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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 17:22

Sortie : juillet 2011

Label : Modern Love

Genre : Techno, indus, dark-ambient

Note : 7/10

 

Facets, c’est le nom du premier EP de Miles, projet solo de Miles Whittaker. On connaît déjà notre homme pour incarner les moitiés de Demdike Stare, dont le vénéneux Tryptych en 2010 avait retenu toutes les attentions, et de Pendle Coven, auteur d’un intéressant mais aride LP en 2009, Self Assessment. Il fit également partie du méconnu Daughter of the Industrial Revolution (Cotton Goods), dont le Variable Resistance de 2009 mériterait amplement d’être mieux écouté. Sorti sur son label habituel Modern Love, que nous réserve ce premier effort solo du Britannique ?

 

Le point commun des quatre tracks présentés, c’est leur même univers, sidérurgique plus qu’indus, et lugubre plutôt que dark-ambient. Bienvenue dans une usine beaucoup plus infectée que désaffectée, qui produit à tous les étages des samples métalliques d’orfèvre, tous plus rauques et plus froids les uns que les autres. Aucun son de cet EP n’échappe à cette texture, et hormis la rythmique finale tech-house un peu douteuse de Primer, jamais la lueur du ciel ne parvient à percer. De plus, comme dans ses projets principaux, le son est excellemment spatialisé, et le travail de prod’ rapproche encore un peu plus l’auditeur des forges infernales. Rythmique indus lourde et étouffante sur une première moitié de Flawed avant de plonger dans un ambient franchement suffocant, suivi par le dub glacé à la Deepchord sur Lustre, Miles décline effectivement en autant de "facettes" son art de l’acier. Seul le drone un peu particulier de On the fly, qui semble mettre en musique la naissance, la vie et la mort d’une turbine, tranche avec les précédents titres, en proposant une électronique moins catégorisable, et donc plus aventureuse.

 

Quoique cette courte déclinaison en facettes sente un peu l’exercice de style et la recherche d’une sonorité d’ensemble cohérente, il reste que ce premier coup d’essai solo témoigne d’une approche personnelle de Miles Whittakers, là où l’on aurait pu craindre une fusion un peu nunuche des deux projets pour lesquels il était connu jusque là. Tant mieux, et on espère à bientôt !

 

http://1.bp.blogspot.com/-DS153E5T1Mw/ThDIwKRuMoI/AAAAAAAAB-I/iPZQk9ds9iY/s1600/miles.jpg

par Pingouin Anonyme

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 14:29

Sortie : juin 2011

Label : Ad Noiseam

Genre : Thrash metal, death metal, drum&bass, dubstep, hip-hop, reggae, stoner, doom, mashup, breakbeat, dub, dance-hall, indus, noise postcore...

Note : 7,5/10

 

… n’en jetez plus ! Les lecteurs réguliers de Chroniques savent qu’un des rares labels qui a pour inamovible profession de foi de faire cohabiter tous ces genres en un seul style innommable s’appelle Ad Noiseam, écurie abritant des formations déjà cultes ou formidablement prometteuses, telles que Bong-Ra, The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, Igorrr, ou bien Niveau Zero, DJ Hidden, Matta, etc. Le label de Nicolas Chevreux livre son dernier coup d’éclat avec ce Sound of Hell, premier LP du groupe Wormskull. Ce mini all-stars band est principalement composé de trois lurons, mais semble reposer sur le génie malade du Hollandais Jason Köhnen, déjà à la tête desdits Bong-Ra et Kilimanjaro Darkjazz Ensemble. Il n’en est pas moins accompagné ici de Mike Redman, MC régulier pour Bong-Ra et producteur du mésestimé breakcore de Deformer, ainsi que de Balazs Pandi, affichant deux récentes collaborations avec l’inénarrable Japonais Merzbow, et qui s’occupe ici des programmations drums.

 

Un track semble particulièrement refléter l’esprit de ce Sound of Hell : le bien nommé Deformer Style. Tout s’y résume. Le morceau commence par un plan doom bientôt accompagné par un flow hip-hop désincarné et des gimmicks du genre (ces mecs scratchent sur du doom, il faut le savoir !), le tout allant s’intensifiant jusqu’à déboucher sur une drum&bass déchaînée couverte par les riffs lents et guturaux des guitares doom. Promis, il y a sur ce morceau de quoi provoquer un AVC à n’importe quel puriste de metal, hip-hop ou techno ! Tout le disque est pourtant construit ainsi, en enchevêtrements adroits de styles radicalement opposés, avec un soin et une audace remarquables.

Ce qui surprend finalement le plus dans ce télescopage d’influences, c’est l’emploi de cette batterie absolument omniprésente, et dont on ne saurait dire s’il s’agit d’une batterie réellement enregistrée puis trafiquée et overdubée, ou bien d’une drumbox au son volontairement kitsch. Mais le tour de force est de parvenir à rendre avec des plans batterie typés metal absolument tous les genres rythmiques présents sur la galette. Et croyez-moi, réaliser de façon crédible un dubstep rageur avec une batterie qui sonne metal, c’est costaud !

Si les flows successifs du MC peuvent parfois laisser perplexe (notamment sur Deadlocks), il ne faut pas négliger la dose d’humour et de kitsch présente tout le long du disque. Samples de films, du Zapping de Canal+, bruits de pistolets lasers pour enfants, gimmicks débiles typés drum&bass cachetonnée (Stereokillah) ou tout simplement court délire breakbeat, Wormskull ne laisse que rarement votre oreille décrocher, en l’attirant par un ensemble foisonnant de trouvailles sonores de plus ou moins bon goût, mais toujours assez attractives.

Si la plupart des compos sont basées sur des parties metal qui rappellent volontiers des classiques du thrash (on jurerait que le morceau Do it ! sample un riff du cultissime Raining Blood de Slayer), du death (à la Obituary, mais mélangé à du son dance-hall et drum&bass (!) sur Ori Ede), ou d’un stoner/doom que ne renieraient pas Electric Wizard (Nosebleed, Downer, Corpsefucker), certains titres lorgnent avec inspiration vers d’autres horizons. Ainsi de Woody Strode, reprise dubstep/doom hallucinée du classique d’Ennio Morricone Man with the Harmonica, ou de l’éponyme Wormskull traversé de violentes envolées de guitare postcore noisy du plus bel effet.

 

L’exercice du patchwork musical est toujours extrêmement risqué, car l’équilibre entre des genres si hétérogènes relève d’un art occulte. Wormskull, à n’en pas douter, recherche la pierre philosophale, et si ce disque n’offre pas encore l’alchimie tant attendue de l’eau en Guinness, nul doute cependant que les recherches n’avancent à grands pas ! Pour les amateurs ouverts de curiosités contemporaines.

 

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par Pingouin Anonyme

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 11:19

Sortie : 12 juillet 2011

Label : Sub Pop

Genre : Chill-wave, électro-pop aérienne

Note : 6/10

 

L’esthétique chill-wave, apparut il y a une petite poignée d'années, nous revient tel un boomerang chaque été. Musique hautement contextuelle, ne pouvant s’apprécier à sa juste valeur que lors de journées caniculaires passées sur la plage, la chill-wave n’est rien d’autre qu’une musique aux relents élégiaques. L’Américain Ernest Greene, aka Washed Out, avait agréablement surpris son petit monde via un Life Of Leisure suintant la crème solaire, indice 50. Toute une scène s’est ainsi ouverte, pour le meilleur (Active Child) comme pour le pire (le dernier album de Toro Y Moi). Revoilà Washed Out avec un premier véritable album, Within and Without.

 

Ode à une adolescence fantasmée, les 9 morceaux de l’album sont une invitation à la paresse juvénile. Pas étonnant d’y déceler l’influence de M83 sur un Eyes By Closed du plus bel effet. Parcouru d’un bout à l’autre par toute une esthétique 80’s, on aurait pu craindre la faute de goût impardonnable. Et bien non. Ernest Greene connaît les pièges de cette décennie trop souvent infréquentable et arrive à en saisir les meilleurs effets sans tomber dans l’hommage désuet. On pourra tout de même lui reprocher certaines erreurs comme cette surenchère de violons sur un Far Away un brin trop balourd.

Within and Without permet de retrouver ces rythmiques alanguies, ces reverbs permanents, ces sonorités s’étirant et cette voix lointaine nous plongeant immédiatement dans une atmosphère apaisée. Pour raccourcir, on pourra toujours prétendre que Washed Out c’est plus Calvi On The Rocks que Carnaval de Dunkerque. On ne peut décemment pas occulter le fait que c’est de la musique aérienne souvent niaise, un brin trop branchouille. Mais quand c’est fait avec autant de naïveté, on finit par y être sensible. Le plus étonnant dans ce Within and Without est son absence de silence. C’est tellement flagrant qu’on y décèle la volonté de ne jamais laisser l’auditeur se perdre dans ses songes. La musique de Washed Out est un partenaire ne lâchant jamais votre main et vous accompagnant lentement au pieu. Car il est clair que Within and Without est un album fait pour baiser… mais mollement. Il est d’ailleurs étrange de remarquer que l’album va decrescendo comme annonçant une petite mort. A moins que ce ne soit la fin de l’été qui se profile déjà.

 

Washed Out ne nous promet rien d’autre qu’un été langoureux et son Within and Without est en soit une jolie promesse. Il n’en demeure pas moins que cela reste une musique purement contextuelle qui, une fois sortie de son cadre, a tendance à se révéler trop béate pour marquer les esprits.

 

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par B2B

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 10:27

Sortie : juillet 2011

Label : Perc Trax

Genre : Techno, indus, downtempo

Note : 7,5/10

 

Perc. Normal que le gus n’arrive pas à percer avec un blaze pareil ! C’est pourtant dommage. Car avec plus d’une vingtaine de maxis à son actif en dix ans de carrière, signé sur bon nombre de labels (parmi lesquels Kompakt, Drumcode, Ovum Records, ou sa propre maison, Perc Trax), ainsi qu’une grosse poignée de remixs (dont un remarqué pour Trentemoller en 2007), notre DJ/producteur londonien Alister Wells aurait pu accéder à l’oreille du grand public plus rapidement. Néanmoins, ce premier LP, Wicker & Steel, est là pour rattraper le coup.

 

Perc aime les tôles, la sensation de se prendre une barre de fer en pleine tête (et en rythme), les explosions de machines ; il compose de véritables panoramas d’apocalypse cyberpunk, pour y contempler l’inexorable victoire des machines dans leur guerre contre l’humain. Tout ici paraît dévasté : fracas de tôles et de machines amoncelées, explosions retentissant au loin, cliquetis décharnés de chenilles mécaniques. Collusion pas si improbable que ça entre les sons de Pan Sonic et Dettmann, ce Wicker & Steel a l’ambition d’un disque où techno, indus, et parfois même downtempo, se contractent en une seule entité homogène.

Tout commence par une intro glacée en forme de spoken word électronique, résidu vacillant de présence humaine, bientôt nimbé de plages d’orgues à l’agonie, qui nous fait comprendre que ça y est, l’apocalypse a déjà commencé – Saint Jean avait tort : ce sont les machines qui se sont finalement éveillées, et Perc est le dernier homme. Le deuxième morceau, My Heart is slowly exploding, offre un premier panorama de la dévastation, partant d’un beat indus aride martelant votre crâne en un rythme primaire, pour voir sa structure se développer en une sarabande mécanique puissante et hypnothique. Le morceau suivant (Start chopping) nous envoie immédiatement sur un champ de bataille à la tech-indus abrasive et parfaitement maîtrisée, où une rythmique lourde comme le plomb ne cessera de mixer vos neurones sur le tapis de leurs ultimes grésillements. On enchaîne avec You saw me, qui développe sur cinq minutes un mélange de downtempo et d’indus, à la fois dub et martial, dont les roulements de caisse claire quasi militaires continuent de ravager ce qu’il vous reste de substance crânienne. Pre-Steel nous plonge ensuite dans un track ambient, nouveau panorama d’apocalypse à l’état pur que ne renieraient pas le label CMI, en face duquel le spectateur entend, petit à petit, avec calme, le bruit des explosions et des machines se rapprocher doucement de lui, pour une fin du monde finalement suspendue… jusqu’à ce que déboule Gunkel, où un kick imparable et des lignes de basse assourdissantes semblent faire se dresser devant vos yeux un serpent métallique immense, regardant droit dans le fond de votre âme devenue électronique, sur un fond visuel d’explosions, de claquements et de crépitements d’acier en fusion. L’avant-dernier morceau, Snow Chain, offre un dernier moment d’émerveillement humain, en s’occupant, grand artificier, de tirer pour vous un ultime feu d’artifices, dont les explosions de fusées sont filtrées et bouclées en des rythmes quasi-oniriques – bouquet final saluant la mort de l’homme en ces mondes. Et le final sonne logiquement comme une joyeuse fête paillarde… mais où les paillards sont désormais les machines : partouze endiablée de monstres métalliques désormais seuls au monde.

 

Sûr, vous ne regarderez jamais plus votre grille-pain de la même façon, soupçonneux à l’idée qu’il puisse participer, aujourd’hui ou demain, à quelque révolte de ce genre, là, insidieusement, dans votre dos, dans la cuisine. On s’étonne soudainement qu’il ne vous explose pas à la gueule. Perc veut faire triompher le règne des machines sur le règne humain… et assurément, ce disque constitue une belle pierre à l’édifice.

 

http://2.bp.blogspot.com/-ENLqnB1n8sU/ThRkPi6mt-I/AAAAAAAAAl8/XQ50kkIH1_Q/s1600/perc_wicker_steel.jpg 

par Pingouin Anonyme

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 14:08

Sortie : 27 juin 2011

Label : Tigersushi

Genre : Electro 80’s, electro-pop, shoegaze

Note : 5/10

 

Les fans de culture hip-hop connaissent l’histoire par cœur. En 1971, New York se couvre de tags, le métro devient le symbole mouvant d’une culture émergeante refusant l’immobilisme. Taki 183 est le premier a posé son blaze partout où il passe. La légende prend forme, le New York Times s’empare du phénomène et la photographe Martha Cooper se charge d’immortaliser ce nouvel art. Taki 183 devient alors un mythe, les graffeurs d’aujourd’hui n’en finissant plus de citer celui-ci comme référence suprème.

 

Partir d’une telle référence est plus que risqué de la part de DyE, étalon de la scène électronique parisienne. Juan de Guillebon est en effet bassiste de Joakim and The Disco, Bot’Ox mais aussi Maestro. Ce n’est donc pas étonnant de retrouver la sortie de Taki 183, son premier album solo, au sein de l’écurie Tigersushi, mené par l’inspiré Joakim.

L’an dernier déjà, la compilation scellant les 10 ans du label avait permis d’étaler le potentiel de DyE grâce à un Nike solaire. Il aura fallu attendre plus d’un an pour pouvoir écouter ce foutu premier LP. Et chose étonnante que de constater que le morceau le plus récent n’est autre que ce Nike. Bon, ne faisons pas la fine bouche après tout d’autant que le deuxième morceau tient lui aussi le haut du pavé. Fantasy est une vibrante réussite d’électro-pop aérienne, le type même de morceau taillé pour une ballade sur le périph', en mode diurne puisqu’on trouve sa réponse nocturne avec Hole In Ocean.

Mais en dehors de cela, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. DyE lorgne maladroitement vers l’esthétique teenager de M83 en poussant le bouchon de l’émotivité un peu trop loin. Mattias & Charlotte (dont le titre ressemble justement à s’y méprendre à une track de M83), par exemple, n’arrive jamais à échapper à son emprise adolescente trop prégnante. On est aussi épuisé par l’électro fatigante du morceau Taki 183 avec cette voix stridente de R2D2. Les intentions étaient louables mais le résultat ne suit malheureusement que trop rarement.

 

Taki 183 est un album résolument marqué par les 80’s, parfois pour le meilleur mais souvent pour l’insignifiant. DyE ne rate pas totalement son premier exercice en solitaire, on reste seulement circonspect devant cet album certes sincère mais trop bancal pour marquer les esprits.

 

http://cdn.7static.com/static/img/sleeveart/00/012/711/0001271176_350.jpg

par B2B

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 11:30

Sortie : mai 2011

Label : Tympanik Audio

Genre : Patchwork électronique

Note : 7/10

 

Displacer a fait ses armes sur le label français M-Tronic. Il a ensuite trouvé en la maison de Chicago Tympanik un accueil durable, ouvert et confortable, lui permettant de laisser libre court à ses (nombreuses) pérégrinations électroniques. Tant et tellement que lorsqu'on demande aux fans du label de citer des chouchous potentiels, le nom de Michael Morton revient souvent. Pour Night Gallery, il s'est adjoint les services d'un hôte de choix pour effectuer le mastering : Mike Wells du regretté mais immortel duo Gridlock. Acclamé à sa sortie par des gens aussi recommandables qu'Access To Arasaka, cet album avait dès le départ toutes les chances de retenir notre attention.

 

Bizarrement, je n'ai jamais été un grand fan des travaux de Displacer, même pendant sa période chez M-Tronic. J'ai toujours retenu quelques titres à forts potentiels, et suis resté un peu sceptique face à la plupart du reste. Si Night Gallery fait étal de grands efforts de production (le mastering bute, forcément), le résultat est plutôt difficile à suivre. Prise entre les feux de ses aspirations hip-hop inspirées et des respectueuses gloires passées de l'EBM, l'oeuvre de Displacer est quelque peu anarchique. Si on ajoute à cela la présence de jolis interludes dont l'apport définitif à l'ensemble est discutable, que peut-on retenir de vraiment remarquable dans cet album ? Tout d'abord, le Morton a l'air d'être un passionné de synthés et de bécanes. Jusque là rien d'exceptionnel, mais contrairement à beaucoup d'autres, il sait les utiliser et en tirer le meilleur de la sève. Il a le don de trouver une texture de nappes tellement profonde qu'elle en devient littéralement enveloppante. On peut même dire que les atmosphères qu'il retranscrit ont quelque chose de nébuleux, d'opaque et de surnaturel. On se dit alors que son Night Gallery est probablement un recueil de rêves, pour certains furtifs, et qu'ils doivent être envisagés individuellement. Et là l'intérêt des titres courts ou des interludes, prend déjà beaucoup plus de sens (Wave, In Limbo, Foggy Memory). Et quand les ambiances mystérieuses et inquisitrices s'allient à des drums dont les racines hip-hop sont incontestables (Phantom Limb, Invisible) on peut crier à la pleine réussite. De même pour le bien nommé Radioactive et sa D&B sombre mais céleste, ou pour les plus ambient et plus descriptifs Orchid ou Ice Cold (Lights Out Asia sous LSD) en fermeture. En pensant approcher d'un semblant de vérité avec la théorie des propres chimères nocturnes de l'artiste, on peut se demander où son inconscient l'a mené pour pondre l'anémique et trop rétro Falling. Les nombreuses tentatives de réécoutes n'y changeront rien, ce titre laisse tout bonnement dubitatif. Dommage.

 

Malgré son caractère assez "facile à écouter", cet album, de par certaines aspérités volontaires ou non, conserve sa part de mystère. Il est en tous cas à mon humble avis le meilleur disque sorti à ce jour par Displacer. Ce dernier demeure libre. Libre de partir dans tous les sens et d'en laisser quelques uns sur le bord de la route. Les anarchistes ont malgré tout quelque chose de passionnant, alors...

 

http://igloomag.com/wp/wp-content/uploads/2011/06/displacer_night_gallery.jpg

par Ed Loxapac

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 21:45

Sortie : juillet 2011

Label : Fake Four Inc / Equinox Records

Genre : rap

Note : 5/10

 

L'an passé, Sole avait surpris son monde en quittant le label Anticon qu'il avait créé en 1998 pour aller vers un travail plus solitaire, pour toujours plus d'indépendance. Il s'est finalement trouvé une nouvelle famille avec Fake Four Inc qui l'a accueilli en invité sur de nombreuses sorties, qui diffuse gracieusement sa dernière mixtape (l'explosive Nuclear Winter volume 2, téléchargeable ici, les remixs du premier volume ayant été par ailleurs chroniqués ici) et publie son nouvel album. Accompagné pour la troisième fois sur long format par The Skyrider Band (et aussi sur un maxi chroniqué ici) qui s'éloigne de ses sonorités post-rock, le rappeur américain démontre qu'il est toujours aussi en forme, même si ses penchants pour des ambiances plus modernes ne sont pas toujours du meilleur goût.

 

Pour cette troisième rencontre, Sole et son backing band de luxe ont décidé de changer leurs habitudes pour s'accorder avec la voix moins fachée du MC. Le résultat est assez inégal avec de nombreux passages qui ressemblent vraiment au mélange électro-rap à la Timbaland façon Ayo Technology, comme sur ce Immortality assez fade. Il avait déjà montré son goût pour ce style en posant sur cet instru du producteur de Justin Timberlake  sur la première Nuclear Winter. Cette inclinaison pour le mainstream semble atteindre un sommet avec le vulgaire Vaya Con El Diablo (avec Isaiah Toothtaker, Mestizo et Ceschi) et ses claviers vrombissants et le Villon final dont le chant affreux passé au vocoder est déconseillé aux oreilles sensibles. Fire et Bad Captain Swag - dont le refrain R'n'B est à vomir - avaient déjà annoncé de bien mauvaises dispositions... Les trop nombreux choeurs donnent un côté sentimental mièvre qui surprend chez l'Américain.

Heureusement, le rappeur n'oublie pas son militantisme dans le rap indépendant et sort quelques titres puissants et nettement plus convaincants. L'album avait en effet plutôt bien commencé avec Napoleon et D.I.Y, extraits sur lesquels son flow ébréché ruminait sur des sons conquérants. Ses textes percutent alors nettement plus. Le titre éponyme est à la frontière des deux faces du disque, avec un instru original et un Sole concentré, mais un refrain chanté assez faiblard. Le profond We Will Not Be Moved, avec le patron (Ceschi) et un collègue (Noah23, dont le récent album est chroniqué ici) de Fake Four Inc, s'ajoute aux morceaux à garder de côté. 

Reste enfin l'inclassable ballade en compagnie de Sage Francis, dans un style folk que ce dernier a récemment adopté sur son album Li(f)e (chroniqué ici). Encore un moment un peu tendre qui n'est pas courant chez les deux barbus qui se retrouvent ici dans une ambiance un peu isolée pour porter, malgré de bonnes dispositions.

 

Sole confirme un certain goût pour le rap putassier que nous aurions préféré ne pas lui connaître. C'est fâché que nous le préférons, et il l'est trop rarement sur ce Hello Cruel World. Quant au Skyrider Band, il se met nettement moins en valeur et perd sa force rock qui faisait son originalité dans ce monde rap.

 

http://s3.amazonaws.com/releases.circleintosquare.com/336/images/cover_02_new_fakefour.jpg

par Tahiti Raph

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 21:58

Date : 15 et 16 juillet 2011

Lieu : Juan-les-Pins (France)

 

Il est des lieux que tout amateur de jazz se doit d'avoir foulé un jour. Le festival Jazz à Juan en fait incontestablement partie. L'affiche de cette année limite de toute façon les hésitations. Direction le sud donc, pour découvrir cette mythique scène perchée devant la mer, au milieu d'une reposante pinède, rare pause naturelle au sein d'une ville sururbanisée. Entre plages privées, parade de voitures de luxe et touristes en représentation, se pressent fans de jazz et locaux qui ne veulent pas rater l'événement même s'il les dépasse. Rien que pour le cadre magnifique, le déplacement vaut la peine.

 

Gros programme pour l'ouverture de cette 51e édition avec deux concerts et un défilé de stars. Le couchant brûle la scène alors que les derniers spectateurs tardent à s'asseoir et que différents musiciens ayant épaulé Miles Davis pendant sa carrière s'installent discrètement. Cette soirée est un hommage au célèbre trompettiste. Elle débute avec un groupe qui se présente sous le nom de Bitches Brew Beyond (photo ci-dessous), référence à l'album du maître sortie en 1969 et à son jazz futuriste alors expérimenté. La trompette sera à l'honneur, avec un Wallace Roney tout de suite très en jambe quand son frère Antoine Roney au sax et Bennie Maupin à la clarinette basse ou à la flûte sont plus en retrait. Leur musique est cool, parfois même un peu trop, et heureusement que Bobby Irving aux claviers booste un peu l'ambiance adoucie par le charme des lieux. 

Le sourire et la technique d'Al Foster à la batterie font plaisir à entendre, bien plus que les interventions rares et abstraites de DJ Logic aux platines. Hormis un question-réponse scratch-trompette un peu simpliste avec Wallace Roney en fin de prestation, sa présence interroge. Le son assez inhabituel qui prévaut semble laisser un peu dubitatif le public qui se retrouve plus dans les classiques joués au terme de la playlist, dont un Round Midnight sobre. Un court rappel laissera au final un peu dubitatif, malgré quelques bonnes séquences.

 

Juan-Bitches-Brew.jpg

 

Place au gros morceau. Il est presque 23 h et la nuit est tombée sur le site quand Marcus Miller (photo ci-dessous) se saisit de sa basse, Herbie Hancock se place derrière son piano et Wayne Shorter s'avance sax en main. Les trois hommes se sont succédés dans les années 1960 et 1980 aux côtés de Miles Davis et se retrouvent aujourd'hui ensemble. Ils jouent ce soir avec deux musiciens plus jeunes mais qui s'avèrent tout à fait au niveau de l'événement, Sean Jones posant sa trompette avec justesse et parcimonie et Sean Rickman démontrant un swing à toute épreuve à la batterie. Mais c'est surtout Marcus Miller qui va impressionner les spectateurs. Sur ses deux basses Fender, l'Américain s'éclate et donne le souffle de compositions qui n'en demandent pas tant. Sa complicité avec Hancock est communicative. Les séquences animées par les deux hommes, magnifiquement soutenus par le batteur, sont impressionnantes de maîtrise et d'inventivité. A l'inverse, Wayne Shorter semble un peu en retrait. Ses solos sont légers et il n'y a qu'en duo avec Sean Jones qu'il prend du volume. 

Le groupe tente de jouer l'accompagnement des rêves de Miles Davis, explique Marcus Miller au micro. Pour cela, le bassiste peut souffler un instant dans une clarinette - basse bien sûr - ou relever la contrebasse posée à ses pieds. C'est en électrique qu'il reste toutefois le plus en verve, tout à la fois dynamique et technique. Il laisse ainsi un grand espace à Herbie Hancock pour s'amuser avec des samples de voix enregistrés sur son clavier ou pour sortir en rappel son bon vieux synthé portable et s'approcher enfin de celui avec qui il a conversé toute la soirée. Les titres s'enchaînent dans cette fusion qui rapproche Miller et Miles. Un subtil Someday My Prince Will Come vient calmer les ardeurs avant un final explosif qui fait lever le public. 

La soirée n'a été qu'une lente montée pour atteindre les sommets passé minuit. 

 

Juan-MMiller.jpg

 

Le lendemain le vent souffle sur la pinède. Keith Jarrett (photo ci-dessous) et ses deux inséparables soutiens, Gary Peacock à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie, font la balance à l'abri d'une tente dressée sur la scène. Le pianiste masque difficilement son agacement face aux photographes, et pourtant il arrive à s'éclater sur les bribes de morceaux ébauchés. L'Américain a ses humeurs et peut arrêter un concert si un élément lui déplaît. L'organisation est donc adaptée à Juan, où il a déjà joué un bon paquet de fois, n'ayant notamment pas raté avec son trio une seule édition depuis 2000, lui dont la présence est plutôt rare en Europe. Les messages de prévention sont ainsi fermement répétés deux heures plus tard avant son arrivée sur scène : portable éteint, pas de photo, pas de vidéo. Les tentes ont été démontés. Le vent est tombé.

Avec un Summertime en finesse, le duo débute subtilement la première partie. Keith Jarrett peut se laisser aller, lui qui est expressif derrière son instrument. Il se lève, se dandine, se tortille et laisse - comme sur album - laisser échapper quelques cris d'approbation. Les dernières lueurs du jour disparaissent alors que Jack DeJohnette caresse ses fûts plus qu'il ne les frappe, fait scintiller ses cymbales, charley et ride en tête. Même dans ses rares solos, le batteur ne hausse pas le ton et retient ses baguettes. Gary Peacock est lui aussi discret avec des passages d'improvisation justes et inspirés. Keith Jarrett lui reste toujours aussi précis et surprenant, répondant à une mouette qui salue la performance d'un cri, frôlant les touches de son Steinway pour accompagner le ressac. Car quand Peacock et DeJohnette s'effacent, c'est bien en duo avec la mer que l'Américain se retrouve dans un romantisme absolu. L'obscurité est totale à l'entracte.  

 

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Les trois hommes reprennent leur position après une courte pause. Le triangle est formé de Jarrett, presque dos au public, et DeJohnette à l'avant de la scène quand Peacock est placé un peu en retrait. Une formation compacte qui permet au trio de jouer à un volume faible et d'être toujours à portée de coup d'oeil. Comme la veille, le groupe nous gratifie d'un Someday My Prince Will Come à la reprise. Keith Jarrett est maintenant chaud et s'enflamme un peu plus, dansant presque, les doigts toujours accrochés à son instrument. Les morceaux s'étirent nettement plus en longueur et gagnent en intensité avant de revenir dans la douceur pour le final. Les trois musiciens se plient en deux en guise de salue et ne tardent pas à revenir pour un premier rappel vite interrompu... le pianiste se dirige vers le micro et d'aucuns craignent qu'il n'ait été fâché par le comportement d'un spectateur. Il n'en est rien, Jarrett ne fait que demander à l'ingénieur du son de modifier le son de la basse. Souci de perfectionnisme avant un morceau qui ressemble à ses improvisations en solo, avec un motif répété de manière hypnotisante à la main gauche et une main droite très libre.

Le deuxième rappel est plus calme, laissant retomber l'engouement de ce concert passionné, poignant, poétique. Le batteur et le contrebassiste laissent le dernier mot à Jarrett dont les dernières notes vont se perdre dans les vaguelettes qui s'échouent à quelques pas de là. Magnifique.

 

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par Tahiti Raph

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:40

Sortie : juin 2011

Label : Barclay

Genre : Electro-pouffe

Note : 2,5/10

 

"Take my hand, tonight !" Tout le monde se souvient de ce refrain aux relents de vodka-pomme tièdasse, du genre de ceux qui, de surcroît, vous obsèdent quatre heures après son écoute, alors même qu’il vous est insupportable (c’est ça, la force du calibrage marketing). N’ayez pas peur, ça recommence : Yuksek est de retour, et pourrait bien faire mal… aux oreilles.

 

En un premier LP, Away from the Sea (Barclay, 2009), et par l’aimable complicité des medias français, toujours trop prompts à cocoricoter le chauvain, Yuksek est devenu une star, jouant partout (et partout, c’est beaucoup), interviewé et applaudi jusque chez Denisot. Soit, il y avait bien deux-trois morceaux à sauver ; et significativement, ces morceaux étaient ceux qui dépliaient l’electro la plus rentre-dedans. Ca, Yuksek sait faire, l’electro directe, et il le fait d’ailleurs bien, sur une poignée de maxis. De ce succès médiatique, s’en est suivie une longue série de remixs, tantôt honorables (M83, Birdy Nam Nam, Prodigy), mais tantôt franchement suspects (Lady Gaga, Booba, Gossip, etc.). Et puis, un nombre de lives qui dépasse le nombre total des poils pubiens de ses ados de fans… et enfin voilà, un nouveau format live, et ce nouvel album, Living on the Edge Of Time.

Pas fastoche, de vivre sur la lame du temps ! Et assurément, Yuksek l’essaie par tous les moyens, oubliant peut-être que cette lame, assurément effilée, peut se révéler rapidement tranchante (et se faire trancher les couilles en dérapant d’une lame, c’est mal). On ne pourra pas le lui retirer, Yuksek est un excellent producteur et ingé son. La prod’ de ce disque, comme de tout ce qu’il réalise, est parfaite. A vrai dire, trop parfaite : l’inconvénient de connaître trop bien les ficelles énormes des prod’ à la mode qui tournent dans les clubs internationaux, c’est d’avoir un son trop clean, trop fils-à-papa, trop purgé des aspérités qui donnent tout leur charme aux vrais grooves. La prod’ de ce disque à autant de cœur que la connasse qui invite à laisser des messages sur les répondeurs. Les morceaux sont tous calibrés single pour radio (un seul track dépasse les 5 minutes !).

Bon mais concrètement, vous me demanderez ce qu’il y a, sur cet album, pour s’acharner à ce point ? Eh bien, il y a essentiellement de l’electro-pop – je veux dire de la mauvaise electro mixée avec de la très mauvaise pop. Ca pue les aisselles de pétasses et péteux de quinze ans rêvant de whisky-coca et de skins parties. Toutes les ficelles les plus vulgaires du style sont là, répertoriées, cataloguées, mises à nue, comme pour une leçon académique de marketing auditif. Le pire exemple étant le morceau malheureusement intitulé Miracle, dont le finish techno-minette est aussi classe qu'un ado gerbant après trois bières sur les premiers escarpins de sa copine payés par ses heures de baby-sitting. Le single de lancement, On a Train, ne vaut guère mieux. Mais je garde le pire pour la fin : Yuksek a décidé de chanter tout le temps. Et c’est ça, aussi, qui ne va pas du tout ! On se retrouve avec, collés dans les tympans comme de la mélasse, des vocaux pseudo glam, qui rappellent au mieux un Bowie enroué dans les années 1990, au pire une caricature de tout ce que la pop et le rock indé ont pu déverser sur M6 ou MTV durant les années 2000. Par-dessus le marché, il y a ces balades atroces, où demeure problématiquement la même recette, mais en mou et lent et chiant (oui, parce que ça peut arriver, d’être mauvais sans être chiant, et vice-versa).

Mais je sens que certains ont encore un peu de cœur dans ce bas-monde absurde, et je m’incline, acceptant de dénicher pour eux les trois meilleurs morceaux, à mon sens, de ce LP. Ce sont les suivant : Firewalks, You should talks, Dead or Alive. Soit les tracks 8, 10 et 11, sur un album de 11 compos. Ces morceaux témoignent de quelques subtilités dans les montées, quoique ce foutu chant vienne chaque fois arracher notre tout début d’enthousiasme ; et surtout, Yuksek y met de côté ses foutaises poppy pour revenir à ce qui lui sied : l’electro tonique.  Mais emporté par mon élan de générosité, et oubliant presque un instant d’échapper à une ado bourrée qui me demande mes doigts pour se faire vomir à travers la porte des chiottes d’un club de quatrième zone (tiens, bonjour Brodinski !), une chose me plonge dans une profonde perplexité. Mais Dieu de Dieu, pourquoi ne pas placer ses meilleurs morceaux en premier dans la tracklist ??? Pourquoi les cantonner en fin d’album, au risque de devoir saluer pour l’éternité le courage héroïque de l’auditeur honnête parvenu jusqu’à ce 8e morceau ? Incompréhensible.

 

Le pire, c’est sûrement que le gars Yuksek n’est pas un type infoutu de quoi que ce soit… non, il est simplement sur la major Barclay, et semble en assumer sereinement les conséquences les plus compromettantes, adaptant ses tracks à la vaseline sonore en vigueur. Et si le génie de la vaseline, comme tout génie, peut être applaudi, il n’est pas certain pour autant qu’il se doive d’être écouté. Attention, Mr Yuksek, à ce que la "edge of time" se souvienne du Lao-Tseu de Tintin, et ne veuille vous couper la tête !

 

http://www.lemouv.com/files/1308122341.jpg

par Pingouin Anonyme

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 12:10

Sortie : mai 2011

Label : Fool House

Genre : Electro-dark, Techno, IDM

Note : 7/10


Paul Régimbeau, aka Mondkopf, 25 ans, fait figure de grand espoir de la scène électronique française, depuis cette année 2009, où dans une même foulée, deux maxis ((Declaration of) Principles sur Fool House, et Nuits sauvages sur Citizen Records) suivis d’un premier LP (Galaxy of nowhere, cette fois sur Asphalt Duchess) avaient emballé bon nombre d’auditeurs et de journalistes de la presse musicale. Pourtant, la musique distillée par Mondkopf n’a rien à voir avec la french touch habituelle de notre pays ; au contraire, après ces deux maxis essentiellement orientés dancefloor, où des beats rugueux défonçaient un lyrisme mélodique dont la spécialité semble être (et demeure encore) la montée en tension progressive, Galaxy of nowhere dérouta, en s’aventurant cette fois dans des tracks perdant en efficacité ce qu’elles gagnaient en maturité et en construction. Le passage de l’electro-tech directe à l’IDM réfléchie n’étant pas si courant, c’est avec curiosité que nous attentions le deuxième essai du frenchy : Rising Doom, de nouveau sur Fool House.

 

Mondkopf semble retourner à l’efficacité electro-tech, mais sans perdre les acquis essentiels de son aventure IDM. Là où le Galaxy of nowhere avait surpris par son côté fouillé, aérien, et finalement peu rentre-dedans (sauf exception, dont la magnifique Dame en bleu, qui résume à lui seul l’esprit "tête de lune"), Rising Doom privilégie clairement la force brute. Mais ce n’est pas tout : faire danser les morts plutôt que les clubbers, voilà qui pourrait être un mot d’ordre de ce disque. De nombreux chroniqueurs ont déjà souligné la rage dépressive qui habite ce Rising Doom, chose peu courante dans le petit monde techno, plutôt habitué à la dépression autiste renfermée sur elle-même. Ces blogueurs ont raison, mais ne savent souvent pas pourquoi… cela peut pourtant trouver une explication musicale précise.

Tout se passe en effet comme si Paul Régimbeau avait décidé de lancer, avec ce Rising Doom, une OPA hostile sur la scène electro-dark chère aux soirées gothiques (avec des groupes aussi cultes, dans ce milieu, que Velvet Acid Christ, Wumpscut, Suicide Commando : autant d’artistes qui plongent leurs racines dans la froide EBM du début des années 1980, Kraftwerk ou Skinny Puppy plutôt que Funk Parliament ou Liquid Liquid). De ce point de vue, la réussite est au rendez-vous, et il faut parier que les DJ goths ne mettront pas longtemps avant de s’emparer de la bête pour la caler dans leurs sets. Car oui, il y a bel et bien un côté goth dans cette électronique sombre, aux kicks grésillants et torturés, aux irrésistibles montées lugubres de nappes de synthé compressées et habilement entremêlées, branchée sur le mode "montée permanente" (ex : Deadwood, Day of Anger, Girls don’t cry, When the Gods fall). Rising Doom, où quand les clubbers à Raybans s’essaient aux Newrocks !!!

Certes, il n’y a pas que des réussites sur ce disque, certains tracks s’essoufflent un peu, ou plongent trop visiblement dans l’héritage sonore, parfois trop visible, de leur compositeur. Certains morceaux n’auraient pas dépareillé sur les premiers travaux de Modeselektor ou Apparat par exemple (The Song of Shadow, Sweet Memories, My Heart is yours). Quoiqu’il en soit, la science subtile et terriblement efficace de la montée en tension auditive, qui parcourt cet album d’un bout à l’autre, ne peut que réjouir les amateurs d’une techno qui préfère la concision percussive (un seul morceau, l’outro, dépasse les 5'30 !), aux autoroutes conventionnels de la minimale, ou aux foutages de gueule de certaines formations pseudo-intellos de l’IDM noyant leur poisson musical dans des distorsions sonores vides de sens.

 

En mixant deux conceptions très différentes de la musique électronique, Mondkopf signe avec ce Rising Doom une œuvre sombre et dansante, dont la cohérence d’ensemble demeure toujours audible. Un beau paradoxe donc que ce disque, où un jeune issu de l’IDM signe sur un label de fluokids une sortie inspirée par la musique goth !

 

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par Pingouin Anonyme

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