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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 14:52

Sortie : juin 2010

Label : Def Jam

Genre : Rap

Note : 8

 

Une légende doit s'entretenir. Le groupe de Philadelphie n'a jamais manqué d'inspiration pour entretenir sa propre légende qu'il auto-proclame à longueur de concert et sur son site officiel. "The Legendary Roots Crew" dispense les albums avec générosité tout en maintenant un très haut niveau de qualité. Leur discographie peut être disséquée en termes de cycles, autour de l'intelligente rupture que constitue Phrenology en 2002, mais peut surtout s'apprécier de manière globale. A l'heure du neuvième album, le troisième pour l'écurie de légende Def Jam, où le MC Black Thought et le batteur Questlove sont-ils allés chercher de nouvelles cartouches ? Dans leur propre culture soul tout d'abord, puis dans leur sens innée de la mélodie. Kamal au clavier et Captain Kirk à la guitare et au chant ont également apporté leur touche. Le groupe est une famille qui accueille de plus en plus de proches à chaque sortie. Il y a quelques habitués devenus incontournables comme Dice Raw, P.O.R.N. ou Truck North et des invités plus ponctuels, notamment, pour ce How I Got Over, John Legend.

 

Les Roots débutent habituellement leurs albums et leurs concerts pied au plancher, les morceaux fusent et l'attention est captée automatiquement emportée par la fougue et la maîtrise. Après un Rising Down extrêmement dense, avec des instrus coup de poing parfois sombres, la bande a toutefois décidé de changer complètement de formule. L'intro se fait donc tout en douceur, les premiers titres déroulent leur soul tranquillement, même si les Américains ne savent se détacher d'une certaine intensité, liée à l'urgence du flow de leur leader et animateur. Derrière, Questlove cogne toujours autant et apporte sa science pour construire des productions imparables. L'attelage fait donc monter l'ambiance jusqu'au tube How I Got Over dont le refrain chanté garanti le succès. Et c'est là une des forces du combo, construire des hits sans se compromettre (de You Got Me à The Seed (2.0)), voire même verser dans un style proche du R'n'B sans tomber dans le mièvre. Ainsi The Day avec Blu, Phonte et Patty Crash apporte une petite respiration tandis que Joanna Newsom vient contrecarrer de sa voix légère la lourde rythmique de Right On. La jeune chanteuse ira sans doute rejoindre les nombreux artistes talentueux soutenus par les Roots au début de leur carrière, comme Erykah Badu, Jill Scott, Cody Chesnutt, etc. Les interventions de John Legend, plus proche de la fin de carrière que du début, sur Doin' It Again et The Fire sont quand à elles un peu moins utiles... Le disque monte peu à peu en puissance et la soul du début devient un rap plus dur dans lequel Black Thought règne toujours en maître.

Il manque la surprise ! Les musiciens de Philly n'ont pas passé un an à jouer dans le talk show de Jimmy Fallon (écoutez l'excellent Late Night With The Roots) pour ne resservir qu'une recette si classique, aussi réussie soit elle. Cela serait oublier leur talent d'innovateur qui réapparaît sur les deux derniers extraits. D'abord sur Web 20/20 (avec Peedi Peedi et Truck North) et son instru que ne renierait pas les figures du liquid hip-hop de la côte ouest puis sur Hustla (avec STS) où cohabitent une basse imposante et un curieux son de cornemuse. Vous n'avez pas encore tout compris que l'album s'arrête. Il faudra plusieurs écoutes pour en apprécier toute la richesse et les multiples saveurs au-delà de la claque que les Roots s'appliquent à donner à chacune de leurs sorties.

 

Ce How I Got Over n'atteint sans doute pas les sommets que constituent Things Fall Appart, Phrenology ou Game Theory, mais vient s'ajouter honorablement à l'irréprochable discographie des Américains. On peut leur reprocher parfois quelques facilités, mais les Roots avancent sans compromission tout en prenant le risque d'être prolifique. Assez rare pour être salué.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41icYALEa9L._SL500_AA300_.jpg

par Tahiti Raph

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 15:43

Sortie : mai 2010

Label : Hammerbass

 

Lorsque Kanka décide de se livrer à un projet dubstep, cela ne peut qu’attirer l’attention. Le musicien rouennais s’affiche comme une figure majeure de la scène électro dub, à l’instar de High Tone ou du Peuple De L’Herbe. Ses trois albums, dont le mémorable Don’t Stop Dub en 2005, établissaient un lien étroit avec le dub originel, et se reconnaissaient dans le "dub stepper", variation du dub roots apparue en Angleterre dès les années 1980. Alexis Langlois prend aujourd’hui le pseudonyme d’Alek6 pour coucher sa vision du dubstep, toujours chez Hammerbass, label qui héberge entre autres Dubphonic, Brain Damage ou Twilight CIrcus.

 

Derrière Alek6, la patte de Kanka reste sensible. Sa façon de se focaliser sur le skank, rythmé par une caisse claire régulière, n’a pas changé. Mais le tempo, lui, est modéré et rendu plus lourd, tandis que les lignes de basses s’épaississent et prennent des teintes sombres et sales. Le Français a un recours massif aux sonorités digitales, qui métallisent son dub sans toutefois le rendre froid. D’autant plus que les références à la musique de Kingston n’ont pas disparu, se retrouvant par exemple dans les intro percussives de certains titres. Inside se veut plus introspectif que ses productions antérieures, il est sans aucun doute plus mental. L’absence totale de paroles et une relative uniformité dans le rythme en font un objet à la répétition hypnotique, mais sur lequel certains s’ennuieront ferme. En effet si les beats sont bons – Kanka n’a point perdu sa superbe – le manque d’évolution des morceaux enferme l’auditeur dans une boucle lassante. Avec des pistes d’une durée moyenne de 5 min, un tel manque de progression peut s’avérer fatal.

Mais la version qu’Alek6 donne du dubstep n’est pas inintéressante. Bien distinct de celui des Anglais, son dub cadencé se base davantage sur la découpe des beats, et hérite fatalement de son passé de dub-maker. Tant qu’on arrive à se demander s’il était bien nécessaire d’enfermer le projet dans une telle étiquette. Bien que le disque convainque difficilement dans sa globalité, quelques pistes restent redoutables d’efficacité. De funestes nappes de synthés assombrissent avec délice le skank poisseux de Krimy. Et lorsque les beats adoptent un rythme enlevé (Station), lorgnant vers la drum’n bass et teintés d’effets wobble, on ne peut que s’en satisfaire.

 

Pari qu’à demi tenu pour Alek6. Inside n’est pas totalement décevant mais trahit peut-être un manque de maturité face au genre. On lui préférera mille fois le reste de la discographie de Kanka, et on ne pourra que vous encourager à vous y plonger.

 

par Manolito

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 10:34

Sortie : juin 2010

Label : Breathe Compilations

Genre : Ambient

Note : 7

 

Comme toutes les grandes maisons, le nelabel mexicain Breathe Compilations s'offre deux fois par an une compilation pour présenter son univers et celui de ses artistes. La première livraison 2010 arrive avec plus d'une heure trente de son, principalement dans son style de prédilection, l'ambient, avec toutefois quelques détours. Pour ce "voyage au niveau le plus profond de l'imagination", le patron du label, Quetzal Contla, a convoqué 19 artistes déjà publiés par ses soins (comme aAirial ou Horiso) et des petits nouveaux.

 

La sélection proposée se divise en deux parties légèrement différentes. La première est typique du netlabel mexicain, avec ses longues plages de nappes apaisantes, notamment celles d'aAirial ou d'In Vitro. Une musique matinale, parfaite pour l'introspection ou la rêverie. Ainsi sur Lake, de Transmission 13 avec Antonio de Braga, les couches s'empilent finement pour s'emporter tout en douceur. Les plages se succèdent avec pour point commun une grande fragilité et une sobriété appréciable, même quand Palminha se lance dans un solo de guitare électrique. Breathe se contente en effet rarement de l'ambient pur, on peut donc compter sur Horiso ou Lezet pour ajouter une touche de jazz, sur DFADER pour offrir une variation abstract hip-hop subtile ou Eternal Snowfall pour apporter son esprit IDM. Malgré ces légères évolutions, le ton reste proche et l'unité est préservée... jusque là.

Les quelques soubresauts entendus annoncent en fait un changement. A mi-parcours l'IDM tribal de Vlozm est le symbole de la rupture. Un vrombissement résonne et la rythmique s'emballe pour présenter une autre facette, plus sombre et mois connue du label. Si l'énergie et le tempo retombe ensuite, c'est pour mieux varier les ambiances. Avec du bon, l'IDM d'Esoteric Swob, mais aussi du moins bon, comme la chanson un peu soupe de Wenceslada ou le dub sans intérêt de Nahuatl Sound System. La compilation propose aussi un petit détour techno et quelques tentatives électronica agréables, notamment le magnifique morceau de DDO, mais dont la présence dilue un peu le propos.

 

Malgré cet éparpillement sur la fin, cette sélection vaut vraiment le détour, Breathe offrant toujours de nombreuses pistes d'une grande classe. Ah oui, j'oubliais, la compilation est disponible gratuitement sur le site du label.

 

http://breathe-comp.com/wp-content/uploads/2009/08/mundos_FRAG_10.jpg

par Tahiti Raph

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 23:09

Sortie : avril 2010

Label : Amb Bit If Go Recordings

 

Moitié de Soundhacker en compagnie de Ben Ramsay, Andy Nolphin s'adonne régulièrement à peaufiner son projet solo en tant que dooQ. D'avisés aficionados du toujours très bon label Boltfish l'auront déjà remarqué sur The Tandem Series. C'est sur le jeune label britannique Amb Bit If Go Recordings qu'il publie son dernier opus : Fingertip Springs.

 

Il y a déjà quelques semaines, mon collègue éclairé Tahiti Raph avait publié une chronique sur ce même album (ici). Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas l'effacer comme le vulgaire fourbe que je suis.  Quelle infamie ce ne fût pas lorsque je découvris ces propos nonchalants à l'égard d'un album qui vaut bien plus qu'un simple encouragement.

Sans être révolutionnaire, cet album bouillonnant d'idées est sans nul doute une des excellentes surprises de cette année. L'insertion d'instruments conventionnels dans son IDM est la spécialité de dooQ. Avec une préférence pour les cordes, plus particulièrement les harpes (sur les excellents Around The Giant Seeds et That These Are Never), il multiplie les collages électro-acoustiques en peignant des micro-univers fourmillants et intrigants. Fausses pistes rythmiques, sampling, glitch et clicky beats sont au menu de cette surprenante marmite. Malgré l'usage des boîtes à rythme, dooQ fait sans doute partie de ces compositeurs électroniques qui se sont formés à l'école du jazz. Empruntant parfois des cordes et des percussions plus exotiques (Ekaarian ou Whimmydiddle), il ne sombre jamais dans une veine world bien trop convenue. Des portes grinçantes ouvrent des perspectives sur des intrigues captivantes et oniriques. Si l'alchimie du laptop et des instruments conventionnels avait un nom, dooQ pourrait aisément prétendre au titre. Synthés et clavinets sont également bien évidemment au rendez-vous pour rendre l'ensemble toujours un peu plus planant et aéré. J'ai pas dit psyché ou aérien, planant et aéré sont bien les mots justes. La simple écoute de petites bombes telles que Januar, The Mumblings Of Schmibbleboop, Dip and Soak ou Syfon ne pourront que confirmer mon humble propos. Certains titres jouissent d'introductions plus ambient toujours inspirées (Prowler, At The End Of The Beanstalk).

 

Avec ses 14 bidouillages variés et tous très réussis, dooQ parvient à rendre une copie proche de l'exceptionnel. Entre IDM, electronica, ambient et parfois même accentué de pointes hip-hop, Fingertip Springs est autant recommandé aux inconditionnels du genre qu'à ceux qui voudraient placer la pointe d'un pied vers les musiques électroniques intelligentes et expérimentales. Jamais lassant, cet opus se révèle toujours un peu plus même après un nombre imposant d'écoutes. Disponible depuis un petit moment dans sa version physique, Fingertip Springs existe désormais au format digital, chopable sur les plate-formes habituelles. Ne passez pas à côté de cette divine surprise qui pourrait bien avec le temps, devenir un must-have.

http://c1.ac-images.myspacecdn.com/images02/114/l_109e1db22f964cfb8a58ec3470cd04c8.jpg

par Ed Loxapac

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 11:18

Sortie : 14 juin 2010

Label : Cadenza

 

Bien qu’officiant derrière ses platines depuis qu’il est ado, bien que jouant dans les plus grands clubs du monde depuis des lustres, bien qu’étant reconnu par ses pairs depuis des années, l’Allemand Frank Heinrich n’a jamais pris le temps de sortir un long format. Sans doute trop pris par sa carrière de DJ, celui qu’on connaît davantage sous le pseudo de Reboot a préféré mettre de côté ses ambitions artistiques pour mieux se focaliser sur ses sets tech-house. Facile quand on vient de Francfort et qu’on traine dans l’entourage du pape local, Sven Väth. Mais c’est surtout à Luciano qu’il doit son envol. Reboot signe donc son premier album, Shunyata, sur le label du Chilien, Cadenza.

Reboot a toujours mis en avant ses influences latines dans ses productions house. Sans surprise, Shunyata sonne donc très Cadenza. Malheureusement, cet album tombe trop rapidement à plat. Ressemblant davantage à une collection de maxis qu’à un véritable voyage, Reboot perd l’auditeur en route. Avec 10 tracks seulement en 80 minutes, il a une fâcheuse tendance à trop étirer ses morceaux. C’est franchement emmerdant étant donné l’aspect résolument minimal de l’ensemble. On se fait donc chier la plupart du temps par manque de relief. Il faut ainsi attendre pas loin de 6 minutes pour qu’enfin une légère évolution puisse se faire sentir sur We Only Just pendant qu’on erre en pleine mer d’huile sur le soporifique Down Pantha.

Pourtant, il est difficile de remettre en cause le travail de la matrice sonore opéré par Reboot. Shunyata n’est pas un album de mercenaire et relève davantage de l’œuvre d’un perfectionniste. On se laisse ainsi prendre par la house minimal, sans aucune mélodie, de Me Show qui arrive à maintenir l’attention par de multiples sonorités variant finement. La house groovy et jazzy d’Hermano, directement issue de l’héritage de la scène chicagoane, sort aussi son épingle du jeu. Mais ça reste bien maigre au regard du reste de l’album.

Les fans de house minimal lancinante trouveront sans nul doute leur compte dans cet album pendant que les autres se contenteront de picorer avec parcimonie dans ce Shunyata bien trop linéaire. Reboot signe un album que l’on peut difficilement critiquer dans sa totalité, mais trop hermétique pour se révéler indispensable.

 

http://www.wordandsound.de/media/pic/64512.jpg

 

par B2B

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 12:53

Sortie : juin 2010

Label : Ant-Zen

 

Les inspirés habitués du label Ad Noiseam connaissent sans doute mieux (prononcer Squaremeter) sous son avatar Panacea. C'est depuis la fin des années 1990 que l'Allemand Mathis Mootz se livre à ses triturations électroniques. On le connaissait officiant dans les breaks ciselés, la drum'n bass bien énervée et l'indus. Heliogabal est un album orienté purement vers le dark-ambient. Ce genre, profond et faussement minimaliste, ne compte que bien trop peu d'adeptes. Je dois admettre que je ne m'y immerge moi-même que trop peu souvent, en me contentant de puiser dans les sorties de labels tels que Type Records ou le présent Ant-Zen pour façonner un peu plus ma connaissance de cette face sombre et abyssale des musiques électroniques expérimentales.

 

Heliogabal est un disque où le silence joue autant son rôle que les atmosphères. Plongé dans un dédale où se croisent des créatures hybrides venues de sombres mythologies, l'auditeur se retrouve dans un univers terrifiant. Les drones et les sonorités post-industrielles sont légion, en parallèle à la totale absence mélodique. Celui qui voudra écouter ce disque à l'aide d'un autoradio aura l'impression de n'entendre que des dialogues entre radiateurs à l'agonie. Il est donc important de posséder un matériel d'écoute digne de ce nom pour en saisir toute la subtilité. Tout cela sent bon les rituels de sacrifice, le paganisme médiéval et les coiffes en capuchon. Difficile d'accès pour les néophytes mais génial pour ceux qui s'aventurent régulièrement dans ce genre de musique, Heliogabal est un disque aussi exigeant que le public auquel il est destiné. Maléfiquement introspectif, il n'est pas recommandé de l'écouter sous substances hallucinogènes. Les trésors de profondeur et de beauté sombre et abstraite que sont Reigns, The Sacred Shrine, Deus Sol Invictus, Whores Somke and Shadows ou le terrible diptyque Heliogabal méritent toute l'attention d'un auditoire plus qu'averti.

 

En invitant M² à plonger dans les méandres les plus sombres de son âme, La maison Ant-Zen a encore fait preuve de la plus grande inspiration pour livrer ici un énième essai à la mesure des compositions électroniques intelligentes et avant-gardistes.

http://www.ant-zen.com/graph/ant-zen-act248-x3.jpg

par Ed Loxapac

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 00:51

Sortie : 15 juin 2010

Label : Friends Of Friends

 

Avant Shlomoshun Deluxe, Shlohmo avait tout de l’illustre inconnu. Sorti en janvier, son excellent premier album (chroniqué ici), qui mixait abstract hip-hop psyché et dubstep rêveur, avait propulsé Henry Laufer sur les devants de la blogosphère et de la scène beat & bass californienne. Naviguant entre Los Angeles et San Francisco, le producteur de 20 ans a notamment été pisté par XLR8R et Mary Ann Hobbs (BBC Radio 1). Le voilà qui donne une suite à son premier jet avec un Camping EP qui fleure bon l’oisiveté estivale. 

 

L’objet se partage en deux fractions : 4 nouveautés signées Shlohmo et 3 remixs, de la part de Baths, de Shigeto et du très respecté Asura. Tout en restant dans la lignée de Shlomushun Deluxe, Laufer parvient à servir des tracks rafraîchissants, profitant d’une identité singulière qui rend ses beats assez uniques. La formule de Shlohmo ? Des sub-bass généreuses, du funk et de la désinvolture pleins les synthés, et un usage savant de clics et de claquements reconnaissable entre tous. Mais c’est surtout la langueur solaire et cosmique contenue dans les nappes mélodiques qui identifie le mieux la musique de ce jeune impertinent. La construction des beats et le traitement des couches sonores trahissent un savoir-faire flagrant. Des semblants de pépiements d’oiseaux ou de souffles de vents chauds accentuent la sensation (ou l’envie) de griller paresseusement au soleil d’une plage de la Bay Area. Ainsi Birthday Beat se dote d’accents soulful et divague nonchalamment au gré d’une synthline cristalline. Sur les 4 titres de son cru, l’un correspond à une relecture du Tomato Squeeze présent sur Deluxe. Tomato Smash en offre une version plus sombre, tout en puissance retenue dans une basse grondante. Dans cette même veine, la perle de l’EP, Sippy Cup, s’apparente à une pièce trébuchante, menée par une étrange basse saturée. La mélodie, contenue dans un sample de voix inintelligible, confère au morceau des tonalités profondément hypnotiques (en écoute dans notre lecteur).

Pour ce qui est des remixs, ils ont l’intelligence de se fondre dans l’EP avec une grande cohérence. La très bonne relecture de Post Atmosphère par Bath adopte un point de vue plus fluide et mélodique. Le Spoons de Shigeto, même s’il n’égalera jamais l’original, a l’avantage d’être efficace. C’est surtout Asura qui surprend, avec une reprise de Teeth (pas terrible à la base) particulièrement encombrée et saccadée, qui vous passe le cerveau à la moulinette.

 

La terre qui a enfanté de Daedelus, Nosaj Thing ou Flying Lotus doit maintenant compter avec Shlohmo. Aussi maîtrisé que son titre est désinvolte, Camping EP assoit encore un peu la légitimité du jeune beatmaker. D’autant plus appréciable qu’il s’accorde précisément avec la saison. Enfin celle à venir.

 

                                  COVER.jpg

par Manolito

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 13:49

Sortie : 28 juin 2010

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno organique

Note : 7,5/10

 

Depuis 10 ans, le Berghain est le club référence. L’antre berlinoise ne désemplit pas malgré un attrait touristique désormais préjudiciable. Les easyjeteurs sont en train de mettre lentement la main sur le club, au grand dam des locaux. Il n’en demeure pas moins que vivre l’expérience du Berghain reste quelque chose d’unique qui mérite encore le détour.

Pour mieux figer ses nuits, le label maison, Ostgut Ton, sort depuis quelques temps ses propres compilations mixées. Après André Galluzi, Marcel Dettmann et Len Faki c’est au tour d’un autre résident de l’usine désaffectée de se mettre aux platines : Ben Klock. Ce DJ et producteur reconnu est à l’origine d’un récent album remarqué : One. Mais tenter d’illustrer l’ambiance du Berghain sur disque est une autre affaire.

 

Ben Klock réussit haut la main l’essai avec ce Berghain 04 techniquement irréprochable où les sons se diluent les uns dans les autres. Bien entendu, on fait face à un mix résolument tech-house à la teutonne. Cela revient à dire que la part belle est faite à un son minimal autant rêche que froid et où le sacrifice de la mélodie permet à la basse d’occuper pleinement l’espace. Les puristes seront aux anges, les autres resteront à la porte.

Il faut dire que Ben Klock n’a pas pour idée de plaire à tout le monde. Dès l’apparition du remix épurée du Work de Junior Boys par Marcel Dettmann, on comprend l’enjeu : la lumière ne filtrera jamais. Martyn en oublie donc son dubstep pour se focaliser sur une house sourde et Levon Vincent peut distiller à loisir sa house déviante. Le point fort de ce mix est la prédominance de morceaux inédits permettant ainsi de naviguer en terrain inconnu. Il n’en demeure pas moins qu’on tombe trop rapidement dans les travers malsains du club berlinois tant l’approche est déshumanisée et robotique. L’ensemble a beau être organique et viscérale, il manque cruellement d’âme.

Heureusement, certains morceaux arrivent à réveiller nos consciences anesthésiées comme 7am Stepper de Kevin Gorman, un dubstep annihilé par des filtres et gonflé par des sonorités rotatives pour un résultat autant glaçant que fascinant. Mention aussi à la house moite et druggy de Nuthin Wrong de Tyree où les mêmes mots se répètent inlassablement pour conduire à l’hypnose.

 

Ce Berghain 04 de Ben Klock est à réserver aux puristes du genre, à ceux qui aiment serrer les dents face aux caissons de basses. Si le Berghain dessine le clubbing du futur et bien nous ne sommes pas prêts de nous marrer.

 

http://www.boingpoumtchak.com/wp-content/uploads/2010/06/ben-klock-berghain-04.jpeg

 

par B2B

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:02

Sortie : 14 juin 2010

Label : Highpoint Lowlife

Genre : Ambient & Expérimental Dubstep

Note : 8/10

 

L’Anglais Gareth Munday, de son avatar Roof Light, s’est illustré en 2009 avec In Your Hands, un EP sorti sur Styrax Records. Il avait également fait une apparition sur la première compilation d’Echodub, label hautement estimé en ces lieux, et s’est prêté à deux reprises cette année, à l’exercice du maxi. Voilà pour les acquis de celui qui livre un premier album chez les Londoniens de Highpoint Lowlife.

 

Downtempo, bancal, et frotté de séquences parasitées, Kirkwood Gaps ouvre sur un milieu paisible sans être accueillant, où la quiétude ambiante contraste avec les détails fourmillants et les variations complètement aléatoires des couches sonores. Des basses boiteuses empruntent des sentiers semés d’ornières, et les beats se prennent à ralentir brusquement, comme s’ils traversaient des écrans d’une matière visqueuse. Le dubstep expérimental de Roof Light convoque par ailleurs de nobles influences. Comment, je vous le demande, ne pas penser à Boards Of Canada devant ce délicat et aérien Kite Tails & Redwings ? De même la voix récurrente de Losing My Mind convoque sans appel des échos de la house de Detroit, tandis que le 2-step de Taro, avec son agréable basse ronflante, fait allusion à Burial.

Mais Kirkwood Gaps possède bien une identité qui lui est propre. Il engourdit l’auditeur dans des nappes cotonneuses, et disperse une multitude de sons organiques, tels que le bruit du ressac, d’une flûte de pan ou du vent dans les feuilles, versant souvent vers l’ambient. La forêt luxuriante dans laquelle Roof Light vous convie peut plonger l’oreille dans un état extatique, chauffé de la lumière qui perce à travers les feuillages, comme l’entraîner vers des chemins plus sombres et trébuchants, où les bosquets deviennent des présences inquiétantes qui scrutent votre marche. Des bribes de chants – pas toujours subtils – ou des éclats de voix peuplent les titres, comme des échos de nymphettes moqueuses. Le très expérimental et excellent Drawing Near To The Printed décrit un état perpétuellement changeant, passant d’une arythmie dense en sonorités en tous genres, à un garage minimaliste et entêtant. Si on regrettera les synthés poussifs de Hold It Back, on se délectera du scintillant et très ambient Late Into The Evening, de Marrying Maidens Fair Of Willow, et bien sûr du Boc-esque Kite Tails & Redwings.

 

Malgré de toutes légères fautes de goûts et sans être évident d’accès, Kirkwood Gaps dispose du pouvoir d’envoûter l’auditeur averti et opiniâtre. L’univers végétal que brosse Roof Light apparaît comme incertain et emprunt de mystique. Les fans de 2562, Mount Kimbie, Clubroot ou James Blake sont priés de s'y coller.

rrr 

par Manolito

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 16:29

Sortie : juin 2010

Label : autoproduit

Genre : Glitch-hop

Note : 6

 

Un groupe qui cite Flying Lotus et Aphex Twin dans ses influences vaut toujours la peine d'y jeter une oreille. Je me suis donc penché sur le premier maxi (en téléchargement gratuit sur leur page Myspace) de Turnsteak, duo de DJ français amateurs de scratch et de beatmaking (attention ça va barder de termes technico-hype dans le genre). Dams et FX, qui se targuent de faire un mélange d'électro-break, de glitch rentre-dedans, de dubstep et de convulsions big beat (je vous avais prévenu), offrent trois morceaux originaux et deux remixs qui valent le détour.

 

Turnsteak est toujours à la limite de la facilité et du racolage mais tient toujours bien sa barre pour garder un son puissant et profond avec des basses qui cognent et un glitch qui n'en fait pas des tonnes. Les amateurs de Flying Lotus s'y retrouveront donc sûrement. Avec Yoga Mudra et Bulles de Bain, le duo démontre sa faculté à tordre les sons et construire des rythmiques bancales et syncopées aux relents dubstep incontestables, même si l'ensemble relève plus d'un abstract hip hop finement expérimental. Un héritage rap qui ne les lâche pas et qui leur va bien.

Gorgé de sonorités 8-bit, Monastary, malgré un tempo plus classique, me semble encore le plus convaincant avec sa mélodie accrocheuse qui s'envole dans les aigus pour contrecarrer la basse synthétique. S'il manquait une étiquette dans cette chronique, la voilà : glitch-hop... qui qualifie peut-être le mieux encore leur style.

Broken Control, remix qui malaxe et maltraite le Girls Boys & Toys de Jahcoozi enfonce le clou dans cette voie. Un choix plus réussi que leur version un peu trop cheezy et d'inspiration dancehall du Might Like You Better d'Amanda Blank.

 

Les deux DJ jouent avec le feu. Soit ils choisissent la voie laborieuse de l'expérimentation inspirée et ils confirmeront les bonnes intentions présentent sur ce maxi ; soit ils préfèrent laisser leur musique être dictée par le dancefloor et tomberont alors dans le mauvais goût qui en a séduit tant d'autres... avec le succès qui va avec.

 

http://c2.ac-images.myspacecdn.com/images02/143/l_e3a76429022545b485731b2d76afec01.jpg

par Tahiti Raph

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