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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:32

Sortie : 30 Mai 2012

Label : Karat

Genre : Electronica-techno

Note : 8/10

 

“La beauté sera convulsive ou ne sera pas”André Breton dans Nadja.

Il est intéressant de confronter Freewheel aux circonvolutions aléatoires du surréalisme. Non pas que l’album du français Sylvain Garcia soit un bordel sans queue ni tête, il faudrait plutôt y déceler un agencement précieux, fonctionnant sur une luxuriance de petits riens, piochant dans des sonorités éclatées.

Drôle d’ovni que nous offre Le K. Album promis à l’incompréhension générale alors qu’il s’agit d’un joyau ne réclamant aucunement un effort d’intellectualisation et qu’il faut prendre Freewheel comme il s’offre à vous, c'est-à-dire un ensemble de longues vignettes électronica à l’ossature techno. Ces morceaux ne cherchent pas à séduire mais uniquement à redonner des couleurs au réel. On ne sait jamais sur quel pied danser, ni d’ailleurs s’il faut danser. On comprend seulement que l’on est ignorant et que cette naïveté nécessaire nous ouvrira les portes de la perception.

Mais comment Le K en est-il arrivé à obtenir d’aussi insolites structures ? Il y a fort à parier que l’influence de sa région est ici le ciment. Sylvain Garcia traine ses panards du côté de la Catalogne française et il tient à le faire savoir. La Catalogne est un pays qui se vit avec les tripes avant de se vivre avec la tête. On ne pénètre pas si facilement dans l’aire du Canigou, montagne tutélaire, toisant avec fierté la plaine environnante. A La Mystique Du Canigou de nous imposer alors une ascension titubante. Et quand Le K regarde du côté de la méditerranée c’est pour nous offrir le superbe affranchissement de Boards Of Leucate, manifeste pour une électronica libre.

Toute cette poésie assumée fait irrémédiablement penser à Robag Wruhme et à son lumineux Thora Vukk (chronique ici). Les deux compositeurs ont ce souci de rendre humain des créations électroniques. Le K s’appuie inlassablement sur des sonorités reconnaissables, sur des voix lointaines, des cliquetis incessants. A cela, il y ajoute, avec parcimonie, des cuivres sans garde-fou. Freewheel est d’une luxuriance quasi outrancière, ne laissant à l’auditeur aucune balise identifiable. Les pistes s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. La techno s’efface pour laisser l’électronica prendre le dessus avant de faire marche arrière. Est-on sûr d’avoir entendu le même morceau lors de l’écoute précédente ? Difficile à affirmer tant l’œuvre semble mouvante et vivante.

Freewheel est une aurore infinie, une éclosion perpétuelle. On frissonne à l’écoute de l’escapade de Buster, attendant patiemment que chaque élément trouve progressivement sa place dans le paysage. On se réveille lorsque surgit le kick deep de Sudden Impulse, laissant les voix s’entremêler dans un déluge de craquements. On se sent envahi par la masse d’Epic Horns avant d’être stimulé par des exclamations cuivrées imprévisibles. Les émotions s’enchaînent mais ne se ressemblent pas.

Freewheel est une pochette surprise, on ne sait jamais où l’on va et on finit par ne plus savoir d’où l’on vient. Le K signe un des plus singuliers albums d’électronica-techno de l’année, un objet qu’on adopte sans refus et qu’il sera difficile d’abandonner.

 

http://the-chemistry.net/wp-content/uploads/2012/03/4f30f152081c6-1.jpeg

 

par B2B

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 13:34

Sortie : 18 Mai 2012

Label : Perc Trax

Genre : Techno

Note : 8/10

 

Il existe désormais un axe métallique dans la techno. Même si depuis 3 ans Ostgut Ton donne le ton en la matière, ce n’est pas pour autant le label du Berghain qui est à la pointe concernant cette techno si anxiogène. Il faut plutôt regarder du côté des maisons Stroboscopic Artefacts (dont le Wordplay For Working Bees de Lucy a justement trouvé la première place de notre classement techno 2011, ici), Mote-Evolver (auteur récemment du prodigieux Crossed Paths de Shifted, ici) et Perc Trax. Cette dernière est dirigé par Alistair Wells qui n’est autre que Perc (lui aussi auteur d’un remarquable exercice l’an dernier, Wicker & Steel, ici). Ces trois entités sont en train de mettre à mal les constructions techno classiques, en prenant un malin plaisir à déstructurer et amplifier le moindre son. Il s’agit d’une techno adulte, prenant ses racines dans les édifices industriels et les bas-fonds monochromes.

Forward Strategy Group appartient à cette école. Le duo, mené par les anglais Al Matthews et Patrick Walker, a déjà sorti quelques maxis depuis 2009 mais Labour Division est leur premier long-format.

La techno de Forward Strategy Group établit un intense rapport entre le temps et l’espace. Si ce genre de techno réussit autant à titiller nos cerveaux, ce n’est pas pour rien. En effet, pour arriver à un tel point d’hypnose, il faut réussir à maintenir un fragile équilibre entre la temporalité et l’extension de l’espace. Autrement dit, c’est lorsque le morceau atteint son rythme de croisière, entre 3 et 4 minutes, que les sonorités peuvent alors se distendre, se dilater, pour étirer les murs. Il y a une dose de science dans cette techno, comme si elle répondait à une étude précise de nos connexions neuronales afin de pouvoir jongler avec.

Pourtant,Labour Division n’est pas un album violent et en cela, il diffère de l’expérience totalitaire de l’album de Shifted. Non, le duo anglais est moins radical et préfère s’accommoder de certains gimmicks techno afin de ne pas traumatiser durablement l’auditeur. Il en ressort un album certes impressionnant mais totalement digérable à la première écoute. Les nombreuses baisses de tensions apparaissant dans chacun des morceaux permettent ainsi de ralentir le rythme cardiaque avant des redémarrages en trombes. Aucun déchet ne vient parjurer l’album. Je retiens néanmoins la fuite en avant de Mandate, s’amusant à progressivement élargir notre perspective, la déclaration de guerre de Elegant Mistakes, l’immensité sourde de Industry & Empire ou encore le vortex de Metal Image.

Labour Division est un album de techno digne de ses illustres prédécesseurs et confirmant l’impact actuelle de cette scène métallique et rugueuse, mentale et sans-compromis. Forward Strategy Group n’est pas là pour rigoler, vous non plus.

 

http://oedipepurple.files.wordpress.com/2012/05/forward-strategy-group-labour-division-cover.jpg?w=490&h=490

 

par B2B

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 23:59

Sortie : avril 2012

Label : Miasmah

Genre : Musique contemporaine

Note : 8,5/10

 

Le couple du jour est composé de virtuoses. L'un, Gareth Davis, clarinettiste de formation, se situe plus dans d'obscures et éclatantes oeuvres débordant allégrement les frontières du jazz contemporain pour lorgner vers une formule que tous comprendront : les musiques improvisées. On le rattache très souvent et justement à ses travaux aux côtés du génial Machinefabriek (sur des labels reconnus comme Sonic Pieces et Home Normal), plus rarement et c'est bien dommage, à ses expérimentations jazz. L'autre, Frances-Marie Uitti, a juste révolutionné l'utilisation du violoncelle. Jouer avec deux archets ne lui fait pas peur, tout comme le rejet de toute hiérachie tonale (traduction : la grammaire musicale classique de la musique occidentale). Si son oeuvre la plus citée est sans doute celle qui la voit redessiner les Works For Cello de John Cage, on a également pu la voir traîner du côté du label jazz moderne, aussi passionnant que décrié, ECM. C'est le toujours impressionnant et inventif label Miasmah qui héberge ce projet forcément exceptionnel. Nous avions volontairement fait l'impasse sur la dernière sortie du label de Svarte Greiner (génie dark ambient incontestable) réalisée par Gultskra Artikler, car trop perchée à notre goût et trop habitée par un vivier folklorique (des Carpates ?) difficilement "chroniquable". Nos amis du jeune blog Des Cendres A La Cave, avec qui nous partageons aujourd'hui plus que de simples influences, l'avait déjà tellement bien fait (ici). Mais revenons plutôt à notre joyau du soir.

 

Qu'est ce qui a pu pousser deux orfèvres de l'expressionnisme à collaborer ensemble. On s'en fout. Mais tellement. Car outre le saisissant romantisme torturé qui suinte de toute part, c'est ce sentiment d'alchimie véritable, cette impression singulière de l'union du bois et du cuivre pour parler un seul et unique language intraductible, et celà d'une seule voix. Car oui, parler de complémentarité s'élève ici comme un cliché sans nom, comme une insulte à l'unicité de l'union.

Et peu importe les étiquettes, la description et l'intellectualisation technique d'une oeuvre qu'il a bien fallu achever. Je n'y connais absolument rien en musique contemporaine, c'est avant tout parce que résulte de ce disque une puissance et une profondeur phénoménale que je place mes humbles mots à son propos. Parce que la musique du duo d'un jour, si savante et si contemporaine, donne peut-être sans même y avoir pensé un relief imposant à des musiques qu'on a plus l'habitude de pratiquer ici. L'exemple le plus frappant (c'est le mot), réside à coup sûr dans les tranchées béantes de Smoke, où on peut entendre le couple frapper son instrument comme une arme silencieuse pour en faire sortir l'insoupçonnable. Voici qui a presque un côté punk vu et dit comme ça. C'est même le cas, même si je soupçonne nos deux amis d'avoir laissé il y a bien longtemps les chiens sortir de la Quechua. Évoquons alors le terrifiant Cold Call, qui ferait passer n'importe quel poussée dark ambient et sound design comme acnéique.

La musique de Davis et Uitti est un cri déchirant, hurlé à la face d'un monde sourd, qui voit du jazz partout là où il y a du cuivre. Qui pense qu'il suffit de péter dans un hautbois pour accoucher d'un Haendel, qu'il suffit de se réclamer de l'ethnomusicologie pour pouvoir parler de Bela Bartok. Même si encore une fois, je m'évade au dernier moment de ma bile indigeste pour ne pas m'y noyer, cette séance de name dropping est à mon sens tout sauf opportuniste, ne serait-ce qu'à d'épars et calfeutrés moments.

Puis vient le temps des fresques, Detour et Stained, d'où surgissent des bouillons gutturaux, des drones abyssaux, un reliquat jazz caverneux, des crins cisaillés par une douleur qui ne dit pas son nom. Des réponses aux cris respectifs et aux plaintes pour conserver cet esprit de corps et de consistance. Les silences, ici posés, interviennent plus comme une ponctuation certes anarchique mais agglomérante, que comme une orpheline attente vers la fin d'un hypothétique morcellement de l'ensemble. Le plus court mais excellent Ranzor, liera idéalement les deux pavés dans leur scission fugace.

 

Peu de mots sont adaptés pour décrire pareille expérience, fascinante autant qu'elle est dérangeante. J'espère donc que vous pardonnerez les miens et que vous vous rabattrez sur une musique, qui parle d'elle même. Miasmah frappe ici un grand coup sourd à destination d'un auditoire exigeant, équipé d'un matériel d'écoute à la hauteur de l'oeuvre. Le romantisme ici dévoilé, certes macabre mais peu funeste, ne peut qu'emporter l'adhésion des plus aigris. Qu'on se le dise.

 

http://acloserlisten.files.wordpress.com/2012/04/gramercy.jpg?w=300&h=300

par Ed Loxapac

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 11:17

Sortie : 4 Juin 2012

Label : Traum Schallplatten

Genre : Deep-techno trancey

Note : 6/10

 

On pensait la techno trancey morte et enterrée depuis 2 ans et la mise en sommeil artistique de Border Community, qui n’a rien sorti de vraiment concluant depuis Holkham Drones de Luke Abbott. On a eu tort. Depuis l’an dernier, Traum Schallplatten a pris sérieusement la relève. Dominik Eulberg nous a grandement convaincu avec son luxuriant Diorama (chronique ici) et, plus récemment, Max Cooper est venu nous cueillir à froid avec son Egomodal orageux (chronique ici). C’est au tour de Ryan Davis de venir titiller notre enveloppe corporelle via un Particles of Bliss inégal mais possédant son lot d’explosions de dopamine.

 

Particles of Bliss est un album entièrement voué à la cause d’une techno trancey prompt à vous faire lever les bras au ciel, tel un hippie qui s’ignore. L’album doit énormément, si ce n’est tout, à son triptyque initial. The Enchanted Garden pose avec douceur l’ambiance sous la forme d’une légère comptine au piano. C’est inoffensif au possible afin de vous placer dans un état de réceptivité maximale. Surgit alors ce singulier moment d’apesanteur estival sur Where The Right Things Are. Une mélancolie progressive s’empare du dancefloor et vous vous prenez à rêver d’entendre ce morceau un dimanche matin, les pieds dans le sable, le soleil de face. Beluga vient enfin souffler le chaud et le froid. La docilité des nappes inaugurales laisse place, au détour d’un vulgaire kick, à une bête indomptable. Malgré l’apparente facilité de ces titres et le pouvoir d’attraction immédiat, cela reste imparable d’efficacité.

Mais la suite n’arrivera jamais à tenir la cadence. La faute à trop de garde-fous. En effet, Sebastian Waack, de son vrai nom, ne lâche jamais suffisamment ses morceaux. Alors qu’on espère atteindre le nirvana via des montées et des explosions redoutables, on doit se contenter d’un enchaînement de tracks certes loin d’être désagréables mais un peu trop prévisibles. Mais ce qui dérange le plus, c’est cette compression sonore nuisant à l’impact (au hasard : Eyes Wide Open). En effet, l’enrobage épais entourant la basse se trouve annihilé par une volonté de tout aplatir. La conséquence est sans appel puisque l’identité sonore qui émane de l’album perd vite de son potentiel d’attraction tant les morceaux ont tendance à se répéter. La lassitude finit par pointer le bout de son nez et il est désormais trop tard pour tout rattraper.

 

Particles of Bliss est un album de deep-techno trancey loin d’être indigent mais qui risque malheureusement d’être rapidement oublié. C’est regrettable tant on attendait plus de la part de Ryan Davis.

 

http://www.moduledistribution.com/wp-content/uploads/2012/03/COVER_Ryan-Davis-400x400.jpg

 

par B2B

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 01:16

Sortie : avril 2012

Label : PRSPCT RVLT

Genre : Breakcore, Drum'n bass, Hip-Hop

Note : 7/10

 

Bong-Ra, projet le plus populaire et le plus immédiat d'un homme qu'on ne présente plus à ceux qui suivent de près l'actualité des musiques électroniques viriles. Jason Köhnen, tel est son nom. Certains mélomanes avisés lui préfèrent ses interventions (pour ne pas dire son rôle de chef d'orchestre) au sein du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble ou du Mount Fuji Doomjazz Corporation. Ses goûts vont du metal sauvage au dubstep corsé, en passant par la musique improvisée. Il n'en est pas moins une des personnalités les plus charismatiques et atypiques de la scène breakcore et drum'n bass. Monolith sort sur l'obscur label néerlandais PRSPCT RVLT, petit frère du plus assis et plus D&B label PRSPCT (tout court). Le trailer évoquait la participation moins surprenante qu'il n'y paraît du rappeur prodige d'Anticon : Sole. Plongeons dans ce qui sera à court sûr, un recueil qui sent bon la violence et la collision.

 

L'album est d'ailleurs complètement scindé dans ses moitiés. Si la version vinyle soulignera forcément plus distinctement la ligne de démarcation, le contenu est lui aussi sans la moindre équivoque.

Parler de simple participation vis à vis de la présence de Sole est particulièrement inadéquat, puisque le dur à cuire de Portland intervient sur plus de la moitié des titres. On savait depuis bien longtemps qu'aucune prod ne pouvait lui faire peur, mais sa verve hachée, associée à sa technique unique et à son art du placement, trouvent dans les fractures du breakcore de Bong-Ra une nouveau terreau aussi fertile que apocalyptique. C'est sur les titres Monolith et Pandora's Box que la macabre alchimie se fera la plus prégnante. Avant tout parce que Bong-Ra ne s'est pas contenté d'effectuer des instrus pour laisser la place à son complice du jour, mais parce qu'il y a vraiment (même si c'est super bateau dit comme ça) sur ces titres là des parallèles dans leurs univers respectifs et donc à fortiori, une vraie complémentarité. C'est un peu moins vrai sur les deux autres tracks, où chacun peine un peu à se débrider et à trouver sa place pour ne pas piétiner le taf de l'autre. Dommage. Il y avait là des odeurs d'enfants bouillis offerts en sacrifice à un Antéchrist qui fait jaillir des boules de feu de son cul. Joli programme pourtant pas brouillon pour deux ronds, mais qui aurait mérité d'être un poil (long et charnu) plus abouti.

La deuxième moitié de l'album fait la part belle au goût prononcé du Jason pour le metal qui utilise la double pédale et des riffs de guerriers défoncés à la bière discount. Autant dire qu'on lorgne plus du côté de Motorhead que de Neurosis. Qui a dit dommage ? C'est extrêmement grossier et gratuit mais c'est tellement bien fait, surtout sur l'épileptique Dawn Of the Megalomaniacs (avec Dean Rodell) et Artificial Flesh et ses solos de guitar heroes chevelus et boudinés. C'est cette fois-ci le cuir, le Jagermeister et l'huile de vidange qui prennent l'ascendant dans les odeurs. Les loops et les snares illustrent bien les cris épidermiques du supplicier quand on lui malaxe les couilles avec un tisonnier. C'est par contre plus que "too much" (pour mes fragiles esgourdes) sur les deux derniers titres (Fallen Sons et Crawlers) même si c'est probablement voulu. Bong-Ra a toujours bien aimé déranger. L'impression qu'il s'éclate complètement efface aisément ses quelque fautes de goût. Lui qui manie si bien le grand écart entre underground et sous-culture. Voici qui en fera hurler certains mais franchement, le breakcore si c'est pas ludique et dégueu, ça a définitivement pas cette saveur huileuse et âpre qu'on aime adorer ou détester. Les esthètes sont rares dans ces contrées, fort heureusement.

 

Même si certains titres sont tout à fait jubilatoires, l'album est malgré tout réservé à ceux qui aiment le breakcore qui lorgne du côté du heavy et de ses semi-clichés (du genre Full Metal Racket), et aux éternels fans inconditionnels de Bong-Ra. Et ils sont nombreux. Je retourne me branler dans mon caca devant un poster de Venetian Snares, salut.

 

http://f0.bcbits.com/z/42/69/4269155899-1.jpg

par Ed Loxapac

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:24

Sortie : avril 2012

Label : Kvitnu

Genre : IDM, Indus, Noise

Note : 8,5/10

 

Il y a à boire et à manger sur le netlabel Section 27. Parmi les éternels disciples de Autechre, un tri est toujours nécessaire. Même si je suis un très grand fan de Altered:Carbon (beaucoup moins de Mitoma), j'ai toujours eu beaucoup de mal à me satisfaire de cette offre certes gratuite, mais finalement trop pléthorique pour suivre attentivement et rester captivé par toutes les sorties proposées. L'ukrainien Alexander Gladun, ou Dunaewsky69, multi-instrumentiste et presque déjà vétéran d'une confidentielle scène grindcore, fait partie de ceux qu'il ne faut absolument pas rater. Véritable bourreau de travail, il voue une passion sans bornes au jazz et à la noise music dans son ensemble. On ne compte plus ses contributions obscures et ses tracks balancées un peu partout. Alors pourquoi en parler seulement maintenant ? Parce que son dernier EP en date, Termination Voice, est présenté par Kvitnu, jeune et sérieux label qui prend une ampleur depuis deux ans qui ne semble connaître aucune limite. Leur mélange d'IDM, de noise et de techno claustrophobique commence à récolter un grand nombre de succès. Avec le duo Plaster (nan mais Platforms quoi...), dont tout le monde parle depuis un an, mais surtout depuis que les portugais de Sturqen ont reçu le Qwartz Electronic Music Award à Paris l'année dernière. C'est donc la première, et sûrement pas la dernière fois qu'on vous parle de Dunaewsky69 et du label Kvitnu. 

 

Trois titres. Pas plus. Pour se situer déjà bien au delà des promesses et du simple potentiel.

L'ukrainien emprunte des trajectoires et des schémas improbables, bien loin de ses premières sources d'influence, ne donnant à ses superpositions rythmiques et à son approche claustro de la mélodie aucune véritable logique, si ce n'est la sienne. Même si le travail autour de la rythmique (plus particulièrement ses convulsions) est ce qui heurte et impressionne en premier, la toile de fond, est aussi vertigineuse qu'elle est insondable.

L'ukrainien pourrait nous dire qu'il a enfermé le beat pendant des années dans une boite noire qu'on voudrait bien le croire, tant les réactions de ce dernier semblent sauvages et imprévisibles. Comme sur l'ouverture Termination Voice, où au milieu des boucles de batteries naturelles et de l'amoncellement des textures industrielles surgit une infime masse, habitée par la colère de l'émancipation et par l'infection caractérisée, prête à tout parasiter pour annuler la notion de code et de réaction en chaîne. Comme quand à 7'30, un probable steel drum (ou un xylo chelou) vient poindre le nez pour se foutre de nos gueules armé d'un sourire sournois, face à nous qui ne sommes obsédés que par l'évolution vers la chute logique de ce morceau apocalyptique.

L'aspect massif et le sentiment de progression infectieuse sur Catapult résonnerait presque comme convenue et anecdotique après un tel choc. Ce n'est que bien plus tard, après un nombre important d'écoutes, qu'on comprendra réellement (ou pas d'ailleurs) que les violents blasts et les effusions synthétiques préparaient la véritable fuite de plutonium.

C'est probablement sur Spatium que ce fameux beat se montrera le plus véloce, grouillant et le plus varié dans sa texture. Un peu comme un virus carnassier prêt à fondre sur tout ce qui ose vivre dans un laboratoire souterrain. La bestiole est difficile à rassasier si on en croit les couinements et les cris "harsh" des résidus organiques. Y a des moments comme ça où les lasers sont quand même bienvenus pour déchirer la nuit de cristal. On n'entame pas de révolution à l'arme blanche. C'est définitivement sur ce titre que la maîtrise de l'humain derrière les synthés et les bécanes sera la plus impressionnante. Trois titres comme ça c'est presque frustrant il faut bien l'avouer. Mais voilà qui aura le don de susciter impatience et excitation face à l'envie d'en bouffer plus.

 

Avec ce format court, Dunaewsky69 et le label Kvitnu nous rappelle que leurs sons font partie des trucs à découvrir absolument quand on s'intéresse ne serait-ce qu'un petit peu à l'IDM en 2012. Ils rappellent aussi aux néophytes en la matière (et dans toutes les autres d'ailleurs) que si la musique ne doit définitivement pas être intellectualisée, elle est à prendre au sérieux. Car ceux qui veulent apprivoiser la jungle ne voient que trop peu souvent venir les coups des grands fauves.

 

http://2.bp.blogspot.com/-8HvrD_S_4Aw/T3hlSgutYrI/AAAAAAAABso/cZln5uZF3FI/dunaewsky69-termination-voice.jpg

par Ed Loxapac

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 17:37

Sortie : Mars 2012

Label : Silent Season

Genre : Techno, ambient, field-recording

Note : 8/10

 

Il n’était presque pas utile pour Djorvin Clain de s’expliquer, sur son site, concernant Pattern Of Thought et la philosophie naturaliste qui en découle, tant on comprend, à l’écoute de son album, l’impact de la nature sur ces créations. La clé d’une telle œuvre se situe dans l’observation attentive d’un environnement vierge. Il faut se laisser pénétrer par son milieu, accepter la défaite pour enfin voir.

Djorvin Clain est belge et est issu du sérail techno. Pattern of Thought est son premier album sortant directement sous son nom puisque le mec est aussi derrière le projet drone-ambient Drone Orchestra. Djorvin Clain a enregistré son album en puisant uniquement dans la nature belge. A cette bonne grosse dose de field-recording, il y a ajouté l’enrobage électronique nécessaire pour transformer ces parenthèses botaniques en monstres technos et déambulations ambients.

Le fait de sortir cet album sur Silent Season n’est pas anodin puisque le label canadien est passé spécialiste dans le domaine des sons dits « naturels ». Il faut dire que quand on est basé du côté de la Colombie Britannique (Canada), on ne que rester humble face à une nature omnipotente. Fidèle à son habitude, le label ne sort Pattern of Thought qu’à 300 exemplaires, tout en maintenant un parti-pris écologique dans l’élaboration de l’objet physique.

Pattern of Thought ne se dévoile pas facilement. Un tel album demande une attention totale pour pouvoir être dûment apprécié. Djorvin Clain est un orfèvre, travaillant méticuleusement le moindre son, le moindre craquement, le moindre beat. Cataloguer uniquement son LP du côté de la techno serait injuste puisqu’en effet, les morceaux comprenant un beat répétitif ne sont pas majoritaires. Non, Pattern of Thought doit impérativement s’appréhender dans sa globalité. Les mélodies s’effacent pour mieux laisser parler la nature. Ainsi, l’atmosphérique Enigma doit davantage à son utilisation du field-recording (bourrasque de vent, crépitement d’un feu,…) qu’à son piano lointain. On pense alors à The Caretaker dans la façon de traiter le son pour un rendu fantomatique, laissant ainsi la musique vous filer entre les doigts. La démarche de Djorvin Clain s’avère même jusqu’au-boutiste sur un Deep Storm laissant la musique disparaitre pour faire place à 7 minutes d’orage, sans aucun artifice. Et Djorvin Clain de démontrer par l’exemple que la musique n’est pas qu’une question de notes.

D’ailleurs, aucune mélodie ne viendra vous surprendre ici. Il est plutôt question de ressenti, de tentative de vivre avec la nature. On pense alors au pionnier Alexander Von Humboldt, ce naturaliste-géographe qui voua sa vie aux explorations scientifiques. Bien qu’entièrement enregistré en Belgique, on ne peut s’empêcher de s’imaginer dans une jungle amazonienne infranchissable à l’écoute de la techno dubbée et suffocante The Untitled One ou bien du rampant et spongieux Somewhere.

Avec Pattern of Thought, Djorvin Clain signe un fascinant manuel d’exploration naturaliste. Bien qu’hermétique au premier abord, cet album se révèle être un puissant poison, sorte de curare musicale qui ne peut qu’aboutir à votre asphyxie.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2012-05/1336923280_500front.jpg

 

par B2B

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 23:51

Sortie : Mai 2012

Label : Self Release

Genre : IDM, Glitch, Post-Rock, Ambient

Note : 7/10

 

Vous souvenez vous de Candle Nine ? Celui qui fut l'une des plus belles promesses du label Tympanik avec son premier et excellent album The Muse In The Machine (ici). Le résident de Chicago Steven Stefaniak a depuis partagé la scène avec des gens comme Millipede et certains autres artistes de la scène post-industrielle. Fan de la première heure des travaux de Gridlock ou Haujobb, il lorgne aussi du côté de la douceur et du post-rock d'un autre label américain : n5md. On l'a également aperçu sur bon nombre de compilations, accompagnés par d'autres fers de lance de cette fameuse scène, comme sur When Light's Drillin The Haze, compilée par nos soins et toujours disponible ici. De son propre aveu, le EP Both Shadow and Substance est une compilation de demos et de titres non retenus pour l'album à venir. Une indication de ne pas s'attendre à quelque chose d'extraordinaire ? Jugeons plutôt sur pièces.

 

Candle Nine a changé. Même si en lui réside encore probablement plus que des vestiges de celui qui aimait singé le dubstep dans ce qu'il a de plus avilissant et postait ensuite sur youtube la video de ses exploits wobblisés. Exit aussi le breakcore gentiment violent et gratuit de Penumbra, l'IDM hachée, véloce et poétique de Raison d'Etre et Wintermute. L'humble utilisation du piano, parfois simpliste mais définitivement entêtante qu'on avait trouvé sur Sketched On Canvas est par contre encore bien présente. Mais elle prend ici une toute autre dimension. Car si Both Shadow & Substance donne les réponses à nos questions sur ce qu'on peut attendre de son prochain album (c'est son principal intérêt, entendons nous bien), la genèse de son nouveau style se trouve dans le titre fswl, utilisé pour l'excellente compilation Nothing Left For Us du netlabel Abstrakt Reflections.

Dans les envolées de ses nappes stellaires, dans sa profondeur ambient et spatiale, mais aussi dans quelque chose de bien plus électrique. Car Steven est également un féru de guitares, dans ce qu'elles ont de plus beau dans leur tension, et parfois même de plus bruitiste. Si The Four Of Us Are Dying sera le splendide témoin de l'influence non négligeable des premières heures révélées du shoegaze (My Bloody Valentine en tête), c'est surtout à mon humble avis du côté de Lights Out Asia que l'ensemble du format court puise sa principale influence. Le trio réduit en duo depuis cette année est le véritable porte étendard de n5md, son post-rock très ambient et spatial a su s'émanciper des sensations parfois trop émotionnelles chères au label. C'est probablement sur I Am The Night - Color Me Black (et de ce fameux piano cité plus haut) que l'influence probable est la plus palpable.

Ne vous y trompez pas, Candle Nine a comme tout un chacun son lot d'influences, mais ne sombre jamais dans le copycat. Le beat et le glitch sont toujours là, dans ce qu'il ont de plus tassé et imprévisible. Tant et tellement que certains glissements rythmiques relèvent parfois du dérapage pas toujours très propre (surtout sur Number 12 Looks Just Like You). On regrettera peut-être également la trop grande simplicité (linéarité ?) rythmique d'un pourtant pas désagréable I Sing The Body Electric.

 

Mais comme dit plus haut, la principale ambition de ce EP est surtout de tracer le sentier futur. Même si effectivement, certains titres ne sont peut-être pas assez aboutis pour transcender un album, ils sont emplis de splendides promesses. Même si il est encore un peu tôt pour clamer que l'humble et atypique Candle Nine a brillamment transformé l'essai de sa mutation, on attend aujourd'hui avec la plus grande impatience la sortie de son nouvel album chez Tympanik. Pour ceux qui voudraient se faire leur propre idée, les quatre titres sont écoutables (et en vente) ici.

 

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par Ed Loxapac

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 22:57

Sortie : avril 2012

Label : Hibernate

Genre : Drone, Ambient, Field Recordings

Note : 8/10

 

On n'en finit plus de parler de la mise en sommeil du label Boltfish de Wil Bolton, où il officie en tant que Cheju. Même si certaines releases étaient plus qu'appréciables, on ne va pas se plaindre de cette diversification, tant la musique du Sieur Bolton a pris une nouvelle ampleur depuis qu'il s'est mis au drone. Remarqué par des maisons sérieuses comme Hibernate, Time Released Sound et bientôt Home Normal, Wil ne s'est jamais montré aussi prolifique. Même si certains critiqueront le fait qu'il sort peut-être trop d'albums en si peu de temps, nous n'allons pas gâcher notre plaisir de le retrouver encore.

 

J'avais déjà été impressionné sur Quarry Blank (ici) et Time Lapse (ici), par la faculté troublante que possède le britannique pour capturer des instants beaux et statiques, et pour re-donner vie en musique à des moments qu'il a vécu ou à des paysages qu'il a contemplé. Under A Name That Hides Her, titre d'album puisé dans L'espace Littéraire de Maurice Blanchot, ne déroge pas à ce glorieux schéma qui a fait ses preuves, avec peut-être un aspect encore plus fragmenté, nostalgique et romantique que par le passé. Wil Bolton nous offre donc ici, une ballade qui trouve son chemin hors des sentiers de l'amnésie.

Sa guitare n'a probablement jamais été autant et si bien utilisée, noyée dans des field recordings de toute beauté. La saisissante impression que ses pérégrinations musicales furent suivis par les oiseaux amplifie cette dimension si contemplative et féerique. L'infusion, d'ondes et de textures en clair obscur, se diffuse dans les canaux auditifs comme un collyre réparateur.

Si ses voyages sont multiples dans leurs destinations, c'est définitivement lorsque il évoque la notion de déclin de lieux jadis splendides qui ont aujourd'hui céder au désert et à la désolation qu'il se montre le plus sensible et pertinent. Voilà pourquoi Dissolve et Passing, les deux derniers titres de l'oeuvre, revêtent des habits si particuliers et si saisissants. L'impression d'errer dans les High Lands d'Ecosse ou au milieu des ruines d'une forteresse galloise. Mais même quand il trace une tonalité peut-être moins occidentale (dans la texture du moins) sur Clearing, des lignes croisées sur le céleste et atmosphérique Skyview ou des tranchées plus contrastées et un poil plus sombres sur Blackpoint (et sa mystérieuse source éternelle), il parvient à transmettre autant de visions et de reliefs musicaux. 

Il y a dans l'approche de la musique de Wil quelque chose de divinement affectueux. Comme lorsque on constate l'humilité essentielle d'un réalisateur filmant ses acteurs dans leurs moments les plus humains, Wil évoque des sites et des lieux pour effectuer un hommage, comme un devoir de mémoire. Souvenons nous de son précédent Quarry Bank, et du regard aimant et nostalgique qu'il portait sur ce que fut l'industrie textile des West Midlands. Cette tendresse et cette nostalgie sont encore là, même si la teneur est peut-être encore plus personelle et un peu plus abstraite.

 

Avec Under A Name That Hides Her, Wil Bolton nous rappelle qu'il fut également un enfant de Liverpool dans les années 80 et pendant l'épopée des groupes à guitares. Le définitif caractère humain et charnel qu'il transmet à son drone fait de sa musique un bienfait, pour l'âme et le corps. Mais parce qu'il est pressé à 200 exemplaires par Hibernate, tout le monde ne pourra en profiter. La patience n'est donc pas toujours une vertu.

 

http://www.fluid-radio.co.uk/wp-content/uploads/2012/05/cover1.jpg

par Ed Loxapac

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 19:17

Sortie : Avril 2012

Label : Pingipung

Genre : downtempo, electronica, percussions, minimal

Note : 7,5/10

 

Orienté principalement vers l'accompagnement d'un visuel, du spectacle vivant au cinéma, l'allemand Sven Kacirek sort néanmoins son troisième album sur le label de Hamburg Pingipung. Sven travaille avec beaucoup d'instruments à percussions qu'il couple avec des sons électroniques minimalistes. Certains lecteurs avaient peut-être déjà fait un tour du côté de son modeste album Kenya Session, chroniqué ici.

 

L'album commence pourtant avec un morceau dont l'intitulé intrigue, This album is not. Et le champ lexical du mystère plane réellement tout le long de l'album, avec comme ressenti principal un thème gravitant autour de la décadence de l'enfance. Les outils musicaux sont restreints. Piano, xylophone, et percussions orientales se répondent tour à tour. L'artiste compose sa faune et sa flore, nous laissant baigné dans cette ambiance forestière où le pivert hyperactif répond à la chouette somnolente. La tension mélancolique de la musique est infuse et constante. On ressent un amour torturé, et pourtant les titres continuent à déconstruire l’œuvre, « It is not about love » se nomme le troisième morceau. Le chef d’œuvre similaire de Dictaphone est malheureusement déjà passé par là, et je pense que la comparaison à vraiment lieu d'être, bien que Sven Kacirek à l'air de composer une œuvre globale depuis son premier album, lui qui cherche toujours à repousser un peu plus loin ses compositions centrées véritablement sur les percussions. Le voyage s'arrête à un moment où à un autre, le tout se révèle simplement mignon, en manque de punch, bien que l'artiste doit revendiqué cette redondance. La véritable force du musicien réside dans ses fourmillements de sons minimalistes qui s'entrecroisent pour former un tout mélodique. Je reste sur ma fin, j'ai l'impression que l'album à encore tout à m'apporter. Pourtant cet album est assez facile d'accès, trivial mais avec une douleur de vivre. C'est peut-être un album éphémère qui est impossible à justifié, plus abstrait qu'il ne se dévoile. Attendez-vous à ne pas voir le temps passer. Ce Scarlet Pitch Dreams est un peu comme le gentil copain dont on a pitié, ceui dont l'humour ironique et léger est un bouclier qui sert à cacher son mal de vivre. Et finalement après avoir écrit cette chronique, je me rends compte que la faute est personnelle. Si tous ces mots se révélaient simplement inutiles ? Es-ce qu'il me faut écouter cet album malade en boucle pour que celui-ci me contamine ?

 

Parfois fade, parfois exceptionnelle, l'appréciation du dernier Sven Kacirek peut changer radicalement d'une écoute à une autre. On peut cependant noter la singularité des compositions et il sera toujours intéressant de revenir à la modestie de l'artiste de temps à autre. C'est tout à fait le genre d'album qui est aimé par les adorateurs de Philipp Glass, et que l'on peut commenter aisément sans prétention par cette phrase fastidieuse : « Ça c'est de la musique ». C'est bientôt l'été mais remettez vos cols roulés, l'hibernation n'est pas finie, cet album vous occupera chez vous les journées de lassitude.

 

http://www.deejay.de/images/xl/6/7/97067.jpg

par Pneu

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