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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:24
Sortie : 23 novembre 2009
Label : 16k

Dextro, ou Ewan Mackenzie, navigue entre l'Angleterre et l'Ecosse pour diffuser sa musique depuis 2004. Un premier album prometteur et remarqué, Consequence Music paru en 2006, lui a permis de se faire remarquer par des pointures tels que Clark ou Alias. Ces deux derniers ont d'ailleurs gratifié le britannique de deux remixs de haute volée sur son EP Hearts & Minds.
Dextro sort ses albums sur son propre label 16k. On ignore encore si une filiation existe avec le très pointu label 12k.

Comme il le précise sur son Myspace, Dextro n'est pas un DJ. Tant mieux.
Amateur de guitares cristallines et de pianos apaisants, le Britannique ne rechigne pas à être assisté par les ordinateurs pour réaliser son électronica lunaire et aventureuse.
Sa musique, dotée d'un important potentiel ascencionnel, évoque des cîmes enneigées et des territoires vierges. Rarement l'alliage entre post-rock et électronica n'a semblé si réussi.
Des guitares donc, tantôt mélodiques, graciles ou saturées, viennent accompagner cette odyssée en territoire électronique.
Même si nombreux seront ceux qui cèderont à la facile comparaison avec les Islandais de Sigur Ros, Dextro se singularise clairement par son important éventail de textures et de sonorités environnementales. Des voix presque chimériques apparaissent de temps à autre, entre un effet de pédale et un larsen.
Comme sur le sublime Sanna, on se croirait tel William Wallace chevauchant seul au coeur des Highlands écossais.
Même si les titres The Pacifist, The Unknown ou encore Pillar se distinguent plus particulièrement, l'album dans son ensemble enchantera les amateurs de post-rock lumineux et d'electronica aérienne.

Cet album est déjà disponible depuis le mois de juin en format digital. Il faudra encore attendre quelques jours pour se procurer la version physique. Ceci est bien plus qu'un conseil, une véritable invitation.

                                  
par Ed Loxapac
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 18:13

Sortie : 21 septembre 2009
Label : Moshi Moshi

Genre : Electronica, house métissée

Note : 7/10

Le métissage entre musique électronique et musique africaine à rarement fait bon ménage. Immédiatement, on songe à la pop indolore d'Amadou & Mariam ou aux vaines tentatives de Damon Albarn de démocratiser la musique malienne. On avait fini par croire que ce mariage était définitivement impossible. Mais il y a un an, une mixtape brillante de The Very Best est venue retourner nos certitudes.
Ce groupe se composant d'Esau Mwamwaya, chanteur du Malawi, et du duo de producteurs Radioclit (le Français Etienne Tron et le Suédois John Karlberg) a vu le jour dans la ville cosmopolite par excellence, Londres. La presse a vite catalogué leur musique de ghetto-pop sans en prendre véritablement le pouls.

Warm Heart Of Africa est la réunion la plus intelligente possible entre deux entités pas si éloignées. Le tour de force de cet album est qu'aucun des deux styles ne cherche à prendre l'ascendant sur l'autre. On se retrouve avec un objet hybride parfait où les fins arrangements électroniques servent aux mieux la voix d'Esau, qui chante en Chichewa, et les instrumentations africaines.
L'appel au rassemblement, clamé sur Chalo, vous colle immédiatement de grandes vagues de frissons. Il ne reste plus qu'à se laisser prendre par l'entraînant titre éponyme, Warm Heart Of Africa, qui permet de judicieusement retrouver la voix d'Ezra Koenig, chanteur du groupe afro-pop Vampire Weekend. Aucune faiblesse dans cet album fier et chaleureux. On se laisse porter par les rythmiques et les instruments africains. M.I.A. vient même poser sa voix et imposer son coté tribal sur un Rain Dance contagieux. En commençant sur un G-funk à l'ancienne, Julia finit par virer dans l'électro la plus actuelle en imposant ses basses lourdes avant que la voix d'Esau ne finisse par tout emporter.

Warm Heart Of Africa est un album vibrant et vivant qui vous colle un sourire indélébile. The Very Best esquive tous les stéréotypes du genre en évitant de tomber dans le cliché folklorique réducteur et livre un album d'afro-pop-électro profondément attachant et diablement astucieux.


par B2B
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 19:05
Sortie : 10 juillet 2009
Label : Preco Records

Le Japonais Masahiro Araki a commencé sa carrière musicale en tant qu'ingénieur du son dans les environs de Nagoya. En digne rat des studios, il participe à la conception de musique pour la télévision, la publicité ou le cinéma. Celui qui se cache derrière l'étrange pseudonyme de Fredricson possède un homonyme au Japon, et pas des moindres. Il porte effectivement le même nom qu'un des plus légendaires joueurs de base-ball japonais de tous les temps.
Ce jeune beatmaker avait déjà réalisé un premier album, Festa Siesta, paru il y a quelques années. La relative confidentialité dans laquelle il officie hors de l'Empire du soleil levant, nous avait fait ignorer ses activités. Ce n'est que très récemment que nous avons découvert l'étrange univers de cet artiste nippon.

Conçue à la manière de fabulettes électroniques et expérimentales, la musique de Fredricson rappelle l'univers oblique et fourmillant d'artistes signés sur des labels tels que Rephlex Records.
On pense parfois à une incongrue rencontre entre Wisp et Luke Vibert.
Parfois, on rencontre effectivement au gré de cette galette un aspect cartoon musical qui justifie la comparaison avec ce dernier.
Un divin glitch vient régulièrement brouiller un peu plus les fréquences de cette IDM étrange et atypique. Perchée mais pas loufoque, cette musique intelligente ne laisse rien au hasard.
La video de l'excellent Eyeme a déjà pas mal circulé sur le net. Celle-ci témoigne aisément de ce que Fredricon sait faire de mieux.
On est un peu moins à l'aise avec les expérimentations faussement avant-gardistes sur Flux. Les accrocs tels que celui-ci sont heureusement peu nombreux.
De jolies mélodies presque naïves semblent raconter les pérégrinations d'un gentil robot dans un monde plus bucolique qu'anxiogène.
Grâce aux machines, Fredricson retravaille des sonorités issues d'instruments acoustiques pour les allier à ses expérimentations analogiques. Chacun se satisfera de redonner corps à ce qui jadis était issu d'un instrument fait de cuivre ou de bois.
Un nombre important de pianos et clavinets viennent quant à eux couvrir les beats flottants.
Dream Nicholas, Ooiioo, Ring-O, Rip sont autant de morceaux où on plonge avec plaisir, tout comme les trois morceaux phares que sont Eyeme, Sadfish et Rem.

Misc est une odyssée très rafraîchissante, et cela même si elle n'est dotée d'aucune ambition révolutionnaire. Original et gentiment décalé, l'univers du Japonais ravira les amateurs du genre. On est toujours heureux de découvrir des artistes venus de contrées lointaines, confirmant que la création électronique n'a pas seulement élu domicile au Royaume-Uni ou en Allemagne.

                                
par Ed Loxapac
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 16:30
Sortie : novembre 2009
Label : Discograph


Acteur majeur d'une scène électro lyonnaise moins précurseur que par le passé, Le Peuple De L'Herbe revient à l'actualité avec un cinquième album studio à la pochette franchement repoussante. Le groupe n'a pas changé son équipe pour ce Tilt dont on n'attendait au départ pas grand chose. On est donc plutôt surpris par les premiers titres bien foutus, avec des sonorités organiques percutantes - l'omniprésente trompette - et des MC plutôt affûtés. Ce qui frappe aussi, c'est l'influence anglaise qui pèse sur ce disque. Une bonne partie des titres sonne comme du Ninja Tune d'il y a quelques années, avec une forte pensée pour The Herbaliser. Pour renforcer cette référence britannique, les Lyonnais s'aventurent sur Pretty Bad Drug dans une drum'n'bass dynamique qui apporte un brin de fraîcheur bienvenu. Les voix de Jc001 et de Sir Jean entre rap et ragga rappellent aussi le style de certains de leurs homologues outre-Manche. Si l'on ajoute une énergie rock et quelques samples de films pour l'ambiance, les ingrédients semblent plutôt bien choisis.

Malheureusement, Le Peuple se perd en variations et il manque un fil rouge à cet album. Alors qu'on entrait bien dans leur univers, ils partent dans une électro spatiale tout en tension sur Swamp, font un détour complètement rock sur Get Stronger avant de revenir à un trip-hop habile parsemé de samples sur Nightmare. Malgré la qualité de ce dernier titre, il se perd un peu dans le melting pot sonore dont les quelques faiblesses finissent par prédominer. Le groupe aurait sans doute dû se concentrer sur ses points forts plutôt qu'offrir une trop grande variété de styles pas toujours maîtrisés. Ainsi ce Catch Up final qui fait penser à du sous Chemical Brothers période Dig Your Own Hole.

Du Ninja Tune, du big beat, du trip-hop... c'est peut-être à sonner trop comme hier que Le Peuple De L'Herbe manque sa cible aujourd'hui. Toutefois, il y vraiment quelques bons morceaux sur Tilt qui valent la peine d'y jeter une oreille.


par Tahiti Raph
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 18:28
Un producteur français qui a brillé autant dans le rap que dans la musique électronique, DJ par dessus le tout, il n'y en a pas des tonnes. On en a interviewé un des rares, DJ Mehdi, à l'occasion de la sortie de son album de remix, Red, Black & Blue, qui permet de découvrir des titres passés ou présents du bonhomme dans des styles assez variés.

Commençons pas le commencement, peux-tu nous raconter tes premières expériences de producteur ?
Aussi loin que j'ai eu l'envie ou l'ambition de faire de la musique, ou même d'être simplement DJ, ça a toujours été pour faire du rap. Pour le dire autrement, le rap est antérieur à mon désir d'être musicien. J'ai d'abord voulu danser, puis taguer, puis rapper, puis beat-boxer. J'étais dans le hip-hop, ensuite je suis devenu DJ, puis compositeur, etc...

Quels souvenirs as-tu de cette période quand la Mafia K'1fry n'était pas encore très connue ?
D'excellents souvenirs. On était tous très jeunes, je connais par exemple Kery, Rohff et le 113 depuis que j'ai 15 ans. J'en ai 32 aujourd'hui. On apprenait la musique en même temps que la vie. On était tout le temps ensemble.

Il y a eu ensuite le succès, surtout avec le 113, et puis les premières tentatives plus électro, comment as-tu glissé du rap à l'électro ?
En 1996, après le premier album d'Idéal J, j'ai eu un coup de fil de MC Solaar. Il m'a demandé de venir à son studio, de lui faire écouter des instrus, de participer à la production de son 3e album. C'est là que j'ai rencontré Zdar et Boombass de Cassius - à l'époque Motorbass et La Funk Mob. Ils m'ont fait écouter leurs disques, puis emmené avec eux en tournée, mixer en Angleterre et aux USA. Sur une date à New-York, en 1998, j'ai rencontré Pedro (Winter aka Busy P, NDLR) et les Daft Punk. De fil en aiguille, Pedro et moi nous sommes rapprochés. Pour résumer, tout fut une affaire de rencontres.

Le premier album, les maxis sur la label Espionnage, comment se sont passés ces débuts solo ?
D'abord, il faut rappeler que je n'était jamais vraiment solo au début d'Espionnage. Il y avait toujours Manu Key avec moi, que ce soit derrière le sampler ou chez le banquier. L'idée du label, c'était vraiment tous les deux. D'ailleurs, les premiers maxis du label, Rohff, Rocé, 113, Karlito, sont tous des projets menés en duo. Manu Key est complètement central dans la naissance d'Espionnage. De même, l'équipe de Chronowax, notre distributeur à l'époque, et de 360 Design, notre graphiste/marketing, faisaient intégralement partie de l'équipe. Ensuite, l'idée de faire de la musique instrumentale, seul, était déjà présente dans les premiers albums d'Idéal J et de 113, où de longs interludes musicaux ponctuaient toujours les disques. 

Et puis tu as trouvé une sorte de nouvelle famille avec Ed Banger...
Tout ça fut très progressif. Comme je te l'ai dit, je connais Pedro depuis plus de dix ans. Il y a eu plusieurs étapes avant d'arriver à l'Ed Banger : d'abord il y avait "la bande des Daft", puis Headbangers Entertainment, avec Cassius, Cosmo Vitelli et Thomas Winter&Bogue. Enfin, le label Ed Rec, avec So-Me, Mr Flash et Justice d'abord en 2003, puis dans un deuxième temps Sebastian, Uffie, Feadz et Mr Oizo, vers 2006. On pourrait également ajouter Kavinsky, et les Institubes avec Surkin et Para One notamment, tout ça donnant naissance à une scène assez homogène, et très unie. Quelques bons maxis, quelques belles fêtes - en Angleterre surtout -, et une bonne émulation générale.

Te sens-tu un peu à part, par ta musique ou ton "ancienneté", par rapport aux autres groupes du label ?
Non, pas du tout. Chacun, dans le label, a une personnalité et un son propres. Il n'y a guère que Sebastian et Justice que tu aurais pu rapprocher excessivement en 2006/2007, mais ça n'est plus le cas aujourd'hui. Pedro a toujours veillé à ce que l'équipe reflète ses goûts musicaux : éclectiques et divers.

Tu viens de sortir un album de tes remixs, dont certains datent pas mal, pourquoi ce choix de l'album de remix et comment les as-tu choisi ?
Je me suis beaucoup posé la question, s'il fallait se servir de cette compil' pour "raconter mon histoire", en y incluant des choses anciennes, ou bien "ré-écrire mon histoire" en me concentrant sur les morceaux récents. J'ai choisi la première option, qui a aussi accouché du titre Red Black And Blue, comme trois périodes de ma vie de remixeur. Les titres anciens sont plus simples, plus dépouillés, plus rap aussi. C'est comme ça que j'ai commencé, c'est comme un petit témoignage. Enfin, parmi ceux que je voulais vraiment inclure, il y a eu plusieurs déceptions liées aux maisons de disques impliquées. Certaines major, Universal notamment, n'ont pas souhaité me laisser ré-utiliser des remixs que j'avais réalisé pour eux. Busta Rhymes par exemple, Ghostface Killa ou Akenaton. Pour ça, j'ai fait un autre disque, gratuit celui-là, qui s'appelle Black Black And Black, et qui reprend tous les tracks interdits. Il est en téléchargement gratuit sur mon site.

Tu as remixé des artistes très différents, et plus ou moins connus, comment choisis-tu ou es-tu choisi ? Quelle est ta recette pour remixer un titre ?
Il n'y a aucune règle. La seule constante pour moi, c'est m'amuser. Je choisis au feeling, des artistes que je connais ou pas, pour des labels cool ou des majors, gratuitement - souvent - ou pour beaucoup d'argent - parfois. Le truc le plus important reste pour moi la rythmique. beat/basse, c'est ce à quoi je m'attaque en premier.

On sent une certaine continuité dans ces remixs, comment définirais-tu ton style, ta patte que l'on retrouve souvent ?
J'ai beaucoup de mal à porter des appréciations sur ma propre musique, je préfère laisser ça à chacun, public ou journalistes. La musique a pas mal changé depuis 1999, l'industrie aussi, le matériel et les possibilités également. J'essaie de me tenir à ma ligne, là où me mènent mes mains et mes oreilles.

Quels sont tes projets musicaux et tes envies ?
Beatmaking and having fun.

Quels sont les groupes de rap et les artistes de musique électronique qui ne quittent pas ta platine en ce moment ?
Drake et Siriusmo, artistes de l'année.

Propos recueillis par Tahiti Raph
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 10:21

Sortie : 13 octobre 2009

Label : Innervisions

Genre : Deep-house

Note : 8/10

 

Le crew formé par Dixon, Ame et Henrik Schwarz, au sein de l’excellent projet A Critical Mass, délivre depuis peu un son résolument house et teinté d’un minimalisme référencé. Après la sortie du très bon Grandfather Paradox cette année (chronique ici), Dixon a décidé de sortir son mix en solo. Mais là où la plupart des producteurs tombent dans la facilité, l’Allemand Steffen Berkhahn propose une relecture futée de chaque titre.


Temporary Secretary est l’exemple parfait du mix limpide, envahissant progressivement l’auditeur pour le plonger dans un état léthargique agréable. La mise en route est exemplaire avec l’electronica ensoleillé du Ongou d’Icasol qui devient crépusculaire avec le If I Had A Heart de Fever Ray. En enchaînant sur les sonorités tropicales d’Exotique de Roland Bocquet, Dixon capture l’auditeur dans un cercle vicieux sans issue. Ces quelques minutes suffisent à démontrer son talent pour raconter une histoire.

En optant pour une house racée et deep, Dixon ne fait aucune faute de goût. Sa façon d’amener chaque morceau lui permet de totalement annihiler les transitions. Son pote Schwarz démontre une fois de plus son génie et son bagage jazzy en remixant brillamment l’Equinox de Code 718. On retrouve ainsi Schwarz et Ame sur de nombreux titres, permettant de mieux nous guider.


En se jouant des modes, Temporary Secretary apparaît comme un des mix house les plus pertinent de l’année et confirme tout le bien que l’on pense du label Innervisions.

http://www.xlr8r.com/files/reviews/large/dixon_1223.jpg

par B2B

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 21:21
Sortie : septembre 2009
Label : On The Edge



Alex Cowles multiplie les casquettes. En plus d'être le boss de l'excellent label Echodub, cet Ecossais est à la tête du blog SittingOvation et du magazine Modus. Accessoirement, il produit quelques galettes d'un ambient dubstep languide sous le nom de DFRNT.
Après une poignée de maxis sur Insectmind et dans sa propre maison, il sort son premier album, d'une durée folle, chez On The Edge. Et il voit les choses en grand : Metafiction est un double album qui regroupe d'anciennes productions, une brassée de nouveaux titres et 5 remixs concoctés par Quantec, Ital Tek, Scuba, Synkro et DJ Madd. Pari qui peut s'avérer risqué mais Metafiction n'a rien d'un assemblage artificiel de pistes. DFRNT parvient à insuffler une réelle harmonie à l'ensemble, grâce notamment à une atmosphère particulièrement pénétrante.
Loin des canons surexcités du dubstep, DFRNT ralentit le tempo et étire les mélodies, accordant ainsi une belle profondeur à l'espace qu'il ponctue de fines incursions techno. Si l'ambiance est résolument deep, elle ne se teinte jamais de noirceur et donne au périple l'allure miroitante d'un séjour subaquatique.
Sur Headspace,
il entremêle ciselures veloutées et flûtes analogiques, sur Epitome, il trace une parabole synthétisée pleine de spleen. Le splendide Dark Jazz dresse un paysage méditatif qui n'est pas sans rappeler les phases ambient de Caspa (Victoria's Secret), plage que DJ Madd s'empresse de pulvériser à coup de basses corrosives. De son côté, Quantec communique à Therapy le groove et la nonchalence qu'on lui connaît, pour un résultat des plus hypnotiques.

Metafiction est à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre d'Alex Cowles. Comme Kode 9 chez Hyperdub, il creuse le sillon d'un dubstep inventif et novateur. De l'intellingent bass music en quelque sorte.
      
                                           http://www.jbhifionline.com.au/rkt/MEDIUM/%5C43%5C71%5C4371888.jpg
par Manolito
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 15:02
Sortie : 26 octobre 2009
Label : Fluid Audio

Christoph Berg est un Allemand originaire de Kiel, où il officie sous les traits de Field Rotation depuis 2008. Son éminente participation à la récente compilation Imaginary Friends chez Ultimae (chroniqué ici), ainsi que ce premier format court, mettent en avant l'immense talent du jeune prodige allemand avant la sortie de son premier album en 2010, toujours chez Fluid Audio.

On aimerait que des EP tels que celui-ci nous tombe plus souvent entre les mains. Sa longue durée ainsi que son extrême qualité renforce déjà tout le bien qu'on pensait secrètement de Christoph Berg.
Pianiste et également violoniste, Field Rotation crée un son doté d'un rare sens de l'esthétisme.
Ambient, drone, électronica et captures d'éléments acoustiques sont les divins ingrédients de Licht Und Schatten. Décliné comme une musique classique assistée par les ordinateurs, ce disque dépeint des atmosphères flottantes et pénétrantes, à la manière de micro bandes originales. Passant facilement de l'ombre à la lumière, chaque morceau est enchanteur, quelque soit le spectre exploré.
Overdubs, phénomène de polarisation, synthétiseurs, échantillonage, glitch et séquenceurs sont autant d'éléments technologiques qui contribuent à rendre cet objet sonore un peu plus original, un peu plus magnifique, telle une nouvelle façon de concevoir les fusions électro-acoustiques.
Constitué de sept titres en format physique, la version digitale est tristement amputée de trois morceaux. Voilà qui devrait vous convaincre un peu plus de vous procurer ce disque, dans son édition limitée de préférence.
Les sublimes Abendrot, Polarlicht, Tiefflug et Lichtbrechung ne parviennent pourtant pas à égaler tout le génie de Mandfinsternis, dialogue divin entre drones et larsens arbitrés par un piano classique et un glitch discret.
Voici donc encore une musique où l'émotion et l'introspection sont omniprésentes. Chacun pourra creuser au fond de lui même et ainsi faire travailler son imagination et la subjectivité.

Voilà un disque qui nous fait d'ores et déjà baver d'impatience, dans l'attente de l'album à venir. Nous allons également jeter un oeil désormais plus attentif aux sorties du jeune label Fluid Audio.

                                  
par Ed Loxapac
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 11:48
Sortie : octobre 2009
Label : Inflamable Records


Alors que son véritable premier album studio depuis 2002 - intitulé Seven - doit sortir sous peu, DJ Cam n'est pas resté absent des bacs avec notamment son "quartet". Le concept du DJ Cam Quartet ? réinterpréter en version jazz des classiques du rap US ou les titres samplés sur ces classiques. Le DJ français programme les rythmiques et des musiciens font le reste. Lancé sur le 2e CD lors de la compilation Saint-Germain-des-Prés vol.9 réalisé par notre homme (puis sorti en 2008 en LP sous le titre Rebirth of Cool), le projet a évolué pour donner Stay début 2009 puis Diggin' à la rentrée.

Autant le premier des deux sonnait un peu easy listening et manquait sérieusement de la patte de Cam, autant le second a une touche plus rap avec quelques scratchs pour appuyer l'hommage. L'exercice est donc déjà plus intéressant. Outre des batteries appuyées, les mélodies semblent davantage travaillées afin de créer de véritables versions originales qui présentent un intérêt en elle même et pas seulement pour la référence. Sur Boss Guitar, la boîte à rythme cogne dans les basses pendant que le guitariste laisse libre court à son imagination. Le thème à la guitare et un genre de refrain trompette-scratch structurent intelligemment le morceau.
Autre manière de rendre le clin d'oeil original, la présence sur trois titres de la chanteuse Inlove qui, malgré ue voix manquant de caractère, assure sa partie avec habileté et discrétion. Sur Little Sunflower, elle accompagne la mélodie sans trop en faire et c'est bien ainsi.
Par rapport à Stay, la production de Diggin' est clairement plus aboutie et l'intérêt s'en ressent. La construction des plages est plus riche et variée et chaque instrument prend sa place, laissant tantôt le piano, tantôt la guitare, tantôt la trompette être en avant. La réussite de ce nouvel LP vient aussi des détours soul que peut prendre le groupe, notamment sur Quincy et son groove particulier avec la présence de claviers apaisants.
Pour ceux qui en voudraient plus, vous pouvez tenter de dénicher la version japonaise du disque qui contient trois extraits de plus.

Si DJ Cam n'arrive toujours pas à se détacher de ses références américaines, il varie les manières de leurs rendre hommage. Cet album en est un exemples plutôt réussi. C'est toutefois en creusant sa propre voix, pourquoi pas avec ce "quartet", qu'il arrivera à atteindre un palier supérieur auquel il s'est heurté jusqu'ici.

http://img.noiset.com/images/album/dj-cam-quartet-diggin-disc-39226.jpeg
par Tahiti Raph
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 11:27
Date : 10 novembre 2009
Lieu : Zenith de Paris


C'est non sans une certaine appréhension que le concert de Massive Attack se profile. Le groupe tient-il toujours la route ? ce trip-hop vieillit-il bien ? La bande attire toujours autant puisque le concert est sold-out. Le public, éclectique, prend lentement possession de la salle pendant la première partie. Martina Topley Bird se contente d'un concert plutôt cheap en étant seulement accompagné d'un étrange ninja. Malgré un Overcome bien venu et un final musclé sur Too Tough To Die, on reste sur notre faim.

Massive Attack arrive enfin. En choisissant de débuter le concert sur des nouveautés, la bande de Bristol affiche ses intentions. L'inaugural et instrumental Bulletproof Love s'immisce du coté de l'electronica d'Autechre. En enchaînant sur le drogué Hartcliffe Star, on retrouve les basses surpuissantes qui sont la marque de fabrique du groupe. Etonnemment, le son est très bon ce soir au Zénith, pas comme le public qui semble totalement anesthésié. Entre succession de valeurs marchandes et messages dépressifs, les visuels plongent la foule dans une ambiance profondément pessimiste.
Le groupe prend alors la voie du best of en entamant quelques classiques. Risingson fait littéralement trembler la salle avec la voix caverneuse de Daddy G. Teardrop, interprété par Martina Topley Bird, est instrumentalement révisité avec finesse. Les guitares d'Angel se mélangent avec puissance à la voix d'Horace Andy. Le show est carré, rien ne dépasse. On sent que 3D mène sa troupe avec professionalisme. Safe From Harm et Inertia Creeps finissent par provoquer une transe générale, les frissons persistent, les regards sont hagards.
Les deux rappels finissent d'achever Paris. Entre un Unfinished Sympathy apparaissant comme une bouffée d'oxygène et un Karmacoma frontalement viscéral, Massive Attack clôture son concert sous de longues acclamations méritées.

Les inquiétudes n'ont pas eu lieu d'être pendant ces 1h50 sans faille. Massive Attack reste un grand groupe, en permanente remise en question sonore. En ayant toujours su rester en phase avec son époque, ce groupe reste indémodable. Un concert de Massive Attack c'est davantage une parenthèse introspective qu'une fête. On en ressort fébrile.


par B2B
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