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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 12:35

Sortie : mai 2010

Label : Laybell

Genre : Abstract-électronica

Note : 7

 

L'année a déjà été riche en rap instrumental déviant et électronisant. Les sorties ont été foisonnantes et nous avons notamment laissé passer le premier long format des Français de Two Left Ears qui définissent leur style comme hiphoptronica. S'il faut bien trouver des mots pour décrire la musique, nous ne sommes pas toujours convaincus chez Chroniques électroniques par l'abus d'étiquettes... nous ne rajouterons donc pas d'autres références stylistiques à celui choisit par le groupe qui correspond pas si mal à leur bricolage de samples, d'instruments, d'empilages équilibristes de sons pour créer un univers foisonnant. Deux Mathieu à la programmation et à la basse ont fait appel à un batteur, Pirzo, et une mutlibidouilleuse-chanteuse, Asako Fujimoto, pour concocter ce Lazy Trace.

 

Entrez dans la grande brocante du son, sur un étal se démènent des rythmes alambiqués, à droite d'étranges sonorités vrillées cherchent à sortir de leurs boîtes, quelques voix lointaines proviennent d'une tente un peu plus loin. Certains vendeurs se lancent dans le grand déballage, d'autres ont moins de variété à proposer. Il règne un certain parfum de bizarre... les clients ressemblent à des mages un peu fous à la recherche de samples avides de liberté. Ce vide grenier digne d'Harry Potter ne manque jamais de piquant. Scott Herren (Prefuse 73) y aurait même une échoppe.

Il y a même quelques attractions pour attirer le chaland. Asako Fujimoto pousse, avec Birds Under Valium, une chansonnette sexy et débridée qui part d'un territoire connu pour emmener le passant vers le merveilleux des lieux. Puis vous remontez le temps. Le futur est un mélange de 19e siècle baroque et de magie mesurée. Le bois des machines électroniques craque sous les impulsions. Le tempo de la ballade varie sous un ciel qui passe de gentiment menaçant à chaleureusement réconfortant. Il faut parfois se frayer un chemin dans l'abondance. Il y a toujours quelque chose pour attirer votre oreille, un assemblage décalé, un discours retaillé, un fourmillement intrigant.

 

Two Left Ears force notre imaginaire avec ce disque dans lequel il est agréable de se perdre, de ne pas chercher de sens à la visite quand il n'y en a pas. Et d'y revenir à nouveau. Encore.

 

Un dernier marchand vous interpelle : - Vous voulez vous procurer cet album ? Votre prix sera le mien !

 

http://atticaddict.com/BANDS/TWOLEFTEARS/album.jpg

par Tahiti Raph

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 19:04

Sortie : avril 2010

Label : Time To Express

Genre : Techno

Note : 8/10

 

C'est depuis 2006 que le DJ et producteur belge Peter Van Hoesen officie dans la techno exigeante. Remarqué sur une des toujours intéressante compilation mixée de Resident Advisor, il sort enfin son premier album chez  Time To Express, crèmerie à laquelle il semble avoir juré fidélidé.

 

Amateurs de techno estivale, baléarique ou tropicale, passez tout de suite votre chemin. Entropic City est un album de techno pour adultes qui ravira ceux qui ont adoré les récents albums de Cio D'Or (ici) et de Marcel Dettmann (ici). Sombre et abrupte, la musique du Belge ne fait pas dans la concession roublarde. Dès l'ouverture sur Into Entropy, on sait que notre encéphale va se scinder en deux. Pleine de relens industrielles, le son se pare parfois de reflets dub (Republic, Closing The Distance - Toy Universe) pour nous envelopper dans des ambiances minimalistes, malsaines et dérangeantes. Des tracks comme Republic, Terminal, Dystopian Romance ou Colony - Return of The Object seront propices à renverser des dancefloors habités, où il est recommandé de danser en se tenant la tête des deux mains pour ne pas basculer vers un puits sans fond. L'écoute entière de l'album se révèle physique et éreintante mais renforce le caractère exigeant et personnel de l'oeuvre. Sur l'effréné Quartz 1, aucune boisson énergisante ne pourra vous aider a reprendre haleine. Strip It, Boost It n'est sans doute pas le meilleur morceau mais c'est celui qui s'inscrit le plus rapidement dans les synapses.

 

Assommé par les basses ronflantes ou hérissés par d'intelligents micro-mécanismes industriels, nul doute qu' Entropic City parviendra à hisser l'amateur de techno mentale vers des niveaux rarement atteints cette année. Que ceux qui considèrent cet album comme glacial et sans âme se prennent la première pierre.

 

http://static.boomkat.com/images/318242/333.jpg

par Ed Loxapac

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:58

Sortie : août 2010

Label : Galapagos4

Genre : Rap

Note : 7

 

Entre les chroniques de Big Boi (ici) et de Blacastan (ici), le débat a été ouvert sur notre site pour savoir si le rap devait, en 2010, rechercher à allier qualité et approche grand public - pour le premier - ou revendiquer les valeurs originelles du hip-hop et rester fier de son indépendance - pour le second. Le label de Chicago Galapagos4, malheureusement peu actif depuis début 2010, penche bien entendu pour la deuxième voie. Son retour dans les bacs avec le second solo de He.llsent plaide en tous cas en ce sens.

 

Sur des instrus énervés (The Endtroduction) ou plus calmes (For The City), le MC du sud de Chicago critique la manière dont l'argent pourrit le rap actuel et plaide pour un retour au "real hip-hop". L'accent est donc mis sur les textes avec un discours qui prend la forme d'un récit introspectif. A la production, Max surtout, mais aussi Fifth Element, DJ Alo, et Loose Cannon, posent des sons accrocheurs ou groovy sur le mode un sample-un beat afin de laisser toute leur place aux paroles. Il y a toutefois quelques tentatives originales, comme ce recyclage pitché d'Amazing d'Aerosmith sur Insanity. Vous noterez aussi un emprunt sur Silver Dollar d'un instru déjà rendu célèbre par un autre... Pas question ici de refrain chanté (sauf justement sur Insanity), He.llsent prend ces espaces pour faire passer posément ses messages avec son flow calme ou pour laisser la place à quelques scratchs. Ne dépassant que rarement les trois minutes, les titres sont percutants et évitent toutes fioritures. Pour donner un peu d'espace aux propos, des interludes instrumentales sont en revanche programmées. L'album est de ce fait assez dense et, malgré un relâchement avec un Free un peu mou, tient en haleine de bout en bout. Le rappeur américain sait tenir son auditoire avec son franc parler et son sujet qui lui évite de se disperser.

 

Le rap américain indépendant s'est fait un peu discret cette année, espérons que les albums de Blacastan et de He.llsent ne soient que les prémices d'une fin d'année plus intense. De bons prémices !

 

http://www.galapagos4.com/images/news/Hellsent_FalseProfit_web.jpg

par Tahiti Raph

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 15:54

Sortie : août 2010

Label : Gold Dust

Genre : Délire d'un producteur rap

Note : 6

 

Lorsque EL-P a annoncé mettre en sommeil son label Def Jux, fleuron du rap indépendant américain, pour privilégier sa carrière personnelle, les aficionados du génial producteur (pour Cannibal Ox, Cage, mais aussi Beck ou NIN) et MC (Company Flow) espérait une suite a son excellent solo, I'll Sleep When You're Dead, sorti en 2007, sur laquelle il travaille d'ailleurs. Il a préféré revenir tout d'abord à l'actualité avec le troisième volet de ses megamixs, dont les deux premiers n'étaient disponibles que lors de ses concerts. Projet instrumental, et non compilation comme ce nom et l'enchaînement des pistes pourraient le laisser penser, Weareallgoingtoburninhellmegamixxx3 dépasse de loin les frontières du rap pour explorer des territoires plus abstraits et électroniques.

 

Difficilement classable, ce projet intrigue par le mélange des influences. S'y mêlent quelques coups de sang à la Tobacco, un savoir-faire propre aux artistes Ninja Tune, un univers personnel riche et quelques moments de réflexion (les claviers soul suaves de Contagious Snippet par exemple). Avec ses pistes courtes et ses rythmiques puissantes, EL-P plante un décor varié et évolutif. Les samples et autres sonorités organiques ou plus numériques se succèdent suffisamment patiemment pour poser de véritables ambiances identifiables, et suffisamment rapidement pour ne pas nous endormir. Le mixage des titres maintient l'attention et donne vraiment l'impression d'une seule plage qui se mue au gré des envies.

Si I Got This sonne comme un instrumental rap pur et dur, Drunk with a Loaded Pistol a des airs plus électronica, tandis que Meanstreak (in 3 Parts) présente un côté plus vrillé. Mais l'Américain peut aussi brouiller les références au sein même d'un seul titre. Son remix de Driving Down The Block offre ainsi un aller-retour entre les styles dont les déflagrations entre rap musclé et dubstep se prolongent sur le Honda Redux aux sonorités nettement plus synthétiques. EL-P présente donc toute la palette de ses talents de producteurs. Il nous achève avec le lancinant How To Serve Man qui vient coller quelques claques comme si Amon Tobin était un beatmaker de Brooklyn, puis le Eat My Garbage 2 dont la grosse caisse des multiples rythmiques qui se succèdent a pour seul but de vous marteler énergiquement le cerveau pendant plus de huit minutes.

 

Ce Megamixxx3 laisse un peu déboussolé, accroché par certains morceaux, secoué par d'autres et finalement un peu perdu au milieu de tout ça. Avec les écoutes, ce disque achèvera de démontrer que l'Américain en a encore pas mal sous le pied malgré les années.

 

par Tahiti Raph

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 21:30

Sortie : juillet 2010

Label : Non Projects

Genre : Abstract, Electronica

Note : 7,5/10

 

Cela fait déjà un petit bout de temps que le distributeur  Alpha Pup et son label ami  Non Projects nous alimentent les oreilles avec des albums de haute volée. Si nous avions déjà parlé du sieur Asura lors de la sortie de son génial et magistral album éponyme (ici), l'occasion nous est donnée de découvrir à ses côtés un des ses compères :  Anenon. Ryan York (Asura) et Brian Allen Simon (Anenon) se partagent donc chacun une face de la version vinyle (disponible également en digitale).

 

Même si elle n'égale pas le niveau de l'album précédemment citée, la face consacrée à Asura témoigne encore de toute l'ivresse organique, mystérieuse et enivrante de son créateur. Sur Silver Trees, des voix célestes s'imbriquent une nouvelle fois parfaitement dans sa musique riche et gentiment vrillée. L'enchaînement avec Outer Bnk et ses réminiscences techno downtempo glisse de manière limpide. Certains penseront sur ce dernier aux travaux de Trentemoller sur son premier album The Last Resort. Crimson and Bone est trop long pour être un interlude et trop court pour être un véritable morceau. Ses sages expérimentations nous emmènent pourtant vers des contrées profondes et rassurantes pleines de volupté. Le brouillé The Ocean s'élève quant à lui comme un délire Clarkien de grand cru, avant d'introduire le superbe, craquelé et terrifiant Sleepers.

Asura parvient une nouvelle fois à nous lancer vers de fausses pistes et à retranscrire d'ambivalentes atmosphères. On souhaiterait presque maintenant qu'il se montre dérangeant.

Anenon était apparu sur l'album de son pote avec son superbe remix I've Seen You In Vice. Il débute sa partie avec Chimera, perle liquide hip-hop dans la veine de ce qu'enfante cette nouvelle scène californienne, et cela même s'il y injecte des notes tribales plus que bien senties. Damiel, jolie pièce d'electronica solaire va se révéler anecdotique en réponse au monument qu'elle va introduire et qui à lui seul justifie l'achat du disque : Retold / Endless. Peu de mots pour décrire ce joyau progressif et progressiste qui, lorsqu'il se clôt, laisse les yeux grands ouverts et les oreilles orphelines. Précisons simplement que lors de la deuxième phase du titre, le cuivre vient s'allier aux matières synthétique et électro-acoustiques pour produire une oeuvre littéralement narcotique.

 

Cet "album", moins hip-hop que les sorties précédentes présentées par Alpha Pup, a le mérite de donner envie aux curieux de se plonger dans les productions de Non Projects. Si le premier album d'Asura se révèle encore plus aujourd'hui (et moins que demain) comme un indispensable absolu, on salive déjà dans l'attente de l'éventuelle sortie d'un long format signé Anenon.

 

http://mymanhenri.com/vimgs/non_projects/asura_anenon.jpg

par Ed Loxapac

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 14:29

Date : 31 juillet 2010

Lieu : La Machine du Moulin Rouge (Paris)

 

Le coeur de l'été parisien n'est généralement pas la meilleure période pour clubber. Toutefois, cette année, avec la réouverture du Rex pour le mois d'août et le programme attractif du Social club délocalisé, il reste de quoi bouger son corps sans trop compromettre ses oreilles dans la chaleur estivale de la capitale. Nous avons nous choisi La Machine du Moulin rouge, avec à l'affiche l'inventif Daedelus et le pétillant Jackson, pour, nous l'espérions, nous repaître de la combinaison Ninja Tune/Warp. Malheureusement... malheureusement cette soirée Katapult n'a pas tenu ses promesses.

 

Tout commençait plutôt pas mal. Devant les trois personnes arrivées peu après l'ouverture, DJ Seep proposait une attrayante sélection abstract/liquid hip-hop assez pointue et faisant rapidement osciller les têtes. Pas forcément très dansant, son mix semblait offrir un bon apéritif avant Daedelus. Quelques touches de rap, et l'affaire était plutôt emballante. Un début en trompe l'oeil car le Parisien était en fait chargé de faire monter l'ambiance dans un style plus dansant avant de laisser sa place. Il décide donc de tourner plus house et d'offrir un set nettement moins intéressant, dans un style efficace des plus déplaisants.

Il doit être dans les 1h quand Daedelus (en photo ci-dessous) prend le relais nourrissant quelques espoirs et quelques doutes sur la manière dont il peut assurer la relève dans sa veine électronica. Il annonce tout de suite qu'il va démarrer doucement pour faire monter peu à peu la pression. Il semble ensuite faire exactement l'inverse, partant pied au plancher avec des basses vrombissantes ! Entre dubstep et techno-house, l'Américain envoie sérieusement la sauce, jouant énergiquement avec ses surface de contrôles colorées, pour le plus grand plaisir du public. Je ne partage pas vraiment la satisfaction ambiante, surpris par ce live extrêmement orienté pour la piste de danse et dont l'intérêt est assez fluctuant. Si les quelques déstructurations des beats ou les clins d'oeil musicaux (n'est-ce pas Bjork ou le Born Slippy d'Underworld qui se glissent dans le fond ?) relèvent un peu le niveau, l'ensemble manque de l'originalité que l'on peut espérer de l'homme à la fameuse jaquette. Son set et plié assez vite, mais que peut-on attendre alors de Jackson ?

 

Daedelus

 

L'homme à la tignasse digne de Sheila (en photo ci-dessous) arrive tout sourire sur scène avec son petit blouson en jean blanc. Il balance un premier CD... et nous savons que tout espoir est perdu. Que pouvait-il alors arriver de pire ? l'arrivée de SebastiAn, autre Parisien dont les sets ne nous ont jamais emballés. Le duo nous fait donc un remake de la soirée Warp/Ed (chroniqué ici) sans plus de réussite. Les deux DJ enchaînent des titres pompiers rentre-dedans, multiplient les montées qui mènent nulle part et les breaks sans saveur. Jackson apporte parfois des touches plus convaincantes quand SebastiAn offre des références rock cassant la tentative de fil conducteur. La salle à moitié pleine se viderait-elle déjà ?

 

Il ne reste plus qu'à fuir, déçu. Hormis le début du warm up, la soirée n'a été ni satisfaisante pour l'esprit, ni pour les jambes.

 

Jackson.JPG

par Tahiti Raph

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 19:15

Sortie : mai 2010

Label : autoproduit

 

Si les critiques de disques d’électro-dub ne fourmillent pas tant en ces pages, c’est plus par manque de sorties que par omission volontaire. Le dernier et fracassant High Tone (chroniqué ici) fait exception, et les petits nouveaux de Sub Grabbing participent à relever le niveau. Ces six Francs-comtois réalisent un premier album autoproduit, Severe Notching, acoquiné à Jarring Effects, et enregistré dans le studio du Peuple de l’Herbe.

 

A l’heure où le glas de la grande époque du dub électronique français a bel et bien sonné, Sub Grabbing parvient à proposer un objet sans redondances, et suffisamment original pour en imposer. Severe Notching se réclame de ces influences tout en parvenant à dégager une identité personnelle - quelque part dans les skanks en roue libre et les nappes enfumées et planantes. Mais de toutes façons, on s’en balance pas mal de l’époque, comme de savoir si ce disque serait mieux passé il y a dix ans. Mieux vaut un exercice réussi comme celui-ci, plutôt qu’une tentative ratée de vivre avec son temps, telle que l’a expérimenté Kanka avec son projet dubstep Alek6 (chroniqué ici).

 

La formation comportant une batterie, une basse, une guitare et une trompette, le dub de Sub Grabbing puise largement dans les sonorités organiques que produisent ces instruments. Des riffs fébriles apportent des touches de rock, la trompette donne parfois des résonances ethniques, proches de celles que l’on retrouve dans le dub d’High Tone, et la basse et la batterie élaborent des rythmes à l’harmonie rapidement communicative. Si l’on omet les quelques bribes de voix en français, plutôt désagréables (Work Off), cet album ne souffre pas de réelles fautes de goût. Les titres se distinguent relativement peu les uns des autres, mais chacun s’avère pénétrant, et l’alternance entre des rythmiques soutenues et des phases plus éthérées maintient en alerte l’oreille consentante. A noter que, à volume conséquent, Severe Notching peut procurer de violentes envies de sound system digne de ce nom, soit d’être dos à la baffle, et de sentir tous ses organes décoller sous le souffle invincible des basses, des reverbs, et des échos interminables. Un peu Kingston dans ton salon, ouais.

 

Même s’il n’a rien de très subversif, ce premier album du Sub Grabbing, façonné dans les vertes prairies du Jura, mérite de s’apprécier pour ce qu’il est, soit un très bon disque d’électro-dub. Les férus du genre, blunt au poing, n’on qu’à se précipiter.

                                                            

par Manolito

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 10:42

Sortie : 29 juillet 2010

Label : Boltfish

Genre : Electronica organique

Note : 7,5/10

 

Celui qui porte le doux nom de Sabi est un artiste nippon et britannique installé à Tokyo. Il n'avait jusqu'alors lâché que des titres sur des compilations ou il était furtivement apparu avec des EP sur des labels reconnus comme Merck ou Cactus Island Recordings. On parle aussi d'un album, 71:36, réalisé en collaboration avec Kiyo. Murray Fisher (Mint) et Wil Bolton (Cheju), de Boltfish, lui laissent cette fois-ci sa chance pour publier son véritable premier album.

 

Celui qui se nomme en réalité Taro Peter Little est à prendre au sérieux. Surfant aussi bien du côté des rythmes crépitants de l'IDM que vers les sentiers enivrants de l'électronica, il alterne les formats courts et les oeuvres pléthoriques en injectant entre eux des intermèdes où ses talents de pianiste émérite sont flagrants. Lumineux et fourmillant d'idées, Glued On Thin Memories fait l'effet d'une caresse qui laisse des traces de soleil sur la peau. Idéal pour cette période estivale me direz-vous, mais pas seulement. Pour un premier album, privilégier un sillon artistique riche et varié au lieu d'un premier jet immédiatement identifiable constitue déjà un risque en soi. Y insérer une facette plus expérimentale tout en restant accessible relève de la performance. Vous ne serez pas surpris si je vous dis qu'il y parvient.

D'excellents morceaux, comme Halfspine, Mote Diver ou Mano, sont à envisager comme de petites perles à effets immédiats, contrastant avec des oeuvres massives et complexes comme Screaming Bulb (chef d'oeuvre IDM voilée où les éléments déboulent en crescendo avant de ré-introduire le thème hypnotique de départ, puis la machine repart...) ou Music For Stones + Dore Cigales (où l'ambient, l'électronica et les field recordings s'entremêlent dans une divine alchimie). Même face à de telles réussites, on ne tire pas un trait sur une charmante pièce romantique et abstraite comme Uki 4_7, immersion en contrée luxuriante où fontaines de jouvences cotoient oiseaux rares. L'enchaînement electronica Burning On A Tiny Lake / Melting Antennas est tout aussi réjouissant.

 

Si les sorties de Boltfish demeurent bien trop rares, elles réservent toujours d'immenses surprises. Avec cet album riche et brillant, Sabi signe la meilleure réalisation du label depuis le Broken Waves de Cheju (ici) et le Kunzite d'Yvat (ici). Son premier album a tardé, espérons qu'il ne mettra pas dix ans à concevoir la suite.

par Ed Loxapac

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 17:58

Sortie : juillet 2010

Label : Reconstruction Productions

Genre : Relectures de classiques

Note : 6

 

Recyclage est le maître mot de Josh Davis, l'homme qui se cache derrière DJ Shadow. Il préfère "reconstruction", qui sonne de manière moins péjorative. En 1996, il éblouissait le monde avec Endtroducing, un album entièrement conçu avec deux platines et un sampler. Dès son premier long format, le principe du recyclage était en marche. Champion toutes catégories du déterrage de vinyle perdu, l'Américain sait extraire d'un vieux 45 tours poussiéreux et oublié la substance pour construire un titre imparable ou alimenter un de ses fameux mixs en duo avec Cut Chemist. L'histoire n'a fait ensuite que se répéter. en 1998, il ressort des anciens titres sur le bien nommé Preemptive Strike. Il présente toutefois en 2002 de nouveaux titres avec The Private Press, qui seront remixés sur The Private Repress. Il rejoue ses meilleurs productions sur un live publié en 2004 (Live! In Tune and on Time) et refait encore les fonds de tiroirs pour les trois volumes de The 4-Track Era Collection.

Ressort, repress, rejoue, refait. Shadow fait dans l'exploitation du patrimoine existant, surtout que son album The Outsider en 2006 est loin de convaincre. Sur son site, la boutique propose d'ailleurs un certain nombres de vestiges du passé, notamment de nombreux mixs - souvent anciens - en téléchargement payant. Son dernier projet est à nouveau un retour sur le passé né de concours de remixs lancés sur Internet. Tellement emballé par le résultat, Davis en fait un album disponible gratuitement (en CD et en téléchargement avec deux titres bonus) pour tout achat dans son petit commerce en ligne.

 

Le principe laisse un peu dubitatif, le résultat un peu moins. Tout d'abord, il est toujours agréable de retrouver les mélodies de Building Steam With A Grain Of Salt, Stem ou Midnight In A Perfect World. Les remixeurs ont eu pour ces titres la bonne idée de s'éloigner des originaux afin de donner vie à de véritables nouvelles versions, plutôt qu'à de simples nouveaux arrangements auxquels leur créateur lui-même avait déjà procédé à diverses reprises (disponibles pour certains sur la version deluxe d'Entroducing). Deuxième bonne nouvelle, plusieurs producteurs n'ont pas cherché à respecter l'époque d'origine des morceaux, et le coup de peinture moderne est généralement bienvenu. Enfin, certains n'hésitent pas à s'écarter franchement des originaux au point que la référence soit assez minimale. C'est le cas pour le Fixed Income de Cherenkov ou le Scatterbrain de Randomatik Blast. Drum'n bass, break, jungle, dubstep, sont à l'honneur pour les invités qui s'en donnent à coeur joie pour revoir la copie originale en évitant souvent la facilité.

Les morceaux revisités les plus présents, et les plus réussis, proviennent d'Endtroducing, ceux de The Private Press et de The Outsider n'étant qu'un poignée. Malgré la diversité de remixeurs, une certaine logique difficilement identifiable se dégage heureusement de la somme. Seuls les passages chantés (Missing On The Motorway, Blood On The Motorway et This Time) font office d'intrus à la fois pour leur faible intérêt et par leur similitude avec le matériau de départ. Mais même en se concentrant sur les meilleurs passages de ce disque, comment s'enthousiasmer outre mesure ? Les fans se réjouiront, les curieux écouteront puis passeront leur chemin, les autres n'auront sans doute pas écho de cette sortie.

 

Avant un nouvel album sur lequel il travaille déjà, DJ Shadow propose une collection, qu'il devrait jouer en concert, de remixs plutôt agréables mais qui ne font qu'ajouter à sa tradition de recyclage. Un exercice de style qui interroge sur le point auquel il est possible de faire du neuf avec du vieux...

 

http://www.djshadow.com/sites/default/files/djs_news_images/remixcoverweb_1.jpg

par Tahiti Raph

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 18:07

Sortie : juillet 2010

Label : Dezordr Records

Genre : Abstract hip hop

Note : 7

 

Après l'album de mr. teddybear en avril dernier (chronique ici, interview ), Dezordr Records revient à l'actualité avec le premier long format de L'Oniraunote en téléchargement gratuit sur le site du label. Passé la description du label "entre Danny Elfman et le Amon Tobin des premières heures, idéal pour se laisser aller dans la rêverie" et l'indication de sa page Myspace d'une origine en Midi-Pyrénées, nous ne savons quasiment rien sur l'auteur... découvrons-le par sa musique !

 

Comme toujours chez Dezordr, la qualité de la production est irréprochable. Dès les premières notes, la musique sonne bien, le rendu est propre et l'espace sonore intelligemment occupé. L'ambiance teintée de mystère intrigant est cinématographique et rappelle en effet les mondes dépeints par Tim Burton (et donc son musicien favori, Danny Elfman). Il Est L'Heure... ou Sous L'Arbre Bleu ont ce côté patient et descriptif dans lequel les mélodies semblent illustrer un conte merveilleux. Le voyage prend la direction de l'orient avec Hazim ou Au Palais avec quelques touches électronica en effet dignes d'un Amon Tobin à ses débuts (Supermodified par exemple). Pour le côté plus IDM du brésilien, le producteur français envoie Amoureux qui cogne en douceur et bouscule en retenu (dans notre radio bien que ce ne soit pas le titre le plus représentatif).

La référence qui prédomine est toutefois la première, même si les deux facettes se fondent l'une dans l'autre sans heurt. Le ton général fait donc plutôt penser à un rap instrumental attentif et mesuré. Une légère tension maintien l'attention de l'auditeur qui se laisse guider par les évolutions minutieuses. Le travail sur l'orchestration démontre la finesse du producteur qui dispense habilement cordes, pianos, rythmiques délicates ainsi que d'autres sons moins identifiables qui font l'originalité du projet. Avec le sobre Fender Curry, il nous replonge une nouvelle fois en orient avec des tonalités envoûtantes qui emmène l'esprit dans des mondes lointains. Porté au bout des neuf titres, nous finissons apaisés, voire adoucis.

 

Dezordr Records nous sort d'internet un nouveau producteur qu'il faudra suivre car il y a bien peu à reprocher à ce premier disque. L'Oniraunote nous propose un voyage musical dont vous reviendrez, nous l'espérons, convaincus.

 

http://img8.hostingpics.net/pics/651861flyweb_onironaute_2_.jpg

par Tahiti Raph

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