La densité des titres occupe intelligemment l'espace, laissant un sentiment d'apaisement et de confort. Il n'y a que ce Cromagnon Man en milieu de disque qui fait figure de curiosité et qui fait un peu retomber l'écoute. Passé ce moment faible, cet album présente aussi des des points forts dont ce Fiesta qui pour une fois ménage le suspense dans une longue et discrète montée en puissance. Il faut aussi signaler une des rares et agréable trace de jazz, avec le clavier de Chance qui livre une improvisation apportant une tonalité plus légère.

Mis à part une ou deux baisse de tension, cet album est d'un niveau soutenu et devrait ravir les danseurs à la recherche de musique mentale envoûtante.

http://neonmusic.pararadio.hu/nuke/catalog/images/K7258CDweb.jpg

par Tahiti Raph

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 16:13

Sortie : février 2010
Label : Makasound
Genre : Abstract hip hop

Note : 6

Le rap ne cesse d'être un terrain d'expérimentation pour les producteurs et les musiciens à la recherche de mélange des genres et de croisements des influences. Pour Sig et sa musique cinématique, les structures de ce style sont autant de contraintes dont il peut se libérer, autant de pistes pour créer un ensemble nouveau. Après le triple album Free Cinematic Sessions en septembre 2009, le Français a fait voyager ses doigts sur son piano en différents coins de l'Europe pour composer une "sonate classique-hip hop en quatre mouvements opus 32". Un objet comme on les aime, hors format, inspiré, riche.

Freespeed Sonata est né à Berlin. Est né à Venise. A gagné une batterie et des solos de saxophone en Suisse, une basse à Paris. Puis la voix de Joy Frempong de nouveau à Berlin. Cette voix que l'on croise au hasard des titres. Ce ton parlé, cette confidence. Nya est son pendant masculin sur deux titres, dont le premier pour lui donner la réplique. Tout ceci sent la liberté et la maîtrise. Les 28 pièces, entre une et quatre minutes, qui composent les quatre mouvements se succèdent posément, parfois sans coupure.
Il y a ce piano qui sert de fil rouge. Des notes qui racontent l'histoire principale, donnent la couleur, le liant. Les rythmiques viennent par touches variées, encadrant les autres instruments plus détachés de l'esprit de structure. Ce sont aussi les baguettes de Christophe Calpini qui donnent cet esprit rap. Du rap qui a oublié les principes qui s'y appliquent. On pense ici en effet à IsWhat?! ou, 
quand le flow errant de Joy se fait plus chantant, à des groupes trip hop du passé. Enfin, il y a ces complaintes sortant du sax de Christophe Turchi qui, avec la basse de Marcello Guiliani, sont l'expression free jazz.
Cette sonate en quatre mouvements fait perdre ses repères à l'auditeur. Ce dernier ne peut se raccrocher à un titre ou un air. Il se laisse bercer, ouvert aux émotions que les compositions éclairées de Sig transmettent. Car malgré l'improvisation qui semble régner, chacun prend sa place sobrement, ne dépasse pas sur le voisin, pour respecter l'espace ainsi ordonné. De nouveau le piano solo en interlude. Changement de décor et début d'une nouvelle scène dans laquelle la chanteuse va encore se montrer sous un nouveau jour.

Cet album se révèle un peu plus à chaque écoute. Sans apparaître comme une évidence, il prend de l'épaisseur et s'impose, dans la douceur.

 http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/2/6/5414939019623.jpg

par Tahiti Raph
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 17:22
Sortie : avril 2010
Label : Lydian


Ce n'est pas tous les matins qu'on entend une ligne de kora servir de base à un titre électronica. C'est l'idée originale qu'à eu Laszlo pour porter son premier EP qui présente différentes facettes de ce producteur. Anglais aux influences larges, Aaron Wheeler n'a utilisé que des enregistrements live pour composer le Mr Sunshine mis en avant sur ce disque. Avec sa boucle entêtante de kora, ce titre rafraîchissant ouvre le maxi avec bonne humeur et un regard ensoleillé. Une bonne introduction vers Zeitgest qui reprend la mélodie de cordes du premier morceau pour mieux la destructurer façon Prefuse 73. Nettement plus intéressant, ce second extrait démontre la capacité de Laszlo à manier les machines, les voix et les instruments pour construire une matière nouvelle et personnelle à base de minutieux collages. Le troisième titre original de ce maxi, Anatolia, est une douce plage ambient intime sur laquelle il invite Niri Sadeh à la flute égyptienne. Après l'électronica léger et l'IDM, l'Anglais offre une touche de douceur avec quelques effleurements d'un piano fragile en hommage à Satie ou Esbjorn Svensson.
Cet EP contient également deux remixs de Mr Sunshine dont le premier, signé Ragga Waltz, fait figure d'incongruité en ces lieux. Cette house baléarique est en effet malvenue et tout à fait dispensable. La présence de la
version de Todd Baker est plus logique, avec une relecture qui propose un juste milieu entre l'original et son pendant déconstruit, Zeitgeist, avec quelques breaks et relances bienvenus.
Si Laszlo ne se perd pas entre toutes ces voies, il faudra le surveiller pour la suite.

http://c2.ac-images.myspacecdn.com/images02/126/l_15844ab397bc41628e9de83e4305ed35.jpg
par Tahiti Raph
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 17:09

Sortie : 8 mars 2010

Label : EMI

Genre : Electro-pop, électronica, indie-rock et putasseries en tous genres

Note : 3/10

 

Le battage médiatique est imparable, personne ne pourra échapper à Plastic Beach. Pourtant depuis le très dispensable Demon Days, les lumineux espoirs entr'aperçus sur le premier album de Gorillaz se sont évaporés. Cependant, le groupe est toujours apparu comme étant celui ayant su parfaitement concilier musique et univers visuel. L’alchimie entre Damon Albarn et Jamie Hewlett fonctionne à merveille et le clip de Stylo, nouveau single du groupe, est une cinglante réussite. Mais lorsque les yeux se ferment, que reste-t-il à part un malaise palpable ?

 

Les nombreux featurings de première classe n’arrivent jamais à cacher la pauvreté de l’ensemble. Alors oui, pour une fois, Gorillaz signe un album cohérent et homogène mais malheureusement nivelé par le bas. Pourtant la promesse d’un Eden semblait s’offrir à nous avec la sublime ouverture de l’album mais dès l’arrivée des nappes de synthés et du vocoder sur Welcome To The World Of The Plastic Beach on se rend compte que Gorillaz est resté bloqué à l’orée des 90’s. Plastic Beach se traîne, se répète et flirte souvent avec le ridicule. La participation de Little Dragon relève de l’escroquerie tant Empire Ants sombre dans une électronica aussi kitsch que cheap. Et pourquoi Mark E. Smith (leader des fantastiques The Fall) est-il venu s’enliser dans les sons insupportablement acides de Glitter Freeze ?

Inutile de fournir un plus long listing des déceptions, tout au plus peut-on se rendre compte que Damon semble ici avoir un mal fou à livrer un morceau solo convenable. C’est là que l’on prend conscience de l’importance passée de Dan The Automator et Danger Mouse à la production. Plastic Beach ne vibre jamais à nos oreilles, souffre d’un son trop lisse. Mais affirmer que tout est à jeter serait faire preuve de mauvaise foi. La participation de Mos Def et du Hypnotic Brass Ensemble propulsent Sweepstakes dans des contrées expérimentales bien plus salutaires pendant que le mariage entre hip-hop ludique et musique orientale sur White Flag se consomme avec une certaine euphorie.

 

Il n’en reste pas moins que Plastic Beach est un échec musical, un album qui ravira sans doute MTV et consorts mais qui n’arrivera pas à manipuler un public exigeant. L’entité Gorillaz aurait mieux fait de laisser les rênes de la production à un fin connaisseur plutôt que de sortir un album définitivement hors du coup. C’est finalement Plastic Beach, morceau désabusé marquant les retrouvailles entre les ex-Clash, Paul Simonon et Mick Jones, qui permet de prendre le pouls de l’ensemble en affirmant que c’est définitivement la fin d’une époque.

 

http://www.thefader.com/wp-content/uploads/2010/01/gorillaz-plastic-beach.jpg

par B2B
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 15:55

Sortie : 15 mars 2010
Label : Full Pupp

Genre : Nu-disco

Note : 8/10


Il était temps que Prins Thomas s'émancipe de son compagnon de toujours, Lindstrøm. C'est bien simple, le Norvégien n'a encore jamais sorti d'album solo malgré ses talents reconnus. Jusqu'à maintenant, il est resté dans l'ombre de son collègue, sortant avec lui deux excellentes galettes de space-disco ultra-sexué. Et voilà qu'aujourd'hui, Thomas Moen Hermansen sort enfin son premier disque sur son petit label, Full Pupp.

Prins Thomas ne s'est pas foulé pour le nom de son album comme s'il voulait mieux affirmer son total contrôle sur les 7 titres de ce LP. Les habitués du duo norvégien ne seront pas déçus du voyage, mieux, ils auront sans doute du mal à s'en remettre.
Prins Thomas est un album de cosmic-disco sans faille, l'objet parfait pour vous mettre dans un état de transe contagieux. L'ensemble sonne live et convoque les démons kraut de Neu!. Chaque piste démarre lentement avant l'arrivée d'une ligne de basse hypnotique à faire décoller votre tapisserie puis une montée prog ne flirtant jamais avec l'esbroufe. On aurait pu craindre des morceaux lancinants étant donné que la plupart des plages durent au moins 8 minutes et pourtant le renouvellement est permanent. Prins Thomas superpose les sons, en amène toujours de nouveaux afin de maintenir une pression constante et surtout, il n'oublie pas l'élément essentiel à ce type de musique : le groove. Le savant mélange entre un esprit funk, un son kraut et une démarche progressive est imparable.
L'ensemble est homogène, aucune piste ne fait tâche. Les notes de guitares d'Orkenvandring se diluent dans une exquise atmosphère estivale pendant que Slangemusikk prend son temps et préfère oublier l'explosion sonore pour capturer l'auditeur dans une hypnose cosmique. Et je vous mets au défi de ne pas remuer vos jambes lorsque le bien nommé Sauerkraut prend son envol par la force d'une basse imparable.

Autant lorsqu'il était accompagné de son comparse, Prins Thomas semblait vouloir amener l'auditeur vers l'extase. Autant il semble désormais vouloir maintenir son orgasme. Il signe un sans faute avec ce premier album remarquable et confirme le fait que 2010 semble signer le retour d'un esprit kraut bienvenu.


http://www.4djsonly.com/Resources/The-Album-Prins-Thomas-Fpcd004-AC121675-300.jpg

par B2B
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 16:47

Sortie : 22 février 2010
Label : Pias

Genre : Electro-pop, électronica, post-rock

Note : 6/10


Le Parisien Benoît de Villeneuve est longtemps resté un homme de l'ombre, se focalisant sur la production et le songwriting que ce soit pour le meilleur avec Agoria et M83 ou pour le pire avec l'autre quiche d'Anaïs. On pardonnera le bonhomme en se disant qu'il faut bien manger. Quoi qu'il en soit, ses différents travaux annexes ont permis de définir progressivement son pedigree musical. Villeneuve aime la pop stellaire et mélancolique, l'électronica rêveuse et les envolées post-rock.

Dry Marks Of Memory n'est pas son premier essai, First Date étant sorti discrètement en 2005. Villeneuve étale son travail minutieux tout au long des 10 plages marquant ce nouvel essai. Impossible de reprocher au bonhomme son travail exemplaire à la production, on sent qu'il a religieusement travaillé le moindre son. Dry Marks Of Memory est un album autant personnel qu'ouvert mais majoritairement traversé par une forte influence pop, qu'elle soit baléarique avec le morceau éponyme ou bien lorgnant du côté de Mazzy Star sur The Sun (dont le timbre de voix de Nili semble être calqué sur celui de Cat Power). On touche là une des faiblesses de l'album : les voix. Malgré un timbre posé, jamais Villeneuve n'ose laisser ses morceaux prendre seul leur envol. C'est regrettable à l'écoute du potentiel post-rock de Death Race, unique morceau instrumental de l'album. Une chose reste indéniable, le fait d'avoir travaillé au côté de M83 l'a fortement influencé. Patterns et Day One ressemblent à des faces B du groupe avec leurs explosions sonores de shoegaze électronique. Malheureusement, ces deux morceaux souffrent d'un manque d'énergie juvénile et semblent bien trop propre sur eux.

Dry Marks Of Memory conforte la bonne santé de la pop électronique française entre un Koudlam chamanique et un Arnaud Fleurent-Didier volontier plus bourgeois. Malgré un ensemble trop lisse et trop frileux, ce nouvel album de Villeneuve reste un disque mélancolique attachant.


http://i36.photobucket.com/albums/e39/benobit/villeneuve%20new/Villeneuve_front.jpg

par B2B
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