Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 20:00

Sortie : juin 2010

Label : Tympanik Audio

 

L’inquiétant Zeller serait natif du sud de la France. D’où, on ne le sait pas. Après un album en 2008 sorti sur Hymen, le très bien nommé Audio Vandalism, le Français revient insidieusement nous infecter les tympans. Ne traitant apparemment qu’avec la crème, c’est Tympanik Audio qui signe son deuxième disque, au doux nom de Turbulences.

 

Après un premier album fait de "toutes sortes de musiques subversives", Zeller ne semble pas avoir abandonné sa hargne contre l’ordre musical établi. Sa musique ne manipule que des éléments sonores au potentiel meurtrier. Dans sa chimérique mission de détruire par le son les innocentes et mortelles créatures que nous sommes, il s’arme d’IDM industrielle pervertie au breakcore, et de dubstep aussi hybride que toxique. Accommodée à des phases d’ambient profondément angoissantes, la formule de Turbulences n'est pas de celles à écouter seul dans le noir. Ou plutôt si, justement. Des influences dubstep, proche de Milanese ou de Vex’D, se manifestent par des rythmiques telluriques, que notre homme imprègne de crasseuses sonorités industrielles, transpirant la rouille et l’acier trempé. Mais n’allez pas croire que Turbulences ne représente qu’un vague conglomérat de séquences glitchées et inécoutables. La précision mélodique, l’échantillonnage lapidaire et la profondeur des rythmes découlent d’un travail d’orfèvre, et ouvrent sur des abîmes cérébraux qu’il est vertigineux d’effleurer. Plus ou moins parasitées, d’épaisses nappes surplombent les sursauts épileptiques des beats, remplissant l’office d’un ciel mouvant aux augures relativement funestes. Par exemple, dans Le Pain Maudit, Zeller fait référence à l’affaire du "pain qui rend fou", sombre histoire de farine empoisonnée (au LSD ? par la CIA ?) qui fit des ravages dans le petit village de Pont-Saint-Esprit en 1951. Du gros fun en perspective.

 

Formant un bloc compact de 16 titres, c’est sur la deuxième partie que Turbulences met une vraie claque. Après le breakcore à vous décoller l’épiderme de Variable Gravity, viennent les ronflements houleux de Starship Weapons Kit. Chaotique, cartoonesque, illuminé de synthés alarmants, la puissance de ce titre est difficilement descriptible. Le sublime Child Robot Contine achève cet enchaînement de psychopathe. Trésor d’électronique cybernétique et ingénue, voilà une des perles vacillantes de l’album (mais 2 min, de dieu que c’est court). Sonar Echoes, The Beast, Asperitatis Texture ou Zion Asteroid sont autant de déflagrations dont il faut se méfier des séquelles. Ce dernier particulièrement, qui clôture le disque, mérite le salut. Véritable morceau de dub (sans le "step") industriel, il unie avec maestria un gros skank enfumé à des breakbeats fracassants. C’est délicieux.

 

A des auditeurs avertis (et qui n’ont pas peur de mourir), Zeller donnera des impressions de lavage méticuleux du cerveau. Mieux vaut s’avouer vaincu d’avance face à un tel  mercenaire. Aux côtés des albums de Vex’D (ici) ou de Niveau Zero (ici), Turbulences risque fort de s’imposer comme une référence indus/IDM/dubstep de l’année.

 

                                                  Zeller_Turbulences_cover.jpg

par Manolito

Partager cet article

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

YyrkoOn 26/07/2010 01:45


Je suis passé a coté de cette sortie, mais ta chronique me donne une furieuse envie de m'y mettre.