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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:14

Sortie : décembre 2011

Label : Halbsicht Records

Genre : Electronica

Note : 7,5/10

 

The Last Gambit ne devait être qu'une collaboration éphémère mais Michael Belletz et Danny Fischer se sont pris au jeu. Le premier, membre restant du duo Mnemonic, a réalisé cette année le très bon Rendezvous With A Green Fairy, sous le nom d'Architrav. Le second n'est autre que le boss de Halbsicht Records, qui sort un nombre restreint de disques tous les ans mais dont la qualité est rarement discutable. Après Mafiaparty, Nice You Were There en 2009, le duo remet le couvert avec Songs For People Who Like Us.

 

Non mais déjà qu'est-ce que ce titre ? En fait quand on voit que le groupe est du genre a intituler un morceau Worms Are Better Than Me ou I'm O.K.! You're A Homicidal Maniac!, on peut penser qu'ils sont juste pourvus d'une ferme dose de dérision. Pourtant leur musique n'a rien de ludique. D'ailleurs les créations qui sortent du four de chez Halbsicht démontrent un grain flagrant, une identité d'esprit que l'on retrouve tant sur le dernier DNN (ici), que chez Mnemonic () et forcément avec les derniers Gambit. A force de mélancolie délicate et de douceur dowtempo, pas une fois ne s'est passée sans que l'expérience de la chronique ne se solde par des envolées emphatiques. Mais revenons à ces fameuses Songs For People Who Like Us. Ce second essai a gagné en cohérence, en légèreté aussi peut-être, et dans le bon sens du terme. Les petites capsules mélodiques que nous délivre The Last Gambit voguent et s'épanouissent le long de rêveries vagues. L'album fait l'effet d'un tissu dans lequel on s'emmitoufle pour ne plus entendre la rumeur morne du dehors. Sans n'avoir rien de douloureux, la nostalgie ne dessert jamais son emprise. On pourrait presque voir (entendre) des vestiges de l'enfance, perdus dans les recoins de cette électronica aux textures poudreuses. Les field-recordings sont partie intégrante des constructions fragiles en apparence, qu'érigent les deux Allemands. Remous et mouvements sont impulsés par des nappes d'ambient velouté et les beats, presque des micro-rythmes, courent à la manière de tout petits organismes sur du papier. Parfois l'absence totale de rythmique semble touchée par la grâce. Le sublime Blofeld, sur la fin, ne se pare plus que des crissement de crins, s'élevant petit à petit dans d'infinis miroitements. 

 

Songs For People Who Like Us ne marque pas à la première écoute, pas encore. En art comme dans la vie, la difficulté est d'aller au plus simple, a dit je-ne-sais-plus-quel sage individu. Il faudra donc prolonger l'immersion pour saisir toute la subtilité des manoeuvres qui se trament derrière la musique de The Last Gambit, derrière ses apparences plutôt léchées. Les amateurs de pièces méditatives et organiques pourraient y puiser de très agréables instants.

 

gambit songs-for

par Manolito

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 01:15

Sortie : novembre 2011

Label : Time Released Sound

Genre : Field Recordings, Experimental

Note : 8,5/10

 

L'hiver dernier, Wil Bolton nous apprenait qu'il n'était pas seulement la moitié fondatrice du label Boltfish (spécialisé dans l'electronica bien organique) où il officie d'ailleurs sous le joli nom exotique de Cheju. Son magnifique album Time Lapse (ici), paru sur la souvent excellente maison Hibernate Recordings, avait dévoilé une facette bien différente. Plus "musicienne", plus abstraite aussi, lorgnant vers le drone et les compositions électro-acoustiques. Si les productions de Boltfish ont quelque peu perdu en qualité cette année, Wil a lui poussé ses expérimentations et ses field recordings vers une qualité remarquable. Quarry Bank, dont il est aujourd'hui question, en est le parfait exemple. Il est paru il y a peu, sur le label de Colin Herrick : Time Released Sound.

 

Quarry Bank, bled pas si paumé des West Midlands, est un symbole. De l'industrie textile britannique, mais aussi un symbole de la révolution industrielle. En curieux, Wil a même plusieurs fois visité les lieux. On dit que le site a perdu de sa superbe depuis que la bibliothèque de l'usine a fermé et qu'un centre commercial imposant s'est installé non loin de là. C'est avec beaucoup d'affection et de nostalgie que Bolton pose sa guitare et ses machines sur cet album hommage. Un hommage historique et culturel, qui peut laisser dubitatifs les français que nous sommes, nous qui avons eu l'intelligence (ironie inside) de complètement désindustrialiser notre beau pays. Notre génération ne fut pas témoin des révolutions qu'ont connu l'Allemagne ou l'Angleterre. Mais l'oeuvre est avant tout un objet d'écoute. Enveloppons donc cette humble chronique d'un soupçon de pragmatisme.

La qualité pure des field recordings est ici remarquable. C'en est presque troublant. Les cordes, graciles et magnétiques, accompagnent les enregistrements des machines à traiter le coton. Les drones sont parfois abruptes , mais dégagent des ondes pénétrantes et vibrantes qui procurent presque des sensations régénérantes (Calico). Mais le plus intéressant réside dans le caractère mélancolique et plein d'affection des textures. Comme si les morceaux venaient dépoussiérer des photos jaunies par le temps, pour redonner vie à des instants passés. C'est sans doute aussi ça, le soundscaping. Cette magie de l'instant ou du paysage, capturée et illustrée en musique. Le titre Jacquard est littéralement à pleurer. Tout à l'air si simple, si essentiel. 

On dit que le témoin du passé qui meurt est comparable à une bibliothèque qui brûle. Les anciens le savent, malheureusement mieux que nous. The Long Decline est semblable à une magnifique  fresque. Celle d'un ouvrier vieillissant retiré dans sa chaumière, recouvert d'une couverture pourpre aux motifs champêtres, contemplant ce qui reste de ce qui fut son environnement. Les gouttes perlent contre sa vitre, son sourire se fait plus cynique face aux dérèglements du grand progrès. La théière a sifflé, il est désormais temps de rendre un dernier souffle et de rejoindre la pleine liberté des feuilles mortes éprises d'un dernier voyage. Le temps a passé.

 

Quarry Bank est une belle oeuvre courte suintant l'humilité. Elle est aussi parfaitement idéale, de par sa facilité d'accès, pour ceux qui souhaiteraient placer un premier pied vers les field recordings. Pressé à un nombre plus que confidentiel (100 exemplaires), cet album est emballé dans un packaging plus qu'attrayant. Le peu d'élus qui auront la chance de l'acquérir ne le regretteront pas. Les nouvelles trajectoires prises par Wil Bolton sont passionnantes. Qu'on se le dise.

 

http://timereleasedsound.com/html/wp-content/uploads/2011/10/trs-10_400.jpg

par Ed Loxapac

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 22:49

Comme chaque année, nous livrons ici ce que nous jugeons être le meilleur du cru 2011. Cette fois encore, beaucoup de disques manqueront. Pas par partialité, mais surtout parce que tous les labels ne nous envoient pas leurs réalisations. Nous sommes comme chaque année ouverts aux suggestions, aux critiques et aux quolibets. Bon millésime à vous.

 

 

 

20 - http://img.over-blog.com/300x300/2/47/16/19/manon/swp_prozac_front.jpg Sound Wave Pressure - Prozac (Liminal Recs) -------> chronique ici

 

19 - http://www.hymen-records.com/all/hymen-y789-x3.jpg Millipede - Powerless (Hymen Records) -------> chronique ici

 

18 - http://www.abstraktreflections.net/images/rroo_into_a_cloud.jpg R.roo - Into A cloud (Abstrakt Reflektions) -------> chronique ici

 

17 - http://ecx.images-amazon.com/images/I/51NHzreK%2BBL._SL500_AA280_.jpg Melorman - After Noon (Sun Sea Sky productions) -------> chronique ici

 

16 - http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/229815/gd/131213809578/Submerged-before-fire-I-was-against-other-people-2011.jpg Submerged - Before Fire Was Against Other People (Ohm Resistance) -------> chronique ici

 

15 - http://f.bandcamp.com/z/20/50/2050148662-1.jpg Frank Riggio - Texturtion/Distosolista (Deepvast) -------> chronique ici

 

14 - http://www.mowno.com/wp-content/uploads/2011/05/sten180.jpg Stendeck - Scintilla (Tympanik Audio) -------> chronique ici

 

13 - http://img.over-blog.com/300x300/2/47/16/19/manon/1568023565-1.jpg DNN - When Things Stop To Move (Halbsicht) -------> chronique ici

 

12 - http://igloomag.com/wp/wp-content/uploads/2011/05/Ahnst-Anders_home.jpeg Ahnst Anders - Home (ant-zen) -------> chronique ici

 

11 - http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/uploads/front_big-1kx1k-300x300.jpg Undermathic - Deleted (Tympanik Audio) -------> chronique ici

 

10 - http://img.over-blog.com/300x300/2/47/16/19/manon/2134508407-1.jpg Phoenecia - Demissions (Schematic) -------> chronique ici

 

09 - http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/uploads/horizon-cover-web.jpg Erode - Horizon (Tympanik Audio) -------> chronique ici

 

08 - http://www.speakerfire.com/images/products/preview/11715.jpg Normotone - Inward Structures (Tymapnik Audio) -------> chronique ici

 

07 - http://igloomag.com/wp/wp-content/uploads/2011/05/k-pflum_nnml.jpeg Karsten Pflum - No Noia My Love (Hymen) -------> chronique ici

 

06 - http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/7/8/6/4025858036687.jpg Flint Glass & Polarlicht 4.1 - Zoran's Equation (Funkwelten) -------> chronique ici

 

05 - http://classementdesblogueurs.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2011/04/Aes_Dana-Perimeters-2011.jpg Aes Dana - Perimeters (Ultimae) -------> chronique ici

 

04 - http://img.over-blog.com/300x300/2/47/16/19/vincent/enduser.jpg Enduser - Even Weight (Ad Noiseam) -------> chronique ici

 

03 - http://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2011/12/Tapage-300x271.jpg Tapage - Overgrown (Tympanik Audio) -------> chronique ici

 

02 - http://img.over-blog.com/300x300/2/47/16/19/vincent/TA060-Access_To_Arasaka-Geosynchron-Tympanik_Audio.jpg Access To Arasaka - Geosynchron (Tympanik Audio) -------> chronique ici

 

01 - http://www.adnoiseam.net/store/images/adn139.jpg Semiomime - From Memory (Ad Noiseam) -------> chronique ici

 

 

 

par Ed Loxapac et Manolito

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 10:21

Sortie : 6 décembre 2011

Label : Ghostly International / Gusstaff Records

Genre : Electronica ethérée, classique moderne

Note : 7,5/10

 

Le Polonais Michal Jacaszek officie depuis une petite dizaine d’années dans la musique électronique. La relative confidentialité de ses travaux demeure une injustice dans le milieu électronique tant les créations du bonhomme sont captivantes. Jacaszek est un compositeur inspiré d’une électronica-ambient puisant sa moelle dans un héritage classique. La sortie de Glimmer devrait enfin le révéler au plus grand nombre puisque le label Ghostly International a décidé de se pencher sur notre artiste en sortant son dernier album (déjà disponible sur le label Gusstaff depuis deux mois).

 

Jacaszek est un pointilleux, du genre à passer 40h sur une simple note afin que celle-ci apparaisse telle une révélation à l’auditeur attentif. Car oui, Glimmer est un album exigeant et réclamant une réelle implication durant son écoute. Savant mélange d’une musique instrumentale classique (tout est convoqué, des cuivres aux cordes) et d’une électronica éthérée, Glimmer est un album austère. Pourtant, l’utilisation de l’électronique n’est là que pour mieux souder l’ensemble et même tenter de plus profondément humaniser chaque morceau en le fragilisant. Derrière une note de guitare ou de piano surgit souvent une sonorité organique chancelante. L’approche très minimaliste de Jacaszek donne à l’ensemble un enrobage mélancolique indéniable.

Tout est alors question d’ambiance. Glimmer ressemble à une B.O. imaginaire d’un western désabusé. Ca sent les déserts d’Arizona au coucher du soleil. Le climat est lourd. Les vautours tournoient autour de vous. Malgré l’austérité de l’album, on y décèle en permanence une violence contenue, comme un règlement de compte fantasmé à Tucson, où votre pire ennemi sont les rafales de vent vous projetant de la poussière à la gueule. Le superbe Dare-gale n’en finit plus d’imposer sa tension avant de vous absorber littéralement avec son finish massif. De même, l’impression de vivre une fragile accalmie matinale sur Evening Strains To Be Time’s Vast, grâce aux instruments, se trouve vite rattrapée par l’arrivée d’une tempête de sable dont les sonorités électro-noise finissent par tout emporter sur leur passage. Il est d’ailleurs important de souligner l’énorme travail de Jacaszek sur les textures électroniques.

 

Glimmer est un mirage. En regardant l’horizon, on finit par avoir l’impression que la terre instrumentale ne fait plus qu’un avec le ciel électronique. Pris dans cette hallucination, on décide alors de marcher à la rencontre de cet impossible. Et Glimmer devient alors cet album impalpable mais profondément fascinant.

 

http://cdn.ghostly.com/images/artists/230/albums/372/GI-147_1400x300_540_540.jpg

 

par B2B

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 19:23

Sortie : novembre 2011

Label : Raumklang Music

Genre : IDM, Néo-classical, Ambient

Note : 8/10

 

2011 fut une sacrée année pour R.Roo. Entre son album sur Abstrakt Reflections (ici), son capiteux Ache (ici) ou son projet Sound Wave Pressure (ici), s'il y a eu un artiste qui marqua ces derniers 12 mois par sa productivité et la qualité sans cesse renouvelée de ses créations, on peut sans trop de risque nommer l'Ukrainien. Quoique, niveau stakhanovisme, nul ne battra jamais Pleq, mais là n'est pas la question. C'est sur Raumklang Music que Ruga Roo délivre son troisième opus, Broken Time qui à nouveau, ressemble si peu à ses prédécesseurs.

 

R.Roo semble avoir fait table rase, balayant les fioritures et tout ce qui pourrait biaiser l'essentiel. A savoir ce qu'il reste après l'ouragan, un calme troublé seulement par la poussière qui retombe, qu'un souffle désormais pur fait voltiger. Andriy Symonovych puise au coeur de la dimension néo-classique de son art. Son perpétuel piano est la plume qui déroule son récit. Contemplatif, voué à l'introspection, Broken Time se fait ode au vide et aux silences tant l'espace paraît grand dernière la ténuité des beats. Broken Time, A Broken Clock, Laugh In Her Broken Eyes, les brisures, qui montrent la réalité brute des choses, sont le pivot de la narration de R.Roo. Cet album recouvre 18 bouts d'histoires craquelées, empruntes non pas de hargne funèbre, mais d'une noirceur assez belle, d'une tristesse tangible et claire. Broken Time n'est pas de ces albums passe-partout, il faut choisir son heure pour y sombrer. Si le désespoir fait suffoquer, l'embrasser est promesse de rémission. Sans être le premier à le faire, R.Roo montre que l'épuration est génératrice de force, qu'en allant au plus gracile, on va aussi au plus perçant. Sans jamais perdre sa subtilité, son IDM se trouve ici réduite à un échantillonnage impliquant le minimum d'éléments, accordant au glitch toute la place qu'il mérite. Certains intervenants modulent tout de même cette conception minimaliste, qu'ils soient issus de captures radio ou de complaintes féminines et balbutiantes (le superbe Her Movie). 16 titres et deux remixes composent Broken Time, celui, version dark allegretto, de Laugh In Her Broken Eyes par Tapage et la surprenante relecture de Her Movie par Cloud Roots, qui verse dans l'indus acre et crissant, véritable tâche d'huile en pleine étendue downtempo. Parmi les points d'orgue du tableau que compose R.Roo, quelque part entre chien et loup, se détachent l'enténébré My Rue, l'ambivalent et magnifique Fireflies, Drain Myself, We Play The Search, You Enderstand Me et sagte er, es war, als sollte die scham ihn uberlen. Une question demeure, pourquoi avoir sorti la version physique de ce splendide album dans une boîte de dvd...?

 

On ne peut dire que la musique de R.Roo ai gagné en maturité. Ceux qui ont poncé Into A Cloud savent que dès le début, le bonhomme avait tout d'un individu sérieux. Non, avec Broken Time, l'Ukrainien met à découvert une fibre émotionnelle neuve, magnifiquement servie par un écrin d'IDM éthérée et de compositions classiques modernes.

 

582851010-1

par Manolito

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 09:37

Ceci n'est pas un classement mais une sélection (par ordre alphabétique) des 20 albums orientés expérimental, ambient, dark ambient, drone, neo-classical qui nous ont accaparés en 2011.

 

 

diorama-cover  a.d.l.r.Foam on the Way of Space-Time... (Non Projects) --> chronique ici

 

planetary-assault-systems-the-messenger  Deaf Center Owl Splinters (Type) --> chronique ici   

 

jk kawasaki   Empusae & Shinkiro   Organic.Aural.Ornaments (Ant-Zen) --> chronique ici    

 

liber-dogma  Fennesz + Sakamoto - Flumina (Commmons) --> chronique à venir

 

88416-1.jpg  Field Rotation - Acoustic Tales (Fluid Audio) --> chronique ici

 

CS1820947-02A-BIG Tim Hecker - Ravedeath, 1972 (Kranky) --> chronique ici

 

Roman-Flügel-Fatty-Folders1 Klaus Kinski - Scape Destructive Putrescent (Echomania) --> chronique ici

 

kangding ray-or Kreng - Grimoire (Miasmah) --> chronique ici

 

Emptyset Demiurge CD Moritz von Oswald Trio - Horizontal Structures (Honest Jon's) --> chronique ici

 

The-Story-About-You-Moomin-Smallvillelp04-AC165158-300 Alva Noto & Ryiuchi Sakamoto - Summvs (Raster-Noton) --> chronique ici

 

nicolasjaar sleeve Oneohtrix Point Never - Replica (Software Rec / Mexican Summer) --> chronique ici

 

1315846514 cover Picore - Assyrian Vertigo (Jarring Effects) --> chronique ici

 

Robag Wruhme-Thora Vukk Pleq & Spheruleus - A Silent Swaying Breath (Audio Gourmet) --> chronique ici

 

Robag Wruhme-Thora Vukk Roly Porter - Aftertime (Subtext) --> chronique ici

 

1299220795 3lucy-wordplay-for-working-bees-sacd001 R.roo - Ache (Someone) --> chronique ici

 

The-Story-About-You-Moomin-Smallvillelp04-AC165158-300 Shlohmo - Bad Vibes (Friends of Friends) --> chronique ici

 

nicolasjaar sleeve Solar Fields - Until we meet the Sky (Ultimae) --> chronique ici

 

1315846514 cover Spheruleus - Voyage (Hibernate) --> chronique à venir

 

Robag Wruhme-Thora Vukk Ricardo Villalobos & Max Loderbauer - Re:ECM (ECM) --> chronique ici

 

1299220795 3lucy-wordplay-for-working-bees-sacd001 Chris Watson - El Tren Fantasma (Touch) --> chronique ici

 

 

par toute l'équipe

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:05

Sortie : novembre 2011

Label : autoproduit

Genre : Dark Ambient, Expérimental

Note 7,5/10

 

A Bleeding Star, derrière l'emphase de l'avatar se cache un individu connu par certains privilégiés sous le nom d'Alex Goth. Résidant du sol de l'Ontario, à Ottawa, ce gothique personnage dont le ton incisif n'a d'égal que la sensibilité, s'est constitué au gré de ses obscures pérégrinations artistiques, un corps de fans, restreint, au vu de sa confidentialité mais passionnés, souvent féminins… Il faut dire que l'homme dont la musique est une symbiose de dark ambient et de guitare acoustique jouit d'une réputation d'exigence et de bon goût musical, concernant des sphères expérimentales, néo-classiques, drones ou IDM. Non-signé, ABS sort ses créations sur la toile, pièces ésotériques aux titres interminables flirtant entre néologismes et ancien anglais pouvant durer plus de 30 minutes. La dernière en date s'intitule The Aesoteric Cartography Of My Astral Travel'd Phantasmasy.

 

Se livrer à la chronique de cet album – 9 titres pour 36 minutes – dans un train filant au travers des paysages enneigés d'un après-midi lumineux s'avère on ne peut plus adéquat, particulièrement à l'écoute du très beau Magickally Snowscaped & Passionately Bloodstained on Her Majesty's Ghost Train. Les végétations denses et magiques, les eaux noires, la froideur craquelée des saisons froides sont des inspirations notables aux compositions d'ABS, qui prennent la forme de filets de brumes électriques et changeants, que des perturbations glaçantes viennent nourrir. Il y a un an tout juste, on avait l'occasion d'évoquer les travaux du Sir Alex Goth, par le biais de la compilation Snowflakes de Raumklang Music (chroniquee ici). While Blazed.., le titre en question trône aujourd'hui au beau milieu de l'album. On peut être tenté de croire que le son dont il est question ici sombre dans un trop grand hermétisme. Ce n'est pourtant pas le cas, aussi expérimentale soit-elle, la musique d'ABS représente beaucoup plus qu'un brouillard d'ambient noirâtre. La puissance romantique qui en ressort est prodigieuse, et ce même si la guitare, dont les des cordes semblent pincer nos nerfs, se fait moins humaine et touchante que sur un Avalanched in a Grim Winter's Frostbitten Romance... par exemple. En un claquement d'aile charbonneuse, The Aesoteric Cartography a l'étrange pouvoir de vous envelopper dans un état de vulnérabilité émotionnelle, sorte de torpeur sensible dans laquelle on se love et attend avec délices le nouvel assaut d'une houle ébène et ivre. Ainsi la beauté vacillante de la mélodie qui s'élève sur Magickally Snowscaped derrière une façade de drones pourrait transpercer la glace. Son charme tenu et bouleversant fait d'ailleurs penser à 36. On peut également évoquer la scission céleste et la mélopée au goût de grands espaces nordiques qui composent la pièce d'ouverture. Il faudrait parler de la sensation surréelle qui commence à vous assaillir à la moitié de l'oeuvre et s'attarder sur la berceuse d'un autre temps et d'un autre âge que constitue As I Swam Deeper Into Dark Ancestral Waters... Mais certaines perceptions ne peuvent jamais être fidèlement décrites. Que ceux qui souhaitent s'immerger sachent seulement que cette hallucinée cartographie est disponible gratuitement (ici).

 

De nombreux musiciens ont des idées, peu ont une pensée. Rare sont ceux qui élèvent le rejet du monde et la survie le long de chemins erratiques semés des lueurs de la débauche au rang d'art réel. A Bleeding Star est de ceux-là, dessinant depuis sa crypte une musique fantasmée et suintant la folie.

 

The-Aesoteric-Cartography-of-My-Astral-Travel’d-Phantasma

par Manolito

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 09:35

Top 15 des meilleurs albums techno/house de l'année 2011 (top 2010 ici), sélection de compilations, mixes et rééditions.

 

 

15diorama-cover  Dominik EulbergDiorama (Traum) --> chronique ici

 

14 planetary-assault-systems-the-messenger  Planetary Assault Systems The Messenger (Ostgut Ton) --> chronique ici   

 

13 - jk kawasaki  Stereociti Kawasaki (Mojuba) --> chronique ici    

 

12 - liber-dogma  The Black Dog Liber Dogma (Soma) --> chronique ici

 

11 - 88416-1.jpg  AnstamDispel Dances (50 Weapons) --> chronique ici

 

10 - CS1820947-02A-BIG The Field Looping State Of Mind (Kompakt) --> chronique ici

 

9 - 333-copie-2 Sandwell District Feed-Forward (Sandwell Disctrict) --> chronique ici

 

8 - Roman-Flügel-Fatty-Folders1 Roman FlügelFatty Folders (Dial) --> chronique ici

 

7 - kangding ray-or Kangding Ray Or (Raster Noton) --> chronique ici

 

6 - Emptyset Demiurge CD EmptysetDemiurge (Subtext) --> chronique ici

 

5 The-Story-About-You-Moomin-Smallvillelp04-AC165158-300 Moomin The Story About You (Smallville) --> chronique ici

 

4 nicolasjaar sleeve Nicolas Jaar Space Is Only Noise (Circus Company) --> chronique ici

 

31315846514 cover Alva NotoUnivrs (Raster Noton) --> chronique ici

 

2Robag Wruhme-Thora Vukk Robag WruhmeThora Vukk (Pampa) --> chronique ici

 

1 1299220795 3lucy-wordplay-for-working-bees-sacd001 Lucy Wordplay For Working Bees (Stroboscopic Artefacts) --> chronique ici

 


----------------------------------------------------------------------------------------------

 

 


SELECTION DE COMPILATIONS TECHNO/HOUSE 2011

 


00-va-echocord jubilee compilation-echocordcd10-cover-2011 Echocord Echocord Jubilee Compilation (Echocord) --> chronique ici

 

carl-craig-we-aint-dead-yet Planet E TWPENTY (Twenty F@%&ing Years of Planet E) (Planet E) --> chronique ici

 

RP342982 Label SAM010 1200px Stroboscopic Artefacts Monad I - X (Stroboscopic Artefacts) --> chronique ici

 

 


SELECTION DE MIXES TECHNO/HOUSE 2011

 


resize box it -resources-product-images-37003-VOL8jpg.350x3 Dixon Live at Robert Johnson vol.8 (Robert Johnson) --> chronique ici

 

mmcd036-front-cover Marcel Dettmann Conducted (Music Man) --> chronique ici

 

berghain 05 marcel fengler Marcel FenglerBerghain 05 (Ostgut Ton) --> chronique ici

 

 

 

EXTRA – Les deux meilleures rééditions de l’année

 

 

333-copie-1 K-S.H.E.Routes Not Roots (Skylax) --> chronique ici

 

cover-homepage large Theo Parrish Uget (Ugly Edits) --> chronique ici

 


par B2B et Pingouin Anonyme

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 13:33

Sortie : décembre 2011

Label : Tympanik Audio

Genre : IDM, Cyberpunk

Note : 9/10

 

Est-il aujourd'hui nécessaire de rappeler à nos lecteurs qui est Robert Lioy ? Derrière son avatar digital d'Access To Arasaka, il est plus que probablement l'artiste qui a apporté l'impulsion nécessaire à ce genre batard que l'on nomme nous même IDM. Influencé par des références absolues comme Autechre ou Chris Clark, ses oeuvres cyberpunk et apocalyptiques trahissent une maîtrise technique époustouflante. Le létal Oppidan (ici) ainsi que le frénétique et inhumain Void(); (ici) avaient bâti les fondations d'un univers gouverné par les machines. Depuis Orbitus (ici), un sentiment plus émotionnel transpire de ses hyper-productions. Le Geosynchron d'aujourd'hui est librement inspiré du dernier tome de la trilogie de David Louis Edelman. De là à penser qu'ATA pose ici la pierre finale de sa propre trilogie sur Tympanik, il n'y a qu'un pas. Un petit pas pour l'homme, un immense pour la musique électronique.

 

Faisons table rase de ce qui a vécu. Et de ce qui est mort. Ne rouvrons donc pas la chapitre où l'homme a érigé un système qui l'a dépassé pour finalement causer sa perte.

Les lumières crues des mégalopoles se sont éteintes pour laisser poindre un soleil noir étiolé. L'anéantissement des structures organiques par les machines a laissé place à une nuit permanente, à un chaos sans nom, où les clivages raciaux et sociaux se sont effacés pour que le simple instinct de survie prédomine. Combien de morts pour une poignée d'élus ? L'espèce humaine s'est pris dans la gueule le météorite que les dinosaures n'avaient pas senti venir. Vient donc le temps de l'exode, d'une nouvelle genèse pour ce qui reste de l'humanité. Il est temps de partir à la recherche de zones franches et libres, là où un hypothétique cessez le feu avec les gargouilles cybernétiques et les nouveaux êtres hybrides est possible. Là où l'implacable machine d'annihilation ne répandrait pas ses fumées noires et ses pluies acides. Ce lieu, Sion post-moderne, est un mythe. Dans sa lente transhumance, l'humain ne semble rien avoir appris de ses erreurs du passé. Même à l'agonie, notre espèce ne s'est pas émancipée de sa perpétuelle quête de pouvoir, de sa foi en Dieu et en une hypocrite démocratie. Le dernier chapitre est planté. La fin est proche.

Bien que définitivement touchée par des textures spatiales, la musique d'Access To Arasaka illustre une certaine odyssée de l'espèce. Geosynchron n'est pas possédé par la fièvre anarchique de void(); ni par la majesté d'Oppidan. Il est pourtant son ouvrage le plus personnel, dépeignant la résistance et le refoulement de ses propres limites, la discordance individuelle et l'impuissance face à la peur. Rarement sa musique n'a rejeté tant d'écorchures. Les spectres ambient qui émergèrent sur Orbitus ont atteint leur point de transmutation. Les nappes, ces parois immatérielles, se déchirent en exhalant des ondes vrombissantes. A la manière d'un avant-propos, les premiers titres enveloppent l'esprit et collent des images devant les yeux. Les trames se dessinent, les enjeux se devinent, brumisés par des vagues nébuleuses (Ixion). Mais telle la perquisition de la lune au début d'Ubik, on voit venir trop tôt la substance perturbatrice. Talitha, ou l'hymne divin de l'innocente déchéance. Rarement ATA n'a infligé à ses sons cette pluie vorace de breakbeats, semblable à des aiguilles acides cisaillant nos connexions. Il y a par la suite comme une odeur de paix, d'accalmie factice dans les décors d'Oberon. Mais une pincée de sable, comme un battement d'ailes de papillon mutant, a pénétré les rouages. Le conflit, ambivalent, épique et déséquilibré peut reprendre ses droits.

Comme sur Metax et Oppidan, ATA épure ses lignes pour intégrer une voix, celle de Jamie Blacker sur le superbe Lysithea. Ce track n'annonce pas de transition, c'est une bouffée d'air (pas complètement pur quand même) qui sonne à la manière d'une comptine cold wave rassurante pour canaliser les peurs et les angoisses des enfants que nous fûmes. Une prière face à un avenir incertain mais nécessaire. Alcyone, Kaguya et Rana poursuivent le sillon destructeur des conflits et des angoisses de notre monde moderne. Des tissus d'interférences surréalistes, des lambeaux temporels dont la consistance se dissipe. D'une lente descente vers les tréfonds d'une âme anonyme et fragmentée, que seuls d'épars rayons embrasés illuminent, exceptionnellement.

 

Robert Lioy signe ici un nouveau chef d'oeuvre. Mais il y a comme une saveur de fin de cycle dans ces aventures torturées et apocalyptiques. Que peut-il bien nous réserver pour la suite ? Seul lui le sait. Mais s'y autorisera-t-il ? 

This is my desire for a dark future with neon cities and cyberware. My longing for fully interactive neural internet, gang warfare and corporations acting as governments. Monolithic arcologies reaching for the sky in acity that's constantly shrouded by rain. It's what I would hear in the soudtrack of the Chatsubo. In freezone. In the metaverse. It is the aural vision of the world I wishI lived in. Ainsi parlait Access To Arasaka.

Il restera de notre époque quelques oeuvres saine et inspirées. Il restera la musique et l'homme. l'homme contemporain qui n'a plus le temps d'aimer, qui n'a plus les ressources de la solitude. Il restera l'homme éternel dans la cité multiple, les pieds rivés au quotidien, avec une poitrine de rossignol et des mains de terrassier.

 

TA060-Access_To_Arasaka-Geosynchron-Tympanik_Audio.jpg

par Ed Loxapac et Manolito

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 22:06

Sortie : octobre 2011

Label : Force Inc. Music Works / Mille Plateaux

Genre : Glitch, Ambient, Minimal, Dub Techno

Note : 7,5/10

 

Après un long silence, le label Force Inc. Music Works refait parler de lui, après avoir été placé sous l'aile du label allemand sous-estimé : Mille Plateaux. Et pour cette relative renaissance, c'est à un certain Marow qu'est confiée cette nouvelle sortie. On ne sait pratiquement rien de lui, si ce n'est qu'il est le fondateur avec Olaf Tonstein du netlabel berlinois Klitorik, où les deux compères distribuent seulement leurs propres réalisations.

 

Même si la teneur du son est ici résolument minimale, reconnaissons que le travail et le traitement de la texture est l'oeuvre d'un orfèvre. Les beats, semblent tailler dans un liquide fluide et limpide qui viendrait faire imploser la roche ou la glace. Ces derniers jaillissent comme les anévrismes claquent. Les glitchs ont quelque chose de Pleqien dans leur pureté. Il y a en plus de ça des phénomènes de réverbération et d'écho du son qui agissent sur les synapses comme un onguent hypnotique. Irideszenz en est le plus digne exemple, avec ce chassé croisé de pianos qui tentent de se faire un chemin au coeur d'un palais de glace. Ou comme sur Schweif, petite fable célébrant l'errance en territoire gelé, greffée de petites électrodes aspirantes. Citons également E.coli, Efeu, Ast ou Eis, comme comptines cristallines et carillonnantes plus que bien inspirées. La première large partie de l'album peut même être qualifiée d'envoûtante. Tout cela est très très beau. C'est après que ça se gâte un peu.

On avait bien senti jusqu'alors ces tentatives d'orientations tech-house, qui sans forcément inviter à la danse, essayaient de renverser la rythmique morcelée. Il y a malheureusement dans des titres comme Substrativ et Und des réflexes et un conditionnement 4/4 trop pavloviens pour être complètement honnêtes. Nul doute que ceci trouvera preneur chez les férus de dodelinement house, observateurs des braises qui éclatent au coin du feu. Tout ceci est tellement en dessous du reste, en plus d'être dans une rupture difficilement compréhensible. Les remixes de clôture relèveront certes le niveau, mais laisseront un léger goût d'inachevé et de frustrant pour les adhérents des trajectoires initiales.

 

Petite déception donc en cette fin d'album, mais qui n'éffacera heureusement pas les bien jolies perles qu'on ramasse sur ce chemin enneigé. A écouter tout de même à haut volume et avec un matériel de qualité pour éviter de se sentir face à une musique d'ascenseur. Nous allons suivre de très près les futurs travaux de ce mystérieux Marow, et le reste des sorties de Mille Plateaux par la même occasion.

 

http://www.qobuz.com/images/jaquettes/4047/4047253999534_600.jpg

par Ed Loxapac

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