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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 16:34

Sortie : 21 décembre 2010

Label : Jumble / FuseLab

 

Après Electronica (évoqué ici), c'est au tour de Jumble de passer du podcast à l'activité de label. Pour marquer ce changement, il sort une compilation (en téléchargement gratuit ici) consacrée à des producteurs amateurs de glitch-hop, 24 artistes, dont des Russes déjà été publiés sur différentes compilations (Fly Russia chez Error Broadcast chroniqué ici et Finest Ego / Russian Beatmakers chez Project: Mooncircle chroniqué ) ou ont des EP ou des LP à leur crédit, qui s'en donnent à coeur joie dans une voie, d'après le label, experimental/future beats, appellation qui me va bien.

 

Le disque part très fort avec des titres énergiques de 813, de Demokracy revu par DZA et d'AEED puis prend un ton plus posé avec quelques nouveaux producteurs, moins expansifs mais tout à fait dans le ton. Deaf Clay signe notamment un Wood Wave contemplatif avec juste ce qu'il faut de glitch tandis que Yoggyone fait dans un style plus dépouillé, centré sur la rythmique mécanique. Les morceaux choisis, qui durent tous entre une et trois minutes, offrent une homogénéité rare dans une compilation. Il y a pourtant des variations, Osharus a un côté industriel marqué, Lockbox une facette mystique intrigante, Lomovolokno donne dans la nappe planante alors que Moa Pillar empile en nombre les couches sonores pour donner un sentiment de puissance.

Qu'est-ce qui fait alors la logique de ces morceaux ? Outre leur durée, c'est une forte domination de la machine avec des sons très synthétiques, l'omniprésence de nappes (légères ou névrosées) et des rythmiques complexes et semblant souvent bancales. Sur Space Interlude par exemple, Hypercube envoie des crépitements au milieu de sa caisse claire et de sa grosse caisse qui impriment un tempo qui se cherche. Pareil pour Thebrookz dont les lointaines voix sont en équilibre sur un beat funambule. La compilation tient la longueur en prenant des airs plus mystérieux avec les titres de Lokiboi et d'Illingsworth. Seul le plus pop Happy Sun de Monokle & Galun paraît plus faible, sans gâcher les expérimentations de la dernière partie du disque, dont un Nocow toujours aussi en forme.

 

Je ne me lasse pas de ces future beats qui symbolisent le bon mélange entre rap instrumental et musique électronique. Après les travaux de certains précurseurs, ce style prend désormais toute son ampleur grâce notammennt à ces producteurs russes qui ne cessent d'envahir nos enceintes.

 

http://fslab.net/wp-content/uploads/2010/12/jumb001_-_various_artists_-_re-jumble.jpg

par Tahiti Raph

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 11:34

Sortie : 21 janvier 2011

Label : Pampa Records

Genre : House

Note : 5,5/10

 

Lorsque sort Rest en 2000, le monde se fait surprendre par cet ovni. Isolée propulse la microhouse sous le feu des projecteurs et Beau Mot Plage devient l’hymne des petits matins blêmes.

La musique de Rajko Müller se reconnaît dès les premières notes avec cette capacité à rendre toute sonorité trébuchante et hésitante. Les corps n’ont plus qu’à se laisser glisser sur cette douce vague. Mais l’Allemand, possédant un fort pedigree français puisqu’ayant suivi une scolarité française dans un lycée algérien, a toujours préféré nous la jouer discret. Un second album en 2005, We Are Monster, et basta ! Depuis, une poignée de maxis hautement recommandables, dont un excellent The Fantastic Researches Of Yushin Maru (sorti sur Dial) a vu le jour.

On attendait donc ardemment Well Spent Youth, troisième album de notre bonhomme qui sort sur Pampa Records et patatra, c’est le désastre.

 

Rien à dire sur la forme. Well Spent Youth est un album profitant d’une production léchée au possible. On sent le travail d’orfèvre derrière chaque sonorité avec une prédominance pour des instrumentations acoustiques. On reconnaît aisément la pâte d’Isolée avec cette atmosphère chancelante, à la limite de la rupture. Les mélodies restent trébuchantes et rappellent les afters désincarnées où les restes des vapeurs d’alcools se diluent dans un BPM cotonneux. Dans l’idée, c’est plutôt captivant… dans l’idée seulement.

On a beau être dans le domaine d’une house parfaitement maîtrisée, il n’en demeure pas moins que l’on se fait chier. A vouloir livrer un album trop propre, Isolée s’est fait prendre à son propre jeu. L’atmosphère "bourrée" n’est qu’une apparence cachant la faille : l’absence totale d’émotion. C’est bien simple, rien ne dépasse des 11 titres. C’est tellement propre qu’on s’emmerde dès le deuxième morceau. Ok, Paloma Triste, ballade ouvrant l’album, se révèle finement mélancolique et Hold On parvient à nous réveiller car se révélant un poil plus vicieux. Mais à côté, pas grand-chose à sauver. Isolée s’enferme dans un format répétant inlassablement le même schéma : armature house, sonorités hésitantes et parasitage par des petits sons étranges (aspect aquatique pour One Box ou bien crépusculaire pour In Our Country). Mais tout cet enrobage est trompeur. Chaque morceau se fige dès la première minute pour ne plus vouloir bouger. C’est frustrant et indigne du potentiel d’Isolée. On aurait tellement aimé un album plus humain, supprimant la distance pour mieux s’installer dans la durée.

 

On finit par écouter ce Well Spent Youth comme on regarde un film de Raul Ruiz. On sent que c’est bien ficelé, que c’est intéressant mais on finit par profondément s’ennuyer. Isolée signe un troisième album décevant, le genre de disque qui se contentera de vous accompagner passivement, sans jamais vous surprendre.

 

http://www.lemellotron.com/wp-content/uploads/isolee-well_spent_youth-300x300.jpg

par B2B

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 08:29

Sortie : 24 décembre 2010

Label : Raumklang Music

Genre : IDM, Dark Ambient, Indus, Noise

Note : 8/10

 

Raumklang Music. Si le nom de ce label n'est pas encore sur toutes les lèvres des férus d'IDM et de musiques électroniques expérimentales, ce n'est qu'une question de temps. Après l'auguste premier album d'ar.Muta (chroniqué ici), Raumklang publie le 24 décembre dernier la compilation Snowflakes. Le boss de la maison allemande, Dirk Geiger (interview ici), est allé trouver du beau monde chez Ant-Zen, Tympanik, Hymen Records, etc. qu'il mêle à des artistes de chez lui. Tapage, Anklebiter, Keef Baker, LPF12, Access To Arasaka, Lucidstatic, Nanoptiq, Klangstabil, ar.Muta, etc. sont les acteurs de ce monument sonore, à la gloire du glitch, de l'expérimentation, des ténèbres et des flocons.

 

Découvrir cette compilation dans la nuit du 24, fenêtres donnant sur des champs enneigés, est un choc difficilement délébile. Mais si elle fait référence à la blancheur poudrée de l'hiver, Snowflakes n'a pourtant rien d'immaculé. Aux tourbillons neigeux se confondent des nuées de poussières radioactives, l'air crépite en permanence de grésillements propres à s'embraser, et les nappes compactes et parasitées évoquent de vides paysages spatiaux, balayés par les vents stellaires. Des soundscapes enivrants, des balafres rythmiques et une poésie crépusculaire flottent et hantent l'entière compilation. L'auditeur, tétanisé, devient le jouet d'éléments qui le dépassent. Pris au coeur d'un orage magnétique, il observe les décors se succéder, plus imprévisibles et violemment sublimes les uns que les autres.

L'oeuvre s'ouvre sur une onirique ascension. Dans des panaches de fumée, on croirait voir dans le Gilb de Klangstabil l'ombre d'une mince fusée quittant la Terre. Puis, vient la plus belle chose qu'il m'ait été donner d'écouter depuis un sacré moment. Les mots font cruellement défaut pour décrire Unfold de Tapage. Il y est question de rythmes courbes et froissés, comme Tijs Ham sait si bien les construire, et de beauté pure, transperçante, réveillant d'inconscientes fêlures. Forcément lorsque Lucidstatic se pointe, le voyage prend une dimension plus écorchée. Abrasive tornade qui maltraite les vertèbres, All At Once plonge dans l'indus trempé de noise. Mais, à l'image de son Symbiont Underground (ici), c'est dans l'injection de (très) brèves phases d'ambient que Lucidstatic révèle son génie. Le brouillard crypté s'épaissit avec Svart1 (Der Schnitter), les nappes noisy s'étendent à n'en plus finir, et on a les yeux qui piquent. La troublante intervention de A Bleeding Star, autrement connu sous le nom d'Alex Goth, ne sera pas celle qui nous ramènera à la surface. Pièce de dark ambient littéralement hantée, While Blazed... (le titre fait une quinzaine de mots) est tissée de drones mouvants, et d'une brume électrique insondable, qu'une incorruptible guitare acoustique guide vers les bas-fonds. Et la fin laisse sincèrement présager une attaque extra-terrestre. Plus loin, l'immense Telestar d'Access To Arasaka joue de la harpe avec nos tripes, scintillant de noirs échos numériques, tandis que Hotaru Bay prodigue enfin quelques gouttes de lumière, avec le délicat et très beau Firefly Reject. Citons enfin l'épique Make It Better d'Anklebiter, le bouleversant In A Place Were Fear Resides de LPF12, ainsi que le remix de Dirk Geiger du Sealed Envelope d'Autoclav1.1, ensorcelant titre de clôture, parcouru de chuchotis plus qu'effrayants.

 

Le catalog sampler 2010 de Raumklang Music est un objet envoutant, instable, sidéral et sidérant. Une odyssée entre hiver terrestre et hyper espace. Compter dorénavant avec Raumklang paraît indispensable, et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, cette fulgurante compilation est livrée gratuitement, ici. Foncez, bordel.

 

snowflakes-cover-net.jpg

par Manolito

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 19:41

Sortie : 30 décembre 2010

Label : Electronica

Genre : Electronica

Note : 6

 

C'est l'histoire d'une émission diffusée en Sibérie qui devient un blog, lance une série de podcasts aux influences électroniques variées puis devient finalement un label avec une première sortie dans les derniers jours de 2010. Cette histoire est celle d'Electronica qui nous propose un maxi huit titres du Russe Fiji en guise de lancement (en téléchargement gratuit).

 

Abstract hip-hop léger, électronica en douceur, voire même ambient, Fiji donne l'impression d'être moins torturé que ses compatriotes qui ont fait parler d'eux ces derniers mois. Les nappes rondes et moelleuses font l'objet d'un emballage évolutif au fil des morceaux. Si Copy Paste Feelings et Hour Of Glances And Kisses, qui ouvrent le disque, sont dénués de rythme et assez méditatifs, la suite sera ponctuée d'une batterie downtempo qui ne brusquera pas l'auditeur. Le tempo donne un goût plutôt rap instrumental (Faked Imaginary Freedom) tandis que l'utilisation des claviers fait plutôt pencher la barre du côté de l'électronica (Ocean In My Head). Deux styles qui seront parcourus sans tomber dans le déjà vu. On 17th Floor a lui un léger goût de jazz. 

Le Russe travaille par fines touches. Il fait glisser ses sons délicatement dans les conduits auditifs. Une certaine chaleur se dégage ainsi de ses titres dont l'atmosphère paisible contamine l'esprit. Même quand les claps s'emballent avec la participation de Long Arm (qui sort un premier long format sur Project: Mooncircle en février) sur Grey-Purple, un certain calme fragile prédomine. Le plus complexe et envoûtant Night White Of White Flies mêle un violon en bout de course avec une guitare acoustique mélodieuse, un passage plus organique assez prenant.

 

Pour une première publication, Electronica l'a joué prudent avec un EP délicat et prometteur. Il faudra donc encore cette année surveiller les producteurs russes...

 

http://electronicalabel.ru/wp-content/uploads/2010/12/e24_fiji_-_grey-purple_ep.jpg

par Tahiti Raph

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 17:07

Sortie : décembre 2010

Label : autoproduit

Genre : Abstract hipost-rock

Note : 6

 

Le MC Sole nous avait découvrir le Skyrider band, en énergique backing band rock qui convenait tout à fait avec l'esprit du rappeur. Avant un nouvel album ensemble, ces musiciens du Colorado prolongent leur échappée solo surprenante, avec un essai fidèle à leur volonté d'innover à la fois dans les techniques de production numérique tout autant que dans le style. Skyrider nous entraîne sur leur quatrième LP depuis 2007 dans une odyssée rock où les sons électroniques sont souvent en appui, un peu à la manière de 65daysofstatic. Abstract hip-hop-rock, post-rock tirant vers l'électro, pas facile de coller une étiquette à cette collection de 22 titres pour 75 minutes chargées en émotion... accrochez vous à votre slip !

 

Les guitares sont brutales, donnent le ton, la rage, l'énergie. Les rythmiques synthétiques donnent un sentiment futuriste, une touche moderne au milieu de ce gros son sévèrement amplifié. L'ouverture est majestueuse. Une marche royale sur laquelle les claviers ronronnent puissamment et les distorsions hurlent à la mort. Il faudra vaincre ou mourir sous ces oriflammes ténébreux. Aux Send 1b et 1c (à chaque morceau correspond une lettre de l'alphabet) confirme ce sentiment de puissance et le mélange des styles. Tous les sons ne sont pas des plus heureux, mais l'ensemble dégage une force mobilisatrice. 1d et ses nappes grandiloquentes sonne, lui, comme un des pics de cette première volée de titres où les machines dominent les guitares.

Les Américains, après avoir tenté de tout emporter avec puissance, décident de communiquer plus en douceur. Sur 1o, le groupe prend des airs inquiétants, des violons venant renforcer le côté cinématographique. Un passage moins rock comme sur le morceau suivant, 1p, où un clavier décharné accompagne le beat rugueux. Il y a aussi un passage presque dub sur 1u, et de nombreux moments rap instrumentaux qui n'attendent que leur MC fétiche. 1v entraîne quant à lui l'auditeur dans une voie plus mélancolique. Cette dispersion sur la durée n'est pas toujours aussi réussie et l'album peut alors sembler un peu s'éterniser...

 

Tout en appréciant l'audace des Skyrider, nous ne pouvons pas laisser passer les quelques loupés de leur mix électro-rock-rap instrumental. Toutefois, si tout n'est pas parfait, l'ambiance générale et une bonne partie des titres valent le détour.

 

http://c1.ac-postto.myspacecdn.com/postto01/1/82ef3aa238f5425abc3131281bc5cba5/l.jpg

par Tahiti Raph

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 09:50

Sortie : Novembre 2010

Label : Barge Recordings

Genre : Ambient expérimental

Note : 7,5/10

 

The Fun Years trace tranquillement son sillon depuis quelques années, à l’écart des tendances et des modes. En même temps, quand on officie du côté de l’ambient expérimental, on s’éloigne (in)volontairement des ronflements de la hype. The Fun Years se compose de Ben Recht, guitare baryton, et d’Isaac Sparks, machines et platines. Les deux New-yorkais sortent leur troisième album sur le label Barge Recordings.

God Was Like, No s’impose rapidement comme le compagnon idéal d’un voyage monotone au sein d’un paysage désolé. N’allez pas croire que le disque est chiant, bien au contraire. C’est seulement que les compositions du groupe semblent propices à la contemplation passive d’une infinie toundra sibérienne.

The Fun Years reste fidèle à son approche minimaliste de la musique, un savant mélange de drone, de shoegaze, d’expérimentations acoustiques et d’ambient rappelant en cela la musique de Fennesz ou Tim Hecker. Où comment faire surgir la poésie au travers d’un bourdonnement incessant ? God Was Like, No n’est pas un album facile, de ceux qui se laissent dompter dès la première écoute. Il faut y revenir régulièrement pour en extraire la moelle épinière. Mais une fois l’opération réussie, vous êtes foutus car complètement happé par cette austérité rampante.

Dès l’ouverture sur Breech On The Bowstring, la guitare de Ben Recht se fait accueillante, presque mutine. Mais c’est pour mieux nous berner car au bout de quelques minutes, les notes se dissolvent dans une masse sonore s’apparentant à une lame de fond. L’atmosphère s’épaissit mais évite la noirceur. Les morceaux n’ont plus qu’à s’enchaîner car, comme tout objet sonore de cet acabit, c’est dans l’unité générale qu’on trouve le salut. Une fois la base drone en place, les bourdonnements ne sont plus qu’un rideau opaque. Parfois, le post-rock prend l’ascendant comme sur le finement progressif Makes Sense To Me, mais le plus souvent, l’ambient s’impose. Dans ces moments, on devine la mélodie qui se cache derrière les grésillements. Sur Get Out of the Obese Crowd, on tend l’oreille pour chercher les notes s’égrenant sur un clavier métamorphosé portant une voix fantomatique. Jusqu’au bout, on est captivé par cet énorme masse sonore qui n’en finit plus de se mouvoir à son propre rythme.

Les expérimentations de The Fun Years apparaissent comme un recueil de poésies à l’écriture affranchie. En parfait guide, God Was Like, No saura vous accompagner lors de ces errances mélancoliques.

 

http://2.bp.blogspot.com/_vS3tc9GmXtQ/TPq3emnnvGI/AAAAAAAACas/Tbw9bGt-ZAk/s400/The+Fun+Years.jpg

 

par B2B

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 19:33

Sortie : septembre 2010

Label : Endemik Music

Genre : Rap instrumental

Note : 5

 

De son Michigan natal, Sign One a émigré vers la Floride. De son rôle de rappeur, le MC est passé derrière les machines et devenu producteur. Endemik Music a sorti son premier album à ce titre (téléchargeable gratuitement sur le site du label). 25 plages de durées et de natures très diverses qui forment un ensemble atypique dans un genre de bricolage sonore hétéroclite. Si un esprit rap plane au dessus de tout ça, c'est parfois très en altitude.

 

Samples de voix, bruits de portes, cet album est ponctué de virgules, de bidouillages qui révèlent la méthode de composition de son auteur. L'Américain ne se pose pas de questions et colle à la suite des blues, d'étranges interludes, des intrumentaux percutants et reprends même quelques fois le micro. Si certains auditeurs pourraient être déroutés par le bordel qui règne dans l'univers musical de Sign One, d'autres trouveront un désordre confortable et réjouissant. Le saxo hurlant de A Dry Martini, la lourde guitare saturée de Ice Pirates, air électronica sur Money For People To Save, il nous en fait entendre de tous les genres. Le lien entre toutes ces directions est souvent la batterie dont la puissante grosse caisse vous secoue agréablement les tympans.

Pour apporter encore d'autres touches, le garçon reprend le micro pour des rap intenses comme ce Sofar So Good plein de surprises dans sa construction. Sur I'll Never Be Famous, le ton se fait plus dur sur un fond rythmique minimaliste et brutal. Enfin pour boucler l'expérience, l'Américain ajoute quelques gouttes d'électronique, avec notamment ce S+P au goût de mystère. Aids, Baby! offre lui des vrombissements quasi dubstep...

 

Il y a donc à prendre et à laisser dans ce Clock Radio bien touffu, mais l'ensemble révèle une forte créativité qui ne laisse pas insensible. Sign One nous ouvre son grenier sonore, certains y trouveront des trésors, d'autres des toiles d'araignée.

 

http://endemikmusic.com/images/recordcovers/endigital001_front.png

par Tahiti Raph

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 13:19

Sortie : novembre 2010

Label : Ad Noiseam

Genre : Inclassable, Abstract

Note : 6,5/10

 

David Thrussel fait partie de ces artistes inclassables qui officient sur la scène électronique alternative. Membre de Snog, il se planque également sous un autre avatar, celui dont il est question aujourd'hui : Black Lung. L'Australien s'est forgé une solide réputation d'artiste atypique qui s'épanouit seulement hors des sentiers battus. Des labels prestigieux comme Ant-Zen, Tympanik ou Metropolis lui ont accordé leur confiance. C'est cette fois-ci sur Ad Noiseam que paraît l'étrange et mystérieux The Soul Consumer.

 

L'histoire dit que David Thrussel a goûté à la chaire humaine à Kiev il y a cinq ans. Depuis, il est obsédé par le fait d'y reposer les papilles et de créer un album uniquement influencé par ce nouveau régime alimentaire. Charmant programme. Les autorités australiennes n'ont d'ailleurs pas du tout apprécié son supposé goût pour les pratiques cannibales en censurant son oeuvre. Il est vrai que Thrussel est plutôt coutumier de la polémique puisque Full Spectrum Dominance (2009) avait déjà fait jaser à sa sortie. Vous vous doutez bien qu'il n'est pas ici question de créer un pseudo-buzz commercial sous prétexte de viles provocations. David Thrussel est juste complètement fou et tente probablement de transposer sa démence à son sillon artistique.

The Soul Consumer est sans doute l'album le plus difficile à chroniquer que j'ai eu entre les mains. C'est en réalité un objet musical non identifié. Concept cannibale dérangeant mais savoureux, cette conception anarchique est finalement beaucoup plus expérimentale qu'il n'y paraît. Imaginez Claire Denis qui demande à Ennio Morricone et à John Carpenter de mettre leur ego de côté et de créer une synergie terrifiante de ce qu'ils auraient pu faire à deux. Voilà cette bande originale idyllique d'un film qui hisserait le cannibalisme en un art de vivre bucolique et sain. Oui je sais c'est complètement dingue, mais j'essaie d'écrire quelque chose de sensé.

Industriel, techno, synth-pop, noise, ambient... Outre la chaire humaine et ses spécificités selon les morceaux, voici les ingrédients de cette mixture malsaine à souhait. Les textures sont à dominantes électriques, parfois à la limite du rock. Les titres des morceaux sont suffisamment explicites pour que je m'amuse à les énumérer. Je retiendrais pour ma part plus particulièrement le terrifiant If The Soul Resides In The Flesh, les tubesques malgré tout The First Tender Cut et Mr Love Teeth, ainsi que le presque symphonique The Ebullient Memorial. Moonlide and Muzak et sa guitare vicieuse semblent imager le stratagème machiavélique de celui qui attend que sa proie soit anesthésiée par le laudanum pour lui saisir le jarret à pleine dents. Sur un schéma complémentaire et légèrement baroque, Sauteed Outre Members vient poser l'importante question de la cuisson. Hummmm...

 

The Soul Consumer, vous l'aurez compris, est un album difficile à digérer. Thrussel n'a pas dû avoir l'occasion de rôtir les couilles de la tête pensante d'Ad Noiseam, parce qu'il faut quand même un sacré courage pour sortir une pareille galette de viande. Cette oeuvre, bien qu'inqualifiable, a le mérite d'être unique et de déranger celui qui s'y aventure. L'utilisation de la typographie d'une célèbre marque de soda caféiné pour l'artwork relève aussi de ce même génie burlesque. Une curiosité qui mériterait de faire date. Bon appétit.

 

http://static.boomkat.com/images/399185/333.jpg

     par Ed Loxapac  

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 12:53

Sortie : décembre 2010

Label : Ampbitifgo

Genre : Ambient-IDM

Note : 7

 

Ampbitifgo égrène ses sorties avec parcimonies afin d'éviter les ratés et de maintenir une cohérence dans l'esthétique des artistes mis en avant. Nouvelle preuve avec Soundhacker qui, avec son IDM feutrée, confirme, tant au niveau de l'exigence que de l'univers, la ligne du label. L'Anglais avait déjà sorti un maxi sur Ampbitifgo en 2008.

 

Le son du producteur est froid. La neige numérique qui recouvre ses structures métalliques offre la richesse des paysages du grand nord. Une sensation générale de grand manteau blanc qui recouvre la nature cache un sens raffiné du détail. Au sein des couches synthétiques se révèlent maints bleeps, clicks et autres sons minutieusement assemblés pour donner une impression de volume. Dans le minimaliste Dregger se nichent divers bruissements. Ce désert glacé révèle de nombreuses espèces qui fourmillent discrètement. A la frontière de l'ambient, des rythmiques viennent parfois bouleverser cette nature paisible, cognant le sol rugueux. Seized est ainsi traversé d'un kick brutal signe d'activité soudaine, le tempo devient tout à coup plus nerveux, dominant le reste.

Le calme revient. Soundhacker se plaît alors à faire évoluer ses textures, à envoyer de frêles nappes synthétiques qui soufflent sur ses paysages figés. Eem n'est ainsi qu'un vaste blizzard. Le travail est mené touche par touche, ne laissant rien au hasard. Les évolutions sont calculées, chaque passage glissant l'un vers l'autre sans rupture. Le vent vous frôle et votre champ de vision se réduit. La température baisse encore. La musique parvient encore lointaine et sourde. Le beat de Skarl est alors un signe de vie réconfortant. L'ambiance s'intensifie, le crépitement rompt le calme. Il y a comme un durcissement dans l'air, une tension qui s'accroît. Confused Function est ses airs indus participent à cette tendance. La mécanique nerveuse prend le pas sur les brouillards sonores. Les grands espaces sortent de leur cécité dominés par des machines envahissantes.

 

Soundhacker nous entraîne dans un monde froid et dur, mais pourtant agréable et addictif. Difficile de lâcher ce disque en cours de route tant son auteur a soigné les sonorités qui composent son récit. Parfait pour accompagner la neige hivernale.

 

http://www.ampbitifgo.co.uk/_Media/amp008_sh_spiked.jpeg

par Tahiti Raph

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 16:52

Sortie :décembre 2010

Label : Digital Pit

Genre : Abstract hip hop

Note : 7

 

Le glitch-hop n'a pas encore enterré l'abstract hip-hop... Si de nombreux artistes se ruent dans le sillon de Flying Lotus, d'autres continuent à labourer le champ d'un rap instrumental plus posé sans forcément tomber dans la facilité ou la redite. C'est le cas du Français Superpoze qui, plutôt que la tendance, travaille sur son premier album (en téléchargement gratuit ici) ses samples et ses rythmiques à la recherche d'une certaine harmonie.

 

Guitares, claviers, boucles de voix, le producteur différencie les sources pour créer des titres qui se déroulent sans heurt, évoluant minutieusement. Pour tenir dans la longueur, il varie les ambiances passant du blues de Lost Cosmonaut à une tonalité plus jazzy avec People In Coulours sur lequel les balais de la batterie portent en douceur la mélodie qui s'intensifie au fur et à mesure. Alors que l'on se fait à ses instrumentaux séducteurs, surgit Matthew MC pour un rap léger sur fond de contrebasse et de claquements énergiques. Le rappeur revient avec Ol'Days sur lequel sa voix feutrée passe parfois au hachoir pour être balancée par bribes dynamisant le clavier.

Superpoze creuse le sillon jazz avant de partir dans une voie plus entraînante sur le très bon Monkey Attack où la guitare nerveuse se mêle à un ensemble plus synthétique, donnant un air électronica au morceau. Le Français se permet alors d'introduire quelques scratchs inspirés qui relancent bien la machine. Il calme ensuite le jeu, pour des passages parfois un peu plus tendres. Il cède à une certaine langueur pas désagréable mais moins percutante. On se laisse tout de même prendre par cette alliance réussie de sonorités organiques, notamment avec The Jazz Club où le saxo croise un crooner d'un autre âge. Broke My Headphones repart dans l'électronique, avec des sonorités inquiétantes contrebalancées par le "clap your hands everybody" qui lui donne un air festif décalé.

 

Superpoze mène sa barque avec habileté, sans révolutionner le genre. La diversité bienvenue n'empêche pas un fil conducteur de se détacher pour maintenir l'attention jusqu'au bout. Les deux titres plus électroniques laissent toutefois entrevoir un autre visage, plus profond, qui donne envie d'en entendre plus...

 

http://bandcamp.com/files/18/03/180359357-1.jpg

par Tahiti Raph

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