Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:40

Sortie : juin 2011

Label : Barclay

Genre : Electro-pouffe

Note : 2,5/10

 

"Take my hand, tonight !" Tout le monde se souvient de ce refrain aux relents de vodka-pomme tièdasse, du genre de ceux qui, de surcroît, vous obsèdent quatre heures après son écoute, alors même qu’il vous est insupportable (c’est ça, la force du calibrage marketing). N’ayez pas peur, ça recommence : Yuksek est de retour, et pourrait bien faire mal… aux oreilles.

 

En un premier LP, Away from the Sea (Barclay, 2009), et par l’aimable complicité des medias français, toujours trop prompts à cocoricoter le chauvain, Yuksek est devenu une star, jouant partout (et partout, c’est beaucoup), interviewé et applaudi jusque chez Denisot. Soit, il y avait bien deux-trois morceaux à sauver ; et significativement, ces morceaux étaient ceux qui dépliaient l’electro la plus rentre-dedans. Ca, Yuksek sait faire, l’electro directe, et il le fait d’ailleurs bien, sur une poignée de maxis. De ce succès médiatique, s’en est suivie une longue série de remixs, tantôt honorables (M83, Birdy Nam Nam, Prodigy), mais tantôt franchement suspects (Lady Gaga, Booba, Gossip, etc.). Et puis, un nombre de lives qui dépasse le nombre total des poils pubiens de ses ados de fans… et enfin voilà, un nouveau format live, et ce nouvel album, Living on the Edge Of Time.

Pas fastoche, de vivre sur la lame du temps ! Et assurément, Yuksek l’essaie par tous les moyens, oubliant peut-être que cette lame, assurément effilée, peut se révéler rapidement tranchante (et se faire trancher les couilles en dérapant d’une lame, c’est mal). On ne pourra pas le lui retirer, Yuksek est un excellent producteur et ingé son. La prod’ de ce disque, comme de tout ce qu’il réalise, est parfaite. A vrai dire, trop parfaite : l’inconvénient de connaître trop bien les ficelles énormes des prod’ à la mode qui tournent dans les clubs internationaux, c’est d’avoir un son trop clean, trop fils-à-papa, trop purgé des aspérités qui donnent tout leur charme aux vrais grooves. La prod’ de ce disque à autant de cœur que la connasse qui invite à laisser des messages sur les répondeurs. Les morceaux sont tous calibrés single pour radio (un seul track dépasse les 5 minutes !).

Bon mais concrètement, vous me demanderez ce qu’il y a, sur cet album, pour s’acharner à ce point ? Eh bien, il y a essentiellement de l’electro-pop – je veux dire de la mauvaise electro mixée avec de la très mauvaise pop. Ca pue les aisselles de pétasses et péteux de quinze ans rêvant de whisky-coca et de skins parties. Toutes les ficelles les plus vulgaires du style sont là, répertoriées, cataloguées, mises à nue, comme pour une leçon académique de marketing auditif. Le pire exemple étant le morceau malheureusement intitulé Miracle, dont le finish techno-minette est aussi classe qu'un ado gerbant après trois bières sur les premiers escarpins de sa copine payés par ses heures de baby-sitting. Le single de lancement, On a Train, ne vaut guère mieux. Mais je garde le pire pour la fin : Yuksek a décidé de chanter tout le temps. Et c’est ça, aussi, qui ne va pas du tout ! On se retrouve avec, collés dans les tympans comme de la mélasse, des vocaux pseudo glam, qui rappellent au mieux un Bowie enroué dans les années 1990, au pire une caricature de tout ce que la pop et le rock indé ont pu déverser sur M6 ou MTV durant les années 2000. Par-dessus le marché, il y a ces balades atroces, où demeure problématiquement la même recette, mais en mou et lent et chiant (oui, parce que ça peut arriver, d’être mauvais sans être chiant, et vice-versa).

Mais je sens que certains ont encore un peu de cœur dans ce bas-monde absurde, et je m’incline, acceptant de dénicher pour eux les trois meilleurs morceaux, à mon sens, de ce LP. Ce sont les suivant : Firewalks, You should talks, Dead or Alive. Soit les tracks 8, 10 et 11, sur un album de 11 compos. Ces morceaux témoignent de quelques subtilités dans les montées, quoique ce foutu chant vienne chaque fois arracher notre tout début d’enthousiasme ; et surtout, Yuksek y met de côté ses foutaises poppy pour revenir à ce qui lui sied : l’electro tonique.  Mais emporté par mon élan de générosité, et oubliant presque un instant d’échapper à une ado bourrée qui me demande mes doigts pour se faire vomir à travers la porte des chiottes d’un club de quatrième zone (tiens, bonjour Brodinski !), une chose me plonge dans une profonde perplexité. Mais Dieu de Dieu, pourquoi ne pas placer ses meilleurs morceaux en premier dans la tracklist ??? Pourquoi les cantonner en fin d’album, au risque de devoir saluer pour l’éternité le courage héroïque de l’auditeur honnête parvenu jusqu’à ce 8e morceau ? Incompréhensible.

 

Le pire, c’est sûrement que le gars Yuksek n’est pas un type infoutu de quoi que ce soit… non, il est simplement sur la major Barclay, et semble en assumer sereinement les conséquences les plus compromettantes, adaptant ses tracks à la vaseline sonore en vigueur. Et si le génie de la vaseline, comme tout génie, peut être applaudi, il n’est pas certain pour autant qu’il se doive d’être écouté. Attention, Mr Yuksek, à ce que la "edge of time" se souvienne du Lao-Tseu de Tintin, et ne veuille vous couper la tête !

 

http://www.lemouv.com/files/1308122341.jpg

par Pingouin Anonyme

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

Back 04/08/2011 01:00


Un grand merci à l'auteur pour cette chronique qui me réjouit au plus haut point !


Guillaum3 23/07/2011 16:07


Il y a bien trop de commentaires sur les chroniques des albums les plus à chier...


Chroniques électroniques 24/07/2011 03:15



Tu as remarqué toi aussi. C'est étrange hein ? Et tellement prévisible en fait...



Benk2000 19/07/2011 14:56


ah ben ça confirme bien l’idée que je m’étais fait du gars l'été dernier aux arenes de Nimes, un gros nase qui ne respecte même pas le public ... alors de là à respecter la musique, c'est trop pour
lui ...


shift. 19/07/2011 13:24


Hâte d'écouter ça.


Chroniques électroniques 19/07/2011 14:28



Je te paye la version physique pour ton petit noël ?



Unknown 19/07/2011 13:02


Je me souviens de la critique sur ce site du disque de Salem au début de l'année. Personnellement, j'apprécie "King Night". Sans l'écouter tous les jours, je partage l'avis de bien des
commentateurs de cette chronique, il y a une forte personnalité dans la démarche du trio, on sent des dispositifs certes très artificiels, grotesques presque, mais qui disent assez bien un intense
sentiment d'absurdité et de malaise, sensible dans cette production crade et qui n'hésite pas à pécher par excès délibérés.
Quoiqu'ayant donc aimé ce disque - pour ses qualités comme pour ces défauts - je ne me suis absolument pas senti offusqué de rencontrer sur ce site un point de vue non-seulement contradictoire mais
vraiment pas tendre à l'endroit des possibles amateurs du groupe. Je ne me suis pas senti blessé par quelque manquement au respect.
Sincèrement, cette idée de respecter une personne et ses auditeurs potentiels ne me semble pas être parmi les critères déterminants d'une bonne critique. Un ton insultant, des métaphores ironiques,
des adjectifs misogynes peuvent n'être convoqués qu'au titre du jeu, n'être qu'une façon d'amusement. Voir s'accumuler des critiques qui camperaient systématiquement des postures moralisantes
seraient tout simplement à mes yeux source d'ennui . Et une belle raison de fuir ces pages.
Voir le débat enfler de cette manière a donc quelque chose de singulièrement surprenant. Il s'agit d'une critique de disque, simplement de cela. Rien n'est très important ou déterminant au point de
vue éthique, ce sont des jeux, lesquels tantôt expriment des choses profondes et lourdes de sens, tantôt s'amusent et privilégient une distanciation salvatrice, voire ricanent aussi parfois, même
bêtement. Est-ce ici postures particulièrement méprisantes, la morale a-t-elle à s'en alarmer? Je ne le crois pas. Je peux aimer le disque de Salem, je peux aimer également X-files (j'ai vu tous
les épisodes, des centaines d'heures, facepalm), l'humour des frères Farelly et les délires pathétiques et abrutissants de Hershell Gordon Lewis m'amusent bien. Qu'on vienne me dire que ces trucs
sont affligeants de débilité et moi un crétin de belle espèce pour les apprécier ainsi, j'accueillerais avec bienveillance cette remarque et en reconnaîtrait volontiers la justesse. Facepalm.
Je veux juste dire qu'il y a dans les phénomènes culturels - lesquels comprennent aussi bien les propositions culturelles que la glose incontrôlée qui enfle à leur propos sur le net ou partout
ailleurs - le critère primordial du jeu.
Il est bon de croire au jeu, à la liberté, à la dérision, à tous les degrés que l'on peut utiliser et inventer après le premier.
Je relis ce matin la suite des échanges qui suivaient cette chronique de Salem et elle se conclue joliment sur cette phrase très juste : "L'objectivité n'a jamais été notre recherche. Bien au
contraire".


Chroniques électroniques 19/07/2011 14:28



Merci.