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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 16:07

Sortie : 1er février 2011

Label : Raumklang Music

Genre : IDM

Note : 8/10

 

Dirk Geiger est un homme doué pour construire des ponts entre les artistes. En sortant le somptueux Autumn Fields (ici) sur Tympanik, il s'est ouvert les portes d'une reconnaissance méritée. Ce succès a aussi eu le don de donner un coup de projecteur sur les sorties de son propre label : Raumklang Music. La compilation Snowflakes (ici) et le superbe Sebilacotha (ici) du russe arMuta avaient déjà tracé des promesses de lendemain d'allégresse. C'est cette fois-ci le Néerlandais Tapage, membre de la sainte trinité (crée par moi même) composée en plus de Hecq et d'Access To Arasaka, qui apporte une nouvelle pierre à ce beau mais dangereux édifice. Précisons à notre aimable et fidèle lectorat que Dirk Geiger et Tapage ont chacun composé un titre en exclusivité pour notre première compilation gratuite à paraître courant mars et humblement baptisée Between Lights, Shadows and Thunder.

 

Que ceux qui s'attendent à une pale copie des sorties de Tapage sur Tympanik s'enfonce un compas dans l'oeil. Seven, concept formé de sept morceaux durant chacun sept minutes, est beaucoup plus downtempo et plus atmosphérique que ses illustres prédécesseurs. Certes peut-être un peu moins organique que celle qu'on peut rencontrer sur Boltfish, l'électronica est ici emplie d'un potentiel immersif et mélancolique important. Tijs Ham témoigne de son goût prononcé pour les clochettes et les sonorités carillonantes en général. L'apogée de cette démarche est sans doute atteinte sur le lumineux et onirique 3 of 7. Si ces sonorités sont quasiment omniprésentes tout au long du projet, Tapage conserve cette (unique ?) manière de tasser et d'électriser le beat, comme en témoignent les géniaux 2 et 7 of 7. Il parvient également à trouver une profondeur de basses assez époustouflante pour ce genre de musique. Dans l'approche de la composition, on ne peut que constater les influences hip-hop, post-rock et metal abouti que même l'artiste en question ne saurait renier. Tapage n'est pas seulement un geek virtuose de Super Collider, démontrant que la musique n'est pas que le résultat d'un abstrait algèbre informatique. Sa musique n'a jamais rien perdu de son enveloppe humaine (contrairement à d'autres). Seven est destiné à ceux qui ont besoin de s'immerger dans quelques choses de beau avant de rejoindre la couette et de rêver à nouveau. Et contrairement à ses productions estampillées Tympanik, aucune rugosité ni aucun spectre sombre ne viendra troubler ces territoires gorgés de lumière. Rien à jeter. On en redemande.

 

Uniquement disponible en format digital à un prix plus que raisonnable, Seven est un concept album downtempo qui se situe au-delà de la réussite. Dans un univers musical alternatif où l'argent est absent mais où la liberté artistique se gagne, Tapage confirme haut la main tout le bien que l'on pensait de lui. C'est pas pour autant qu'on accueillerait pas à bras ouverts une suite au sacro-saint Fallen Clouds (ici). Qu'on se le dise, la musique de Tapage est électronique mais dotée d'une belle âme.

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs1334.snc4/162671_492173929619_251467499619_6157373_6896174_n.jpg

par Ed Loxapac

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 11:40

Sortie : 7 février 2010

Label : Module

Genre : Techno, house

Note : 5,5/10

 

Il aura fallu attendre près d’un an pour pouvoir entendre une suite au premier Rexperience de D’Julz (ici), mix permettant de saisir le temps d’une sélection racée l’imaginaire suscité par le Rex Club. Quoi de plus logique que de retrouver une fidèle parmi les fidèles, en la personne de Jennifer Cardini, aux commandes de cette nouvelle fournée. Les habitués savent de quoi il en retourne et sont éduqués aux mixs finement house et évolutifs de Jennifer (résidante des soirées Correspondant). Elle aime prendre les manettes à 4h du mat’, au moment où les esprits se liquéfient, pour mieux nous emmener dans son monde et à ce petit jeu, elle excelle.

 

Ce Rexperience 02 possède une armature classique puisque s’enserrant entre deux pistes lorgnant du côté expérimental, l’indus de Ben Frost et la pop déviante d’Alva Noto & Blixa Bargeld. Rien de nouveau mais Jennifer Cardini n’est pas néophyte en la matière et au lieu de nous bluffer avec une sélection de tracks déjà remixés, elle préfère miser uniquement sur des morceaux originaux. La contrepartie est que l’on a davantage l’impression de faire face à une sélection, certes de qualité, qu’à un véritable voyage.

Ainsi, les quatre premiers morceaux s’enchaînent de manière un peu abrupte, empêchant indirectement la capture auditive. C’est regrettable quand on voit la qualité des tracks choisies. En optant dès le début pour le bijou deep-house Pruned de John Roberts (meilleur album tech-house de 2010 chez Chroniques électroniques, ici), on se dit que ça va frapper fort. Et c’est le cas, en quelque sorte, car pris isolément, la majorité des morceaux sont brillants, notamment le planant Take Me Higher de Virgo. Mais face à l’exercice du mix, l’ensemble paraît trop éclaté et perd son pouvoir de fascination. Pourtant, la structure progressive du mix est là, petit à petit les couleurs s’effacent pour mieux pousser l’auditeur dans ses retranchements et lorsque retentit la house groovy de Soft Cell de Broker/Dealer on est à point pour se faire cueillir par un final 80’s aérien.

Indéniablement, le lien avec le mix de Chloé, Live At The Robert Johnson, s’impose mais là où Chloé se faisait vicieuse, Cardini l’a joue plus évidente. Ce n’est pas nécessairement un reproche puisqu’au final, on reste totalement dans l’esprit du Rex, dans cette idée du mix moite et exigeant.

En optant pour une quantité importante de morceaux chantés ou parlés, ce Rexperience possède une dimension pop indéniable. L’avantage étant que cet aspect bancal confère à cette pop un côté libertin et émotif. L’emprise devient ainsi indirecte, les moyens sont détournés mais le résultat demeure.

 

Ce Rexperience 02, bien qu’un peu trop sage pour totalement emporter l’adhésion, reste cependant agréable. Davantage orienté pour une écoute domestique, Jennifer Cardini signe une sélection racée et érudite, même si trop paresseuse dans l’agencement.

 

http://www.rexclub.com/wp-content/uploads/rexperience2-cover1-300x262.jpg

 

par B2B

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:32

Sortie : janvier 2011 (dispo depuis novembre en numérique)

Label : Anticon

Genre : Rap fracassé

Note : 6

 

Nous avions laissé Tobacco sur un second album un peu décevant (Maniac Meat, chroniqué ici), il nous revient toujours aussi boosté aux amphet' pour un maxi sur lequel il mélange anciens et nouveaux titres où viennent poser quelques uns de ses amis rappeurs. L'Américain sait encore mettre une pincée de second degré dans sa musique pour lui donner un côté décalé plutôt rare.

 

Les titres sont toujours aussi courts et ses sons toujours aussi volumineux. Ses instrumentaux déjantés accueillent parfaitement des MC qui ont l'habitude des ambiances atypiques. Le mystérieux Icycle Frog vient placer sa voix nasillarde sur le vrombissant Unholy Demon Rhytms qui démontre le nouveau visage que peuvent prendre les titres pourtant déjà entendus de Tobacco. Ceux qui avaient apprécié TV All Greasy seront ainsi contents de le retrouver avec l'apport des Anti-Pop Consortium en pleine forme. Un apport qui permet de réévaluer l'intérêt de ces morceaux.

Du côté des nouveux titres, Lamborghini Meltdown ne détonne pas avec ses claviers envahissant et un chant très années 1970 de Zackey Force Funk qui s'accorde bien avec le psychédélisme moderne de l'Américain. Pour sortir du lot, il faudra attendre The Injury dans lequel Doseone profite de la mélodie minimaliste pour envahir le beat de son flow survolté. Seul l'un peu trop brouillon 2 Thick Scoops avec Serengeti détonne avec sa guitare saturée démesurée. Le reste est à l'image de Tobacco : puissant et inventif.

 

Avec ce maxi, plus rap et toujours aussi barré, il nous fait préférer une brochette de MC inspirés à Beck qui nous avait bien peu convaincu sur Maniac Meat. C'est dans cette direction que nous voulons qu'il creuse ! En revanche, pour la pochette, ce n'est toujours pas ça...

 

http://www.maniacmeat.com/wp-content/uploads/2010/09/lauti2.jpg

par Tahiti Raph

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 13:59

Lieu : Mannheim (Allemagne)

Date : 2 avril 2011

 

Le Time Warp reste la référence absolue pour tout fan de techno, une sorte d'Everest indépassable. Chaque année, près de 20 000 personnes convergent de manière presque mécanique vers la sombre Mannheim afin de vivre l'expérience ultime de déformation temporelle. Comment survivre à un festival qui préfère offrir ses têtes d'affiches au petit matin sur un plateau ? Mais surtout comment survivre à un festival n'offrant que la crème des DJ mondiaux ?
En effet, difficile de ne pas succomber au line-up de l'édition 2011 qui aura lieu le 2 avril prochain. On y retrouvera notamment Richie Hawtin (pour un set matinal de 6h), Ricardo Villalobos, Loco DiceLaurent Garnier (avec son excellent live L.B.S.), une battle entre Luciano et Carl Craig, Magda, Len Faki, Seth Troxler, Henrik Schwarz, Gaiser, Marco Carola et j'en passe. Le plus dur sera de faire son marché dans ce line-up parfait.


Bien entendu, Chroniques électroniques sera de la partie et vous livrera un compte-rendu complet du festival dans la foulée (pour mémoire, la review de l'édition 2010 ici).

 

par B2B

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 10:12

Sortie : 31 janvier 2011

Label : InFiné

Genre : Techno

Note : 6,5/10

 

Sébastien Devaud, aka Agoria, mène une carrière irréprochable depuis ses débuts. Totalement acquis à la cause de l’école Garnier, celle qui veut qu’un DJ set soit plus qu’une simple parenthèse en privilégiant l’immersion et l’émotion aux autoroutes techno, le lyonnais y a toujours excellé. Je garde en tête des mixs légendaires tel la "all night long" des Nuits Sonores 2008 au côté de Laurent Garnier justement (et pour ceux qui veulent saisir la science du mix d’Agoria, ils n’ont qu’à se pencher avec respect sur le sublime Cute & Cult de 2005).

 

Ce sont davantage les productions perso d’Agoria qui nous intéressent ici avec la sortie de son troisième album, Impermanence. Le boss d’InFiné, label hautement intègre et respecté, reste fidèle à son ouverture et livre un album autant influencé par la techno de Detroit, que par le jazz ou la soul. Le pari était risqué à l’époque de Blossom et The Green Armchair mais pourtant les essais avaient été concluants. En effet, le Français a toujours su alterner longues plages de techno puissantes et racées avec de fines digressions plus introspectives.

A force de courir le monde pour délivrer la bonne parole, il a appris à s’assagir. Ceux qui attendent un nouveau Code1026 ou une nouvelle 11ème Marche seront déçus. Agoria préfère miser désormais sur une techno plus deep, toujours aérienne mais évitant un décollage trop violent. Panta Rei et Little Shaman apparaissent néanmoins comme de puissants satellites, à la tension expiatoire, mais dont l’énergie primaire s’efface pour mieux s’insinuer avec perversion dans nos cerveaux. Agoria est malin, il maîtrise ses gammes et sait comment satisfaire un clubber récalcitrant. L’aspect robotique et lancinant de Speechless, porté par les susurrements érotiques de Carl Craig, est le bonbon idéal pour une déambulation urbaine nocturne. Les 9 minutes n’en finissent plus de vous coller aux tympans pour vous laisser hagard sur le bord de la route. Il n’en oublie pas pour autant son amour des atmosphères cinématographiques (ce n’est pas pour rien qu’il a signé la B.O. de Go Fast) pour un Gran Torino misant sur de vastes nappes atmosphériques.

Mais tout n’est pas parfait dans le monde d’Impermanence et quand Agoria flirte de trop près avec la soul, Kiss My Soul, on regrette autant de mièvrerie. Et pourquoi avoir resservi Libellules, déjà sorti en EP en 2009 ? On pardonnera tout de même ces incartades au Lyonnais, son album restant homogène d’un bout à l’autre.

 

Agoria n’invente rien, il se contente seulement, mais avec talent, de se renouveler, de se repositionner sur l’échiquier techno. Il démontre que l’on peut évoluer sans renier ses origines, que l’on peut transformer la puissance adolescente en introspection adulte sans pour autant tomber dans la neurasthénie et la facilité. Impermanence possède une troublante sincérité méritant plus qu’un fugace détour.

 

http://medias.fluctuat.net/albums-covers/2/1/4/album-19412.jpg

 

par B2B

 

P.S. : à noter qu'Agoria fera sa release party au Rex (Paris) le 5 février prochain pour une all-night long.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:17

Sortie : 30 novembre 2010

Label : autoproduit

Genre : IDM, Ambient

Note : 8,5/10

 

Profitons d'un calme mois de janvier pour se pencher sur des beautés injustement passées inaperçues en 2010. Sorti de nulle part, et se revendiquant comme tel, No Sun In September a peut-être publié l'un des disques les plus intrigants de ces derniers temps. Les informations sur le personnage sont maigres. Il semble établi en Antarctique, et aspirer à l'artifice. Et artifice il y a, car en réalité Pete K. est d'origine sloveno-finlandaise, et habite Zurich. Connu ailleurs sous le nom de A Silky Surface, Soundtravelling In The Area Of Lake Karachay est son premier disque sous cet avatar, qu'il a lui-même produit. Un album au concept à la fois dérangeant, tordu et fascinant.

 

Située dans les montagnes du Sud de l'Oural, en Russie de l'Est, la zone du lac Karachay est l'endroit le plus pollué et radioactif de la planète. Rester, ne serait-ce que cinq minutes, sur ses berges suffit à absorber des doses mortelles de radiations. Une demi-heure, et vous êtes sûr d'y passer. Dans les années 1950, le lac a servi de décharge aux déchets nucléaires de l'Union soviétique, provenant du complexe militaire de Mayak. En 1957, une explosion, tenue secrète à l'époque par l'armée russe, provoqua en terme de radiations le double de l'accident de Tchernobyl. Tel est l'endroit dans lequel No Sun In September se propose de nous faire musicalement voyager. Cela n'a rien à voir avec une promenade de santé.

Sans paraître surannée, son IDM rend discrètement hommage aux années 1990. Autechre, en premier lieu (Mayak), ou Boards Of Canada, derrière les phases mélodiques de Chelyabinsk-40, les influences warpiennes de l'époque ne semblent jamais loin. Baigné d'ambient et d'électronica, Soundtravelling.. dégage pourtant (ou nécessairement) une profonde noirceur. Les interludes immobiles et grésillantes glacent le sang, le glitch y est chimique, et même les passages plus doux et poétiques semblent empreint d'un désespoir désabusé, illustrant ce territoire à demi-mort. Depuis asséché et coulé de béton, le lac Karachay continue d'émettre des nuées de poussières toxiques, que retranscrivent les nappes morbides et électriques du malade No Sun In September. On ère dans les rues grises de Chelyabinsk (Chelyabinsk-40 à 70), dans les zones industrielles d'Ozyorsk (Good Morning Ozyorsk), le long de la rivière Techa (le sublime et unique morceau heureux, Techa), ou sur les rives même du Karachay (Lake Karachay). A l'occasion, des voix radiophoniques nous rappellent, entre autre, que « 7 000 people still live in the area ». Précisons, car cela n'a toujours pas été dit, que cet album est prodigieusement excellent. Outre le contexte sombrement évocateur, les rythmiques martiales, les nuages de mélodies empoisonnées et la progression écorchée en font une oeuvre magistrale, dans laquelle absolument aucun titre n'est à regretter (à part un interlude de 30 secondes un peu trop kitch, et encore). Il n'empêche qu'un nombre d'écoutes honnête est nécessaire à la plus profonde immersion. Si on voulait vraiment prétendre à l'analyse, on suggérerait que le caractère atemporel de Soundtravelling, et la façon qu'a son auteur de sembler suspendu 15 ans plus tôt, pourraient traduire le marasme social dans lequel sont engluées les régions dont il fait le tableau. Des beats abrupts et glitchés du final Good Morning Ozyorsk, ne perce aucun optimisme.

 

Soundtravelling In The Area Of Lake Karachay est une expérience qui se doit d'être vécue. Scandaleusement ignoré, No Sun In September a lâché une bombe, aussi géniale que dangereuse, sur laquelle trop peu s'arrêteront.

 

zzz.jpg

par Manolito

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 19:29

Sortie : février 2011

Label : DFragment Music

Genre : Expérimentations

Note : 6

 

Redrails est né de la rencontre du violoniste Baltazar Montanaro-Nagy et de l'expert en musique assistée par ordinateur Tadahiro Yokogawa. A ce duo vient s'ajouter Serge Ortega, ses effets et ses samples, qui travaille aussi la spatialisation de l'ensemble. Enfin, Dominique Poutet alias Otisto 23 (associé notamment à Laurent de Wilde sur l'album Fly! chroniqué ici) a donné un coup de main pour donner sa patine à l'objet final, illustration cinématographique d'un conte abstrait. Il sera d'ailleurs intéressant de voir le groupe en concert où une création multimédia de Renaud Vercey apporte un support visuel.

 

Il est d'abord question de violon. Seul, aigu, avec un air des Balkans. Puis l'espace s'agrandit et d'autres sonorités viennent accompagner l'instrument. L'archet de Baltazar Montanaro-Nagy n'est plus l'unique source musicale. Rythmique sobre ou autres bidouillages viennent se poser à ses côtés. Comme sur Fly!, le violon est réutilisé pour l'alimenter en avatars déformés. Rien n'est précipité, toute la place est laissée pour apprécier les expérimentations des protagonistes. Sur Maman, la complainte est sensible. Les cordes meurtries attendent un tempo rugueux et minimaliste qui médite son apparition sans partage. L'instrument est souvent prédominant et il faut écouter avec attention pour percevoir les boucles du Japonais. Ainsi avec Avant La Guerre, le violoniste virevolte sur un faible battement et de discrets grésillements, bien que le final soit bien plus dense.

Il n'est pas toujours aisé d'apprécier la cohabitation entre les mélodies organiques et chargées de sentiment et les touches numériques versant dans un ambient plus froid. Tea Time ou Le Chat Sur La Fenêtre - et ses influences méditerranéennes - marient par exemple des contraires qui se cherchent par touches timides. Des opposés qui s'accommodent tout en semblant entretenir une certaine distance entre eux. La rencontre prend son envol sur Scotch où un kick énergique donne le signal au violon, parfois largement modifié, pour se disperser. Les presque huit minutes de Strike qui vient ensuite sont nettement plus méditatives...

 

Cet album surprenant intéressera les curieux de l'expérimentation sonore, ceux à la recherche de musique autrement, loin de repères habituels. Il déstabilisera en revanche fortement les autres.

 

http://www.internexterne.org/IEX/IMG/jpg/RedRailsVisuweb.jpg

par Tahiti Raph

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:18

Sortie : novembre 2010

Label : Ici d'Ailleurs

Genre : D&B hybride et sombre

Note : 8,5/10

 

Dix ans après Little Lost Soul, The Third Eye Foundation reprend du service. Side project du génial et torturé guitariste/chanteur/compositeur Matt Elliott (This Immortal Coil) dont la temporaire mais longue mise en sommeil avait laissé tout un auditoire orphelin. Certains le connaissent mieux pour ses travaux en solo ou  pour ses collaborations, plus particulièrement en tant que remixeur, avec Yann Tiersen, Tarwater, Mogwai ou Thurston Moore. On le dit installé à Paris depuis quelques années. Volontairement, dans la chronique qui va suivre, ne seront pas abordées ses précédentes réalisations.

 

S'immerger dans The Dark se mérite. Face à cet artwork terrifiant, on guette l'objet avec méfiance et inquiétude. Pour ne serait-ce qu'effleurer tous ses trésors, il faut un nombre incalculables d'écoutes préparées. Car comme pour tout album qui se mérite, une mise en condition s'avère plus que nécessaire. Commençons déjà par accepter qu'un jour ou l'autre, nous allons pourrir et fertiliser les chrysanthèmes. Rares sont les artistes capables de retranscrire (avec succès) le diktat du bonheur qu'impose une société violente et à la dérive. The Dark est un cri primal. Un défouloir plein de colère et de larmes nonchalamment jeté à la face du monde. Certains diront que Matt va mal, mais comment pourrait-il en être autrement ? Pour exprimer sa vision, il prend le parti de la collision. Entre folk lo-fi des pays de l'est, voix d'opéra fantomatiques, cuivres rebelles qui firent trembler Jericho, drum'n bass hybride, s'élève une charge émotionnelle et dramatique renversante. Encore faut-il être en état de se laisser submerger ; ça aussi ça se mérite. Dépouillés de nos habits de lumière, embrassons la mort et le dark pour ne plus les craindre. C'est à force de nous faire traiter de terroristes que nous le deviendrons. The Dark est un album de martyr. Béni soit-il, car il est l'anti-Cosmogramma.

 

Bloc indivisible, The Dark est réservé à ceux qui ont un vécu et qui savent que plus rien ne sera plus jamais beau. Pourtant sans parole, il diffuse un message dont chacun s'emparera comme il le veut, parce que l'imaginaire... c'est tout ce qu'il nous reste. Embrasons nous, laissons nous déborder par la beauté sombre de cette offrande. A écouter seul. Et si quelqu'un a une corde à mailer...

 

http://media.paperblog.fr/i/380/3802105/the-third-eye-foundation-the-dark-L-1.jpeg

par Ed Loxapac

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:16

Sortie : novembre 2010

Label : Hibernate Recordings

Genre : Ambient, Drone

Note : 8/10

 

Nos plus fidèles lecteurs et les mélomanes de bon goût en général, auront peut-être reconnu derrière ce nom véritable, Wil Bolton, le side project du génial Cheju. Oui Cheju. Celui qui dirige d'une main de maître avec son comparse Mint la maison britannique Boltfish. Celui qui a pondu de splendides albums d'IDM ou d'électronica organique comme Broken Waves ou Waiting For Tomorrow. Sans délaisser la maison Boltfish, il a choisi de sortir ce très ambient et très drone Time Lapse sur le label trop rare mais référent en la matière : Hibernate Recordings. Cet album s'annonçant forcément comme son oeuvre la plus personnelle, nous nous devions de vous en livrer notre humble témoignage.

 

Time Lapse est un album magnifique. Derrière son artwork à la fois austère et bucolique se cache un potentiel émotionnel rare. Le terme introspectif, bien trop souvent fourvoyé et placé un peu partout, trouve ici toute sa signification. Même si jamais rien n'est dérangeant dans cet album, force est de constater que Wil Bolton livre ici sa part la plus sombre et la plus mélancolique. Le sublime Falling Away d'ouverture illustre la percée du soleil aux premières heures de l'aube. Rassurant et chaud, il évoque des dégradés que seules les aurores boréales recèlent. A l'opposé de ça, l'exceptionnel Collapsed Chimes fait figure de miroir givré et déformant, mettant dos à dos les doutes et les certitudes de celui qui pensait contempler sa propre noblesse. Simplement bouleversant. Les textures s'électrisent sur Corrosion, avec ses cordes et ses drones enveloppant. Puis vient Slate, fresque qui représente le mieux l'ambivalence du disque. Entre ombre et lumière, on est plongé dans un coma végétatif vers une forêt mystérieuse et inquiétante où le moindre sursaut fait office de stigmate sur le ressenti. Qu'on fasse taire ce corbeau, son croassement est inquisiteur. Si Substation, Nylon et Mureung sont fait du même bois et de semblables field recordings, ils n'atteignent pas les sommets des titres précédemment cités. Et encore moins du spectral et brumeux Closures & Delays de fermeture, chef d'oeuvre du genre que peu de mots sont aptes à décrire.

 

Au creux d'un cristal carillonnant ou observant le flux et le reflux sur une plage déserte, le spleen est partout. De même qu'une permanente ambivalence dans les émotions transmises. Le sieur Bolton a probablement été puiser au plus profond de lui même et de son inconscient pour retranscrire une oeuvre comme celle-ci : fiévreuse et ô combien personnelle. On imagine bien, comme l'acteur peinant à sortir d'un rôle difficile, Wil Boton encore transi et imprégné par cette troublante composition. A écouter seul et dans le noir.

 

http://www.staticsound.net/content/pictures/Time%20Lapse.jpg

par Ed Loxapac

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 09:23

Sortie : janvier 2011

Label : Error Broadcast

Genre : Rap instrumental 8-bit

Note : 3


Le netlabel Error Broadcast a largement participé l'an dernier à faire émerger un certain nombre de producteurs russes donnant dans le glitch-hop cher à Flying Lotus. Parmi ceux-ci, Pixelord avait publié il y a un an un premier maxi, puis figuré sur des compilations. Revoici le moscovite avec un nouvel EP qui confirme son goût des sons 8-bit... pas toujours très innovants.


Sous influence rap, Pixelord aime les univers synthétiques et doit sans doute regretter les BO des jeux vidéo de son enfance. Cybernator, ou sa version revue par l'Anglais Om Unit qui n'apporte pas grand chose de plus, sont notamment complètement dans cette veine joyeuse pleine de bleep et de click mais à l'évolution limitée. Le titre qui donne son nom au maxi, Fish Touch, plonge lui dans un dub poisseux, le Russe semblant autant s'amuser à balancer des sonorités électroniques au milieu du skank paresseux que Lee Perry aimait jouer avec ses effets. Là encore, le remix de l'Américain heRobust respecte de trop près l'original pour constituer un véritable intérêt. Deux autres relectures de ce morceau sont présentes sur le disque, une de Kidkanevil qui se démarque avec la voix massive d'un MC qui interpelle l'auditeur et une de Leonard Dstroy qui s'écarte du dub de départ mais reste trop proche du style de Pixelord.
Le EP regroupe encore autres titres du moscovite : Flower Cannon, ses basses massives et son ambiance plus reposante et émerveillée, et Kiss Your TV, qui creuse encore plus dans les basses et dans l'expérimentation. Les samples se croisent, des voix surgissent d'un beat destructuré, sans vraiment choisir de direction.

Il faut bien avouer que sans être mauvais, ce maxi n'est pas vraiment mon style. Trop de 8-bit et des morceaux qui tournent un peu en rond malgré une volonté de diversification. Petite déception de la part d'Erroor Broadcast qui reste toutefois dans sa ligne...

 

http://www.error-broadcast.com/img/releases/600_ebc012_front.jpg

par Tahiti Raph

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