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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 19:31

Sortie : novembre 2009
Label : Concrete Curving Records


Encore un netlabel, encore un album en téléchargement gratuit. Cette fois-ci nous parlons de CCCV Records et du premier LP de Life In A Box, pseudo derrière lequel se cache le Nantais Fabien Dortel. Ce dernier ne devrait, on l'espère, pas rester bien longtemps caché avec ces huit titres aussi réussis que prometteurs. Il étale en effet son talent pour manier les textures faisant évoluer habilement ses sons pour maintenir une belle unité au long des minutes.
Dans un style IDM fort en mélancolie, il travaille ses mélodies sur la longueur pour peindre des paysages uniformes plutôt que de se disperser dans une trop grande variété. Il plante ainsi un univers tantôt intimiste avec des nappes discrètes et quelques gouttes d'eau sur Darwin In A Tardis, tantôt plus énergique avec Hadron Collider. On approuve directement lorsqu'il cite Mùm ou Autechre comme influence. Il trace toutefois son propre sillon.
Après avoir puisé ses sons dans le registre aigu de son clavier, Fabien Dortel construit des rythmiques finement ciselées appuyant souvent en délicatesse, sur ce Rebirth à la basse rondouillarde. On est
rarement bousculé, tout est ici question de mesures : les éléments vont et viennent au fil des titres pour faire vivre son récit. Il suffit de se laisser guider, notamment par le Primitive Form Of Comfort final qui allie sonorités crépusculaires et vrombissements.

Life In A Box offre bien plus que le contenu d'une simple boîte, sauf si celle-ci est sans fond, et que lorsque le regard s'y glisse, le corps tout entier bascule dans un monde imaginaire et confortable.

par Tahiti Raph
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 15:43
Sortie : 11 novembre 2009
Label : The Agriculture

DJ Rupture nous est connu pour son ardent défrichage de la bass music sans peur du débordement transculturel, et pour ses albums conçus comme des mixtapes, le génereux Uproot ou Patches avec le guitariste de The Ex, Andy Moor. Matt Shadetek constitue la moitiée du duo Team Shadetek, et s'occcupe, avec Rupture, de la production des albums de Jadhan Blakkamoore. Ensemble, les deux Brooklynites gèrent le label Dutty Artz.

Comme ses prédécesseurs, Solar Life Raft regroupe une hédoniste sélection de titres brillament mashupés par DJ Rupture en une sphère tordue et solaire où le dubstep se gorge de funk et où infrabasses, ragga vibes et breaks syncopés s'accouplent joyeusement. On retrouve leur chouchou dancehall Jadhan Blakkamoore, des potos indés de Brooklyn (Telepathe, Gang Gang Dance), des dubsteppeurs à capuche (Cardopusher, Noah D, Shackleton, Matty G), ainsi que Paavoharju, Nico Muhly, Pulshar, Mizz Beats et d'autres. La richesse et la variété des voix captent aisément l'auditeur. Sur More Pets, Caroline Bergvall ânonne des suites de mots sur les animaux, privées de sens, mais avec une poésie certaine. Apparaît également sur Layin in Bed, Overture:Watermelon City, Autumn Rain, Elizabeth Alexander, qui lut un poème lors de la cérémonie d'investiture de Barack Obama. Enfin sur plusieurs titres la voix chaude de Blakkamoore colore le mix de jaune, vert et rouge.
Rupture, avec ses trois platines, prolonge l'espace sonore d'une dimension supérieure : là où le son se niche au creux du sternum pour se diffuser comme un feu. Sur le surexcité Green Discoder, Cardopusher introduit parfaitement Underwater High Rise, une bombe en puissance signée Rupture et Shadetek qui emporte dans des contrées forcément aqueuses. Si le début du disque appelle à la danse sur basses rondes et enveloppantes, en progressant, le dub se fait plus hypnotique. Le très progressif Mothertongue: Pt. 1 de Nico Muhly déroule un long filin arythmique surplombé de voix balbutiées et fantomatiques qui, en enchaînant avec l'incroyable Blue Night de Mizz Beat, se pare de délicats carillons et de larmes synthétiques.

Solar Life Raft
est une excellente illustratio
n du louvoiement de la bass music vers des influences toujours plus larges, en bon globe-trotting DJ, Rupture nous balance un bon morceau de voyage.

                                            http://cdn.pitchfork.com/media/solarliferaft.jpg
par Manolito
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 16:05

Sortie : novembre 2009
Label : {Dezordr}


A peine remis de l'écoute de Felt 3 (chroniqué ici), c'est une autre ambiance qui vient me saisir à la gorge. Celle-ci vient de France et du premier album d'Audioclokers. Pour réaliser ce disque naviguant entre rap, abstract hip hop (comme on dit) et autres expérimentations autour de ces styles, le beatmaker Dtracks est associé à DJ BlatX qui saupoudre
de ses scratchs des titres sombres et percutants. Ils alternent instrumentaux aux beats qui claquent et à la production soignée avec des morceaux rappés tout aussi travaillés, dont les intro posent l'ambiance avant de rentrer dans le vif du sujet.
Du côté des MC figure une poignée d'Américains : Artoo, Turtle Handz, Silas Blak and the silent lamb et Aamir de Escape Artists. Rien à dire de ce côté avec notamment un Cold Street où la rythmique s'emballe pour donner un accent drum'n'bass que l'on retrouve à d'autres moments (N.Y. Rat Trapps). Specsone et son flow discret apparaît aussi à deux reprises.
Il y a même un peu de place pour la chanteuse soul Lo', sur laquelle j'accroche personnellement un peu moins... Plus risquée est l'invitation de rappeurs francophones : Badem ouvre le bal sur Y En A s'en sortant plutôt bien sur un son de piano mélancolique. La Main Gauche, autre membre du groupe K2C (aussi signé sur Dezordr), fait lui une intervention qui rappelle James Delleck, plutôt positif donc.
Ces voix viennent habilement habiller des tracks qui se suffiraient à elle-même. S'ils ne gâchent rien, au contraire même, on retient surtout de ce disque l'impeccable production. A la manière d'Abstrackt Keal Agram, Audioclockers manie les codes du rap pour mieux les déjouer et leur donner un air électro des plus judicieux où grains et craquements de vinyle font partie des instruments incontournables. I Have Something Has To Say To You fait ainsi voyager autant que du DJ Krush (encore une comparaison flatteuse) avec les interventions millimétrées de DJ BlatX et ce sample de voix fantomatique. Un genre de hip hop du futur bien moins vulgaire que les tentatives racoleuses de Kanye West.

Après Jazz Liberatorz (dernier album chroniqué ici), Audioclockers démontre une nouvelle fois que la France recèle de producteurs rap de talent. Une des meilleures surprises de cette fin d'année avec une qualité irréprochable jusqu'au bout des 16 pistes !


par Tahiti Raph
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 15:15
Sortie : novembre 2009
Label : Rhymesayers


Il y a urgence ! Une actrice est en détresse... appelons deux poids lourds du rap indépendant américain pour venir à son secours !! Après être venu à l'aide de Christina Ricci avec le producteur Groutch de Living Legends dans le premier volet de Felt en 2002, de Lisa Bonet avec le soutien de Ant d'Atmosphere en 2005, Slug et Murs font appel à Aesop Rock, pointure du label Def Jux, pour un tribute to Rosie Perez de haut niveau ! L'Américaine a en effet besoin de soutien avec une filmo qui va dans le mur après des débuts remarqués dans Do The Right Thing en 1989.

Et Rosie Perez peut espérer revenir en haut de l'affiche tant le duo de choc de la rime a trouvé un producteur de choix en la personne d'Aesop Rock. Ce dernier concocte des beats explosif, d'une richesse insoupçonné créant des ambiances aussi festives qu'abrupts. Un disque rempli ras la gueule de tracks et d'interludes inventives et percutantes. Car passé le concept rigolard, on est pris directement par l'ambiance dense et souvent sombre de cet album qui pourrait bien s'avérer comme une des meilleures sorties rap de l'année. Les flows de Slug et Murs se complètent et se répondent parfaitement, l'un direct et agressif, l'autre plus posé et pointu.
Difficile de sortir un titre parmi l'ensemble tant les tueries se succèdent. On en prend plein la tronche et on en redemande ! Même les refrains ne laissent de place à l'approximation. Et quand les deux MC arrêtent de vous cartonner de leurs lyrics, c'est pour laisser de la place à la créativité de leur producteur. Ainsi, il faut écouter entre les couplets pour découvrir quelques passages de pur trip musical, parfois réhaussés de scratch tout en finesse, comme sur la fin de Revisiting The Styleetron.
Enfin, pour éviter d'étouffer les auditeurs de tant de bonnes choses, les trois hommes enchaînent les blagues dans leurs textes et même dans les sons... écoutez l'étrange We Have You Surrounded pour en avoir le coeur net.

Incontournable pour tous les amateurs de rap indépendant qui vous colle des droites. Vous aurez mal, mais vous remonterez sur le ring !


par Tahiti Raph
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 22:02
Sortie : 26 octobre 2009
Label : Archipel

Nous avons déjà maintes fois parlé dans nos lignes du talentueux Jason Corder, ici affublé de son avatar artistique le plus expérimental, Offthesky. En effet, ce dernier a récemment participé à la magnifique compilation Imaginary Friends parue chez Ultimae (et chroniquée ici). Il a également réalisé le superbe album Suspended, en compagnie de Darren McClure chez Symbolic Interaction.
Mais Jason Corder a plus d'une corde à son arc, il fait aussi partie des duos Social System et Color Cassette. La dernière formation citée a d'ailleurs sorti un album en début d'année, Forever Sparrow, qui avait été chroniqué par nos soins (ici).
C'est donc en tant qu'Offthesky que Corder signait récemment les six titres que contient On Aerial Archetype, sur le netlabel méconnu Archipel.

Même avec un tel pseudonyme, on ne pouvait soupçonner que cette musique soit si downtempo et aérienne. L'écoute au casque est plus que recommandée pour quiconque veut se placer la tête dans les étoiles.
Fréquences brouillées, captures électro-acoustiques, glitch, sonorités organiques et environnementales sont au menu de cet onguent pour le corps et l'esprit.
Le Arc Automatic d'ouverture pourrait parfaitement illustrer les théories mathématiques du chaos dont Jason Corder est féru. Dans un battement d'aile, le papillon ne se doute pas des futurs effets de son envol...
A la croisée de chemins venteux, des sonorités cristallines associées à des fréquences habilement brouillées semblent témoigner de la naissance d'un organisme informe mais majestueux, voici la sublime fresque Finally Floating.
A l'écoute de Still Moving Star, on se rêve dans une navette voguant vers une galaxie inconnue.
Le glitch vient s'écraser contre les hublots, à la manière d'une mouche inter-galactique.
Vous devinerez aisément que tout cela est issu de mon imagination fertile (ou pathologique).
Chacun s'autorisera à user de sa propre interprétation.

Voici donc encore un album qui éveillera la subjectivité des fans d'électronica expérimentale et aventureuse. Ceux qui y plongeront les esgourdes pourront susurrer aux cieux :
"Heureux qui comme moi a fait un beau voyage..."
Bien loin de mes envolées faussement littéraires, Offthesky poursuit son chemin vers les sommets de la créativité tel un artiste prolifique de plus à surveiller.

                              
par Ed Loxapac
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 18:15
Sortie : novembre 2009
Label : Discograph


Outre Motown et les créateurs de la techno, Detroit a aussi acueilli dans les années 1970 le label Tribe Records, symbole d'un jazz sans frontière. Le collectif de musiciens qu'il regroupe compte notamment dans ses rangs le saxophoniste Wendell Harrison, le tromboniste Phil Ranelin, le trompettiste Marcus Belgrave et le batteur Doug Hammond. Ces quatre hommes ont été réunis par un autre natif de motor city... Carl Craig. Ce dernier (qui explique la présence ici de cette chronique) produit le nouvel album de ces militants, réunis sous le nom de Tribe et toujours en quête de nouvelles aventures. Il avait déjà fait revivre le projet, après 30 ans de silence discographique, par le biais de trois maxis en 2007 et 2008.

Ce Rebirth n'est toutefois pas aussi revolutionnaire que la description du projet pourrait le laisser penser. Le groupe navigue franchement dans le jazz, même si l'on trouve quelques touches de soul et une voix à la Last Poets sur le titre d'ouverture. Entre reprises et originaux, leur style posé laisse la place à de nombreux solos et des questions réponses entre cuivres et claviers. Sur Vibes From The Tribe se dégage un groove moelleux autour d'une basse confortable et d'un Fender rhodes en roue libre. A l'image d'autres collectifs de jazz américains, se sont souvent les cuivres qui font la loi, qui modèlent les thèmes ensemble et dessine les variations en cours de morceaux. Le duo basse-batterie pose toutefois de solides cadres pour que les souffleurs se laissent aller.
La patte de Carl Craig y est des plus discrètes car la veine électronique n'apparaît qu'en de rares occasions, notamment avec ces importants effets sur la trompette de Son of Tribe qui rappelle Erik Truffaz. Ce morceau réserve une ambiance un peu à part du reste du disque avec une section rythmique qui fait monter la pression au fil des minutes, avant de partir dans une voie expérimentale dressant un decor mystérieux et tendu.
A noter aussi l'intéressante apparition d'une chanteuse sur le Where Am I final, proposant une autre touche à ce Rebirth.

Un album plaisant et intéressant donc, qui permet de découvrir le patrimoine musical de Detroit et l'esprit du jazz des années 1970, mais dont il ne faut pas attendre de révélation miraculeuse.


par Tahiti Raph
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 15:34
Sortie : 16 novembre 2009
Label : Fondation Records/InFiné

Trop étriqué dans son Marseille natal, Danton a choisi de s’exiler à Londres il y a quelques années, une poignée de maxis sous le bras et déjà une grandissante réputation de show man. Ses lives, des vrais, en haut de forme et costume, avec micro, guitare ou champagne à la main, galvanisaient déjà le public. Dans la perfide Albion, il va retrouver Ivan Smagghe, écouté maintes fois au Pulp. Ils créent un groupe, La Horse (nom donné à l’héroïne), qui laissera quelques traces mémorables sur vinyle. Le soutien du producteur Andrew Weatherall constitue le vrai tremplin de Danton. L'Anglais qualifiera son Confessions of an English Opium Eater de meilleur track de la décennie. Excusez du peu. Toutes les portes s’ouvrent. Les dates s’enchaînent, les maxis et les remixs aussi, affirmant au passage son attraction pour la pop.

Il y a un peu tout Danton dans la jaquette de son LP. Pas mal de classe, beaucoup de style, un raffinement de dandy, même, avec cette hauteur et ce regard, ce noir et blanc, ce magnifique cheval, ce chapeau. Mais sur cette photo shootée par Marco Dos Santos, l’étalon exhibe aussi un sexe pour le moins proéminant. Bizarre. Cela rajoute un côté inattendu, audacieux, choquant mais rigolo, un brin vicieux, presque sulfureux et décadent. Dans la vie, dans sa musique, Danton est aussi tout ça. On peut utiliser ces mêmes qualificatifs pour ce premier long format, insaisissable (house-pop ou rocking-techno ?), qui sort sur sa structure, Fondation Records, épaulée par le label d’Agoria, InFiné.


Dire que ce Yes is More était attendu est donc un euphémisme. Dire qu’il est à la hauteur de nos attentes aussi. Evitant l’écueil fréquent d’une enfilade indigeste de maxis taillés pour le dancefloor, ce premier LP convient pour une écoute domestique, et distillera tout son agréable venin dans un after racé, entre connaisseurs. Son Confessions est là, ses beats érotomanes et ses ambiances un peu dark ou druggy aussi. Quant au côté pop, il est récurrent, via les voix, triturées dans tous les sens, à toutes les vitesses. Trippant. On notera d'ailleurs celle de Chloé, une ancienne du Pulp. Décidément.

Le disque cumule suffisamment de paradoxes pour qu’on y revienne : c’est intemporel, ne reniant pas certains gimmicks légèrement kitsch (clin d’œil aux années 1980 ?), ni un esprit rock (les années 1990 ?), ni tout ça qui se mélange dans un joyeux bordel (les années 2000 ?). C’est clairement vrillé mais totalement accessible. Plus troublant, c’est original sans être révolutionnaire ou expérimental, et c’est surtout parfaitement bien ficelé et construit, avec une étonnante maturité, rare pour un premier essai.


Bref, un des LP incontournables de cet automne. Chapeau, l'artiste.

par Phishead

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 12:52
Sortie : 12 octobre 2009
Label : Benbecula

Depuis le début des années 2000, le Britannique Chris Horne, ou Christ. est resté fidèle au trop rare mais magnifique label écossais Benbecula. Déjà auteur de trois albums et autant d'EP, Christ. s'inscrit comme un des fers de lance d'une électronica subtile et downtempo.
Il est également connu pour ses collaborations avec des labels pointus comme Anticon et Border Community.

En digne nostalgique de l'âge d'or de l'IDM et de l'électronica, Christ. prend un malin plaisir à nous plonger dans des ballades en amnésie.
En effet, ses réalisations rappellent l'avènement et les premiers travaux signés chez Warp.
Il en est de même pour Distance Lends Enchantment To The View.
Agissant en maître du découpage des mélodies et de l'échantillonnage du beat, son inaltérable goût pour le Moog et le matériel analogique est une fois de plus au rendez-vous.
Nul ne s'offusquera des résonnances un brin vintage tant sa musique apparaît comme originale et presque intemporelle.
Même si le titre de l'opus évoque de manière significative le contenu, précisons tout de même que la variation est ici plus qu'un mot d'ordre. Chaque morceau est à lui seul une invitation au voyage dans l'imaginaire. La majeure partie des contrées explorées sont majoritairement rayonnantes, et cela même s'il s'autorise une incursion en territoires sombres, comme sur le très réussi Event Horizon They Waited.
Son travail en matière de taillage de la texture rappelle Boards of Canada ou Beaumont Hannant, en moins autiste. Une comparaison moins attendue avec Wagon Christ peut également être évoquée, plus particulièrement à l'écoute de l'excellent Toynbee. Le résultat est par contre beaucoup moins "cartoonesque".

Christ. devrait sortir un live très prochainement. On imagine déjà les visuels associés à sa musique enchanteresse. Ce nouvel album ravira évidemment les fans du bonhomme. Les puristes de l'electronica des années 1990 devraient quant à eux, jeter un regard beaucoup plus attentif aux travaux du Britannique. Même si celui-ci opère dans une plus grande confidentialité que les vaches sacrées qui l'ont influencé, il démontre avec ce nouvel album qu'il n'a plus grand chose à leur envier.

par Ed Loxapac
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 21:04

Sortie : 19 octobre 2009

Label : Ad Noiseam


Raoul Sinier est un ovni dans le paysage musical français. Le mec s’échine à sortir régulièrement des disques anxiogènes mais ces derniers souffrent d’un cruel manque de reconnaissance. Celui que l’on appelle aussi Ra ne se limite pas à triturer ses instruments, il se complait également dans la peinture, la réalisation et le design. En choisissant d’élargir ses perspectives, il arrive à mieux dompter l’ensemble. Voilà pourquoi son 4e album, Tremens Industry, sort accompagné d’un DVD mettant en image ses idées torturées. L’artwork et le clip accompagnant Tremens Industry (visible ici) font penser à un Chris Cunningham sous acide.


La musique de Raoul Sinier a longtemps été qualifiée de bruitiste mais ce nouvel opus permet de découvrir des sonorités bien plus fines qu’il n’y paraît. Bien que rudes et sophistiquées, les créations sonores de Ra sont d’une puissance impressionnante. A mi-chemin entre l’IDM et l’indus, il arrive à insuffler une fine part de naïveté à son édifice.

L’inaugural montée sans fin et sans beat d’Overthoughts vous garantie un sémillant moment d’extase. La suite n’est que batteries breakées et nappes synthétiques poisseuses. Avec Map For A Tactical Nonsense, Raoul semble prendre un vicieux plaisir à tout déconstruire en empruntant les chemins d’Autechre. Tremens Industry est un album protéiforme qui vous glisse entre les mains. En passant d’un hip-hop déviant, List Of Things, à un breakbeat noisy et éprouvant, Confusion Room, Raoul Sinier fait un brillant étalage de son énorme potentiel.


Tremens Industry n’est pas un LP à mettre entre toutes les oreilles. La musique de Raoul Sinier est profondément malade et recèle de créatures perverses en tous genres. Pourtant, l’ensemble se révèle unique et attirant. En faisant copuler rythmiques violentes et mélodies trippantes, Raoul Sinier signe ici un album fascinant, un objet hybride que l’on sonde avec un plaisir malsain et coupable.

http://praxis.c8.com/catalog/images/adn115.jpg

par B2B

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 15:50
Sortie : 10 novembre 2009
Label : Jahtari



Chez Jahtari on fait les choses singulièrement. Dans les rues crades d'Hackney, Londres, on sort les productions sur cassette audio. On
se voue au dub influencé d'électronique, et surtout pas l'inverse. Et on peut très bien se tailler dans un squat à Leipzig pour achever la conception de son disque. Ca c'est pour Tapes, soit Jackson Bailey, qui lâche un instant ses bobines pour sortir Hissing Theatricals, un maxi bon à nous réconcilier avec la chiptune.

Influencé par le reggae digital d'un King Jammy comme par les précurseurs de la library music
, Tapes bricole un dub analogique tout en textures radiophoniques et en riddims bleepés. Parfois, et c'est presque inévitable, le spectre de la cheapness se pointe (le digi-dancehall de Gold Love Riddim et de C2O Riddim). Mais lorsque Tapes dessine des plages aux mélodies mutines teintées d'électronica, le disque devient plutôt attachant.
L' efficace Hackney Dub s'apparente à une rencontre twistée entre Yabby You et une console Sega, Lowry Dub convainc avec sa bassline en pompe à air et ses synthés indolents. Tapes gagne sérieusement en profondeur sur Ticker Tape, piste capable de filer le vague-à-l'âme au natty dread le plus pugnace. Enfin Good Thing You Came Along, charmante chansonnette beaucoup trop brève, achève le maxi sur une note espiègle.

Au final un EP assez inégal mais dont certains titres sont prodigieusement rafraîchissants. Et pour ceux que ça intéresse,
Hissing Theatricals est également sorti en cassette. Forcément.
 

par Manolito
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