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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 11:29

Date : 9 juin 2010

Lieu : La Cigale (Paris)

 

Une des meilleures (petites) salles parisiennes et un public chauffé à blanc, la cadre de ce concert des trop rares Cypress Hill était parfait. Le résultat fut à la hauteur des attentes avec un décor qui mélange logo du groupe, image du nouvel album et quelques gros sigles fluorescents affublés de têtes de mort.

 

20h30, pas de première partie, le DJ Julio G (et non pas Muggs) prend place derrière ses platines alors que le fidèle Eric Bobo est toujours présent aux percus. La phrase d'intro du dernier album, Rise Up (chroniqué ici), résonne, suivi du premier titre de celui-ci. La fosse est déjà en ébullition ! C'est partie pour une heure et demi pendant laquelle les Californiens vont démontrer toute la cohérence de leur discographie, enchaînant les titres sans se soucier de leur âge. Ils peuvent ainsi passer de How Could Just Kill A Man, publié en 1991 sur leur premier album, à Light It Up, sorti cette année, sans que cela choque le spectateur. Ce sont toutefois les vieux morceaux, comme ce Insane In A Brain incendiaire, qui font le plus réagir. Après cette mise en bouche entamée pied au plancher, Cypress propose un best of thématique : Sen Dog au micro et B Real aux percus pour un passage latino (Latin Lingo, Armada Latino) qui précède une série tout spliff dehors avec notamment I Wanna Get High, Hit From The Bong, Dr Greenthumb et K.U.S.H.. Le show est parfaitement rodé, même le jeu de scène entre les deux MC... les deux comparses semblent autant s'amuser à repousser les spectateurs montés sur scène qu'à refuser de se passer le joint pour illustrer leurs paroles. Leur plaisir est visible.

CypressHill2.jpg

Après cette première vague passée à cent à l'heure, sans toutefois paraître bâclée, Sen Dog et B Real quittent la scène pour laisser Julio G et Eric Bobo se lancer dans une petite démonstration... technique pour le premier, solo inspiré pour le second. La suite du concert sera du même niveau. Moments plus tranquilles avec des extraits de Temples of Boom (Throw Your Set In The Air, le magnifique Illusions) puis le ton monte avec Cock The Hammer, Lick A Shot ou Pigs. Ambiance gangsta garantie dans une salle complètement enfumée. Le groupe invite Young De à faire quelques backs inutiles sur deux ou trois morceaux, puis vient le premier final avec un Rise Up où la guitare de Tom Morello, sortie seulement des platines, met encore un bon coup de fouet au public. Celui-ci a bien été chauffé par les nombreuses invectives du duo de MC les incitant à maltraiter leurs cordes vocales.

Le rappel sera tout aussi intense, avec une montée en puissance parfaitement maîtrisée : A To The K puis It Ain't Goin' On Like That pour mener à l'explosion de Rock Superstar qui rend folle la fosse. Sen Dog se permet même un court slam (bien encadré) pour répondre à tous ceux qui ont eu lieu pendant le concert.

 

Peu de morceau rock, aucun en espagnol, l'album IV peu repris, et pourtant une réjouissante déferlante de titres. Les spectateurs auront évidemment préféré les classiques, mais les extraits de Rise Up n'ont pas fait retomber l'ambiance. Irréprochable.

par Tahiti Raph

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 16:35

Sortie : juillet 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Rap 

Note : 6

 

Evitons la revue de CV des deux protagonistes de ce disque qui ont chacun une bio dans le rap longue comme le bras. Ce sont donc deux vieux routiers qui se rencontrent sur ce International Summers. D'un côté l'Anglais Lewis Parker a produit l'ensemble de l'album et avait en début d'année sorti un maxi de bonne facture (chroniqué ici). Il vit désormais à New-York où réside aussi John Robinson, ancien membre du groupe ScienZ of Life sous le pseudo Lil Sci. Le duo avait déjà croisé les rimes sur un titre publié par Project: Mooncircle en mars 2009... et leur nouvelle collaboration semble une évidence tellement leurs styles se complètent parfaitement.

 

Après son maxi très soul-Blaxploitation, Parker Lewis a parfaitement digéré son déménagement à New-York en nous servant des instrus qui rappellent les ambiances caractéristiques des groupes du Queen's ou de Brooklyn. Il est loin du mainstream et des tentatives électro actuelles, restant très classique dans ses choix, et très pertinent. Son style sent la rue et le rude quotidien des petits truands (Dues Paid). Mais l'esprit assez cool du producteur ressurgit souvent, comme sur ce Harlem River Drive aux violons émerveillés qui laissent toute la place à un long solo de trompette. D'autres passages estivaux rappellent la chaleur qui règne dans le Do The Right Thing de Spike Lee. Sur Godz ILLA, la tension est au contraire bien plus vive avec de nombreux bruitages pour illustrer le récit.

Du côté des voix, les deux flows sont assez posés et se répondent avec une grande justesse. Nous avons affaire à deux techniciens qui savent jouer avec les beats et captiver l'auditeur par la régularité de leurs rimes. Pour apporter un peu de fraîcheur dans leur duo, un certain nombre d'invités sont conviés, dont pas mal de MC méconnus mais talentueux, tels que StaHHr, Cymarshall Law, 4RCE ou East Koast. La chanteuse Renee Neufville apporte elle son timbre agréable et plus léger sur Holiday Songs. 

La dualité de la pochette entre les deux MC n'est pas celle constatée sur disque. Les deux hommes participent en effet tous les deux à alterner les atmosphères inamicales avec les moments où le stress est moins présent. Deux facettes qui sont accentués par, d'une part, des scratchs nerveux et, d'autres part, des cuivres jazzy omniprésents qui calment le jeu. Un afrontement des styles qui devient très direct sur Ebony Godfathers. Le disque est dense jusqu'au bout avec les très bons Enter The Cosmos et Dangerous Love Affair qui maintiennent la pression jusqu'au bout...

 

Lewis Parker et John Robinson nous offre une confrontation de haut niveau, les instrus ambivalents du premier leur fournissant un parfait terrain de jeu pour envoyer leurs rimes inspirées. Une rencontre qui, on l'espère, ne s'arrêtera pas là !

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc065cover.jpg

par Tahiti Raph

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 09:41

Sortie : 29 avril 2010

Label : Hadra

 

Phillip Contamin, ou Sysyphe, fut d'abord membre de plusieurs groupes de rock (bassiste et chanteur) avant d'être un des fers de lance de la scène trance psychédélique dans la région de Grenoble. C'est au début des années 1990 qu'il rencontre la musique électronique, plus particulièrement par l'intermédiaire de The Orb. En 97, il co-fonde l'association Le Manège Enchanté, à la base de soirées orientées trance et ambient en Isère. C'est dans l'antre lyonnaise du studio Ultimae que fut conçu Running Up That Hill, ce qui nous pousse à y jeter bien plus qu'une oreille distraite.

 

Tout laisse à penser que le pseudonyme de l'artiste et le titre de l'album ne sont pas choisis par hasard. Personnage controversé de la mythologie grecque, Sysyphe est mentionné dans L'Iliade et L'Odyssée. Même Albert Camus et Robert Merle ont écrit au sujet de ce destin atypique. Fis d'Eole, il défia les dieux et revint d'entre les morts de par un subterfuge machiavélique infligé à Hadès. Pour cette ignominie, il fut condamné à errer dans le Tartare et à gravir une colline en traînant un immense rocher. La légende dit qu'il ne parvint jamais au sommet. Vous comprendrez maintenant mieux pourquoi, l'album se nomme Running Up That Hill. Vu que les bases de données en matière de sons issus de la mythologie grecque sont un peu pauvres (ahahaha), le sieur Contamin préfère puiser dans le dub, les sonorités orientales et la trance psychédélique pour retranscrire l'errance de Sysyphe. Mystique et aérienne, sa musique est extrêmement bien produite. Le choix des lignes de basses et l'insertion des guitares rappellent que Sysyphe fut musicien avant d'être assisté par les ordinateurs. On ne saurait dire si la colline qu'il tente de gravir est enchantée ou maléfique. Il semble qu'on y rencontre d'autres âmes damnées, des fées bipolaires et des trolls pas si méchants. Les sentiers venteux qui mènent au sommet ont l'air semés d'embûches et de rencontres chimériques. Les morceaux sont longs, variés et organiques. La première partie de l'album est enivrante, grâce aux fresques Hade et Missing Time, l'inquiétant Spellbound ou l'onirique Legend Of Winter. C'est à partir de l'intéressant Handfasing que les sentiments s'inversent. Ce qui se trouvait être très séduisant commence à se montrer peu à peu rébarbatif. Le dub prend l'ascendant sur le côté psyché et on peine à faire les liens avec les trames dépeintes dans la première partie. Il y a même presque un sentiment de surcharge quasi inexplicable. On perd le fil d'Arianne malgré les intéressants Ashes, Sinking ou le très bon Pandora. Dommage.

 

On ne peut néanmoins pas parler d'album en demi-teinte tant la démarche est singulière, indépendante et rafraîchissante. L'aspect mystique et la filiation mythologique contribuent à rendre cet opus très séduisant. On passera donc aisément l'éponge sur les passages un peu moins réussis. Distribué dans sa version physique par Ultimae, Running Up That Hill est également disponible en digital et à un prix attractif sur le site de Hadra Records.

 

par Ed Loxapac

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 16:44

Sortie : 14 juin 2010

Label : Freestyle Dust / Parlophone / EMI

Genre : Techno

Note : 3/10

 

Encore un groupe culte ayant marqué l’électro mais dont on attend plus rien aujourd’hui si ce n’est un simple plaisir fugace. Ce n’est pas que les Chemical Brothers ont sombré, c’est simplement que depuis quelques années, leur musique semble avoir des difficultés à suivre la cadence imposée par les ténors. Pourtant, jamais le duo anglais n’a véritablement déçu ses fans, depuis la big beat d’Exit Planet Dust jusqu’à la techno-rock gonflée aux featurings de l’époque de We Are The Night, on a toujours su y trouver notre compte, ne serait ce que le temps d’un unique morceau. Et puis, il faut bien l’avouer, en live, les Chemical Brothers ça reste une grande messe fédératrice emportant l’adhésion. Ils font partie de ces "intouchables" auprès desquels on fait preuve de bien plus d’indulgence qu'à l'accoutumé. La critique s’estompe pour mieux laisser place au divertissement et c’est parfois nécessaire d’oublier d’intellectualiser la musique pour se limiter au plaisir.

 

Further, septième album de Tom Rowlands et Ed Simons, ne s’embarrasse pas des featurings parasites pour mieux se concentrer sur l’essentiel : l’élaboration d’un trip de 50 minutes en 8 morceaux. Les intentions sont louables d’autant plus que le duo sort cet album en agrémentant chaque piste d’une vidéo d’Adam Smith et Marcus Lyall (un aperçu ici... et c'est peu concluant). Que voulez-vous, il faut bien tenter de trouver une parade à la crise du disque. On ne pourra pas reprocher aux Anglais de ne pas tenter de se renouveler sur le papier car il faut bien avouer que depuis quelques albums, leur électro-rock tourne quelque peu en rond.

Dès l’ouverture, Further surprend agréablement. Les préliminaires imposées par Snow font sévèrement monter la sève par la force d’une bassline contagieuse et d’un refus de lâcher le beat. La machine est en route et, dès Escape Velocity, les frères chimiques reviennent à leurs premiers amours : une techno complètement extasiée, riche en montée sans fin et aux relents psychés. On a l’impression de vivre la suite du trip du clip culte de The Golden Path. Il y a fort à parier qu’en live, ce morceau de 12 minutes retournera totalement la foule.

Mais la suite n’arrivera jamais à renouveler ce moment d’extase primaire. Les Chemical retombent dans leurs travers. On sait bien que le groupe n’en a rien à foutre des tendances actuelles et a toujours préférer tracer son propre sillon mais là, on erre maladroitement en pleine période Surrender et Come With Us avec des titres formatés comme l’électrique Dissolve ou le rouleau compresseur Horse Power donnant l’impression qu’on se prend la cavalerie en pleine tronche. Le single Swoon avec son clip laid sonne trop électro-naïf pour être sincère et, indubitablement, la notion de divertissement s'estompe lentement pour laisser place à la lassitude. Le disque s’achève tristement sur l’électro-rock psyché sans saveur de Wonders Of The Deep. Le trip est fini.

 

Une fois de plus, les Chemical Brothers se sont englués dans leur idée d’une techno-rock privilégiant tellement une approche frontale et ludique qu'elle en devient prévisible. On arrive pourtant à être ponctuellement transporté par certains titres mais pas suffisamment pour pouvoir croire encore une fois au potentiel des Chemical qui sont en manque d'inspiration depuis trop longtemps. Further passera pourtant fièrement l’été, les concerts du groupe resteront un gigantesque défouloir mais une fois ce plaisir éphémère passé, que restera-t-il ?

 

http://2.bp.blogspot.com/_mW44167wbtQ/TApdz47mi_I/AAAAAAAAENs/tdmwSCp-t20/s320/further.jpg

 

par B2B

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 20:15

Sortie : 7 juin 2010

Label : Planet Mu

 

L’annonce d’un nouvel album d’Ital Tek ne laisse pas indifférent. Le producteur de Brighton s’était illustré en 2008 avec Cyclical, un premier disque qui s’était imposé comme une référence, et qui l’avait placé en représentant de la synthèse entre IDM et dubstep. Avec ses résonnances dark et industrielles, Cyclical en avait ébouriffé plus d’un, et c’était naturellement Planet Mu qui avait soutenu ce premier jet. Alan Myson a livré depuis plusieurs EP et maxis, dont certains sur son propre label Atom River. C’est la maison de Mike Paradinas qui poursuit, en sortant demain son deuxième album, définitivement attendu.

 

Face à Midnight Colour, il semblerait que Myson soit parvenu à l’apaisement, là où tout est lisse et serein. Dommage, on aimait bien quand il refoulait son tourment dans ses beats. Il décrit ici des atmosphères planantes, parfois rêveuses, marquées par de constantes nappes sonores, sur des tempos oscillant autour de 130 bpm. Les claviers occupent une place prépondérante dans la musique d’Ital Tek. Ils prennent ici des tons résolument cosmiques, usant d’arpèges rétroïdes et simulant quelque décollage aérospatial. Le 2-step rapide des rythmiques et le souffle des sub-bass rappellent que l’on touche encore terre, et que l’on pourrait même y danser, à l’approche de rythmes 4/4 sur Strangelove VIP ou Heliopause. Les textures, les cadences, le travail sur les différentes couches, tout est impeccablement produit. Mais justement l’imperfection fait défaut, la composition trop léchée déçoit, on est loin de la grâce brute de Cyclical. Certains titres n’apportent même rien à l’album, renforçant une impression de linéarité (Talis, Black & White).

Midnight Colour reste cependant un album de très bonne facture - on en attendait tout de même pas moins d’Alan Myson - et on se plaît à divaguer au gré de l’électronica gracile de Moment In Blue, ou à s’élever lentement sur l’excellent mais terriblement court Satellite.

 

Midnight Colour ne ressemble pas à ce à quoi Myson nous avait habitué. Bon, sans être excellent, il n’égale sûrement pas son prédécesseur. Avec ce disque lumineux (dans le mauvais sens du terme) et glabre de toute écorchure, Ital Tek déstabilise et perdra sans doute quelques fans.

 

par Manolito

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 15:31

Label : Subwise

Sortie : mai 2010

Genre : Ambient-IDM

Note : 4

 

Il aime Telefon Tel Aviv, Autechre et Ginormous. Il fait une musique entre IDM et ambient. Il est Russe et a déjà sorti un album en février dernier, Binary Protection sur Fusion Netlabel. Cette fois-ci c'est sur Subwise que x3d5 lâche dix nouveaux titres en téléchargement gratuit. Le producteur a délaissé la guitare classique il y a deux ans pour se lancer dans la musique électronique à laquelle il compte désormais consacrer toute son énergie, et sa noirceur.

 

Ce Hard Floors, n'a pas grand chose de dur. A l'inverse même, le Russe évolue dans une matière mouvante, les couches se succèdent ou s'empilent hors de tout cadre. La rareté des rythmiques renforce cette impression de progression pénible, empêtré dans une matière gluante et épaisse. Les sonorités synthétiques forment des espaces sonores ténébreux. Sur Beta Port se mêle répétition industrielle et violons lointains créant une ambiance glaciale inquiétante. L'effroi monte au fur et à mesure. Il grandit encore sur Magnolia Kee avec ce piano fantomatique et les nombreux bruits qui peuplent le morceau. Avec une certaine sobriété, x3d5 créé des plages dépouillées et déconcertantes, jouant sur l'imaginaire de l'auditeur. Il y a des frottements, des crépitements brouillés et des feulements électroniques.

Parfait décor pour un film futuriste, cet album manque d'un peu de volume. L'IDM minimaliste (Fluse) laisse parfois la place à un ambient un peu faible (Second Floor) sans vraiment trouver de souffle nouveau en cours de route. Le producteur joue correctement sa partition, tournant parfois un peu trop à l'expérimentation digne de la musique concrète. Un concept pas forcément mauvais mais qui tombe en l'occurrence un peu à plat. La présence inopinée d'un remix du titre Erratique par x3d5 amène un kick plus classique qui accompagne d'assourdissantes envolées sonores. Il repart ensuite sur son illustration pessimiste d'un monde terne en déliquescence, dans lequel les immeubles s'écroulent sous ses basses. Il termine toutefois par un Complex World qui vient redonner une touche d'espoir grâce à un ton plus léger.

 

Avec ce Hard Floors pas inintéressant, le Russe attire l'attention sans convaincre, dévoilant un potentiel à surveiller.

 

http://subwise.net/images/sbws_042_big.jpg

par Tahiti Raph

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 18:54

Sortie : mai 2010

Label : Punch Drunk

 

2010, année millésimée ? C’est ce dont témoigne le flot de nouveautés électroniques de qualité ces derniers mois. Sorti de ses caves et poursuivant son évolution, le dubstep n’échappe pas à ce constat. Guy Middleton, dit Guido, atteste avec Anidea des bienfaits de ce fourmillement d’influences et de libre expérimentation. Comme ses compères Joker et Gemmy, Guido vient de Bristol et c’est Punch Drunk, le label local de Peverliest qui sort sa première galette.

 

Anidea apporte la preuve idéale que le dubstep ne se borne pas à un schisme entre une branche bourrine et une branche cérébrale. Il n’y a ni volonté d’ambient ni désir de tabasser chez Guido, seulement une ferme intention de faire de la mélodie le noyau dur de ses compositions. Ayant fait ses armes au piano classique et jazz, le producteur de 21 ans déclare regretter que certains se concentrent à l’excès sur les basslines. Sur Anidea, les airs décrits par les synthétiseurs s’entrelacent sans cesse formant des tissus mélodieux. Sans se baser sur la syncope, Guido dote ses titres de rythmiques robustes, aux revers de dub lourd. L’album entier baigne dans une curieuse lumière moirée, la faute certainement à la mélancolie et à la langueur poisseuse qui s’en dégage. En effet l’influence du jazz est clairement perceptible, derrière l’utilisation de saxophones et de pianos au vague-à-l’âme, et le balancement indolent des beats donne aux sons de Guido une dimension charnelle presque érotique. L’originalité et la qualité d’orchestration sont véritablement à saluer, face à ce jeune type qui vous colle non seulement sax et piano mais également guitare et cordes sur des sons garage, aux crades accents urbains. L’exceptionnel Orchestra Lab en est le meilleur exemple, mêlant un beat haché bien que langoureux à des cuivres synthétiques et des chants de violons. Le seul triste bémol vient des deux titres chantés (Beautiful Complication et What U Make Me Feel), qui ont fait le choix d’un R&B violemment sirupeux. Mais la contrepartie est large, Anidea, Woke Up Early, Mad Sax et en particulier Cat In The Window procurent un plaisir voluptueux.

 

En voilà encore un avec qui il va falloir compter, avec cet album lascif et troublant, Guido démontre un sens de la composition mélodique hors pair, et fait des promesses d’été cuisant.

 

http://piknicelectronik.com/sites/site-1/assets/guido-anidea.jpg?1275329773

par Manolito

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 16:47

Sortie : mai 2010

Label : Stones Throw

Genre : Rap à tiroir

Note : 7

 

Madlib ne dort jamais. Entre ses recueils de samples, ses albums de jazz, de rap et ses autres expérimentations, il doit approcher les dix albums déjà sortis cette année ! Et voilà sans doute un des meilleurs, en duo avec le MC de Detroit Guilty Simpson. Ce dernier a participé en 2003 au fameux Champion Sound, rencontre des titans du beat Jay Dilla et Madlib sous le nom Jaylib, puis il s'est imposé en 2008 avec son Ode To The Ghetto. La combinaison d'Otis Jackson (OJ, véritable nom de Madlib) et de Guilty Simpson donne logiquement OJ Simpson, un disque en forme de poursuite, où la richesse des sons et des interludes donnent un rythme haletant et une ambiance hautement cinématographique.

 

Le nom Guilty Simpson apparaît seulement sur la pochette, mais c'est à Madlib qu'il doit le scénario dans lequel il n'est qu'un simple acteur, certe principal. Les samples pleuvent, les passages vocaux s'empilent et d'autres sonorités viennent encore s'insérer. Il règne une ambiance de gangster à l'ancienne entre défi à la police et vie miteuse de cavale. Les passages soul vous ramènent au temps de la Blaxpoitation, époque à laquelle le style était déjà aussi important que l'objectif. Le récit se perd dans le temps tant OJ Simpson fait figure de héros d'une autre époque, fuyant les flics pour éviter le couloir de la mort. Il trouve parfois refuge dans un motel et peut alors se poser, mais il doit plus généralement tailler la route pour éviter les balles qui fusent. La tension est palpable, l'urgence se ressent dans le flow du MC qui manque de temps sur chaque titre pour aller au bout de ses tirades.

Difficile de détacher un morceau de cet ensemble dont chacune des 24 pistes forme un élément de l'histoire que nous content les deux Américains. Ne retenir qu'un passage serait réducteur et ne rendrait pas compte du travail d'assemblage des multiples sources utilisées pour façonner l'album. L'aspect narratif est essentiel et les silences sont rares pour maintenir l'attention à tout moment. Madlib efface les traces de son collègue pour semer les enquêteurs... une guitare latino, quelques secondes de reggae, Simpson a fuit vers l'étranger ? Les dialogues de films et les autres bricolages sonores nous tiennent en haleine jusqu'au dénouement qui comprendra quelques rebondissements. Face à la pression, un certain Frank puis Strong Arm Steady viennent successivement apporter un renfort vocal nécessaire au MC dépassé par les moyens mis en oeuvre pas son beatmaker.

 

La rencontre entre Madlib et Guilty Simpson est de haut niveau. Les deux hommes sont faits pour travailler ensemble tant ils sont sur la même longueur d'onde. Savourez ce disque concept qui va bien plus loin que du rap.

 

http://www.stonesthrow.com/uploads/news/1dbcd5bbe1d24a2b5f186aac7e097324.jpg

par Tahiti Raph

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 10:37

Sortie : 24 mai 2010

Label : Merok

Genre : Dream-pop, chill-wave

Note : 7/10

 

Dimanche 10 août, 20h47. Vous quittez Capbreton, vitres ouvertes, par la départementale D28 après une journée sur la plage. Température extérieure : 33°. Le sable tombe de vos poches pendant que vous transpirez la crème solaire. Les rayons de soleil transpercent horizontalement la forêt de pins et finissent par vous brûler le cou. Des images indélébiles défilent dans votre tête.

La musique d’Active Child se résume à ce genre d’instant en apesanteur.

Curtis Lane est le premier EP à sortir officiellement (après une bonne vieille cassette sortie en début d’année) du Californien Pat Grossi. Le jeune homme est un harpiste de talent, mais au lieu de se cantonner à des instrumentations acoustiques, il a préféré opter pour une dream-pop évanescente. En surfant sur le courant chill-wave (Washed Out, Memory Tapes, etc.), Active Child est sûr de réussir son coup. Bingo ! Stereogum et Pitchfork bavent… à juste titre. Ce Curtis Lane est un condensé de pop électronique solaire, le type même de parenthèse qui n’a d’autre but que d’hanter vos futures soirées estivales.

Fortement influencé par les harmonies vocales d’Animal Collective et les nappes synthétiques de M83 (dans une version plus épurée), Active Child signe ici un EP tout en apesanteur.

Pénétrer dans l’univers de Pat Grossi, c’est faire abstraction de toute source sonore environnante pour accepter de tomber dans un état proche de la contemplation primaire. On a cette impression d’être en pleine cérémonie religieuse, hantée par des reverbs omniprésentes et cet aspect chorale réconfortant. La voix excessivement aiguë de Pat Grossi, mariée à une harpe céleste permettent de littéralement plonger dans les nappes électroniques gonflant l’espace. On erre dans un monde cotonneux ou rien ne peut nous arriver. Entre rythmique répétitive, Take Shelter, et trip electronica planant, Wilderness, jamais le Californien ne se répète pour mieux brouiller les pistes. La musique d’Active Child est impalpable et solaire, occupe tout l’espace pour mieux vous captiver.

En hésitant en permanence entre crépuscule et aurore, Active Child signe avec Curtis Lane un EP chill-wave relevant davantage du miracle que du mirage.

 

http://activechild.files.wordpress.com/2010/01/ac_curtislane_cover.jpg?w=300&h=271

par B2B

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 23:57

Sortie : 2010

Label : Ohm Resistance

 

C'est au tout début des années 1990 que Mick Harris crée son projet Scorn. Très imprégnée de dub et d'ambient, sa musique s'est également parée de contours drum'n bass ou hip-hop depuis les fondements d'une carrière variée et prolifique. Tout d'abord fidèle à Earache Records, il s'autorise quelques sorties plus que remarquées chez une crémerie référence comme Hymen. La consécration arrive avec le monumental Stealth en 2007, issu d'une collaboration entre Ad Noiseam, Jarring Effects et Ohm Resistance.

 

Refuse, Start Fires est un album à la mécanique implacable, froid, sans concession et hermétique. Il est recommandé de le maintenir à distance respectable des enfants. Dépeignant des ambiances haletantes et électriques, les drones sont lugubres et malsains, venus de puits industriels sans fonds. Ce qu'on pourrait légitimement se représenter comme une allégorie de l'enfer est agrémentée de batteries capturées live par Ian Treasey, variant les orientations rythmiques autour du hip-hop et même du jazz (si si, plus particulièrement sur l'excellent Shitwinds Acoming). Son dub, parfois à la limite du dubstep est à la fois retors et décharné, comparable à un dark trip introspectif dont nul ne peut peut ressortir indemne. Précisons dès maintenant que nous ne présentons pas ici une critique du dernier film de Gaspar Noé. On aurait bien aimé que certains titres soient un peu plus développés, comme les néanmoins très bons Amroth, Boot It ou même Then Woke. De véritable perles noires telles que LT 94, Insert Waggler, Rained On Her Birthday, Bear Felt Nowt ou Beaked Point forment des boules de pus concentrées, obstruant la trachée de l'auditeur pour mieux l'empêcher de déglutir. Un charmant programme en somme...

 

Vous l'aurez donc compris, Refuse Start Fires est une oeuvre sombre et abrupte réservée à un public plus qu'averti. Les inconditionnels du genre seront quant à eux ravis, face à cette narquoise et reptilienne vengeance de Jack, fomentée par un esprit tortueux à la suite d'une scabreuse partie de galipettes avec la plus enfumée des Marla Singer.

http://farm3.static.flickr.com/2789/4329174240_37fff50a6b.jpg

par Ed Loxapac

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