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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 09:32

Date : 5 octobre 2011

Lieu : Gaité Lyrique (Paris)

 

Ultime soirée que nous couvrons pour le festival Factory, c’est cette fois-ci un retour aux sources de la techno qui nous est proposé. Hommage à la mythique Detroit oblige, Carl Craig est venu endosser son éternel costume de 69 pour un live résolument rétro mais ô combien offensif.

 

Avant cela, c’est sous une Gaîté Lyrique timide que débute Urban Tribe. Ode aux DJsets à l’ancienne, Sherard Ingram est concentré sur ses platines vinyles. Son tee-shirt annonce l’esprit : « Hey labtop DJ, your girlfriend prefer 12 inches ». Mais quand on s’avance avec autant de prétention, mieux vaut assurer. Malheureusement, ce DJset oldschool n’arrivera jamais à tenir la cadence. La faute à un étrange parti-pris, celui de ne pas rester bloquer sur un morceau plus de 2 minutes. Les boucles techno s’enchaînent sans réelles convictions, les montées sont annihilées par des enchaînements abruptes. Le public parisien, anesthésié comme à son habitude, n’en finit plus de quitter la salle pour se réconforter autour d’une pinte. 1h30 et 50 morceaux plus tard, Urban Tribe quitte la scène sous de timides acclamations.

 

Heureusement, quelques minutes plus tard, le maître Carl Craig va remettre les pendules à l’heure. Le live annoncé va permettre de dynamiser le public. Ce soir, Carl Craig redevient 69 pour un live complètement acquis à la techno de Detroit. Une grande partie des productions de l’époque (la majorité des compositions de 69 s’étendant entre 1991 et 1994) va passer entre les oreilles du public. Carl Craig débute son live, masqué, au clavier. Une fois le climax installé, il n’a plus qu’à dérouler ses titres. Et l’américain a décidé de taper fort, très fort. Bien lui en a pris étant donné la qualité irréprochable du sound-system de la Gaîté Lyrique. Il est 23h et ça tabasse sec. Une partie du public ne tiendra d’ailleurs pas longtemps devant les coups de boutoir du DJ. Mais ce qui reste frappant c’est cette contemporanéité dans ces productions ayant 20 ans derrières elles. Alors même si le live est inégale (montées trop longues, impression de montagnes russes, difficultés à maintenir la cadence), il n’en reste pas moins jouissif de pouvoir bouger son cul sur une techno de Detroit aussi prenante. Carl Craig finit son court live (1h) sous les acclamations du public et, fidèle à lui-même, vient saluer chaleureusement la salle. Il est minuit et pourtant, l’agréable impression d’avoir danser toute la nuit se fait sentir.

 

http://www.festival-idf.fr/2011/medias/ronds%20artistes%20bulle%20def_21_thb.jpg

 

par B2B

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 00:21

Sortie : août 2011

Label : Tympanik

Genre : IDM, Industrial

Note : 8,5/10

 

Oui je sais, je le dis souvent, Tympanik est un glorieux refuge pour ceux qui n'ont jamais abandonné l'idée que l'IDM était une musique éternelle en mouvement perpétuel. Cette maison basée à Chicago et dirigée par Paul Nielsen s'est taillée une solide réputation en moins de quatre ans. Certaines langues avisées et crédibles déclarent que ce label se mord déjà la queue par manque de renouvellement. Possible, mais là n'est pas la question. Comme une fois par an depuis sa naissance, Tympanik publie sa compilation Emerging Organisms. Elle présente les artistes "valeurs sûres" de la famille, comme Access To Arasaka, Tapage ou Stendeck, mais aussi ceux qui rejoindront les rangs dans le futur. Elle s'est cette fois-ci adjointe les services de pointures officiant généralement sur d'autres maisons phares comme Hymen, n5md ou Ad Noiseam (Keef Baker, Subheim, Frank Riggio, Nebulo, Architect, Dryft...). C'est donc un line-up comparable à une "Dream Team" qui nous est proposé. Le fait que la plupart des tracks soient des inédits a de quoi faire saliver encore un peu plus.

 

Si vous ne devez posséder qu'une seule compilation du genre, autant que ce soit celle-là. Pourquoi ? Bah, je vais tenter de l'expliquer. Avant tout parce que Mobthrow a fait un travail de mastering et de post-production exceptionnel. Il est rare qu'une compilation résonne tel un album. C'est ici le cas, il y a une intelligence dans le boulot de tracklist qui frise l'insolence. Chaque titre se dévoile comme le complément idéal de son prochain, renforçant ainsi la dimension cohérente et "familiale" probablement souhaitée par Paul Nielsen. On pourrait malgré tout croire que certains allaient se contenter de faire le job, mais non, il y a ici une implication mutuelle qui force le respect. Alors oui, le deuxième disque est certes moins puissant. Il n'en demeure pas moins que cette quatrième livraison est à envisager comme un exemple et un tour d'horizon de musiques électroniques intelligentes, spatiales, souterraines, ambivalentes et émotionnelles. Voilà autant d'adjectifs qui résonnent comme autant de clichés me direz vous. Les vrais savent que Tympanik ne verse pas dans le compromis (sauf peut-être pour le EP d'Haujobb) ni dans le surfait. Inutile de faire ici un retour titre par titre. Je vais donc me contenter d'énumérer les réussites, les surprises et les déceptions.

Sans surprises, Access To Arasaka offre ici un titre à la hauteur de sa réputation et annonciateur de ce qui fera son prochain Geosynchron. Plus émotionnel, peut-être moins axé sur la technique mais tout aussi puissant. Son Razorgirl, vrillé et écorché (certains y verront même un côté hardcore vintage) narre un nouveau chapitre de ses visions cyberpunk apocalyptiques et guerrières. Architect s'élève avec son Episode 7 (Tympanik Edit) à un niveau qu'il n'avait pas connu depuis quelques années. Toutes les influences (dubstep, d'um'n bass, indus) de Daniel Myer entrent ici en collision pour donner le meilleur d'elles-même sans que ça devienne le bordel. Signalons également l'excellent 0459 de l'allemand SE, qui avec ses guitares liquides et ses annonces de matins mornes souffle un vent presque post-rock et atmosphérique sur la compilation. Il est sans aucun doute l'un des artistes les plus prometteurs (avec le polonais Undermathic) de la maison de Chicago, après ses deux superbes albums L36 et Epiphora.

Trois français s'illustrent aussi de la plus belle des manières en allant là où on les attendait pas forcément. Diaphane tout d'abord, avec un Insight rampant, véloce et littéralement addictif, donnant envie de faire souffrir lentement de petits animaux innocents. Voilà qui se révèle probablement comme le morceau le plus efficace de la compilation. Frank Riggio également qui grâce à Tryk Alima, fait évoluer son son vers quelques chose de plus mental et de plus intuitif. De bonne augure avant la sortie du premier volet de sa trilogie. Puis, évoquons aussi l'éternel Nebulo (Abslog) qui joue à cache-cache avec l'auditeur derrière des murs de glitchs et des blasts effervescents.

Je ne surprendrais personne en avouant que les prestations des artistes de chez n5md (Dryft, Port-Royal, Boy is Friction) m'ont moins convaincu. Le miel le meilleur n'est pas forcément le plus sirupeux... Les participations de Tapage et de Stendeck sont à mon humble avis très en dessous de ce qu'on peut attendre d'eux. .Tout d'abord de par le côté geek technoïde du premier (Last) et le caractère facile et inabouti du deuxième cité (The Secret Behind The Third Door).

Les introductions ont été bien soignées. Hecq introduisant le premier disque (Ritual Study) avec une approche ambient qu'on ne lui connaissait plus depuis longtemps. Subheim sur le deuxiéme (Mir 50), mériterait encore ici d'obtenir le titre de l'artiste de l'année (pour l'ensemble de son oeuvre et de ses remixes toujours somptueux), en mêlant le côté anarchique et romantique qu'on lui connaît pour obtenir une pièce orchestrale presque jazzy, nous transportant vers les lumières d'un Orient fantasmagorique. Merveilleux. Précisons que c'est à lui que l'on doit le superbe artwork de la compil'. Merci à toi Kostas d'exister. L'autre grec, en plus de son boulot de prod', Mobthrow s'illustre avec grand talent sur son onirique, saturé et inquiétant Birds Fly High.

Au rayon des beatmakers que je connaissais moins et qui vont désormais mériter la plus grande attention, je me permets de citer Ocoeur, Flaque, Miroslav et To Travel Without Any Certain Destination (remixe de Libido Formandi).N'y a-t-il que moi qui se réjouit de l'absence d'Autoclav 1.1. Ne faites pas attention, cette phrase est placée n'importe où et n'a qu'une subliminale vocation.

Je laisserais poindre un autre tout petit regret. Quand j'ai vu sur la liste des artistes présents que le légendaire Bola était crédité, j'ai eu l'espoir que Paul Nielsen soit parvenu à le faire sortir de son hibernation. Le progressif et excellent Szeaafar de clôture est en réalité une capture live.

 

L'acquisition de cet objet indispensable a un prix. Le temps. Emerging Organisms Vol.4 est en effet pressée à un nombre limité d'exemplaire. Vu la qualité, inutile de dire qu'il n'y en aura pas pour tout le monde. Le futur de Tympanik est peut-être incertain si il ne contient que trop peu de prises de risques (à l'image de l'excellent album de Normotone ici). Il arrivera un temps où les références absolues du label (ATA, Tapage, Stendeck) et les plus que prometteurs (SE, Undermathic) ne suffiront peut-être plus à maintenir un intérêt aussi constant. Laissons leur du temps, car une compilation comme celle-ci laisse forcément augurer de l'émergence d'albums d'exception. Longue vie à Tympanik.

 

EO4-cover-web.jpg

par Ed Loxapac

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 22:01

Sortie : septembre 2011

Label : PRSPCT Recordings

Genre : Drum'n'bass

Note : 7,5/10

 

Si Eye-D aka Frank Nitzinsky n'a été que rarement évoqué en ces pages, ce n'est pas le cas son compagnon. Noël Wessels, dis DJ Hidden, Semiomime ou encore The Ravenous, est un producteur et DJ à qui l'ont doit des oeuvres comme The World Below (chroniqué ici) taillé dans une drum'n'bass terrible et intelligente. Si elle est son territoire de prédilection, c'est pourtant un chef d'oeuvre insoupçonnable d'IDM imbibée de modern classical qu'a réalisé Wessels il y a six mois, le From Memory de Semiomine (ici), sorti sur Ad Noiseam. Toujours est-il qu'il forme avec Eye-D le duo hardcore The Outside Agency, que nos deux Néerlandais collaborent depuis une dizaine d'années et qu'ils sortent, telle une sucrerie au poivre, telle une diatribe de dnb ironique et acérée, Peer To Peer Pressure, sur PRSPCT Recordings.

 

DJ Hidden fait partie de ceux qui relèvent la dnb de ses écueils essoufflés. Avec Eye-D, ils la savatent et lui administrent bon nombre de balayettes dans la nuque. Peer To Peer Pressure n'a pas la noirceur rugueuse d'un The World Below. Si les influences de genres aux penchants hardcore, du type gabber, que les deux affectionnent se font sentir de temps en temps, l'attrait indubitable de cet album réside dans l'injection de sonorités suaves, de mélodies pulsées et cristallines qui font nombre d'introductions et caracolent sur les solides basslines. Que ceux qui s'imaginent le spectre de la kitcherie et son rictus se reprennent, il n'en est aucunement question. La violence est belle et bien maîtresse, déployant sa majestueuse emprise, vous ronronnant à l'oreille des breakbeats indomptés. En y incorporant des vapeurs de breakcore et de drumstep, des nappes vicieuses et un souffle anarchique, Eye-D et Hidden démontent les beats, les creusent et les maltraitent, tout en leur accordant d'impressionnantes textures liquides. Ceux qui feront l'acquisition de l'objet en format physique doivent s'attendre à d'autres surprises. Les Néerlandais ne se contentent pas de ramoner la dnb à la roquette, c'est une croisade en forme de génial foutage de gueule qu'ils mènent contre la dématérialisation de la musique, le P2P et la consommation minute. Car qui posera le disque sur sa platine va se taper 69 pistes, dont 53 sont des pièces de 6 secondes de silence. Une façon de dire « Toi qui lorsque tu charges des films sur eMule tombe sur du sous-Joe d'Amato, et bien maintenant tu vas bouffer de la musique muette. » Autre détail croustillant, une fois le disque inséré dans un ordinateur, des légendes se joignent aux noms des tracks, du genre de « Exactly one hundred and sixteen and two-third of a BPM », « One shall fall. None shall wobble » (ma préférée) ou « 69. AWESOME CD INSERTED ». 

Pour en revenir au son, que dire sinon commencer par saluer l'incroyable titre d'ouverture, pur condensé de l'album. Ascender : tonnerre de breaks sur fond de délices ingénus, branlée d'uppercut avec un arrière-goût acidulé. Hormis des tracks comme Battlefield et Break You, qui ne m'inspirent pas grand chose par trop de matraquage unilatéral et régressif, Peer To Peer Pressure prône la cohérence et l'absence de linéarité. Eye-D et DJ Hidden ne sont pas The Teknoist (ici), ils cognent mais avec subtilité. Des morceaux comme Beholder, Instinct, Time Device, Rain ou Transformer suffisent à le prouver. 

 

Et lorsque le track 68 délivre une voix graisseuse sur le fond sonore d'un pub aviné, déclamant : « No one gives a shit, writing horrible things about my art and probably don't even pay for the CD, probably download it illegally which is fine but then talk shit on top of it. Fuck you, nobody even read your stupid blog 'cause I know that, 'cause I read on the blog about how much I suck and there is only two views and zero comments and I think I might have read this one before ! », on a juste envie de sourire bien grand. Merci les gars, pas de problème, on est là pour ça. 

 

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par Manolito

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:00

Sortie : 10 octobre 2011

Label : Brainfeeder

Genre : 2-step protéiforme

Note : 7/10

 

Martyn a toujours suivi sa propre voix dubstep, bottant en touche dès qu’il en avait l’occasion. Le Hollandais n’est pourtant pas le vilain petit canard du dubstep, il est simplement son trublion, son empêcheur de tourner en rond. On ne cesse de vous clamer dans nos lignes que le dubstep est un sous-mouvement musical, un genre ne méritant pas autant d’attention et que c’est uniquement dans ses marges que l’on arrive à trouver des projets audacieux. Martyn s’est donc volontairement isolé du mouvement dès le départ et passé un premier album plutôt réussi (Great Lengths, chroniqué ici) et un adoubement par le milieu pas démérité (Fabric 50, chroniqué ici), arrive enfin la nouvelle monture du gazier, Ghost People.

 

Voir Martyn déboulé chez Brainfeeder n’est pas vraiment une surprise. Les accointances entre Flying Lotus, boss du label, et Martyn sont évidentes : éclatement des formes, expérimentation accessible, hétérogénéité des compositions. Ghost People c’est du Martyn affranchi.

Passé une introduction bénéficiant de l’apport de Spaceape (dont l’excellent album avec Kode9 a été injustement oublié sur notre site), c’est le futur du clubbing qui vous tombe entre les mains. Exit le dubstep à papa, bienvenu au 2-step éclaté n’hésitant pas à piocher allègrement dans tout ce que la musique électronique a pu nous livrer depuis bientôt 30 ans. Popgun vous malaxe des rythmiques jungle, Twice As s’immisce du côté de la house de Chicago, Horror Vacui est un appel du vide propre à la techno berghainienne. Ca part dans tous les sens avec 15000 idées à la minute (Flying Lotus, que fais-tu là ?) mais ça sait rester cohérent. C’est là tout le génie de Martyn. Le mec plante sa tente avant de partir à l’aventure. On reste ainsi les pieds ancrés dans une esthétique 2-step fichtrement actualisée.

Ghost People est d’une densité étonnante, les morceaux multipliant les strates sonores avec un souci d’emboitement abouti. Mais là où Martyn reste malin c’est qu’il reste avant tout accroché à l’idée que sa musique est faite pour danser. Il multiplie ainsi les kicks efficaces qui feront grincer des dents. Ghost People c’est du clubbing intelligent, un album taillé pour une warehouse moite. Et réussir à faire danser les gens sur une telle musique n’était pourtant pas gagner.

Gardons le meilleur pour la fin. Les 9 minutes de We Are You In The Future sont la synthèse des morceaux précédents, une sorte de bouquet final inattendue. 9 minutes d’un mix non-négociable où tous les genres se télescopent sans jamais se chevaucher, où les expérimentations sonores se mêlent à la rythmique syncopée.

 

Ghost People est un album éclairé, démontrant l’étendue de la culture musicale de Martyn. Le passage chez Brainfeeder est un pari réussi. Réussir à proposer un album intelligent de musique électronique urbaine dansant était pourtant loin d’être aisé. Martyn s’en sort avec les honneurs, à son Ghost People d’haranguer désormais les foules.

 

http://crocnique.files.wordpress.com/2011/09/ghost-people.jpg?w=490&h=489

 

par B2B

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 14:14

Date : 30 septembre 2011

Lieu : Gaîté Lyrique

 

Amusant de déambuler ce soir dans la Gaîté Lyrique, qui accueille via le Festival d’Île de France (Factory) Arnaud Rebotini et les légendaires Front 242, pour une trop rare soirée EBM à Paris. De fait, le public a l’âge de ces musiciens, et l’on pouvait y croiser autant de d’acteurs historiques du mouvement goth français que de trentenaires en petite chemise.

Lorsque Rebotini prend les commandes, la tache est difficile : introduire Front 242, et faire se remuer la petite centaine de personnes présentes au départ dans la salle à 20h30. Et pour ça, le parisien a trouvé la solution : à fond au début, à fond au milieu, à fond à la fin. Et il ne faut pas deux minutes pour comprendre que la soirée va être énorme. Entouré de sept machines, c’est à un véritable hommage au matos Roland que nous convie ce fameux set « 2ton Vision Live » du parisien. Très concentré, Rebotini envoie donc sans discontinuer une EBM au groove ravageur et boostée à l’énergie techno, tandis que des vidéos de claviers vintages ou du public en live tapissent les murs de la salle. Une grosse heure plus tard, Rebotini lève son verre devant un public conquis et aussi réceptif que possible, vu l’heure et le lieu.

Lorsque Front 242 débarque sur scène une demi-heure plus tard, l’ambiance a pourtant radicalement changé, la salle est pleine et surchauffée. Et le miracle a eu lieu dans ce temple de la hype et de la bourgeoisie parisienne : dès le premier morceau, la Gaité Lyrique se transforme en salle de concert metal, avec slams et pogos sur les dix premiers mètres devant la scène pendant tout le show ! Le Pingouin a donc eu l’occasion de balancer une bonne série de coups de nageoires sur les classiques des belges, qui s’enchaînent à un rythme effréné (parmi lesquels Headhunter, Body to Body, Welcome to paradise, No Shuffle, In Rythmous Bleiben…). On aura droit également avec plaisir à quelques morceaux de leur dernier album en date, Pulse, qui remonte tout de même à 2003. Le son est assez old-school, et la structure des morceaux très proches du Reboot Live de 1998, mais l’ensemble (oh joie !) est hyper-violent, puissant et implacable. Une chose est sûre, les membres de Front 242 n’ont rien perdu de leur légendaire bodybuilding ! Une heure et demie plus tard, après un rappel d’anthologie sous la forme d’un medley de Happiness et Punsih your Machine, les lumières se rallument sur un public lessivé, et à essorer vu la chaleur infernale de la salle, mais un public heureux. Putain de merci les gars, c’était dantesque !

 

http://www.festival-idf.fr/2011/medias/ronds%20artistes%20bulle%20def_20_thb.jpg

par Pingouin Anonyme

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 14:42

Sortie : septembre 2011

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno

Note : 8/10

 

Les lecteurs habitués de Chroniques Electroniques connaissent parfaitement Marcel Dettmann, activiste du label Ostgut Ton et résident phare du Berghain (les autres se reporteront ici pour découvrir son énorme LP). En attendant la sortie d’un nouveau mix du maître en novembre pour le label historique Music Man Records, intitulé Conducted, jetons un coup d’œil sur son dernier Translation EP pour prendre la température.

 

Après deux années d’indiscutable domination de la sphère techno, Ostgut Ton semblait un peu s’essouffler en 2011, quoique le mix Berghain 05 de Marcel Fengler (ici) ait brutalement remonté le niveau il y a un mois de cela… et ces quatre nouveaux titres confirment cette vigueur retrouvée. Alors qu’un EP n’est que trop rarement cohérent, on a ici une véritable petite construction, autonome et aboutie, avec un début, un milieu et une fin.

L’introductif Barrier déploie en deux minutes un léger drone, sur fond d’explosions synthétiques, de beats au sound-design ultra-spatialisés et de samples d’un décompte de mise à feu d’une fusée orbitale. On est prévenu, ça va décoller ! Et en effet, il ne faut pas une seconde de plus pour que les morceaux Translation One & Two nous propulse en plein cœur de la forge du Berghain, stroboscopes en pleine gueule,  montée d’ecstasy. Moite et suffocante, grondante et menaçante dans un premier temps, l’atmosphère rugueuse devient complètement hypnotique sur la deuxième partie de ce double morceau, avec sa boucle de synthé tripée et son kick à en faire grésiller vos neurones. La rythmique bancale de Planning, bientôt redressée par un puis deux kickes d’outre-tombe, vous abandonne finalement là, out of space, définitivement perché et dansant à vide, toute redescente impossible.

 

Dettmann frappe ici un coup bref par la durée, mais puissant par l’impact, qui fait honneur à sa maison allemande et à son indéniable génie de la techno. Que les ténèbres soient, pourrait-on dire – et les ténèbres furent...

 

http://w-ki.net/wp-content/images/2011/09/00-marcel_dettmann-translation_ep-oton052-web-2011-300x300.jpg

par Pingouin Anonyme

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:42

Sortie : septembre 2011

Label : NoMad Records

Genre : Dubstep jazzy

Note : 7/10

 

Merde, mais quel genre de traumatisme infantile faut-il avoir vécu pour décider, un beau matin devant son café, d’adopter définitivement le blaze De Niro ? L’eût-on forcé à regarder dès l’âge de trois ans les films de l’acteur les yeux ouverts de force comme dans Orange Mécanique que nous n’en serions pas surpris. Difficile en outre d’obtenir des infos sur le bonhomme, sinon qu’il traine ses guêtres depuis plusieurs années sur la scène Bass Music italienne. Premier EP à son nom propre - un featuring avait précédé - sur le tout jeune mais ambitieux netlabel NoMad Records, également italien, ce Night Shift n’en est pas moins un excellent essai de dubstep, dont la noirceur jazzy dégage un charme assez irrésistible.

 

A mille lieues des pulvérizations Hecquiennes, De Niro reprend à son compte les grandes lignes des codes du genre dans lequel il officie, plus proche du son et du format de songwriting d’un Digital Mystikz par exemple. Mais ce qui distingue l’italien de ses compères londoniens tient dans la dose de jazz injectée dans ses compositions. Les lignes mélodiques de cuivres, fortement teintées de blues, font s’envoler son dubstep avec une langueur aérienne et désabusée qui font tout le charme de cet EP. A ce titre, le morceau éponyme dit l’essentiel, en installant une atmosphère contemplative, invitant à une danse lancinante et solitaire. De délicats wobbles parviennent à bercer l’auditeur, chose rare pour ce genre procédé sonore. On se prend alors à rêver de déambuler la nuit dans les grandes cités italiennes, sous la protection de ses églises majestueuses, à la recherche d’un absolu perdu. Et ce n’est déjà pas si mal.

 

Mais quatre petits titres, et c’est déjà fini. Espérons avoir rapidement des nouvelles de De Niro et de son netlabel nomade, ce n’est pas tous les jours que le dubstep parvient à transmettre ce genre d’émotions. Un filon à creuser !

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS5ovrG7mRXnlpLgnGokNBzEPrjQi91j_Mj4o22_DPcipT_CRxYUQ

par Pingouin  Anonyme

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 09:29

Sortie : 12 septembre 2011

Label : Leaf Records

Genre : Expérimental, musique répétitive, krautrock

Note : 8/10

 

C’est en lançant les dés au gré du hasard que peut surgir l’éphémère fulgurance. En partant de ce principe, le duo suédois Roll The Dice s’est décidé à expérimenter par le biais de l’improvisation. Déjà auteur d’un premier album éponyme en 2010, Malcolm Pardon & Peder Mannerfelt reviennent avec In Dust, proposition nettement plus audacieuse en terme de captation de l’espace sonore.

 

La musique de Roll The Dice ne s’appréhende par comme un énième disque de musique électronique. Cela demande une mise en préparation en forme d’échauffement. Vous devez faire le vide autour de vous, supprimer toute tentative d’intrusion dans votre monde pour les prochaines 60 minutes, mettre votre cerveau en mode de réceptivité optimale. A partir de ce moment, vous êtes apte à pénétrer dans l’univers hypnotique du duo.

In Dust c’est les bacchanales consumées entre la musique expérimentale des 50’s, la musique répétitive américaine des 60’s et la kosmische muzik allemande des 70’s. Un univers puisant sa force dans l’utilisation assumé de synthétiseurs analogiques vintages. Mais au lieu de tomber dans l’étalage nostalgique, In Dust préfère la complexité des compositions électroniques superposant les strates indéfiniment afin de nous amener vers un état hautement extatique. Progressivement, les sons emplissent l’espace, prennent possession de votre corps et dictent vos pensées. Afin de ne pas se limiter à une utilisation purement mécanique de boucles répétitives, un piano vient rehausser les morceaux en les humanisant et un beat simple vient souder ces édifices.

Le plus souvent acquis à un kosmische muzik toute droit venue de Jupiter, les longues plages d’In Dust n’en finissent plus de vous poursuivre par la force de leur lancinance. Les boucles ont beau se superposer, vous ne pouvez vous empêcher de rester fixer sur une seule d’entre elle. Cette musique se révèle pernicieuse et à terme angoissante. Le fantôme de John Carpenter rode sur un Maelstrom fantastique. Kurt Russell sort alors du brouillard de New York 1997, le regard dur, prêt à en découdre avec le reste du monde… vous. Les 11 minutes à couper le souffle de Way Out s’apparentent à une ascension himalayenne au dessus des nuages, à la recherche d’un sommet que jamais l’on atteindra. On se limitera ici à la mise en avant de tel ou tel morceau puisque chaque nouvelle écoute permet d’explorer de nouvelles pistes sensorielles.

 

A la fin d’In Dust, vous n’avez plus qu’à reprendre votre souffle, lentement. Roll The Dice prouve que la musique expérimentale n’est pas qu’affaire d’élitisme et peut réussir à provoquer des émotions par l’entremise de la répétitivité. Autant ancré dans le passé que dans le futur, In Dust est une œuvre absorbante.

 

http://cdn2.greatsong.net/album/extra/roll-the-dice-in-dust-111701828.jpg

 

par B2B

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 22:14

 

Sortie : 13 septembre 2011

Label : Tympanik Audio

Genre : Ambient, Dark Electronica

Note : 8,5/10

 

Maciej Paszkiewicz est originaire de Pologne. Plus connu sous le nom d'Undermathic, il cumule les talents de batteur, pianiste et guitariste, et apparaît comme l'un des projets les plus singuliers de la maison Tympanik. En deux ans l'homme a sorti deux superbes albums, Return To Childhood (ici) et 10:10PM (ici), interrogeant sans cesse l'équilibre entre pulvérisation rythmique et sensibilité éclatante. Ce troisième opus a ceci de particulier qu'il regroupe ce qui a précédé ces albums, 13 titres que Undermathic a composé entre 1999 et 2006, qui ne devaient jamais voir le jour, et qui finalement forment Deleted (1999-2006). L'inverse aurait été hautement regrettable.

 

Lorsque nous lui avons demandé un titre pour notre compil' When Light's Drillin' The Haze (ici), Maciej a accepté en précisant qu'il ne créait pas d'IDM/indus, et que d'ailleurs il n'aimait pas ça. Aussi sa musique se prête très mal aux catégorisations. Si Return.. et 10:10PM développaient des aspects parfois abruptes et écorchés, on réalise que ses premiers travaux sont emprunt de douceur, d'une poésie ténue, filée de sentiments vaporeux. La stratification complexe des couches instrumentales, propre au musicien, vous aspire dans des continuum mélodiques dont on ne voit la fin. Souvent downtempo, le travail du rythme jouit d'une exécution millimétrée, d'une production impeccable. La densité des flux, la sensation de beat gazéifié et l'atterrante beauté de ces mélodies changeantes assiègent et maîtrisent l'auditeur. La sophistication et cette fougue à peine contenue peuvent évoquer les oeuvres de Ginormous. Telle une sorte d'électronica concrète et hors du temps, la musique que composait Undermathic dans les années 00's procure des perceptions à la fois chaotiques, planantes et extatiques. Les lacérations métalliques crissent à ne plus en finir, les cordes s'égrènent, inaccessibles, et, telles des lucioles, les synthtones volettent et font briller l'espace. S'il était sorti aujourd'hui ou il y a quinze ans, cet album aurait très probablement eu les mêmes effets. L'utilisation mesurée de matériel analogique est du meilleur goût et  il émerge à l'occasion des tonalités propres à l'électronique des 90's (le génial I'm Waiting). 

Mais avant la volupté, Deleted s'ouvre sur la rumeur autiste des bruits d'une usine, Mechanical Steering ou un va-et-vient oppressant soulevé par l'inquiétant reflux des nappes. Pour ma part, l'album ne démarre vraiment que deux titres après, à partir de Popmusic. Là tout s'enchaine, et quand vient l'ardente apogée de l'album, on est happé à un point hallucinant. Tel un Big City Nights épuré, ralenti et céleste, Parallel est un morceau qui va au-delà du sublime. Alors que les drums semblent galoper sur du velours, un prisme distille des gouttes lumineuses, tachant un voile d'ambient noir de nostalgie... Puis les perles se succèdent, sans temps mort. Drugi Breg, Film, Moyen Age, l'incroyable Sagarmatha et Far From You éclaboussent l'album de leurs divins antagonismes. 

 

Il est fascinant de découvrir le passif d'un musicien. Lorsque celui-ci s'avère aussi hors du commun, on en vient à se demander pourquoi ces pépites dormaient en solitaire depuis une dizaine d'années sur un disque dur polonais. On peut maintenant exprimer toute notre gratitude envers Undermathic pour les avoir réalisées, à Paul Nielsen pour sortir ce splendide album en donation libre (ICI). 

 

 

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par Manolito
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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 15:12

Sortie : septembre 2011

Label : Monkeytown Records

Genre : Electro, hip-hop

Note : 4/10

 

 Modeselektor, en soi, ne fut d’abord qu’une énorme blague : un défouloir aussi allemand que gras, efficace en club, indigeste comme une Wurst avariée chez soi. J’avais personnellement bien aimé les EP et singles qui précédèrent leurs deux premiers albums, par où le succès leur tomba dessus dès 2005, entre promo BPitch, featurings en tous sens, et quelques excellents morceaux taillés pour les dancefloors (dont le fabuleux Hasir). Mais voilà, outre l’échappée laborieuse de Moderat (chroniqué ici), Modeselektor s’est depuis surtout illustré à travers compilations, mixes et podcasts à la qualité plus que variable (exemple ici avec le Body Language). Et boum, nous arrive cette troisième galette très attendue, Monkeytown, sur leur propre label.

 

Incontestablement, ce nouvel album s’inscrit dans la continuité des précédents. Oscillant entre turbines electro et rythmiques hip-hop, avec une touche d’IDM à l’ancienne, on est en terrain connu. La tracklist elle aussi ne surprendra pas, avec onze titres dont huit collaborations savamment sélectionnées en labo marketing. Commençons donc avec les trois morceaux de Modeselektor himself, parmi lesquels le premier titre du LP, Blue Clouds, dont les boucles electro sont étirées à l’extrême pour remplir six minutes, là où deux auraient amplement suffit. German clap envoie une montée electro basique sur fond de rythmiques ragga/dancehall qui gagnent en efficacité ce qu’elles perdent en subtilité. Quand à Grillwalker… bof, non, pas la peine de parler de cette electro désespérément insignifiante.

Il reste donc les featurings. Malgré un refrain complètement pourri, le flow de Busdriver sur Pretentious friends passe encore, quoique l’interlude de milieu de morceau plombe totalement le substrat electro-hip hop qui manquait déjà de génie. Ce n’est pas le cas de Miss Platnum, qui échoue lamentablement sur Berlin et son finish RnB dégueulasse (mais laissez donc Berlin tranquille !). Idem pour PVT et Siriusmo sur un Green light go en forme de balade electro-pop insipide. La collaboration de Sascha Ring est suffisamment discrète pour ne pas être remarquée, et c’est tant mieux pour lui, puisque War cry en fin d’album donne effectivement envie de pleurer face à tant de platitude. Même le morceau Humanized et l’aide d’Antipop Consortium ne parvient pas à convaincre, la faute à l’intro, reprise en refrain et en outro, qui plombe un flow pourtant bien senti (applaudissons quand même la prise de conscience de Modeselektor, qui a salutairement abandonné TTC pour AC, on y gagne nettement au change).

Il reste un Evil Twin avec Otto von Schirach, qui claque une electro bien rentre-dedans, assez semblable au morceau Black Block sur Happy Birthday !, bien qu’il soit impossible de cerner ce que ce pilier du breakcore a pu apporter au track, qui envoie du Modeselektor dans le texte. Et puis il reste les deux collaborations avec Thom Yorke (chanteur de Radiohead, si quelqu’un peut l’ignorer). M’est avis qu’en comparaison avec The White flash, son premier featuring qui m’avait profondément lassé sur le précédent album, Thom Yorke parvient ici à justifier sa présence de façon beaucoup plus conséquente. Modeselektor lui adapte une electro un brin mélancolique sur Shipwreck, et le chant gentiment schizo du bonhomme rattrape de justesse un This musicalement abscond.

 

Clairement, ce Monkeytown ne justifie pas l’attente fiévreuse qui l'a précédé. Nul doute cependant qu’il va rapporter du fric, en se posant au carrefour de tout ce qui fait sauter en l’air les gens en club après avoir suffisamment ingurgité de prods et d’alcool. Sobre, c’est pourtant l’ennui qui triomphe, et la conviction que jamais notre duo de Modeselektor ne parviendra à réaliser un vrai bon album, se contentant d’alterner sans défaillir le pas très bon avec le franchement mauvais. Mais qui en doutait vraiment ?

 

http://www.antiquiet.com/wp-content/uploads/2011/09/modeselektor-monkeytown-500x500.jpg

par Pingouin Anonyme

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