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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 17:38

Sortie : octobre 2011

Label : Synthetic Symphony

Genre : Indus, EBM

Note : 6,5/10

 

Longtemps je fus pris d'hésitation quant à la rédaction de cette chronique. En effet, l'homme connu sous le pseudo de @NathanF par les twittos, rédacteur de l'excellent blog Brainfeeders & Mindfuckers, a publié une très belle chronique de ce Skinny puppy nouveau (ici), alors à quoi bon ? Et puis finalement, l'envie fut la plus forte, et malgré l'hommage rendu, voici ma propre opinion sur ce Handover, attendu depuis plus de deux ans (sinon depuis 1996).

 

Qui n'a pas connu les hurlements psychotiques de Nivek Ogre dès 1982 sur leur première démo  Back & Forth qui n'a jamais été bercé par l'indus des origines, qui écoute de la tech tout en se foutant de ses racines EBM ne peut sans doute pas comprendre ce qui se passe sur ce disque. Face obscure de Front 242 et Nitzer Ebb, on ne compte plus les formations metal-indus qui se sont inclinées devant les maîtres canadiens (presque toutes en réalité). Pionniers parmi les pionniers avec Laibach ou The Swans, Skinny Puppy a toujours donné dans le glauque, le haineux, le malsain, la polytoxicomanie, l'autodestruction, à telle enseigne que cette atmosphère de mort a rebuté plus d'un amateur averti. Néanmoins, après leur huitième album en 1996, le groupe explosa lentement mais sûrement, Ogre et cEvin Key se répandant en projets solos discutables et vieillots. Les deux albums qui suivirent, The Greater wrong of the right et Mythmaker, furent des échecs retentissants, alternant sur chaque morceaux les fautes de goûts, des rythmiques hip-hop au chant imitant Marilyn Manson, le tout sans énergie, sans la foi en la décrépitude pour laquelle ils furent adorés.

Ce nouveau Handover était donc attendu avec frayeur et tremblement. Disons-le brutalement : ce disque est supérieur aux deux précédents, mais inférieurs aux huit LP qui condensèrent le génie de Skinny Puppy. Depuis qu'Ogre s'est refusé à hurler, sentant ses cordes vocales menacées d'extinction, plus rien ne peut être comme avant, même si le gus s'est éloigné des rives mansoniennes trop sages. La musique elle-même ne s'est pas sophistiquée, mais elle s'est éclaircie, ces cons veulent plus que jamais nous faire danser, plutôt que de broyer notre cervelle entre leurs mains charbonneuses. Inutile d'ailleurs de disséquer la tracklist, puisque nous avons onze fois la même track, en terme de structure autant que d'ambiance.

Faut-il donc conclure, comme le fait @NathanF, à la mort de la musique industrielle, chevillée par essence à la décennie 75-85 ? Pour tout historien amateur des musiques populaires, la question est des plus passionnante. Vrai que la technologie a lissé les productions indus en général, ce qui ne peut qu'être dommageable pour un courant musical prônant la crasse, l'usine, l'engagement politique, la spontanéité musicale et le détournement mélodique et percussif de matériaux non-musicaux. Rappelons que c'est grâce à l'indus que des bruits de marteau-piqueur peuvent  muter en beats dévastateurs.  Vrai que Ministry et Laibach se sont perdus, que NIN a beaucoup changé, que les Neubauten se sont assagis, que les Swans ne font plus aussi peur, que Throbbing Gristle est désormais défunt, et que tout le monde se branle des Residents ou de Cabaret Voltaire. Cet indus-là n'a pourtant pas pris une ride à la réécoute. Mais la violence musicale, la recherche de matériaux sonores encore inexplorés ont sans doute changé de camp, et qu'un sound-design indus d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier. Mais personnellement, je ne désespère pas (Billancourt). Il reste encore des usines à fracasser dans ce bas-monde, pour y danser sur leur ruine. Mais la relève ne peut sans doute pas venir des glorieuses formations d'antan, d'autant que l'espérance de vie de la plupart de ces musiciens de l'acier et de la chaîne automatique se réduit désormais à peau de chagrin.

 

Le Chiot Décharné ne déroge pas à la règle. La maison de retraite est proche, même si cet album fera gentiment plaisir aux amateurs, sans leur enfoncer non plus un tube de béton armé dans le cul. Je ne crois pas que l'indus soit mort ; mais Skinny Puppy a désormais pris rendez-vous avec les maisons de retraite. Debout industrial lovers ! Rien n'est jamais perdu. Mais comme ils le hurlaient eux-mêmes sur ce qui reste leur meilleur morceau à mon sens : "Rot and assimilate / so hot to annihilate". A méditer.

 

http://s.dsimg.com/image/R-3183554-1319488599.jpeg

 

 

par Pingouin Anonyme

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 16:05

Date : Lundi 31 octobre 2011

Lieu : New Morning, Paris

 

Lorsque l'emblématique club de jazz parisien ouvre ses portes au Moritz Von Oswald Trio, on peut imaginer l'expérience feutrée que représente la fusion des deux univers. Ce pionnier de la dub-techno, derrière le nom de Maurizio et comme partie intégrante des légendaires Basic Channel ou Rhythm & Sound, s'est entouré, dans le cadre de ce projet, de musiciens aux casquettes tout aussi nombreuses, Max Loderbauer (NSI, Sun Electric) et Sasu Ripatti (Vladislav Delay, Luomo). Leur concert est précédé d'une première partie, celle des poulains du jeune label Dement3d, qui organise cette soirée en collaboration avec l'équipe de Sonotown. Ainsi le Pingouin et moi-même pénétrons le lieu en ce début de soirée pour la prestation de DSCRD (prononcez discordance).

 

Les places assises, autour de petites tables de bar, représentent des positions d'écoutes idéalement commodes. Les groupe qui s'installe est composé de cinq jeunes types, lunettes à monture épaisse et chemises à carreaux pour quatre d'entre eux (j'ai rien contre les carreaux). Chacun s'installe derrière un laptop et le groupe commence par emplir la salle de crissements et claquements en tous genres. Un mec semble en charge de la caution Nature & Découvertes, assumant les interventions d'une flute, d'une cymbale, d'un bol tibétain, avec une concentration contrastant avec l'apport sonore, si bien qu'on puisse en questionner furtivement l'utilité. En attendant, DSCRD évolue vers un son à mi-chemin entre une électronica moite et répétitive et une techno organique, bancale, se réclamant de textures noise et d'infiltrations de dub. Une fois sur deux cela fonctionne. Le reste du temps, les schémas ne cessent ne se reproduire, les tracks pèchent par manque d'évolution et la vision des membres du groupe, headbanguant à qui mieux mieux sur des sons qui se voudraient immersifs ébranle d'un poil leur crédibilité. La première partie durera autant de temps (1h30) que la prestation du Trio, que l'on commence à attendre de pied ferme. 

Enfin, Von Oswald et Loderbauer se placent aux machines, tandis que Ripatti se range derrière ses percussions, un ensemble auquel s'ajoute un mobile de lames de métal et de ressorts dont les résonances insufflent à la musique du Trio ces vibrations si particulières. Dès les premières minutes l'alchimie opère et l'engourdissement gagne. Il est impressionnant de juger un live à l'envie qu'il vous donne de fermer les yeux. Improvisée, fusion d'électro-acoustique, d'électronica et de free-jazz, la musique des trois hommes libère des fluides narcotiques et hypnotisants. J'ai la sensation d'être scotchée à mon siège, et l'impression me gagne que les vapeurs s'échappant de la scène m'endommagent réellement le cerveau. A la fois euphorisantes, cotonneuses et complètement aléatoires, les manipulations du Trio sont des berceuses cabalistiques qui plongent l'auditoire dans une transe immobile et ouatée. En live et sur disque, le Moritz Von Oswald Trio n'a rien a voir, aucune des Horizontal Stucture de leur dernier opus (chroniqué ici) n'est ici re-crée. Après une heure qui dura 10 minutes, les Allemands et le Finlandais reviennent pour un rappel. Sous une intro dubby, le Pingouin se réjouira d'entendre enfin un peu de dub-techno. Raté, le Trio s'attache une nouvelle fois à découdre tous les fils tissés et nous accordent une dernière perle carillonante. Un type est chargé d'achever la soirée (sur une Roland TR-808, quelqu'un dira dans la salle « au moins c'est plus rock'n'roll »), mais pour vos dévoués chroniqueurs, l'intérêt n'est plus.

 

Un live du Moritz Von Oswald a donc des effets de drogue tranquillisante, c'est bon à savoir. Dommage pour DSCRD qui, sans être indigne d'intérêt, ne constituaient pas exactement le warm-up adéquat. Quand bien même, la qualité du lieu et de la prestation du Trio ont fait de ce concert une expérience à part.

 

                                     181f-moritz-von-oswald-trio-au-new-morning-lundi-31-octobre

par Manolito

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:26

Sortie : 31 octobre 2011

Label : Pschent

Genre : Electro 80’s, new-wave

Note : 6,5/10

 

Quelles sont les frontières du mauvais goût ? On est en droit de se poser la question à l’écoute de Nuit de Rêve, troisième album studio de Scratch Massive. Le duo, formé par Maud Geffray et Sébastien Chenut, revient avec un album à contre-courant de leurs exercices précédents. Exit les envolées rock de Enemy & Lovers et les offensives techno de Time, cette fois-ci, c’est tout un pan de la musique des 80’s qui est convoqué avec la résurrection du courant new-wave. En ne tablant que sur des synthétiseurs outrageusement vintages, le risque n’est-il pas trop grand de se prendre une énorme gamelle ?

Paradoxalement, l’album tient grâce à cela. En étant à la limite du grand guignol, Scratch Massive avance tel un funambule, ne regardant jamais sous ses pieds, évitant de trop près le regard du public. Nuit de Rêve développe à l’aveugle ses improbables épopées avec un talent de composition indéniable. La bonne idée est de supprimer l’hédonisme crétin des classiques des 80’s pour uniquement se focaliser sur l’aspect sombre de cette musique synthétique. Ainsi, le fait de convier Koudlam donne de la gravité à Waiting For A Sign, tout comme la présence de Chloé permet de rendre Closer caverneux.

Mais parfois, ces fameuses limites du mauvais goût sont allègrement dépassées. On peut dénombrer trois limites à cet album. La première étant de vouloir ressusciter des stars frelatées tel Jimmy Somerville sur le kitsch Take Me There, la deuxième étant de tomber dans l’hommage surappuyé au risque d’en oublier les 20 ans d’innovations musicales qui ont suivi et la troisième étant de persévérer dans cette veine tout au long de l’album.

Mais en fait, il faut surtout voir Nuit de Rêve comme une B.O. fantasmée d’une série B. A partir de ce moment là, ça peut fonctionner à plein régime. Prenons exemple sur le récent film Drive. Dans ce bijou de réalisation, l’agencement des séquences permet non pas d’oublier une musique mais plutôt de la sublimer. Ainsi, l’ignoble Nightcall de Kavinsky se trouve transfiguré par la puissance d’une course poursuite magistralement menée. Et bien le constat est le même avec l’album de Scratch Massive. Si tant est que l'on veuille bien adhérer au principe de la B.O., on peut alors croire à ses visions nocturnes ouvertement datées. Les nappes de synthés prennent alors tous leurs sens et on se prend à s’imaginer un scénario improbable à l’écoute de morceaux aussi évocateurs que Pleine Lune ou Golden Dreams.

Scratch Massive risque d’en dérouter plus d’un avec ce Nuit de Rêve anachronique au possible. Il y a même fort à penser que la plupart vont crier à l’imposture tant on est loin, très loin, de ce que la musique électronique est capable d’inventer aujourd’hui. Il faut prendre Nuit de Rêve comme un hommage à la part sombre de la new-wave des 80’s. C’est lourd, parfois indigeste, mais finalement loin d’être ridicule.

 

http://viacomit.net/wp-content/uploads/2011/09/nuit-de-reve-scratch-massive-02.jpg

 

par B2B

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 19:31

 

Sortie : juillet 2011

Label : Gradient Audio

Genre : Dubstep, Expérimental

Note : 8/10

 

Cet album a beau avoir été  réalisé il y a trois mois, Culprate a beau avoir sorti son deuxième Lp il y a deux jours, on s'en fout. Laisser passer ce disque fut une erreur que rien n'empêche de rattraper. C'est donc de Flatline dont il est question, premier essai du producteur anglais John Hislop qui laisse à penser que la scène dubstep british n'est peut-être pas complètement moribonde. 

 

Entre les fabricants de turbines dancefloor et les intellos post-Burial, Culprate se taille une place subtile dans le champs des mecs qui se vouent au dubstep. La collision inflexible des genres, l'orientation expérimentale et le paradoxe entre l'enveloppe dowtempo et les cassures des basses font de Flatline un objet particulièrement attrayant. Le décrire précisément n'est point aisé. Culprate démontre d'impressionnantes capacités à prendre l'auditeur au dépourvu, laissant planer des ambiances étranges, libérant des instruments voilés ou conjuguant groove et textures irritées. Il baigne dans Flatline une forme de minimalisme débauché. Les breaks se livrent au défrichage organisé de vos interfaces neuronales, les pulsations caverneuses deviennent l'unique guide possible et peu à peu, l'écho noie les bleeps dans un brouillard fantomatique. On pourrait se croire planté au sein d'un lieu immaculé et artificiel, soumis à des modulations spatiales incontrôlables. Culprate mêle un nombre astronomique d'influences, allant du click'n'cut au glitch, des voûtes orchestrales au découpage chirurgical du beat. Pourtant cette matière fluctuante, métallique et liquide qui en ressort paraît on ne peut plus homogène. Les syncopes organiques, les tonalités tribales ou les tirades de violoncelle sont des exemples d'additifs qui subliment le goût des fractures wooblelisées des basses. L'aspect rythmique en lui-même ne souffre d'aucune redondance. Brouillage intégral, constantes balafres ou oscillations bancales sont autant de pistes que Culprate emprunte avec une invariable commodité. Il a été suffisamment constaté que le dubstep se mordillait la queue, une certaine frange croupissant dans des dérives club et commerciales, sans même parler d'un un manque assez général d'innovation. Observer une tentative parfaitement aboutie de cassage de codes n'en est que plus rafraichissant. Un track comme Grime Frog choppe les tripes et fait littéralement onduler de l'intérieur, absorption due à la puissance d'un gong minimaliste et de nuées de cliquetis. Le rampant Nothing, avec ses feulements et ses choeurs cuttés se range également dans les meilleurs titres, tout comme l'hallucinant Curious George, qui fait passer Culprate au rang de virtuose d'un dubstep assorti de cordes. 

 

Les fans de maisons comme Ad Noiseam peuvent se précipiter sur cet objet fascinant. Parce qu'il n'en travestit pas la forme tout en explosant les carcans, ce dense et minutieux Flatline parvient à donner envie à des blasés du dubstep dans mon genre de s'y consacrer à nouveau, un petit peu. S'il n'y aura probablement pas de top dubstep 2011 (à l'image de celui-ci), on peut malgré tout considérer que cet album de Culprate en squatterait les sommets. 

 

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par Manolito

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 11:55

Sortie : 24 octobre 2011

Label : Ninja Tune

Genre : Bleeps, 8-bit and co

Note : 6,5/10

 

Slugabed est la valeur montante de Ninja Tune. Le label semble avoir enfin trouvé un artiste capable de prouver sa propension au renouvellement des tendances. Déjà auteur de quelques EP remarqués (dont Moonbeam Rider et Ultra Heat Treated, chroniquées ici et ici), l’anglais, que ses géniteurs appellent Greg Feldwick, revient une nouvelle fois avec un format court avant un premier album des plus attendus.

 

Exit le dubstep bondissant de ses débuts et l’ouverture vers le rap électronique qui s’en est suivi. Sun Too Bright Turn It Off lorgne davantage vers une électronique gonflée aux bleeps et aux 8-bits. Alors même si cet EP se révèle parfois indigeste dans sa volonté d’en faire trop, il n’en demeure pas moins intéressant.

Tout débute par la mélodie naïve de Sun Too Bright Turn It Off, mais celle-ci est rapidement noyée dans une masse sonore impressionnante. On est d’ailleurs pas loin de la bouillie mais cela reste pourtant parfaitement intelligible.  On regrettera aussi une tendance à trop forcer sur les sons 8-bit, notamment lors d’un Whirlpool épuisant. Les sons de lasers, ça va quelques secondes mais quand cela se prolonge, on se rappelle pourquoi on avait tendance à couper le son de notre Master-System lorsque l’on jouait à Space Invaders.

C’est quand il se fait plus introspectif que Slugabed se révèle le plus intéressant. Les sonorités aquatiques de Depth Perception permettent une incursion vers des profondeurs insondables. L’écoute au casque se révèle ici impérative afin de saisir toutes les nuances que Slugabed arrive à insuffler à la matière sonore.

 

Sun Too Bright Turn It Off démontre la capacité de renouvellement du jeune Slugabed. Il ne lui reste plus qu’à prouver ce qu’il a dans le bide sur la longueur d’un album. Même si cet EP reste parfois trop démonstratif, c’est aussi cette non-linéarité qui se révèle à terme intéressante.

 

http://www.parisdjs.com/images/ninja_tune/Slugabed-Sun_Too_Bright_Turn_It_Off_EP_b.jpg

 

par B2B

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 16:41

Sortie : octobre 2011

Label : Hospital Productions

Genre : non identifiable

Note : 7/10

 

C’est au hasard de pérégrinations nocturnes sur la toile que l’on tombe sur des objets musicaux complètement barrés. Ainsi, le blaze de Vatican Shadow accompagné de la pochette de Mural of Saddam ont immédiatement capté mon attention. Jamais entendu parler de ce truc. Deux morceaux et 10 minutes plus tard, voilà la cassette avalée et mon esprit chamboulé. Bordel, c’est quoi cet ovni ?

Derrière Vatican Shadow se cache Dominick Fernow, aka Prurient. Putain, si j’avais su ! Pour les non-initiés, Dominick Fernow est une sorte de gourou reclus du mouvement bruitiste new-yorkais. Le gazier à beau avoir sorti des dizaines d’albums/EP, a beau figurer au nom d’un tas de projets obscurs, sa musique n’en demeure pas moins excessivement confidentielle. Il gère aussi un micro label, Hospital Productions, pourtant auteur de plusieurs centaines de sorties mais quasi exclusivement en tirages limités. D’ailleurs Mural of Saddam n’échappe pas la règle avec sa cassette éditée en 125 exemplaires.

Bref, Vatican Shadow c’est de l’expérimentation pur et dur qui vient chatouiller tes neurones afin de brouiller les cartes. Vatican Shadow c’est de l’électronica lo-fi fabriquée avec deux bouts de ficelles (une boite à rythme merdique en fait) mais qui arrive à résonner durablement dans ton esprit. L’impact est suffisamment fort pour provoquer le questionnement. Il faut dire que toute l’imagerie religieuse autour de l’EP y est pour beaucoup et quand cette imagerie se mélange à une cadence militaire, on saisit la teneur politique de la musique de Dominick Fernow.

Mural of Saddam se compose de deux morceaux dont les titres sont déjà en soi tout un programme : Schwarzkopf Arc Of Triumph / Saddam Statue Conspiracy & U.S. M1A1 Abrams Exhaust Rises Between The Hands Of Victory. Vous aurez donc compris que l’on a à faire à la frange hautement politisée de l’expérimentation new-yorkaise et qu’en foutant les pieds là dedans, mieux vaut être armé. Maintenant, démerdez-vous.

 

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par B2B

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 15:14

Alors que le 8 octobre dernier, le festival du Riddim Collision livrait une soirée sensiblement anthologique, aucun d'entre nous, hérétiques chroniqueurs, n'avions fait l'effort de trainer nos guêtres en cette belle ville de Lyon. L'occasion d'interviewer Hecq fut ainsi empoignée par Timothée Mathelin aka shift., le petit bonhomme qui, entre autres, à réalisé la magnifique bannière ci-dessus. Un partenariat de plus donc, dans le but de faire profiter nos aimables lecteurs d'une entrevue exclusive avec le sieur Boysen. 

 

L’anniversaire des 10 ans d’Ad Noiseam envahit l’Europe entière avec de fantastiques concerts ici et là, et repousse aujourd’hui encore les frontières en s’aventurant jusqu’en Russie. Le crew (cette fois-ci composé de End.user avec Bong-Ra, Mobthrow, Detritus, Hecq avec Matta, tous entourés par la tête d’Ad Noiseam : Nicolas Chevreux) jouait à Bordeaux, puis à Lyon pendant le festival du Riddim Collision, organisé par le label français Jarring Effects. 

 Une belle opportunité pour rencontrer le vengeur berlinois des terrains du neo-dubstep, Hecq aka Ben Lukas Boysen et parler de ses perceptions musicales, de ses productions, de ses projets à venir… et même parler un peu de la pluie…


Read or listen to the english original version, click here  

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Premièrement, que veut dire Hecq s’il te plait ?

 Cela vient de mon incapacité à trouver de bons noms… Cela vient de “What the Heck”».

J’ai juste changé le K et l’ai remplacé par le Q… et c’est tout…

 

Je crois que c’était pour toi hier, la première fois que tu venais jouer en France ? Est-ce vrai ?

 Oui, absolument. J’étais très excité à l’idée de venir ici, également car j’allais faire un set collaboratif avec Matta et que ceci aussi était quelque chose de tout nouveau pour moi.

Je n’ai jamais joué avec quelqu’un d’autre en même temps sur scène et Matta non plus d’ailleurs, donc c’était vraiment une première pour moi et pour eux. On s’est surtout vraiment marré, donc merci la France pour ça, c’était très bien !

 

Comment as tu trouvé le public français ?

 Génial. Ça sonne comme quelque chose que l’on doit dire lorsque l’on fait notre première quelque part mais c’était vraiment génial. Le public a été adorable mais également très pardonnant sur les erreurs que l’on a fait ; notamment des transitions ratées ou d’autres petits trucs qui ne sont pas très graves au final mais importants quand même pour nous, musiciens… et le public anticipait parfois ces breaks et voilà du coup, c’était vraiment un public très bien.

 

Comment était le set avec Matta ? Que faisiez-vous en gros ? Avez-vous joué des sons de toi et de Matta que vous changiez ensuite en live mutuellement ?

 Et bien, ouais, ça c’était le plan…. Jouer nos morceaux ou en tout cas faire nos DJ sets (donc pas nécessairement nos propres musiques - ce sera pareil ce soir, ce ne sera pas exclusivement nos musiques respectives) et donc le tout en simultané… mais on a eu des problèmes techniques, en gros on n’est pas arrivé à se caler, on a tout essayé mais ça plantait, donc à la fin, on a décidé de faire un set de 40 minutes chacun…

 

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Hecq VS Matta – Lyon, Riddim Collision Festival. Photo Credit : François Paren


Parlons un peu de ton nouvel album Avenger que tu as sorti sur Hymen Records. Tu as globalement changé de style depuis, on va dire, la sortie du Ep Sura sur Ad Noiseam et ici encore avec Avenger, c’est encore quelque chose de très club et orienté dubstep ; plus du tout ambient ou IDM comme ça a pu l’être auparavant. L’album est très bien reçu par la critique et les gens en général mais on observe néanmoins qu’une partie de tes premiers auditeurs semble être déçue par ces changements que tu amènes dans ta musique. Ces retours sont d’ailleurs évidemment liés à la « tendance dubstep » et à la «tendance à la critique du dubstep ».  Comment te sens-tu et comment réagis-tu face à ces retours qui te sont faits sur tes nouvelles productions ? 

 Et bien… Je pense qu’à chaque nouvel album, tu ne peux pas t’attendre à ce que tout le monde suive. Cela dépend aussi bien-sûr de la radicalité de ces changements…Ce que je peux dire et que je dois dire, c’est que c’était quelque chose qui était très drôle à faire et que je voulais vraiment faire. Il va y avoir un nouvel Ep qui va arriver bientôt et qui va être un peu dans le même genre… et peut être que ce sera tout… repartons ensuite dans de l’ambient ou de l’IDM ou n’importe quoi d’autres en fait, je suis ouvert à tout.  Mais je comprends que c’est dur lorsque l’on s’attache à quelque chose d’être encore satisfait lorsque ces changements arrivent. Moi-même, j’ai eu l’expérience plusieurs fois de « déceptions » avec des gens qui font de la musique que j’adore ;  et ce jour arrive où ils changent drastiquement leur manière de produire de la musique…alors la seule chose que je peux dire est… « ok, je ne peux plus suivre cela ».

En fait, tu ne peux pas te protéger des critiques et d’une certaine manière, je dois dire que je ne devrais pas trop m’en accommoder sinon je compromettrais l’idée même de ce qu’est HECQ et de quoi il s’agit de faire.

La critique est vraiment quelque chose de délicat car évidemment, elle n’a rien contre toi en tant que personne mais la musique que tu fais est tellement quelque chose de personnel que…enfin voilà, je pense que tout artiste doit vivre avec ça, alors au fond, il n’y a pas de mauvais sang à se faire !

 

Dans tous les cas, as-tu néanmoins un fort désir de brutalité dans cette nouvelle manière de produire de la musique ? Ce dernier album est toujours cinématique à certains moments mais les beats sont vraiment lourds et forts, que j’en venais à me demander ce qui se passait dans ta tête, à savoir : as-tu besoin de faire exploser tes basses avec brutalité ?

 En fait, non, je pense plutôt que c’est lié à la notion d’énergie. J’aime l’énergie. Ces musiques ne sont pas faites pour être diaboliques ou brutales. Elles peuvent être agressives mais ma perception sur ces musiques est qu’elles doivent être le plus possible chargées en énergie, mais pas forcément sombres.  En fait, je suis quelqu’un de personnellement enjoué mais j’avoue que la musique menaçante et agressive est une des meilleures choses qui existe… Avec bien sûr les sons les plus classiques, ambiants et minimaux… c’est étrange, je crois que je suis vraiment un compositeur  « border-line ».

 

Je sais d’ailleurs que tu es très influencé par des gens comme  Arvö Part ou encore Murcof pour la tension qu’ils créént et qu’ils font monter dans leur musique, mais ceci concerne des influences sur tes travaux ambient. Y’a-t-il des nouvelles personnalités qui  t’inspirent dans ce nouveau genre de production musicale que tu abordes ?

 Je dois dire que c’est une bonne question car je me rends compte que chez moi, je n’écoute quasiment aucune musique électronique.  Le seul truc électronique que j’ai intensivement écouté ces derniers mois est un remix de Clark sur un morceau de Maxïmo Park. Il y a quelques années, j’écoutais exclusivement de la musique électronique, mais pour moi, c’est aujourd’hui plus intéressant d’écouter tout le reste… donc non, en fait, je n’ai pas vraiment de modèle pour cela, ou alors Clark pourrait en être un si je devais en citer un… Aujourd’hui, j’écoute tous les styles de musique pour vraiment analyser la méta-forme de la musique, son idée, sa structure… et ainsi revenir à mes lignes d’infra-basses et appliquer ces modèles sur ma musique.

 

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Hecq – Lyon, Riddim Collision Festival. Photo Credit : François Paren

 

Tu viens de réaliser ta première bande originale pour un long-métrage qui s’appelle Restive, peux-tu nous en parler en peu et nous expliquer comment tu as travaillé pour un projet comme celui-ci ?

 C’est la première fois que je travaille sur la B.O d’un film. Je n’avais jamais fait ça avant mais j’ai toujours désiré de le faire, c’est un but ultime pour moi. C’est là-dedans que je veux être et donc tu n’imagines pas à quel point j’étais heureux quand j’ai su que j’allais le faire. C’est un film très spécial, j’ai envie de dire un film « niche ». Ce n’est pas du tout pour des gens qui s’attendent à un film à la Transformers, c’est très sombre et lugubre. C’est également structurellement difficile à tout comprendre, ce qui a évidemment une influence sur la musique. Tu as différentes chronologies et très peu d’acteurs...

 

En termes de musique, est-ce que le réalisateur t’a donné des libertés et t‘a demandé une certaine interprétation de l’image ?

 Complètement. Je ne pouvais pas avoir plus de libertés. La seule chose sur laquelle on a vraiment mis les bases était sur les types d’instruments que l’on allait utiliser pour illustrer l’image. C’est tout ce qu’il m’a laissé mais au final, au fil des semaines et pendant cette année de travail, on a vraiment beaucoup parlé…

 

Quand le film sort-il ?

 Il a été diffusé pour la première fois à un festival à Londres lundi dernier.  Je ne m’y connais vraiment pas beaucoup en terme de « festivals niches » parce que c’est aussi quelque chose dont on n’a pas trop l’habitude d’entendre parler, et donc du coup j’étais là bas et c’était vraiment bien d’y être, de s’asseoir avec des amis et le réalisateur du film et observer ces années de dur travail reflétées au cinéma…

 

As-tu de nouveaux projets en cours avec Rob Chiu, Christopher et Hewitt  sous Devoid Of Yesterday ?

 Et bien dernièrement,  aucun de nous trois n’a vraiment pris conscience du temps qui avais passé depuis un moment… Oui, on travaille encore ensemble mais rarement de cette manière, comme un triangle… d’amour ! Mais ouais, il va y avoir des nouveaux trucs à venir venant d’à la fois de Rob, Chris et moi. C’est sûr.

 

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Photo Credit : Liis Roden

 

J’ai une dernière question à te poser qui est assez personnelle. Il y a vraiment  quelque chose que j’aime et qui revient dans ta discographie, c’est la pluie. Parfois, dans tes musiques, tu amènes des sons de pluie, j’ai notamment en tête des  sons de Golden Pines ou encore Bad karma, et plus particulièrement une musique qui s’appelle Lost et qui est pour moi un formidable hymne à la pluie. Ainsi je voudrais savoir qu’est-ce qui t’inspire dans la pluie ?

 Et également, un jour, j’écoutais cette musique et je me disais tristement que c’était une formidable musique pour mourir. Plus tard, j’ai découvert en écoutant dans une interview pour Solipsistic Nations que celle-ci avait en fait été jouée pour les funérailles de ton père… Je me suis dit que Lost devait sans doute avoir une grande importance pour toi, peux-tu nous en dire plus ?

 Ouais… alors, d’abord par rapport à la pluie. Oui, j’adore la pluie, y’a pas beaucoup d’autres choses à dire en plus je crois.


C’est sûrement peut être la seule réponse que j’attendais. 

Nan, mais vraiment,  ce que j’aime avec la pluie… Tu t’assoies juste, comme un peu maintenant par exemple où l’on est en train de regarder ces grandes vitres panoramas, puisque d’ailleurs il pleut à l’heure actuelle… Il peut pleuvoir avec intensité, et toi tu es juste là et tu discutes. La pluie te force quelque part à rester à l’intérieur et te recentrer un peu sur toi.

La pluie a également un côté assez versatile dans son message où sa fonction. Je peux pas vraiment l’expliquer sans devenir un peu trop mystérieux parce qu’en fait, je ne m’étais plus penché sur la question autrement que … j’adore ça.

Il y a une musique du groupe Illusions of Safety sur un de leur projet ambient (album: Of and The). C’est quasiment une sorte de bourdonnement qui dure entre 25 et 28 minutes. Ça commence avec un thème orchestral qui dure à peu près 5 minutes mais qui n’est pas vraiment plaisant ni mélodique, mais au fil de la durée… c’est juste « woow »… et ceci se fond peu à peu en un énorme orage qui dure à peu près 20 minutes. C’est juste génial. J’adore ce morceau parce qu’il exprime très bien  ce léger grondement dans la distance. En fait, c’est juste un très bon enregistrement sonore, il n’y a pas de travail de composition en soit ; mais la tension compositionnelle, elle, se manifeste dans cette transition de l’orchestre qui meurt dans cet espèce de bourdonnement.

Le fait que cette piste Lost ait été jouée aux funérailles de mon père vient  à l’origine du fait que nous avons eu beaucoup d’échanges musicaux lui et moi. Quand j’ai commencé à lui présenter de la musique que j’aimais, j’avais à peu près 12 ou 13 ans. Et il n’était absolument pas un fan de ce que j’écoutais. Alors je lui ai dis, je vais t’apprendre à aimer ça. Et au travers des années, ce dialogue entre lui et moi a été très utile pour nous, puisqu’il a été éducatif. Puis il est tombé malade pendant longtemps et un jour il m’a demandé à ce que cette musique soit jouée pour ses funérailles, ce qui a été un honneur pour moi. Et quand ce jour est arrivé, cela a été incroyable car extrêmement touchant. Cette musique était en fait le testament du dialogue que j’ai eu avec lui. Tu vois, je veux dire... Comme ultime, tout ceci devient… littéralement le dernier morceau de musique de ta vie... Je n’oublierai jamais ça, évidemment pour beaucoup de raisons et ce que tu dis à propos de la mort est intéressant car il a probablement pensé la même chose, que cette musique était une belle musique pour mourir…

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.

Merci à vous.

 

                                                                         Propos recueillis par Timothée Mathelin

 

 
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 13:40

Sortie : 1er novembre 2011

Label : Ad Noiseam

Genre : Power Dubstep 

Note : 6,5/10

 

Le duo bulgare-espagnol composé de Ivan Shopov et Jordi Calvino fait partie des affiliés au versant dubstep du label Ad Noiseam. Producteur de drum'n'bass sous le nom de COOH, Balkansky réalise aussi en solitaire et vient de sortir par ailleurs The Temple sur Ohm Resistance, sur lequel on aura probablement l'occasion de se pencher. Le jeune Loop Stepwalker gère de son côté la division dubstep du label Culture Assault. A deux, ils ont sorti Fraktals, un EP plutôt prometteur (chroniqué ici) et le vinyle Simetria. Toujours sur Ad Noiseam, c'est maintenant d'un premier album dont on parle.

 

Il y a une vigueur et une intensité plaisante chez Balkansky & Loop Stepwalker. Mais en étant présents chez Ad Noiseam, ils ont en face d'eux des Broken Note, des Matta et des expériences dubstep de pointures comme Hecq ou Bong Ra. La comparaison est inévitable et le constat, mitigé. Ce n'est pas tant qu'il manquerait quelque chose à leur musique, mais plutôt le fait que les ornières wobble et grasses du dubstep tel qu'il a pu évoluer menacent sans cesse. Les lignes de basses courent le long du fil du rasoir, la structure en dent de scie des beats perdure invariablement, et globalement la dimension rythmique apparaît ultra-testostéronée et pas toujours subtile. Après, cela ne signifie que toute finesse a été rayée de la carte ou que Adhesion soit un mauvais disque, loin de là. Autant le duo en live me parait puissant mais fort peu original, caressant un stade assez primitif, autant sur album les compositions bénéficient d'un précieux traitement étoffé. Comme sur Fraktals, l'apport ethno-mélodique de Balkansky s'avère fondamental. Des synthtones joueuses et ingénues tranchent avec la rudesse des beats. Alors que les introductions se montrent sinueuses et languides, les basses constituent un mortier épais qu'une main invisible plie et malaxe avant de vous canarder la tronche avec. L'ensemble n'est pas exempt de respirations, calmant le jeu et insinuant des souffles calmes, vicieux et suaves. On regrettera le fait que les titres les plus forts correspondent globalement à ceux qui constituaient Fraktals, Tales From The Crypt, Tornado ou Kora. Pour peu que vous ayez pris connaissance du vinyle Simetria, sorti en septembre, vous connaissez déjà 8 titres sur 11. On regrettera encore plus un track comme Sopharma, qui convie gentes tunées, futals Tacchini, 8.6 et cotillons sur un parking picard. Toutefois, lorsque de mignonnes petites grenades du genre de Spot The light, 8.9, Bass Surgery The End Of The Journey incorporent des substances lustrées et des déflagrations sinistres, on opine mécaniquement du chef, interloqué et réjoui. 

 

Adhesion prête à controverse. Outre son irrégularité, certains éléments sentent le gras. Mais il est franchement compliqué de nier sa fougue, la qualité des mélodies et même cette légère patine mélancolique. Sauf qu'aujourd'hui, pour réaliser du dubstep qui fasse briller les yeux, il faut plus des bulldozers de basses, autoroutières et vrombissantes.  

 

adn153-635

par Manolito

 

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 16:23

Sortie : octobre 2011

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno

Note : 8/10

 

A force, les années passant et les albums s’enchaînant, le travail de Luke Slater peut bien être abordé comme celui d'une figure ancestrale de la scène électronique. Multipliant alias et collaborations, ses premiers succès solos des années 90 s'inscrivaient dans un courant acid générique, englobant aussi bien la techno que la house mancunienne. Mais on est ici avec Planetary Assault Systems, son projet le plus sombre et violent, dont le précédent album sur Ostgut Ton, Temporary Suspension, était une petite merveille de groove surpuissant, kick au plancher, mitraillant avec autant de rage que de générosité les jambes et la tête. C’est tout naturellement que l’anglais récidive donc aujourd’hui sur l'écurie berlinoise avec son cinquième LP, The Messenger, soit un décollage de 73mn pour un nouveau voyage planétaire.

 

C’est pourtant sur une impression de cessez-le-feu que débute The Messenger, une paix factice dans ce système stellaire. Là où Temporary Suspension jouait la carte de l’assaut permanent, P.A.S. a indéniablement posé son vaisseau dans des contrées moins agitées. Après une intro en forme de petite montée ambient, c’est avec Beauty in the fear et sa dub-techno que commence véritablement ce disque, jolie pièce où la colère brute de la techno affleure mais demeure contenue dans l’espace glacédu dub. Il faut encore laisser passer un morceau de techno minimale pour se prendre sa première décharge avec Bell Blocker, dont le kick assommant blaste de petits carillons désaccordés et hypnotiques, et où reviennent pour la première fois ces fameuses lignes de basses qui font tout le sound-design de P.A.S., vrombissantes comme un essaim de frelons s’abattant sur leur malheureuse proie.

Soufflant le chaud et le froid, The Messenger se montre donc beaucoup plus souple que ce à quoi l’on pouvait s’attendre. La pure techno de Wriss semble adopter à regret une vitesse réglementaire sur l’autoroute de l’électronique, presque frustré de ne pouvoir faire montre de tout ce qu’il y a en réserve sous la capot de la bécane. C’est en réalité une véritable montée sur l’ensemble du disque qu’a programmé Luke Slater, témoignant en ce sens de plus de subtilité et de moins d’efficacité que sur son précédent LP. Call from the east et Kray squid continuent donc de faire monter la pression en offrant des sons de plus en plus sourds et menaçants, jusqu’à Rip the cut et ses 8mn de déflagrations emportant tout sur leur passage, auditeur inclus, dans un cyclone synthétique et métallique proche de la tech-indus. Le morceau suivant, Motif, semble passer la minimale de Richie Hawtin à la moulinette du sound-system du Berghain, avant que les ultimes Cold booster et Black Tea prennent le relai pour nous envoyer directement dans l'orbite d'une rave stratosphérique.

 

P.A.S. n’est indéniablement pas un outsider de l’écurie Ostgut Ton, et quoique The Messenger exprime une agressivité beaucoup plus rentrée que précédemment, on est bel et bien en face d’un excellent album de pure techno, qui ravira à coup sûr les amateurs de bastonnade auditive. Cool !

 

http://s.dsimg.com/image/R-3182548-1319453142.jpeg

par Pingouin Anonyme

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 20:32

Sortie : octobre 2011

Label : Ed Banger/Elektra

Genre : Synth pop Hard FM

Note : heuu...

 

Est-il nécessaire de présenter Justice, ce duo français composé de Gaspard Auger et de Xavier de Rosnay. Ceux-là même qui ont apporté richesse et gloire au label de Pedro Winter avec leur album Cross de 2007. Incontestables rejetons de Daft Punk et de tout ce que compte la butte Montmartre en zicos surévalués, les Justice ont tout raflé en tentant de faire une synthèse de tout un pan de la pop culture. Font-ils de la bonne musique pour autant ? Bien sûr que non. Et il est même indécent de croire qu'eux même en soient convaincus. Surfant sur les cendres anticipées de la french touch 2.0, leur musique a toujours été à destination d'un auditoire décérébré, bien installé dans son époque du "tout dématérialisé", sans aucune culture ni éducation musicale proprement dite. On toucha des sommets en visionnant le DVD Across The Universe, où ces profanateurs de chapelles musicales douteuses furent propulsés au rang de rock stars désoeuvrées. Je me suis toujours demandé ce que Kourtrajmé avait bien pu trouver à ces fakes désolants. La provocation et le goût du buzz monté à la main gauche est indéniablement plus le truc de Ed Banger, mais il est obligatoire de constater que les clips ont plus que bien aidé à creuser un sillon hype tellement prévisible. Se dégagent aussi de ça des relents d'ésotérisme plus raéliens qu'autre chose. Les Justice n'ont même pas peur de se réclamer de certains symboles chrétiens. Y en a quand même qui ont dû faire la gueule quand ils ont appris que les messes étaient enrefistées au préalable. Mais là n'est pas la question. Ne nous laissons pas détourner de la seule révélation qu'ils furent capables d'exposer : Justice, ça a toujours été de la merde, même bien avant l'étron dont il est question aujourd'hui.

 

Convenons tout de suite d'une chose. Justice n'est pas tombé dans l'écueil de la répétition copie conforme du premier album. Il y a du changement. Réjouissons nous alors. Cette fois-ci, ils tentent de nous faire croire qu'ils sont musiciens, même équipés de synthés guitares (Roland AX-1 ?). L'idée de Justice sur Audio, Video, Disco est d'imposer un revival Hard FM à la musique électronique. Exit donc la dédicace à peine voilée sur l'artwork à l'album Who's Next. Justice auraient bien aimé être Metallica ou Iron Maiden, il faudra qu'ils se contentent du sobriquet de Europe, de Bon Jovi de stades convertis à leur musique définitivement anémique et d'un autre âge.

C'est presque dérangeant de s'infliger une écoute jusqu'au bout. Mais puisque on est des chroniqueurs élitistes et crédibles, on a accepté de souffrir. Souffrir face à ces voix vocodées de beatniks cherchant l'ascension dans des schémas synthétiques trépanés. Justice souffriraient-ils d'un syndrome encore inconnu ? Une sorte de mal incurable, une envie de faire danser les stades sur des hymnes appauvris et avilissants. Il faut dire que Muse ont réussi. On pourrait le croire à l'écoute de Parade, de Ohio ou du titre qui donne son nom à ce chef d'oeuvre de mauvais goût. L'idée de customiser le pire du disco, du funk et de la pop 80's pouvait effectivement relever du succès commercial potentiel. Mais là, même les fluokids des canaux historiques entrent en deuil, jettent leurs robes de bures fluos, leurs casquettes trop grandes et se demandent où sont passées leurs émotions d'éternels adolescents sous turbines putassières et breaks vulgaires. On leur souhaite d'y trouver des vestiges sur les moins pourris et funkys Newlands et Helix (tout en pizzicatis sans cordes à pincer). Une porte vers autre chose leur est désormais ouverte. En comparaison, Yuksek, Brodinski et Sebastian sont des tournedos rossinis. Doit-on s'en réjouir ? Un peu oui, parce que c'est franchement drôle.

 

Le magistral magazine Tsugi parle de cet album dans les termes suivants : "Nous savons que Justice est le grand groupe de notre époque" (album de l'année, et peut-être du siècle). Il n'est même pas sûr que les créatifs et community manager d' Ed Banger aient eu besoin de faire péter la grille des tarifications pour obtenir une telle chronique. Génération sacrifiée ? Génération malhonnête d'incultes oui. Les fins observateurs nés avant les années 90 peuvent eux sourir, on tient là les Milli Vanilli du 21éme siécle. Justice est enfin faite.

 

AVD.jpg

par Ed Loxapac

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