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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 13:13

Sortie : mars 2011

Label : Ninja Tune

Genre : Abstract hip hop

Note : 3

 

Luke Vibert possède au moins deux visages musicaux assez différents. Un techno avec notamment des publications chez Planet Mu (Rythm, chroniqué ici) sous son propre nom, un plus rap instrumental sous pseudo Wagon Christ dont la carrière a commencé sur le label mythique Mo' Wax avant de se prolonger chez Ninja Tune avec deux albums en 2001 et 2004. Si Toomorrow ne sort qu'aujourd'hui, l'enregistrement date d'il y a quelques années... et cela s'entend.

 

Entre électronica ludique (Toomorrow, Accordian McShane), hommage aux breakbeats du début du hip hop (Manalyze this !) puis au rap du début des années 1990 (Ain't This Heavy, He's My Brother), l'Anglais varie les ambiances et montre une grande aisance dans le choix des samples auxquels sont souvent accolés des voix généralement bidouillées. Il faut aussi lui reconnaître sa bonne gestion du temps avec des titres qui évoluent en douceur afin de maintenir l'attention dans la longueur. Le problème est que tout ceci sonne bien daté... on se croirait souvent revenu à l'époque de Mo' Wax, par exemple avec ce Respectrum aux cuivres trop répétitifs et qui pour le coup tourne vite en rond. Bienvenue en 1996, à l'époque où le trip-hop était encore un genre musical !

Que dire de plus ? On n'a pas envie non plus de descendre ce disque car de nombreux passages sont plutôt réussis comme ce Oh, I'm Tired, le rafraîchissant Harmoney ou le mystérieux Wake Up. De pllus, et comme d'habitude chez Ninja, la production est de qualité et les quelques touches d'humour appréciables, mais cela ne suffit pas. Le tout manque franchement de nouveauté et on en arrive à se demander comment des morceaux comme Lazer Dick peuvent sortir aujourd'hui...

 

Les nostalgiques de l'époque se régaleront car Vibert était une des fines lames du hip hop abstrait, mais pour ceux qui ont continué à écouter de la musique depuis 2004, cet album fera office de vieillerie. Vu que ce n'est pas le prochain Daedelus (Bespoke le 11 avril) qui va nous enthousiasmer, nos espoirs se portent désormais sur Amon Tobin, dont le prochain album baptisé ISAM est attendu pour le 23 mai... 

 

http://ninjatune.net/files/images/wagon-christ/two/ZEN163-PCKSHOT.jpg

par Tahiti Raph

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 00:45

Sortie : février 2011

Label : Hymen Records

Genre : IDM old-school assumée

Note : 7,5/10

 

Jérôme Chassagnard est, ainsi que son comparse Régis Baillet, membre de l'illustre duo Ab Ovo. Depuis Mouvements, paru chez Ant-Zen en 2007, et leur collaboration avec Mekaprods, les deux Français ont choisi de laisser libre court temporairement à leurs pérégrinations personnelles. L'année dernière, pendant que Chassagnard livrait son atypique et passionnant side project The Prayer Tree (ici), Baillet publiait le superbe Samdhya en tant que Diaphane (ici). On peut donc dire que la créativité et la magie de chacun n'est en aucun cas dépendante de celle de l'autre. C'est forcément avec une très forte excitation que mes oreilles se posent sur The Time From Underneath, paru chez Hymen il y a juste quelques jours.

 

Avant de plonger dans les mondes imaginaires et futuristes dépeints par le Français, un bain rituel et initiatique s'avère nécessaire. Il faut d'abord commencer par (re)lire 1984 de Orwell, Ubik de Philip K. Dick, (re)visionner Bienvenue à Gattaca et Blade Runner puis suivre le lapin blanc. Là, dans une pièce morne et sinistre où des gouttes d'un liquide frelaté et non identifié suintent de murs aux teintes verdâtres Scorsesiennes, des vestales vêtues de vinyle badigeonnent d'une sorte de mazout conducteur le corps du candidat. La connexion et le convecteur temporel font leur travail. Nous voilà débarqués dans une mégalopole en plein chaos, où la fracture sociale forme désormais un canyon et où la dose d'air pur se vend sous le manteau. Les corps et les esprits des natifs semblent lobotomisés, toujours un peu plus enfoncés dans la quête d'un virtuel salvateur. Ceux qui résistent au diktat survivent dans des tabernacles souterrains, attendant le grand soir comme l'insomniaque guette l'aurore. La nourriture, la religion, la psychanalyse, les plaisirs de bouche et le cul sont bannis. Tout le monde est contraint d'absorber la pilule unique, celle qui trace La voie à une population ayant perdu tous repère et que les rebelles des bas-fonds ont baptisé la camisole de l'émotion. La lubie du moment est la spéculation aéro-spatiale. C'est dire si on vie une époque pleine de passion. Voici la trame de ce film sci-fi dont l'auditeur est contraint à être le héros parmi les rebus de cette néo-société. L'atmosphère est à la fois haletante et hypnotique. On a souvent l'impression d'être une bête traquée, fuyant aux bras d'une amazone digitale nommée Veta les assauts des agents Wesson, officiers de la répression d'un vice représenté par la sensation et la pensée. Parce que notre héros n'est finalement qu'un pauvre geek pas très glamour et qu'il est terrassé par cette vision d'un futur qu'il a depuis toujours idéalisé, à partir de Space Boat est illustrée sa fuite et celle de sa nouvelle dulcinée à bord d'un vaisseau spatial vers des astres lointains, où la nature et l'espoir possèdent encore quelques droits.

On est presque surpris d'être autant absorbé par un album d'IDM mêlée d'ambient finalement assez classique, ou même old-school dans sa conception downtempo et de par le matériel utilisé. C'est là que réside le vrai tour de force de Chassagnard : réaliser une oeuvre dépourvue de velléités  techniques pour stimuler l'imaginaire à coup de nappes hypnotiques et de pulsations lumineuses. Futuriste oui... mais comme au bon vieux temps. La phrase énoncée en français au début du Until Heaven Comes de clôture amènera peut-être les curieux à comprendre d'où tout cela est tiré, et donc peut-être de démolir légitimement la manière dont j'ai vécu ce voyage temporel très synthétique. Un seul mini regret vient à mon esprit d'éternel aigri : même si j'ai un profond et indéfectible respect pour Salt et ses artworks, je me dis qu'un certain shift. aurait pu produire quelque chose de plus adapté et plus équivoque. Je me permets aussi d'utiliser les mots d'un autre pour conclure et pour échapper à une chronique "track by track". Ces derniers étant forcément plus évocateurs et plus stimulants pour l'auditeur potentiel que les miens.

"Grands phares du Ciel, les pulsars vont guider notre navigation musicale. Ecoutons ces horloges cosmiques égréner leurs secondes. Nous avons rendez-vous avec les gardiennes du temps (les bombasses en vinyle). Ouvrons la fenêtre et attendons l'heure juste."

 

http://images.junostatic.com/full/CS1710373-02A-BIG.jpg

par Ed Loxapac

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 08:21

Sortie : 28 février 2011

Label : No.19 Music

Genre : Deep-house, disco

Note : 7/10

 

Dans l’exercice du mix, deux pistes s’offrent à l’auditeur : le mix osant le saut dans le vide via une sélection improbable (au hasard, les récents DJ Kicks de James Holden ou d’Apparat) ou alors celui permettant de prendre le pouls d’une scène.

 

Soul Clap fait partie de cette deuxième catégorie. En plein renouveau disco-house, via notamment les labels Wolf + Lamb et Crosstown Rebels, le duo de Boston qui va vivre son heure de gloire cette année se décide enfin à proposer une sélection via ce Social Experiment 002 (en attendant la sortie prochaine d’un DJ Kicks). Cette scène en plein essor est loin d’être dégueulasse, elle possède une identité forte se formant autour de quelques DJ dont l’excellent Seth Troxler.

Cnyce & Elyte de Soul Clap n’ont jusqu’à maintenant sorti aucun album, tout au plus une poignée de maxis pour le moins recommandable. C’est de toute façon derrière les platines que le duo excelle tant il possède cette démarche de diggers à la recherche perpétuelle de cette pépite disco-funk-soul-electro ultime permettant de galvaniser les foules.

Avec Social Experiment 002, ce n’est pas moins de 13 titres inédits qui jalonnent le mix (pour une sélection de 23 morceaux). Le but est simple et la démarche hédoniste, la seule volonté étant de faire danser. L’exercice se révèle lumineux et sexué grâce à des lignes de basses souples, des sons de batteries clairs et une optique disco-soul permanente. Alors qu’on aurait pu tomber dans l’étalage de morceaux prévisibles, on se retrouve avec une sélection de qualité. Les amoureux de nu-disco, de soul rétro-futuriste et de rythmiques qui chaloupent seront servis.

Soul Clap ne tombe pas dans l’hommage rétro vain, au contraire, son mix house regarde autant vers le passé que vers le futur, tout en exploitant finement les gimmicks que l’on peut retrouver dans la musique de club. Il en ressort une sélection homogène faisant la part belle à toute la scène disco-house actuelle, de James Teej à No Regular Play en passant par Tanner Ross et bien sur Seth Troxler. Mais Soul Clap se réserve le meilleur avec un Fried Chicken au cut funky contagieux.

 

Ce Social Experiment 002 est une très bonne porte d’entrée vers toute cette scène disco-house actuelle. Soul Clap n’invente rien, son mix ne restera pas dans les annales et n’est rien d’autre qu’une énième playlist mais quand c’est distillé avec autant de panache, on est tout de même conquis.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/soulclap_.jpg

par B2B

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 23:01

Sortie : janvier 2011

Label : 33 Recordings

Genre : IDM, Abstract Hip-hop

Note : 7/10

 

La fertilité de scène électronique expérimentale grecque n'est plus à prouver. Des artistes comme Subheim, Mobthrow, Xsoz ou Miktek, et des labels tels que Impulsive Art ou le défunt Spectaliquid constituent un terreau des plus féconds. Le second album de Poordream aka John Valasis ne dément pas les faits. Ce compositeur et ingénieur du son posait déjà un titre à l'immense édifice que représente la compilation Emerging Organisms vol. 3 de Tympanik Audio (ici). Puis il sort l'année dernière un premier opus, constitué de nombreux remixs, sur le label sus-cité Spectraliquid. Aujourd'hui, 33 Recordings publie son deuxième jet, Living Now, un album live enregistré au Votanikos Kipos d'Athènes.

 

Celui-ci comporte deux remixs de la part de Valasis ainsi qu'une relecture. On allouera aux besoins du live le fait que ceux-ci se trouvent au début du disque. La musique de Poordream peut paraître aussi limpide que Living Now semble inétiquetable. Au confluent de l'IDM, du breakbeat, de l'électronica et de l'abstract hip-hop, cet album emporte dans un périple abstrait, vrillé, chatoyant, bien que souvent sombre. Regorgeant d'inspirations cinématographiques, il se pare de dialogues froids et sérieux, pouvant évoquer des productions davantage axées sur le rap instrumental. Mais le tranchant des beats et le titanesque travail des textures confirment que l'univers pénétré plie bien l'échine sous une hégémonie des machines. Les échos, les field recordings et les sonorités concrètes tissent un décor mouvant, éclaboussant tantôt d'ondes lumineuses, tantôt de vapeurs noirâtres, planant un instant, menaçantes, pour se voir piétinées par une giboulée de breakbeat. J'aurais donné cher pour assister à ce concert. Mais le plus fascinant reste le talent mélodique dont fait preuve Valasis. Aussi dense soit sa musique, les mélodies hypnotiques se dégagent tel des néons que l'on ne saurait quitter des yeux. Après une simple écoute, Immense Present est de ces morceaux qu'on se jurerait connaître depuis toujours.

Au sein de Living Now, un truc énorme se détache de tout le reste. Short Circuit In My Brain, ou une rythmique concassée, se muant en sublime cavalcade électronica, grêlée de légères touches de jazz. On y verrait presque un petit quelque chose d'aphexien période Vordhosbn. Mais que cette merveille dure moins de 3 minutes et demi relève du scandale. Et ce même si elle sert de parfaite rampe de lancement au magnifique Immaterial Monarch. Afin d'émettre une pointe de critique, on questionnera humblement la pertinence du chant posé sur Everything Is Good (Poordream remix), titre sans cela excellent, ainsi que les synthés aveuglants de Immaterial Monarch (Grandma Version). Des imperfections qui se pardonnent, au vu du caractère jubilatoire et inqualifiable de ce qui devait être une intense expérience sonore et visuelle.

 

On se consolera en l'écoutant très fort au casque. Living Now a beau être disponible gratuitement ici, ceux qui se donneront la peine de l'acquérir se verront recevoir un sacré paquet handmade (ici). Le tout est de ne pas passer à côté.

 

wpba4e93d7 0f

par Manolito

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 18:28

Sortie : janvier 2011

Label : Symbolic Interaction-Rock

Genre : Post-Rock, Electronica, Electro-acoustique

Note : 7/10

 

En toute fin et en début d'année fleurissent les compilations. On a même parfois du mal à suivre le vent, tant la qualité des fruits est variable en fonction de l'arbre qui le porte, et même de l'attention que voue le cultivateur à l'entretien de son verger. Une petite voix nous dit que le label japonais Symbolic Interaction va mettre ses terres en jachère pour environ deux ans. Crise économique ou échappatoire à la politique des terres brûlées ? La petite voix ne le dit pas. Depuis 2007, le label dirigé par Kentaro Togawa a mis en lumière les talents d'artistes passionnants injustement méconnus comme Melorman, Ard Bit, Kontinnent ou plus récemment Set In Sand. Des gens plus visibles aussi, comme Melodium, Funckarma ou Joseph Auer ont accordé leur confiance à la maison japonaise. Troisième née de la série, cette fournée de The Silence Was Warm est, on le souhaite, plus un au revoir qu'un adieu.

 

Depuis les débuts, les sorties de Symbolic Interaction ont reflété les goûts de Togawa, allant de l'ambient à la folk et au post-rock, en passant par le shoegaze et l'electronica spectrale, tout ça saupoudré de ce qu'il faut en nombres de drones et de field recordings. C'est donc avec la plus grande motivation qu'il a lui même compilé les titres de cette troisième édition du nom. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait le conservatoire ou d'écrire chez Textura pour se rendre compte de la scission en deux parties et de la variété de leur contenu respectif. Le premier disque concentre les réalisations moins électroniques, plus tournées vers les guitares et les field recordings en général. On y compte également un nombre important de musiciens japonais. Sur cette première partie donc, je retiendrais plus aisément les contines cristallines et gentiment expérimentales (surtout The Decline Of Iron) du français Melodium, le shoegaze pas très doggystyle accompagné de drone cuivré de Taishin Inoue sur Dystopian Air Castle, la folk indolente de Talvihorros sur Rusak et le dialogue de sourds entre crins, piano et segments glitchées de Kontinnent (Caster). Si tout le reste de cette première partie ne souffre d'aucune médiocrité, il est néanmoins difficile de retirer une profonde originalité à certains morceaux, Type Records ou 12k ayant déjà amené le genre en question au sommet de sa qualité.

Le deuxième disque s'ouvre sur F/Re d'un certain Umin, où on pourrait croire en l'impossible rencontre entre la guitare de Manitas De Platas et des sonorités 8-bit. Aucun doute, cette deuxième partie va se révéler définitivement plus électronique. Avant que Maps & Diagrams ne distille une électronica brumeuse, absorbante et racée, le dark ambient III de Line Spectra aurait presque pu faire passer Svarte Greiner ou Lustmord pour de joyeux drilles en goguettes. Si les italiens de Retina.It bidouillent dans de venteux souterrains inhospitaliers (l'excellent We 've Seen Things Hit Jupiter Before), les surprenants Américains de Set In Sand empruntent des voies plus aériennes, plus rassurantes et donc plus pénétrables sur Relax On A Deeper Level. Retenons également le retour du drone et des fields recordings par Thisquietarmy (Sunday Regenerating) et des Waves synthétiques du Belge Amorph qui nous dessine cette fois-ci ce qui pourrait ressembler à un conte nippon.

 

Togawa et Symbolic Interaction livre ici une belle et chatoyante compilation qui comblera les fans des différents sillons lumineux explorés par le label. Patientons maintenant jusqu'à leur retour. Souhaitons qu'après la jachère les moissons s'avèrent aussi clémentes et propices que par le passé.

 

http://1.bp.blogspot.com/_CMk0ZT6Vfm4/TThIn5qbjfI/AAAAAAAAAFM/UOmSokFnq0c/s1600/122595.jpg

par Ed Loxapac

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:30

Sortie : Novembre 2010

Label : Srictly Jaz Unit Muzic

Genre : House de puriste

Note : 6/10

 

Amoureux de house old-school, vous devez sans aucun doute connaître sur le bout des doigts la discographie de Glenn Underground. Ce natif de Chicago est un des piliers du mouvement deep-house depuis plus de 15 ans. Lui qui ne jure que par la house à l’ancienne vient de sortir son 12e album, Legacy Of The Know.

 

Soyons clair, si vous n’êtes pas un habitué de ce genre de son, passez votre chemin car vous risquez d’être déboussolé. En effet, écouter un album de Glenn Underground, même une nouveauté, c’est faire un bond en arrière de 20 ans dans un univers décomplexé.

Fidèle à ses productions passées, Legacy Of The Know suinte la house soulful, funky et jazz au possible. Vous vous retrouvez catapulté en pleine fête dans une cave improbable de Chicago. La rythmique 4/4 ne s’arrête jamais et semble servir de simple prétexte aux instrumentations live. Entre clavier Fender Rhodes, cuivres enfiévrés et percus contagieuses, on ne peut que bouger son cul ! La house de Glenn Underground est diablement black. Preuve en est, Consuela Ivy vient poser sa voix soul sur 3 titres. Tout semble être joué en live, à la limite de l’impro'. Les solos s’enchaînent, chacun s’octroyant son petit moment de gloire. Le résultat est une house ensoleillée totalement rétro.

Mais ne soyons pas dupes, ce disque est à réserver aux puristes du genre. Les autres s’exposeront à un disque qui leur paraîtra bien trop long, d’autant que les morceaux durent rarement moins de 7 minutes et qu’ils sont relativement « plats » (tout dépend de quel point de vue on se place, bien entendu). L’écoute se fait alors distraite et cela peut aisément se comprendre.

 

Les puristes, fans de Kerri Chandler ou de Roy Davis Jr., seront aux anges, pendant que les autres resteront sur le chemin. Avec Legacy Of The Know, Glenn Underground reste fidèle à son amour pour la house chicagoenne à l’ancienne. Un disque à réserver aux inconditionnels du genre.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2011-02/1296546364_legacy-of-the-know.jpg

par B2B

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 22:18

Sortie : février 2011

Label : Project: Mooncircle

Genre : Rap instrumental

Note : 4

 

Après l'Europe, le Japon (chroniqué ici), la Russie (chroniqué ici), la série Finest Ego nous emmène à la découverte de beatmakers venus de contrées bien moins connues pour leurs producteurs d'instrus à consonance rap : la Nouvelle-Zélande et l'Australie (en téléchargement gratuit pour encore une semaine ici). Les artistes choisis ont en commun leur ambiance apaisée marquée par des influences toutefois diverses allant du G-funk à l'électronica.

 

Rentrer dans cette compilation est assez aisée vu la quiétude qui y règne et l'aisance des beats presque lounge qui y sont proposés. Adi Dick, Be Houghton, Ben Jamin avec Matt Miller défilent assez facilement dans nos oreilles sans brusquerie aucune. Les samples sont bien choisis et les rythmes séduisants mais sans vraiment décoller. Christoph El Truento prend quelques libertés avec son Water Bearer plus aérien et plus original dans la forme, mais il est déjà assez clair que ce volume n'aura pas le niveau des précédents. D:UNK tente une voie plus électronique à laquelle manque cruellement l'imagination. Tout est assez convenu sans être mauvais.

Il faut donc creuser un peu dans cet ensemble faiblard pour trouver quelques éléments plus porteurs. Electric Sea Spider se démarque avec son Young King Trash au tempo bancal qui partage un côté rêveur avec le Shades Of Summer de Galapagoose. Cet espace de liberté offert en milieu de disque par ce binôme de Melbourne constitue une bonne respiration avant de retomber dans le plus classique. Isaac Aesili abuse des claviers, Kilter tourne vite en rond avec un sample pourtant accrocheur, Lewis McCallum est même un peu lourd avec son refrain chanté mollasson, etc. Jusqu'au bout, l'auditeur distrait ne sera pas choqué, mais l'attentif ne pourra éviter l'ennui.

 

Ce nouveau Finest Ego est donc une déception... on ne peut pas gagner à chaque fois, notamment car tous les pays n'ont pas forcément d'excellents beatmakers qui méritent d'être découverts !

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc033_640px.jpg

par Tahiti Raph

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 21:14

Sortie : 22 février 2011

Label : Ad Noiseam

Genre : Dubstep, Darkstep, Drum'n'bass

Note : 6,5/10

 

Lorsqu'un fougueux producteur espagnol rencontre un savant bulgare de la drum'n'bass, la collaboration qui s'ensuit, a des effets de grenade dégoupillée. Autrement connu sous le pseudonyme de Cooh pour sa d'n'b abrasive, Ivan Shopov vient de Sofia, et prend le nom de Balkansky lorsqu'il s'oriente vers un dubstep plus downtempo aux influences balkaniques (son album Kuker, en 2009). Quant au jeune Jordi Calvino Pedreira, originaire de Palma, il se produit derrière le charmant avatar de Loop Stepwalker, et s'affirme comme la relève au dubstep virulent de figures comme Broken Note ou Niveau Zero. Nul ne sera surpris de voir Fraktals sortir sur Ad Noiseam, le premier promoteur de dubstep lourd et de qualité supérieure.

 

Une figure fractale est une structure gigogne dont l'élément initial se répète infiniment par fragmentation. En gros, pensez chou romanesco. Il n'y a pas qu'Autechre pour revendiquer des inspirations mathématiques à leur musique, et face à ces lignes de basses fracturées et au morcellement systémique du beat, le titre de cet EP est loin de paraître emprunté. Balkansky et Loop Stepwalker ne lésinent pas sur le matraquage. Véritable attentat à toute santé mentale, Fraktals tire sa force de rythmiques hachurées, taillant dans le vif d'une matière corrosive et élastique. On peut percevoir une certaine surcharge de testostérone dans cet EP. Outre le pilonnage des basses qui peut, en terme d'agressivité, évoquer une commotion cérébrale à force de chocs répétés contre un mur, on jure entendre sur Kora les vrombissements d'un gros cube. Ces quatre explosifs sentent la sueur, les cendres et la crasse. Pas franchement destiné aux fillettes.

Sur la face A, Kora et Fire prennent le parti d'une torpille dévastatrice, ravageant sur son passage, équilibre, tympans et synapses. La violence jaillissant de ces deux titres à de quoi mettre à genoux, et laisse l'auditeur béatement sonné. Si l'efficacité est ultime, l'aspect dubstep de partouzeur comme dirait l'autre, me font leur préférer les exceptionnels titres de la face B. La mélodie menaçante de Tornado, ainsi que ses uppercuts compulsifs placent définitivement l'oeuvre du duo dans la filiation de Broken Note. Quant au génial Tales From The Crypt, son introduction perlée de sonorités ethniques atteste de la patte de Balkansky, tandis que le roulement des basses lui donne des air d'hymne à quelque malade célébration à la gloire d'éléments colériques. Une précise cohésion des couches et un travail du beat des plus subtils s'associent à ces décharges d'énergie pure et accordent à Fraktals de puissantes qualités libératrices.

 

La rencontre de Balkansky et de Loop Stepwalker produit plus que des étincelles, un pur bombardement. Après le sublissime album de Semiomime (chroniqué ici), Ad Noiseam honore sa noble mission de nous laisser en petits morceaux après chacune de ses sombres sorties de dubstep carnassier. C'est en se rongeant les phalanges que l'on attend l'album dédié au genre d'un certain Hecq...

 

zadn142-b-635.jpg

par Manolito

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 18:12

Sortie : février 2011

Label : Hymen Records

Genre : IDM, Dark Ambient

Note : 7,5/10

 

L'Américain Millipede, ou Don Hill pour les intimes, revient se présenter à nous avec une nouvelle galette sous le bras, dix huit mois après All My Best Intentions, déjà sorti chez les pointures du genre : Hymen Records. Aussi bien influencé par Lustmord que par Gridlock, il est l'un des rares artistes à combiner aussi bien le dark ambient et ce qu'il convient d'appeler l'IDM. Son concept d'expérience contemplative avait déjà pris toute sa substance alors qu'il officiait en tant que Porteur de l'Image jusqu'en en 2003. Même si le mille-pates a toujours apprécié et sollicité d'autres artistes pour réaliser ses projets, chaque morceau est cette fois-ci réalisé au moins à quatre mains. C'est donc avec un plaisir peu dissimulable que nous retrouvons sur Powerless des gens dont nous avons l'habitude et le bon goût d'encenser les travaux : Candle Nine, Tapage et Access To Arasaka. Outre la présence de ces trois jeunes prodiges, signalons celles de Caul, Brian Gover, Lucidstatic, Veil Of Secrecy, Autoclav 1.1 et Parca Pace, sur ce qui s'avère être bien plus qu'un énième et simple album de collaborations.

 

Powerless n'est pas une ode à la crise de virilité que traversent certains hommes et qui requiert l'absorption de petites pilules bleues. C'est un album qui fut conçu dans une grande période d'angoisse, quand les cris silencieux d'un enfant ne peuvent laisser aucun père digne de ce nom indifférent. Il n'est pas question de dévoiler bêtement des éléments de la vie privée de l'artiste mais plus de la volonté de souligner le caractère ô combien personnel de l'oeuvre. Le fils de Don Hill est atteint d'autisme et fait de fortes crises d'épilepsie. Ce qui le conduit à être régulièrement hospitalisé. Il est désarmant de constater comment Millipede a su transposer dans sa musique ses angoisses de père mais aussi ce qui peut bien se passer dans la tête de son fils, lui qui n'a pas les mêmes codes émotionnels et les mêmes capacités à la communication que le quidam lambda. Powerless est donc un cri, de douleur et d'inquiétude, mais aussi chargé d'un espoir qui ne laisse aucune place à la résignation. Powerless est une prière. Une de celles qui se situent au delà de la foi car elle donne la force au pénitent de se maintenir debout face à l'épreuve. Rarement on a constaté un tel investissement de la part d'artistes de ce standing pour sublimer l'oeuvre et donc s'associer à un projet si personnel. Tant et tellement qu'ils s'effacent, dépourvus d'ego, en apportant ainsi plus qu'une collaboration : un soutien amical et indéfectible à ce que Hill traverse et affronte.

Powerless commence avec l'atypique et inattendu Gathering Clouds, accompagné de Caul, titre électronica très synthétique où des lignes post Skinny Puppy dévoilent un ciel aux déclinaisons claires et obscures néanmoins pleines d'espoir. L'ambiance se tend, prend une tournure plus sombre et dramatique qui nous collera au cortex jusqu'à la clôture. Avec Synovial Damage (avec Brian Grover), No Place To Stand (avec un Lucidstatic qui martèle comme il sait si bien le faire) et Surrender (avec Parca Pace), Millipede réalise de véritables joyaux sombres, où des trames dark ambient souterraines sans fonds libèrent progressivement des rythmiques industrielles reptiliennes et vicieuses, ainsi qu'un beatwork incisif qui électrise et scinde l'encéphale. Le dernier titre cité étant en plus doté de synthhorns qu'on ne trouve que dans les tragédies familiales illustrées en musique par Nino Rota. Darkest Night se révèle logiquement comme la pierre angulaire de l'opus, avec cette lourde charge émotionnelle terrassante, bien aidée par les capacités de violentes ondulations et de parasitage du beat par Access To Arasaka et par l'intervention pleine de spleen, de douleur et d'impuissance du piano de Candle Nine. Si tout au long de l'album des effets et des riffs noisy de guitares hurlantes et plaintives apparaissent régulièrement, le piano est aussi mis à l'honneur, plus particulièrement sur le désarmant Powerless (où Autoclav 1.1 m'apporte pour une fois autre chose que de l'incompréhension et de l'indifférence). Le très sombre et sans beat While He Sleeps n'est pas non plus à jeter mais se révèle assez classique dans les schémas explorés. La plus grande surprise vient à l'écoute du final Above, All Grace où Tapage intervient de manière subtile, discrète et complètement inattendue, laissant à nouveau augurer de lendemains plein d'espoir et de paix.

 

Powerless est un album bouleversant et terriblement humain, qui vient rompre avec la réputation austère et inaccessible dont souffre le dark ambient. Nous nous associons donc forcément aux prières de Don Hill, qui se jette corps et âme au service de ce qui est tout sauf une cause perdue. Hymen frappe par ailleurs ici très fort, dès le début de l'année.

 

http://www.hymen-records.com/all/hymen-y789-x3.jpg

par Ed Loxapac

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 21:44

Sortie : mars 2011

Label : Brainfeeder

Genre : Rap instrumental psychédélique

Note : 6

 

Nous étions restés sur notre faim avec Brainfeeder en 2010, après un surprenant album de jazz d'Augustin Peralta, 2011 semble bien mieux commencer pour le label de Flying Lotus avec ce maxi de Matthewdavid. Lui-même patron de Leaving Records, le Lossangelessois (les fameux habitants de Los Angeles) est un "beatmaker accompli" selon les hypeux de XLR8R (nous les croyons sur parole, vu qu'il leur a pondu un podcast) et un "artiste en collage de sons" (rien à voir avec le collage de gomettes). Des étiquettes (là encore, rien à voir avec les gomettes) qui se confirment à l'écoute de ce maxi.

 

Il n'y a que quatre titres, mais ils forment une tellement bonne synthèse de ce que les producteurs venus du rap peuvent expérimenter en tendant vers un genre d'électronica fouillé, qu'ils méritent le détour. Matthewdavid mélange ses samples et sa science du coupé-collé avec des machines diaboliques qui filtrent le tout pour en faire une mixture uniforme et multi-forme à la fois. Tout est finement agencé et richement pensé que le psychédélisme ambient sonne même avec une certaine modernité. Une fois n'est pas coutume, commençons par le dernier et court titre : Leaving/Gone. Sorte de songe sous influence, il vous transporte dans les années 1970 avec sa reverb infinie, et vos amis qui jouent dans un coin de la guitare et chantent au lointain.

Tout n'avait pas commencé en plein trip. International avait décollé plus sagement avec ce beat nonchalant et ses sonorités foisonnantes. Mais déjà vos potes avaient cette mauvaise habitude de fredonner dans le vague. La pilule commençait à faire effet... Le paysage défile alors à l'horizon sans que vous puissiez ne rien y faire sur All You'll Never Know. Dans cet état, vous ne saurez en effet jamais vraiment ce qu'il s'est exactement passé. Vous flottez toujours, ça oui. L'Américain vous maintien en lévitation et quelques bleeps provoquent chez vous un sourire idiot, béat. Motion Trouble va ensuite vous malmener avec son beat plus énergique. La tête dans la machine à laver, les temps se font plus durs. Serrez les dents, vous allez bientôt trouver l'apaisement du dernier extrait...

 

Et si vous n'avez pas saisi le style musical de ce maxi... il est bien résumé par sa pochette :

 

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Quand on essaie une fois, on a ensuite envie d'atteindre à nouveau cet état. Addictif le Matthewdavid. Groumpf !

 

par Tahitiiiiiiiiiiiiiiii Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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