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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 13:40

Sortie : 14 février 2011

Label : Dirty

Genre : House, disco, pop

Note : 7/10

 

Eternel défricheur de sons, Cédric Marszewski, mieux connu sous le nom de Pilooski, nourrit nos oreilles depuis 10 ans en furetant la pépite space-disco ultime. Pendant ce temps, le producteur Benjamin Morando, mieux connu sous le nom de Pentile, délivre la bonne parole par le biais du DIRTY Sound System et sa nu-disco au fort potentiel érotique. Nos deux acolytes ne sont donc pas des manchots, mieux, ils savent pertinemment comment satisfaire intelligemment les auditeurs. En s’associant au sein du duo Discodeine, les espérances sont grandes.

 

Cet album était hautement attendu et fichtre, le duo ne s’est pas foutu de notre gueule. Discodeine est une excellente galette ! Le mariage entre disco, house et pop est consommée en supprimant avec aisance l’hommage plombant et la régression festive. Discodeine évite tous les écueils, ne se fourvoie jamais dans l’étalage de connaissance, dans la complaisance ostentatoire. Ici, tout est prétexte à une bacchanale vrillée où l’exploitation des gimmicks de la musique de club n’est qu’un appât.

Rien que dans le choix des invités, on saisit l’ampleur du travail de fond. L’excellent Matias Aguayo vient chuchoter sur la disco-house perturbée de Singular, l’indé Baxter Dury chantonne sur la pop désabusée de D-A pendant que Jarvis Cocker s’époumone sur la disco-pop sémillante de Synchronize. Mais là où tant de groupes se contentent de featurings purement publicitaire, Discodeine fabrique judicieusement ses morceaux pour laisser transparaître l’âme de l’invité. Il ne s’agit plus de magie mais d’alchimie. La prise de pouvoir sur nos pensées est immédiate tant le mensonge semble s’effacer.

Discodeine excelle davantage dans l’oxymore. Le duo possède un don pour mêler les ambiances afin d’aboutir à une lecture subversive de ses morceaux. L’atmosphère lourde d’Antiphonie fait lentement place à une house luminescente et, dans un élan insoupçonné, les deux univers arrivent à cohabiter. Sur quel pied danser ? Discodeine est joueur, répand son obscure clarté sur l’ossature de l’album. Alors quand le duo retrouve ses amours space disco, Homo-Compatible, c’est pour mieux nous berner.

Décidément Pilooski et Pentile sont des gens de bonne compagnie. Même si certains morceaux semblent un peu plus anecdotiques, aucun n’a réellement à rougir. L’ensemble finit par former un monstre hybride aux basses contagieuses. Il faut attendre la fin et les 10 minutes de préliminaires infinies de Figures In A Soundscape pour enfin tenter une redescente tout en volutes.

 

Discodéine invente l’hédonisme salace et sa musique devient tout un programme. Avec une classe sans égal et un sens inné pour installer une ambiance déviante, le duo signe un album impeccable.

 

http://www.junodownload.com/plus/wp-content/uploads/2010/12/discodeine-album-art.jpg

par B2B

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 17:48

Sortie : janvier 2011

Label : Oeuvre Records

Genre : Hybride et chanson populaire

Note : 7,5/10

 

Raoul Sinier est un musicien, graphiste et vidéaste parisien qui aime le malt et le houblon. Artiste zébulon et inclassable, on retient surtout de lui ses albums Brain Kitchen et Tremens Industry (tous deux sortis chez Ad Noiseam) même si Wxfdswxc2, sorti sous son autre avatar Ra, vaut lui aussi son pesant de cacahuètes. Ses talents de vidéaste et de designer graphique ne sont plus à prouver. Les derniers récalcitrants qui en douteraient sont vivement invités à fouiller un peu son site officiel et les plate-formes vidéos habituelles dont on ne fera pas la pub ici. Brouiller les codes et les sentiers où on l'attend semble être pour lui une sinécure. La rumeur dit qu'il pousse la chansonnette sur ce format court, sorti en janvier sur un label aussi étrange (Oeuvre Records) qu'adapté à une nouvelle preuve de la folie créative du Sieur Sinier. Précisons que l'artwork est entièrement réalisé par lui-même.

 

Ça commence par un Cymbal Rush qui rappelle volontairement un titre issu de The Eraser de Thom Yorke. Normal me direz vous, c'est une reprise plus qu'assumée. Le Thom ne la jetterait d'ailleurs pas aux orties tant elle est originale et bien conçue. Ce que le hip-hop avait dramatiquement renoncé à explorer en matière de rythmique et de sampling, Sinier l'aiguise dans un shaker. En résulte un hybride de post-rock nébuleux et d'électronica en mutation vers l'inconnu. Et même au niveau de la voix, même si elle ne retransmet pas forcément les mêmes émotions que ce rouquin de Thom, le résultat est loin d'être ridicule. Plus que bluffant, ce titre va squatter la platine pendant un bon moment pour en saisir plus précisément les cadavres exquis. La voix est encore là mais plus au second plan sur Ants War, haché au scalpel du meilleur breakbeat. Qu'on ne me dise pas qu'il n'y a pas quelque chose de définitivement hip-hop là aussi dans l'approche rythmique. Il y a souvent chez le Raoul un aspect ascencionnel vers l'inattendu assez séduisant. C'est le cas ici même si le choix des claviers utilisés est parfois déroutant. Mais n'est-ce pas ce qu'on attend d'un artiste atypique ? Dérouter. La confirmation s'invite sur l'époustouflant Strange Teeth And Black Nails, comparable à un jeu de félin qui retournerait sa proie dans tous les coins de la pièce avant de lui porter l'estocade au moment le plus inattendu. Car même si c'est une chanson, le mec ne fait pas dans l'easy listening. Y a là un sillon artistique tout sauf figé ou définitif qui laisse difficilement place à la critique. Les plus ouverts et les plus intelligents parleront juste d'incompréhension et ce sera tout à leur honneur, car critiquer ce qu'on ne comprend pas (c'est souvent le cas dans l'art) est une gageure ultime. Il y a aussi des fois où il est rassurant de ne pas tout comprendre. Non, non je ne remets pas le coup du choix des synthés sur le tapis, j'accepte de ne pas comprendre. Étrangement, Hidden Tremens Industry se révèle pour moi comme le morceau le plus anecdotique et le moins abouti (tout est relatif) par rapport aux autres titres. Comme souvent, les mots vont me manquer pour parler du travail de Hecq, qui apporte une relecture enfumée, tribale, méconnaissable et apocalyptique de Black Teeth & Black Nails. Pouah pouah pouah.

 

Ce format court est sans doute l'oeuvre la moins bordélique mais paradoxalement la plus anarchique de ses réalisations. Permettons nous de souhaiter que l'album à venir (sur Ad Noiseam ?) soit taillé dans la même veine et qu'il ne renonce pas au chant. Car quoi que fasse ce type on est tenté de le suivre, même dans le burlesque bordel. On lui souhaite en attendant que la bière l'affectionne autant qu'il l'aime car l'orge semble faire du bien à son cortex.

 

http://www.raoulsinier.com/artwork/2010/cymbalrush.jpg

    par Ed Loxapac

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 12:37

Sortie : février 2011

Label : Jarring Effets

Genre : Rap du futur

Note : 7

 

Nous avions découvert le voyageur Bleubird l'an passé lors d'une soirée Novo Hip Hop à Glazart (chroniquée ici). La brièveté du concert nous avait un peu frustré, et c'est donc une bonne surprise de voir ressurgir le Canadien, déjà auteur de plusieurs albums depuis 2002, chez Jarring Effects sur un maxi qui convie une brochette de producteurs maisons pour l'accompagner. Et autant dire que la rencontre fonctionne !

 

Le MC au flow adaptable trouve auprès du label lyonnais des productions aussi originales que son univers le réclame. Le vidéaste de High Tone, Led Piperz, ouvre le disque avec un beat nerveux sur fond de basse massive qui pousse Bleubird à accélérer son débit, prenant quelques accents ragga. Il varie le rythme en fonction des coups de poing synthétiques qui cognent derrière lui. Des accents dub sont plus évidents sur Treasures dont li'nstru a été concocté par Uzul. Les basses sont encore brûlantes et le tempo plus lancinant ne pousse pourtant pas le rappeur à relâcher la pression. Avec Hands Free, R;Zatz introduit des choeurs mélancoliques sur lesquels Bleubird se renouvele pour s'adapter à cette ambiance pop futuriste.

Le maxi s'achève sur GoulagGonzalezeum (machiniste de Grosso Gadgetto) rameute la grosse artillerie pour créer un étonnant chaos sonore. Les rugissements de la tronçonneuse répondent à la guitare ronronnante. Sans aucun doute le titre le plus percutant, avec ses inquiétants passages instrumentaux. Le Canadien laisse place à cette impressionnante explosion sonore avant de se lancer à la manière révoltée d'un Saul Williams.

 

JFX Meets Bleubird offre un rap moderne à la manière de celui déjà proposé par le label avec Reverse Engineering (chroniqué ici). Du solide.

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash1/hs749.ash1/163997_492574903931_36228753931_6240013_5106635_n.jpg

par Tahiti Raph

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 10:35

Sortie : janvier 2011

Label : Breathe Compilations

Genre : Ambient

Note : 7

 

Invector n'a pas envie de se dévoiler. Sa longue biographie sur son site officiel ne permet de savoir ni sa nationalité, ni le nombre de ses productions. Il préfère qu'on le découvre par sa musique. Tout juste sait on que ce projet a débuté entre 1998 et 2000, sans vraiment s'imposer de direction musicale. De toute façon, savoir qu'il est distribué (gratuitement) par Breathe Compilations suffit pour nous convaincre de l'écouter.

 

Ce Green EP est formé de cinq plages qui pourraient n'en faire qu'une seule. En effet, sur ses 32 minutes, une fine bruine électronique ne cesse de ruisseler des enceintes. Cette mélopée mélancolique est un fil conducteur insatiable qui n'aura de cesse de vous transporter tout au long de ce maxi. La première plage, Emotion Textures, n'est faite que de cette nappe qui bouillonne paisiblement comme un magma en fusion. L'artiste plante un décor d'une sobriété envoûtante. Moi qui critique souvent le manque d'évolution des titres, ce minimalisme est ici porté comme un étendard qui s'impose comme une évidence. Rien ne semble pouvoir perturber la magnifique texture qui vous masse agréablement les tympans. Toutefois, Invector ne s'en tient pas là et va peu à peu introduire de nouveaux éléments sonores, parfois discrets sur Underwater Plants, parfois beaucoup plus structurants comme la rythmique de When You're Not Near qui vient, malgré son tempo mesuré, presque brusquer l'auditeur transi. Il faut se laisser porter patiemment et surprendre par les rares brusqueries.

 

Ce Green EP est une lumière dans le lointain. Une lueur de réconfort dans la nuit noire. Une caresse magnifique à savourer.

 

http://breathe-comp.com/wp-content/uploads/2009/02/mfot2_cr.jpg

par Tahiti Raph

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 22:09

Sortie : janvier 2011

Label : autoproduit

Genre : Ambient Dubstep

Note : 7,5/10

 

Al Plail est un producteur mancunien, qui tire son avatar du principe actif du LSD, et qui sort un premier EP autoproduit, intitulé Black Coaches. Voilà absolument tout ce que l'on sait de lui. Ne nous étendons pas, et plongeons directement dans ses rêveries deep et flottantes. Sa musique, elle, parle d'elle même.

 

Lysergic est un homme de bon goût. Les sorties "post" dubstep de qualité, soit sans résurgence house, ni souillure funky, ni vocoder, se font rares de nos jours. Black Coaches balaie ce genre d'écueil d'une pichenette, pour ne garder que des couches mélodiques poussiéreuses, des beats mount-kimbiesques et un fond d'ambient. Bourré de field recordings, et habité d'une sorte de minimalisme flou, cet EP pourrait décrire un itinéraire mental, où justement l'itinéraire ferait défaut. On ne peux voguer que librement dans les amas vaporeux de l'air. Les beats trébuchants ont une consistance organique qui évoquent les producteurs de chez Hotflush, tandis les bribes de voix fantomatiques (Nomad) laissent penser que les influences de Burial ne se sont toujours pas taries.

Une poésie triste et apaisante hante le très beau Black Coaches d'ouverture. Un sample de chant, aux consonances d'antan, louvoie entre les chuintements froissés et les pulsations étouffées. Created By Lines prend le parti d'un rideau de notes de harpe, et sous les épaisses nappes de Escape Time Algorithm percent de légers et doux carillons. Les cinq titres de l'EP sont de qualité certaine et égale. La musique de Lysergic ne se réclame d'aucune ambition révolutionnaire. Mais sa vaporeuse langueur et son je-ne-sais-quoi de délié et fragile en font un espace clos, dans lequel il est évocateur et réconfortant de se retirer.

 

Lysergic signe un premier jet à la grâce remarquable. De quoi, on l'espère, attirer quelques lumières sur ses réalisations. Les clients d'ambient dubstep du type de celui d'Echodub peuvent y aller sans crainte. D'autant plus Black Coaches est laissé en libre téléchargement ici. On a qu'à se retrouver là-haut.

 

3920808549-1.jpg

par Manolito

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 17:42

Sortie : janvier 2011

Label : autoproduit

Genre : Folk, Electronica

Note : 7/10

 

Ce n'est pas la première fois que nous consacrons quelques lignes aux travaux de Melodium, aka l'Angevin Laurent Girard. Parmi ses nombreuses réalisations, on retiendra plus particulièrement La Tête Qui Flotte et Palimpse (ici), sorti l'année dernière chez le toujours très émotionnel Symbolic Interaction de Kentaro Togawa. C'est cette fois-ci avec dix titres courts, débarrassés des cahiers des charges des labels que Melodium revient faire parler de lui, avec cet intriguant et joli Petit Jama.

 

Ceux qui se souviennent du pharaonique Insomnia et plus généralement des field recordings de Palimpse conviendront sans doute que Melodium est désormais en droit de s'assujettir à un peu de légèreté. Ce côté "fables pour adultes n'ayant pas complètement déserté l'enfance" est à nouveau présent, tout comme l'esprit définitivement aventureux de son auteur. Cette fois-ci le piano est l'élément métronome, même si les cordes et les field recordings n'ont pas disparu. Si certains titres mélancoliques ont un effet assez immédiats (Sarah, Saturne...), il n'est cependant pas rare d'entendre l'Angevin céder aux sirènes de trames plus expérimentales. En attestent Pénombre ou Zolam, avec pour le dernier cité un côté techno hermétique noisy assez surprenant. Sur Périhélie, on retrouve ce côté si cristallin et si aérien qui fait immédiatement penser au spectacle d'un lever de soleil au sommet d'un mont nippon. Les expérimentations venteuses de La Bohalle et ses claviers profonds ne sont pas forcément d'un apport indispensable mais trouvent une assise non négligeables à ce moment là de l'oeuvre. Falaise, mais surtout Septicem et ses parasites bien glitchés sont d'une tout autre facture. Tout comme le bien nommé et chatoyant Claritech de fin.

 

Si les drums étaient les grandes absentes de Palimpse, elles sont ici bien là. Entre folk et électronique, Melodium est définitivement un conteur hors pair, que ces fables soient brouillées par les expérimentations ou non. Des artistes comme celui-ci sont forcément trop rares. Ceux qui le souhaitent peuvent écouter Petit Jama dans son intégralité, se le procurer en format CD-R ou en digital en cliquant ici pour une somme on ne peut plus symbolique. Ce n'est pas moi qui risque de les en dissuader.

 

http://bandcamp.com/files/28/46/284695212-1.jpg

par Ed Loxapac

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 10:23

Sortie : 14 février 2011

Label : Circus Company

Genre : Electronica

Note : 8/10

 

Le métissage culturel et le spleen s’échappant des créations de Nicolas Jaar peuvent-ils suffire à faire de Space Is Only Noise la révélation tant attendue ? Une chose est sure, le New-yorkais n’a pas volé sa place. Nombreux sont ceux à voir en lui la promesse d’une musique électronique rejetant les schémas préconçus de la musique de club. Ici, le peak-time s’observe lorsque le tempo ralenti, comme si l’étalement du temps permettait de mieux capter l’agitation. Il suffit de se tourner vers la sublime house déviante et ouateuse de Time For Us, sortie l’an dernier sur Wolf + Lamb, pour en saisir les nuances. Déjà, en 2008, alors qu’il avait à peine 17 ans, Nicolas Jaar avait mis tout le monde d’accord avec son Live Fall 08’. L’espérance était alors infinie. A 21 ans, Jaar peut enfin sortir son premier album, Space Is Only Noise, chez Circus Company.

 

Comme on s’y attendait, il s’est engouffré dans une musique à contre courant des modes actuelles, préférant nier la house pour mieux se diriger vers un downtempo flirtant davantage avec l’intemporalité. Le risque était pourtant grand de tomber dans les travers d’une musique éculée, trop anesthésiante pour réussir à marquer les esprits. Mais voilà, Nicolas Jaar arrive pourtant à maintenir son édifice avec une exquise finesse et pour cela, il n’hésite pas à lorgner du côté d’une musique autant deep que précieuse. L’écoute de Space Is Only Noise a de quoi faire flipper devant tant d’aisance juvénile. Le métissage culturel - Jaar habite New-York mais a passé son enfance au Chili - est consommé, la tristesse adolescente digérée pour mieux être contenue.

On pourra toujours taxer son album de prétentieux, l’ensemble révèle une maturité folle. Alors oui, Jaar pioche allègrement dans une langue française éternellement élitiste, par le biais de Jean-Luc Godard, sur un Etre entre field recordings et piano distant, ou encore par l’entremise d’un poème de Tristan Tzara sur I Got A Woman porté par la voix de Ray Charles. Néanmoins, quand c’est fait avec autant de respect, on ne peut que s’incliner.

Certes la musique de Nicolas Jaar pourra sembler parfois trop lisse mais l’utilisation pointilleuse d’instruments acoustiques permet d’entretenir les émotions. L’album se pare d’un enrobage soul-jazz dans une parfaite gestion du "cool" à l’image de Keep Me There. Alors quand la dark-pop abyssale de Space Is Only Noise If You Can See amplifie ses basses, on atteint des sommets de production classieuse avant que le versant hip-hop instru’ de Variations ne viennent nous ranimer en douceur. Ce garçon a décidément bon goût.

 

Nicolas Jaar signe un album intemporel, une parenthèse mélancolique s’écoutant en boucle. De prime abord simple, lisse et prétentieux, Space Is Only Noise se révèle être un album précieux, une vision fantasmagorique d’un spleen contemporain dont il est difficile de s’échapper.

 

http://2.bp.blogspot.com/_D3WHkOh6MWA/TS9eYGEH-GI/AAAAAAAABoM/MCL88Y6nvT0/s320/nicolasjaar_sleeve.jpg

par B2B

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 11:58

Sortie : 7 février 2011

Label : Ostgut Ton

Genre : House

Note : 4/10

 

On connaît avant tout le Berghain pour son versant techno pur et dur, pour son club aux dimensions titanesque, pour ses nuits subversives. Mais se limiter à cet aspect, c’est occulter l’autre aspect de l’usine de Friedrichshain, Berlin : le Panorama Bar. Là, après avoir grimpé nonchalamment les étages, vous vous retrouvez au cœur d’un club plus intimiste, dont les couloirs se parent d’alcôves propices aux dérives. Le son s’y fait moins dur, plus house. Steffi fait partie de cette équipée plus suave.

 

Jusqu’à maintenant, le label Ostgut Ton ne nous avait jamais déçu. Mieux, il s’est imposé comme une référence, si ce n’est LA référence majeure en terme de techno organique. Yours & Mine, album d’un pur produit "made in Berghain", Steffi, est le premier LP a essuyer les limites de l’antre berlinoise. Ce n’est pas que Yours & Mine est un échec total, c’est seulement qu’il est d’une linéarité plombante tellement il s’enferme dans une case old-school passéiste. On n’est pas contre l’idée d’un album hommage à la house des 90’s mais là, on tombe dans la déclaration d’intention bien trop appuyée.

Yours & Mine ne s’embarrasse pas avec les préliminaires et rentre directement dans le vif du sujet. 9 morceaux à la structure identique, 9 morceaux dont la messe est dite dès les premières secondes, 9 morceaux robotiques et sans âme. Que Steffi veuille s’appuyer sur des claviers analogiques un peu désuet pourquoi pas, mais à ce niveau, ça relève de l’acharnement vain. Chaque morceau ressemble à s’y méprendre au précédent : basses rondes, nappes ambient et sonorités de batteries. On finit par se demander si on ne fait tout simplement pas face à un album conceptuel raté. Même quand Virginia vient poser sa voix, Yours et You Own My Mind, c’est d’une lancinance rédhibitoire. Steffi refuse le principe de montée pour se limiter à une musique hypnotique faisant davantage figure de somnifère.

Yours & Mine n’est pas non plus désagréable, le travail à la production permet d’obtenir un son parfait, taillé pour le soundsystem monstrueux du Berghain (unique club du monde à bénéficier du 6.1) mais le souci, c’est que l’écoute domestique se révèle profondément inutile et soporifique. Pire, la miss s’est permis de rajouter un dixième morceau bonus… histoire d’enfoncer le clou.

 

Yours & Mine sent l’hommage trop appuyé à la house des 90’s. L’album serait sorti en 1995, on n’aurait pas craché dessus. Malheureusement, quand on connaît la qualité des sorties d’Ostgut Ton et son impact sur la techno d’aujourd’hui, on ne peut qu’être déçu devant le travail de Steffi.

 

http://extramusicnew.files.wordpress.com/2010/12/yours-amp-mine.jpg?w=300&h=300

par B2B

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:57

Sortie : janvier 2011

Label : Fuselab / Jumble

Genre : Rap instrumental électronique

Note : 5

 

Après un mini-album et un maxi (Error Code, chroniqué ici) de bonne facture, AEED se lance sur un long format, Titles (en téléchargement gratuit ou payant ici), produisant toujours des bidouillages électroniques entre électronica et rap instrumental. Son label l'avait à juste titre inclus dans sa première compilation étiquetée "future beats" (Re-Jumble, chroniquée ici).  

 

En 20 pistes plutôt courtes, le Suisse créé une ambiance apaisante par des nappes voluptueuses et des rythmiques peu nerveuses. Les quelques samples de voix parcemés avec mesure viennent ajouter une touche organique dans un ensemble fortement numérique. Les cris de Children Of The Sun sont ainsi un appel à l'aide face à une mélodie massive que rien ne semble pouvoir arrêter. Les évolutions sont assez minimales, la dynamique étant plutôt créée par l'enchaînement des titres. Au claquement des caisses claires répondent des bleeps nombreux et variés. Avec What ou Ciao, AEED forge des instrumentaux au tempo déviant et regorgeant de sons pour construire un tout viable qui avance en claudiquant.

Mais cette profusion de morceaux cache quelques manques. Si une certaine unité se dégage de l'album, les temps forts sont rares et l'écoute peut sembler de ce fait un peu linéaire. De même, les évolutions des titres, assez limitées, renforcent ce sentiment. Par exemple, la base d'un Electricity Part 2 interpelle, mais peine par la suite sérieusement à décoller. Plus de ruptures et de surprises auraient pu agréablement bouscule l'écoute. Toutefois, des passages comme Through The City ou Radio Galaxia se démarquent, notamment grâce à des constructions plus marquées et des lignes accrocheuses, et relèvent un peu l'attention.

 

Le producteur suisse signe donc un disque aux qualités indéniables mais qui manque de relief pour tenir sur la longueur.

 

http://fslab.net/wp-content/uploads/2011/01/jumb002_-_aeed_-_titles1.jpg

par Tahiti Raph

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 18:50

Sortie : décembre 2010

Label : n5md

Genre : IDM, Post-Rock, Aérien

Note : 7/10

 

A l'occasion de son dixième anniversaire, le label américain n5md a demandé à beaucoup d'artistes références d'apporter leur relecture de morceaux issus de leur répertoire. Label émérite pour ceux qui affectionnent aussi bien le post-rock, le shoegaze, l'ambient ou l'IDM, il a accueilli en son sein des artistes reconnus tels que Port-Royal, Another Electronic Musician, SubtractiveLAD, Lights Out Asia, Proem, Dryft/Bitcrush/Cadoo... Nul ne leur reprochera en tous cas, de donner à l'émotion la place qui lui est due dans la sphère électronique et expérimentale.

 

Comme souvent chez n5md, la musique est belle. Presque trop même. A grands renforts de riffs, de larsens et de drones enveloppants, le résultat apparaît parfois un peu lisse (The Deep And Lovely Quiet par les néanmoins très bons Bersarin Quartet). En même temps, ce ne sont que des re-lectures, il est donc difficile de dé-naturer l'oeuvre initiale. Ceux qui ont l'habitude de me lire ne seront pas étonnés de me voir ériger en réussites absolues les participations de Architect (Blood Racer, composé à la base par Tobias Lilja) et de Hecq (du déjà excellent And by Sweet I Mean de Proem). Le premier cité a toujours cette vicieuse manière de lacérer les lignes mélodiques à coup de boutoirs industriels et de glitchs radioactifs. Que dire du deuxième si ce n'est qu'il magnifie tout ce qu'il touche.

Les excellentes surprises viennent des aériennes et noisy interventions de Jasper TX sur le Colder de Bitcrush et de Rafael Anton Irisari (connu aussi par certains en tant que The Sight Below) sur A Storm Tore This house de Last Days. Je suis pour ma part beaucoup moins emballé par les travaux un rien sirupeux de Dalot (dont beaucoup de beau monde dit du bien néanmoins) et de Winterlight. Comment, par contre, ne pas être absolument charmé par la version si subtilement glitchée de Oh! Toronto (Lights Out Asia) et son post-rock des cîmes par Boy Is Fiction ? Cette jolie compilation se clot sur le très bon (et un rien kitsch) Amidst (Another Electronic Musician) par Miwon et son utilisation des synthétiseurs si... particulière.

 

The Reconstruction Of Fives a de quoi ravir les inconditionnels du label mais pas seulement. Même si parfois certains gémissements de crins ne s'imposent pas, la beauté est indéniablement là. Bon anniversaire à n5md et pour dix ans encore on l'espère.

 

http://n5md.com/releases/182.jpg

par Ed Loxapac

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