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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 10:24

Sortie : 14 octobre 2011

Label : Savvy Records

Genre : Techno

Note : 7/10

 

Society Of Silence est un duo parisien formé par Nicolas Villebrun (guitariste de Poni Hoax et DJ à ses heures perdues sous le nom de Tite) et Benoît Legrain. Relativement discret dans une scène parisienne saturée par des groupes de mauvais goût, Society Of Silence mérite pourtant de s’y faire une place. Les adeptes d’une techno moite et minimaliste, sombre et raffinée devrait y trouver amplement leur compte. Signifying Monkey est le premier album du groupe (sorti sur le petit label Savvy Records), un album court de 5 titres pour à peine plus de 35 minutes.

 

Tout débute par un Beat Reading Detroit à l’hommage évident. Le groove est sec et la lancinance hypnotique. Le côté légèrement dubbé, lorgnant vers l’univers métronomique de la dub-techno teutonne, s’ajoute à un aspect légèrement progressif. Sans être révolutionnaire, le titre procure pourtant un plaisir immédiat et fugace. Tout le travail de Society Of Silence réside justement dans une utilisation réfléchie de gimmicks old-school, dans une volonté de ne jamais agresser frontalement l’auditeur. On se laisse prendre au jeu avec une facilité déconcertante. 2B Workin n’a plus qu’à répéter le schéma initial en se la jouant plus décadent, tout comme Woundscape se révèle encore plus hypnotique grâce à sa voix grave vous sortant de votre torpeur.

Mais les deux meilleurs morceaux sont plutôt à chercher du côté de la dernière partie de l’album. Tatoo délivre une techno plus massive avec sa basse sourde et ses sonorités métalliques. On pense immédiatement à la techno-indus de Perc et aux usines désaffectées ukrainiennes. Signifying Monkey se charge de clôturer cet LP en hésitant sans cesse entre dubstep et techno. Les influences, ouvertement revendiquées par le duo, de Scuba et Instra:mental percent à travers ce titre volontier plus addictif.

 

Society Of Silence ne prétend pas réinventer la techno et Signifying Monkey n’est en rien un album révolutionnaire. On parle uniquement d’une techno organique ne prenant pas l’auditeur pour un con, lui laissant suffisamment d’espace pour qu’il puisse respirer. Society Of Silence a malicieusement compris que la techno n’est pas qu’affaire d’efficacité primaire et que le plaisir doit se mériter.

 

http://a2.ec-images.myspacecdn.com/images02/127/3337b2bb99294c949fb7bd8d451dc739/l.jpg

 

par B2B

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:24

Sortie : avril 2011

Label : Derwin Records

Genre : Deep-house

Note : 8,5/10

 

Contrairement au cru 2010 (ici), l’année 2011 n’a pas été heureuse pour la deep-house. Diamétralement opposé au récent LP de Moomin (ici), qui donnait dans une deep-house vintage, répétitive et repliée sur elle-même, cet Alex and the Grizzly du duo Prommer & Barck offre des mélodies ciselées, une production léchée, qui ne vont pas sans rappeler le joyau de John Roberts (ici), et sa conception solaire et racée de la house des profondeurs.

 

Première production du duo après un an de sorties d’EP et singles,  première sortie également pour le label Derwin Recordings créé pour l’occasion par les deux compères, ces derniers ne viennent pourtant pas de nulle part. Christian Prommer n’est autre que l’un des fondateurs du label culte Sonar Kollektiv, et le maître d’œuvre, entre autres choses, des compilations deep-house Drum Lesson, tandis que le CV d’Alex Barck comprend une participation active au célèbre Jazzanova et au moins connu, mais non moins excellent Liquid Lounge. Voila pour la bio, mais la bio ne garantissant pas nécessairement de bon disques, voyons ce qui en ressort.

Dès le premier morceau, Pictures of the Sea, la deep-house du duo se présente sous ses jours les plus lumineux : une jolie guitare sèche nous transporte immédiatement sur une plage paradisiaque, où des samples de vagues et de mouettes vous rappellent que le farniente n’a pas que du mauvais. Percussions afro-latines, violons, chant langoureux : la richesse instrumentale de ce premier titre ne se démentira jamais. On se promène sur ce disque entre toutes les influences de la deep-house : balléarique, afro, latino, une multiplicité d’instruments et d’ambiances se déploient le long de ces onze compos aux titres évocateurs, qui convergent toutes vers la plage, le soleil, le hamac et la pina colada.

Loin de perdre son souffle sur la durée, la science de la langueur de Prommer & Barck, non dénuée d’intensité, resplendit d’un bout à l’autre de ce disque. On s’imagine danser avec son aimé(e), corps contre corps, se délectant de l’odeur de sable et d'oc"an de sa peau. Même les vocaux chantés, souvent le talon d’Achille des producteurs de deep-house, s’intègrent à merveille à l’ensemble. Ne descendant jamais sous la barre des cinq minutes, tous les morceaux prennent le temps d’installer leur énergie : Lovin’, Everything, Gladys Night, Soweto Symphony ou Journeysont tout simplement des perles de deep-house, subtiles et racées. Même lorsque le ton se durcit légèrement sur Dr. Jeckyll & M. Hyde, ou le fabuleux The Barking Grizzle (Detroit – Berlin), l’état de grâce du duo n’en ressent nul ombrage. Même la douce mélancolie de Sleeping Beauty ou du conclusif Faces from the past paraît bienveillante, augurant la nuit tombée l’éternelle réapparition du soleil fier, le lendemain, au-dessus de l’océan.

 

Incontestable réussite, sinon coup de génie mémorable, cet Alex and the Grizzly nous emporte bien loin du béton des villes, vers un paradis virginal et auditif qui n’attend que sa calme défloraison. Un disque à écouter dans les froids dehors de l’hiver, afin de se réchauffer le corps, le cœur et l’âme.

 

http://www.righton.fm/img/review/prommer.jpg

par Pingouin Anonyme

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 21:00

 

Date : mardi 22 novembre

Lieu : Divan du Monde, Paris 

 

En ce mardi 22, le crew de Jarring Effects a quitté le Rhône pour l'Ile-de-France à l'occasion du live de Picore. La formation lyonnaise joue au Divan du Monde, petite salle de Pigalle circulaire, repère de poètes décadents au XIXème, en compagnie de Aucan et de Idem. Les premiers, célèbres pour leur carton Black Rainbow, que même notre aigri en chef n'avait pas réussi à détester (chronique ici) et les seconds dont je n'avais personnellement jamais entendu parlé. 

 

La soirée s'annonce sous le signe de la conjonction guitare/basse/batterie et électronique. Lorsqu'on pénètre dans la salle, le trio de musiciens d'Idem est déjà sur scène. Le groupe distille du noise rock aux textures brouillées. Ils sont rapidement rejoins par la chanteuse, dont la voix grave et caverneuse nimbe les riffs d'une fièvre un peu hantée. La musique du groupe de révolutionne rien, mais le processus fonctionne. Les morceaux des ligériens sont de bonnes mises-en-bouches à la rafale qui va suivre, et cela se préssent. Des phases calmes, à la lisère du dub, répondent à des flambées plus intenses durant lesquelles le batteur surexcité se penche à en avoir la tête sur les cymbales. Après un changement de plateau proportionnellement long à la quantité d'instruments nécessaire, arrive enfin ce pour quoi le Pingouin et moi-même étions venus, Picore, qui a sorti le mois dernier un troisième album, l'incroyable, le sublime et irrespirable Assyrian Vertigo (chroniqué ici).

Le groupe trimballe une réputation d'ouragan scénique, qui n'a rien, mais alors rien d'empruntée. Les six membres démarrent tous azimuts, sur un Ziggurat hystérique. Le batteur/percussionniste joue à la fois assis et debout, le joueur de clarinette est à genoux, les mecs font crisser leur matos et déversent furie et sueur par litres. Le deuxième morceau s'ouvre sur les doux martèlements de l'introduction de l'exceptionnel Meure Menace. La dimension progressive, la tension paroxysmique  qui imprègne Assyrian Vertigo se trouvent sur scène démultipliées. Leurs effets sur le corps aussi. Alors que les vrilles me perforent consciencieusement le crâne, le chanteur, qui s'est masqué d'une tête de zèbre, mime des rapaces à l'agonie. Son compère, sortant un extincteur, lui crache à la gueule des gerbes de mousse du plus bel effet. L'attitude, les paroles libertaires, le son sans une once de compromis, les mises-en-scènes et les instruments improvisés de Picore sont d'une ingénieuse et géniale sauvagerie. Je bondis en entendant le batteur prononcer « Gilgamesh, sérieux? ». Comme le reste, mon morceau préféré se retrouve transcendé par les conditions du concert. Alors qu'il semblait qu'ils avaient joués trois morceaux (sept en réalité), le groupe clôt sa prestation par un Sardanapal III dont les drones n'en finissent de monter en intensité. Les deux chanteurs se sont alors recouverts d'une bâche blanche. Equipés d'une petite meule et d'un fusil à aiguiser, ils font gicler des étincelles, qui fusent sous leur tipi de plastique. Le batteur renverse ses caisses claires et la prestation de Picore s'achève comme une explosion. Une mi-temps s'impose après une telle claque. Lorsque l'on re-rentre, les Italiens d'Aucan ont débuté leur live. Si je ne suis que très moyennement friande de leur musique sur disque, il va sans dire qu'Aucan est un très bon groupe live. La puissance des instruments prend le pas sur les modulations électroniques, leur son est prenant, poisseux, entêtant, et tend parfois vers le doom. Les voix (dieu merci) sont noyées dans la masse mélodique et seules de minimes incursions de synthés entachent un poil l'ensemble. Aucan en fait, c'est comme une bande d'habiles grateux qui voudraient singulariser leur musique à coup de gimmicks électroniques. Ca peut fonctionner, ou pas. 

 

Entre leur flamme punk et le fait d'apprécier leur album en live, Picore a plus que comblé les attentes. Ils ont même dû en souffler plus d'un qui n'étaient pas forcément venu les voir eux à l'origine. Ajouté a cela, la qualité de la prestation d'Aucan et des Idem pas mauvais du tout, vous repartez avec l'impression d'avoir passé une très très bonne soirée. 

 

                          Divan

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 11:12

Sortie : 24 octobre

Label : Soma

Genre : Techno, IDM

Note : 8/10

 

The Black Dog continue inlassablement sa quête d’une techno politiquement engagée, refusant catégoriquement toute forme de compromis. Point de salut chez les Anglais, point d’espérance non plus, seule demeure la volonté de ne pas retourner le sablier du temps mais plutôt de l’éclater contre le mur : la révolution VS la subversion.

Petit rappel impératif pour les néophytes : The Black Dog c’est 20 ans d’activisme techno dont le trio de base aura vu deux membres fonder Plaid laissant Ken Downie seul aux commandes. Depuis, Ken s’est adjoint les services de Martin et Richard Dust. Les technophiles purs et durs se jetteront sans parachute de sécurité sur la techno sourde de Further Vexations (chronique ici) pendant que les fans d’ambient angoisseront sur les dérives sécuritaires du superbe Music For Real Airports (chronique ici).

 

Liber Dogma n’est pas un simple album studio, il est le fruit de l’addition de plusieurs prestations live et fait suite à la sortie de trois maxis en 2011 (avant un album de remixes disponible ces jours-ci). Quoi qu’il en soit, on reconnaît immédiatement la patte du groupe.

S’agençant comme un mix, Liber Dogma n’est pas un album tendre, au contraire, il n’en finit plus de résonner sur vos tempes, de vous provoquer. L’intelligence de Black Dog est de toujours prendre l’auditeur à contre-pied, de l’empêcher de prévoir la suite pour ainsi l’obliger à réfuter toute thèse prémâchée. Un fait demeure cependant : l’hommage constant à l’électronique des 90’s, de la techno de Detroit à l’IDM warpienne.

Liber Dogma débute ainsi par une IDM old-school idéalement planante et rappelant les travaux de Beaumont Hannant. Passé cette mise en bouche agréable, une techno métallique fait son apparition. Le groove devient vicieux sur un Drop Kick Kali suintant la drogue par tous les pores. On a à peine le temps de rentrer dans le vif du sujet qu’une première respiration, Eden 353, vient stopper net notre envie d’en découdre mais c’est pour mieux nous préparer à l’assaut suivant. Le combat peut alors commencer, la mâchoire se serre et c’est parti pour une techno anxiogène imparable, supprimant toute mélodie, se concentrant uniquement sur la texture de la basse, sur la spatialisation du son. The Black Dog délivre alors une techno directement sorti du Berghain. Les sonorités se font rampantes et la violence insidieuse. Single Light Focus fait figure de pont entre Detroit et Berlin avec sa basse lourde, vous plaquant au sol. Cela à beau être frontale, ça n’en demeure pas moins finement mené notamment grâce aux transitions parfaites. Et alors qu’on pense voir le bout du tunnel sur un Feeder Rub Out assagi, The Black Dog décide, contre toute attente, d’achever l’auditeur sur un finish encore plus massif. Le bpm s’accélère sur Worship: The Drum et vous finissez en fonçant dans le mur.

 

Dire que Liber Dogma confirme l’immense talent de The Black Dog n’aurait aucun sens. On sait depuis des lustres que les anglais sont des performers hors-pair. Saluons principalement leurs prises de positions dans un mouvement trop souvent indolore. C’est en avançant tête baissée que The Black Dog continue de satisfaire ses auditeurs. Liber Dogma est un des meilleurs album techno de 2011, c’est dit.

 

http://1.bp.blogspot.com/-8uZLSxk6Pog/TqGBU0Y6SSI/AAAAAAAABBM/DXqpX998usc/s1600/The%2BBlack%2BDog%2B%25E2%2580%2593%2BLiber%2BDogma%2B%2528Soma%2BRecords%2529.jpg

 

par B2B

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 11:12

Sortie : 31 octobre 2011

Label : 50 Weapons

Genre : Bass music

Note : 7/10

 

Très peu d’infos circulent sur le net concernant l’énigmatique entité d’Anstam. On sait qu’il s’agit d’un duo, qu’un certain allemand au doux nom de Lars Stoewe y traîne ses guêtres et puis… et puis c’est tout. Niveau musique, Anstam a sorti quelques maxis de jungle-dubstep depuis 2007. Ces derniers ont été rapidement remarqué par Modeselektor et le groupe s’est empressé de les signer sous la sous-division dubstep de Monkeytown, 50 Weapons. Pourtant, il n’est aucunement question de dubstep avec Dispel Dances mais plutôt de bass music rèche.

Anstam c’est le refus de sourire, la volonté de garder la machoire serrée et les mouvements saccadés d’une danse foncièrement individuelle. On n’est pas là pour rigoler, qu’on se le dise, Dispel Dances est un album tendu d’un bout à l’autre. Le moindre beat est concassé dans un élan nihiliste aussi étrange qu’incongru. Autant soulever immédiatement les limites du projet. En effet, en misant sur une répétitivité absolue, l’album peut vite se révéler épuisant, d’autant que la densité extrème des morceaux empêche toute respiration nécessaire. On a l’impression de faire face à une déshumanisation totale de la musique. Certains prendront assurément leur pied et après tout, c’est loin d’être regrettable puisqu’il y a chez Anstam une absence de compromis salvatrice. Et cette ambiance pesante, bien que fatigante, n’en demeure pas moins captivante. Ainsi, l’effondrement nocturne de To All The Voices, reposant sur une utilisation frontale du glitch, se maintient grâce à sa lancinance. De même, la destruction en règle de la rythmique de Handsome Talks The Talk est plutôt fine. On retiendra aussi le tendu Black Friesian Monoliths s’appuyant sur des cordes douloureuses pour les nerfs. Bien qu’inégal, l’album reste surprenant dans son approche sombre et opaque de la bass music.

Dispel Dances est un disque percussif et frontal, ne s’embarrassant pas de préliminaires inutiles. Le souci demeurant son manque d’âme, on l’écoute avec distance, sans jamais se sentir réellement concerné par la chose. C’est dommage car on sent qu’Anstam en garde encore sous le pied.

 

http://redeyerecords.co.uk/imagery/88416-1.jpg

 

par B2B

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 16:39

Date : 18 novembre 2011

Lieu : Rex Club, Paris

 

Quatre jours seulement après la sortie de son dernier et excellent mix (ici), Marcel Dettmann était de passage à Paris accompagné de son acolyte Ben Klock, dans le cadre des Nuits Capitales. Séparément, les deux DJ sont grands ; ensemble, c’est une véritable machine de guerre sonore qui ouvre le feu, et en mode all night long s’il vous plaît. En l’absence de warm-up, il n’est plus suicidaire de se rendre au Rex Club dès son ouverture, pour y entendre la paire préparer tranquillement leur terrain musical… il est minuit. Minuit trente-six, premier kick, et c’est parti pour plus de six heures d’assauts électroniques. Dépourvue à 95% de mélodies, la techno des berlinois est frondeuse, brutale et sans concession, confiante dans l’efficacité virile des seuls beats et basslines. Et les mecs ont envoyé du très lourd : setlist pointue, zéro temps mort, l’ambiance qui se dégage de l’ensemble oscille entre stupre, dope et règne post-apocalyptique des machines. Sans surprise donc, Dettmann & Klock se posent encore et toujours parmi les tous meilleurs DJ de ce bas-monde, merci pour nous !

Mais alors il fallait bien ça pour rendre cette soirée supportable ! La faute à un nombre spectaculaire de blarfs, péteuses et péteux (les dames d’abord), qui ont mis les nerfs des simples auditeurs/danseurs à rude épreuve. Entendons-nous, je ne suis pas en train de me lancer dans un couplet maintes fois entendu sur l’ambiance général du Rex Club. Mais de mémoire de Pingouin, jamais le phénomène « cours de récré pour sales gosses semi-bourges de moins de vingt ans » n’avait pris une telle proportion. Impossible de passer trente secondes sans se faire percuter par de la viande saoule quasi mineure faisant la navette entre bar et fumoir à la recherche de leurs congénères éparpillés dans le club. Certes, je ne suis pas un mec hyper-tactile, mais tout de même ! Aller fumer une simple clope relève de l’exploit physique et psychologique, et même la connasse de 19 ans au bord du coma éthylique qui m’a roulé un patin pour me remercier de lui avoir refilé une taffe ne suffira à me réconcilier avec ces foutus dégénérés. Ajoutez à cela un Rex surbondé de la cabine DJ aux chiottes, un staff habituellement peu amène et ce soir particulièrement sur les dents, et vous avez tous les ingrédients pour vous donner une furieuse envie de fuir ce véritable merdier ou de droiter le prochain mec qui vous rentre dedans avec son air d’ado débile qui semble dire : « ouais chuis con, j’te fais chier et j’t’emmerde »…  et ce, répétons-le, malgré le set immense auquel on assiste pourtant ! Qu’on n’aille pas me dire que j’abuse : il suffisait d’entendre les conversations de mecs normaux pour entendre un son de cloche identique. A cinq heures du matin, la pression électronique commençant à redescendre, c’est avec un réel soulagement que j’ai retrouvé la rue parisienne, où même les petites renois de la rue Saint-Denis vous paraissent des anges de douceur et de délicatesse. Bordel, pas facile de devoir fréquenter les clubbers…

 

http://www.tetu.com/files/visuels/Nuits_Capitales1.jpg

par Pingouin Anonyme

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 09:30

Sortie : octobre 2011

Label : Rush Hour

Genre : House, électronica, UK Bass

Note : 7/10

 

Deux albums en quelques mois, une approche réellement personnelle de la musique électronique, cela est suffisant pour me mettre la puce à l’oreille. BNJMN, Ben Thomas de son vrai nom, Anglais, 23 ans au compteur, aurait-il décidé que la musique électronique doit avant tout regarder vers le passé avant d’aller de l’avant ? Ok, il y en a un tas de gaziers qui ont décidé de faire pareil, de rendre hommage aux précurseurs (histoire de s’acheter une légitimité ?), mais il y a pourtant chez BNJMN un savoir-faire indéniable.

Black Square est la suite de Plastic World et sort, lui aussi, chez Rush Hour. Black Square c’est 9 morceaux pour une petite demi-heure d’électronica-house rétro. Rien d’extraordinaire en soi. Pourtant, il y a un travail du son plutôt intéressant derrière tout ça. Mettez une sourdine à une basse, appuyez vous sur de fines sonorités synthétiques et le tour est joué. L’impression d’écouter une musique cotonneuse, toute en formes arrondies, est alors agréable. Black Square c’est un spleen apaisant.

L’hommage aux travaux ambient de l’Aphex Twin des 90’s est évident. Mais BNJMN ne s’arrête pas là. Son truc à lui c’est de donner l’impression de fabriquer un morceau avec trois fois rien. Et là, on pense directement à Four Tet, notamment sur un Primal Pathways dont la house ouatée n’en finit plus de lentement vous envahir. Black Square est un album chancelant que l’on écoute à la tombée de la nuit, l’espoir au bout de l’horizon. Et quand le brouillard s’épaissit, comme sur le très vaporeux Black Square, on semble alors avalé par ces visions pré-nocturnes.

Black Square ne se danse pas mais s’écoute avec distraction, laissant ainsi l’esprit divaguer. BNJMN ne signe aucunement un album brillant, là n’est pas l’objectif. Il n’est question ici que d’atmosphère rétro, d’ambiances rappelant la scène anglaise des 90’s. Pourtant, l’album ne s’arrête pas à l’hommage chiant, au contraire puisqu’il s’inscrit parfaitement dans la mouvance deep actuelle, dans cette esthétique sonore privilégiant le raffinement à la vulgarité. A suivre.

 

http://images.junostatic.com/full/CS434843-01A-BIG.jpg

 

par B2B

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 16:12

Sortie : novembre 2011

Label : Music Man Records

Genre : Techno

Note : 8,5/10

 

Résident phare du Berghain, joyau d’Ostgut Ton, activiste incontournable de la scène techno, Marcel Dettmann a longtemps enchaîné les EP underground, avant de sortir un premier mix pour la série Berghain, et de faire éclater à la face du monde la puissance de son talent sur son unique LP éponyme (ici). C’est donc seulement pour son deuxième mix officiel que nous retrouvons ici notre allemand chevelu sur la série historique et hyper-sélective Conducted du label belge Music Man.

 

 Je ne sais pas si ce qui est rare est précieux, mais ce mix est tout simplement une petite merveille de techno. Qui a déjà eu la chance de voir le bonhomme en mix sait à quel point l’ambiance qui émane de ses sets tranche avec le son clubby en général : âpre, rugueux, étouffant, écrasant, certains en ressentent même des démangeaisons, comme si beats et basses, non contents d’attaquer le cortex et les jambes, commençaient d’abord par infiltrer les pores et ronger la surface de la peau. Dettmann récidive donc sur ce mix, qui condense en dix-huit titres et soixante-dix minutes une nuit trippée à « Berlin, l’enchanteresse ».

L’immense enchaînement des quatre premiers titres aurait pourtant seul suffit à notre bonheur. En introduction, un morceau ambient aux fréquences grésillantes de Sandwell District prépare le terrain au génial morceau Wismut de Signal, mis sous tension par le souffle brûlant de forges incandescentes, sur lequel des beats au rythme saccadé s’installent progressivement. C’est à  Roman Lindau qu'il revient d'envoyer la première grosse décharge, avec un Sub Suggestion qui n’est pas sans évoquer un Spastik de Plastikman recouvert de couches charbonneuses  de suie et de cambouis, avant de laisser la main au kick rageur de Mono Junk. A ce stade, vous vous retrouvez logiquement debout à sauter en l’air dans votre salon, les yeux fermés, jugulant avec plaisir une remontée d’ecsta provoquée par la seule qualité du son.

C’est à Reel by Real puis au très beau Night de Bluemoon Productions de prendre le relai pour une deuxième phase du mix, en l’installant dans la durée sans que la tension ne baisse d’un iota. Plus loin, c’est un V3 bien nommé qu’envoie Vril, puissant et dansant, avant que le Don’t Phonk de Milton Bradley impose son groove vrillé et déjanté. A vrai dire, chaque morceau de cette tracklist mériterait une mention : l’entêtant El Mar de Silent Servant avec ses trois notes de claviers qui rappelle à votre mémoire olfactive l’odeur de sueur moite des clubs, l’accalmie relative de l’enchaînement entre Morphosis et Redshape, le classique Hello Bleep! de Shed, la techno de cauchemar de The Toupe Committee et d’O/V/R (remlixé ici par Ben Klock). FBK fait parler la 808 comme d’autres font parler la poudre, avant la clôture progressive du mix par Answer Code Request, et à nouveau Shed, avec son 44a (Hard Wax Forever !), qui laisse l’auditeur essouflé et en sueur sur quelques carillons.

Avec autant de talent pour le mix, on peine à comprendre que Dettmann n’en soit qu’à son deuxième. Loin d’aligner les morceaux comme d’autres enfilent les perles sur une grossière ficelle, l’allemand parvient à restituer son propre univers sonore en puisant dans une matière sonore extérieure, mais qui ne le dépasse jamais, s’agglomérant au contraire pour former une totalité cohérente d’un bout à l’autre. Encore une fois, le travail de Dettmann écrase de façon prévisionnelle le reste de la concurrence, et parvient à placer haut la main ce mix comme l’un des tous meilleurs de 2011. Encore !

 

http://d2d.up.seesaa.net/image/marcel-dettmann-conducted-20110930.jpg

par Pingouin Anonyme

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:59

Date : 30 novembre - 4 décembre 2011

Lieu : Rennes

 

S'il y a bien un festival défricheur en France, c'est les Transmusicales de Rennes.

Cette année, Chroniques Electroniques ira faire son marché, le temps d'un weekend, afin d'y dénicher des groupes, artistes intéressants. Mais on ira aussi voir et écouter Agoria, Niveau Zéro, Shabazz Palaces, Todd Terje,...

On vous racontera tout cela en détail dès notre retour.

 

http://media.paperblog.fr/i/485/4853183/transmusicales-2011-L-VQietM.jpeg

 

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 09:33

Sortie : novembre 2011

Label : Smallville

Genre : Deep-house

Note : 9/10

 

Il m’a fallu du temps pour digérer cet album, du temps pour parvenir à ce constat désormais immuable : The Story About You de Moomin est le chef d’œuvre deep-house de 2011. Les écoutes ont du s’enchaîner, s’espacer, se vivre, pour rendre l’album tangible. Rare sont les LP arrivant à totalement figer le temps tout en supprimant l’environnement autour. Vous n’écoutez plus, vous êtes. Se retrouver dans une bulle pendant 1h, sans aucun effort nécessaire, est un luxe et Moomin en est l’instigateur.

 

Sebastian Genz est un illustre inconnu en France. Le berlinois ne joue d’ailleurs que chez lui pour le moment mais, soyez en certain, la reconnaissance finira par arriver. Le mec n’a jamais sorti d’album, tout au plus une poignée de maxis. Chez Smallville d’ailleurs, on évite de sortir des longs formats, le pari étant trop risqué. En gros, l’écurie pond un album par an et, à chaque fois, tape dans le mille (Christopher Rau l’an dernier, ici). La maison préférant la rareté de la perfection au gavage médiocre, c’est dire à quel point elle a confiance en Moomin.

Les coutumiers de John Roberts vont trouver ici le parfait médicament de substitution à Glass Eights (meilleur album tech/house de 2010 selon nous, ici et ici). The Story About You c’est de la deep-house d’esthète, un objet sonore d’une clarté irréprochable, possédant un grain unique et reposant sur un son d’une pureté absolue. Cet album pue tout simplement la classe !

Ce qui reste désarmant, c’est cette apparente facilité. Nous sommes loin, très loin, de la branlette musicale. Il n’est pas question de faire étalage de son talent mais uniquement de réussir à créer une ambiance propice à la danse lascive, à la béatitude teintée d’une fine mélancolie. L’album s’appuie principalement sur une lancinance permanente. Les morceaux se déploient rapidement pour s’imposer ensuite avec nonchalance, sans jamais recourir à la force puisque l’ensemble se base uniquement sur la répétitivité de sonorités cotonneuses ou cristallines. L’empreinte est durable et indélébile. L’album peut s’écouter en boucle sans jamais laisser l’impression de tout reprendre à zéro. L’éternel recommencement est une évidence et le délice intact.

Composé en grande partie avec du matos vintage (en gros toute la panoplie Roland), The Story About You n’est pourtant pas un album house rétro. Bien au contraire, il s’installe confortablement dans l’esprit deep-house actuel, laissant sa basse emplir l’espace et la coolitude l’emporter. Du sample tourbillonnant de l’entêtant You à l’atmosphère jazzy de Valentine, des fines notes de piano de The Story About You à l’ambiance décadente de Neither One (rappelant la deep-house new-yorkaise de Terre Thaemlitz), tout suinte la perfection. Les 10 morceaux composant l’album sont absolument irréprochables dans leur approche hypnotique du genre.

 

Nous sommes en novembre et le meilleur album de deep-house de 2011 est enfin tombé. The Story About You va vous faire aimer la house music. Il est d’ailleurs objectivement impossible de remettre en cause la qualité de l’ensemble. Vous faites face à un putain d’album qui pendant plus d’une heure va vous expulser de votre environnement pour vous escorter dans les profondeurs de votre âme. Vous n’avez plus qu’à vous laisser aller, vous avez entre les oreilles une pépite.

 

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par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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