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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:23

Sortie : novembre 2011

Label : Stroboscopic Artefacts

Genre : Techno postmoderne

Note : 8/10

 

On vous a déjà parlé du jeune label Stroboscopic Artefacts - ici, pour le premier et génial album de son patron Lucy, et , pour la série de dix EP intitulée Monad, où dix artistes du label proposèrent tour à tour quatre de leurs productions. Et ce n’est sans doute pas près de s’arrêter, tant est impressionnante la qualité de leur techno. Car Strobo (oui, j’abrège) ne fait pas de la techno comme ci ou comme ça, avec un peu de house ou de je ne sais quoi en fond de sauce… non, Strobo fait de la Techno. C’est tout, mais ça fait du bien ! Concurrençant sur leur propre terrain de puissantes écuries comme Ostgut Ton ou même Raster Noton, c’est avec le second LP de leur catalogue que le label nous souhaite un joyeux hiver, par l’entremise du singapourien Xhin et de son album Sword.

 

Lorsque Lucy signa Xhin en 2008, le mec a déjà deux LP dans son sac, dont un autoproduit. Je dois avouer que l’écoute de ces disques ne m’a guère enthousiasmé, proposant une techno simple, bien foutue mais sans génie éclatant. Et puis Xhin fit donc la rencontre de Lucy, qui le signa sur son label naissant. Xhin entama alors une série d’EP libératoires, où ce dernier cessa enfin de retenir ses coups. D’une techno basique, on est passé à une techno sombre, rapeuse et rugueuse, à la violence aussi physique que mentale, dont l’illustration la plus magistrale provenait de son EP Monad III. Autant dire qu’on attendait de pied ferme son premier LP sur le label.

Et il n’y a pas de quoi être déçu. Xhin décrit son disque comme une illustration du vide, sous la forme d’un conte de fée postmoderne. Je vous le jure, si les fées postmodernes existent, elles ne se penchent plus sur les berceaux, enclines au contraire qu’elles sont à cracher leur vide à la gueule du nouveau-né. Ce Sword débute pourtant de façon alambiquée ; on sent que Xhin n’y tient pas à dégainer immédiatement l’artillerie lourde. Des petites pièces expérimentales soutenue par un piano désaccordé (The Secret Closet, Insides, Wood) s’entremêlent à des morceaux plus incisifs, glitchés juste ce qu’il faut, aux rythmiques et beats chaloupés,  (Fox and Wolves, Medium ou Teeth et ses samples de roulette de dentiste), sans que la baffe à la fois redoutée et espérée ne se produise, laissant l’auditeur ronger son frein. Le calme avant la tempête.

La tempête en question se produit sur les trois morceaux suivants. You against Yourself envoie la première grosse salve techno, en npis concoctant de superbes montées trippées sur fond de désolation sonore. Vent, à mon goût la meilleure pièce du disque, envoie une dub-tech violente et oppressante, sorte de rencontre improbable entre Rod Modell et Marcel Dettmann. Le morceau Forshadowed reprendra le même style, mais cette fois sur un rythme midtempo qui laisse parfois transparaître l’éclat d’une lumière froide, seulement froide, illuminant une composition résolument glaciale. Mais ce qui impressionne le plus, comme toujours sur Strobo, c’est le travail patient, minutieux, intelligent, de spatialisation de l’ensemble. Si ce disque peut bien être qualifié de postmoderne, c’est sous cet aspect-là : cette capacité à travailler les reliefs de la matière électronique, à disjoindre des éléments musicaux non simplement dans le temps, mais également dans l’espace acoustique. Cette intelligence à l’œuvre dans le sound-design et le mastering, aujourd’hui l’apanage des plus grands, éclate sur ce disque façon particulièrement brillante.

 

Pour ce second LP, Stroboscopic Artefact, même s'ils ne balancent objectivement pas le disque de l’année non plus, frappe juste et fort une nouvelle fois, et confirme son statut de leader potentiel en techno. D’une cohérence sans faille, bien que d’une violence mesurée, ce Sword de Xhin confirme que ce label est bel et bien à surveiller de très près, non seulement cette année, mais encore les suivantes, pour son exigence et la qualité globale de son apport à une techno chaque fois revivifiée.

 

http://s.dsimg.com/image/R-3148015-1317988735.jpeg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

bouchonneau 19/11/2011 19:31

Bon album, quoique aride à l'écoute sur certains morceaux. Je trouve le Lucy plus mental & accessible. Chacuns sa came. Sinon vous pouvez trouver le podcast d'un autre artiste maison, Pfirter,
qui nous lache un excellent mix du meilleur de la maison Stroboscopic. Un régal.

Chroniques électroniques 21/11/2011 22:47



Eh ben moi je trouve le Lucy plus mental et moins accessible que le Xhin, mais... meilleur, quand même.


Pingouin