Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 20:00

Sortie : juin 2010

Label : Tympanik Audio

 

L’inquiétant Zeller serait natif du sud de la France. D’où, on ne le sait pas. Après un album en 2008 sorti sur Hymen, le très bien nommé Audio Vandalism, le Français revient insidieusement nous infecter les tympans. Ne traitant apparemment qu’avec la crème, c’est Tympanik Audio qui signe son deuxième disque, au doux nom de Turbulences.

 

Après un premier album fait de "toutes sortes de musiques subversives", Zeller ne semble pas avoir abandonné sa hargne contre l’ordre musical établi. Sa musique ne manipule que des éléments sonores au potentiel meurtrier. Dans sa chimérique mission de détruire par le son les innocentes et mortelles créatures que nous sommes, il s’arme d’IDM industrielle pervertie au breakcore, et de dubstep aussi hybride que toxique. Accommodée à des phases d’ambient profondément angoissantes, la formule de Turbulences n'est pas de celles à écouter seul dans le noir. Ou plutôt si, justement. Des influences dubstep, proche de Milanese ou de Vex’D, se manifestent par des rythmiques telluriques, que notre homme imprègne de crasseuses sonorités industrielles, transpirant la rouille et l’acier trempé. Mais n’allez pas croire que Turbulences ne représente qu’un vague conglomérat de séquences glitchées et inécoutables. La précision mélodique, l’échantillonnage lapidaire et la profondeur des rythmes découlent d’un travail d’orfèvre, et ouvrent sur des abîmes cérébraux qu’il est vertigineux d’effleurer. Plus ou moins parasitées, d’épaisses nappes surplombent les sursauts épileptiques des beats, remplissant l’office d’un ciel mouvant aux augures relativement funestes. Par exemple, dans Le Pain Maudit, Zeller fait référence à l’affaire du "pain qui rend fou", sombre histoire de farine empoisonnée (au LSD ? par la CIA ?) qui fit des ravages dans le petit village de Pont-Saint-Esprit en 1951. Du gros fun en perspective.

 

Formant un bloc compact de 16 titres, c’est sur la deuxième partie que Turbulences met une vraie claque. Après le breakcore à vous décoller l’épiderme de Variable Gravity, viennent les ronflements houleux de Starship Weapons Kit. Chaotique, cartoonesque, illuminé de synthés alarmants, la puissance de ce titre est difficilement descriptible. Le sublime Child Robot Contine achève cet enchaînement de psychopathe. Trésor d’électronique cybernétique et ingénue, voilà une des perles vacillantes de l’album (mais 2 min, de dieu que c’est court). Sonar Echoes, The Beast, Asperitatis Texture ou Zion Asteroid sont autant de déflagrations dont il faut se méfier des séquelles. Ce dernier particulièrement, qui clôture le disque, mérite le salut. Véritable morceau de dub (sans le "step") industriel, il unie avec maestria un gros skank enfumé à des breakbeats fracassants. C’est délicieux.

 

A des auditeurs avertis (et qui n’ont pas peur de mourir), Zeller donnera des impressions de lavage méticuleux du cerveau. Mieux vaut s’avouer vaincu d’avance face à un tel  mercenaire. Aux côtés des albums de Vex’D (ici) ou de Niveau Zero (ici), Turbulences risque fort de s’imposer comme une référence indus/IDM/dubstep de l’année.

 

                                                  Zeller_Turbulences_cover.jpg

par Manolito

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 18:02

Sortie : mai 2010

Label : Brick

Genre : Rap Old-school, Hip-Hop

Note : 9/10

 

C'est de Hartford dans le Connecticut que déboule le méconnu Blacastan. Après avoir pondu un paquet de mixtapes sur des labels underground, son premier album est enfin sorti en mai dernier chez Brick.

 

Des magazines pointus et certains membres crédibles de la blogosphère s'étaient enflammés pour ce LP dès sa sortie en multipliant les éloges et les superlatifs. Il était donc plus que nécessaire que nous venions aussi y mettre notre truffe. Grand bien nous en a pris...

Nos lecteurs proches de la trentaine se souviennent probablement d'une époque où de jeunes MC qui n'avaient rien à perdre et tout à offrir avaient pris le micro comme un peuple spolié vient prendre les armes. Des privations subies depuis trop longtemps, une fine observation de leur environnement alliée à une spontanéité qui n'avait d'égale que leur immense et inaltérable foi en leur art avaient suffi. Je vous parle d'un temps où le hip-hop était encore un peu trempé dans la sueur, le sang et les larmes. Une époque où des mecs comme Nas, Pete Rock, le Wu-Tang, plus tard imités par Mos DefTalib Kweli, déposèrent leurs couilles sur la table et changèrent à jamais la face du hip-hop.

Blac Sabbath est un de ces albums là. Un de ceux qu'on attendait plus en cette période où le fric et la hype (intimement liés) ont gangrené la scène hip-hop internationale jusqu'à la garde.

La production, majoritairement exécutée par Colombeyond n'a pourtant rien de révolutionnaire. Esoteric, Celph Titled, Mark Fury et Bad Newz sont crédités du côté des featurings. Le producteur Colombeyond vient même parfois arracher le mic pour poser sa voix. Le flow  de Blacastan est quant à lui affûté, haché et rageur, pour mieux se montrer hardcore et conscient. Contrairement aux nababs du genre bien installés dans les charts et trop occupés à péter dans la soie, Blacastan est encore ancré dans un milieu social qui lui permet de s'élever en chroniqueur de la rue. On sent dans ses lyrics le temps passé à errer sur le bitume ou dans les barbershop, à écorcher ses poings dans une cellule trop petite et à pester contre les radios et l'industrie ne s'intéressant qu'aux délires East coast/West coast.

Certains diront que les forces de cet album reflètent mieux ses faiblesses, que la production de Colombeyond est trop linéaire... Blacastan s'éparpille effectivement lors de la première partie du disque d'où se dégagent les magistraux Blac Magic, 3010, le cuivré The Way It's Done et l'inattendu, étrange et bien trop court Returnin' To Nam. La deuxième partie ne souffre d'aucune faute et laisse le goût qu'un uppercut provoque au fond de la glotte. Une véritable déflagration. Tout d'abord avec l'effréné et fougueux Anything Less. Ensuite avec le terrible Crac House et ses scratchs endiablés, ses samples faisant figures d'hommages. On reconnaîtra plus particulièrement une courte saisie du Life Is A Bitch de Nas. Tout un symbole... Mais c'est Life Is A Tape qui donnera toute sa couleur et son ton à l'album, nous replongeant à une époque où les vulgaires K7 traînaient chez tous les crevards du quartier. C'est pas Biggie qui dira le contraire. Sur Life Is Not A Game, outro idéale, Colombeyond vient aider notre nouveau MC préféré à clore ce qui pourrait bien être le meilleur album de rap depuis dix ans et plus. Tout simplement.

 

A ceux qui se demandent si il y a une filiation avec le groupe légendaire de heavy Black Sabbath, la réponse est non mais la présence d'un riff reconnaissable devrait leur faire plaisir. A contre pied des sucreries molles de la bite qui pullulent actuellement, Blacastan éclabousse toute concurrence avec ce LP. En véritable hommage à toutes les petites frappes tombées au combat sur le champ de bataille et l'autel du hip-hop, c'est un peu l'anti Big Boi que nous vous présentons ici. Un prochain album avec des producteurs plus nombreux et différents pourraient bien lui apporter la clé du succès commercial. Mais est-ce vraiment souhaitable ? Le message est passé.

 

http://www.undergroundhiphop.com/store/covers_large/BRK099CD.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 10:31

Sortie : 6 juillet 2010

Label : Def Jam / Universal

Genre : Hip-hop

Note : 8/10

 

Quand l’ensemble des critiques s’emballent pour un disque, il y a forcément anguille sous roche, on se met à douter de la sincérité des argumentateurs. Cela est d’autant plus valable avec un album au potentiel mainstream indéniable. La seule solution restant d’écouter l’album, dénué de tout a priori pour mieux pouvoir l’évaluer.

Big Boi, moitié du duo hip-hop OutKast avec son pote Andre 3000, sort ainsi son nouvel album solo, Sir Lucious Left Foot : The Son Of Chico Dusty. On devrait d’ailleurs plutôt parler de premier véritable exercice en solitaire puisque Speakerboxxx/The Love Below était davantage un double album d’OutKast qu’un authentique projet solo. Et au final, ce Sir Lucious se révèle être une tuerie absolue !

 

Rarement un album de hip-hop n’aura été autant maîtrisé de bout en bout. La production est tout simplement prodigieuse, avec aux manettes Organized Noise, Scott Storch ou encore Lil’ Jon, et évite les clichés éculés du rap d’Atlanta. Là où on aurait pu craindre un enchaînement de tracks aux sonorités vulgaires et poussives, on se retrouve avec un trésor d’imagination où les idées fourmillent, les sonorités se superposent, le tout se réinventant chaque seconde. Il y a cette idée que l’on peut faire un blockbuster intelligent, un objet hybride ne prenant pas l’auditeur pour un con. En 15 morceaux pour 15 singles, Big Boi envoie voler toute la concurrence grâce à un savant mélange de G-Funk, de dirty south et d’électro.

Pas un seul titre à jeter dans ce Sir Lucious. Prenons un enchaînement hallucinant et halluciné de quatre morceaux. Le premier single officiel, Shutterbugg, est un ovni mutant se faisant télescoper funk, électro, r’n’b et hip-hop, le tout porté par un sample vocal entêtant. A peine le temps de souffler que la démesure absolue déboule avec General Patton, brillant morceau à la rythmique épileptique partouzant avec un sample grandiloquent d’opéra. S’en suit avec Tangerine, une ambiance lourde à la Morricone mêlée à un beat percussif où Big Boi est épaulé par T.I. et Khujo Goodie avant que l’hommage à l’électrofunk synthétique d’Afrika Bambaataa sur un You Ain’t No DJ hypnotique ne viennent parachever cet éminent enchaînement. A chaque piste, le flow rapide de Big Boi se renouvelle pour mieux brouiller les pistes.

Et tant qu’à faire, notre hôte s’est entouré de toute une armada de featurings classieux. En plus d’inviter sa petite protégée soul, l’excitante Janelle Monae sur la sucrerie Be Still, en plus de partager un r’n’b de haut-vol, Hustle Blood, avec l’acteur Jamie Foxx, il se permet de faire intervenir le pape du P-Funk, George Clinton, sur un Fo Yo Sorrows enfumé. Même l’apparition de l’insupportable Gucci Mane se trouve transcendée sur un Shine Blockas devant tout au sample soul 70’s du I Miss You de Harold Melvin and The Bluenotes.

 

Sir Lucious Left Foot : The Son Of Chico Dusty est plus qu’un excellent album de hip-hop, c’est tout simplement le meilleur album de hip-hop mainstream depuis des lustres. Big Boi signe un LP absolument parfait, une tuerie qui fera bien plus que passer l’été, un objet explosant toutes les barrières, se jouant du hip-hop pour mieux le transfigurer. Force est de s’incliner face à ce monstre hybride.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51LX%2BhNHcfL._SL500_AA300_.jpg

 

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 20:39

Sortie : 9 août 2010

Label : Planet Mu

 

Il paraît que c’est l’été chez Planet Mu. Solar Bears, deux Irlandais tout juste signés, sortent prochainement un EP, annonçant l’arrivée d’un album en septembre. Nul doute que l’objet en question soit bientôt générateur de fébrilité dans les sphères et blogs indés. Car en terme de fusion électonica post-rock bien fraîche, l’EP promet. Face à un tel décalage avec les sorties actuelles du label de Mike Paradinas, davantage orientées dubstep et IDM, on peut être curieux, sceptiques, ou simplement y prêter un oreille attentive.

 

Composé de quatre titres, accompagnés de deux remixs, de Lone et de Letherette, Inner Sunshine a des effets de menthe à l’eau sous 36°. L’électronica de John Kowalski et Rian Trench a beau être gorgée de mélancolie pop, point de mièvrerie à l’horizon. Exclusivement instrumental, Inner Sunshine refoule quelques références old-school dans ses mélodies cosmiques et planantes. Des relents de folktronica, de rock et d’abstract hip-hop complètent la carte postale, plus sucrée et régressive que des bonbecs. On a déjà vu plus couillu, c’est certain. Mais cet EP s’apparente tant à une poignée de petites bombes, aux sons cristallins et à l’efficacité mélodique imparable, que le charme prend. Surtout lorsque les titres évoluent en déflagrations post-rock, sur fond de riffs saturés, qui écorchent l’apparente suavité de l’ensemble (le très bon Kill On et Photo Negative Living, un peu moins réussi). Avis mitigé en ce qui concerne les remixs. La relecture de Crystalinne par Letherette tue tout. Plus électronique, résolument abstract hip-hop, sa version conserve un esprit downtempo et distille une insolente indolence. Le Twin Star de Lone s’avère plaisant au bout de quelques minutes, mais l’introduction électro-kitch ne donne pas forcement envie de persévérer.

 

Planet Mu propose une parenthèse à base d’électronica douce et enjôleuse. Peu de raisons de cracher dessus. Inner Sunshine a tout de l’EP désaltérant et agréable - quasiment - de bout en bout (visuellement en revanche, c'est pas encore ça). On attend l’album et on en reparle en septembre.

                                                     http://www.planet.mu/image/discography/ZIQ269_SOLAR_BEARS_INNER_SUNSHINE.jpeg?size=E140x140

par Manolito 

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 18:40

Sortie : Juin 2010

Label : Silicate

Genre : Electronica large

Note : 5

 

Le passé musical de Pit Spector est varié, y cohabitent d'abord le piano et le reggae, la guitare et le jazz, puis une orientation plus électronique avec plusieurs collaborations. Après des projets et une création sonore, un premier maxi solo voit le jour en 2009. Au milieu d'autres travaux, vient de surgir un format un peu plus long qui ouvre de nombreuses perspectives.

 

On se demande parfois ce que signifie les titres des disques que l'on écoute. Avec Télescope, c'est clair : le Français va nous donner à voir du paysage et l'étendue de son univers sonores. Entre pièces électronica, chanson, bidouilleries expérimentales ou rap, Pit ne manque pas d'idées. Il peut ainsi offrir un bricolage drum'n bass (Cloche) ou inviter une chanteuse (sur le lancinant Subways), allant de terrains familiers à d'autres plus originaux. Overcome rappelle de loin son passage dans le reggae même si le côté un peu cheap des sons ne dépareille pas des autres morceaux. Cela sent la création maison à plein nez avec ces petits bouts de bruits récoltés à droite à gauche puis soigneusement assemblés. La méthode donne un côté ludique à sa musique sans nuire à la qualité. L'arrivée du rappeur The Pretender sur Reuilly change en revanche un peu l'ambiance. La production semble plus rectiligne bien que la rythmique soit un brin minimaliste.

L'univers du Français est varié, parfois un peu trop. Si l'on sent bien une ligne directrice dans cette collection de titres, on se perd parfois face aux multiples directions empruntées. L'ambient de Thundernight et sa suite Tundenight Silence viennent par exemple apporter une touche nouvelle, mais font un peu retomber la légère montée menée jusque là. Ces deux pistes très épurées ainsi que les passages avec des voix semblent finalement un peu superflus quand on aurait préféré le voir aller plus loin dans ses constructions électronica.

Trois remixs viennent compléter cet album disponible seulement en édition limitée. Ils prolongent les expérimentations de Pit Spector en évitant la facilité, notamment Modeliszt qui se lance dans une version dub de Demost à l'écart des poncifs du genre.

 

Malgré un peu trop de diversité, cet album propose une respiration agréable et un chemin de traverse intéressant en évitant de verser trop dans l'expérimentation. Un fil rouge plus clair aurait achevé de nous convaincre.

 

http://www.silicate.fr/pochettes/014.jpg

par Tahiti Raph

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 22:08

Sortie : juin 2010

Label : Mindwaves Music

Genre : IDM zébulon

Note : 8/10

 

De son vrai nom Jacob Helverskov Madsen, Karsten Pflum est un artiste danois établi à Berlin. Depuis ses débuts en 2002, il a su se faire remarquer par tout ce qui compte d'émissions de radios spécialisées et de labels aussi prestigieux que Ad Noiseam ou Hymen. Il a d'ailleurs sorti en ce même mois de juin un maxi sur le premier label cité. Même si les observateurs admettent qu'il officie dans les sphères de l'IDM, il la saupoudre parfois de drill'n bass, de jazz bionique ou de breakcore. Il eut récemment le privilège de partager la scène avec le mythique Hecq et aussi Matta, une des grosses sensations dubstep de l'année.

 

Le mois dernier paraissait Slaphead Faun sur Mindwaves Music, baptisé ainsi en référence au premier avatar artistique du danois. Ce disque est en réalité une compilation d'inédits enregistrés entre 2002 et 2007. Le contenu y est donc divers et varié. Mais ce qui aurait pu être un recueil de morceaux inaboutis, se révèle finalement comme un patchwork bigarré et représentatif de la palette sonore de Karsten Pflum. On croisera des chefs d'oeuvre d'IDM oldschool que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, des infra-basses empruntées à un dubstep qui n'en était à l'époque qu'à ses balbutiements et des passages d'électronica expérimentale du meilleur cru (le superbe Six Step Chase de clôture et ses violents breakbeats). Le Danois utilise les synthétiseurs de manière très spécifique, avec une mélancolie et un romantisme troublant (Further Down The Rabbit's Hole) qui contraste énormément avec sa frénésie rythmique cavalière (Thael Spir). Rajoutons à cela quelques ascensions acides et des batteries aux accents de jam sessions jazzy. Lo Us - Intermezzo, Pan BD Spiree ou les deux versions de Tak 1 (dont vous trouverez un clip ici) révèlent aussi leurs lots de prouesses mélodiques et rythmiques.

 

Son récent maxi Nemo Loon et cet album compilant d'excellents inédits nous renforcent dans l'idée qu'il faut plus que jamais compter sur Karsten Pflum, pour s'émerveiller de lendemains gorgés d'IDM classieuse et fourmillante d'idées.

 

http://i180.photobucket.com/albums/x21/mindwaves/Karsten%20Pflum%20-%20Slaphead%20Faun/frontcover-425.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 17:33

Sortie : juin 2010

Label : Ultimae

Genre : Ambient Psyché, Electronica, Live

Note : 7,5/10

 

Le projet H.U.V.A Network résulte de la rencontre entre deux illustres pensionnaires de la maison lyonnaise Ultimae : Vincent Villuis (AES Dana) et Magnus Birgersson (Solar Fields). Après le superbe Distances paru en 2004, le duo livrait l'année dernière le superbe Ephemeris. Le son unique de ce projet ambitieux est radicalement différent de celui qu'ils composent en solo. Résolument downtempo, leur musique progressive navigue aux confins du trip-hop, de l'ambient et de l'électronica.

 

Le célèbre festival anglais est plus connu pour abriter les ténors de la brit pop et de l'indé mainstream plutôt que les artistes underground de la crème électronique. En l'an de grace 2005, ceux qui se pressaient pour assister au set anémique de Coldplay ou de Keane purent aussi embarquer pour l'odyssée live proposée par H.U.V.A Network. Ils y jouèrent Distances pratiquement en intégralité. Les textures issues des synthés enveloppèrent probablement un auditoire médusé par tant de fluidité tandis que le travail des batteries lorgnait du côté du trip-hop et d'une drum'n bass downtempo. On commence doucement avec l'intro et Time Circles, véritables rampes de lancement avant de décoller grâce à Moon Town et Processing Lights vers des galaxies luxuriantes et bienfaisantes. Mais les choses sérieuses commencent réellement à partir du moment où les exceptionnels Access To The Long Fields, Indigo Room et Distances diffusent leurs radiations progressives et hypnotiques. Les crescendos sont divinement maîtrisés. Les deux grosses pointures d'Ultimae ont le don de nous faire vivre des expériences proches de la méditation, entre conscience et coma, où les éléments se déchaînent pour finalement rapprocher l'humain de son environnement et de ses propres contrées. J'imagine le public les yeux grands ouverts et la bouche béante devant, ce qui fut probablement une expérience titanesque. Quoi d'autre que le chamanique Rain Geometries, et ses guitares liquides sous fond de trames orientales, et Overload pouvaient mieux conclure cette promenade en amnésie ?

 

Première réalisation de l'ére du digifile pour Ultimae, ce disque fera surtout office d'objet de collection pour les habitués du label et ceux qui s'étaient déjà profondément immergés dans Distances. On regrettera peut-être de ne pas pleinement saisir l'atmosphère qui entoura ce live. L'expérience mérite en tous cas pour tous d'être vécue.

 

http://www.ultimae.com/imgdisco/000000_467.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 16:59

Date : 27-29 août 2010

Lieu : St Cloud

 

Fin août c'est un peu le rendez-vous annuel pour tous les Franciliens férus de musique. On rentre de vacances et avant de se retrouver dans l'enfer du métro-boulot-dodo, on en profite pour se divertir les oreilles à St Cloud pour le désormais traditionnel Rock En Seine.

Cette année, Chroniques électroniques fera le déplacement car l'affiche proposée nous apparaît en tout point pertinente et alléchante. Rock En Seine se fait de plus en plus électro avec le trip-hop puissant de Massive Attack, les déflagrations disco-punk de LCD Soundsystem, les envolées techno-pop 90's d'Underworld et se permet même de rameuter la clique Cypress Hill pour un concert hip-hop qui s'annonce dantesque.

On y ajoute du bon stoner avec les Queens Of The Stone Age, du rock couillu avec les Black Rebel Motorcycle Club, du rock drogué avec les Black Angels, une dose de revival 70's avec Roxy Music, une pointe de folk hautement qualitatif avec Eels et Beirut, une ribambelle de groupes indie dans le vent, et au final on obtient la meilleure prog rock de l'été en France.

On reviendra bien entendu en longueur sur cette édition dans la foulée.

 

http://media.paperblog.fr/i/302/3026027/programmation-rock-seine-2010-L-1.jpeg

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 10:48

Sortie : 24 mai 2010

Label : !K7

Genre : Mix electronica psyché

Note : 8/10

 

La mythique série DJ Kicks nous revient trois fois en trois mois suite à une courte pause. Après le mix house de Juan MacLean et avant la déflagration dubstep de Kode9, c’est au tour de l’estimable boss du label Border Community, James Holden, de venir faire étalage de sa science du mix et de ses connaissances musicales. On savait l’Anglais très ouvert, on s’attendait à un mix tech-house vicieux comme proposé sur At The Controls, et au final on se retrouve avec un voyage d’une complexité folle. Ce DJ Kicks est sans aucun doute le plus exigeant de la série mais c’est peut-être aussi le plus réussi (à ranger aux côtés d’Erlend Oye et Kruder & Dorfmeister).

 

Toute la force de ce DJ Kicks réside dans sa perpétuelle ascension, dans son refus de proposer une musique stagnante et dans sa volonté farouche de se cantonner à une électro-psyché. !K7 a laissé les mains libres à James Holden et ce dernier fait joujou comme s’il se prenait pour Albert Hofmann. Le résultat est sans pareil. Tout n’est que montées et quand vous pensez avoir atteint le sommet, vous vous retrouvez face à un nouveau rempart. C’est là que réside la complexité de l’édifice. En refusant de lâcher le beat sur la première moitié du mix, Holden entretient la frustration. De cette manière, il arrive à nous droguer l’esprit, à nous mettre en transe. Les premières tracks sont fortement influencées par les 70’s, que ce soit par Brian Eno, Tangerine Dream ou encore la Kosmische Musik.

Les 9 minutes de remix de James Holden de The Sun Smells Too Loud de Mogwai transforme le post-rock des Ecossais en catapulte tribale invoquant les E.T. de Rencontres du Troisième Type pendant que le motif répétitif du Open Melody de Lucky Dragons lorgne du côté de Philip Glass.

Passage obligé de tout mix DJ Kicks, le morceau inédit. A ce petit jeu, Holden s’en sort bien avec Triangle Folds, house-psyché tout en vagues permettant d’annoncer une fin de mix plus "dansante" (tout est relatif ici, l’approche étant davantage cérébrale) avec notamment les relents acid-techno de Legowelt avant un atterrissage en douceur.

Les 20 tracks de ce mix permettent de mieux saisir la voix psyché tracée par Border Community depuis quelques années. En puisant davantage dans l’électronica et le rock que dans la techno, Holden démontre avec finesse l’étendue de son background musical.

 

Ce DJ Kicks est en tout point remarquable de part son exigence et son parti pris psychédélique. James Holden mixe une fois de plus à la perfection et les enchaînements se font avec une rare fluidité permettant ainsi de définitivement capturer l’auditeur dans ce trip total. James Holden signe un mix érudit, se découvrant progressivement au fil des écoutes pour au final s’inscrire durablement dans les esprits.

 

http://www.mowno.com/wp-content/uploads/2010/05/holdenkicks452.jpg

 

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 13:03

Sortie : juillet 2010

Label : F4T music

Genre : Entre ambient et techno

Note : 6

 

Chroniqueur musical spécialisé dans le dub, Nicolas Couval s'est mis à la production sous le nom d'Isotroph. Après quelques pistes qualifiées de deep/dub techno, il sort un maxi sur le label F4T Music entre ambient et techno, un peu détaché de ses influences dubstep.

 

En trois titres, le Français nous présente son univers en apesanteur, dans lequel les nappes sont envahissantes. Elles impressionnent par leur volume. Avec After The Moon, la première sensation est ambient. Le tempo est inexistant, seuls les claviers emplissent l'espace de leurs rondeurs. Des nuages profonds qui posent le décor. Puis survient un léger kick donnant une première tonalité techno assez discrète.

Biotope révèle un peu plus. Une très discrète touche dub se fond dans les premières minutes avant un véritable départ techno. Tout vient à point à qui sait attendre. Les couches s'empilent doucement, les montées tempérées. Nicolas Couval travaille en finesse pour placer ses différents sons et fait évoluer l'ambiance avec mesure.

Genese, troisième titre, toujours long format, qui boucle ce maxi ne vient pas bousculer les principes établis. Le kick est toujours mid-tempo, les sonorités bien deep et les évolutions à guetter tranquillement. Il se dégage à nouveau une certaine élégance et une sobriété appréciables.

 

Bonne pioche pour Isotroph qui signe une éclosion rondement menée. A suivre.

 

http://www.play-files.net/images/1278585856-F4T13-Eclosion-Ep-Artwork-500.jpg

par Tahiti Raph

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article