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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 17:22

Sortie : 10 janvier 2011

Label : Non Projects

Genre : Electronica, Drone, Neo-classical

Note : 8/10

 

Sous division d'Alpha Pup, Non Projects nous avais gratifié l'année dernière du splendide album d'Asura (chroniqué ici), oeuvre aussi exceptionnelle qu'inétiquetable. Le petit label de L.A. poursuit sa lancée avec le premier long format de Nicholas Morena, dit a.d.l.r. Originaire de Laguna Beach, cet autodidacte prodige a commencé à toucher aux machines à l'âge de 11 ans. Il en a maintenant 22, le même age qu'un certain James Blake (dont le dernier album est chroniqué ici). Preuve que le talent (ou le manque de) n'a que faire du nombre de printemps.

 

La sensibilité novatrice de Foam on the Way of Space-Time... a de puissants effets revigorants. Impossible d'accoler un genre à la musique de Morena. Foam on the Way.. conjugue électronica spatiale, musique radiophonique, ambient, drones modernistes, avec une solide part de jazz et quelques délicates touches de techno. La dimension expérimentale et fougueuse s'exprime de façon tantôt retenue, tantôt explosive. Les différentes sonorités, au timbre souvent organique, explorent un panel infini de variations, et naviguent de façon si aléatoire qu'elles semblent affranchies de tout contrôle. Les éclats d'un saxophone volage sur Tactility of Time respirent le free jazz, et lorsque qu'une basse puissante se dévoile et que l'espace s'emplit de bourdonnements, on nage en plein délire cosmique. Des roulement de batterie, des ballades de piano, des percussions improbables, et de multiples sonorités concrètes se joignent aux fresques électroniques d'a.d.l.r. Alors que ses premières influences sont à aller chercher du côté de Beat Junkies, Morena s'est par la suite nourri des grands de chez Warp, Aphex Twin et Tom Jenkinson en tête, comme de Stockhausen et d'autres compositeurs de musique électroacoustique moderne.

Pièce centrale, The Softest Shade of Purple of a Powdery Hue s'apparente un lit de nappes mélodiques, qu'un beat mat vient compulsivement marteler. L'aura que dégage ce morceau est ahurissante. Aucune piste ne se ressemble de toute façon, au sein de ce féérique album. Si les technoïdes Wisp ou Euclid n'emportent pas forcement ma préférence, la lente redescente de la fin touche au sublime. La basse dubby de Bright Wave s'entoure de pépiements d'oiseaux et de cliquetis cristallins, et The Systems appose un glorieux point final. Un drone continu, de douces notes de guitare, et de longues éraflure synthétiques en font l'un des plus beau morceau du disque.

 

a.d.l.r mérite d'être salué bien bas. Si ses compositions ne feront sans doute pas l'unanimité, pour moi, Non Projects vient de sortir un des meilleurs disques de ce début d'année. Foam on the Way of Space-Time... n'est pas sans points communs avec l'album d'Asura. Ce troisième LP de leur catalogue confirme une ligne directrice de qualité supérieure.  

 

                                                         adlr_foam.jpg

par Manolito

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 13:13

Sortie : 31 janvier 2011

Label : Kompakt

Genre : Ambient

Note : 7/10

 

Attendues chaque année, les compilations Pop Ambient permettent de passer l’hiver en douceur, de se lover dans des nappes infinies, de s’anesthésier l’esprit dans un monde éthéré. Depuis plus de 10 ans, Wolfgang Voigt et la maison Kompakt sortent ainsi la compil' d’ambient parfaite. La conclusion est toujours la même : sélection irréprochable pour une ambient immersive et porteuse d’images. Seulement voilà, 2011 annonce un léger changement. Non, non, ne flippez pas, il n’est aucunement question d’une remise en cause de la qualité générale de cette version, Pop Ambient 2011 est exempt de défauts. C’est seulement toute une idée évanescente de l’ambient qui prend la tangente pour s’orienter vers une lecture plus sombre de la musique.

Tout débute par un diamant noire avec Bernsteinzimmer d’ANBB, aka Alva Noto et Blixa Bargeld (voix d’Einstürzende Neubauten). Le trip cinématographique est porté par des cordes flirtant avec l’angoisse, avant un sublime final s’appuyant sur la voix de Blixa. Le ton est donné, le voyage se tiendra sous un ciel menaçant. Pourtant, par tâches sporadiques, Pop Ambient trouve parfois la lumière comme sur Beginner’s Waltz de Bhutan Tiger Rescue (duo formé par October et Ewan Pearson) dont les trois notes lancinantes accompagnent une errance expiatoire.

Mais le fil conducteur ne se brise pas pour autant. L’ensemble demeure grave notamment par le biais du dark ambient incantatoire de 30.6.1981 de Crato. Pop Ambient s’écoute les yeux fermés, dans un oubli total, pour mieux prévenir l’immersion. Une fois en place, la magie noire opère. Alors même si la référence bvdub livre ici un morceau en mode mineur, on reste impressionné par la maîtrise des ténors, Wolfgang Voigt, Jürgen Paape et Triola en tête.

Le final revient logiquement au maître du genre, Thomas Fehlmann, avec une relecture magistrale du Titan de Gustav Mahler, interprété avec le Montreal Symphony Orchestra. Ces 9 minutes live clôturent cette sélection de la plus impressionnante des manières en stoppant définitivement le temps.

La nouvelle fournée de Kompakt est encore une fois irréprochable. Rien n’est à jeter dans cette sélection introspective des plus déchirante. 2011 se dirige vers la grisaille et Pop Ambient 2011 en sera le sombre guide.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/Pop-Ambient.jpg

par B2B

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 21:52

Sortie : février 2011

Label : Alpha Pup Records

Genre : Saga masquée

Note : 2

 

Présenté par le label comme le buzz underground du moment, le duo Virtual Boy, composé de Preston Walker et Henry Allen, sort un maxi de quatre titres qui rappelle étrangement Daft Punk période Discovery en mode contemplatif. Pas si étonnant quand on tente de produire "une saga musicale majestueuse dans un cosmos vivant de synthés cristallins, à l'orchestration flamboyante et aux lignes de basses sans retenues"... Tout un programme, pas forcément convaincant.

 

Daf Punk n'est donc pas mort, puisque le duo Français semble avoir changé de nom et déménagé en Californie. C'est l'impression qui ressort, surtout à l'écoute de Breach Of The Descendants et son vocoder trop marqué. Ce titre fait penser à une intro du concert des deux robots. Une manière de faire monter l'ambiance tranquillement avant d'envoyer la sauce. Mais cette plage est curieusement placée en seconde position et fait donc surtout retomber le soufflé après un Thrust massif mais sans consistance, trop autocentré sur d'impressionnantes volutes de clavier très répétitives.

La suite n'est pas plus enthousiasmante, The Future Holds A Beat est un mélange de mélodies ludiques et de nappes faciles qui ne mènent pas bien loin. Le final, avec Mass, après de premières minutes plutôt intrigantes et pleine de tension, part sur un beat langoureux et fortement numérique, d'où surgissent les fameux synthés cristalins charment enfin un peu. Le morceau, un peu plus personnel, se développe lentement et suggère enfin les explorations cosmiques promises... c'est un peu tard, surtout que cet extrait se prolonge un peu inutilement pendant plus de sept minutes décourageantes.

 

C'est pompeux, entendu, presque prétentieux, à l'exception de Mass qui ne suffit pas à sauver l'affaire. Bref, à oublier.

 

http://pics.livejournal.com/wearevirtualboy/pic/00006gf0/s640x480

par Tahiti Raph

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:28

Label : Atlas / A&M

Sortie : 7 février 2011

Genre : Dubstep de chambre

Note : 3/10

 

On a vite catalogué James Blake dans la catégorie "génie en devenir". Trop vite peut-être… Le jeune londonien, tirant à peine sur ses 22 ans, s’est retrouvé propulsé sur le devant de la scène dubstep en un temps record par la force de quelques EP remarqués et remarquables tel le bijou CMYK (ici) ou encore l’aérien Pembroke (chronique ici). A ce moment là, on pensait vraiment tenir le mec qui allait dynamiter le dubstep, lui permettre de sortir des clichés en l’amenant vers des territoires encore vierges. Ce fut bel et bien le cas avec Limit To Your Love (clip) mais l’orientation pop en laissa plus d’un sur le bas-côté (nous en tête, ne le cachons pas). Mais après tout, seuls les cons restent bloqués sur leurs acquis et la sortie du premier album éponyme de James Blake reste un évènement majeur de ce début 2011.

 

Ce LP se révèle profondément agaçant parce que tristement statique. Ne tergiversons pas : James Blake est chiant malgré quelques rares moments de grâce. Et cela tient à peu de choses.

L’album a beau être court, à peine 38 minutes, il arrive pourtant à provoquer la frustration et l’irritation. En effet, James Blake opte pour un dubstep de chambre, une musique profondément minimaliste où les voix prennent malheureusement l’ascendant sur les arrangements. Le souci venant d’une sur-utilisation de l’auto-tune donnant à la voix un côté R’n’B imbuvable. C’est vraiment dommage car en en faisant un peu moins, il aurait pu se révéler plus attachant. Fatalement, l’ensemble se pare d’un enrobage pop-folk plus mélodramatique que mélancolique. Que le petit James ait des peines de cœur, on veut bien le comprendre, qu’il les mette en musique aussi, mais la façon dont il agence l’ensemble confère à ses compositions un aspect dépressif manquant singulièrement de maturité.

Pourtant, il arrive, lors de quelques fulgurances, à taper dans le mille. Les deux morceaux d’ouverture se révèlent poignant. L’aspect progressif d’Unluck est habile et la voix et les arrangements cohabitent harmonieusement, de même, la fin touchante de Wilhelm's Scream donne l’impression de "tomber" avec Blake lorsque les sons s’étalent pour former un trou noir. Lorsqu’il se focalise un peu plus sur la rythmique, I Mind, on se surprend même à dodeliner suavement de la tête.

Mais cela ne suffit pas à sauver l’album de l’ennui. Un trop long passage à vide parcourt l’ossature de l'album. Pléthore de morceaux anecdotiques finissent pas prendre l’ascendant. Lindisframe I est affreusement vide, totalement gâché par un auto-tune insupportable. Même lorsque James Blake se focalise sur des instrumentations acoustiques, c’est dans une démarche plus paresseuse que minimaliste. Les douces notes de guitare de Lindisframe II n’apportent rien pendant que le piano de Give Me My Mouth et Why Don’t You Call Me nous statufie définitivement dans la lassitude.

 

Ce premier album de James Blake est bien trop lisse pour être une franche réussite mais cela n'empêchera pas l'album de faire un carton. James Blake semble avoir voulu livrer un album résolument sincère et on ne peut rejeter cela en bloc. Parlons seulement d’erreur de jeunesse mais restons lucide, il a encore tout l’avenir devant lui.

 

http://www.addictmusic.co.uk/wp-content/uploads/James-Blake-Album-Cover-300x300.jpg

par B2B

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:11

Sortie : 25 novembre 2010

Label : 3six Recordings

Genre : Ambient

Note : 8,5/10

 

36 (prononcez three-six) est le pseudonyme derrière lequel Dennis Huddleston produit ses travaux d'ambient. Après Hypersona en 2009, l'Anglais a sorti Hollow en juin dernier. Alors qu'un lecteur avisé nous le conseillait pourtant, ce second volet nous a inexplicablement échappé. La présence de diverses réalisations de 36 dans d'estimables best-of 2010 fut le déclic, d'emblée suivit par un coup de massue. Hollow, comme Hypersona d'ailleurs, sont de purs chefs-d'oeuvre, dont le potentiel introspectif et la beauté fantomatique terrassent implacablement l'auditeur. Memories In Widescreen constitue le troisième volet de ce triptyque d'albums, qui sort, comme le reste, sur le label personnel et exclusif de Huddleston, 3six Recordings.

 

Ces trois actes évoluent de façon toujours plus dense, brouillée et opaque. Le chemin qu'a tracé 36 va de la lumière vers l'ombre, s'enfonçant progressivement au creux de ravines ténébreuses. Parsemé de notes graciles et tendres, Hypersona dépeignait une ingénue et poignante mélancolie. Hollow était l'union parfaite de courants de nappes à la limite du drone, et d'une substance mélodique renversante. L'univers s'était assombri, mais des rayons translucides palpitaient encore au travers de la brume. Memories In Widescreen fait l'effet d'un voile sombre et crépitant qui aurait recouvert la musique de 36, et éteint, comme on souffle une bougie, ses restes d'innocence. Plus avant-gardiste peut-être que ses prédécesseurs, cet opus est sans doute le moins accessible. Les drones mouvants et la distorsion synthétique des nappes absorbent les mélodies, et vous pénètrent par tous les pores. On est face à des déserts de dunes, en proie à une tempête sablonneuse qu'une mystérieuse déformation du temps ferait se déplacer avec lenteur. Le résultat pourrait s'avérer chiant ou excessivement bruitiste, si l'extraordinaire maîtrise de 36 ne sublimait pas ces montées craquelées et ces bourrasques de fin du monde. Ses compositions ne cachent pas des inspirations de Fennesz ou de Tim Hecker. Si Hollow dévoilait déjà des influences de Burial, de la période de son album éponyme, et notamment sur le somptueux Equassa, le présence ici de lointaines résonances de voix ou d'arpèges carillonants et flous (After Time, Drowning) scelle le lien entre les deux compatriotes.

Le brouillard magnifique que constitue Memories.. agit comme un écran à la fois ténu et infranchissable, qui vous sape de la réalité. Une sérénité inexplicable, presque mystique monte à la gorge, tandis que les volutes ouatés et les ombres spectrales vous grillent méticuleusement les connexions neuronales. S'il est très dur d'isoler des morceaux, l'enchainement de Drowning, Disappear et The Mirror coupe littéralement le souffle. Alors que le triste et aérien Disappear s'achève sur un brusque chaos de son distordus, The Mirror, hélàs si court, illustre toute la grâce tragique, prégnante à ses travaux, une fois dépassés les murs de vapeur sonore.

 

Crépuscule de la trilogie entamée par 36, Memories In Widescreen pose la dernière pierre de cet édifice profondément évolutif. Oeuvre dense, sombre et admirable, un nombre conséquent d'écoute, ainsi qu'un matériel de qualité, sont nécessaires à la perception de ces riches nuances. L'aspect prolifique et énigmatique de Dennis Huddleston a quelque chose de fascinant. L'Anglais a sorti en 2010, en plus de ses deux albums, deux séries de cassettes, les Tapes Series : Blue et Red, et l'artwork de Memories est sa propre réalisation. Préférant personnellement Hollow, je ne saurais que vous conseiller de vous penchez sur l'intégralité de son oeuvre. Immense révélation.

 

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par Manolito

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 14:34

Sortie : 20 décembre 2010

Label : Avant Roots

 

On connaît avant tout le Catalan Pablo Bolivar pour ses travaux en matière de techno minimal organique. Seulement deux albums au compteur mais on sait qu’on tient là un futur maître en la matière. Déjà, son dernier album nous avait réconcilié avec les atmosphères lentes et insidieuses (chronique de Recall ici). Et là, le bougre nous gratifie d’un nouvel album totalement acquis à la cause de l’ambient avec Motion : The Ambient Works, sortant sur son propre label, Avant Roots.

 

Ce n’est pas vraiment une surprise quand on connaît la discographie du Barcelonais. En effet, il aime y insérer de longues nappes contemplatives dans ses créations techno. En bon fan de Monolake, il sait de quoi il en retourne. Tout est prétexte à l’immersion en évitant le vide, chaque piste s’occupe d’emplir pleinement vos conduits auditifs pour lentement et sereinement vous emmener dans un univers ouaté. Ne soyons pas non plus dithyrambique, ce Motion est certes un album d’ambient de bon niveau mais il n’est en rien impressionnant. Il n’en demeure pas moins que Pablo Bolivar étonne une fois de plus en démontrant l’étendu de ses talents. Passé les trois premières pistes plutôt classiques mais fortement respectables, l’album prend progressivement son envol.

Une dynamique hivernale, propice à la contemplation diurne prend alors l’ascendant et il ne reste plus qu’à se laisser envelopper par Recuerdos De Otra Edad. Les images peuvent alors se mouvoir et la pochette fait sens à l’écoute de North Bay. On s’imagine aisément dans un paysage brumeux et enneigé, totalement absorbé. A la stabilité succède le mouvement, comme si lentement nos pas s’enfonçaient dans une poudreuse compacte. Les artifices utilisés par Pablo Bolivar sont nombreux mais retenons avant tout l’influence de Basic Channel dans le timbre sonore, les reverbs donnent ainsi une dimension impalpable à ces parenthèses ambient. En reprenant sobrement, tout en y insufflant un léger aspect progressif, Escape From Galaxy Five (Chapter One), Bolivar maintient définitivement l’attention. Et rien de mieux pour finir que d’hésiter sur les sonorités tremblantes d’Another Earth.

 

Pablo Bolivar confirme son talent en bifurquant. Au lieu de nous attraper une nouvelle fois avec un album techno, il préfère nous étonner en prenant la tangente. Motion : The Ambient Works, sans être parfait, est un album d’ambient des plus respectables.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2010-12/1292980380_pablo-bolivar-motion.jpg

par B2B

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:16

Sortie : février 2011

Label : Project: Mooncircle

Genre : Abstract hip hop

Note : 7

 

Le titre After 4AM sur la compilation The Moon Come Closer (chroniqué ici) avait éveillé notre attention. Project: Mooncircle a fait naturellement de nouveau appel à lui sur Finest Ego / Russian Beatmakers (chroniqué ) avec The Roots. Le label sort maintenant le premier long format de Long Arm, où l'on retrouve son goût du jazz, des samples enfummés et sa créativité. Le producteur russe, faute de platine et après avoir appris le piano, a débuté sur un vieil enregistreur de vinyles, influançant à long terme son travail. Son album se veut "une réflexion sur le monde, où les sentiments humains et les pouvoirs naturels sont liés ensemble".

 

C'est avec un certain plaisir que l'on retrouve les titres After 4AM et The Roots dans un environnement qui leur convient mieux. Mais The Branches est surtout l'occasion de découvrir un univers complexe où les samples parfois ronronnants cachent en fait une grande créativité. Long Arm feint de la jouer simplement pour créer des milieux évolués. Des morceaux de quatre, cinq, voire six minutes, d'abstract hip-hop, parfois teintés d'un soupçon agréable de trip-hop, pourrait paraître long, mais c'est sans compter sur les ruses de leur auteur pour nous entraîner plus loin qu'on ne l'aurait cru au départ. Ses beats au long cours, sur fond de jazz cool cachent en fait bien plus que leur apparence. Chaque titre offre différents passages, cachant des richesses insoupçonnées. Double Bass In Love coule par exemple aisément, laissant chaque instrument prendre à son tours ses marques, variant la mélodie. De même sur When Children Sleep, où l'on se laisse séduire ne voyant pas toujours les différentes pistes explorées. Quelques extraits plus courts viennent aussi troubler cette régularité d'apparence, à laquelle Key Door vient donner un premier coup de fouet.

Il n'y a que sur Dummy que le Russe se lâche un peu plus avec des plans vrillés où un violon langoureux semble complètement déboussolé. D'étranges voix viennent s'intercaler alors que tout se dérègle de plus en plus. L'art de la surprise est aussi cultivé sur The Branches (également proposé en version instrumentale) quand, après une longue intro langoureuse, surgit le flow bidouillé de Teknical Development, rappeur anglophone dont le texte se pose à merveille sur un son enjoué. Enfin, avec The Waterfall Inside Me, un piano enrobant est remué par une batterie un peu plus énergique, puis les cordes frottées d'une contrebasse viennent participer à l'apaisement général.

 

Un peu à part d'autres producteurs russes évoqués sur Chroniques, tels que DZA ou Demokracy (qui vient de sortir un premier single), Long Arm trace sa propre route, séduisante et inspirée.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc073_cover_480px_1.jpg

par Tahiti Raph

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 22:33

Sortie : février 2011

Label : Shitkatapult

Genre : Techno esthétique

Note : 8

 

Producteur et vidéaste, Frank Bretschneider a le sens de l'esthétique. Il expérimente depuis 1994 en matière de musique électronique et a sorti des disques sur différents labels, tels que Mille Plateaux, 12k, Korm Plastics ou sur la maison qu'il a cofondé, Raster-Noton. La dernière création de l'Allemand a été enregistré live dans son studio et forme un ensemble continue de sept plages publié par Shitkatapult. Ecouter Komet revient à se laisser partir dans le cosmos.

 

Brillante idée que celle de Frank Bretschneider de concevoir un album comme un live, d'emmener l'auditeur dans un voyage (presque) sans rupture dans lequel les pistes s'enchaînent naturellement pour ne finalement offrir qu'une longue partition aux multiples facettes. Sa techno souple et poisseuse vient directement embrigader le cerveau dans une litanie envoûtante. La répétition ne fait que vous entraîner plus loin dans sa folie. Les sons pétillent, la spatialisation émerveille. Les décors se succèdent, toile minutieuse où rien n'est laissé au hasard. Cet univers numérique prend un versant liquide au début de Flutter Flitter avant d'envoyer des crissements vicieux qui viennent vriller la logique implacable du kick. Il ne faut pas attendre de répit, au contraire, le ton est de plus en plus dense. Grésillements et basses sont souvent les seuls repères. Une respiration cache souvent une reprise encore plus frontale, comme sur Twisted In The Wind qui en devient presque oppressant. L'oxygène en vient à manquer. L'Allemand laisse alors un vrai blanc avant les deux derniers titres. La sobriété et la puissance reviennent de suite sur Subharchorded Waves, massif et réservé. Les vrombissements sont ténus, les charlé singlants et l'emprise totale.

 

Frank Bretschneider signe une magnifique pièce aussi intelligente que musicale. Un entier fait de nombreux tout qui demande à être longuement étudié pour en percer toutes les entrées. Sa techno fine en est d'autant plus accrocheuse qu'elle ne suspend ses arabesques qu'une seule fois sur la durée du disque.

 

http://www.xlr8r.com/files/kometart_010611.jpg

par Tahiti Raph

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:24

Sortie : 17 décembre 2010

Label : Kompakt

Genre : House, electro-pop

Note : 5,5/10

 

Etrangement, Jürgen Paape n’a jamais sorti d’album. Plus étrange encore, il n’a jamais fait de live. Pire encore, il n’a jamais donné de DJ set. Mieux encore, quasiment personne ne sait à quoi il ressemble. C’est tout de même balaise de la part du co-fondateur d’un des plus gros label tech-house de ces 15 dernières années : Kompakt. Autant ses compères, Michael Mayer en tête, suivi de Wolfgang Voigt, ont su s’attirer les lumières des médias, autant le petit Jürgen n’en a cure. Pourtant, tel un métronome, il sort régulièrement des maxis. Et pour la première fois, l’ensemble de ses travaux se retrouve compilé au sein de Kompilation. Autant rester dans la sobriété.

 

La musique de Jürgen Paape n’a jamais été révolutionnaire mais on peut lui accorder au moins une chose, dans le domaine de l’électro-pop, le bougre maîtrise la recette. On retrouve ainsi trois excellents morceaux dans ce registre : l’évanescent Mit Dir (2002), le très 80’s et imparable We Love (2006) et surtout l’intemporel So Weit Wie Noch Nie (2002), sorte d’électro-pop ultime ouvrant entre autre le toujours pertinent DJ Kicks d’Erlend Oye. Rien que ces trois pistes valent le détour, ne serait-ce que pour prendre le pouls d’une pop qui quand elle se met à flirter avec la langue de Goethe arrive dans un élan insoupçonné à nous prendre doucement par la main pour ne plus nous lâcher.

Le reste de la compilation, totalement acquis à la cause tech-house, s’avère bien plus inégal. On y retrouve le fantastiquement barré Ofterschwang (2009), tech-house d’une fanfare bourrée, cinglant hommage aux 50’s et le spleen de Rheintreue (2010) avec ses violons déchirants. Pour la suite, c’est un peu plus embarrassant. On navigue entres pistes kitsch, à la limite du has-been comme avec le trop linéaire Take That (2007) ou les paroles ridicules de Silikron (1997) et morceaux tech-house respectables mais plus convenus tels le bondissant Fruity Loops #2 (2007) et le 100% teuton Nord (2007).

 

Les fans de Kompakt piocheront allègrement dans cette Kompilation permettant de retrouver non sans plaisir Jürgen Paape. Les autres, le temps de quelques instants intemporels, sauront puiser avec parcimonie dans cet étalage pas toujours très frais.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/jurgenpaape.jpg

par B2B

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 14:51

Sortie : novembre 2010

Label : Suction Records

Genre : IDM, Synth, Techno

Note : 7,5/10

 

On dit que durant sa tendre enfance, Gregory de Rocher a passé un bon moment à l'hosto. Ce qui aurait décuplé son imagination et aurait généré inconsciemment son futur projet Lowfish. Voilà pour le petit côté légende. Avec son pote Jason Amm (Solvent), ils créent leur propre label, Suction Records, en 1997 pour pouvoir jouir d'une liberté totale. Ils en profitent pour y sortir leurs réalisations personelles. Trop peu nombreux sont ceux qui se souviennent du maxi qui associait D'arcangelo et Solvent en 1999... Voilà pour le petit côté historique.

 

Memories Are Uncertain Friends réunie des titres composés entre 1995 et 1999. On n'aurait pas affirmé le contraire à la vue de cet artwork si... vintage. Les aigris adeptes de l'inexorable fuite en avant questionneront l'intérêt de la sortie d'une talle galette aujourd'hui, les éternels amoureux de la Roland TR-808 et de l'avènement du hardware jetteront quant à eux sur ce disque le regard affectif et réaliste du technicien ou du documentaliste. Car Memories Are Uncertain Friends se doit d'être uniquement envisagé pour ce qu'il est : une prise de recul sur les dix années glorieuses qui ont amené l'explosion des musiques électroniques intelligentes. Il n'est donc pas exclu que certains y trouvent des réminiscences "early Warp". Mais il y a plus surprenant. Prenons par exemple le morceau Memory Hole vous voulez bien ? A l'écoute de ce dernier, comment peut-on s'étonner que Miss Kittin et son camarade The Hacker loue les splendides qualités de Lowfish ? Ce morceau atteste de leur goût mutuel et pourtant incongrue de l'alliance entre Giorgio Moroder et Skinny Puppy. C'est ça Memories Are Uncertain Friends, une époque ou les prémices de l'indus et de la techno baptissaient des ponts sans qui la techno dite "Warehouse" n'aurait jamais existé. Certes, certains titres comme Remnant, 2813 MKII ou Drum Machine 5 ont moins bien vieilli que les excellents The Egg, The Soft Truth, Drum Machine 6 ou l'indispensable Quadra de fermeture, qui assoient, eux, définitivement l'aspect intemporel de l'ensemble.

 

Ce doit être ça la synth-pop sombre parfaite exclue du mainstream (idéalement illustrée par CLK et Orange & Round), une fusion entre IDM des débuts et minimalisme pas hermétique. Prévenons malgré tout qu'il faut apprécier le dark et s'équiper d'un caisson de basse digne de ce nom pour en saisir tous les trésors. Un document éclairé, ni plus ni moins qui sonne peut-être l'heureux réveil de Suction Records. L'espoir est permis.

 

http://www.suctionrecords.com/lowfish/memories_are_uncertain_friends.jpg

par Ed Loxapac

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