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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 15:01

Sortie : juin 2011

Label : Raumklang Music

Genre : Glitch, IDM, slightly Industrial 

Note : 8/10

 

Si en français la prononciation de son avatar produit une sorte de borborygme, en allemand, langue d'origine de Simon Schikora, Grauraum signifie "chambre grise". Celui qui compose par ailleurs sous le nom d'Hotaru Bay compte parmi les poulains de Raumklang Music, maison administrée par Dirk Geiger. On se souvient de son délicat Firefly Reject, perle parmi bien d'autres qui constituaient Snowflakes, la compilation du label (chroniquée ici). Son premier album, For The Stranted, était l'oeuvre de ce projet axé sur une IDM ciselée, tandis que Grauraum révèle des desseins plus noirs, lorgnant vers territoires consumés et industriels, dont Shades est l'illustration.

 

L'album semble baigner entre deux eaux, qui se brouillent et se confondent. Les balafres rythmiques, le caractère atomisé du beat et la puissance de ces basses qui sonnent comme des gongs expriment une fougue ténébreuse. Mais une dimension hautement introspective s'y mêle. Des nappes opaques forment des lambeaux de brume, dont les ombres trompeuses se jouent de nos sens. Tandis que flottent des sentiments désenchantés, graves et secrets, des aiguilles sifflantes crèvent l'atmosphère et la terre se gondole, faisant craquer sa pellicule d'airain, de tôle et d'acier. Les inspirations urbaines de Shades sont indéniables. Mais il s'agit d'une ville particulière, grise et assommante, sans être pourtant dénuée de poésie. De celles dans lesquelles on devient si négligeable que le repli sur soi-même est inexorable. Grauraum délivre des sensations de torpeur sombre, de frénésie illusoire, implacablement touchées par la grâce.

 

L'album s'enclenche en douceur, libérant de graciles volutes mélodiques au-dessus de parterres déjà électriques (Through The Childrens Eyes) puis mariant downtempo et ambient, porteur de signes avant-coureurs (I Say I Am Not). Passées les deux premières pistes, la charge est lancée. Si The Sleep Pt 2 (The Awakening) est majoritairement fait d'émanations troubles proches du dark ambient, sa dernière minute et demi vrille merveilleusement le crâne, à force de pulvérisations chimiques et de lourdes saccades. Vient alors le fantastique et âprement industriel Nearly Always Meaningless, terrassant de brisures mécaniques et magnifié par ces quelques goutes de piano, s'égrainant de temps à autres sur les crêtes du beat. Long de huit titres, dont deux remixs, Shades ne s'embarrasse pas de fioritures. L'essentiel est là, brut et sauvage, à l'image d'un voyage évolutif. Après le ravage coule une pluie salvatrice, qui lave les rues des nuées de cendres. Rarement un morceau n'a exprimé cette image avec autant de perfection que l'Apocalypse Walz Mix by Millipede de End Of Line, beau à pleurer. Une basse sourde tonne, le clapotis des gouttes sur l'asphalte semble tout proche, et la lumière perce la brume, éclatante et si triste. A mon sens, peu de remixs clôturant un album ne l'ont aussi bien complété. La relecture par LPF12 de The Sleep Pt 2 s'impose de loin comme la pièce la plus intrigante. C'est un bain acide de dark ambient long de plus de 17 minutes. Des résonances claustrophobiques imprègnent le moindre fluide. Des créatures à la fois bioniques et reptiliennes sifflent à nos oreilles, et lorsqu'un beat évanescent parvient à pénétrer la gangue de formol dans laquelle on est plongé, c'est pour se trouver aussitôt aspiré dans de funestes tourbillons.

 

Ecorché, presque lyrique, Shades est un album d'une force considérable. Ses contours indus, sa puissance émotionnelle, et l'usage du glitch comme instrument de la corrosion soumettent l'auditeur à une troublante expérience. A écouter seul, au casque.. en ville.

 

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par Manolito

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 10:18

Sortie : 28 juin 2011

Label : Sub Pop

Genre : Hip-hop

Note : 7,5/10

 

Dirigé par Palaceer Lazaor (Digable Planets) et Ishmael Butler, Shabazz Palaces, le combo de Seattle est une entité hip-hop inclassable. En 2009, les mecs sortaient deux EP autoproduits, deux Ovni se moquant des codes en vigueur du milieu. Le mythique label indie Sub Pop les signe, s’ouvrant pour la première fois à des rythmiques jusqu’alors inconnu. Etrange paradoxe ? Pas tant que cela tant Shabazz Palaces prend à un malin plaisir à étirer ses fondations. Black Up est ainsi le premier LP du groupe.

 

Musique répétitive empruntant ses rythmiques à l’Afrique, ses sub-basses à l’Angleterre et son flow nonchalant à la West Coast, Black Up est un album aussi lourd qu’un soleil de plomb. Chaque piste accentue sa lancinance pour mieux vous plonger dans un état léthargique et prend alors la tangente pour mieux vous vriller le cerveau. On croit tenir le bon bout mais le moindre morceau révèle plusieurs constructions enchevêtrées. On titube devant les arrangement dysharmoniques de Free Press and Curl et An Echo from the Hosts that Profess Infinitum. L’atmosphère devient moite, limite suffocante, et pourtant, jamais Black Up ne se fait plombant. Les samples répétitifs à l’extrême ne sont en rien rédhibitoire, au contraire, on prend plaisir à s’y enfoncer lentement. De toute façon, l’oxygène est inutile dans l’univers de Shabazz Palaces puisque la moindre bouffée risque de se révéler mortel. On se laisse seulement porté par l’aspect indomptable de l’album, ne cherchant pas à intellectualiser les virages à 180 degrés, acceptant de se faire embarquer dans un trip déviant.

On reconnaît pourtant l’influence d’Anticon dans ces cathédrales refusant l’immobilisme. On imagine aussi un DJ Vadim au commande d’un Endeavors for Never. Black Up reste cependant un album facile d’accès, évitant l’abstraction vaine. Swerve the Reeping of All that is Worthwhile (Noir Not Withstanding) apparaît ainsi comme un single potentiel avec la fiévreuse collaboration vocal de Thee Stasia.

 

Shabazz Palaces confirme toutes ses promesses avec ce Black Up fascinant de noirceur contenue. Totalement acquis à la cause d’un abstract hip-hop refusant tout catalogage mais évitant de s’égarer dans des contrées abscons, Black Up est un poison propageant lentement mais durablement son venin.

 

http://3.bp.blogspot.com/-FMOLqTaWi-k/TeOM7bM0yKI/AAAAAAAANNo/4oy2wStBIxQ/s1600/Shabazz-Palaces-Black-Up.jpg

par B2B

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:53

Sortie : juin 2011

Label : auto-produit

Genre : Electronique orchestrale, sagement industrielle et bipolaire

Note : 8/10

 

Ce n'est pas la première fois que nous évoquons le travail de Logical Disorder, Barcelonais que ses amis nomment Javier Barrero. En effet, son album court Violent Playground (ici), paru en début d'année dernière sur le netlabel Breathe Compilations, s'était hissé comme un des meilleurs essais de l'année du genre et avait été particulièrement remarqué par un certain Paul Nielsen, boss de Tympanik Audio. L'Espagnol participera d'ailleurs au nouveau volet de l'inégalable compilation du label : Emerging Organisms. Habitué depuis ses débuts à n'être reconnu que par les défricheurs de netlabels, cette participation et la sortie de ce nouvel essai autoproduit, Planned Obsolescence, devraient lui apporter une visibilité plus importante.

 

Nous avions déjà pu mesurer le bon goût du Catalan pour les atmosphères ambivalentes sur Violent Playground. C'est sans surprise mais avec grand plaisir que son sens de l'onirisme s'associe une nouvelle fois à un sentiment d'oppression et de violence contenue. Je n'avais pour ma part pas encore découvert chez lui de tels talents de composition, plus particulièrement d'orchestration que sur ce nouvel essai. En effet, dès les premières mesures du bien baptisé Angels Versus Animals, nous voilà transportés vers une jungle sonore d'une richesse surprenante. Les apparitions plaintives de cordes, la profondeur des volutes de synthétiseurs s'allient à ces beats tassés et joliment électrisés, pour enfanter d'une comparaison tout à fait honorable vis à vis de la période Somnambula de Stendeck. C'est encore plus vrai sur le superbe Hiperio venant en suite. Sur Motion et son joli accompagnement au piano, les zones arborées et luxuriantes laissent peu à peu la place à des territoires plus sombres et plus torturés, où la foudre semble vouloir préparer sa place plus durablement. Puis vient la marche du Prince Of Poverty, ou la délicieuse dark side et les rythmes reptiliens et anxiogènes de l'espagnol servent de rampe de lancement idéale pour le titre le plus ambivalent et industriel, le plus noise rythmiquement et le plus puissant de l'ensemble : le terrifiant Corporation et sa violence enfin pleinement débridée. A peine remis de la déflagration, c'est rapidement que l'auditeur conquis jusque là comprendra que Blessing (DIE-6 Remix) n'apporte strictement rien à l'oeuvre.

 

Outre cette outro quelque peu hasardeuse et dispensable, Logical Disorder fait une nouvelle fois positivement parler de lui dans de trop rares chaumières. Puisque c'est libre et gratuit, il est possible de simplement cliquer ici pour se faire son propre avis. Prions pour qu'il se lance très prochainement dans la réalisation d'un réel format long, pour laisser exploser dignement son talent et sa puissance, et ainsi s'attirer encore un peu plus les faveurs des cris des sirènes de Tympanik du côté de Chicago.

 

http://a4.l3-images.myspacecdn.com/images02/113/0e85c299a4f24d5e96076d771c7ef3a1/l.jpg

par Ed Loxapac

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 09:57

Sortie : juin 2011

Label : ECM Records

Genre : Electroacoustique, Glitch, Ambient

Note : 9/10


Amateurs de dancefloor et de house potache, passez votre chemin ! Ricardo Villalobos revient à la production, après pratiquement trois ans d’absence (non sans distiller toutefois quelques tracks ou remixs de façon sporadique), accompagné de Max Loderbauer, pour ce double disque intitulé Re: ECM. Si le boss germano-chilien du label Perlon n’est plus à présenter, son compère, moins connu du grand public, n’en officie pas moins depuis quelques années aux côtés du Moritz von Oswald Trio, du défunt Sun Electric, ou encore de l’aventureux duo NSI (accompagné par Tobias Freund).

Pour les 40 ans du label en 2009, Villalobos, qui mixait alors régulièrement des titres de ce catalogue dans ses sets, décida de revisiter une série de morceaux du label, avec la bénédiction de Manfred Eicher, patron de ECM, et la complicité de Loderbauer. Deux ans et demi plus tard, le résultat nous parvient enfin : dix-sept tracks reprenant des morceaux du pianiste norvégien C. Wallumrød, du compositeur russe Alexander Knaifel, mais également d’Arvo Pärt ou de Bennie Maupin.

 

Bien plus qu’un simple label, ECM est un mythe : à la toute fin des années 1960, passée l’onde de choc du free jazz et du dodécaphonisme, Manfred Eicher impose au jazz et à la musique contemporaine de nouvelles formes esthétiques, une nouvelle vision de l’avenir musical, un retour en grâce de la plénitude et de la contemplation sonore. Comptant parmi ses rangs des artistes aussi majeurs pour la fin du 20e siècle que Keith Jarrett, Arvo Pärt, Jan Garbarek, Pat Metheny, ou encore Steve Reich, le son ECM a toujours porté à la controverse : jazz de blancs, entend-on ici, absence de swing et maniérisme glacé, nous dit-on là. Toujours est-il que ECM s’est très vite imposé comme un label incontournable de la création musicale contemporaine.

Musicalement parlant, plus d’un fan de Villalobos sera assurément dérouté par sa nouvelle prod’. Si ce dernier avait déjà poussé la house dans ses derniers retranchements minimaux, elle est ici totalement exclue, au profit d’un abstractionnisme électroacoustique méditatif, aux sonorités fantomatiques, tantôt froides ou lumineuses, grinçantes ou liquides. Indescriptiblement riche, la cohérence musicale de l’ensemble est impressionnante, et le travail d’arrangements en studio d’une classe rare. Au point de vue rythmique (quand il y en a !), exit les beats, et place à une batterie jazzy, samplée et filtrée, du plus bel effet. Mais ne croyez pas que le jazz typé ECM soit la seule forme musicale de ce disque. Lorsque la musique ne s’oriente pas vers un ambient/glitch parfaitement maîtrisé, on pense également à des résonances de musiques industrielles ou dark-folk : machines s’écrasant les unes contre les autres dans une ambiance d’apocalypse, guitare désabusée ou piano spectral, distorsions abyssales… il y a là une vision de fin du monde, poussant parfois l’auditeur jusqu’au malaise. Re: ECM est un disque d’ambient, peut-être, mais pour autant qu’on confère à cette étiquette son extension la plus large.

Villalobos et Loderbauer n’ont certes pas cherché la facilité, et quoique certains morceaux aient certainement pu être rendus plus dansants, il n’y a ici aucun racolage, aucune compromission, pour une oeuvre cérébrale, belle et intelligente, dont on n’en finirait pas d’en étudier la portée créatrice.

 

Il s’agit incontestablement d’un disque à part dans la discographie des deux hommes, et particulièrement de Villalobos. Toutes les oreilles n’apprécieront pas, et j’entends déjà les critiques de comptoir sabrant les recherches esthétiques par trop mentales et épuisantes de ce Re: ECM, procès fait à l’encontre de toute oeuvre de percée. Celle-ci n’en demeure peut-être pas moins la plus parfaite de l’œuvre déjà éclatante du Chilien, pour qui s’attache à en scruter les mystères infinis. Villalobos & Loderbauer signent avec ce Re: ECM un chef-d’oeuvre visionnaire et unique, qui dessine aujourd’hui les contours de l’électronique de demain.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2011-06/1309246469_ricardo-villalobos-max-loderbauer-re-ecm-2011.jpg 

par Pingouin Anonyme

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 12:18

Sortie : juin 2011

Label : Ostgut Ton

Genre : house, deep-house

Note : 6,5/10

 

On ne présente plus le label allemand Ostgut Ton, lié au club Berghain à Berlin, qui monopolisa l’attention de tous durant les années 2009-10, au travers de DJ emblématiques tels que Marcel Dettmann, Ben Klock, Scuba ou Tama Sumo. Le club se divisant en deux salles, le Berghain à proprement parler et le Panorama Bar à l’étage supérieur, ces deux espaces réunissent les deux frères ennemis de la musique électronique, techno aride et house sexy, ramonage de conduit auditif en bas, relaxation moite en haut. En témoigne, les deux séries distinctes de mixes (quatre pour le Berghain, trois pour le Panorama Bar) sorties par le label depuis 2005.


Aujourd’hui, go to Panorama Bar, et ce troisième mix réalisé par Prosumer, résidant régulier du club berlinois. Avec sur son CV une petite série de singles sous divers labels (Playhouse, Ostgut Ton, etc.), Prosumer est surtout connu pour sa collaboration avec Murat Tepeli, dont l’album Serenity, sans changer la face de la house, avait pourtant à son époque marqué les esprits. C’est donc pour un mix essentiellement house que nous retrouvons notre homme. 

Quoique les sorties Panorama Bar soient à l’avis du rédacteur d’une qualité un peu moins élevée que les sorties Berghain, les deux premiers, où officiaient respectivement Cassy et Tama Sumo, avaient toutefois ceci pour elles de produire un son très homogène, une house à la fois sexy et glaciale, chaleureuse et remplie de réverbération, qui leur conférait un côté décalé par rapport à la rondeur house en vigueur. De ce point de vue, Prosumer réussit le pari de la continuité, et s’inscrit dans cette veine étonnante d’une house froide, puissante et méthodique, happant l’auditeur sur la durée de l’écoute, plutôt que sur tel ou tel morceau.

Pour ce mix de dix-sept tracks, Prosumer choisit l’alternance du vieux et de l’ancien, du classique et de l’inconnu, dans un mélange qui, sans manquer d’énergie, ne témoigne pas d’une cohérence exemplaire. Le danger de placer un track culte (et a fortiori plusieurs comme ici) sur un mix de si courte durée est toujours de surclasser, avec ce(s) seul(s) titre(s), le reste de la production. Et Prosumer est ici tombé dans le piège : les classiques de Theo ParrishFingers inc. ou Servo Unique, aka Jeff Mills, écrasent une concurrence peu résistante. Les titres les plus contemporains (Steffi, Sounstore ou Lil Silva) peinent à imprimer, durant deux bons tiers du mix, leur empreinte sur l’esprit de l’auditeur. Heureusement, Prosumer semble reprendre les choses en main sur le dernier tiers (après le Music take me up de Fingers inc.), en proposant une house beaucoup plus musclée et immédiatement percutante, pour s’achever sur un hypnotique remix du Love Injection de QX-1.


Lâchons le mot : nous avons sûrement avec ce troisième Panorama Bar le moins bon mix de la série. Là où l’on serait en droit d’attendre une sélection rigoureuse et innovante, puissante et racée, à l’image de la plupart des productions d’Ostgut Ton, nous n’avons qu’un simple mix house, certes de qualité, mais comme de seconde zone. Au final donc, un mix sympathique, et meilleur que beaucoup d’autres crottes house par ailleurs, mais également une déception face au challenge qu’est de relever le défi de prolonger une série de mixs aussi cultes que ceux du Berghain ou du Panorama Bar. Tant pis !

 

http://disque.cc/wp-content/uploads/2011/05/oton-cd17-front-300x300.jpg

par Pingouin Anonyme

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 20:08

Sortie : juillet 2011

Label : Cocoon

Genre : deep-house / techno

Note : 6/10

 

Lancée en 2000, la série des lettres de l'exigeant label allemand Cocoon en arrive à l'épisode K, avec toujours la volonté de mélanger artistes confirmés et nouveaux venus, principalement basés outre-Rhin. La sélection deep house et techno est ici assez uniforme, grâce à des beats contenus dans des ambiances moites, loin du baléarique donc, et pourtant adapté à la chaleur de l'été.

 

Le disque débute par deux petits nouveaux qui vont imprimer une pâte techno à l'évolution assez minimaliste. Le Berlinois David August fait tout d'abord dans l'hypnotisme langoureux plutôt prenant, suivi du Russe Nina Kavitz qui laisse un peu retomber le trip avec un son assez synthétique et et un concept un peu trop frontal. Dinky relance la machine avec un Luvin plus chaleureux. Il fait parler l'expérience même si le chant séducteur est un peu facile. Les choses sérieuses débutent et les amateurs de titres profonds aux évolutions calculées devraient y trouver leur compte. Attention toutefois, nous ne sommes pas dans la finesse de Dial ou d'Ostgut Ton, mais plus dans des sonorités qui parlent au corps, invitant à une danse lascive et passionnée. Et ce n'est pas Henrik Schwarz et son brûlant Now This Way qui viendra contredire ce principe, bien au contraire. L'Allemand hausse un peu le tempo et nous fait vibrer délicatement. Tout ceci s'enchaînant de manière assez fluide.

La suite est du même acabit avec des passages plus réussis que d'autres. Si nous écoutions cette compilation en club, la voix cheap vaguement trafiquée du titre de Maetrik serait le signal pour aller se rechercher à boire tandis que la house festive de Butch nous ramènerait illico sur le dancefloor. De même, le très centré sur la rythmique Icon de Christian Burkhardt et Einzelkind laisse un peu pensif alors que The Trust du Grec Argy fait monter d'un ton la sélection avec ce kick puissant, ces sons vrillés entraînants tout en montée jouissive. Après un hommage non masqué à Detroit de Sascha Dive avec New Frontiers, Minilogue complète le tracklisting pour nous laisser en apesanteur, envoûté et apaisé. Leur Blessed est une perle qui s'apprécie dans toute sa longueur.

 

La réussite de cette compilation tient à la fois à l'homogénéité des productions réunies comme à la progression discrète imprimée au fil des titres. Nous n'en parlons pas souvent, mais cette sélection nous rappelle qu'il ne faut pas oublier Cocoon.

 

http://3.bp.blogspot.com/-W8_Y9jDpMkU/Thx88LmEEuI/AAAAAAAABj8/dZV6_J1a-as/s320/Cocoon-Compilation-K-300x276.jpg

par Tahiti Raph

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 11:16

Sortie : 27 juin 2011

Label : Triangle Records

Genre : Abstract-hip-hop-electronica-noise

Note : 6/10

 

Quel branleur ce Michael Volpe, aka Clams Casino ! Le mec pille à tout va la musique qu’il trouve sur la toile en s’amusant à écrire un mot quelconque sur Limewire pour chopper ainsi de manière aléatoire des productions. Le tout illégalement bien sûr. A partir de là, il découpe, recolle, sample, détruit, recompose afin d’en sortir une nouvelle matière sonore. Le principe relève tellement du foutage du gueule que ça en devient intrigant. Et puis l’insupportable Lil B s’est rapidement accaparé les "talents" du petit et c’est tout un monde qui s’ouvre alors à Clams Casino. Déjà auteur d’une mixtape instrumentale complètement barrée en début d’année, le revoilà avec un Rainforest, EP échappant lui aussi à toute classification et sortant chez les New-yorkais de TRI▼ANGLE Records (oOoOO, How To Dress Well, Balam Acab, etc.).

 

Copulation improbable entre abstract-hip-hop, electronica et noise, Rainforest est un objet mutant captivant. En à peine 15 minutes, Clams Casino arrive à nous enfoncer dans des abysses psychédéliques démesurées. On se prend un wall of sound en plein dans la tronche à l’écoute de ces 5 morceaux regardant du côté de Tobacco ou M83 mais aussi du côté d’un Boards Of Canada version crado comme sur Treetop. Clams Casino flirte parfois avec les limite du grotesque sur un Gorilla faisant penser à du Salem en version aboutie. On ne comprend rien à ce que se passe, pendant que le beat se fait lointain et devient ingérable, d’étranges sonorités viennent parasiter l’écoute.

Ce qui fascine, c’est cette absence de garde-fou. Le mec assume complètement son trip hippie, semble s’en foutre royalement d’avoir un son travaillé. Il s’amuse, tout simplement. Le fait que ce soit aussi culotté rend Rainforest excitant. On ne sait pas comment se positionner, comment appréhender l’objet et le personnage. Ca semble tellement brouillon que ça ne peut qu’être du bluff. Rainforest joue avec les apparences et il y a fort à parier que Clams Casino contrôle conscencieusement ses créations.

 

Rainforest est un ovni total sorti du cerveau vrillé de Clams Casino. Epuisant, fascinant, fatigant, cet objet mérite le détour autant pour son pouvoir de fascination que pour sa capacité de répulsion.

 

http://www.moduledistribution.com/wp-content/uploads/2011/06/COVER_Clams-Casino-400x400.jpg

par B2B

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 19:02

Sortie : juin 2011

Label : autoproduit

Genre : rap instrumental électronique lunaire

Note : 5

 

Depuis DJ Krush, la qualité des producteurs japonais n'est plus à prouver, pourtant nombre d'entre eux restent assez méconnus. C'est avec sept titres qu'Ichiro Nerima inaugure sa page Bandcamp et se rappelle à notre bon souvenir. Sept morceaux lancinants, dans un style rap instrumental langoureux et inventif. Ichiro_ fait partie de ses artistes pas assez diffusés et qui méritent pourtant une oreille attentive.

 

Le Japonais mélange des beats rap avec un jazz détaché, saupoudre d'électronique décalé et laisse l'ensemble voguer tranquillement. Il y introduit quelques syncopes pour que le tout ne s'enlise pas. La sérénité du bonhomme est palpable, ses sons virevoltants paisiblement dans un univers extatique. Les rythmiques synthétiques dynamisent des nappes lointaines sur lesquelles se posent de rares sonorités organiques et des bleeps cherchant leur chemin.

Ce maxi à l'ambiance lunaire passe assez vite malgré un faux tempo imprimé tout son long. La faute à des titres tournants autour de deux minutes ne cherchant pas à abuser d'un trop plein de langueur. Ceux-ci s'enchaînent logiquement, sans rupture, maintenant une certaine apesanteur entre bruissements électroniques et caresses sonores. Seuls la voix transformée sur Juju, la basse de Miyane ou le piano classieux sur Ne constituent de discrètes variations.

 

La durée et le minimalisme de ce Noon EP décevront peut être certains, mais Ichiro_ y présente une conception originale et apaisante d'un style qui a largement dépassé les frontières de la scène californienne dont il provient.

 

http://f.bandcamp.com/z/14/76/1476643816-1.jpg

par Tahiti Raph

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 16:56

Sortie : mai 2011

Label : Raster-Noton

Genre : Glitch, Ambient, Modern Classical, Experimental

Note : 9/10

 

Écrire un préambule à propos de Alva Noto, connu également sous le nom de Carsten Nicolai, se révèle vain tant le musicien brouille les pistes depuis les débuts de sa carrière. Disons simplement qu'en matière de musiques électroniques et expérimentales, plus particulièrement le glitch, il est l'un des artistes les plus passionnants de sa génération. Que ce soit lors de sa récente collaboration avec Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten) au sein du projet ANBB (injustement non chroniqué dans nos lignes) ou ses travaux avec Ryoji Ikeda, Mika Vainio ou Michael Nyman, il est au service du son, maniant les silences comme partie intégrante de sa démarche expérimentale. Ryuichi Sakamoto est lui un pianiste reconnu à l'échelle internationale, et sévi depuis ses débuts dans pléthore de projets. Les deux compères n'ont pas de chapelles et c'est tant mieux. Leur collaboration a débuté en 2002. Summvs s'annonce comme le cinquième et dernier opus de la série. A la suite des heures de gloire de Mille Plateaux (label allemand sorti récemment d'un dramatique sommeil), le label Raster-Noton réunie de près ou de loin, tout ce que les musiques électroniques expérimentales comptent de virtuoses. Sa musique, avant-gardiste, blanche et intransigeante, est parfois qualifiée d'hermétique par certains innocents.

 

Si je disais que ça fait mal au cul de lire actuellement que le dernier album de Amon Tobin ou la prestation de Richie Hawtin devant le Leviathan sont proches de l'art contemporain, je manierais l'euphémisme avec autant d'aisance que Alva Noto & Ryuichi Sakamoto lorsqu'ils usent de métaphores sonores. Sur cet album (et sur les précédents), leur complémentarité n'effleure pas l'art (contemporain ou non), elle l'incarne. Car oui, rien n'est si beau que quand il est suggéré. D'où l'intérêt de savoir utiliser les silences, pour que la musique et la trame respire. La musique du duo est "blanche", oui. Mais elle s'anime et prend forme lorsque Sakamoto presse ses touches et joue des pédales, quand Alva Noto produit des pulsations métronomiques. Un blast, une aspiration, et la musique se voit dotée de souffle, de respiration, aussi numérique soit-elle. Commenter la musique du duo me paraît tellement vain et superficiel au moment même où j'écris ces lignes. Elle ne se commente pas, elle se vie. Prenons le terrible Halo, ou les deux musiciens se lancent dans un dialogue ambivalent pas si abstrait que ça, entre l'aspect mystérieux des tonalités mineures de Sakamoto et les ambiances et textures si particulières d'Alva Noto, qui elles semblent exprimer une désarmante révélation. Juste saisissant. Et que dire de ces graves ondulées et parasitées sur Pionier IOO, où l'oreille interne est mise à rude épreuve, et l'auditeur jeté à bas de son cheval, absorbé par le souffle de la révélation divine. Point de Jonas dans ces notes. Que ceux qui veulent naviguer sans Jason vers la luxuriance digitale de Naono suive le convoi. La relecture de By This River, d'un certain Brian Eno, contient elle aussi ses trésors et ses mystères, tout comme la courte trilogie Microon.

 

Comment, avec autant de minimalisme, le duo parvient-il à transmettre autant d'émotions et de sentiments. Des DVD du duo existent. Mais ne vaut mieux-t-il pas se créer son propre visuel en se plongeant profondément dans cette musique ? Faussement qualifiée d'hermétique et d'élitiste par ceux là même qui cite l'art contemporain dès qu'ils ne sauraient comprendre une démarche, cette musique, cet album, se fera le compagnon idéal de matins mornes de solitude, d'après midi automnale sous la couette seulement accompagné d'un casque HD. Juste beau, à en crever.

 

http://img.abrakaba.com/0047B05D-7/ALVA-NOTO-RYUICHI-SAKAMOTO-SUMMVS.jpg

par Ed Loxapac

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 13:31

Sortie : mai 2011

Label : Tympanik Audio

Genre : Remixs, IDM, Shoegaze

Note : 7/10

 

Tanner Volz vient de Portland. Il a gardé de ses années où il sévissait en tant que ML de bons contacts avec les gens du label n5md. Débarqué l'année dernière chez Tympanik avec le salué I Will Wait (chroniqué ici) et le superbe clip Absolution is a Plushtoy. Son sens de l'instrumentalisation en matière de mélodies nostalgiques flirtant avec les ombres d'une pop synthétique moderne a su le hisser au rang d'incontournable du label chicagoan. Anklebiter a fait cette fois-ci appel à des potes pour remixer des extraits de son dernier opus. Étant toujours méfiant vis à vis des albums de remixs, j'ai attaqué les écoutes avec l'aigritude potentielle qui me caractérise.

 

Queue. En voilà un joli nom pour un disque. Il est vrai que I Will Wait était un cru particulièrement long en bouche, qui devait bénéficier de plusieurs approches avant de distiller tout son nectar. Mais ne nous arrêtons pas plus longtemps à ces représentations un rien... phalliques de francophones à l'esprit mal tourné. Volz a fait son casting du côté des labels où il a le plus officié : Tympanik et n5md. Les matadors du genre côtoient des petits nouveaux. Le toujours excellent Access To Arasaka confirme qu'il renforce le caractère plus émotionnel de ses sons avec sa relecture de University. Délicieusement long à venir, les gargouilles inquisitrices bleepiennes finissent par être lâchées de bien belle manière. Du côté des pointures, Keef Baker ne donne pas non plus sa part au chien, avec son style romantique paré de violence contenue sur Frigid. Tout en subtilité et en précision, Dirk Geiger apporte une révision plus qu'inspirée de I Will Wait. Mais la palme revient à mon humble avis à Dryft (Mike Cadoo) avec One Three Two. L'ancien comparse de Mike Wells au sein du légendaire et regretté duo Gridlock démontre une nouvelle fois toutes sa capacité à retranscrire des ambiances oniriques, touchées par une profondeur spatiale bienvenue. Étant moins féru de la frange plus dégoulinante d'émotions de n5md, j'avoue avoir été moins touché par les essais de Boy is Friction, Jatun et SubstractiveLAD. J'ai par contre été surpris d'apprécier vigoureusement la version agrémentée de vocaux d'Irulan et l'excellentissime contribution shoegazante des Lights Out Asia, sur un Nothing Will Happens Tomorrow troublant de beauté orchestrale. Les inédits signés par Anklebiter, By Design et OTT, se situent en continuité directe avec ses travaux précédents. Pas de révolution donc, mais les fans ne pourront qu'apprécier.

 

La véritable force de Queue est de dresser un panorama des artistes officiant dans le domaine. Bien qu'inégales mais bien variées, ces différentes versions raviront à coup sûr ceux qui avaient aimé la déjà très bonne version originale.

 

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par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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