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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 11:08

Sortie : juin 2010

Label : Allcity Records

Genre : Rap instrumental

Note : 4

 

Producteur parisien, Onra a sorti ou participé depuis 2006 à un certain nombre d'albums, de compilations, de maxis, seul ou accompagné, avec notamment un premier LP solo, Chinoiseries, en 2007. Son nouveau long format, Long Distance, prolonge son exploration du rap instrumental - même s'il y apparaît quelques voix - avec une touche funky.

 

En une heure et 21 pistes, Onra va tenter de donner un panorama de ses influences musicales et de ses capacités. Avec des durées de 1'30 à 5', les morceaux ne sont parfois que de courtes interludes reposant sur 2-3 idées simples et s'étendent plus à d'autres moments pour laisser se dérouler des mélodies ensoelillées soul ou funk. Les ambiances varient, avec par exemple le minimaliste bling bling Girl qui précède le beaucoup plus chaleureux Send Me Your Love, sans toutefois dérouter l'auditeur. Un certain esprit commun se dégage au fil de l'album qui lui donne sa cohérence. Un brin de nu soul avec la voix d'Olivier Daysoul, un hommage au DJ des débuts du hip-hop en compagnie de Buddy Sativa ou un rap avec le MC T3 de Slum Village, les différents invités appuient cette diversité appréciable.

Mais à trop puiser ses références dans le passé, l'album sonne un peu daté et les productions donnent parfois l'impression de sortir de studios des années 1980. Sans doute volontaire de la part d'Onra, ce choix lasse un peu au fil des pistes. Que penser ainsi de Mechanical, sorte d'électro-disco qui aurait eu sa place au Paradise Garage sans problème, mais dans un album sorti en 2010 ? Heureusement d'autres titres, comme My Comet, rattrapent un peu le coup. Le bon, Wonderland par exemple, et le moins bon, le très cheezy Long Distance encore avec Olivier Daysoul au chant, se succèdent donc jusqu'au bout, laissant un peu dubitatif.

 

Au final, Long Distance laisse donc un sentiment mitigé. Le rap instrumental du parisien est parfois bien mené même s'il est souvent trop dans l'esprit de ses références pour être convaincant aujourd'hui.

 

http://img687.imageshack.us/img687/268/onracoverlight.jpg

par Tahiti Raph

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 11:24

Sortie : 28 juin 2010

Label : Modern Love

 

Rob Modell est Deepchord. Il régit le label éponyme, basé à Detroit et fréquemment comparé à Basic Channel et Chain Reaction. Steven Hitchell est Soultek, le boss de Souldubsounds. A eux deux ils forment Echospace, et c’est sous la dénomination nébuleuse Deepchord Présents Echospace qu’ils sortent leurs albums de dub techno, envoûtants et insondables. En 2007, The Coldest Season avait défrayé la critique, c’est au tour de Luimin, sorti également sur Modern Love, de caresser nos oreilles.

 

Si leur premier disque, aussi cotonneux que de la poudreuse, décrivait la froide pâleur de l’hiver, Liumin s’inscrit dans une veine bien plus urbaine. Les deux Américains ont placé Tokyo au cœur de leur inspiration, allant jusqu’à ajouter à leurs compositions des field-recordings capturés au sein de l’océan de néons qui pare la pochette. Outre les lointains bruits de rue, le caractère sablonneux et finement filtré des textures apparaît comme particulièrement présent, du fait de l’utilisation exclusive par Modell et Hitchell de matériel analogique vintage.

Apprécier pleinement Liumin requiert une écoute misanthrope. Marcher dans la rue au gré des remous voilés d’Echospace vous plonge dans un abysse des plus profonds. L’agitation extérieure, se heurtant à un écran mousseux, à une brume impénétrable, vous isole implacablement l’esprit. Mais même si l’on se sent soudain très proche de Bill Murray dans le film Lost In Translation, il faudra se contenter, en guise de Tokyo, d’un Paris bien moite. Toujours est-il que Luimin possède une réelle dimension solaire, l’enfiévré Summer Haze ou le dantesque BCN Dub (sur lequel on reviendra) apportent à la boucle linéaire que déroule le disque de chaudes pulsations estivales. A grand renfort de dub indolent et de minimalisme pur, l'album se présente comme une ode à la monotonie, 5 des 9 titres touchant les 10 minutes. Echospace tisse un fil d’Arianne à partir du roulis délicat des kicks, et l’orne à leur guise et avec beaucoup de progression de vagues venteuses, de pointes de binaire ou de percussions mattes. L’aspect monocorde peut s’avérer rebutant pour des oreilles impatientes, et dans tous les cas de nombreuses écoutes sont nécessaires pour apprécier la subtilité des plages dessinées par Echospace. On retiendra le majestueux Burnt Sage, dont la sublime mélodie, aux saveurs d’ambient, fait atteindre des sommets de deep techno. Le génial BCN Dub, également (de 12 min), a des goûts de fin de rave surréaliste en bord de plage. Avec un pied binaire plus appuyé, il déploie un chant de cuivres. Mais ces lointaines trompettes sont parasitées, cryptées, et rendus troubles, comme par l’hypothétique effet sur l’ouïe d’une drogue hallucinogène.

 

Luimin est un objet poisseux et profondément hypnotique, qui vous engourdit les synapses pour mieux les électrifier. De multiples écoutes dévoilent l’immense potentiel d’un disque qui s’appréciera idéalement lors d’afters comateux. Deepchord Presents Echospace. Enchanté.

 

                               Echospace1.jpg

par Manolito

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 20:01

Sortie : 24 août 2010

Label : Warp

Genre : Rock-funk-electro

Note : 6/10

 

!!! (chk chk chk) est une exception sur l'échiquier warpien mais !!! est une exception tout court. Comment réussir à cataloguer un groupe dont la musique n'arrive jamais à se figer ? Si Warp a mis la main sur le groupe, ce n'était pas dans un délire d'ouverture au rock mais plutôt dans l'idée de démontrer que ce genre peut parfois exploser dans tous les sens.

!!! du disco-punk ? Trop réducteur. De l'électro-funk ? Trop synthétique. !!! n'est rien d'autre qu'une partouze musicale ayant pour unique but de vous faire bouger le cul comme Funkadelic en son temps.

 

Depuis Myth Takes en 2007, le groupe a subit des contrecoups : mort de son batteur Jerry Fuchs, départ du bassiste Justin Van Der Volgen ainsi que du guitariste Tyler Pope. C'est désormais le chanteur Nic Offer qui mène la troupe de déglingués. Car !!! prend toute sa mesure en live et devient alors, modestement, une des plus grosses machines à danser qui puisse exister. Le leader donne de son corps comme personne. J'ai souvenir d'un concert démentiel à 3h du mat' au Summercase de Barcelone en 2007, le chanteur arrivant sur scène en vélo, gobant un taz devant le public et démarrant son concert à 2000 à l'heure avant de vomir sur scène. Sous l'impulsion disco-funk du groupe, le public était devenu totalement hystérique. Grand moment !

Sur disque, la sauce prend aussi mais avec moins d'immédiateté. Même si on y gagne une meilleure cohérence dans la structure des morceaux, on y perd malheureusement cette énergie primaire produite par le collectif. Strange Weather, Isn't It ? est le quatrième album des Californiens et les habitués ne seront pas dépaysés.

!!! a pour principe d'appliquer les codes de la musique de club dans ses morceaux. C'est relativement simple, on installe l'ambiance et quand vous êtes bien mûrs, on fait tout péter. Les montées sont donc récurrentes avec ce côté extasié qui vous colle le sourire et les bras en l'air. Strange Weather, Isn't It ? joue sur sa basse funky et sa batterie épileptique (Paul Quattrone remplaçant le défunt) pour vous maintenir sous pression. Ca groove sec dans votre caleçon et ça vous fait transpirer à grosses gouttes.

Le refrain facile suivi d'une longue montée, renvoyant la space-disco dans ses cordes, de The Most Certain Sure permet de retrouver immédiatement l'énergie du groupe. La voix de Nic Offer se met en retrait pour mieux laisser les instruments prendre l'ascendant. Résultat : quand les cuivres se mêlent à la voix soul de Shannon Fuchess sur Wannagain Wannagain, ça groove comme jamais. Même quand !!! expérimente avec le tribal Hollow, porté uniquement par la batterie, ça fonctionne à plein régime. Et en clôturant l'album par la gigantesque montée électro imparable de The Hammer, on finit en nage. Alors même si le groupe reste bloqué sur ses acquis, on est conquis une fois de plus.

 

Strange Weather, Isn't It ? ne sera pas l'album de l'année mais on s'en fout du moment que le plaisir est là. Le but premier de !!! est de provoquer l'hystérie en live en vous faisant danser jusqu'à épuisement. L'idée que la musique n'est parfois qu'un simple plaisir hédoniste se vérifie une fois de plus avec ce groupe hors-norme.

 

http://3.bp.blogspot.com/_bS_R4pcN-Oo/TCIEn0mb0GI/AAAAAAAACrk/MTjly1u_mic/s1600/chk.jpg

 

par B2B

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 16:00

Sortie : juillet 2010

Label : Mochilla

 

Mochilla aime les objets originaux. La maison de production fondée en 1997 par les photographes Eric Coleman et Brian Cross (aussi connu sous le nom de B+) propose dans un magnifique coffret DVD tiré à seulement 4.000 exemplaires, trois concerts enregistrés au début de l'année 2009 à Los Angeles, retranscrits en noir et blanc, et ayant vocation à être éternels. Pour tendre à ce statut, trois artistes officiant dans des sphères apparemment différentes ont été réunis sur Timeless.

 

Le premier est Jay Dee. Eteint en 2006, le producteur américain de Detroit se voit en fait organiser un concert hommage, sous le titre Suite For Ma Dukes (la mère du garçon), pour lequel un orchestre de 60 musiciens a été réuni autour du compositeur Miguel Atwood-Ferguson qui a adapté les titres originaux. 15 de ses productions sont exécutées, prenant un relief tout particulier de par leur interprétation par un large ensemble classique. Si la présence de Jay Dee pouvait sembler incongrue à côté des deux autres artistes, la richesse de la musique proposée apporte un démenti formel. Compositions fines et nuancées sont jouées avec une subtilité loin des productions rap. Les hochements de tête ne viennent que plus tard quand la batterie entre en scène, notamment sur Gobstopper, tout en gardant des constructions soignées.

Les titres prennent rapidement des airs de musique de film, rappelant parfois des arrangements de Quincy Jones. Ainsi sur Don't Nobody Care About Us, une grande tension est palpable. L'ambiance monte peu à peu et décolle notamment sur Hoc N Pucky. C'est l'heure pour quelques invités d'arriver sur scène: Dwele chante sur un Angel assez jazz, puis ce sont Bilal, Amp Fidler, Posdnuos de De La Soul et Talib Kweli (ces deux là se font bien plaisir à rapper sur Stakes Is High) qui défilent sur les derniers morceaux.

 

Le deuxième artiste convié est un habitué de nos colonnes en la personne de Mulatu Astatke. Le vibraphoniste éthiopien n'en finit plus de faire l'actualité et de recevoir des hommages de nombreux musiciens de styles différents. La version en concert de certains de ses classiques et de quelques nouveautés permet d'apprécier ses compositions dans le détail. Entouré d'un large groupe, il mène les morceaux derrière son vibraphone avec une certaine discrétion, prenant quelques solos assez sobres.

Entamé par le thème lancinant de Yekermo Sen, le concert permet aux cuivres, au guitariste, au pianiste, au violoniste ou au percussionniste d'intervenir en solo chacun leur tour pour apporter leur contribution au cadre fixé par Mulatu Astatke. Tout comme le premier volet, les morceaux sont parfois entrecoupés de scènes de répétitions ou d'images prises en coulisse avant le spectacle. Ce concert permet d'apprécier le groove assez funky du musicien, sur Yegelle Tezeta par exemple, qui officie toutefois dans un registre plutôt jazz, mais avec une tonalité qui lui et propre.

 

Le troisième invité est moins connu, notamment parce que son heure de gloire a sonné en 1972 avec quasiment son seul album solo qui n'a de plus pas rencontré le succès commercial. Ce disque d'Arthur Verocai est toutefois considéré par certains producteurs américains comme Madlib ou MF Doom comme une perle. Ce DVD permet de se plonger dans les arrangements que le Brésilien n'avait jamais joué en concert, s'étant tourné après le flop de son album vers la composition de musique pour la télévision. Les morceaux sont cette fois-ci entrecoupés d'interviews de Verocai qui raconte son histoire et son rapport à ces morceaux qu'il avait lui-même essayé d'oublier.

Côté son, les arrangements assez cinématographiques de cordes prennent tantôt un esprit jazz avec les solos de cuivres et de saxophones, tantôt funky quand la guitare se met plus en avant ou brésilien lorsque les différents chanteurs s'expriment. Si l'ambiance retombe parfois un peu, cette variété d'influences apporte des regains d'intérêt. Et Verocai semble finalement très heureux de réentendre ce témoignage du passé.

 

Voilà donc trois concerts agréablement filmés, avec de nombreux plans sur tous les musiciens, qui permettront de découvrir ces trois artistes ou d'avoir de nouvelles perspectives sur leurs travaux. Un genre de projet trop rare... d'autant que les heureux possesseurs de ce coffret pourront également télécharger la musique.

 

http://mochilla.com/media/images/2115_shop-thumbnail.jpg

par Tahiti Raph

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 18:36

Sortie : juin 2010
Label : RJ's Electrical Connections
Genre : Rap instrumental
Note : 6


Cinq mois après son dernier album, The Colossus, dont le côté très pop était assez décevant (chronique ici), RJD2 revient déjà avec Inversions Of The Colossus, une espère de suite plus intéressante car moins chantée. Le producteur américain s'est-il rendu compte que les voix n'intéressaient pas vraiment son public ? Nous ne savons pas, toujours est-il que cette "inversion" de son disque contient sept instrumentaux de titres chantés sur l'original et sept nouveaux morceaux dont trois seulement contiennent du chant. De quoi nous réconcilier un peu avec un garçon qui partait bien avant de prendre une direction nettement moins intéressante.

 

Bien que les titres ne soient pas regroupés ainsi sur l'album, abordons tout d'abord les versions instrumentales délestées de leurs voix. Et là, premier motif de satisfaction, l'esprit pop un peu léger des originaux disparaît pour laisser place selon les moments à des pistes électronica ou abstract hip-hop bien construites et captivantes. On retrouve le RJD2 des débuts qui savait nous raconter des histoires avec quelques samples et une caisse claire qui claque. Nous ne sommes plus distraits par le chant et nous pouvons donc apprécier le travail de production et son sens du groove, notamment sur le très funky Crumbs Off The Table aux accents rap à l'ancienne. Même sur des mélodies un peu douces à l'oreille comme sur The Shinning Path, le message passe bien mieux. L'Américain cogne un peu moins et propose des sons un peu plus propres que par le passé, mais cela n'enlève pas à la qualité des compositions. Il n'y a que Walk With Me et son esprit rock 60's qui nous emballe moins.

Côté nouveautés, Inversions Of The Colossus débute sur The Perfect Occasion, dont les cuivres rappellent tout de suite l'énergie de son premier album. Si RJD2 travaille plutôt désormais avec des musiciens, il nous démontre tout de suite qu'il n'a pas oublié le maniement des samples. Sur Liquid Luck, la batterie bastonne et les scratchs dynamitent l'instru. Le reste est presque du même tonneau, des titres finement concoctés où l'on retrouve tout le talent de l'Américain. Enfin, pour les pistes chantés, nous retiendrons The First Sights Of Land à l'esprit rock psyché plutôt rafraîchissant et nous tenterons d'oublier les deux autres, dont un In 3's particulièrement hors de propos.

 

Malgré deux ou trois faux pas, on retrouve donc RJD2 à son meilleur niveau, celui qu'il atteint quand il s'attelle à des instrumentaux plutôt qu'à des chansons pour lesquels il n'a pas de talent particulier.

 

http://media.virginmega.fr/Covers/Zoom/IUS/884385968953.jpg

par Tahiti Raph

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 11:36

Sortie : mai 2010

Label : Ad Noiseam

 

Hecq, voilà un nom que citent plus que rarement les habituels lèches-culs de Warp. Et pourtant, l'Allemand Benn Lukas Boysen est un des rares artistes officiant dans l'IDM a avoir réglé ses conflits oedipiens vis à vis des vaches sacrées du genre. En plus d'avoir tué ses pères (et ses pairs), il a enfanté des rejetons géniaux comme Tapage ou encore Access To Arasaka. Son style quasi-unique, qu'il soit haché, mélancolique ou presque industriel a ravi les adorateurs du label Hymen Records avec les chefs d'oeuvre Steeltongued, 0000 ou Nightfalls. C'est cette fois-ci chez Ad Noiseam qu'il livre un maxi dubstep, en cohérence avec la ligne artistique du label cette année.

 

La pochette fait forcément penser au légendaire jeu vidéo Doom. Outre l'hommage qui va bien, on s'aperçoit rapidement que le dubstep de l'Allemand est aussi terrifiant que les scènes de boucheries offertes par le célèbre jeu. Divinement échantillonnés et dotés de la précision d'un scalpel, Sura et Tiamat sont des modèles du genre. On reconnaît pourtant l'implacable signature sonore de l'Allemand sur l'usage onirique des synthés, la dimension ambient terrifiante, ainsi que les textures rythmiques industrielles. Depuis son avènement, le dubstep a accouché de nombreux tocards pour qui le mauvais goût, le kitsch et la facilité sont des fondements presque religieux. En alchimiste du son, tout ce que touche Hecq se transforme en or. Il renvoie ici la concurrence précédemment citée à ses balbutiements. Qui d'autre que Matta, autre sensation dubstep de l'année chez Ad Noiseam, pouvait conclure avec brio ce maxi avec sa version survoltée de Sura.

 

Trop peu de gens savent que Hecq est un génie. Cet essai dubstep le prouvera facilement. Ce dernier étant plus que concluant, la parution d'un album entièrement voué au genre ne serait pas usurpée. Mais Hecq n'est jamais là où on l'attend. Même si ce maxi est bien différent de ses travaux précédents, il est loin d'être anecdotique. Néanmoins, ceux qui désireraient se convertir à sa musique pour toujours sont vivement invités à s'immerger dans ses albums IDM.

http://www.synthema.ru/uploads/posts/2010-06/1276253678_adn128-b.jpg

par Ed Loxapac

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 12:22

Sortie : juin 2010

Label : Now Again

Genre : Voyage sous acide

Note : 7

 

Bienvenu dans l'imaginaire de Paul White et de son cerveau violet ! Prêt pour un voyage musical dont votre guide est un guru suédois ?

 

Auteur depuis 2007 de plusieurs maxis et d'un album, Paul White sort un nouveau long format assez conceptuel. Le producteur londonien ne s'est armé que d'un sampleur et de quelques "jouets" de studio pour composer un disque inspiré par les travaux du "troubadour mystique psychédélique venu de Suède", comme il se définit lui-même, ST Mikael. Les 22 pièces proposées naviguent entre les genres dans un cadre plutôt rap instrumental.

 

Les pistes dépassant rarement les deux minutes vous font passer de l'Inde au rock psychédélique en passant par le folk et d'autres contrées spirituelles. Plus qu'une collection de samples, l'album est un enchaînement de courts morceaux, souvent instrumentaux, dans lesquels Paul White semble flâner sans trop se poser de questions. Les tonalités se suivent sans se ressembler.

Les sitars reviennent régulièrement (avec un petit côté Bombay The Hard Way de DJ Shadow et Cut Chemist), tout comme les guitares électriques ou sèches, ou autres claviers, le tout peuplé de voix pleines de reverb. L'Anglais découpe habilement les morceaux de son maître à penser afin de créer un cheminement nouveau. L'auditeur devra se laisser envahir par les sons et délaisser les conventions pour s'imprégner du message mystique qui lui est délivré. Il ressentira alors paix et amour, sagesse at apaisement.

La difficulté consistait à actualiser cette musique qui sonne extrêmement années 1970. A la manière d'un Madlib, Paul White place des rythmiques bien carrées qui modernisent habilement le matériau original. Malgré les nombreuses teintes, une certaine continuité se dégage autour des voix, de l'esprit mystique et du traitement réalisé. Envolées mélodieuses, temps de réflexions, les enchaînements semblent de plus en plus logique au fur et à mesure que vous vous convertissez.

 

Le cerveau violet est furieusement habité. Il vous propose une alternative. Serez-vous prêt pour ce flash-back au coeur du psychédélisme abstrait ? Nous oui.

 

http://bandcamp.com/files/58/38/583896701-1.jpg

par Tahiti Raph

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 19:27

Date : 26 juin 2010

Lieu : Cabaret sauvage (Paris)

 

Hier le Cabaret sauvage a ouvert ses portes au label Jarring Effects, conviant ainsi Brain DamageR;ZatzBen SharpaUnder Kontrol et L’Oœuf Raide. Un plateau engageant qui pousse à se remuer jusqu’aux tréfonds du parc de la Villette.

 

La soirée a lieu dans le cadre du Festival Copacabaret, et débutait par la diffusion des (groumpf de) huitièmes de finales de la coupe du monde. La faute au foot, les concerts commencent donc tard. On arrivera sur les lieux aux alentours 12h30, loupant la mystérieuse R;Zatz, mais à temps pour voir Under Kontrol monter sur scène. En cet instant de transition, le chapiteau du Cabaret est spectaculairement vide. Ces quatre beatboxers n’emploient ni machines ni instruments, et dressent des pièces rythmées et plutôt saisissantes. En revanche, la mise en scène, qui prend des airs de chorégraphie bien rodée, manque cruellement de spontanéité. Au final une mise en bouche qui s’apprécie aussi bien autour d’une bonne bière sur la terrasse. Avec l’arrivée de Brain Damage, la salle circulaire du Cabaret se remplie, et le public se presse devant la scène pour accueillir les deux Stéphanois. Enfumée et constamment sous tension, leur prestation sera des plus impressionnantes. Leur dub raide prend en live des allures hybrides et industrielles. Le bassiste chevelu Raphaël Talis écorche de ses riffs les beats sombres émanés des machines de l’ingénieur du son Martin Nathan, et la foule trépigne, entrant peu à peu dans une sorte de transe individuelle et hypnotique. Sous les bondissements du duo, le chapiteau s’emplie de vapeurs opiacées, les beats saignent, on en ressort secoué.

 

Le temps d’une pause et c’est au tour du rappeur Sud-africain Ben Sharpa de prendre le micro. Mais en regagnant l’intérieur, surprise, l’auditoire s’est vidé de ses rangs. Kgotso Semala fait face à une salle honteusement clairsemée, ce qui ne l’empêchera pas de se défoncer et de débiter son rap assassin avec hargne. Les beats lourds et lancinants sont teintés de résonances digitales et traversés d’éclairs synthétiques. Le rappeur donne tout et son grime obsédant tranche dans le vif. Mais les enthousiastes se comptent sur les doigts d’une main. Pour l’avoir vu en Suisse devant une salle pleine à craquer, je ressors dégoûtée de ce public frileux et mou. Oreilles et jambes ont malgré tout bien pris, l’heure est au retour, on laisse L’Oeuf Raide aux quelques pelés et tondus qui restent.

Constat mitigé donc pour cette JFX Night. Les performances de Brain Damage et Ben Sharpa valaient définitivement leur pesant en cacahuètes mais la dégradation de l’ambiance et l’auditoire étriqué laissent une impression un peu amère. Le tout est de se dire que l’on vient pour la musique.

 

par Manolito

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 13:17

Sortie : 6 juillet 2010

Label : Anticon

Genre : Electronica

Note : 8,5/10

 

Daedelus en personne s’est chargé de présenter le Californien Will Wiesenfeld, aka Baths, à l’écurie Anticon. Le  label qui se joue des styles et des modes pour offrir des propositions musicales parfois bancales mais souvent captivantes propose ici un univers musical encore inconnu : l’électronica-chill-wave.

 

S’il y a bien une chose qu’on ne pourra reprocher à Baths, c’est le fait d’imposer sa propre empreinte musicale. Le mec bosse seul sur ses machines après avoir au préalable enregistré lui-même ses sons sur divers instruments acoustiques (guitare, basse, claviers, etc.). Il y ajoute une bonne louche de field-recording et pose sa voix sur l’ensemble. Le résultat produisant une entité sonore unique et difficilement catalogable. Cerulean apparaît comme un bain de jouvence pour nos oreilles et s’impose rapidement comme une évidence. Baths a un talent fou pour figer dans nos têtes des mélodies simples portées par des rythmiques complexes. Imaginez la rencontre entre Bibio, Flying Lotus et Animal Collective et vous aurez seulement un quart des références que l’on peut percevoir dans cet album.

Cerulean baigne dans des sonorités aquatiques réconfortantes, à peine parasitées par une fine utilisation du glitch. Les beats sont percussifs et l’utilisation du sampling s’emboîte finement dans cette précieuse structure. A ce petit jeu des télescopages auditifs, Aminals est un bijou d’électronica dont les voix d’enfants se superposent aux multiples instrumentations acoustiques.

Baths ne se perd jamais dans ses propositions, les pistes dépassant rarement les 4 minutes. Le tour de force résidant dans cette façon unique de mêler complexité électronique et accessibilité pop. Dès la première écoute de l’album, on est saisit par l’évidence de certaines mélodies. C’est le cas de Rafting Starlit Everglades dont les sons tout en aspiration ajoutés au lointain crépitement de feu perceptible et à la mélancolique mélodie convoquent avec grâce les démons de Boards Of Canada.

Cerulean est maîtrisé de bout en bout, aucune faiblesse ne transparaît. Même la sur-utilisation du vocoder sur You're My Excuse To Travel finit par emporter l’adhésion. Et quand un petit coup de mou se fait sentir, Baths passe à la vitesse supérieure en vous propulsant dans l’espace avec Indoorsy, sublime électronica occupant tout le spectre sonore lors de ses envolées shoegaze à vous coller des grandes vagues de frissons.

 

Pour son entrée dans l’életronica, Baths tape fort, très fort, avec un album remarquable possédant une singulière identité sonore. Vous pouvez vous jeter dessus les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes. Captivant, dense et immédiat, Cerulean risque fort de s’imposer durablement dans votre esprit.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/Baths.jpg

 

par B2B

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 14:46

Sortie : mai 2010

Label : Expect Candy

Genre : Electro-pop revisitée

Note : 7

 

En novembre 2009, Arms And Sleepers sortait l'album Matador (chroniqué ici), 11 titres electro-pop fragiles tirant plus sur l'ambient rêveur que sur la chanson FM. Six mois plus tard, et après la publication d'un disque de versions alternatives et de faces b, les productions des deux Américains ont été passées à la moulinette du remix par dix autres artistes et par eux-mêmes pour un résultat souvent orienté plus électronique.

 

Une fois n'est pas coutume, commençons par une déception avec le travail de Lymbyc Systym qui s'éloigne de ses bonnes habitudes et de son style de prédilection pour ajouter un kick à The Architekt qui prend des allures club peu engageantes. Ce titre sera décliné en deux autres versions, une première de The Consulate General vs Boy in Static qui lui donne un ton électronica sucré à la Bonobo ; une autre de Bigadiga plus intéressante par le traitement des voix, dans une tonalité plus sombre et énigmatique. Un esprit entre électronica et ambient va régner sur les différentes relectures proposées montrant à la fois un respect du matériau de départ ainsi qu'une volonté de se l'approprier. The American Dollar et Nolens Volens jouent ainsi intelligemment le jeu avec réussite. Même Arms And Sleepers se fond dans l'électronica pour revisiter The International qui met un temps avant de décoller et de convaincre. Sur Matador, l'original ambient prend des airs trip-hop avec Uzi and Ari aux manettes. La fine mélodie enchanteresse est conservée et habilement manipulée afin d'offrir un des meilleurs moments de ce disque. Autre alternative offerte par la New-yorkaise Amanda Rogers qui plonge Simone dans un gracieux moule folk qui tient plus de la reprise que du remix. Jusqu'au bout les différents producteurs réunis conservent ce côté abstrait cher à Arms And Sleepers, maintenant l'auditeur sur un petit nuage flottant paisiblement dans les airs. Un sentiment de légèreté à déguster avec délectation comme sur le Kino de Thequietarmy et sa patine post-rock envahissante.

 

En écartant le morceau revu par Lymbyc Systym, rarement une collection de remixs s'est avérée aussi réussie et cohérente. Les deux musiciens de Boston ont confié la douceur de leurs mélodies à des artistes qui ont su habilement les remanier. Matador Remixed constitue ainsi une porte d'entrée engageante sur la musique du groupe et un prolongement bienvenu pour ceux qui en apprécient déjà le style.

 

http://www.expectcandy.com/images/cover/AAS_MA-RMXlp_frontcover.jpg

par Tahiti Raph

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