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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 11:00

Sortie : 7 décembre 2009

Label : Traum Records

Genre : Techno aérienne

Note : 6,5/10

 

Pour d’obscurs raisons, le Chili est un grand pourvoyeur de DJ tech-house de qualité, mais il reste difficile de se faire un nom entre les deux têtes de file du pays : Villalobos et Luciano. Ricardo Tobar est encore une jeune pousse, il a donc le temps d’imposer avec grâce son style. Un bon point pour lui, ses maxis sortent sur le renommé label anglais Border Community (pour une fois, il change de maison : Traum Records). Mais est-ce suffisant pour convaincre ? Son nouveau maxi, Mi Pieza Esta Llena De Cosas, sait rester dans le ton trancey du label, ce qui fait autant sa force que sa faiblesse.

 

Le morceau éponyme, ouvrant l’EP, permet une incursion vers une IDM saturée, parasitée par des interférences mais garantissant une sémillante parenthèse planante. On ne touche pas au génie mais on reste cependant bluffé par la densité de cette matrice sonore difficilement palpable. Le remix proposé par le petit jeune qui monte, Applescal, offre une relecture à la puissance contenue.

Mais à trop superposer les strates sonores, la techno d’Amanecer finit par davantage ressembler à une bouillie sonore qu’à une tentative de techno shoegaze. En collant trop à l’esprit Border Community, Ricardo Tobar finit par plagier maladroitement la techno en apesanteur de James Holden et les expérimentations aériennes du dernier Nathan Fake. C’est dommage car les intentions sont bonnes et on arrive à y croire sur la techno mélodique de We Met At The Party qui prend délicatement son temps pour nous compter son histoire.

 

Il est indéniable que Ricardo Tobar possède du talent mais, pour le moment, on a l’impression qu’il se bride lui-même, n’osant pas encore sortir des chemins balisés. Mi Pieza Esta Llena De Cosas est un EP intrigant permettant de plonger dans une électro-techno autant fascinante que frustrante.

http://2.bp.blogspot.com/_Ded_8DHEb90/SwK-Po3ryNI/AAAAAAAAAFM/-xcYmkcAEzA/s1600/mi+pieza.jpg

par B2B

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 16:00
Sortie : janvier 2010
Label : BEE Records


Après un premier maxi en 2006 et un album début 2009, Noone a décidé d'effectuer un virage musical en 2010 avec le EP Maybe The Last qui délaisse la légèreté de ses précédentes productions pour céder à une puissance qui se veut ravageuse.
Il débute sur le pied de guerre avec un Fuck The World énervé qui fait penser à du John Lord Fonda vrillé. Le Lyonnais est bien plus convainquant avec Dead tout aussi sautillant mais porté par des sonorités plus intéressantes. Il travaille la matière, les deux mains sur les potards, pour la faire évoluer dans des contrées rêches et venteuses. Une manière aussi de calmer le jeu avant Boring Little Boy, un titre plus downtempo dominé par une nappe qui progresse dans le bons sens. La voix de Noone y apparaît derrière un masque d'alien amateur de new wave. Ce passage apocalyptique mêle voix effrayante, beat décalé et claviers puissants. Les ambiances se suivent et ne se ressemblent pas... notamment avec ce Big Brother qui sonne comme une musique de jeu vidéo, notamment à cause de la mélodie 8 bits dominante, excité par une rythmique frétillante.
Le maxi se termine par un morceau de rap futuriste sur lequel apparaît K1000 et son flow découpé. Malheureusement un peu sous-mixé, son texte est difficilement audible. Le producteur y maîtrise toutefois les crissements synthétiques habilement pour sans doute le meilleur passage de cet EP assez inégal.
 
                                  
par Tahiti Raph
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 15:29
Date : 8 décembre 2009
Lieu : Elysée-Montmartre (Paris)

Une grande partie de Chroniques Electroniques s'est réunie ce soir devant l'entrée de l'Elysée-Montmartre pour assister à la soirée Pure 20(10), organisée par le label Warp.
Les nouveaux venus Nice Nice, le génial ariste producteur Four Tet, le quartet math-rock Battles et l'abrasif Flying Lotus constituent le line-up d'une soirée qui s'annonce plus que prometteuse.

Nous montons les marches menant à la fosse accompagnés par les notes de Nice Nice. Nous n'en avons pas entendu assez pour émettre un jugement objectif.
En haut des marches c'est la cohue. Le public est désappointé pour une raison qui n'a rien de musicale. En effet, toute sortie est définitive et aucun coin fumeur n'a été aménagé pour la soirée. Des gamines à franges crient au scandale tandis que des chevelus hagards prennent la nouvelle avec un peu plus de philosophie, en décidant de se saouler à la Kro.
Seul notre plus brave et valeureux chroniqueur parviendra à se nicotiner à l'extérieur, après avoir échangé quelques mots en lingala avec les agents de sécurité, qui ne sont d'ailleurs pas les cerbères qu'on aimerait nous faire croire.

Mais trêve de péripéties et de dangereuses incursions vers l'extérieur, Four Tet se place aux platines pour un set à dominante house. Kieran Hebden lâche une prestation assez inégale et un rien stoïque. La house qu'il diffuse est assez hypnotique et agrémentée d'influences africaines.
On connaît tout le talent du producteur, comme en témoigne sa géniale et récente collaboration avec Burial. Ses qualités de DJ apparaissent moins évidentes, surtout lorsqu'il se lance dans un hommage à la rumba zaïroise avec un ou deux titres dignes de Franco ou de Seigneur Rochereau. On attend en revanche son prochain album avec la plus grande impatience.

On installe ensuite le matos d'un des quartets les plus avant-gardistes et passionnants de ces dix dernières années, Battles. Depuis le succès critique et commercial de Mirrored, les quatre américains ont envahi les scènes du monde entier pour réaliser des concerts plus dantesques les uns que les autres. Ils sont les fers de lance d'une scène math-rock méconnue jusqu'alors.
Basée sur la synchronisation, la progression et un implacable sens de la précision, leur musique est un véritable bol d'air frais pour un public indie qui n'en demandait pas tant.
Tyondai Braxton, récent auteur d'un album un rien conceptuel chez Warp, a l'air plus que content d'être là. Il est vrai que les nouvelles compos du groupe semblent être plus que jamais inspirées par le génie hirsute. La voix de celui-ci est beaucoup plus mise en avant. Certains dans la foule parlent d'influences à la Animal Collective ou Grizzly Bear. Mouerf, on est pas vraiment convaincu. Battles reste Battles.
Le groupe aura eu un peu de mal à se synchroniser avec les régisseurs. Certains morceaux se sont montrés un peu poussifs dans les harmonies, mais la prestation fut quand même de facture bien plus que respectable. Les hymnes désormais bien connus Race In et Atlas parviedront à enchanter un public déjà tout acquis à la cause du quartet. J'ai pour ma part rarement été aussi impressionné par un batteur, John Stanier est littéralement bluffant et semblerait pouvoir encore jouer trois heures.

On déménage la scène pour laisser la place au Californien Flying Lotus, génie avant-gardiste des platines et tête de proue d'une scène liquid hip-hop. Steven Ellison apparaît enthousiaste et communicatif. Il produira un set fédérateur de haute volée, fait de beakbeats et de mélodies vrillées. Celui qui a pour tante Alice Coltrane se place d'ores et déjà comme un des artistes hip-hop les plus prometteurs de ces dix prochaines années, aux côtés des Lukid, Nosaj Thing ou autres Dorian Concept. Il lâchera une petite dédicace à Busy P (dommage, celui-ci a quitté les lieus cinq minutes avant) en remixant Positif de Mr. Oizo. Le remix d'Idioteque (Radiohead), ne s'imposait pas forcément au vu du set, mais aura eu le mérite de faire réagir un auditoire littéralement hypnotisé. Après un court rappel et une acclamation bien plus que méritée, le lotus volant clôt une soirée qui a tenu une bonne partie de ses promesses.

La désormais rituelle transhumance peut s'organiser vers le métro, sous les regards soulagés des agents de sécurité. Même si le DJ set de Four Tet a un peu déçu, les concerts de Battles et Flyng Lotus auront largement convaincu. Il ne reste plus qu'à attendre les albums qu'on espère "PURE", à venir en 20(10)...


par Ed Loxapac
(Photos par Tahiti Raph)
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 18:44
Sortie : 26 octobre 2009
Label : Benbecula

Après dix ans d'exigence et de pluralisme musical, l'excellent label Benbecula semble définitivement fermer ses portes ces jours-ci. Des artistes tels que Plum, Ochre ou Frog Pocket avaient sorti de superbes albums chez la crémerie écossaise. Christ. (ancien membre de Boards of Canada) avait récemment réalisé un très bon album (chroniqué ici) chez eux.
Il semble que Whilst We Try soit leur dernière sortie. L'Ecossais Keir McCulloch, nommé ici Araya, avait juré fidélité au label, en y publiant son premier album en 2008. Son prochain long format, devrait prochainement sortir ailleurs...

Débutant avec Sergio Leone, cet EP confirme tout le bien qu'on pensait déjà d'Araya. Guitares cristallines, rythme enlevé et kick housy... très bel hommage à celui qui n'a pas réalisé Il était une fois dans les Highlands.
La suite résulte d'une électronica comme Benbecula et ses artistes ont l'habitude de pondre. Les synthétiseurs font leur apparition, le beat bourdonne, les captures acoustiques de cordes en tous genres sont également là. Le luxuriant et ascensionnel Briskan en atteste, mais bien moins que le superbe et progressif Duty Paid, avec sa harpe et ses violons aventureux. Ce dernier résonne comme du Aufgang, les pianistes chevelus en moins.
Très belle surprise de découvrir aussi My Arp is Stuck dans une version live virevoltante.
Out, très modern classical (comme dise les Britanniques), vient clore joliment mais tristement ce format court, ainsi que les portes d'un label qui a enfanté bien des trésors.

Même si Whilst We Try n'est pas le meilleur disque paru chez Benbecula, il a en tous cas le mérite d'être charmant et original. L'album à venir, s'annonce lui, plus que prometteur.
Nous ne nous enthousiasmerons pas plus que ça car on enterre un des tous meilleurs labels mondiaux diffusant de l'électronica. Benbecula est mort, vive Benbecula.

                                 
par Ed Loxapac
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 16:34
Sortie : décembre 2009
Label : Stones Throw


Un chanteur allumé, amateur de pop 80's, d'électro et de rap... forcément une signature Stones Throw. Après Welcome l'an passé qui avait reçu un bel accueil critique même s'il ne m'avait pas convaincu, James Pants publie un nouvel album qui se veut être la bande originale d'un culte né de son imagination. Il conserve la même recette que pour sa précédente galette en mélangeant ses influences pour un résultat assez varié alternant chansons légères (A Chip In The Hand), new wave sombre (Wormhole) et autres plages hybrides (Wash To Sea). Si l'univers de l'Américain est riche et qu'il a un talent certain pour produire des morceaux à la croisé des genres, sa musique reste assez déroutante, partant souvent dans tous les sens et flirtant parfois avec le mauvais goût. Les passages pop sont d'ailleurs les plus douteux, car généralement les moins originaux sous couvert de second degré. Ainsi Thin Moon (en téléchargement gratuit sur le site de Stones Throw), et ses claviers à la limite du vulgaire, font plus sourire que séduire. Les mystérieux Sky Warning et Not Me avec ses breaks de guitare attirent en revanche plus notre curiosité...
Seven Seals est une suite de titres dont la logique est loin d'être évidente. Seule la voix de James Pants fait le lien.. mais c'est quand il s'affaire sur ses machines qu'il est le plus intéressant. Il progresse alors dans un domaine quasi expérimental, notamment sur I Promised I Lied, à creuser. Dommage dans ces cas là que les titres soient aussi courts.
L'Américain continue de creuser son sillon sans totalement nous entraîner dans son délire, un peu trop pop à mon goût.


par Tahiti Raph
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 13:05
Date : 5 décembre 2009
Lieu : Rex Club (Paris)



1h30, le Rex se profile. La queue se dilue dans les rues parisiennes. Le line-up de cette nouvelle soirée Casa Nostra attire les foules ce soir. Le clubbing en crise ? Pas ce week-end en tout cas. Entre un Kalkbrenner sold-out la veille au Social et une soirée au Rex blindée, on reprend confiance en la nuit techno parisienne.


Agoria est aux platines. A peine le temps de se frayer un chemin vers le dancefloor que le Lyonnais balance une montée surpuissante. Le ton est donné, Agoria distillera une techno fédératrice. Pendant une heure, son set sera d’une efficacité redoutable. Toutes les deux minutes, il prend son temps pour vriller les cerveaux, faire lever les bras et provoquer un état de transe générale. Le public est conquis, en redemande. Sebastien Devaud confirme définitivement sa réputation. C’est un fait, il se place désormais juste derrière Laurent Garnier au panthéon des DJ français, le mec possédant cette rare capacité de pouvoir totalement gérer une foule en mêlant fluidité et puissance.

Carl Craig attend patiemment son tour derrière le Lyonnais. 2h30, le pape de Detroit, toujours aussi charismatique, prend avec facilité les rênes du Rex. Le club dégueule de monde, le son est parfait. Son set est plus linéaire que celui d’Agoria tout en évitant de sombrer dans la facilité. En jouant moins sur les breaks extatiques, en s’appuyant davantage sur les basses, Carl Craig démontre une nouvelle fois son exemplaire maîtrise.


3h50, retenti enfin The Bells de Jeff Mills que Carl Craig ne peut s’empêcher de passer à chacun de ses sets. Touché par la fatigue, c’est le moment choisi pour s’éclipser définitivement. Décidément, le Rex sait soigner avec douceur son public, cette nouvelle résidence d’Agoria augure des soirées mémorables.

par B2B

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 16:36
Sortie : 17 novembre 2009
Label : Runtime


Les incursions d'Elemental dans les sphères torturées de la bass music ne datent pas d'hier. Ce pionnier du dubstep se frotte aux machines depuis 1994, il s'essaye à la drum & bass et à l'électronica, puis forme en 2002 avec Dario Swade le duo breakbeat Elemental & 3D signé sur leur label Runtime Records. Depuis Adam Wilson produit son propre son, à base de dubstep vrillé et de techno acide et métallique. Messages from the Void est son premier album qui s'accompagne d'un disque bonus regroupant des productions datant de 2002 à 2009. Le disque traduit une incontestable maîtrise du beat, qui empreinte parfois aux tempos syncopés du 2-step, et un penchant certain pour la froideur industrielle. Les breaks ferriques d'Elemental sombreraient dans une austérité glaçante s'il n'instillait pas à ses pistes un groove souple, réchauffant l'atmosphère comme un soleil froid. On pense parfois à Scuba pour la dimension ténébreuse ou à Dusk & Blackdown pour les beats mats et voilés. Mais même si on peut saluer la dextérité d'Elemental, Messages from the Void n'a rien d'un chef d'oeuvre et tout cela commence à avoir un léger goût de déjà entendu.
On peut cependant apprécier la langueur enfiévrée de Speak Dub, qui pose sur un rythme de percussions jamaïcaines des nappes claires percées d'envolées acides. Elemental nous sert également du breakbeat caressé d'une nébuleuse de cordes cabalistiques, le très bon Magic Harp qui joue sur le dédoublement des basslines.


Messages from the Void ne convainc donc qu'à moitié, mais on conseillera tout de même aux inconditionnels de dubstep-techno twistée d'y jeter une oreille avertie, une douche d'acier liquide n'ayant jamais fait de mal à personne.

                                            http://rocketsciencemedia.files.wordpress.com/2009/09/message_from_the_void_artwork_300x300.jpg

par Manolito
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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 11:00

Sortie : 2 décembre 2009

Label : M_nus Records

Genre : Ambient mentale

Note : 6/10

 

On reproche trop souvent à l’écurie M_nus de ne sortir que des maxis formatés de techno mentale confectionnés sur informatique en respectant un solide cahier des charges. Il en ressort trop souvent des productions froides et impalpables mais parfois, l’étincelle surgit. Cette année, on peut aisément retenir l’excellent album de Louderbach ou encore la bombe minimal Nineteen d’Ambivalent. La musique de JPLS emprunte un autre chemin, celui de l’electronica hypnotique.


The Depths n’est pas un album facile d’accès. Mieux vaut accepter totalement l’immersion pour éviter de rester à la porte. Les 8 pièces de l’album s’imbriquent parfaitement mais laissent cependant perplexe. Les 12 minutes inaugural de Reset plongent immédiatement l’auditeur dans une électronica industrielle tout en aspiration où des sonorités étranges donnent l’impression d’être en milieu hostile. C’est d’ailleurs cette permanente impression d’espace qui domine. The Depths prend un malin plaisir à laisser les portes ouvertes pour qu’un vent glacial puisse s’engouffrer. JPLS a beau proposer trois titres de techno mentale aux basses surpuissantes et qui vous feront danser la mâchoire serrée, il reste difficile d’apercevoir une once de lumière.

Mais JPLS tombe trop souvent dans l’hermétisme total. Les quatre morceaux d’électronica clôturant l’album semblent ne jamais varier. Cette musique reste tellement opaque que l’on finit par se faire chier si l’on ne reste pas finement concentré. On pourrait ainsi rapprocher l’art cinétique de Bridget Riley de cet album, soit vous contemplez avec précision l’ensemble de l’œuvre pour en saisir la portée, soit vous passez définitivement à coté.


The Depths est une œuvre tellement sombre et froide qu’il est difficile de pouvoir sincèrement l’apprécier. Le voyage a beau s’avérer post-apocalyptique et déverser ses paysages de désolation, on reste trop souvent de marbre. M_nus s'est fait prendre à son propre jeu.


par B2B

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 23:51
Sortie : octobre 2009
Label : Hibernate Recordings


Internet a entraîné une révolution dans la production et la distribution de musique, permettant à des labels comme Hibernate Recordings d'exister. Se définissant comme un "micro label indépendant", il distribue les productions de ses artistes sur CDR en édition limitée ou en téléchargement au prix fixé par l'internaute (avec un minimum). Hibernate nous permet de découvrir aujourd'hui 1976, dernier maxi de Martin J Cummings publié sous le pseudo Northerner.
L'Anglais, virtuose électro-acoustique. nous plonge six titres durant dans un confortable matelas de nappes, un paysage sonore d'automne aux discrètes variations. Les plages s'enchaînent sans discontinuité, berçant l'auditeur qui se prend alors à rêver. De la fenêtre de sa maison de campagne, il observe une fine pluie s'abattre sur la forêt. Il sort pour sentir les feuilles lui frôler les pieds et humer le sous-bois fraîchement humide. De cette image que son auteur veut doucement désuète ne se dégage pas de mélancolie. Au contraire, plutôt l'agréable souvenir d'un passé élégant. Ces planants instants où se cache parfois une timide guitare font défiler les images sépias d'une jeunesse lointaine. L'album dont les pages craquellent en se tournant se referme trop vite, l'esprit vogue encore.

Ce minimaliste 1976 est magique, d'un rien il fait naître la lumière. Celle qui vous rappellera que vous êtes encore éveillé et non transposé dans un univers confortable et douillet.


par Tahiti Raph
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 17:58
Sortie : 8 février 2010
Label : EMI / Virgin

Après plus de six ans d'attente, on parvient enfin à écouter Heligoland. La bande de Bristol a fait du chemin et a connu des splits depuis les premiers pas du sound-system Wild Bunch.
3D et Daddy G, tous deux à la tête de Massive Attack, avaient placé la barre tellement haut avec The 100th Window qu'on ne savait pas trop à quoi s'attendre. Enfermés depuis plus de quinze ans sous une dénomination "trip-hop" bien trop étroite pour eux, allaient-ils parvenir à captiver le fan de la première heure que je suis ?

Heligoland est un album qui contraste avec ses illustres prédécesseurs. Tout d'abord parce qu'il rompt avec la continuité du dyptique logique Mezzanine / The 100th Window et leur dimension rock teinté de frozen wave. Aussi parce qu'il est presque essentiellement composé de collaborations.
Non des moindres me direz vous, Martina Topley Bird, Tunde Adebimpe, Damon Albarn, Hope Sandoval et Horace Andy... on a connu pire comme vocalistes.
Le génial guitariste de Portishead, Adrian Utley, fait aussi partie des convives.
La production est toujours aussi propre. On note également une présence plus importante des orchestrations, plus précisément un nombre important d'envolées de cordes.
Ce virage avait déjà été entamé sur le single Live With Me avec Terry Callier en 2007.
La batterie est elle aussi mise en avant d'une curieuse manière, rarement le rythme ne s'est fait si martial. On croit même entendre à plusieurs reprises des frappes sur un tambour militaire.
Néanmoins, cet album est probablement le moins torturé et le moins sombre de l'importante discographie de Massive Attack.

Les excellents Splitting The Atom et Pray For Rain, déjà entendus sur leur récent EP (chroniqué ici), sont bien au rendez vous. Psyche (avec Martina Topley Bird) réapparaît dans une version plus désuète et moins intéressante cette fois-ci. Dommage. Ce n'est pas le cas du très expérimental et très réussi Bulletproof Love, ici rebaptisé Flat Of The Blade, avec un Guy Garvey (Elbow) chuchotant sur des expérimentations qui rappelleront à certains les travaux de Radiohead sur Kid A.
Martina Topley Bird est également présente sur Babel, titre qui peut rappeler ses premières apparitions avec Tricky. La ligne de basse de ce morceau est très intéressante mais l'ensemble manque malheureusement de contraste. Un brin déroutant.
Horace Andy pose son falsetto sucré sur l'excellent Girl I Love You, où la technologie du studio aide à pallier sa fatigue et son grand âge. Pourtant, ce titre n'a rien à envier aux mythiques Angel ou Spying Glass. Voilà le Massive Attack qu'on attendait.
Hope Sandoval (ex-chanteuse de Mazzy Star) vient lascivement poser toute sa sensualité sur le joli mais un peu lisse Paradise Circus. On s'étonne également de cette collaboration très indie avec Damon Albarn (Gorillaz, Blur) sur le mélancolique et très acoustique Saturday Come Slow.
On préfèrera à ces derniers le très bon Rush Minute et l'exceptionnel Atlas Air. Lorque 3D lance son débit rampant et lézardé sur des mélodies glaciales et poisseuses agrémentées de basses abyssales... on repense aux monuments qu'étaient Butterfly Caught, Risingson, Inertia Creeps ou Antistar.
Seul Atlas Air (nommé Marrakesh en live), et peut-être Girl I Love You, égalent le niveau des pré-cités. On est presque en transe, calé sur le rythme des tablas du frénétique Atlas Air. On en oublierait presque que l'album se termine déjà.

On observait déjà deux cycles distincts dans la discographie de Massive Attack. Celui articulé autour de Blue Lines et Protection, et les sublimes et complémentaires Mezzanine et 100th Window. Heligoland pourrait bien ouvrir une nouvelle brèche, encore difficile à définir. Peut-être perdront-ils des aficionados, il est en revanche sûr qu'ils vont en gagner de nouveaux. Quoi qu'il advienne, les groupies comme moi suivront car le diamant Massive Attack est éternel.
Quelques regrets néanmoins, la voix caverneuse de Daddy G n'est pas assez présente. Certains titres récemment entendus en tournée sont absents de la tracklist, comme les terribles Dobro ou United Snakes. On aurait bien échangé deux featuring un peu mollassons contre ces deux là.
Même si cet album est loin d'être au niveau des meilleurs, la magie de Massive Attack est intacte et prend toute sa dimension en live. Et n'est ce pas là l'essentiel ?

                                     
par Ed Loxapac
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