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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 16:27
Sortie : 8 décembre 2009
Label : Tympanik Audio

Jamie Blacker n'est pas un inconnu pour tout le monde. Ceux qui ont bien connu le regretté label Hive Records savent de quoi je parle. Ses deux premiers albums étaient parus en 2006 et 2008 sur cette énième crémerie à avoir fermé ses portes bien trop tôt. En 2008, il signe son premier album pour Tympanik, l'excellent The Sea And The Silence. The Immaculate Manipulation est une compilation de remixs de ce même album, concoctés par des pointures du genre. On y trouve également un morceau inédit, le renversant I Am The Filth, et une collaboration avec Intoner.

ESA, ou Electronik Substance Abuse, est un artiste inclassable. Défrichant depuis ses débuts les nombreux genres du patrimoine électronique avec fougue et assurance, il s'est cette fois-ci adjoint les services d'artistes aussi divers que ses influences pour se livrer à cette immaculée manipulation. Rythmic noise, trance, industriel, hardtek, EBM, breakbeat, ambient... il y en a pour tous les goûts.
Des morceaux phares comme Your Anger Is A Gift, It's Hard To Sleep In Hell ou The Sea and The Silence s'offrent donc une nouvelle beauté bionique et infectée.
La première partie du disque est assez grasse, violente et martiale, surfant parfois sur les ossements d'un big beat heureusement enterré depuis plus de dix ans. Ceci ravira plus que probablement les fans de gros sons lourds, dignes de raves claustrophobiques dans des entrepôts suintant la sueur de tous leurs pores.
On préférera à ces derniers les manipulations venant d'artistes bien connus chez Tympanik comme Stendeck ou Access To Arasaka. Ce dernier s'offre ici un nouveau tour de force après son monumental Oppidan (chroniqué ici). Tasting Snails, revisité par Marching Dynamics, vaut lui aussi son pesant de noix de pécan.

Cette galette se révèle assez physique dans l'écoute sans être rébarbative. Les amateurs d'électronica et d'IDM préféreront sûrement sa glorieuse seconde partie. Ceux qui ne pourraient se procurer ce disque dans sa version physique peuvent se rattraper avec une version différente en digital. Voici donc un disque bon sans être exceptionnel, qui donne en tous cas envie d'entendre reparler très prochainement d'ESA.

                                  http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/plugins/wp-shopping-cart/product_images/ESA-TIM-coverart-300x300.jpg
par Ed Loxapac
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 09:39

Sortie : 10 décembre 2009
Label : 303lovers

Genre : Techno

Note : 5/10

La scène chilienne a imposé des sonorités world dans la musique tech-minimal qui fait qu'aujourd'hui, quantité d'arrivistes veulent obtenir leur part du gâteau. Mais n'est pas Villalobos ou Luciano qui veut. La notion de groove ne naît pas en appuyant aléatoirement sur son labtop. Elle reste indubitablement une question de feeling, de mouvement impalpable, réservée à la crème des DJ. Quid du Turinois Marshall, auteur avec Voodoo d'un album de tech-house tribale.
Luigi Rocca a longtemps trusté la première place du classement Beatport par la force d'une bombe tribale au kick druggy et aux percus africaines hypnotiques, Swahili Song. Ce morceau dévastateur a permis à son créateur de se tailler une place en or dans le milieu techno, les meilleurs DJ du monde se mettant à le playlister.

Swahili Song apparaît logiquement sur Voodoo ainsi que de nombreux maxis antérieurs. Marshall n'aime pas expérimenter, il a besoin d'emprunter des chemins balisés. On se retrouve donc avec une techno rigoureuse et âpre, sans aucune mélodie. Pas funky pour un sous, on n'est pas là pour se marrer. Le schéma se répète inlassablement : chaque morceau s'installe lentement avant l'arrivée d'une énorme bassline faisant frétiller les oreilles. Sur Voodoo, rien ne dépasse et c'est bien regrettable.
Mais là ou Marshall se révèle le plus intéressant c'est dans l'esprit world qu'il insuffle à la majorité de ses tracks. Il évite de tomber dans le cliché ethnique pour occidentaux en mal d'exotisme. Lorsqu'apparaît un break tribal, c'est pour mieux l'annihiler. L'éponyme Voodoo ou l'hypnotique Andale, sans confiner au génie, sont rapidement accrocheurs et vicieux.
Marshall en profite aussi pour faire participer ses potes et gonfle son album de featurings plus ou moins contestables. Tout au plus peut-on retenir la techno mentale et druggy de Cpm 02 avec Charlie & Peter.

Il manque une moelle épinière à cet album : le groove ! La techno de Marshall est efficace et dure mais oublie les mouvements chaloupés. On est ici dans le domaine de la techno perso, celle ou l'on fronce les sourcils, on courbe l'échine et on robotise ses mouvements. Certains y trouveront leur compte, les autres passeront leur chemin.


par B2B
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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 19:07

Sortie : décembre 2009
Label : Soul Jazz Records



Soul Jazz Records
a commencé dans les années 1990 son travail de réédition de disques de jazz, de funk, de reggae et de soul. Au travers de dizaines de compilations, le label londonien retranscrit l’histoire de ces musiques noires, en s’attardant largement sur celle de la Jamaïque et du foisonnement musical qu’elle a hébergé. Les rééditions, notamment, des compilations de Studio One, l’éminent label jamaïcain de Clement "Coxsone" Dodd font figure d’indispensables en matière de roots music. Mais Soul Jazz a également élargit ses horizons en fouillant du côté du hip-hop, du post-punk et plus récemment du dubstep.

Et si Stuart Baker, le fondateur du label, doute du fait que les jeunes producteurs perçoivent réellement la façon dont le reggae a influencé le dubstep, cela ne l’empêche pas de se dévouer entièrement à la promotion de cette scène maintenant bien établie. Pour preuve la prépondérance du genre dans la compilation des singles 2008-2009 (chroniquée ici).

Ce volume 2 de la série des Steppas’ Delight : Dubstep Present to Future, un véritable pavé, réunit des singles sortis par le label durant l’année et un paquet d’inédits, avec des pointures comme Ramadanman & Applebim, Benga, Joker & Ginz ou Darkstar. On a affaire sans conteste à une sélection de grande qualité, et on aborde tout le long différents versants du dubstep, du garage crade et vrillé jusqu’aux beats atmosphériques. Mais outre les problèmes de digestion dus à la longueur, cette compilation souffre d'un manque de réel fil conducteur.

Reste tout de même une quantité de pépites : on retrouve le génial Focus de Dusk & Blackdown et son irréprescible progression, on en ressort le souffle court. On savoure également l’immense Router de Pagaea, la dub-techno progressive de Ramadanman & Applebim avec Sous Le Sable ou encore le Need You de Darkstar, toujours saisissant. En plus électro et binaire, 1975 du portuguais Mr Gasparov fait sévèrement remuer de la tête, d’un air gentiment régressif.


Soul Jazz n’a donc rien perdu de sa superbe, et même si le défrichage de ce Steppas’ Delight 2 fatigue un peu, il serait bien dommage de passer à côté.

                             

par Manolito

 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 19:13
Sortie : Septembre 2009
Label : FSolDigital.com


Il est Australien, son label est Anglais, son album fait plus de deux heures. Il n'y a pas besoin d'en savoir beaucoup plus pour se plonger dans l'album de Seafar. On n'en apprendra de toute façon pas des masses après quelques recherches. Entre nappes ambient et électronica discret, l'univers de ce disque est assez Anglais, rappelant notamment quelques vieux travaux de chez Warp. Les beats sont secs et les atmosphères denses occupent paisiblement l'espace. Certains y trouveront un bois au petit matin, fraîchement arosé d'une douce rosée. D'autres se sentiront pousser des réacteurs et planeront dans l'espace, observant la lente danse des planètes, bercés par la pesanteur. Seafar ne viendra brusquer ni les uns ni les autres. Il construit ses plages simplement, dispensant les évolutions avec mesure, travaillant les textures et le ressenti avant tout.
De deux à neuf minutes, les morceaux se suivent dans le même esprit mais marqués par des motivations différentes. Ils peuvent se révéler torturés dans les rythmiques (Ravenswood Underpass), extatiques dans les volutes de clavier (Antifi) ou étrangement mélodieux (Young Team Theme). D'autres passages ne sont que d'inquiétantes transitions (Dreamenviron ou Seabox) vers des sonorités plus dures. Une froideur synthétique qui fait l'effet du métal sur la peau. La sobriété de certains titres, Baird Memorial et sa mélodie lointaine par exemple, tranche alors avec la volupté d'autres comme Dr. Catchlove et ses nappes envahissantes.
L'Australien nous perd au milieu de sa musique, nous retrouve par moment avec des moments plus classiques (Rising Son) et de nouveau brouille les pistes (Coolstrikgreen).

Les plus patients iront au bout de ces 26 tracks, sans doute l'esprit ailleurs, et une petite envie d'y rester.

http://www.bbc.co.uk/blogs/scotlandsmusic/seafar.jpg
par Tahiti Raph
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 18:24
Sortie : novembre 2009
Label : Traffic Entertainment


L'année n'est pas encore finie, je vais donc en profiter pour revenir sur quelques bons albums sortis dans les derniers mois de 2009 que je n'avais pas encore pris le temps de chroniquer jusqu'ici. Ce rattrapage débute avec le disque ovni oeuvre d'Edan... en tant que DJ. Tout le monde (ou presque) attendait une suite à l'excellent Beauty And The Beat de 2006, mais l'Américain revient avec un drôle de mix dont l'histoire débute il y a deux ans. Traffic Entertainment Group lui confie alors son back catalogue de rap old school pour qu'il en fasse une compilation. Deux ans plus tard, et alors que le label n'attendait plus grand chose, Edan rend sa copie : 29 min de morceaux bidouillés, bourrés d'effets et sur lesquels il a ajouté claviers, guitares, percussions, etc.

Bienvenue dans l'univers méconnu du délire musical. Si certains crient déjà au génie, d'autres resteront sûrement longuement circonspect devant cet
étrange objet musical. Dans tous les cas, il faudra un certains temps pour prendre ses repères dans ce mix savamment concocté. Après un temps d'adaptation, il se dégage à la fois un certain génie et un magnifique hommage à la bonne époque des débuts du rap. Les expérimentations électroniques - utilisations d'échos ou de filtres - rappellent en effet le bon vieux temps d'Afrika Bambaataa ou de Grandmaster Flash. Avoir un style à l'ancienne sur ses morceaux ne lui suffisait donc pas, il fallait qu'il fasse de même aux platines !
Echo Party apparaît tout de même d'un grand modernisme, l'audace des précurseurs n'ayant de toute manière connue que peu de répercussions par la suite. Quelques passages sont tellement déjantés qu'ils font penser à d'audacieux breakbeats, à de mystérieux jeux de samples sous drogue ou à une hallucination sonore. Serait-ce un cinémix du film Las Vegas Parano ? "I can see it in his eyes... he's lying to us !" Edan vogue de plus en plus vers de l'électro expérimentale, multipliant les couches et les ajouts avec un esprit psychédélique hanté. Est-ce lui qui rejoue Apache au kazoo ??

Sa MPC fume. Ses platines demandent une trêve. Un écho répète sans cesse un beat. Edan est fou. Tant mieux.

http://www.dustygroove.com/images/products/e/edan~~~~~~~_echoparty_101b.jpg
par Tahiti Raph
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 21:12

Sortie : novembre 2009
Label : Hammerbass


Cela faisait 5 ans que l’on n'avait plus entendu parlé de Dubphonic. Après un premier album prometteur en 2003, Smoke Signals, le trio parisien retourne en studio pour la préparation de ce qui deviendra Relight... et y reste pour 3 ans.

Et à vrai dire, il semble que Stefane Goldman, Alexis Mauri (aka Alexkid) et Sylvain Mosca ont su mettre leur temps à profit puisque Relight a tout de l’excellente surprise. Si Smoke Signals était résolument orienté dub, ce second opus s’inscrit dans une veine beaucoup plus trip-hop. Des pérégrinations méditatives de synthétiseurs se posent sur des lignes de basses languides et lourdes, et des mélodies de guitare, piano et flûte s'accolent aux breaks filtrés. Le groupe mêle avec une grande fluidité des influences jamaïcaines, africaines à ses ondulations électroniques, avec un perpétuel soucis du groove. Si la cohérence est indéniable, les ambiances se succèdent, variées : la poussière des rues de Kingston (All You Weed Is Love) fait place à des volutes aériennes aux accents électronica (le superbe Parachute), pour finir sur une course moroderienne contre la montre (Outland). Autre nouveauté chez Dubphonic : quatres morceaux sont chantés. On retiendra particulièrement le flow insisif de Mau, moitiée du groupe anglais Earthling, sur Ricky Balboa et les caresses de la voix de Liset Alea sur le The Only Girl On Earth introductif. L'épique Nora Sun se distingue du reste de l'album, l'escalade haletante des synthés n'autorisant pas de possible redescente.

S'il est vrai que les représentants de la scène trip-hop française ne sont pas légion, Dubphonic s'impose comme un des chefs de file. Relight, avec ses ambiances cinématographiques et son groove nonchalant, s'inscrit dans les réussites de 2009.

http://img.over-blog.com/300x300/3/53/72/73/DUBPHONIC_Relight.jpg_m.jpg

par Manolito

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 12:29
Sortie : 9 novembre 2009
Label : Jarring Effects / Pioneer Unit

Ben Sharpa a fait du chemin depuis son enfance dans le ghetto de Soweto. Il est avec Tumi & the Volume, un des rares artistes sudaf à bien s'exporter hors du continent africain. Après ses nombreuses collaborations avec une pointure telle que Milanese, son premier essai remarqué The Sharpaganda Theory, Kgotso Semala sort enfin son premier album. Celui que ses fans appellent Kap (en référence à la citation du Cercle des Poètes Disparus, ô capitaine mon capitaine...) s'offre une crédibilité auprès des scènes londoniennes férues de grime et de dubstep, mais aussi d'un public américain amateur de productions plus conventionnelles. Des artistes reconnus des deux côtés de l'Atlantique, comme Mary Anne Hobbs ou The Roots, croient énormément en son potentiel.

B. Sharpa est un album à large spectre. Ratissant dans toutes les sphères du hip-hop, le Sud africain veut démontrer toutes les facettes de son talent et de ses influences. C'est souvent la sinécure des artistes émergeant dans le hip-hop, que de confectionner un amas de singles plutôt qu'un premier album clairement balisé. Après tout peu importe, son premier opus est attendu depuis tellement longtemps.
Accompagné ici de producteurs comme Dplanet, DJ Sibot ou le fidèle Milanese, Ben Sharpa enchaîne les titres, dont certains hits déjà un peu anciens, sur des prod' dopées aux lasers bioniques.
Même si je considère personnellement le grime comme une des pires inventions de ce début de siècle, il faut avouer que le Sharpa s'en tire plus que bien, son flow haché se mariant très bien aux cuts et aux infra basses chers au public britannique.
Ma préférence va aux morceaux orientés dubstep mais plus encore à deux titres qui n'ont rien à envier aux récentes productions américaines, les excellents B To The E et Why (feat. Wordsworth).
Du côté des lyrics, l'ensemble se veut conscient et empreint de revendications politiques. Kap ne délaisse pas complètement son inaltérable goût pour les théories de complots.
On ressent fortement les influences de RZA pour les textes et de Mad Professor pour le son.
Des morceaux tels que Callin' It Quits, Hegemony, Check The Evidence ou encore Critical Mass risquent d'hanter encore longtemps les caves de Londres et d'ailleurs.

Ben Sharpa signe là un album qui pourrait devenir un must have pour les amateurs du genre. Les autres n'y verront qu'une anecdote. Me situant au milieu et considérant simplement ce disque comme pas assez abouti et doté d'une démarche peu claire, force est de constater que ce premier album contient des petites bombes.

                                 http://3.bp.blogspot.com/_iY28eFWQM_Q/SvBfC8XpL0I/AAAAAAAAAbg/qfXb9YcKjJI/s320/Ben+Sharpa.jpg
par Ed Loxapac
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 11:10

Sortie : 26 janvier 2010

Label : Stones Throw

Genre : Hip-hop, soul

Note : 8/10

 

Autant commencer 2010 avec goût et classe. L’hyperactif producteur Madlib s’associe le temps d’un album à la famille Strong Arm Steady et livre un In Search Of Stoney Jackson respirant la coolitude absolue.

Strong Arm Steady est un combo californien rassemblant principalement 3 gaziers, Mitchy Slick, Phil Da Agony et Krondon (X-Zibit faisait initialement parti de l’équipée). Entre Los Angeles et San Diego, ce crew a toujours eu pour vocation de proposer un hip-hop indé de qualité, en alternative aux productions locales. Madlib, a décidé d’ouvrir les portes de son immense bibliothèque de samples afin que la petite équipe puisse s’amuser en toute liberté, J. Rocc venant ajouter sa prestigieuse patte à l’édifice.

 

La réussite de cet album tient en la persistance d’un esprit soul palpable tout en évitant les poncifs du genre. Une véritable ambiance cool gonfle les 18 titres. Les samples, finement réfléchis, permettent de se projeter dans une époque révolue, dans une ambiance tant recherchée. Needle In The Haystack vous téléporte ainsi automatiquement en plein film de blaxploitation.

En multipliant les featurings de haute-volée, In Search Of Stoney Jackson prend rapidement des allures d’odyssée. Talib Kweli vient poser son flow sur un Get Started contagieux pendant qu’une partie de l’équipage Stones Throw (Oh No et Roc C en tête) vient prêter main forte sur True Champs. Le reste des participations est à l’avenant et donne à l’album une allure de all-star game.

C’est bien simple, rien n’est à jeter, tout est à savourer. A mesure que l’album progresse, l’ambiance devient moins récréative. Ce mouvement général s’opère en douceur notamment grâce aux savoureuses interludes. La production est tout simplement irréprochable. Il est désormais trop rare de pouvoir prendre son pied sur un album hip-hop pur jus, sur un objet autant travaillé et aussi accessible.

 

Mais d’ailleurs, qui est ce foutu Stoney Jackson ? Un banal acteur black des 80’s, à la carrière se limitant à de ridicules apparitions dans des séries TV US, mais dont le portrait le plus connu a permis d’illustrer la fantastique pochette de ce brillant album hip-hop.

http://i45.tinypic.com/riuejp.jpg

par B2B

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 18:27
Alors que le nouvel album de Massive Attack, baptisé Heligoland (chroniqué ici), sort en février 2010, Chroniques électroniques a rencontré Daddy G (à droite sur la photo). Une interview publiée en deux parties et dont la première permet de revenir sur l'histoire du groupe, sa discographie... et de parler identité nationale !

Quand et comment s'est passée la rencontre avec 3D ?

En 1977-78, nous participions à la scène punk de Bristol avec des gens comme Nelly Hooper ou DJ Milo et d'autres amis dont 3D. Nous étions des jeunes gens fans de musique et qui prenions du bon temps. Nous avons créé à cette époque notre sound system, Wild Bunch Project, qui nous permettait de faire des mélanges des nombreux genres musicaux existants à l'époque en Angleterre : soul, punk, new-wave, reggae, etc. C'était très excitant car c'était multiracial et multi-influences. Les disques que l'on jouait alors sont la première influence de Massive Attack. Nous avons baigné dans une culture qui mélangeait les beats ensemble. A Bristol, il a toujours été question de "bassline", notamment avec la musique des Caraïbes et l'influence du dub. Le hip-hop est arrivé en 1983 et nous a beaucoup influencé. C'est le premier style qui nous a unis en tant que DJ. Une musique incroyable avec de nombreux éléments qui gravitent autour comme le breakdance ou le graffiti. Le hip-hop nous a donné notre première "arme" en tant que musicien : le sampler. Neneh Cherry a découvert notre sound system à ce moment là et nous a ouvert les portes des studios pour enregistrer nos premiers disques.


Quand on regarde la discographie de Massive Attack, on peut remarquer deux cycles : le premier, plus soul, avec Blue Lines et Protection, le second, plus rock, avec Mezzanine et 100th Window, très frozen wave. Heligoland est-il le début d'une nouvelle ère pour Massive Attack ?

Quand on regarde, il y a effectivement des cycles, et notre public a d'abord augmenté puis baissé au fur et à mesure de ces cycles. Au début, nous n'utilisions que des samplers, ils n'avaient pas beaucoup de mémoire, nous étions donc limités pour nos premiers disques, et notre musique n'était pas très évoluée. Blue Lines et Protection sont des albums de studio conçus avec des idées de DJ. C'était tout ce que l'on pouvait faire avec des samplers.

 

Quand nous avons commencé à tourner, nous sommes devenus un groupe et notre vision a changé, notamment car nous pouvions voir la réaction du public par rapport à notre musique. Nous avons alors élaboré nos albums avec l'idée qu'ils soient joués en concert. Nous avons alors introduit plus d'instruments. A la platine et aux samples se sont ajoutées la basse, puis les percussions de Talvin Singh, la guitare, etc. apportant aussi une puissance sur scène. D'autres influences sont venues ensuite nourrir nos expérimentations.

Pour résumer, les deux premiers albums étaient influencés par la scène punk avec des incursions funky, reggae, etc. Mezzanine est plus new wave, 100th Window... je ne sais pas ce que c'est !
MassiveAttack.jpg
Pouvez-vous nous expliquer le concept des messages qui passent sur des écrans durant vos concerts ?

Nous ne voulons pas mettre la politique dans la tête des gens, mais nous voulons qu'ils soient au courant, car il se passe beaucoup de choses dans le monde et ils ne peuvent pas tout remarquer. Les hommes politiques nous la mettent parfois bien profond. Massive Attack est très impliqué politiquement, il y a différentes causes qui nous tiennent à cœur, notamment la Hoping Foundation (Association d'aide aux Palestiniens, NDLR). Pour ces raisons, dans toutes les villes où nous allons, nous rencontrons des étudiants en journalisme et nous les interrogeons sur l'actualité. Nous passons ensuite ces informations sur les écrans pendant les concerts. Notre public est surpris par ces messages dont il n'avait pas toujours connaissance.

Quelle image avez-vous de la France au niveau politique ?

J'ai entendu parler du débat sur l'identité nationale la dernière fois que nous sommes passés en France. C'est un débat très actuel sur qui est représenté par un drapeau. Est-ce que cela signifie être français d'origine ? Etre arrivé en France dans les années 1950 ? Qui fait partie de ce drapeau ? Cela signifie quelque chose, notamment pour les pays colonisateurs pour qui il était normal au siècle dernier d'aller en Afrique et aux Caraïbes et décider qu'ils étaient chez eux, tuant ensuite les indigènes. Mais ces colonies ne sont pas la France, c'est l'Afrique. Les Américains ont aussi fait la même chose avec les Indiens à qui appartenait le pays à l'origine.

Ce n'est pas la même chose pour une personne qui vient dans notre pays et qui se bat pour survivre. Il vient en se foutant du drapeau. Pour un pays comme la France, le fait de coloniser un pays revient à s'approprier les terres, mais aussi les habitants. Mais si vous ne les autorisez pas à venir dans votre pays pour partager vos richesses, vous ne devriez pas exploiter ce pays.

N'est-ce pas pénible que les journalistes continuent de vous coller l'étiquette trip-hop, qui semble bien trop étriquée pour Massive Attack ?

Nous comprenons ce qu'est le trip-hop, qui à l'origine fut créée par James Lavelle. Cela permet aux gens de trouver les disques dans les magasins. Mais nous combattons le fait que cette étiquette nous soit collée. Massive Attack est mis dans une boîte qui nous emprisonne. Nous faisons une musique plus large que le trip-hop, mais c'est un nom qui décrit bien ce que nous faisions à l'origine : une musique à base de hip-hop mais qui va plus loin que cela.

(à suivre...)

propos recueillis par Ed Loxapac et Tahiti Raph

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 12:10

Sortie : 11 janvier 2010

Label : Fabric

Genre : Dubstep

Note : 5,5/10

 

Martyn fut l'un des producteurs dubstep les plus en vu en 2009, rapidement adoubé par la crème des DJ internationaux dont notre Laurent Garnier qui n’a pas cessé de tarir d’éloges sur le bonhomme. A l’origine d’un brillant album, Great Lengths (chroniqué ici), il a permis au dubstep de sortir de l’ombre, en optant pour un son bien plus limpide. La machine Fabric lui a donc logiquement commandé un mix.

 

On retrouve avec plaisir cette volonté de décloisonnement, ce besoin de faire entrer la lumière dans la cave. L’ouverture bien sentie sur l’electro-funk de Joy Fantastic d’Hudson Mohawke permet d’office une échappée vers l’univers de Prince. La première partie du mix semble être un polaroïd du Londres d’aujourd’hui. Entre fidget, kuduro, 2-step et autres sous-styles, le métissage des genres est garanti. Le tour de force de Martyn est de réussir à rendre cet ensemble digeste. Pour cela, il joue sur l’ambivalence permanente en se permettant de distiller une rythmique festive tout en imposant une ambiance lourde.

La parenthèse binaire offerte par un remix de Ben Klock amène ce Fabric 50 vers un dubstep de plus en plus éclairé. On peut cependant regretter un enchaînement bâclé entre des titres pas forcément fréquentables de Detachments et Cooly G. C’est quand Martyn plaque ses propres productions que le mix se révèle plus cohérent. Malheureusement, la dernière partie fait la part belle à une électronica vaguement expérimentale. On perd définitivement le fil sur le Slowjam d’Actress et le Mercury’s Rainbow de Zomby. Martyn a beau clôturer son mix sur un morceau de Dorian Concept, on est définitivement parti voir ailleurs.

 

A trop vouloir en mettre plein la vue, le producteur fini par s’égarer. Malgré une introduction prometteuse, un décloisonnement des styles salvateur, rien n’y fait. A l’image de la pochette, Martyn pensait pouvoir maintenir l’auditeur dans sa paume mais on finit surtout par dangereusement tituber.

http://neonmusic.pararadio.hu/nuke/catalog/images/fabric50.jpg

par B2B

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