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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 21:20

Sortie : décembre 2011

Label : Tympanik Audio

Genre : IDM, Post-Industriel, Dubstep

Note : 7,5/10 

 

 

c.db.sn est le raccourci de Chase Dobson. Cet originaire de Denver est l'auteur d'un premier album Into The Deep, sorti sur Elseproduct. Il a depuis, rejoint le crew de Chicago spécialiste ès IDM : Tympanik Audio. … At The End Of It All, son deuxième essai, est sorti le mois dernier, en même temps et donc légèrement éclipsé par le Geosynchron d'Access To Arasaka (ici). Omission réparée. 

 

Influencé par le shoegaze comme par l'ambient, la techno ou les musiques industrielles, Dobson a opéré un virage assez radical entre ses deux opus. Downtempo et plus linéaire, Into The Deep se forgeait principalement autour de sobres incursions technoïdes. … At The End Of It All commence d'abord par élargir et démultiplier littéralement l'espace. Où le précédent péchait par des structures un peu étriquées, celui-ci dessine des lignes de basses en forme de tentacules mouvantes et impétueuses. Si l'ensemble se montre cohérent et coule comme un fluide, l'Américain manifeste un certain attachement pour la dislocation des beats, pour le glitch qui se propage à la manière d'un frisson sur l'échine et pour les flèches fulgurantes fractionnant les rythmiques. Mais la dimension atmosphérique n'est pas en reste. … At The End est imprégné d'évocations d'un milieu spatial, vide de tout et balayé par des vents astraux. Les textures sont robotiques et la trame celle d'une potentielle lutte de pouvoir entre contrées intergalactiques. Pourront en attester les rafales criblées de Data Transmit. Non, ce que nous raconte c.db.sn n'est pas foudroyant de singularité. Mais l'homme n'est pas sans éloquence. Une indubitable puissance auréole les sinusoïdes pulsées qui parcourent l'album. Le cheminement des beats emprunte de multiples voies, prenant parfois des accents dubstep subtilement dilués. Les flottements filtrés de This Stillness Of Hours s'insèrent avec harmonie entre une voûte étoilée et des déflagrations rauques, tandis que sur le très joli titre éponyme, ces influences prennent la forme de délicate ondulations, comme portées par un cousin d'air. Lorsqu'il s'agit de toucher à l'aspect mélodique et éthéré, Dobson travaille ses sons comme du verre que l'on polit, les teinte d'une mélancolie translucide et en dégage toutes les nuances cristallines. Je nuancerais cela-dit mon emballement au regard de certains élans synthétiques, sérieusement emprunts d'un rétro-futurisme suspect. A Map Of The Human Heart aurait pourtant eu à tirer de son rythme syncopé et spongieux, mais c'était compter sans l'intervention de synthés mélancolico-flashy-paillette. Pareil sur Certain Is The Plague Of Agues, bien que le ton vintage s'avère plus vindicatif. Heureusement que des petites beautés comme A Silent Sea, dont les cyber-lacérations sont déjà parues sur la compilation Wounds Of The Earth III, Airport [Never_Land] ou Seven Days Warning, évoquant un Burial perdu entre plusieurs dimensions, assurent le change. 

 

La faute à deux titres qui écornent le constat général, … At The End Of It All s'avère légèrement inégal. De par la pluralité des décors et la complexité des méandres traversés, le voyage en vaut pourtant le détour.

 

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par Manolito

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 12:37

Sortie : Janvier 2012

Label : Warp

Genre : Private joke

Note : 3,5/10


Il est révolu le temps du double CD d'anthologie sorti chez Warp il y a 10 ans. Nous sommes aujourd'hui confrontés à un album de 24 minutes qui, dans nos rangs, a résonné comme une immense blague : 10 morceaux, 1 seul de plus de 3 minutes... Gonjasufi possédait un premier album rigolo bien que mièvre. Aujourd'hui, avec MU.ZZ.LE, il provoque un gros bide avec son sketch dégoulinant de morceaux lourdingues et sans aucun intérêt.

On tombe dans le ridicule pseudo-psychédélique, proche d'un Hip-Hop de vieillard à jouer en pleine journée dans les cimetières. C'est noisy et saturé à outrance avec comme seul intérêt de nous abrutir les oreilles. L'album est un véritable calvaire à haut niveau sonore. Il est formaté avec des morceaux linéaires et conformes n'inspirant rien. Malgré la ressemblance, on est à l'antipode du chef d’œuvre éponyme de cLOUDDEAD, qui était pour le coup varié, long, avec une ambiance unique dans une structure plus qu'originale. Impossible d'apprécier une boucle pourrie de quatre mesures se répétant sur deux minutes. Le tout saupoudré d'égosillements artificiels d'un chanteur dépressif et pompant. Gonjasufi devrait se mettre à l'auto-tune, j'en serai ravi.

Il y a une conspiration derrière cet album. Est ce une blague assumée ? Monsieur fait du plagiat sur le manifeste du Abstract Hip-Hop : Endtroducing.... Ainsi, les rythmiques de Nikels and Dime ressemblent étrangement à celle de Naplam Brain/Scatter Brain de Dj Shadow, tout comme celles de Timeout sont proches du Mutual Slump composé par le pionnier (et j'en passe, tant le nombre de ressemblance avec Endtroducing..... saute aux yeux). Outrageant encore, Blaksuit ressemble à un remix de Limit to your love de James Blake. Abus d’interprétations, où peut-être trouverez vous d'autres easter egg dans le disque de Gonjasufi ? C'est aussi peut-être une simple constatation d'un manque général de créativité, qui pousse les auditeurs à un suicide collectif. Je doute que l'artiste ai écouté son travail après l'avoir composé. L'expérimentation reste toujours en surface et s'enchaîne alors un zapping de morceaux brouillons, aux mélodies ayant à peine eu le temps de nous dire bonjour. Résumons-nous, il est impossible de s'emmerder, le temps ne nous laisse même pas ce mérite. Même en tombant dans le piège stéréotypé de l'artiste, à fumer spliff sur spliff en se prenant pour un jamaïcain, je doute que l'album rehausse en intérêt.

Comment un musicien peut-il mettre au monde un album aussi honteux dans sa forme ? Et cette voix, ce micro, je ne sais pas, égorgez-le, ou mettez-le à la guitare acoustique. Courrez dans vos maisons de quartier rencontrer les petits beatmaker de demain, au lieu de vous masturber sur les sorties blasées de Warp Records qui ne sont plus que le chat dans la gorge de la musique électronique.

 

http://musikplease.com/wp-content/uploads/2011/12/gonjasufi-mu-zz-lz.jpeg

 

par Pneu Rouillé

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 15:37

Sortie : janvier 2012

Label : Tapeface

Genre : IDM

Note : 7/10

 

A peine remis du succès critique de son dernier Overgrown (ici), le néerlandais Tapage refait parler de lui. Au dela des deux titres présentés ici, c'est l'annonce de la création de son propre label, Tapeface, qui se révèle comme l'information la plus remarquable. Tijs Ham ne rompt pas pour autant sa collaboration artistique avec le label poids lourd de l'IDM : Tympanik Audio. Cet affranchissement relatif a pour simple vocation de mettre en avant, au format digital, ses propres réalisations (pour l'instant...). La proposition du "name your price" sur son bandcamp a le mérite de mettre ne avant une alternative, et de ne pas s'assujettir plus que ça à une certaine dictature commercial.

 

Dès les premières notes, le grain inimitable de Tapage se rappelle à nos esgourdes friandes.

Emerge, et son sens mélodique nostalgique de l'enfance ravira les fans des early Warp productions. Les petites cavalcades rythmiques s'allient très bien avec des accords synthétiques dotés d'une belle sensibilité, faisant de ce premier une jolie comptine électronique.

Citizen Dropout, ses textures plus industrielles et ses beats en mailles piquée,s est plus intéressant dans sa conception, même si certaines répétitions ne s'imposaient pas forcément. Tout comme sur le premier titre, l'oreille avertie pourra palper quelques vestiges d'ambient.

 

Les deux titres présentés ici ne sont probablement pas ses meilleurs, même si ils sont indiscutablement marqués du sceau du hollandais. On attend désormais un format un peu plus long pour se faire une idée plus précise au sujet du nouveau projet de Tapage. Le potentiel est là, armons nous maintenant de patience.

 

http://f0.bcbits.com/z/70/77/707794768-1.jpg

par Ed Loxapac

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:26

Sortie : 30 janvier 2012

Label : Magazine

Genre : Krautrock, ambient

Note : 5,5/10

Je vais vous éviter le jeu des devinettes concernant Loops Of Your Heart. Il s’agit en effet du projet purement instrumental de l’illustre Axel Willner, homme à tout faire de The Field. Si vous avez l’habitude de nous lire, vous savez sans doute que l'on apprécie énormément les travaux du Suédois, notamment son entêtement à se focaliser uniquement sur les boucles musicales (chronique de Looping State of Mind, ici). Notre compère a donc décidé de s’émanciper, sporadiquement, de la machination hypnotique de sa techno pour nous livrer un pur album instrumental, aux influences krautrock explicites.


Sur le papier, And Never Ending Nights fait fichtrement monter la sève. Déjà, rien que le nom du projet laisse à penser qu’une fois de plus, il sera question de répétitivité extrême. On se dit alors qu’Axel va nous en foutre plein la gueule, nous scotcher littéralement, nous faire voyager loin, très loin. Avant même d’écouter l’album, j’avoue avoir ressenti une certaine excitation.

Et puis l’album débute, s’installe, trouve refuge dans mes oreilles et s’achève… sans m’avoir le moins du monde convaincu. Non mais sérieux, c’est une blague ce truc ? Pourtant, les expérimentations, on aime ça chez Chroniques Electroniques, mais là, je dois avouer que je suis passé complètement à côté. Deux possibilités, soit c’est moi qui n’ait rien pigé (c’est d’ailleurs possible, je ne prétends pas le contraire), soit Axel Willner s’est offert un petit caprice (sa stature le lui permettant sans doute). Parce que soyons clair, And Never Ending Nights ne présente que peu d’intérêts.

Il ne suffit pas d’utiliser des claviers vintages et une guitare pour être directement inspiré. And Never Ending Nights se compose de 7 morceaux dont 4 sont profondément chiant, sans saveur, ne provoquant qu’ennui et désappointement. On retrouve bien cette idée de la boucle éternelle mais l’enrobage est tellement minimaliste qu’il en devient rédhibitoire. Au final, la plupart des morceaux n’ont rien à développer et la messe est dite dès les premières secondes. Le but n’est pas de faire un parallèle avec les travaux de The Field mais force est de constater que la dynamique techno des albums précédents d’Axel permettait de provoquer l’auditeur afin de l’amener vers des contrées inexplorées. Avec And Never Ending Nights, on a l’impression qu’Axel n’arrive plus à se dépatouiller de ses boucles, qu’il ne sait plus quoi en faire.

Maintenant, tout n’est pas non plus à jeter. Les 10 minutes de Broken Bow révèlent une krautrock progressif tout en puissance contenue. On tient d’ailleurs là le morceau le plus hypnotique de l’album. Je retiens aussi l’ambient mélancolique de Cries et l’enivrante escapade nocturne de Lost In The Mirror puisant son inspiration dans la Kosmische Musik des 70’s.


Cela ne suffit cependant pas à rendre cet album intéressant sur la longueur. Je resterai indulgent avec Axel Willner, me persuadant qu’il s’est offert un petit détour autiste, histoire de se persuader qu’il est capable de livrer autre chose qu’une techno d’hypnose. Dommage mec, t’es passé à côté.

 

http://24.media.tumblr.com/tumblr_lxkw96oSvB1r84cj2_1326191951_cover.jpg

 

par B2B

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 19:07

Sortie : septembre 2011

Label : Hibernate

Genre : Experimental, Drone, Guitar, Abstract, Post-Rock

Note : 8/10

 

Le britannique Ben Chatwin est un guitariste de grand talent. Il a composé en tant que Talvihorros un album (Some Ambulance) sorti sur le regretté Benbecula, sur Rural Colours (division charmante de Hibernate). Son Music In Four Movements de 2010, déjà paru chez Hibernate, avait attiré les éloges et déterminé un changement de cap dans sa manière de composer. Avant la sortie cette année d'un opus live, nous nous devions de revenir sur son Descent Into Delta.

 

C'est incroyable ce qu'on peut faire avec des guitares et des pédales d'effets. Il y a bien sur également quelques agréments que l'oreille avertie reconnaîtra. 

Descent Into Delta est une oeuvre magnifique, qui peut faire penser aux premiers albums d' A Silver Mount Zion, avec certes une démarche expérimentale bien plus poussée. C'est aussi un album qui a le don d'affoler un amplificateur et les schémas classiques des courbes et de l'analyse spectrale. Chargé d'effets, d'échos et parfois même de dissonances, il est cousu d'ondes pénétrantes dévoilant des paysages sonores en clair-obscur. Idéal pour se croire allongé aux abords d'une baie déserte et sauvage, pour contempler la lumière perforer la brume, et finalement dévoiler un étrange ballet d'oiseaux migrateurs.

Il est rare qu'une musique avec autant de facettes que d'influences (en terme de genres) déploie un aussi large spectre émotionnel.

Descent Into Delta est un hommage aux cordes (électriques ou acoustiques). Celles auxquelles on se raccroche plus qu'on ne se pend. Même parmi les vagues graves imposantes et écorchées, la pureté revigorante de la guitare vient se parer de textures définitivement naturelles. Doté d'un mix intelligent et aéré, l'album brille de par ses trajectoires ambivalentes, où l'auditeur naviguera entre contemplation béate et inquiétude vivace. Si Beta et Alpha ont mon abstraite préférence, l'intervention de la viole de Anais Lalange sur Delta apportera volupté et humanité à cette musique potentiellement abrupte.

 

Descent into Delta est un album dense et profond. Encore une fois plus que recommandé à un auditoire ouvert. L'album laisse augurer du meilleur en ce qui concerne le dimension live. Hibernate est définitivement un des labels que je vais le plus surveiller cette année. Il reste d'ailleurs une petite quantité de versions physiques disponibles auprès du label. A bon entendeur, salut.

 

http://f0.bcbits.com/z/26/32/263206830-1.jpg

par Ed Loxapac

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 19:01

Sortie : Janvier 2012

Label : Oilworks

Genre : Glitch-hop, breakbeat

Note : 8/10


Vous l'aurez deviné, cet album provient tout droit du pays du Soleil levant. L'album est
signé chez Oilworks, un label qui nous révèle une scène abstract hip-hop japonaise
novatrice (phrase qui sous-entend que ce n'est pas ma dernière chronique sur le sujet).
Himuro Yoshiteru, c'est un nom guimauve qui sonne comme un personnage de jeu de baston, et qui pourrait notamment envoyer deux ou trois tatanes à Prefuse 73, histoire de lui dire que ce dernier a trouvé des remplaçants bien moins chiants depuis quelques années.

Il y a des albums qui nous happent après 5 secondes d’aperçu et qui se dessinent comme
une carte au trésor. Mais c'est uniquement après d’incalculables onomatopées lancées à
imiter les caisses claires de l'album, que je me sens enfin capable d'esquisser mon
ressenti sur la fourmilière à idées que nous propose ce disque. C'est funky et barré tel
que l'illustre la pochette. J'ai la tête toute retournée, comme une terrible migraine
causée par des samples à la précision chirurgicale. Les morceaux se révèlent vastes comme
un mind game. Chaque track illustre un nouveau délire du maître japonais. Himuro est
encore un de ces artistes influencés par les dessins animés diffusés à l'heure du goûter.
Je suis intrigué par tant de génie, proposant des morceaux de breakbeat improbables au
samples de voix décalées et aux rythmiques triturées qui laissent penser qu'aucune
seconde d'un même morceau ne soit similaire. J'ai commencé avec le morceau REM Sleep
devant lequel je m'imagine toujours Autechre jouant de la guitare. Ensuite je me suis
baladé entre du hip-hop plus old-school et ses scratches et synthés bien 80's tel que dans
SLCT., et les influences beat' n bass de The Angle. Enfin bref, j'en ai marre des
artistes sachant faire de tout, et bien. Je reproche à l'album de ne pas être assez
constitué comme un puzzle, les morceaux sont trop indépendants les uns des autres et ne
s'assemblent malheureusement pas. Cela reste tout de même homogène, dégageant une richesse impressionnante dans l'univers. Mes impressions sont comparables avec le Trademark Ribbons of Gold de VHS Head sorti en 2010 avec lequel je lui trouve plein de points communs, notamment à travers le travail des samples ou dans une appellation personnelle que je qualifierai d'IDM-funk. Je suis jaloux devant une telle démonstration, qui transpire tout de même d'émotions mélancoliques et enfantines. J'attendais un OVNI hip- hop comme celui-ci depuis longtemps, et cela se ressent dans ma note. C'est un véritable bazar musical, explorant toutes les formes de hip-hop déjà établies, comparable à un mélange entre le duo franco-chilien Del Wire et l'américain Eskmo. Himuro s'empare du passé, pour nous proposer une forme rarement aussi bien aboutie en matière de hip-hop ces dernières années.

Il y a du fantastique dans cet album, un mystère qui se révélera après plusieurs écoutes
aguerries. La minutie de la production nous noie dans un univers profond et typiquement
japonais. J'ai toujours était fasciné par ces albums sachant mélanger la sauvagerie de
l'outil électronique et la délicatesse de mélodies voluptueuses et rêveuses. Je suis un
paon et mon plumage te charme de ses couleurs hypnotisantes. Comme un Pneu , il te roule
dessus.

 

http://3.bp.blogspot.com/-kZAmj2grtVI/TxeUfc5YMII/AAAAAAAAFFo/zuLIV_p0xQ8/s1600/cover.jpg

 

par Pneu Rouillé

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:06

Sortie : novembre 2011

Label : Formik Records

Genre : IDM, Dark Ambient, Downtempo, Illbient

Note : 8/10

 

Depuis 1994, le belge Geoffroy Sallustin se produisait comme DJ techno, acid et industriel sous le blaze de S-Virus. Niveau collaborations, l'homme a travaillé sur plusieurs bandes son de court-métrage, d'un livre et d'une pièce de théâtre (L'hypothèse du chaos de la Troupe du Possible). Par volonté d'étendre ses perspectives sonores, il s'invente un nouveau projet en 2005, Neptunian8, avec lequel il s'adonne à des symbioses flippantes d'IDM et de dark ambient. Sortie initiale du label Formik Records, Scyphozoa est son premier album.

 

Bienvenu dans un univers où des fissures anxiogènes lézardent les murs, où l'incertitude colle à la peau et où des méduses hantent les couloirs du métro. Une plongée dans Scyphozoa s'apparente à une journée d'errance au coeur d'un tunnel sans but. L'oppression, tapie derrière chaque zone d'ombre, ne vous lâchera pas la gorge une seule demi-seconde. La bande sonore d'une apocalypse de la création, plutôt que de la destruction, nous dit son auteur. Comme si une bouche d'aération accordait brièvement un souffle d'air moins vicié, certains instants de cette glauque pérégrination se voient éclairés d'une beauté absurde, de la grâce des situations irréelles. Entre deux néons blafards la distance pourtant est infinie. Sous son enrobage sombrement contemplatif et ses textures hallucinantes – à situer entre des crissements à même ton crâne et du malaxage pneumatique - la musique de Neptunian8 mêle mille influences. A côté de titres de dark ambient évoquant un Kreng qui se serait pris d'affection pour l'indus, les phases rythmiques versent dans une froideur clinique, dans la répétition d'un bug aliéné, dont la persistance downtempo est une pierre de plus à l'édifice rampant et torturé que façonne Sallustin. L'introductif Portal Of Elements illustrera ainsi le lent parcours d'un objet mutant sur une chaîne de montage. Les saccades ne sont point proscrites pour autant. La suite immédiate, La Dernière Ligne, balafre les beats et le glitch de bruts riffs de guitare, avant que les coulées de brume ne vous ravalent, désormais seul face à des nuées de bestioles qui vous courent sur la nuque. Des résurgences (mais du futur) de dub industriel, ayant lui-même muté au travers de plusieurs matrice font leur apparition sur C2H2-7A et ExhaustScyzophoa est un album ébouriffant, dont la précision du sound-design n'a d'égale que l'intensité des ambiances. Le détail ultime, qui vient sublimer l'ensemble, réside dans les morceaux Red Room et Light Across Window, seuls reliquats d'un monde encore joli, pas complètement déshumanisé. Les seuls également qui laissent échapper les notes d'un piano et dont les nappes hésitent entre mélancolie pâle, espoir et pur spleen. Le beat lui, joui de ces structures oxygénées qui caractérisent les productions psychill. Light Across Window en particulier, ferme l'album sur une tonalité d'exquise ambivalence. 

 

Scyphozoa est une perle oubliée de 2011. Récit d'une fuite fébrile vers des tréfonds dont on ne sait rien, ce premier album de Neptunian8 expose un talent remarquable, tant pour les atmosphères que pour les déroutes complexes du beat. Scyphozoa n'est pas réconfortant, mais il est bénéfique de s'y plonger.   

 

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par Manolito
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 14:07

Sortie : 30 janvier 2012

Label : Kompakt

Genre : Ambient

Note : 7/10

 

Ce qui va suivre est une chronique purement factuelle de Pop Ambient 2012, dernière édition en date de la série de chez Kompakt, pour la simple et bonne raison que ça me soûle de pondre tous les ans le même discours concernant l’histoire de ces compils. Pour cela, vous passerez par la case « rétro » en allant vous alimenter auprès des chroniques des précédentes éditions (2011 ici et 2010 ici).

 

Les bons élèves :

- Mohn (aka Jörg Burger et Wolfgang Voigt) avec un Manifesto massif, un bloc sonore brut et grésillant dont les réverbérations s’inscrivent dans la durée.

- Marsen Jules dont le Swans Reflecting Elephants s’offre une incursion jazz pour le moins déstabilisante mais brillamment maitrisé.

- Triola avec un Richmodis cinématographique installant un climat de suspicion.

- Wolfgang Voigt dont le Rückverzauberung 5 est sans conteste le meilleur morceau de cette édition. On fait face à une ambient audacieuse, proche d’un collage surréaliste avec ses instruments s’enchaînant sans logique tout en étant fédéré par une étrange nappe. Si vous pensiez que l’abstract ambient ne verrait jamais le jour, vous vous étiez planté.

 

Les mauvais élèves :

- Morek, Magazine et Simon Scott qui font dans l’ambient à papa. On s’y ennuie fermement et on attend gentiment que leurs morceaux se finissent.

 

Les autres :

- Bvdub fait du bvdub, mais en même temps c’est ce que l’on attend de lui. Son Your Loyalty Lies Long Forgotten est beau à chialer mais malheureusement bien trop court. Décidément, le mec est bon uniquement sur le format 20 minutes.

- Superpitcher qui se révèle poétique et vaporeux avec son Jackson lentement immersif.

- Loops Of Your Heart (aka The Field en version instrumentale) idéalement placé en fin d’album. Bien que trop répétitif, ce petit écart mélancolique, uniquement relevé par quelques notes de guitares, donne l’impression de vivre un été sans fin.

 

Cette fournée est à l’image de celle de 2011, un brin paresseuse (le comble pour de l’ambient !) tout en restant sporadiquement fascinante. On est tout de même loin de ce que peut offrir le meilleur de l’ambient actuelle. Kompakt ne démérite pas totalement mais semble avoir un léger train de retard.

 

http://www.xlr8r.com/files/news/popambient_112111.jpg

 

par B2B

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 23:10

Sortie : Janvier 2012

Label : Self-release

Genre : Piu-Piu, Beat & Bass, Electro-Hip-Hop surgelé

Note : 7,5/10


Piou Piou ? Définissons ce genre musicale, qui emprunte son nom d'une blague francophone référant aux sons des lasers de Star Wars. Revenons brièvement à Los Angeles, où le manifeste s'écrit aux alentours de 2003, par le prophète Flying Lotus et ses apôtres tels que Dibiase ou les beatmakers du label Stone Throw. Naît alors sur la Côte Ouest américaine, une alternative au G-Funk, un Hip-Hop relativement plus frais et aérien qui empreinte au jazz ses structures et à l'éléctro ses timbres, accompagné de kicks-bass qui saturent la mélodie en arrière plan. En Europe, on parlera de musique Lo-Fi avec ses sons 8-bit et d'une musique rythmiquement proche du Dubstep. Flying Lotus utilisera un terme plus sérieux : « Beat & Bass », terme un peu barbare affilié à son label Brainfeeder. Le Piu Piu manifesto est complet ici.

C'est à Montreal dans les soirées Artbeat que le thème « Piou Piou » est inventé par Vlooper, beatmaker occasionnel pour Alaclair Ensemble, collectif revendiquant le style appelé aussi post-rigodon ou shroom-rap. Le collectif réunit trois rappeurs Eman, Maybe Watson et KenLo, aussi aux instrus accompagné de Mash, avec parfois Claude Bégin au chant. Ses 6 membres aux allures de Fluos Kids dépravés, sortent cette année leur 3ème LP uniquement instrumental hormis le track Dest En Nouess.

On s'imagine, dès les premiers morceaux, en été, une glace à l'eau dans la main, illustrant un paradoxe entre un album d'hiver et l’apparition des premiers rayons de soleil faisant fondre les glaces éternelles des monts canadiens. L'album se révèle entre un fake du lotus volant dont ils reprennent plusieurs gimmicks, et une perle d'humour québécois orné de simplicité et de décalage : la basse du morceau Brother Jacques reprend comme indiqué la mélodie de Frère Jacques, et des extraits audio parsemés d'absurde (j'en ai appris ainsi plus sur la localisation des Colibris au Canada). L'album est homogène et coule comme un long fleuve tranquille, point aussi positif que négatif, ayant toujours reproché moi même au Hip-Hop d'être parfois trop linéaire. Le tout se révèle assez jouissif, oscillant entre beats bien fats et grassouillets, comme le morceau Hustle Tard ou Shuffle (qui est pour moi le meilleur morceau de l'album), et des morceaux plus soul, rétro et purement Piou Piou, aboutissant dans Post-Rigodon. Les synthés rétros dignes de ton jeu préféré des années 80, te rendront nostalgique. Un petit côté noisy et crade se révèle, contrastant le côté « trop » plastique des timbres.

La tête bat la mesure, la construction de l'album est très soignée et ses 45 minutes passent rapidement, nous donnant envie de réécouter immédiatement leurs bonbons glacés fondre dans la gorge. C'est lumineux et coloré, teinté de cynisme. Un album qui se rattache a une facette du hip-hop actuel, prônant les libertés et l'amour du quotidien. On l'écoute dans le bus, en regardant mélancoliquement les paysages urbains qui défilent. Le manque de profondeur artistique provoquera probablement dans moins d'un mois l'oubli général. Mais au moins j'aurais consumé un plaisir éphémère. Il faut bien commencer l'année avec une première chronique, elle est d'une neige réchauffante provenant tout droit du pays des Caribous (à suivre avec attention à l'avenir en matière de rap).

Etant tout de même assez accessible, l'album ennuiera comme à son habitude les réfractaires à la Los Angeles touch, les instrus étant finalement purement typique. Mais l'exercice de style est réussi, convaincant avec des productions efficaces et légères laissant de marbre les moins novices, et à mettre au même niveau que les plus grands beatmakers californiens. Cerise sur le gâteau l'album est disponible gratuitement ici.

 

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par Pneu Rouillé

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 01:24

Sortie : octobre 2011

Label : Hibernate

Genre : Drone, Ambient, Abstract

Note : 8/10

 

Les observateurs de la scène drone/ambient commencent à savoir qui est Spheruleus. De son vrai nom Harry Towell, il participe à l'exposition de cette scène en dirigeant l'excellent netlabel Audiogourmet. Il a sorti ces deux dernières années un nombre conséquent de travaux, dont certains avec un artiste bien représenté dans nos lignes : Pleq. Il fallait bien qu'un label exigeant et pointu décide un jour de publier un de ces albums. Hibernate est une référence britannique, touchant aussi bien au drone qu'au post-rock en passant par les compositions électro-acoustiques. Citons parmi les pensionnaires de cet excellente maison : Field Rotation, Offthesky, Wil Bolton ou Talvihorros. Le label ne néglige jamais la qualité de ses packagings. Ses séries de postcards et de 3" sont aussi tout à fait remarquables. Voyage est déjà sorti il y a quelques mois, mais mérite bien qu'on s'y attarde.

 

Ce Voyage illustre en musique le dernier périple d'un bateau. Ni paquebot ni coque de noix, on ne connaît pas ce qui a provoqué l'avarie ce navire anonyme. Pas de sémaphore, pas de radio pour implorer une quelconque assistance. Le vaisseau des mers connaît l'issue de son funeste destin. Le capitaine s'est jeté à la mer, juste après que le gouvernail n'éclate, ne souhaitant pas assister à la progressive désintégration de son embarcation.

C'est sur une mer d'huile que ce dernier voyage se déroule. Avec l'infinie immensité pour seul compagne. Aucune tempête ni même une hypothétique corne de brume ne viendra bouleverser cette ultime épopée. Il y a bien comme une sensation lente de roulis. La lanterne muette tangue de bord en bords en attendant la salvatrice ultime embardée. La coque, percée en son coeur, laissera s'engouffrer l'invincible liquide. Le mat a partiellement rompu, et flirte désormais avec l'écume. On croirait même entendre, lors de Liquid Rust, des spectres envahir les abords des voiles déchirées pour mieux tracer la trajectoire vers un idyllique cimetière maritime. Car le navire ne connaîtra jamais le repos des profondeurs éternelles. Il viendra s'échouer sur les côtes d'une péninsule déserte, où son bois poreux tentera de fertiliser les récifs.

Les amateurs de ce glorieux genre de musiques trouveront peut-être en Voyage un certain classicisme et une évolution plus que lente. Mais c'est définitivement toute la force du concept. Ce voyage dont on devine la triste fin à la vue du splendide artwork, se vie plus qu'il ne s'écoute. Ses échos et les ondes qu'il dégage envahissent plus qu'agréablement. Allongé, les yeux fermés et accompagné d'une tasse de thé. C'est ainsi que l'oeuvre offrira ses trésors et s'impliquera plus fortement sur l'émotion et le ressenti. Ponctué à deux reprises (Clouds Swarm et le sublime She Sinks) par le piano du russe Alex Tiuniaev, Voyage est bien l'oeuvre d'un musicien (multi-instrumentiste) de talent, bien loin des travaux drone froids qui pullulent dans les ornières de la redondance.

 

Il est sans doute question ici de l'oeuvre la plus aboutie de Spheruleus. Un matériel d'écoute digne de ce nom ainsi qu'un "imaginaire" bien développé sont indispensables pour en saisir toute la substance. Même si il est réservé à un public ouvert et averti, cet album est bel et bien un des efforts les plus remarquables de cette année passée. Nous pouvons d'ores et déjà vous annoncer que nous allons suivre cette année avec la plus grande attention les sorties venues de chez Hibernate. Pour ce qui est de Spheruleus, nous vous invitons à a parcourir le catalogue d'Audio Gourmet. Notre cher Pingouin Anonyme, livrera très bientôt la chronique de la collaboration entre Pleq et lui : A Silent Swaying Breath.

 

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par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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