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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 15:27

Sortie : septembre 2010

Label : Alpha Pup

Genre : Rap instrumental

Note : 6

 

Né à Watts dans la banlieue de Los Angeles, Dibiase a passé une partie de sa jeunesse les oreilles sous perfusion du rap local et dans les mains la manette d'une console de jeu vidéo. Après s'être mis à construire ses propres beats en 1995, il s'insère dans la scène musicale de la ville, notamment avec le Project Blowed, scène "micro ouvert" de South Central. Au début des années 2000, il travaille avec Aspect 1 puis décide de se lancer seul dans la production et commence vers 2007 à fréquenter la bande de Flying Lotus et Gaslamp Killer. Auteur d'un remix sur le récent maxi de Comfort Fit (chroniqué ici), l'Américain sort un premier album qui mélange influences G-funk, abus de Nintendo avec une avalanche de sons 8-bit et l'esprit électro qui déferle actuellement de LA.

 

En 15 titres instrumentaux qui dépassent rarement les trois minutes, Dibiase cherche en effet à résumer son histoire. Les rythmiques, une part de l'esprit général, l'utilisation des machines vient du rap. Même s'il n'y a pas grand chose de la Côte Ouest dans cet héritage, le vécu de Los Angeles rejaillit dans la culture qui a permis de forger ces morceaux. Les caisses claires claquent, les têtes impriment rapidement le tempo et le sens du bricolage, rappelant Madlib notamment, est inspiré des méthodes des beatmakers. Comme ses collègues défenseur d'un rap instrumental converti à l'électronique, le producteur ne se contente pas de quelques samples pour bâtir son univers. Il crée son truc à lui avec des sonorités piochées dans ses jeux vidéos préférés auxquelles il accole des rythmiques syncopées. Ajoutez à ces sons 8-bit du passé un glitch maîtrisé, quelques bouts de voix balancés à droite à gauche et vous savez à quoi ressemble ce Machines Hate Me.

Plutôt que de nous replonger dans le passé, ce disque nous projette comme les artistes du label Brainfeeder (dirigé par Flying Lotus) dans le futur. En se débarrassant des structures classiques, ses mélodies nous envoient dans un avenir où les technologies d'hier serviront à construire de nouvelles machines encore plus performantes. Comme si Zelda n'avait pas une image has been. Son monde de demain est mystérieux, parfois sombre, toujours riche et scintillant. Les samples maltraités racontent autant d'histoires qu'il en faut pour maintenir l'attention pendant les presque 40 minutes que dure l'album.

 

Dibiase prend la voie des très bons producteurs qu'il cotoie dans la Cité des anges. Peut-être que les machines le haîssent, mais nous aimons ce qu'il en fait sortir !

 

http://djbackshet2.free.fr/machineshateme-1000.jpg

par Tahiti Raph

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 17:25

Sortie : août 2010

Label : Definitive Jux / Fat Possum Records

Genre : Rap

Note : 3

 

Nous vous disions récemment qu'EL-P avait choisit de mettre en sommeil son label Def Jux pour se consacrer à sa carrière solo (chronique de son dernier album ici). Le producteur a fait une petite entorse à cette règle pour sortir, avec Fat Possum Records, l'album du chanteur, MC et producteur Camu Tao, de son vrai nom Tero Smith, décédé il y a deux ans d'un cancer avant d'avoir pu achever son premier disque.

 

Si Def Jux nous a habitué à un son rap tirant vers le rock, Kings Of Heart emprunte plutôt le trajet inverse. Ceux qui s'attendent à un rap indépendant nerveux cher à EL-P, qui a d'ailleurs produit une partie de l'album, en seront donc pour leurs frais. Camu Tao donne en effet dans une veine plus proche des expérimentations d'Outkast, avec un ton qui rappelle d'ailleurs le dernier Big Boi (chroniqué ici) ou certains travaux des Neptunes. Autant dire pas trop ma tasse de thé. Se revendiquant lui-même du punk, il enchaîne les titres courts et assez énergiques, grâce à des guitares saturées très présentes dans la première partie et un tempo relevé garanti par des batteries numériques manquant de profondeur. Vient se poser là-dessus un chant perché dans les aigus donnant une impression de chanson hype assez énervant.

Quelques touches rap viennent heureusement s'intercaler au milieu de tout ce rock surproduit. Avec Major Team et son clavier lancinant, on trouve enfin un titre un peu plus consistant. Tout n'est pas à jeter dans le reste, Plot A Little ou Brid Flu offrent aussi des passages réussis, même si ce n'est pas dans notre style préféré. Il faut aussi saluer la volonté de se démarquer par une certaine diversité et un important travail sur les sons, qui virent parfois à l'électronique sur la fin. Le côté joyeux entertainer qui plane sur les très pop The Perfect Plan et Play O Run est en revanche assez moyen.

 

Cet album posthume s'achève pas un a cappella chargé en émotion qui ne nous convaincra pas de la qualité de ce qui a précédé. Ces apparitions en MC survolté sur les compilations Def Jux avait annoncé un autre visage. Dommage.

 

http://s3.amazonaws.com/fatpossum_production/public/system/release_products/images/4798/crop_290.jpg

par Tahiti Raph

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 17:04

Sortie : 29 juillet 2010

Label : autoproduit

 

S’informer sur qui se cache derrière Exosphere n’est pas une tâche facile. Il semblerait seulement qu’ils soient au moins deux, ainsi qu’originaires d’Antarctique. Foyer qui n’étonne que très peu face à l’ambient épurée et désertique qui habite leur premier EP, dénommé 5Othkm (soit la limite extrême de l’atmosphère).

 

Même si elle s’inspire certainement de la pâleur des steppes glacées, la musique d’Exosphere se trouve empreinte d’une profonde noirceur, d’où émergent des touches de mélancolie. De languides nappes sonores s’étendent à l’infini le long de ces six titres, tandis que des cordes graciles et un piano tissent des mélodies discrètes, qui se fondent en une brume ouatée. Doté de criantes traces d’IDM, 50thkm se fait réellement captivant à mesure que des rythmiques cryptées et d’âpres clic’n’cuts viennent écorcher le calme ambient. Caressé à l’origine de lentes notes de guitare acoustique et électrique, l’introductif 1st Movement évolue ainsi vers des zones si dévastées que l’impression d’une tragique solitude vous tord les entrailles. Si Mind Reflexion et Acm Sirius s’avèrent moins indispensables, les trois titres restants déversent leur flot d’émotions. L’électronica faussement candide de Azure navigue entre nostalgie et torpeur comateuse. Après une introduction faite de doux arpèges, le rythme de Sublunar progresse peu à peu vers la désintégration, le glitch tombant en pluie fine. Enfin le final Athome clôt l’EP avec douceur, abandonnant l’auditeur dans une léthargie troublante.

 

Ces inconnus venus du pôle Sud démontrent avec 50thkm un talent certain pour engourdir et transporter l’oreille vers des territoires vierges et hantés. Cet EP aussi glacial que pénétrant accompagnera à merveille les errances insomniaques de ceux qui s’y plongeront.

 

                               Screen-shot-2010-07-28-at-7.21.09-PM-300x300.png

par Manolito

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 12:11

Sortie : juillet 2010

Label : Tympanik

Genre : Industriel, IDM

Note : 7/10

 

Voici le quatrième album studio de Frank Mokros, ici affublé du sémillant pseudonyme Totakeke. C'est le toujours passionnant label Tympanik qui lui avait déjà mis le pied à l'étrier en 2008, en publiant son album Forgotten On The Other Side Of The Tracks, idéal complément de son premier album eLekatota. Certains spectateurs attentifs de la scène noise et breakcore américaine le connaissaient déjà sous son avatar Synth-Etik.

 

En dix morceaux dépourvus de titres, Totakeke réalise ici la performance de faire cohabiter synthétiseurs aux ambitions symphoniques, glitchy beats en perpétuelle collision, atmosphères caverneuses et breakcore assagi. Même si les trajectoires empruntées sont parfois un peu prévisibles, le New-yorkais reprend le marteau et l'enclume pour toiser la foudre et le feu. La rencontre des éléments débouche sur une explosion rythmique en myriade, aspirant dans un souffle rauque les résidus de poussière organique. Le beat se racle la gorge comme un fumeur invétéré pour éructer de crachats brumeux aux contours industriels. Visions spatiales apocalyptiques, sentiers venteux ou les spectres sont à l'affût, Totakeke nous entraîne vers des contrées où il fait bon vivre sans perdre la maîtrise de son art. Si la barre est déjà haut placée sur le premier titre faisant office de tour de force aux allures de pierre massive et angulaire, le sillon du météorite qu'est cet album ne connaîtra le répit que sur la dernière plage, où un piano enfante d'une lueur d'espoir. Tout au long de l'opus, les mélodies tortueuses semblent infectées par un hôte en gestation doté de sombres desseins. C'est pourtant sans forceps que cette naissance explose littéralement à la gueule de l'auditeur médusé, déjà dépendant.

 

Même si On The First Of November a des vertus moins immédiates que les récentes sorties de chez Tympanik, il n'en demeure pas moins un album de haut rang qui prendra toute son ampleur après de nombreuses écoutes. Sans porter ombrage à son auteur, on le qualifiera par chez nous d'idéale mise en bouche avant la sortie imminente du nouvel album d'Access To Arasaka.

 

http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/plugins/wp-shopping-cart/product_images/OTFON-cover-500x500.jpg

par Ed Loxapac

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 16:22

Sortie : septembre 2010

Label : Dublin Xpress Records

Genre : Techno

Note : 4

 

Si l'on se tourne plutôt vers l'Europe en matière de techno, il existe toujours des producteurs fidèles à l'héritage de Detroit de l'autre côté de l'Atlantique. C'est vers la Floride qu'il faut se regarder pour dénicher Phasen, cofondateur d'Unnamed Label, mais dont la nouvelle livraison qui fait dans le 4/4 mid tempo sort chez les Irlandais de Dublin Xpress.

 

A l'heure du duel minimale-maximale, l'Américain choisit de faire dans une house qui pourrait séduire aussi bien les danseurs que les auditeurs posés dans leur salon, avec des kicks en souplesse et des titres longue durée évoluant tout en douceur. Les mélodies se déploient patiemment, chaque sonorité prenant son temps pour explorer l'espace. Les montées sont disséminées sans excès et souvent contenues dans leur pic. Variant les plaisirs, le producteur joue avec un sample de voix féminine sur Floridian, donne dans un style ensoleillé un peu facile sur Certified Florida Fried Funk ou prend une direction plus mentale avec Ismaelito et ses quelques sursauts cubains. Des passages qui prennent facilement le chemin des enceintes sans vraiment retenir l'attention, l'écoute ne provoquant ni rejet ni enthousiasme. Ainsi la house funky pas complètement aboutie de The Times We Forget tourne un peu en rond malgré ses airs chaleureux de guitare. Comme dans les petites villes de Floride auxquelles l'artiste veut rendre hommage avec ce disque, l'amusement n'est qu'éphémère.

 

C'est le morceau Gainesville qui constitue le point central de ce gros maxi. Phasen y développe un style moins formaté avec une techno plus langoureuse, habitée de touches sombres. La construction est toujours aussi lente dans un univers où seule une phrase de piano donne un esprit festif. La partie rythmique, faite d'un assemblement minutieux de sons, participe au caractère emprunté de l'extrait. Ce Gainesville fait l'objet de quatre remixs pas toujours utiles. Captain Random n'apporte pas grand chose de nouveau au long de sept minutes plutôt ennuyeuses ; plus intéressant, F.L.O. réduit encore les éléments fournis pour en faire une relecture très minimale, quasi ambient, où des nappes lointaines et un charlé flottent sans s'entrechoquer ; Nachklangmusik attaque plus sensiblement le public club sans non plus tomber dans la vulgarité avec une version plus éloignée de l'original ; enfin, Nacim LaDJ en donne une lecture minimale très linéaire.

 

Pas grand chose d'incroyable sous le soleil de Floride donc, Phasen manquant un peu de personnalité pour se démarquer dans la production techno. Ce maxi trouvera tout de même preneurs chez les personnes en quête de désintoxication douce de la minimale.

 

http://djbackshet2.free.fr/DXR063-Gainesville-Cover.jpg

par Tahiti Raph

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 11:30

Sortie : mai 2010

Label : Mille Plateaux

Genre : IDM, Glitch

Note : 7/10

 

On ne présente plus l'éclectique label Mille Plateaux. Celui qui a abrité en son sein la house sensuelle de Terre Thaemlitz, l'ambient des légendaires Gas et qui nous a fait découvrir Ametsub l'an passé, livrait au mois de mai la cinquième édition de sa légendaire et bien nommée compilation.

 

Pour héberger la crème d'une génération d'artistes à la créativité débordante, Mille Plateaux s'est paré d'un passeport international, et cela même si son mercato s'est plus particulièrement fait au pays du soleil levant. On y retrouve avec bonheur deux artistes qui avaient fait plus que bonne figure en s'élevant dans notre désormais mythique Top album 2009 IDM/Electronica/Indus (ici) : le Polonais Pleq avec sa divine dictature du glitch et de la mélancolie (Do You Remember Your Dreams), et le Japonais Ametsub, orfèvre du glitch-hop et de l'electronica fourmillante (Repeatedly). Parmi ceux que nous ne connaissions alors que trop peu, citons plus particulièrement les jolies prestations de l'Allemand Lodsb, qui sur Eve, lâche une purée au laser proche de la drill'n bass. Le très expérimental Object 02 de l'Américain Wyatt Keusch, (qui s'est également signalé cette année avec un album en tant que Khalija) féru de textures analogiques et de phénomènes de déconstructions. La palme de l'originalité revient probablement au Japonais Kiyo, ancien comparse de Sabi (dont nous avons récemment parlé ici) qui, avec son IDM grouillante et bucolique (Bear In. Warm-Noize) évoluant vers des expérimentations plus noisy, m'a presque fait tomber de ma chaise. Passés les empilages et la frénésie poussive de Manathol sur Baketo, l'ambient entre ombre et lumière de Nicolaus (Inner) et l'électronica soyeuse de Sifa Dias (Eitec Aa) feront office de bol d'air frais. Conclure le disque en créant une plage qui lie 20 secondes de chaque morceaux est plutôt une bonne idée, qui n'effacera pourtant pas la seule et importante faute de goût de la compilation : Message de Rimacona, où la mélodie déjà bien mièvre se voit assortie de la voix sirupeuse d'une chanteuse japonaise venue d'on ne sait où. Une cousine lointaine du label qui cherche un visa, peut-être, ou pas...

 

Cette cinquième édition de la compilation emblématique de Mille Plateaux permettra de découvrir et de confirmer des talents. A réserver à ceux qui aiment l'IDM et l'electronica aventureuse, les clics plein de glitchs et les coupures assénées au scalpel.

 

http://cdn.7static.com/static/img/sleeveart/00/008/183/0000818377_350.jpg

par Ed Loxapac

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:44

Sortie : juin 2010

Label : Fake Four Inc.

Genre : Rap et couleurs pop

Note : 8

 

Descendant du talkin' blues cher à Buck 65, la branche du rap qui s'est converti aux guitares acoustiques est finalement bien peu exploitée au vu de la qualité de certains de ses représentants. Le patron du label Fake Four Inc., Ceschi Ramos, a la bonne idée de sortir un album qui ravive cette tendance rap-folk, entre Buck 65 et Everlast, voire le dernier Sage Francis (chroniqué ici). Ceschi a d'ailleurs un flow aussi technique que ses prestigieux comparses de genre. Il s'attache parfois à dynamiser les instrus avec des textes balancés énergiquement, notamment sur Famous Mouse, mais peut aussi se laisser porter plus paisiblement sur le début de Half Mast avant d'accélérer le débit. Sur le morceau The One Man Band Broke Up, le MC prend des accents à la Sage Francis en se laissant emporter par les montées du morceau. Moins réussis, les quelques titres et interludes chantés, hormis quelques refrains bien sentis, affaiblissent un peu l'ensemble par un manque d'originalité. Ainsi Julius' Final Song, malgré une mélodie accrocheuse, ne fait qu'office de ballade sympathique de fin de soirée. Quand l'Américain part complètement dans la pop sur Lamant For Captain Julius, c'est encore pire... et heureusement rare.

Piano, guitare ou quelques passages plus riches en accompagnement avec quelques cordes forment des paysages folk qui ancrent le MC dans une americana rurale - identité clamée sur No New York - adaptée au récit d'histoires. Une musique conçue par DJ Scientist qui renforce l'impression de vécu transpirant des textes. La difficulté qui consiste à mêler le côté mélodieux des instruments avec l'aspect plus direct de la voix parlée propre au rap est bien maîtrisée, parfois grâce à une batterie fermement présente. Un mélange qui fait la saveur de ce disque dont les quelques invités viennent apporter de la diversité dans les timbres de voix. Shoshin, Mic King et David Ramos apparaissent ainsi sur Hangman pour un des passages les plus forts de l'album.

 

Ceschi trace sa voix dans un style convainquant malgré quelques chansons moins pertinentes. Il défend avec honneur son label avec cette sortie qui aurait mérité de passer un peu moins inaperçue.

par Tahiti Raph

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 14:28

Sortie : juillet 2010

Label : Honest Jon

Genre : Chanson électronique

Note : 4

 

Martina Topley Bird s'est fait connaître et reconnaître avec ses apparitions aux côtés de Tricky et de Massive Attack avec lesquels sa voix apaisante a toujours trouvé des écrins confortables. Avec ce statut d'égérie de la crème anglaise de la musique électronique, elle s'est naturellement lancée en solo en 2003 sans jamais vraiment convaincre. Ses chansons, plutôt plaisantes, n'ont jamais pu rivaliser avec le niveau de ses collaborations. Comme nous avons pu le constater aux dernières Eurockéennes, la charmante Britannique transporte habilement sur scène son univers, avec un ou plusieurs ninjas pour l'accompagner musicalement. Son dernier album permet de retrouver certaines de ses prestations enregistrées comme en concert.

 

A Belfort, Martina Topley Bird était de très bonne humeur. Entre ses discussions, en français, avec le public, elle jouait ses compositions qui convenaient à l'horaire, le milieu d'après-midi, et le temps, plein soleil. A l'écoute de Some Place Simple, son sourire s'entend, même si le cadre enchanteur n'est plus là. Ses mélodies sont toujours aussi douces et sa voix caressante (sauf sur le court Too Tuff To Die), mais le spectacle est absent. C'est toute son histoire qui se résume ici. Il manque toujours quelque chose pour que cela soit parfait. Il y a toujours un souvenir meilleur que ce qu'elle nous offre.

En concert, ses morceaux sont plus dépouillés, elle les réduit à l'essentiel et sa voix porte plus franchement l'ensemble. Les accompagnements sont modestes et accentuent le côté comptine. Les titres, plutôt courts, s'enchaînent comme des perles sans rupture. Baby Bird en tête puis Phoenix plongent directement l'auditeur dans l'atmosphère printanière de l'Anglaise. Les rythmiques discrètes et les lignes de claviers vous bercent gentiment.

A force d'être caressé dans le sens de la note, on s'ennuie, on s'endort ou bien l'on pense à autre chose. Martina Topley Bird nous perd malgré la brièveté des titres et quelques tentatives d'accélérer le rythme, notamment sur Poison. Les variations de sa voix, assez séduisantes, tournent assez vite en rond, faisant apparaître la facilité de certaines productions. Les ballades lassent et les titres plus pop, type All Day, manquent de force. Enfin, ce disque n'a pas le côté ludique de ses prestations scéniques que l'auditeur ne peut voir, lorsqu'elle sample sa voix sur Ilyah par exemple.

 

Cette sortie d'un album "comme en concert" est-elle une tentative de Martina Topley Bird de renouvellement ? Capitaliser sur ses compositions passées n'est jamais vraiment bon signe. Ce n'est en tout cas pas ainsi qu'elle nous convertira à son univers.

 

http://www.independent.co.uk/multimedia/archive/00409/martina_topley_bird_409989t.jpg

par Tahiti Raph

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 13:44

Sortie : juillet 2010

Label : Error Broadcast

Genre : Abstract hip hop

Note : 6

 

Pour Comfort Fit, la consécration est venue en décembre 2009 avec la sortie d'une version remixée de son album Polyshufflez, avec des relectures signées Laurent Garnier, Domu ou Atjazz. Plutôt que de prendre la grosse tête, le producteur allemand est resté tourné vers l'indépendance et sort un nouveau maxi sur le netlabel Error Broadcast, dont la version numérique contient des remixs des artistes maisons et de Shlohmo.

 

Les quatre premiers titres de ce disque sont des nouveautés, les cinq suivants, des versions revisitées de pistes extraites de Private Primate ou d'ailleurs. L'ensemble donne dans un rap instrumental abstrait qui tire gentiment vers l'électronique faisant même penser par son tempo mesuré à du dub. Sky Raper traîne ainsi un peu des pieds, la rythmique et les nappes prenant leur temps pour décrire un univers robotisé sous valium. La version de Shlohmo varie assez peu, il ajoute seulement quelques pauses et une touche de bidouille qui lui est propre (voir la chronique de son dernier album ici).

Avec Tinnitus et Eternitiez, Comfort Fit prolonge son travail centré sur la rythmique et la basse avec des ajouts généralement assez minimaux autour de ce duo de base. Une petite nappe par ci, un petit son synthétique par là, il ne fait pas vraiment de fioriture. Concentré sur les claquements secs et quelques vrombissements, ce maxi prend des airs dubstep, sans oublier parfois un certain sens du groove.

Cable Vamp, encore plus dépouillé autour de la batterie, est la quatrième nouveauté du producteur allemand. Un exercice de sobriété qui fonctionne grâce aux rares sonorités futuristes délicatement saupoudrées. Quand DZA (dont l'excellente dernière livraison est chroniquée ici) s'empare des pistes du morceau, le rythme est moins en avant et la basse prend de l'épaisseur pour une relecture assez entraînante.

 

Parmi les trois autres remixs, une version un peu trop tranquille de Dirty Decisions qui reste dans l'esprit et deux relectures de Snare Wars. Sur ce dernier, KenLo Craqnuques (dont il est fortement conseillé de se procurer le dernier album, tout juste publié, en téléchargement gratuit et de réécouter le précédent chroniqué ici et pas bien vieux) et Mr. Dibiase font dans l'électro-rap cher à la scène de Los Angeles, le second s'amusant à coller quelques lyrics furtifs au milieu de ses bleeps pour ajouter une touche d'originalité.

 

Même si nous avons sans doute entendu de meilleures choses dans le genre depuis quelques mois, ce maxi reste plutôt bien mené et rappelle que Comfort Fit reste à suivre.

 

http://bandcamp.com/files/21/05/2105348462-1.jpg

par Tahiti Raph

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 23:28

Sortie : juillet 2010

Label : Tympanik

Genre : IDM

Note : 7,5/10

 

Avant de se consacrer à son passionnant projet en tant qu'Anklebiter, l'Américain Tanner Volz a officié au sein d'un groupe pratiquant le post-industriel : Thine Eyes. Il a aussi fait partie du projet ML, se signalant sur des labels aussi reconnus que n5md. Il signe cette année son premier album chez nos amis de Chicago, Tympanik Audio.

 

Dans un monde idéal où les synthétiseurs et les machines seraient rois, I Will Wait serait un glorieux et épique album de pop sombre. Seulement voilà, nous ne sommes pas dans un monde idéal. Beaucoup trop passeront à côté de ce joyau, doté d'un potentiel émotionnel rare. Il y a presque dans certains morceaux une nostalgie faussement naïve (Thanks, Deepak ou le troublant Absolution Is Plushtoy), perceptible uniquement par ceux qui savent reconnaître la beauté dans la mélancolie la plus spontanée. Vous aurez donc compris que Anklebiter met ici le paquet sur les synthétiseurs et l'aspect mélodique. Il n'est pourtant pas rare (O'Bannon, Step Out, University) que des rythmiques sèches viennent lacérer les chairs des différentes strates sentimentales. Tout cela pour mieux démontrer que les deux nobles sensations que sont l'amour et la violence, sont plus que jamais intimement liées. Le sublime Happy Hollandaise illustrera mieux mon abstrait propos, tout comme le ténébreux et électrique Frigid de fermeture. Qu'elle se pare d'éléments industriels ou de noirs desseins, la musique du sieur Anklebiter n'en est jamais dénuée de lyrisme et de beauté.

 

Avec ce trésor faisant la part belle au matériel vintage ou moderne, Anklebiter et Tympanik touchent à la splendide réussite. L'écurie de l'Illinois nous avait habitué à des oeuvres torturées et apocalyptiques. On sait dorénavant qu'ils ont aussi un coeur qui bat, grâce à cet album enrobé d'une belle âme et empli de justes sentiments. Chapeau bas.

 

par Ed Loxapac

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