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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 21:42
Date de sortie : juin 2009
Label : Contexterrior

Bloody Mary est une Berlinoise portant le joli nom de Marjorie Migliaccio. Pas vraiment teuton comme nom me direz vous, vous aurez raison, mademoiselle est une Française expatriée.
Après avoir signé quelques maxis et remixes, la Berlinoise livre ce Black Pearl sur le label Contexterrior, propriété de Jay Haze.

Black Pearl se veut inspiré par Les Fleurs du Mal de Baudelaire, et celà pour explorer la beauté planquée derrière la noirceur. Malgré cette aspiration un rien ambitieuse, il faut reconnaître que le résultat est assez probant.
Les boucles répétitives rappellent évidemment la minimale allemande, mais ce qui nous intéresse est tout ce qui vient se greffer autour.
Des éléments mélodiques ou des breakbeats de second plan surgissent régulièrement au premier pour donner quelque chose de réellement rafraîchissant et planant.
L'excellente guitare sur Sinina, la rythmique latine (salsa ?) sur Sed Non Satiata, la résonnance un peu shoegaze de Elevation, le tribalisme que l'on rencontre tout au long de l'album, la place laissée aux expérimentations ajoutent un réel cachet à ce disque. Si on ajoute à celà la dimension abyssale des basses et la qualité des boucles hypnotiques propres à la minimale, on a bien affaire à un très bon album.
On excuserait presque l'utilisation de certains poncifs plutôt vendeurs et dans l'air du temps : les réminiscences dub techno et le côté lesbien décadent, désormais assez convenu.
Spleen (qui rapelle un morceau bien connu de Laurent Garnier), Black Pearl, Duellum ou Confession brillent par le jumelage des genres et de la grande variation autour des thèmes.
Bloody Mary se paye également le luxe de laisser complètement tomber la démarche dancefloor sur les expérimentaux, mélodiques, synthétiques et très réussis A Une Passante et Elevation. Vachement bon quand même le lâché de violons...
Ces deux somptueux titres précèdent un assez conventionnel mais efficace Interlude. Le titre du morceau est un vrai leurs puisque celui-ci atteint poussivement les huit minutes. L'album se conclut sur deux remixs de Black Pearl, un de Sascha Funke et un de Jay Haze.

Black Pearl est donc un album qui fait très bien fusionner dancefloor et expérimentations. Ceci fera peut-être fuir les puristes de la minimale mais en ravira d'autres. Un album qu'il est bon d'écouter en compagnie du sexe opposé (ou pas d'ailleurs). Avis aux amateurs.
                                 
par Ed Loxapac
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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 21:23
Sortie : 2009
Label : Fabric


Drôle de soirée dans le club de Londres. Jay Haze, qui a fait parler de lui il y a quelques mois avec un triple album aux couleurs assez variées, prend les manettes. Donc, en principe, pas de tube facile dans le viseur. Le DJ lance sa sélection par un morceau perso, Awakening, dans une veine house calme et chantée qui se prolonge sur un rythme lassif. Il placera trois autres productions maison (dont une sous pseudo Fuckpony) au cours de ce mix assez soigné dans ses enchaînements. On se croirait alors plus en before à Ibiza, sous le soleil, un cocktail à la main, que dans la capitale britannique... mais pourquoi pas.

Jay Haze n'hésite pas à laisser quelques plages de calme pour ne pas brusquer l'auditeur, au risque de faire un peu retomber la sauce. Et c'est un peu ce qui arrive au bout d'une vingtaine de minutes. A force de la jouer patient, on décroche un peu en attendant que ça reparte. Les morceaux plus instrumentaux semblent plats et ceux chantés manquent de relief. C'est le moment choisi pour la petite surprise de ce mix : le choix de When The Revolution Comes des Last Poets. Cette interlude spoken word donne une ambiance de bande originale qui lance le deuxième volet de ce disque... sans malheureusement que le style ne se renouvelle vraiment. Le décollage espéré n'arrive pas, les tracks suivantes manquant de mordant, malgré tout de même une subtile hausse de tempo portée par Ancient Blessing de Ms. Minelli. Sympathique pour une écoute domestique, mais n'espérez pas que ça vous lance une soirée !

Jay Haze diversifie la (trop ?) longue série Fabric - et leurs pendants live - avec ce 47e du nom sans toutefois lui amener une fraîcheur devenue nécessaire avec le temps.


http://www.residentadvisor.net/images/reviews/2009/fabric93.jpg

par Tahiti Raph
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 17:08
Date de sortie : 4 août 2009
Label : Tigerbeat6

Ryan Kidwell, ou Cex, est un personnage atypique et iconoclaste de la scène électronique.
Il commence en 1998 et alors qu'il n'a que 16 ans, il intègre déjà le cercle fermé des pratiquants de la musique intelligente à Baltimore. Il crée d'ailleurs son propre label, Tigerbeat6, en compagnie de Miguel Depedro, plus connu sous l'avatar de Kid 606.
Il s'est également illustré en offrant une nouvelle vision du tube de Britney Spears : Oops ! I dit it gain. Entre 2002 et 2006, ses productions se montrent moins "intelligentes". Il utilise sa voix pour faire un rap complètement loufoque aux paroles un poil obliques. Pourtant, encore aujourd'hui, beaucoup décrivent cette période comme l'apogée de son talent.
Il épousera un peu plus tard Roby Newton, qu'il fera apparaître sur quelques morceaux et avec qui il cultive l'envie de créer un nouveau projet. Il lui arrive quelque fois de s'adjoindre aussi les services de Cale Parks.
Bataille Royale est annoncé comme un album diffusant un son nouveau et visionnaire. On va bien voir...

On pourrait rapidement qualifier Bataille Royale de répétitif, progressif ou évolutif serait en effet beaucoup plus adapté (qui a dit progressiste ?). Il y a dans cette album une minutie et une précision digne de la science. Une musique troublée et hybride, entre IDM-Techno, ambient et Hip-House. La dernière fusion précitée, au potentiel dansant discutable, connait d'ailleurs actuellement un regain de curiosité et un franc succès dans les environs de Baltimore, ville ou Cex est établi.
Malgré l'indéniable froideur qui se dégage de cette musique, on ne peut que souligner la densité des textures utilisées, tout comme le rythme : implacable.
Faussement minimaliste, cet album possède des vertus hypnotiques assez déconcertantes.
Aucun titre ne semble se dégager de cette masse tout bonnement géniale, si ce n'est l'exceptionnel Brains Out et le glorieux Criticallity de fermeture (18 min !).
L'adage qu'un philosophe aviné de la rue Oberkampf m'avait appris semble idéal :
"Ecoute, kiffe et ferme ta gueule ! "
 
Une heure de bonheur sonore, offerte par un génie du laptop et des machines. Un modèle en somme, pour un blog comme le notre qui s'efforce de montrer un autre visage des musiques électroniques.
                                
par Ed Loxapac
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 15:58

Date de sortie : 28 Juillet 2009
Label : Tympanik

Composé de deux membres portant les doux noms de Ryby et Lord Sauron, Disharmony est une formation slovaque. Déjà auteurs de deux albums parus chez Aliens Production, ils signent le présent Evolution sur l'exceptionnel label Tympanik Audio.

Entre IDM, industrial et dark electro, cet album flirte parfois dangereusement avec l'EBM, musique électronique un brin bourrine, particulièrement affectionnée dans les contrées battaves.
Fréquemment, une voix digne du metal ou du sludge vient vociférer (pour ne pas dire vomir) toute sa rage, ce qui laisse parfois entrevoir des ressemblances avec This Mom'Omina.
Même si la musique du duo apparaît comme très violente et extrêmement torturée, il n'est pas rare d'entrevoir une douceur et une volupté plutôt bienvenue.
Les mélodies sont assez brillantes, toujours scindées par des amas de beats et un glitch bien utilisé. Il sera difficle de parler de traitement dans la texture, mais plutôt de torture. Attention, tout celà est savamment pensé, il n'est pas question ici de bouillie sonore.
Echantillonnage, traitement pneumatique, distorsions, sont autant d'aspects techniques non négligés par le duo. Tout celà associé à ce déversoir de rage pas contenu du tout, on en devient parfois un peu circonspect mais toujours captivé, comme sur l'inquiétant Coloseum ou le sublime Trilianum qui semble effleurer le comble de l'horreur.
Le message transmis par leur musique sera évident pour tout auditeur attentif. Les autres se contenteront de l'artwork, qui retranscrit à merveille toute l'atmosphère du disque.
L'écoute est physique et sans temps morts. Et même si les séquences calmes ne font pas légion, elles véhiculent un espoir fragile et éphémère, comme sur Coma, Euphoric, Endofends, Sacriface et le superbe Evolution de clôture.
Le titre Spirals, ajouté sur notre player, n'est certes pas le meilleur de l'album mais illustrera parfaitement cet univers si particulier.

Evolution est un album atypique et sans concession. La fusion de genres qu'on croyait diamétralement opposés pourrait en faire fuir plus d'un. C'est sans doute l'album le plus difficile d'accès paru chez Tympanik cette année mais son écoute est toute même conseillée... à tous les téméraires aventuriers dont nous faisons partie.
                                 

    par Ed Loxapac                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 14:43
Sortie : juin 2009
Label : Spectral Sound

Voici un disque inspirée d'une house d'un autre âge, c'est à dire des années 1980. Les rythmiques sont plutôt modérées, assez simplistes et élaborées avec des machines aux sons des plus synthétiques. Sur cette base, Bodycode brode avec des nappes de claviers planantes et quelques éléments un tant soit peu entraînants. Les titres s'étirent sévèrement en longueur – entre sept et neuf minutes - de manière souvent inutile au vu des évolutions très limitées au cours des longues minutes qui s'écoulent. Le minimalisme de nombreux passages peut ainsi être assez ennuyeux.

Et pourtant, et pourtant... une certaine émotion se diffuse au travers de ces morceaux largement critiquables. Vient-elle du charme désuet qui se dégage de ces constructions simplistes et de ces sons marqués par le temps ? Sans doute puisque je m'y laisse piéger et me laisse porter par ces ambiances paisibles et minutieusement mises sur pied. Des détails surgissent alors : cette flute arabisante et discrète sur I'll Hold Your Hand ou ce mélange brésilo-japonais sur Arigato. Malgré cela, le manque de renouvellement des atmosphères a tendance à lasser sur la longueur. Il y a bien cette voix très house de Chicago sur What Did You Say pour apporter un peu de fraîcheur, sans toutefois être complètement satisfaisant pour maintenir l'attention. De même, le chant – masculin cette fois-ci – sur Imitation Lover n'a rien non plus de très intéressant.

Un album réservé aux amateurs de house à l'ancienne qui y trouveront de quoi calmer leur nostalgie. Les autres risquent de s'ennuyer ferme. Il es vrai que produire des disques de ce type à notre époque est un brin curieux.



par Tahiti Raph
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 17:03

Annulation, problèmes financiers et de lieux, divers festivals consacrés exclusivement ou en partie aux musiques électroniques font face à d'importants problèmes pour exister chaque année. La mauvaise volonté des municipalités accueillantes n'y est pas étrangère. 

Au moins trois événements ne pourront se tenir en 2009 pour ces raisons. Du côté de Besançon, Electro Clique a « préféré annuler le festival cette année que de le faire à rabais », explique Vincent Nicod son directeur. En cause, la ville qui a multiplié les obstacles lors de la recherche d'un site original, entraînant ainsi une augmentation du coût.

Charlotte Lazimi sur le site rue89.com racontait le 6 juillet dernier que la même mésaventure était arrivée au Hadra Trance, basé à Grenoble. Après s'être tenu dans deux communes différentes depuis 2005, le festival - soutenu par la région - a laissé tomber cette année faute de lieu. Les deux municipalités en question ont argué du mécontentement des habitants pour refuser de les accueillir à nouveau.

« Le festival Elektro Circus, qui a lieu depuis cinq ans début mai à Carpentras, a dû lui changer de date et de lieu. "Nous avons eu un désaccord avec la mairie en terme de budget et de contenu du festival que nous souhaitions plus ambitieux", explique Clémentine Maillol, coordinatrice du Collectif Freeson, organisateur de l'évènement. », pouvait-on aussi lire dans cet article de Rue89.

Mairie ennemie

« Le festival Seconde nature (musiques et art numériques) qui devait se tenir à Aix au mois de juin, a été annulé après des problèmes d’implantation », confie Dro de Marsatac. Ce dernier est aussi en négociation permanente avec la mairie. « Ce festival est perçu depuis le début comme une difficulté et jamais comme une chance, il est subi plutôt que désiré. Depuis plus de dix ans maintenant nous rencontrons une difficulté majeure dans notre relation avec la ville de Marseille », explique-t-il. Après avoir visité différents sites et notamment le Fort Saint-Jean l'an passé, il se tiendra au Docks des Suds en 2009. Une solution qui ne satisfait pas tout à fait l'organisation : « Nous alertons nos interlocuteurs depuis plusieurs années sur la nécessité de trouver un autre lieu sur la commune pour permettre la tenue du festival Marsatac, pour l’instant aucune solution acceptable ne nous a été proposée ni pour 2009 ni pour les années futures... Ces problèmes de lieux et de localisation à Marseille remettent en cause le projet dans sa globalité. »

Même problème à Caen où Nördik Impakt avait dû réduire la voilure en 2008 après des changements à la tête de la mairie et à la préfecture. Passer du grand Parc des expos à la plus restreinte salle des musiques actuelles du Cargö n'avait pas été exercice facile. Pour cette année, une nouveau lieu devrait être investi. « Le choix du site n'est pas encore finalisé mais il y a de grandes chances que ce soit au Zénith de Caen dans une configuration "festival", indique Christophe Moulin directeur de Nördik et du Cargö. Le Parc des expos convenait parfaitement, mais avec une semaine de montage et une de démontage le coût de location était exorbitant. »

Viabilité financière

Christophe Moulin touche là le problème qui sous-tend ces questions de site : les finances. « Les difficultés se sont considérablement accrues pour les festivals de musique électronique, notamment par rapport à il y a dix ans. Ces événements sont généralement autofinancés, la législation s'est durcie, la professionnalisation des acteurs entraîne des coûts plus élevés et les cachets des artistes ont été multipliés par dix... mais ni les prix des billets ni les subventions des pouvoirs publics n'ont suivi la même hausse », précise-t-il.

Même problème pour Electro Clique : « Avec un budget autour des 100.000 euros nous obtenons uniquement 2.500 euros et quelques impressions de supports de la part de la ville de Besançon. Nous avons environ 8 % de subvention toutes collectivités confondues. En 2008, la Sacem nous a annoncé qu'elle retirait son aide sur 2008 le premier jour du festival », se désole Vicent Nicod.

« Les festivals sont écartelés entre des solutions viables en termes d'organisation, mais financièrement intenables », complète Christophe Moulin. Tous les organisateurs craignent donc pour la pérennité de leur manifestation. Dro de Marsatac indique ainsi : « Nous sommes las de devoir nous battre chaque année pour continuer à exister. Nous avons fait des efforts énormes depuis le début pour que cette manifestation puisse tenir et se développer ».

Public indésirable

« Ces problèmes sont liés aux esthétiques que nous défendons, aux amplitudes horaires sur lesquelles nous opérons, aux publics "jeunes" que nous accueillons mais pas seulement. Marseille est une ville extrêmement conservatrice, assez médiocre mais très fière d’elle même et peu disposée à se remettre en question », poursuit Dro.

Les obstacles rencontrés sont donc également liés à l'image que renvoie ces événements et le public qui gravite autour de la musique électronique. Avec plus de dix ans d'existence, Marsatac et Nördik Impakt ont pourtant convaincu de leur capacité d'organiser ce type de manifestation. Après les épisodes récurrents de lutte contre les teknivals, les musiques électroniques n'ont pas fini de se battre pour pouvoir exister en France.

 

Par Tahiti Raph

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 11:31
Date de sortie : 10 août 2009
Label : Planet Mu


Nous avions déjà parlé du Britannique Luke Vibert cette année, à l'occasion de la sortie de son album Rythm (ici). Il n'est donc pas nécessaire de revenir sur ses travaux avec Jean Jacques Perrey, sa pléthorique discographie et sur son glorieux passé au sein du label Ninja Tunes sous l'avatar Wagon Christ. Les sorties de l'Anglais sont toujours très attendues par ses fans de la première heure.
Cette fois-ci pour ce We Hear You, c'est le mythique label Planet Mu qui s'y colle.

Doté d'une grosse prod' ne laissant que très peu de place aux failles, cet album laisse apercevoir une facette que l'on soupçonnait depuis longtemps chez Vibert. Jamais poussée à fond, sa face la plus funky et dansante est là à son paroxisme.
Malheureusement, tout celà n'est pas toujours du meilleur goût. En reconnaissant que la notion de goût est assez subjective, on ne peut tout de même s'empêcher de penser qu'insérer des sons digne de la dance 90's dans de l'acid house n'est pas l'idée du siècle.
La maîtrise de l'acid est pourtant une des cartes de visite du lascar.
Par bonheur, tous les morceaux ne souffrent pas d'une telle infamie. Pretty Old Acid Music est un petit modèle du genre. On se réjouira également du tout en variation Belief File d'ouverture, du tubesque et rafraîchissant We Hear You. Le rigolo porn Shirtwee rappelle l'aspect cartoon sonore qui avait fait la gloire de Vibert à l'époque où il sévissait chez Ninja Tunes.
Les hymnes geek Computer Complex et Marvelous Music Machine ne sont pas en reste non plus, tout comme les intéressants Electrophy et Dive and Lie Wrecked.
On retrouve également ça et là le bienvenu et immodéré goût de l'Anglais pour le Moog.
Le reste souffre d'un excès de gimmicks et de redondance par tant de sons ronflants. Les breaks, le vocoder, les samples cartoonesques, les montées bleepiennes aquatiques et la démarche un peu "booty shake" n'y changeront rien.

Ce We Hear You est donc assez inégal et manque cruellement d'homogénéité. Il recèle heureusement une petite moitié de titres qui parviennent tant bien que mal à sauver l'ensemble d'un semi-naufrage. Tout celà n'enlevant en rien à tout le bien qu'on pense de Luke Vibert, on est en droit d'espérer qu'il revienne à plus de maîtrise.
Malgré l'"aigritude" relative qui emplie cette chronique, nous avons toutes les raisons de penser que ce disque trouvera quand même son public. A vous de vous faire un avis.
                                 
par Ed Loxapac
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 13:17
Date de sortie : 27 juillet 2009
Label : Tympanik Audio

Après la chronique du glorieux album de Pleq (ici), on peut dire que ces temps-ci la Pologne est à l'honneur chez Chroniques électroniques. Si on en croit leur myspace, [Haven] est bien un duo polonais, en la personne de Marcin Jamulski et Magda Glocka.
Ils ont déjà sorti trois disques : The Last Breath of Lonely Buildings, Naos et [A2982].
Plastik est donc leur première sortie sur l'illustre label Tympanik, dont nous guettons un faux pas qui ne semble pas vouloir venir, après une demi-douzaine d'albums encensés par nos soins cette année.

Dès les premières minutes d'écoute, on ne peut s'empêcher de penser qu'on a affaire à un truc visionnaire. Une sorte d'ersatz d'électronica lorgant vers l'ambient et l'IDM.
Boucles industrielles, synthés pastoraux, beats taillés au laser de Jedi, pianos et cordes jouent avec des sentiments ambivalents, oscillant entre violence et mélancolie avec une maestria déconcertante.
Sa musique semble souffrir d'une infection impalpable mais bien réelle.
Les trajectoires et les motifs obliques employés semblent n'avoir que faire des convenances et des contrastes. Tout celà est absolument génial.
L'exemple du magistral Let's Play Disco Now est assez parlant, lorsque le rythme martial et les kicks semblent mettre des coups de pompe dans la gueule de l'auditeur, tandis qu'un piano salvateur tente de le ranimer. Tout bonnement exquis.
Et que dire de Tree of Life, où il semble régner une cohabitation harmonieuse entre droides et êtres humains...
Les Choses, Kuhairib, le magnifique Broken Childhood, Takir Al Masir ou le terrifiant Aurora Borealis ne sont pas en reste et brillent de cette même noirceur spectrale.
L'album se conclut par deux remixs très bons mais à l'apport discutable face à une telle fresque sonore. On prendra tout de même plaisir à ré-entendre le hollandais Tapage (dont nous avions déjà parlé ici).

Cet album procure bien plus qu'une écoute intéressante, c'est une expérience sonore en soi. Foncez tête baissée face à cet album exceptionnel.
A force d'attendre le faux pas du label Tympanik, on ferait peut-être mieux de devenir actionnaire. A bon entendeur...
                                  
par Ed Loxapac
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:11
Date de sortie : 3 juillet 2009
Label : Regular

Le Barcelonais Pablo Bolivar s'est longtemps cherché depuis ses débuts en 1997. Après avoir sorti une pléïade de remixs et de 12", un premier album en 2006 : Anjanas, l'Espagnol lâche ce très abouti Recall sur le label Regular à qui il semble avoir juré fidélité.

Recall est en fait un double album. On peut craindre le pire en s'attendant à plus de 70 min de techno minimale conçue au kilomètre. Il n'en est rien.
Ne se réclamant pas de la communauté de Berlin ni de celle de Detroit, Bolivar fait le choix de se nourrir des deux. Il injecte même de bonnes doses d'ambient dans ses boucles hypnotiques, nous rappelant ainsi qu'il est un fan de Monolake.
Minimale, dub-techno, deep house, ambient... les pistes sont brouillées, ce qui a pour effet de rafraîchir un paysage techno en manque de créativité en matière de son dancefloor.
Pas de boucles turbinées ni de montées épileptiques ici, la techno du catalan est dotée d'un potentiel méditatif et dansant.
L'approche dub-techno parvient à donner une dimension stratosphérique à certains morceaux comme sur l'excellent My Own Reality, pour ne citer que celui-là.
Certains titres arborent des traits aériens et des rayons de lumières ensoleillés, lâchant le côté dancefloor pour un vol en planeur au dessus d'une mer baléarique.
Les morceaux sont longs et progressifs, comme souvent en matière de minimale, mais les nombreuses insertions de bleeps aquatiques et les effets de reverb gomment ce qui aurait pu s'avérer rébarbatif.
L'écoute des Modern Time, A Part of Us, Falling Angels, Meltdown ou le tryptique Escape from Galaxy Five (véritable rampe de lancement vers des galaxies lointaines) ne pourront que confirmer tout le renouveau qu'apporte Bolivar à un genre laissé en jachère depuis bien trop longtemps.
                                
par Ed Loxapac
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 20:58

Date de sortie : juin 2009
Label : Miasmah

Le projet du Belge Pepijn Caudron, baptisé Kreng, se voulait au départ tourné autour du sample et des orchestrations pour le théatre ou le cinéma. Il a d'ailleurs beaucoup collaboré avec la compagnie théatrale belge : Abattoir Fermé.
Après avoir sorti un EP intéressant, The Pleiades (disponible en libre téléchargement pour qui sait chercher), il sort donc ce premier album au titre un rien pompeux sur le label Miasmah, propriété de Svarte Greiner qui nous avait offert le superbe Kappe au début de l'année.

Entre ambient, drone, free jazz, musique contemporaine et néo-classique, l'oeuvre de Kreng est sombre et complexe. Bien aidé par le pianiste Jérémy Calbert, le percussionniste Eric Thielemans et l'ingénieur du son Frederik Van De Moortel, le Belge parvient à sortir un peu des sentiers dark ambient, souvent (trop ?) empruntés par le label Miasmah.
Beaucoup de blogueurs s'était evertué à commenter ce disque à l'aide d'un leak douteux il y a quelques semaines. Ils furent légion à dire que cet album était constitué de seulement deux morceaux face à leur fichier mal fractionné. Cet opus comprend en fait 18 pièces, dont certaines font penser à des interludes d'une grande noirceur qui semble précèder les étapes de la blasphématoire dissection.
On entend même un long passage emprunté à un certain Fred Chopin.
Très inquiétant et pas facile d'accès, cet album n'est pas à mettre entre toutes les mains.
Pianos mineurs, violons et violoncelles à l'agonie, sonorités grinçantes, cuivres mutants, voix lyriques voilées, samples de films noirs, pleurs étouffés sont les ingrédients utilisés pour cette marmite ennivrante.
Malgré tout le bien qu'on peut penser de cet album, il n'est pas à exclure que les non coutumiers du genre déplore ce qui serait pour eux une fome d'élitisme. Mais peu importe, les mélomanes et les férus d'expérimentations complexes y trouveront leur compte et c'est le principal.
Encore une fois, il est nécessaire de posséder une installation sonore digne de ce nom pour apprécier cet album à sa juste valeur.
Pour les autres, passer votre chemin face à cet objet musical non identifié.
                                  

par Ed Loxapac
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