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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 13:43

Sortie : 7 juin 2010

Label : Wagon Repair

Genre : House

Note : 5/10

 

Etre un créateur house reconnu, un remixeur de talent, suffit-il à transformer tout ce que l'on touche en or ? Le Canadien Mathew Jonson va justement nous prouver le contraire avec son album, Agents Of Time. En officiant derrière les platines depuis 2001, notre homme a acquis une solide réputation basée sur des lives de haut vol, sur des maxis sortis sur la crème des labels (M_nus, Perlon, Kompakt, etc.), sur des remixs pour les plus gros (Chemical Brothers, Moby, Swayzak, etc.) et sur sa collaboration avec le collectif électro Cobblestone Jazz. En s'arrêtant là, on se dit que l'on tient le CV idéal pour espérer un album tech-house qui va faire date. D'autant plus qu'en presque 10 ans de métier, Mathew Jonson n'a jamais daigné sortir un long format. Bref, tous les ingrédients sont là pour nous foutre une claque.

Mais voilà, à trop attendre, on finit forcément par être déçu. Cet Agents Of Time est un objet d'un anachronisme rébarbatif malgré les louables intentions. OK, Mathew mise avant tout sur l'analogique, mais dans une optique tellement surprenante qu'on finit pas se perdre dans ce LP  inoffensif. Le côté rétro aurait pu être la force de l'album mais il se transforme en son pire ennemi. On s'imagine pourtant aisément dans une teuf house improbable dans un appart' à la déco orange 70's à l'écoute de Girls Got Rythm et Thieves In Digital Land. En offrant la version originale de son maxi de 2005, Marionette, on ne peut que s'incliner devant la puissance contenue dans cette house, exemple même du tube frustrant que l'on prend un malin plaisir à réécouter.

Mais c'est lorsqu'il lorgne du côté d'une électronica donwtempo qu'on est emmerdé, d'autant plus que le Mathew insiste dans cette voie sur la moitié de l'album. On offrant des climax passifs, on finit par s'ennuyer fermement d'autant qu'il n'hésite pas à prendre son temps comme sur les 11 minutes de When Love Feels Like Crying alors que la messe est dite dès les 2 premières minutes. On ne peut que rester dubitatif devant tant de simplicité et de naïveté.

Agents Of Time souffrirait-il d'une trop grande attente ? Sans doute. Il n'en reste pas moins que Mathew Jonson déçoit avec ce premier album à l'ambiance rétro parfois entraînante mais trop souvent insipide.

 

http://www.raveline.de/wp-content/uploads/2010/03/mathew-jonson-album1.jpg


par B2B

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 21:57

Sortie : mai 2010

Label : Strange Famous Records / Anti-

Genre : Rap

Note : 8

 

Avec les albums Human The Death Dance (2007) et A Healthy Disrust (2005), Sage Francis s'est hissé au sommet du rap américain indépendant. Un statut également acquis à la sueur des rudes battle de MC au tournant des années 2000. Ce raconteur d'histoire intarissable compte parmi les meilleurs chroniqueurs politique et social du quotidien, avec un style sombre et percutant qui ne rate jamais sa cible. Quelques mois après son pote B. Dolan et son très bon Fallen House, Sunken City (chroniqué ici), le natif de Rhode Island écrit un nouveau chapitre à son récit en renouvelant son style de manière inspirée.

 

« Sur mes premiers disques, je creusais dans mon art seulement pour me sauver. Ensuite, sur A Healthy Ditrust, j'ai commencé à me concentrer sur les maux politiques et sociaux extérieur à moi et qui me dérangeait. Li(f)e est le prolongement de cela, mais en mettant l'accent sur la religion », explique Sage Francis sur le site de son label Strange Famous Records pour présenter ce nouveau disque. Le f entre parenthèses dans le titre est la première étape de sa dénonciation des nombreux mensonges qui jalonnent la vie. Autre changement pour cette nouvelle livraison, fini les productions sorties des sampleurs, le MC s'est entouré de musiciens pour lui confectionner des atmosphères plus rock, mais aussi plus évolutives et variées. Un choix qui déstabilisera sans doute les fidèles, mais se révèle être une évolution bienvenue après deux albums dans une veine assez proche. Changer avant de lasser, une maxime que de nombreux artistes devraient s'appliquer. « J'ai travaillé si longtemps avec les mots que j'ai senti que le temps était venu de les poser sur une nouvelle structure. Je l'ai senti comme une progression naturelle », estime-t-il.

 

Le casting est assez impressionnant. Le barbu bedonnant avait appâté les impatients avec un premier titre confectionné par Yann Tiersen... de quoi surprendre. L'extrait, The Best Of Times, était inspiré d'une lettre écrite par Sage Francis à sa copine dans laquelle il lui expliquait ce qu'il comptait accomplir dans la vie. Une idée venue à l'écoute de l'instrumental du Français, une douce ballade mélodique typique de son style, dont l'Américain avoue être fan. Ce morceau est en fait le dernier de l'album et se révèle être un peu à part du reste. En effet, les autres invités font plutôt partie de la scène rock ou folk des Etats-Unis. L'album s'ouvre sur une composition de Jason Lytle, ancien membre de Grandaddy, sur laquelle le MC vous saisi tout de suite avec un texte prenant, imaginé à partir d'un fait divers. La guitare acoustique devient électrique sur la seconde piste avec un Chris Walla de Death Cab For Cutie qui durcit le ton. Le flow du rappeur s'adapte parfaitement, lâchant aussi les chevaux. Une tripoté d'autres musiciens - dont des membres de Calexico, de Califon ou de Modest Mouse - vont l'accompagner pour construire cet album qui reste cohérent, offrant autant d'ambiances que l'artiste peut se créer de personnalités. Enervé ou calme, l'Américain a le don pour faire monter la tension au fur et à mesure des titres grâce à un flow tendu qui sait se faire chantant par moment. Peu avant le dernier morceau avec Tiersen, il prend un accent à la Clash sur le bien nommé London Bridge qui se fond parfaitement dans l'ensemble. Un mélange rock et rap qui avait déjà donné récemment le très bon Blakroc (chroniqué ici).

 

Li(f)e vient prouver que son auteur peut transposer son univers à d'autres écrins musicaux sans perdre en qualité et en pertinence. Sage Francis peut continuer de planer au sommet du rap américain indépendant !

 

http://cuttingpapers.com/wp-content/uploads/2010/04/SageFranciscover2.jpg

par Tahiti Raph

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 03:52

Sortie : 21 mai 2010

Label : FSOL Digital

 

Si il y a bien un duo qu'on cite trop rarement parmi les dignes inventeurs de l'IDM, c'est bien Future Sound Of London. Comme leur nom l'indique Brian Dougans et Garry Cobain viennent de... Manchester. Ces vétérans officient en marge depuis le milieu des années 1980. Ils ont sorti autant de disques qu'ils possèdent d'alias, parmi lesquels figurent les légendaires albums Papua New Guinea, Dead Cities ou encore ISDN. Tous sont considérés par les connaisseurs comme des éléments essentiels dans l'évolution de l'ambient music. De nos jours, ils exercent majoritairement en tant qu'Amorphous Androgynous, projet essentiellement tourné autour du rock psychédélique. Troisième volume de la série Environments, il s'élève déjà comme le meilleur essai du duo depuis très longtemps, alors qu'ils parlent déjà d'un quatrième élément.

 

Loin d'être une ballade en amnésie, FSOL nous rappelle tout de même un âge d'or pas encore tout à fait révolu. Pourtant le duo semble s'être assagi. L'expérience en tant qu'Amorphous Androgynous a permis aux deux Mancuniens de lâcher complètement la démarche psychédélique qu'ils bridaient depuis le milieu de leur carrière. Même si le sampling n'a lui non plus pas tout à fait disparu (les gazouillis d'un bébé et les captures venus de fontaines de jouvence sont là pour le prouver), le duo lâche ici un effort mélancolique et romantique plus que troublant. Très épuré et extrêmement planant, Environments 3 est néanmoins comparable à une corne d'abondance utopique de ce que représente l'ambient doté d'une âme intemporelle. L'union entre l'aspect synthétique et la dimension orchestrale est ici poussée à son paroxysme. Quand ils ne sont pas habilement retaillés, les instruments apparaissent dans une forme brute, comme dans les compositions classiques modernes. Pianos, saxophone, guitares, violoncelles, batteries et contrebasses apparaissent comme des anges au milieu de cette jungle chimérique, mi-urbaine mi-sauvage.

Conçus comme des intrigues et des histoires à fleur de peau, chaque titre nous immerge un peu plus dans un univers introspectif profond et jouissif. L'enchaînement entre Sunken Ships et The Empty Land (où les choeurs féminins fantomatiques chères au duo font leur divine apparition) est à pleurer. Il est désormais impossible de faire machine arrière. Il y a d'ailleurs quelque chose de dangereux dans la musique de FSOL : l'envie de rester perché dans ces champs de perception fantasmagoriques. Mêlant matériel vintage et technologie nouvelle, A Glitch In Cellular Memory irradie l'auditeur de rayons salvateurs aussi doux qu'un rêve ouaté. On remarquera ensuite plus particulièrement Recollection et ses percus étranges, ou Absolutution où la contrebasse dresse un boulevard aux expérimentations synthétiques et analogiques. Le bien trop court et sublime The Oldest Lady m'a presque fait verser une larme. Viendront ensuite les inquiétants A Diversionary Tactic et The Silent Place, avec leur palette rythmique fractionnée. Deux autres morceaux touchés par la grace nous revigorent avant la dramatique fin du disque qui nous laisse, comme orphelin inconsolable ; le bouleversant et psychédélique End Of The World et la comptine baroque Heart Sick Chord.

 

Plus de 20 ans après leurs débuts, FSOL livre ici un chef d'oeuvre balayant aisément les fondements de l'ambient. Les deux anges mancuniens sont encore loin d'être déchus. On reste bouche bée face à cet effort qui bouleverse le temps et l'espace. Littéralement captivant.

http://www.synthema.ru/uploads/posts/2010-05/1275005216_fsol10.jpg

par Ed Loxapac

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 22:17

Sortie : mai 2010

Label : Fresh Poulp Records

 

Après un premier opus en 2007, le Québécois Maxime Robin réapparaît avec un second disque au concept un peu particulier. Membre du groupe Pax Kingz, ce beatmaker a choisi de consacrer son hiver 2010 à la conception d’un beat par jour. Ce projet intitulé 30 bpm (30 beats par mois) a donné lieu à Mondrian Owns Geometry, un album au contenu sélectionné par ses fans par le biais d’internet. A forte dominance instrumentale, il propose donc une sorte de recueil de beats, balançant entre hip-hop downtempo et électronique douce, doté de quelques bouffées de dubstep et de sonorités old-school.

 

30 pistes pour 55 minutes d’écoute, voilà ce qu’il se passe quand les 2/3 des titres ne dépassent pas les 2'. L’oreille est forcément maintenue attentive par cet enchaînement de morceaux… et aimerait bien parfois qu’ils durent plus longtemps. Armé de samples habiles et de sonorités allant du 8-bit à la cithare, Robin bricole des pièces ludiques, aux tons posés et aux mélodies accrocheuses. La large diversité des ambiances donne l’impression de voir s’égrener une multitude de petites fables, au goût quelquefois d’inachevé. On peut ainsi retrouver l’esprit du rap de l’est américain dans le creux d’un piano, des traces de Blockhead derrière un beat, ou des airs de guitare classique (Antonym Department (not AD)). Le bonhomme a par ailleurs un emploi assez intéressant du dubstep, attribuant à des basses plus ou moins vrillées un rôle très secondaire dans des morceaux plutôt trip-hop (Dodo, Tronic III- La revanche Ninchats). Le système de la sélection par les internautes – bien qu’un peu stratégique à mon goût – a pour avantage de trier sur la qualité, et de mettre en lumière quelques tracks vraiment excellents, particulièrement sur la première moitié du disque. Monde, Shooting Down Airplanes 2, Tronic IV-Lost Souls ou Space Screwdriver laissent ainsi une agréable saveur acidulée.

 

Le résultat de cet insolite projet prend la forme d’un disque souriant, les beats de Maxime Robin en ont bien assez dans le ventre pour captiver l’oreille - le temps d’une récréation. Pour ne rien gâcher Mondrian Owns Geometry est disponible gratuitement sur le site du netlabel français Fresh Poulp Records. Il n’y a vraiment pas de quoi se priver.

 

par Manolito

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 23:32

Sortie : mai 2010

Label : Ultimae

 

Johannes Hedberg et Daniel Segerstad se rencontrèrent à l'adolescence et ne se sont jamais quittés depuis 1996, date de création de leur projet Carbon Based Lifeforms. Dès 2002, ils se rapprochent du label lyonnais Ultimae. Ils y signeront trois albums et apparaîtront sur différentes glorieuses compilations du label. Ils ont également participé à des compilations strictement orientées trance et psy-chill sur des labels exotiques. Par la suite ils deviennent potes avec une autre pointure suédoise bien connue chez Ultimae : Magnus Birgersson de Solar Fields. Leur musique, difficilement étiquetable, tourne autour de l'acid ambient chère à Brian Eno, de la psy-trance et de l'électronica.

 

Les artistes fréquentant assidûment le label Ultimae ont la divine habitude de nous plonger dans des états flottants, entre conscience et coma chamanique. Cette délicieuse sensation est une fois de plus au rendez-vous. Interloper est un hymne aux synthétiseurs (avec visiblement un amour profond pour le TB-303) immergeant l'auditeur dans des plaines embrumées où pluies acides et spectres évanescents sont légions. L'auditeur possédant des canaux auditifs avertis ne peut que constater  l'approche live de cet album littéralement organique. Le terme soundscaping, souvent galvaudé car écrit pour tout et rien, revient ici à l'essence de sa signification.

L'immersion est hypnotique et captivante. Au loin, derrière les pâturages vert de gris que l'on devine, s'élèvent des voix célestes subtilement susurrées. Après quelques recherches, on découvre que c'est la chanteuse Karine My Andersson qui prête ici son joli timbre. L'apparition de cordes liquides et artificielles contribuent à rendre certains titres encore un peu plus profonds. Le travail de contraste et de collaborations entre les nappes de synthés et les basslines est assez bluffant. 

Je dois avouer que certains travaux précédents du duo ne m'avaient pas touché. Il y a comme un bouleversement impalpable dans Interloper, tout en conservant les caractéristiques qui ont fait le succès du duo. Right Where It Ends, Euphotic, M ou Init sont autant de joyaux comme seule l'école scandinave sait en produire.

 

Interloper est un disque vibrant comparable à une fresque. Le fait qu'il soit mixé d'un bloc contribue à ne pas vouloir sortir la tête de ces eaux ondulées et bienfaisantes. Pour faire d'une pierre trois coups, Ultimae a la bonne idée de sortir un package contenant Interloper et ses deux frères aînés. De bon augure avant de se noyer dans le Live at Glastonbury de H.U.V.A Network.

http://www.ultimae.com/img/newsletter/CBL-Interloper-artwork-newsletter.jpg

par Ed Loxapac

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 18:20

Sortie : 20 mai 2010

Label : Ad Noiseam

Genre : Raw Dubstep 

Note : 8,5/10

 

Après avoir été bassiste dans un groupe de métal et activiste dans les milieux de la drum’n’bass et du hip-hop, le Parisien Frédéric Garcia, ou Niveau Zero, jongle à présent entre dubstep et hip-hop mutant. Son premier album est signé par la maison berlinoise Ad Noiseam, label qui avait déjà témoigné de son ouverture à la bass music avec le très bon EP du duo Matta (chroniqué ici) sorti en mars dernier. Auteur de quelques maxis, et d’un remix sur l’excellent album de Detritus, l’année dernière, notre homme a également été nommé "découverte électro" du Printemps de Bourges 2008. Place maintenant à l’expérience du long format.

 

L’écoute d’In_Sect se révèle aussi attractive qu’éprouvante. Niveau Zero s’amuse à vous faire perdre tous vos repères, pour ensuite vous catapulter dans des milieux anxiogènes, à la merci de basses herculéennes et de breaks en forme de coup de machette. Plus que du simple dubstep, In_Sect investit le hip-hop comme le métal, l’IDM comme le breakcore, avec pour fil conducteur des mélodies lacérées, des rythmiques telluriques et une hargne acerbe. La rage qui s’échappe provient particulièrement des interventions de Real Fake MC et Plan Nine sur Revolution ainsi que de Ben Sharpa et Ill Smith sur Law Of The Universe. Dans un esprit grime venimeux, les MC abrasent littéralement les beats, rependant leurs flows comme d’autres les litres d’essence. L’album voit apparaître d’autre part The Unik, Broken Note, remixé par Niveau Zero, et Hecq, prêtant sa relecture au destructeur Evil League.

Là où Garcia se fait particulièrement vicieux, c’est dans l’usage qu’il fait des codes du dubstep. Il peut lâcher comme une torpille une sinusoïde de basses ultra rapide (le fantastique First), de même qu’il sait taper dur et pousser à la danse, en injectant des pointes de binaire sur I Believe In… Parallèlement, un pointilleux exercice autour des textures et des sonorités laisse apparaître des cordes tremblantes et métalliques, des nappes poisseuses ou des résonnances presque tribales. Si l’hégémonie appartient légitimement aux machines, de nombreuses voix peuplent - parfois très brièvement - les dédales troubles creusés par Niveau Zero, comme si la grotte dans laquelle vous vous réfugiez se révélait pleinement habitée. « Trust me » répète l’une d’elle sur In_Sect. Sous les coups de battoire de ce premier morceau, on comprend que l’on n’a pas d’autre choix que se laisser volontairement hacher menu. Et ce sera avec un plaisir visible. Au sein de ce déchaînement de virulence se cache tout de même une merveille downtempo, Icon, qui balance entre des cordes flottantes et un synthé au son presque vintage, tel un interlude salvateur.

 

Avec cet album fougueux et claustrophobique, Niveau Zero frappe un grand coup, et met au tapis ceux qui auraient pu penser la France hors compétition en terme de dubstep. En sortant In_Sect, Ad Noiseam met le doigt sur ce qui fera certainement partie du panthéon du genre de 2010.

 

                                    adn129-500px.jpg 

par Manolito

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 14:47

Sortie : 31 mai 2010

Label : G-Stone Recordings

Genre : Dub-electro, downtempo

Note : 6,5/10

 

Alors qu’on pensait G-Stone totalement mort depuis des lustres, voilà que le label autrichien nous revient avec une double compil’ anniversaire : Sixteen F**king Years Of G-Stone Recordings. On va éviter de revenir en longueur sur les 16 ans du label fondé par Kruder & Dorfmeister. Retenons seulement que le duo aura permis de donner naissance à une école viennoise de l’électro. Le son G-Stone étant rapidement identifiable grâce notamment à une qualité de production exemplaire mais surtout à cette idée particulière d’un dub solaire aux basses langoureuses n’hésitant pas à virer downtempo. C’est principalement Kruder & Dorfmeister qui donneront ses lettres de noblesses au label par le biais de leur mythique K&D Sessions sorti en 1998.

 

La première galette, 13 F**king New Tracks, permet de découvrir 13 nouvelles compositions des ténors du label. On aurait pu craindre un son 90’s et on se retrouve avec une quantité importante de house actuelle. Kruder & Dorfmeister ouvre le bal avec un Aikon dub-techno réussi. Marsmobil signe avec Patience une électro-pop sublimée par un final captivant où la basse emplit progressivement tout l’atmosphère. Même Tosca s’essaie à la house avec une certaine réussite sur Rosa, ici remixé par Rodney Hunter. On commence à définitivement croire au renouveau de G-Stone jusqu’au trip-hop solaire de Love You Anyway de Suger B et puis tout se gâte. Nous sommes à peine à mi-parcours et tout s’écroule. Entre un dubstep téléphoné de d.kay, une électro hip-hop cheap de DJ DSL (feat. Urbs) et un downtempo chiant de Christian Prommer, on finit par se lasser. Tout partait pourtant si bien.

La seconde galette va étrangement calquer la première. Ce 12 F**king Classics permet de retrouver les morceaux clés du label. Une fois de plus, tout s’annonce pour le mieux. On se rend compte que le dub chaloupé du Fuck Dub de Tosca n’a pas prit une ride, que Makossa & Megablast envoie un dub à faire décoller la tapisserie avec Rip It Up (feat. Ras T-Weed). Et puis tout s’effrite dangereusement avec le R’n’B effroyable de Rodney Hunter et l’électronica affreusement datée de DJ DSL.

 

Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour mieux apprécier l’ensemble, contentez vous des six premières pistes de chaque disque. Cette double compil' se révèle être à l’image du label autrichien. Le son viennois s’est très vite imposé à la fin des 90’s, tellement rapidement qu’il est devenu presque aussitôt l’ombre de lui-même en s’enfermant dans sa case. Pourtant, on prend encore un plaisir malin à se laisser happer par cette ambiance doucement enfumée, par cette atmosphère vaporeuse.

 

http://www.legrandbazart.com/LGBS4/wp-content/uploads/2010/05/Gstone.jpg

 

par B2B

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 21:29

Sortie : juin 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Rap 

Note : 6

 

Dans un nuage de fumée, le rap de Joe Kickass se détache peu à peu. Le Néerlandais, qui avait annoncé il y a quelques mois la sortie de cet album par un EP sur le même label, arrive en long format avec un esprit old school des plus appréciables.

 

Le MC ne va pas nous sortir un vocoder où des beats électro, il pioche ses beats dans la soul, le jazz et le funk pour donner un écrin musical et downtempo à son flow captivant. De manière sobre et élégante, il va développer son univers à l'ancienne dans lequel il raconte à son rythme ses histoires. Les rythmiques sont tranchantes, les samples brillamment choisis et distillés avec soin. Mis à part trois morceaux, il est l'auteur de toutes les productions qui rappellent le bon vieux temps du début des années 1990. Il y a toutefois un goût de modernité difficilement identifiable. S'il se contente parfois d'un son et d'un beat, il construit à d'autres moments des instrumentaux plus complets comme sur Unga Bunga et son ambiance plus tendue. Il se permet aussi quelques interludes dont ce After Hours à la couleur très jazzy. Joe semble déborder d'idées et passe vite de l'une à l'autre. Pas possible de se lasser d'un titre quand ceux-ci ne durent généralement que deux à trois minutes. Quelques dialogues dispensés ça et là créent une atmosphère de film, renforcée par la narration du MC au débit intense.

Son rap sent l'arrière-boutique enfumée, la magouille à la petite semaine, les mallettes de fric et les flingues. Le tout sans bling-bling à l'horizon. Le Néerlandais la joue profil bas pour rendre plus crédible la tonalité générale. La soul moelleuse de Leave It Up To You est un bon exemple de l'esprit cool qui règne chez Joe. Il se permet toutefois quelques passages plus énergiques, notamment sur ce Akula funky. Tel un gangster retiré narrant ses exploits d'antan, les guitares, pianos et flutes sonnent datés d'une époque meilleure durant laquelle les truands faisaient la loi dans les quartiers délaissés par les flics. Ces temps sont derrière lui, mais sa musique nous parle aujourd'hui.

 

Mind Joe est terriblement efficace et homogène avec ses sonorités d'hier et son MC qui vous botte le cul en 2010. Encore un bon choix de Project: Mooncircle.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc063_480px.jpg

par Tahiti Raph

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:43

Sortie : 5 juin 2010

Label : Soul Motive

Genre : Ambient Dubstep

Not : 8/10

 

Jokubas Dargis est Lituanien, exilé à Londres, et hébergé par Soul Motive, le label de El-B, Joker et TRG. Sous le nom d’Eleven Tigers, il accouche d’un premier album, Clouds Are Mountains, un titre qui pourrait, pourquoi pas, être la symbiose des récents Cloud Seed de Vex’d et Only Mountains de Take. Plus qu'un rapprochement un peu poussif, il s’avère qu'Eleven Tigers est peut être l’homme qui réussit le mieux l’hymen entre dubstep et électronica. Plus clairement, il parvient surtout à livrer un disque résolument ambient et atmosphérique – jusque là rien de nouveau – mais qui délaisse toute forme de noirceur, s’inspirant de la légèreté allègre que l’on peut retrouver dans les productions électronica.

 

Et il s’en passe de jolies choses, sous ces montagnes de nuages. Le Lituanien déploie comme des rubans des roulements de batterie sourds, syncopes délicates mais dont le rythme se montre ferme et plutôt rapide. Le travail autour des rythmiques est remarquable, la justesse des beats et les motifs dessinés par la batterie synthétique attirent l’auditeur dans des spirales cotonneuses, lui susurrant à l’oreille des douceurs à contre temps. A côté de cela, les synthétiseurs décrivent des mélodies suaves et languissantes, jonchées de petits cliquetis électroniques et portées par des infrabasses des plus honnêtes. Des voix viennent de temps en temps surplomber ce décor agréable, qui ont le bon goût de n’être ni trop fantomatiques, ni réduites à des échos. Si le début du disque n’est pas transcendant (Thesis semble même franchement agaçant), la seconde moitié transporte littéralement l’oreille. Le joyeux Atomic Turnip sert de rampe de lancement au grandiose Sparkles. La mélodie de ce morceau, radieuse, évolue et se transforme de bout en bout, rappelant l’électronica warpienne. Autre perle absolue, l’étoilé Stableface, au rythme boiteux et à la beauté chancelante. 

Comme un Bibio qui se serait mis au 2-step, Eleven Tigers dessine au fil de sa musique des paysages sereins et fouillés avec une originalité étonnante. Bien distinct de l’ambient dubstep actuel, le disque de ce petit nouveau, déjà playlisté par Mary Ann Hobbs et Sub.fm, a de quoi lui assurer un jolie place au soleil. Il est très vivement conseillé de s'en préoccuper.

cloudsaremountains.jpg 

par Manolito

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 22:10

Sortie : 31 mai 2010

Label : Error Broadcast

Genre : Rap instrumental électronique

Note : 7 

 

On vous avait parlé récemment d'Error Broadcast à l'occasion de la sortie du maxi de Kenlo Craqnuques (chroniqué ici). Le netlabel refait parler de lui avec le deuxième volet de ses « tape » (téléchargeable ici) dont il laisse cette fois-ci le contrôle à DZA. Le producteur russe, qui vient de passer par la Red Bull Music Academy de Londres en début d'année, nous présente son style plutôt abstract hip-hop mais qui va plus loin, bien plus loin, grâce à un incontestable talent de beatmaker.

 

Encore un producteur qui subit l'influence de Flying Lotus (écoutez sur notre radio le titre Dabl Trabl). Avec ses 16 titres, généralement de courtes durées, DZA mélange beat rap instrumentaux vrillés avec de nombreuses sonorités électroniques. Il peut ainsi bousiller un sample reggae sur Cold As Hell, offrir une ambiance plus industrielle le temps de Homeparty, faire un détour par l'Inde (Uproar In Heaven) ou partir dans un remix épileptique de Jean-Michel Jarre (Out Of Time). Multiplication d'ambiances oui, mais avec en fil rouge ces rythmiques indolentes qui font secouer les têtes lourdement. Sur DZA's Theme et son air de soul, le Russe fait en même temps un clin d'oeil à la fois à RZA pour le style puis à Madlib en bousculant son instru. Ce garçon est très fort.

Chaque titre apporte une nouvelle touche à son édifice d'une grande richesse. Samples malmenés, beats entraînants, tout est bien disposé pour offrir un joyeux bordel qui tient debout par on ne sait quel miracle. Le tout est porté par un bon gros grain des familles et sent le travail minutieux à plein nez. Des bleeps, des clics dans tous les coins, on se laisse bercer sur Shifty, puis on se réveille avec le plus énergique Flogram. DZA nous captive et nous montre jusqu'où il peut mener ses expérimentations. Loin des références déjà citées, il construit son propre futur où les sonorités se mélangent revendiquant un nouvel ordre musical. Et pour marcher sur les majors et leurs sonorités aseptisées, il propose un hymne guerrier baptisé Eskimo.

 

Five-Finger Discount n'est pas un album au rabais. DZA place la barre très haut dès sa première sortie, à suivre dès maintenant !

 

http://www.error-broadcast.com/img/dza.gif

par Tahiti Raph

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