Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 15:30

Sortie : 2011

Label : Kaometry Records

Genre : Dub, Ambient, IDM

Note : 7,5/10

 

PierrotheMoon est le projet du Lillois Julien Vasseur. Depuis 2009 le bonhomme a réalisé un trio d'albums, sortis sur Pavillon36 Recording et sur son propre label The Studio Stereo. Pour ce nouvel Ep, c'est le label Kaometry Records qui lui ouvre ses portes. Crée à Londres en 2007 et maintenant basé à Berlin et à Valence, le collectif voit large et mérite d'être attentivement surveillé. Avec Little Rattle Stilt de PierrotheMoon qui, composé de 7 titres, a davantage des allures de mini-album, on est face à une jolie démonstration de dub intelligent.  

 

Les artistes qui, en 2011, parviennent à relier dub et musique électronique sans verser dans le dubstep sont des individus rares et précieux. Dans un écrin métallique et spatial, PierrotheMoon élabore des synthèses d'ambient et de dub chimique. Les vapeurs que dégagent les skanks ont quelque chose d'authentique. Lorsque le Pierrot se décide à alourdir les basses, le groove flottant qui envahit les beats ne fait pas semblant. Le dub compact, truffé de reverbs et chargé de plissures et de craquements mécaniques de l'introductif Atchoo donne un aperçu assez réaliste de la façon dont le Français parvient à actualiser son enfumée matière première. Mais s'il en restait là, le constat d'originalité ne serait pas ce qu'il est. Même lorsqu'il se tient à des roulements syncopés aux textures pneumatiques, PierrotheMoon en tapisse les parois d'enveloppes vaporeuses, des nappes sombres qui entament le processus de spatialisation générale (X-Tract). Le réel trou noir se produit sur Metacarbon, qui convoque de l'ambient pur et se fait l'expression du vide ouaté qu'on imagine éprouvé par deux cosmonautes, les yeux ronds face à la vitre triple-vitrage d'une station stellaire. Dans son sillage, le très bon Cashmere dresse 8 minutes de vagabondage indolent, idéalement pulsé, organique et molletonné. Sur la fin, Casse-Noisettes emprunte un axe roots assumé, on pense même à Scientist, tandis que Sugandhalaya surprend – pas tellement en bien – avec un sorte d'électro-funk à la fois froide et bouncy. Dans les meilleurs tracks, l'owni-esque Mi_2 est sans aucun doute à considérer. L'incursion légère de notes argentines, la construction ultra-dowtempo et les claques sèches qu'assènent les basses en font un bon condensé cet Ep abstrait et puissamment actif sur la mobilité de la nuque. 

 

Minimaliste, astral et groovy, Little Rattle Stilt s'apparente à une sorte de trip fichtrement bien ficelé autour d'un dub moderne.  Les aficionados de bass music comme ceux de dub originel pourraient y trouver largement leur compte, d'autant plus que la chose dont on parle figure en téléchargement gratuit sur le site de Kaometry. Alors qu'ils viennent de sortir l'Ep du jeune Tim Ballista dont tout le monde parle, on peut s'assurer que ce label, tout comme le Pierrot de la lune, ne seront pas perdus de vue. 

 

2792709459-1

par Manolito

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:51

Sortie : 7 novembre 2011

Label : Software Rec / Mexican Summer Rec

Genre : Electronica-drone-ambient-synth-psyché

Note : 7,5/10

 

Jusqu’à maintenant, j’ai préféré observer de loin les travaux de Oneohtrix Point Never. Bien que le new-yorkais Daniel Lopatin n’en soit pas à son coup d’essai, la sortie l’an dernier de Returnal a été tellement discuté, disséqué et encensé par la presse qu’il semblait inutile d’en rajouter une couche. Et puis soyons sincère, j’avais encore quelques réticences concernant le bonhomme. Ses travaux ambient-synth ne m’avaient jusqu’à maintenant pas entièrement convaincus, ils leurs manquaient ce supplément d’âme nécessaire. Mais la sortie de Replica, 6ème album du bonhomme en moins de 5 ans de carrière, fait qu’il est désormais temps d’en découdre.

 

Replica est un des plus grands trip chamanique qu’il m’ait été donné d’entendre en 2011, un trip sans porte de sortie, une proposition ouvertement psychédélique, s’enfermant dans une carapace électronique aux confins du drone et de l’ambient. Aucun son n’est identifiable mais le tout est finement agencé, mûrement réfléchi. Ainsi, vous n’êtes jamais laissé seul dans ces songes narcotiques.

Car oui, il est ouvertement question de drogues dans Replica et de drogues dures. Passé Andro, la superbe ouverture de l’album en forme de porte d’entrée enivrante rappelant avec avidité Boards Of Canada, c’est carrément un appel du pied qui est lancé via le très explicite Sleep Dealer. Le début du trip psychédélique peut alors dignement commencer, vous pouvez vous allonger et fermer les yeux. Les grésillements permanents accompagnent vos songes, les sons semblent être avalés donnant l’impression qu’on puise votre énergie. Le moindre morceau joue sur une répétition exacerbée de sonorités impalpables tout en étant contrecarré par des nappes ambients fantomatiques. L’impression d’avoir ingurgité du peyotl se fait puissamment ressentir, vous ne savez plus à quel sein vous vouer. On est d’ailleurs à la limite du bad trip sur un Replica s’automutilant en sabordant sa douce mélodie sous un parasitage métallique.

Mais Oneohtrix nous ramène inlassablement à lui via une utilisation fine du field-recording. On ne sait pas vraiment si on entend des bruits de pas sur Nassau mais on est rassuré par les sonorités aquatiques. Oneohtrix n’est pas un imposteur, il connaît parfaitement ses gammes. Son album prend ainsi sa source dans toute la scène électro-psyché actuelle, notamment du côté de la Californie et des travaux injustement méconnus de Sun Araw, tout en regardant avec malice les 70’s de la Kosmische Muzik.

Telle une expérience totale, Replica s’achève sur Explain. Mais en lieu et place de l’explication tant attendue et finalement balayé par les parasitages incessants brouillant les cartes, on devrait plutôt évoquer la métempsychose. On ressort comme transformé par ce périple, tout en ayant bien compris que l’on n’avait rien compris (à moins que vous ne soyez déjà mort comme le suggère la superbe pochette du disque). C’est là le génie de Oneohtrix, laisser l’auditeur comme ressourcé par ces sonorités électroniques évanescentes alors que l’auteur n’a fait que s’amuser à l’égarer un peu plus.

 

Parlons plutôt d’expérience sonore pour évoquer ce Replica de Oneohtrix Point Never. Ces digressions électroniques sont hautement recommandables pour tout ceux qui sont près à côtoyer de près les univers parallèles. Le voyage est initiatique et repose sur une totale implication de l’auditeur. Cette implication nécessite l’abandon et le refus de vouloir réellement analyser ce qui se passe entre vos oreilles. Replica est un exercice expérimental et surréaliste plus que convaincant dans son approche presque poétique du genre.

 

http://media.paperblog.fr/i/502/5023916/stream-oneohtrix-point-never-replica-L-6H9YsV.jpeg

 

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:23

Sortie : novembre 2011

Label : Stroboscopic Artefacts

Genre : Techno postmoderne

Note : 8/10

 

On vous a déjà parlé du jeune label Stroboscopic Artefacts - ici, pour le premier et génial album de son patron Lucy, et , pour la série de dix EP intitulée Monad, où dix artistes du label proposèrent tour à tour quatre de leurs productions. Et ce n’est sans doute pas près de s’arrêter, tant est impressionnante la qualité de leur techno. Car Strobo (oui, j’abrège) ne fait pas de la techno comme ci ou comme ça, avec un peu de house ou de je ne sais quoi en fond de sauce… non, Strobo fait de la Techno. C’est tout, mais ça fait du bien ! Concurrençant sur leur propre terrain de puissantes écuries comme Ostgut Ton ou même Raster Noton, c’est avec le second LP de leur catalogue que le label nous souhaite un joyeux hiver, par l’entremise du singapourien Xhin et de son album Sword.

 

Lorsque Lucy signa Xhin en 2008, le mec a déjà deux LP dans son sac, dont un autoproduit. Je dois avouer que l’écoute de ces disques ne m’a guère enthousiasmé, proposant une techno simple, bien foutue mais sans génie éclatant. Et puis Xhin fit donc la rencontre de Lucy, qui le signa sur son label naissant. Xhin entama alors une série d’EP libératoires, où ce dernier cessa enfin de retenir ses coups. D’une techno basique, on est passé à une techno sombre, rapeuse et rugueuse, à la violence aussi physique que mentale, dont l’illustration la plus magistrale provenait de son EP Monad III. Autant dire qu’on attendait de pied ferme son premier LP sur le label.

Et il n’y a pas de quoi être déçu. Xhin décrit son disque comme une illustration du vide, sous la forme d’un conte de fée postmoderne. Je vous le jure, si les fées postmodernes existent, elles ne se penchent plus sur les berceaux, enclines au contraire qu’elles sont à cracher leur vide à la gueule du nouveau-né. Ce Sword débute pourtant de façon alambiquée ; on sent que Xhin n’y tient pas à dégainer immédiatement l’artillerie lourde. Des petites pièces expérimentales soutenue par un piano désaccordé (The Secret Closet, Insides, Wood) s’entremêlent à des morceaux plus incisifs, glitchés juste ce qu’il faut, aux rythmiques et beats chaloupés,  (Fox and Wolves, Medium ou Teeth et ses samples de roulette de dentiste), sans que la baffe à la fois redoutée et espérée ne se produise, laissant l’auditeur ronger son frein. Le calme avant la tempête.

La tempête en question se produit sur les trois morceaux suivants. You against Yourself envoie la première grosse salve techno, en npis concoctant de superbes montées trippées sur fond de désolation sonore. Vent, à mon goût la meilleure pièce du disque, envoie une dub-tech violente et oppressante, sorte de rencontre improbable entre Rod Modell et Marcel Dettmann. Le morceau Forshadowed reprendra le même style, mais cette fois sur un rythme midtempo qui laisse parfois transparaître l’éclat d’une lumière froide, seulement froide, illuminant une composition résolument glaciale. Mais ce qui impressionne le plus, comme toujours sur Strobo, c’est le travail patient, minutieux, intelligent, de spatialisation de l’ensemble. Si ce disque peut bien être qualifié de postmoderne, c’est sous cet aspect-là : cette capacité à travailler les reliefs de la matière électronique, à disjoindre des éléments musicaux non simplement dans le temps, mais également dans l’espace acoustique. Cette intelligence à l’œuvre dans le sound-design et le mastering, aujourd’hui l’apanage des plus grands, éclate sur ce disque façon particulièrement brillante.

 

Pour ce second LP, Stroboscopic Artefact, même s'ils ne balancent objectivement pas le disque de l’année non plus, frappe juste et fort une nouvelle fois, et confirme son statut de leader potentiel en techno. D’une cohérence sans faille, bien que d’une violence mesurée, ce Sword de Xhin confirme que ce label est bel et bien à surveiller de très près, non seulement cette année, mais encore les suivantes, pour son exigence et la qualité globale de son apport à une techno chaque fois revivifiée.

 

http://s.dsimg.com/image/R-3148015-1317988735.jpeg

par Pingouin Anonyme

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 22:24

Sortie : octobre 2011

Label : Ad Noiseam

Genre : Drum & Bass, Breakcore (pour adultes)

Note : 9/10

 

Il paraît que l'américain Enduser, ou Lynn Standafer pour les intimes, s'est installé en plein plat pays depuis déjà quelques années. Ses fans attendaient des ses nouvelles depuis bien trop longtemps. La sortie du EP 1/3 n'avait pas réussi à les rassasier. Comme on les comprend. Outre ses magistrales sorties sur des labels aussi pointus que Ohm Resistance, Hymen, Ad Noiseam ou le regretté Sublight, Enduser fut l'artisan (avec Submerged aka Kurt Gluck) du succès du projet Blood Of Heroes. Vous l'aurez compris, Enduser est une sacrée pointure. Quand Nicolas Chevreux (Ad Noiseam) me fila le disque au Maschinenfest, il n'omis pas de préciser la mention suivante :

"Tu vas voir, c'est un album surprenant et très mature. Pas du tout calibré pour le dancefloor, très downtempo. Je trouve même qu'il a un côté souful."

Nan mais quel talent de vendeur me suis-je dis. J'étais à ce moment encore bien loin de prendre conscience de posséder là, une véritable bombe addictive.

 

Even Weight est touché par une implacable production. Sa dimension mélodique prend parfois le pas sur la vélocité rythmique du passé. La présence de voix, sensuelles, désinvoltes ou plus vindicatives, apportent effectivement un supplément d'âme. Citons également les illustres inconnus que l'on croisera au gré des tracks : Architect, Karsten Pflum, Hecq.

Even Weight est un manifeste pour l'abandon de soi. Celui qu'on pratique lors de nuits d'errance qui comptent leurs lots d'excès, de rencontres atypiques, de trous noirs, d'envies ambivalentes et d'oppression urbaine. Comme il est délicieux de se laisser avaler par la nuit, la ville et ses néons, même quand l'issue est incertaine.

La drum & bass, tout comme le breakcore, souffre parfois d'une réputation partiellement méritée. La faute aux fans de tuning sur les parkings Cora et à leurs mulets. Ceci n'est pas une dédicace à l'artiste Tony Vairelles (depuis qu'il tire sur des gens). On parle ici de musique. Celle qui lance des fausses pistes rythmiques et des breaks semblables à des parpaings dans la gueule.

Les mélodies, ou l'omniprésence de sphères plus downtempo, ne sont pas là que pour planter vulgairement un décor galvaudé. Elles font partie d'un tout. D'une alliance subtile avec les voix et les vrilles. L'oscillation entre violentes montées de tension et apaisement émotionnel rend l'ensemble encore plus physique, encore plus viscéral. Les fans des heures les plus débridées ne devraient pas rester sur le carreau. Il y a encore moyen de se faire sursauter l'encéphale, un peu sur 7 A.M Fog, mais surtout sur le frénétique Climbing Backwards. Et comme il est bon d'avoir connu la genèse d'une musique qui passe enfin à l'âge adulte, même si elle donne toujours furieusement l'envie de se droguer comme un chien fou. L'écoute répétée de ce tour de force comporte plusieurs risques. Et pas des moindres. Tout d'abord ne plus pouvoir écouter autre chose pour les six mois à venir et surtout, se transformer en un être mutant, à l'identité aussi morcelée que celle qui transpire sur le superbe artwork.

 

Ad Noiseam peut se réjouir. Même si le dubstep y fait parfois office de fond de commerce. Il est probablement le label qui aujourd'hui ne saurait se satisfaire d'un repos à l'ombre d'une fan base. Les sorties de Semiomime (ici) et de Enduser en sont les dignes exemples indispensables. Et elles donnent à tout un pan de musiques en jachère, un vent ré-génératif non négligeable. Indispensable cette année, et pour celles à venir.

 

enduser.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 12:39

Date : 9 novembre 2011

Lieu : La Machine du Moulin Rouge (Paris)

 

Hier soir, la Machine était le lieu de convergence hip-hop incontournable de la capitale puisque tout le gratin du collectif Rhymesayers était de sortie. Rhymesayers reste un des bastions du hip-hop indépendant, le label de Minneapolis n’en finit plus depuis 1995 d’enchaîner les sorties de qualités au profit d’un rap autant classique d’audacieux. Dans le cadre du Rhymesayers European Tour, c’est plus de 5 entités qui vont se suivre sur scène : Grieves & Budo, Blueprint, Brother Ali, Evidence et Atmosphère.

Il est un peu plus de 22h lorsque nous pénétrons dans le labyrinthe de la Machine. La soirée est sold-out mais le public a déjà pris largement possession des lieux. Nous tentons de franchir le mur humain qui empêche de s’approcher à moins de 15m de la scène. Une ouverture se profile, nous plongeons. En descendant les marches, l’impression d’être dans un putain de film se fait sentir. Le son est massif, la scène vibre et le public est en ébullition. L’ambiance est impressionnante et confirme le fait que le meilleur public reste le public hip-hop. Grieves & Budo se chargent d’haranguer la foule avec leur hip-hop ludique. Budo s’éclate comme un môme à la guitare pendant que Grieves squatte le micro. Sans être brillant, le rap du duo n’en demeure pas moins remuant et sympathique et fait figure de warm-up idéal.

La soirée étant bien calibrée (pour ça, les rappeurs américains sont balaises mais c’est aussi une des limites du genre), il suffit d’attendre à peine 10 minutes pour que Blueprint déboule sur scène. Le rappeur de l’Ohio dévisage la foule avant de s’engouffrer dans un hip-hop plus abrasif. Changement total d’ambiance. Accompagné par une guitare massive, le rap de Blueprint y va à la machette. Cela est renforcé par la présence du DJ qui n’hésite pas à s’engouffrer dans un abstract hip-hop rêche. Les morceaux sont progressifs, prennent à la gorge et font monter la tension. Mais au bout de 15 min, Blueprint s’égare dans une électro tristement dansante, tristement inconsistante, tristement laide. Radio-Inactive se retrouve ainsi bloqué entre deux morceaux de seconde zone. Dommage.

Une bière à 5 euros plus tard, c’est au tour de Brother Ali de squatter la scène. Le public est chauffé à blanc. Exit l’abstract, retour aux sources avec un hip-hop plus direct dans les samples et plus engagé dans les lyrics. Le flow de Jason Newman met tout le monde d’accord. Il s’en sert avec malice pour dynamiter totalement le public. Tous les codes du hip-hop sont exploités avec justesse. Alors même si les samples sont répétitifs, force est de reconnaitre le talent de conteur de Brother Ali (notamment sur un Truth Is prenant) et sa propension à transformer la Machine en arène.

Mais si le public s’est massivement tassé près de la scène c’est pour mieux vivre l’expérience Evidence. Exilé des mythiques Dilated Peoples, Evidence est une machine de guerre sur scène. Le niveau monte d’un cran à tous points de vue. Le concert s'ouvre sur un It wasn't me harangueur. Le flow nonchalant du MC et son jeu de scène sont principalement portés par un rap aux samples brillants. Misant principalement sur des samples vocaux et sur des standards (des Beastie aux Beatles), il y a une réelle volonté de créer à partir d’un objet déjà parfait. En plus d’être d’une efficacité redoutable, c’est d’une intelligence folle. Le public connaît ses classiques sur le bout des doigts, ce qui propulse le concert au rang des moments mythiques, de Chase The Clouds Away à The Layover, tout s'enchaîne très vite, trop vite.

Il n’est pas loin d’1h du mat’, et comme un parisien docile, je prends le dernier métro sans attendre la prestation d’Atmosphère (qui aurait livré un concert inégal, entre rap tendu et digressions sirupeuses). Honte à moi sans doute mais ce que j’ai vécu fait plus que me contenter et me conforte dans l’idée que rien ne vaut un putain de concert de hip-hop.

 

http://www.abcdrduson.com/images/news/illustint/20111103_rhymesayers_int.jpg

 

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
commenter cet article
9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 15:09

Sortie : novembre 2011

Label : Bedroom Community

Genre : Ambient, neo-classical

Note : 7/10

 

Malgré une discrétion certaine, l'australien Ben Frost a frappé deux grands coups, avec ses LP Theory of Machines et By the Throat sur le label Bedroom Community. Mais qui ne connait que le versant obscur, expérimental et oppressant de sa musique pourra bien être surpris de mettre ici la main sur un disque d'ambient, conçu comme une BO de Solaris, le film de science-fiction de Tarkovski sorti en 1972. Ben Frost n'en est pas en réalité à son coup d'essai, puisqu'on peut entendre son travail d'accompagnement dans le récent film Sleeping Beauty (relecture de la célèbre nouvelle de Kawabata), ainsi que des productions ambient sur son premier album oublié Steel Wound. C'est ici accompagné de l'islandais Daniel Bjarnason, déjà auteur du très beau Processions, que Ben Frost replonge aujourd'hui dans l'ambient avec ce nouveau Solaris, toujours sur Bedroom.

 

Tout commence donc sur une ligne de violon tendue et mélancolique, enveloppée de nappes synthétiques au diapason. Frost et Bjarnason se sont d’ailleurs octroyés les services de l’orchestre symphonique de Cracovie afin d’obtenir le meilleur rendu sonore et instrumental possible, et d’éviter l’écueil de l’orchestration seulement synthétique. Tour à tour apaisante, chaleureuse, lumineuse, sépulcrale, atmosphérique, voire silencieuse, tous les compartiments de l’ambient sont représentés sur ce disque. Un piano préparé apporte une touche de mélodie glacée et erratique aux nappes qui se font de plus en plus bouleversantes au fur et à mesure de la progression musicale, parfois proche de la démarche d’un Erik Satie sur Simulacra II par exemple.

A de rares instants, la musique de Solaris se durcit, devenant menaçante, dissonante, étouffante, comme sur le très beau Reyjia. Des tambours lents et sourds rythment avec profondeur certaines compos (Cruel Miracles), tandis que les violons se lancent à l’occasion dans de magnifiques cavalcades qui ne vont pas sans rappeler l’emploi minimaliste des violons par Steve Reich par exemple (notamment sur Unbreakable Silence). Le disque s’achève sur une atmosphère contemplative, laissant l’auditeur là, sur une froide tristesse, un sentiment de fin du monde, une apocalypse silencieuse.

 

Ben Frost et Daniel Bjarnason nous offrent là une très belle pièce d’ambient, dont chacun jugera s’il convient ou non à l’illustration rétrospective de Solaris (le film). Il se dégage de ce disque une ambiance effectivement cinématographique, narrative quoique musicale, qui va droit au cœur sans pourtant innover en rien du point de vue de leur style musical. Sans prise de risque mais sans faux pas, ce Solaris convaincra sans mal les amateurs de douceurs fragiles.

 

http://s.dsimg.com/image/R-3209044-1320696181.jpeg

par Pingouin Anonyme

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 15:54

Sortie : octobre 2011

Label : Jarring Effects

Genre : Noise Rock, Abstract hip-hop, Experimental Electronics

Note : 8/10

 

Picore est une nébuleuse formation lyonnaise. Le groupe détient à son actif deux albums, Discopunkture réalisé en 2003 et L'Hélium Du Peuple en 2006. Cinq ans donc, se sont écoulés depuis leur dernier long format, qui fondait leur relation avec Jarring Effects. Un vinyle, une JFX Studio Session Figure One, incluant les rappeurs Oddateee et Ben Sharpa, aura pu donner à manger aux fans, il y a un an de cela. Inclassable et lancinant, mélange de noise, d'abstact hip-hop, d'indus, de jazz et de spoken word, Assyrian Vertigo tombe comme un brusque pavé dans une marre croupie.

 

Picore semble cultiver un certain attrait pour le mystère, la noirceur et.. la mythologie mésopotamienne. Outre les titres des morceaux se référant à des dieux assyriens, leurs lyrics et même leur site donnent dans l'énigmatique et le troublant. Leur musique également, vous vous en doutiez. Picore pourrait être rapproché d'un The Fluid (chronique et interview ici, ), dans la fusion au chalumeau du rock du hip-hop noisy comme dans la démarche opiniâtre de recherche d'abstraction et de télescopage des genres. Dälek, dont DJ Octopus a enregistré cet album à New York, ou Ez3kiel sont également à compter dans leurs influences. Sur Assyrian Vertigo, la musique de Picore évoque un vortex orageux aspirant toute lumière ou gaité dans des conglomérats effervescents. Une chape de plomb recouvre le cosmos, l'offensive approche, plus rien ne sera jamais radieux. La batterie est l'interprète de turbulences répétées et persistantes, la guitare crisse, de ses larsens fusent des éclats corrodés. Mais Assyrian Vertigo n'est pas fait uniquement d'écorchures. Sa dimension cinématique et évocatrice est immense. Si certaines parties du disque déversent dans vos conduits des flux noirs de lave, directement à l'entonnoir (l'introductif et tétanisant Ziggurat), d'autres s'autorisent des plages de 7 minutes d'ambient (le très beau Sardanapal III), les bruissements d'un feu glacé se superposant à l'intensité croissante d'un drone et aux divagations d'une clarinette. Si cette dernière, ainsi qu'une trompette, sont d'un apport indéniable à la densité mélodique de l'ensemble, un élément fondamental n'a point encore été développé. Les lyrics, en forme de spoken word lourd et acide, intervenant sporadiquement et dont le verbe évoquerait parfois celui de Psykick Lyrikah. Qui se livre à l'écoute d'Aubade ne moufte pas de si tôt. « Hystérique en ouvrant la porte... Austère en chargeant la dose... Il se retourne encore et ne parle toujours pas. »  La violence des vagues dronatiques environnantes faisant le reste, on retient son souffle et on attend, subjugué. Picore démontre une qualité notable consistant à égarer l'auditeur le long de sentiers rachitiques et tirés au cordeau, mangés de textures glacées et jalonnés de saccades onduleuses de cuivres. L'intensité augmente graduellement et le sol finit par se scinder en deux dans un déversement rocailleux à l'arrière-goût de post-rock. L'expérience se produit sur Gilgamesh, tuerie en puissance. A mon goût, une autre beauté de cet album s'inscrit dans les 5,56 minutes de Meure Menace. Bien que toujours imprégné de rock, ce morceau dégage une sorte de tourment cristallin, qui finit, inexorablement écrabouillé (ou porté à son paroxysme) sous les lacérations de la guitare. Entre temps, une voix murmure « Je ne suis tout simplement pas là ». 

 

A qui désire s'embaumer le crâne, se tremper de vapeurs mauvaises mais tellement salvatrices absorbe ce disque sans suspension. Picore, réputés tempétueux sur scène, gratifieront les Parisiens d'une prestation live au Divan du Monde en compagnie de Aucan et de Idem le 22 novembre. Chroniques Electronique en sera. Indécent, il serait de louper ça. 

 

arton15149

par Manolito

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 09:41

Sortie : 7 novembre 2011

Label : Boxer Recordings

Genre : Techno

Note : 7/10

 

En 2009, l’italien Dusty Kid sortait A Raver’s Diary (chronique ici), superbe album techno de part ses envolées techno fédératrices et son approche emprunt de nostalgie envers la techno de Detroit, tout en ayant un aspect résolument actuel avec ses ouvertures trancey. Il y a 2 ans, le tout jeune Paolo Alberto, la vingtaine à peine consommée, se mettait alors le public et la critique à ses pieds. Aujourd’hui encore, j’écoute fréquemment ce premier album avec un plaisir non dissimulé même si avec le temps, certaines limites se font sentir. Limites qui justement apparaissent parfois trop grossièrement sur ce Beyond That Hill que Dusty Kid a voulu comme un Raver’s Diary 2.0.

 

L’idée même de proposer une suite à son premier album montre que Dusty Kid a lui aussi du mal à sortir de l’univers dans lequel il s’est confiné. C’est un mal autant qu’un bien.

Le souci est de s’enfermer dans une techno parfois trop réductrice. Ainsi, le single Argia, avec sa bassline à faire trembler des murs capitonnés et sa carapace teutonne bien formatée, se révèle trop linéaire. Ok, c’est efficace, c’est indéniable, mais prolonger le morceau sur plus de 14 minutes se révèle être inutile. A contrario, l’autre morceau résolument orienté vers la techno de Detroit, Polybolo, aurait pu lui jouer la carte de l’étalement. Il est étrange de remarquer à quel point Dusty Kid hésite entre longueur (et donc la prise d’otage) et fulgurance (et donc l’éphémère). La plupart du temps, il fait cependant le bon choix comme avec les 10 minutes de ce Nora Nights que n’aurait pas dénigré un Agoria, avec ce côté progressif certes facile mais totalement imparable.

Vous aurez donc compris que tout est une question de durée. Beyond That Hill c’est 8 morceaux pour 80 minutes de techno autant roborative que planante. Mais le petit italien a aussi grandi et ses influences se sont étoffées. Ce deuxième album emprunte énormément au psychédélisme des 70’s, de Tangerine Dream à la Kosmische Muzik. Ce parti pris permet d’ailleurs de mieux appréhender le voyage car il s’agit bel et bien d’un trip que nous propose Dusty Kid. Agencé comme un mix, les enchaînements permettent de ne jamais laisser l’auditeur sur le bas côté. On sent aussi la forte influence (déjà présente sur le précédent album) des paysages monumentaux de l’Ouest américain. Cheyenne est une ode aux grands espaces avec sa mélodie autant naïve que lumineuse.

Mais le point d’orgue de l’album se trouve judicieusement placé en queue de peloton. Dusty Kid n’est pas con, il se doutait bien qu’on attendait tous une suite au sublime America (ici). Ce sont les 23 minutes de That Hug qui vont faire figure de point de non retour. Ballade techno gargantuesque n’en finissant plus de monter et imposant une avalanche de kicks dévastateurs, il faut attendre la 10ème minute pour que le miracle se produise. Et le morceau de déflorer l’atmosphère avant d’atteindre l’orgasme ultime à la 17ème minute, au bout d’une chevauchée fantastique. C’est ce Dusty Kid là qu’on attendait et il ne déçoit pas.

 

Beyond That Hill reste un album techno bien foutu mais qui, en choisissant de poursuivre l’odyssée aérienne du précédent opus, révèle aussi ses propres limites. Le plaisir est certes immédiat et puissant mais il ne peut supprimer certains écueils (constructions parfois trop linéaires, morceaux parfois trop longs). Il n’en demeure pas moins que l’approche cinématographique de ces escapades techno se révèle être un puissant générateur d’images et permet ainsi de dépasser le stade purement primaire du genre.

 

http://www.actualites-electroniques.com/Album/Dusty%20Kid-Beyond%20that%20hill.jpg

 

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:08

Sortie : octobre 2011

Label : ant-zen

Genre : Electro-Rock (oui, mais pas nul)

Note : 8/10

 

Il y a un peu plus de deux ans, nous chroniquions l'album Picture This If You Will (ici) de Näo. Pierre André Pernin était à l'époque encore seul à la tête du projet, et sa re-composition de la B.O de Metropolis (Fritz Lang) avait été salué par la critique défricheuse. Besançon avait trouvé son Dj Krush pendant que nous demeurions sans nouvelles. L'année dernière, des rumeurs d'association avec un live band vinrent à mes curieuses oreilles. Il paraît même qu'il existe un disque contenant des remixes, dont un de Lilea Narrative. Bref, je vais être honnête, si Näo n'avait pas été à l'affiche du Maschinenfest et signé chez ant-zen, je n'aurais probablement jamais fait l'effort de suivre un tant soit peu leur actualité. La nouvelle formation Bisontine composée de Pierre André (bécanes), Jordan (guitare) et Thibault (batterie) nous a d'ailleurs fait l'honneur de répondre à nos questions sur le parking du Maschinenfest, après avoir été littéralement acclamée par un public pas spécialement convaincu au départ. La rencontre avec le groupe fut partagée avec deux membres du webzine belge A l'arrache (accessoirement féru de porn animalier) et sera très bientôt relatée dans nos lignes. Pour l'instant, concentrons nous sur le premier album de ces trois garçons embarqués dans un vent dont ils n'ont même pas pris conscience.

 

L'electro-rock est une appellation bâtarde, qui cache la plupart du temps une misère musicale profonde. Oui, mais c'est celle qui convient le mieux à cet album. Comme si cela ne suffisait pas, ils parviennent à injecter des saturations et une énergie bien connue des amateurs de post-rock. Et là aussi, surprise, même si Pierre André est fan de 65daysofstatic, le résultat est tout sauf chiant. Il est même abrasif, calibré incontestablement pour le live. La révolution est moins profonde qu'il n'y paraît (pour ceux qui avaient déjà apprécié Picture This If You Will). Les sons cristallins et la subtilité mélodique évolutive de Pierre André est toujours là. Il y a même deux titres strictement composés aux machines sur l'album : Calibrate et Killing Time, qui forment un pont avec l'époque où le son de Näo naissait dans la chambre enfumée de Pierre André.

En plus de ne rien inventer (je dis ça pour les aigris magnifiques), Näo applique des schémas excessivement simples à leur nouvelle configuration. La mélodie cristalline s'installe, progressivement, la batterie se lance en métronome relatif, puis la guitare vient tout écorcher et définitivement lâcher les hostilités et la sueur. La recette est à chaque fois la même. Mais putain, qu'est ce que ça marche bien ! J'avais peur que le support CD sonne comme un pet trop lisse par rapport à la puissance du live. Il n'en est rien. Y a qu' à écouter les enchaînements Glad/Illogic et Mechanical/Somme (V2.0) pour se mesurer à cette puissance de feu. A certains moments, il faut reconnaître que certaines résultantes de synthés ont quelque chose de peut-être un peu trop chatoyant. Mais bon, on ne peut reprocher ça à un groupe qui prend le risque de faire de l'electro-rock et qui le fait bien. Une guitare au Maschinenfest, c'est comme un mec qui baise sa femme dans une partouse. Voilà pour la partie poétique.

 

Après avoir brillés au Riddim Collision, au Maschinenfest et à l'Elektroanschlag, les Näo n'ont à mon avis pas fini de renverser les scènes de festivals (même plus généralistes). A l'heure où certains labels de "niches musicales" tournent en rond et ne satisfont que des intégristes bien seuls, ant-zen fait preuve ici d'une ouverture qu'on aurait pas soupçonné. Merci Stefan Alt. Merci Näo. Hautement recommandé.

 

nao

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:25

Sortie : 31 octobre 2011

Label : Raster-Noton

Genre : Techno anxiogène

Note : 7/10

 

2011 est définitivement l’année Raster-Noton. Bien que déjà à la pointe des musiques électroniques depuis plusieurs années, le cru 2011 aura permis de consolider définitivement l’identité sonore du label. A l’instar d’autres maisons défendant avec conviction une certaine idée de la musique électronique, Raster Noton s’est petit à petit rassemblé autour d’un son de plus en plus froid et expérimentale sans non plus tomber dans l’écueil de l’élitisme abscons. De Kangding Ray à Alva Noto, rien ne fut à jeter cette année. Mais 2011 n’est pas encore finie et d’autres projets continuent d’affluer.

Dernière sortie en date : Symeta de Byetone. Derrière cette entité se cache Olaf Bender, co-fondateur et surtout graphiste principal du label. Toutes ces superbes pochettes minimalistes, c’est lui. Olaf Bender fait aussi parti de Signal, monstre électronique tricéphale, aux côtés d’Alva Noto et Frank Bretschneider. Symeta est le troisième album de Byetone et il permet de retrouver cette techno fichtrement anxiogène.

 

Se découpant en seulement 7 morceaux. Symeta est un album étrangement accessible de la part de Raster-Noton. Cela est loin d’être un reproche d’ailleurs puisqu’il nous cueille à froid dès les premiers instants. Le diptyque Topas/T-E-L-E-G-R-A-M-M est une intelligente progression mentale vers une techno sombre. L’atmosphère est lourde et vous place d’emblée dans un état d’esprit délétère.

Sans être non plus rugueuse, la techno de Byetone n’en rappelle pas moins les désolants paysages industriels d’une Europe de l’Est engoncée dans le froid et la misère. Symeta est un album tendu, ne laissant rien passer. A l’heure où le krokodil (la nouvelle drogue « tendance » des ex-communistes) bouffe le cerveau et l’épiderme de milliers d’est-européens laissés pour compte, les compositions de Byetone apparaissent comme la bande-son de cette descente aux enfers insidieuse. Les boucles se font lancinantes et l’énergie contenue dans la superposition des strates sonores. Constamment parcouru par des grésillements, la techno de Byetone ne peut s’empêcher de convoquer la claustrophobie alors même que l'on a l’impression de déambuler dans une vaste friche industrielle à l’architecture stalinienne. Symeta ne cède pourtant jamais et refuse la rythmique techno frontale. Seul Opal tente l’ouverture berghainienne (avec succès d’ailleurs). Le reste n’est qu’une frustration contenue afin de maintenir une tension permanente.

Mais cela ne suffira pas à Symeta d’être un putain d’album. On pense en permanence au Or de Kangding Ray (chronique ici) et à l’Univrs d’Alva Noto (chronique ici). Byetone nous la joue bien plus facile et plus direct et à terme, cela lui joue des tours. Symeta provoque un plaisir immédiat s’estompant avec le temps et on finit pas se rendre compte que les morceaux manquent de profondeur.

 

Byetone poursuit son approche sans compromis de la musique techno. Symeta est un album sombre qui vous fera grincer des dents sans pour autant vous clouer au sol. Mais cet album ne vient aucunement remettre en cause la discographie de Raster-Noton, au contraire, Symeta s’inscrit parfaitement dans le travail sonore actuel du label, le souci de l’expérimentation en moins.

 

http://blog.rtve.es/.a/6a014e6089cbd5970c015435f5a24c970c-800wi

 

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article